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Territoire et dynamique urbaine

du Royaume du Maroc

Pr YAHYAOUI.T
2016
I- Territoire
Constats
• Territoires déchirés par les conflits militaires, les drames
humanitaires, la pauvreté, l’exode, l’immigration, le terrorisme....
• Des territoires, qui furent auparavant dynamiques et porteurs de
développement économique et de croissance et par conséquent
prospères par ce qu’ils recèlent de richesses, sont déstabilisés ou
délaissés à la suite de l’épuisement de celles - ci laissant une
pollution, une destruction sauvage et meurtrière des
écosystèmes.
• Beaucoup d’eldorado sont devenus foyers de misère et de
précarité.
• Les ressources naturelles et matérielles sont – elles les seules
déterminants de la richesse des nations et le facteur de la
dynamique des territoires ?
• Quel est le rôle joué par les ressources immatérielles dans le
développement socio économique durable ?
• Ressources naturelles d’un territoire
• Ressources immatérielles
• Dynamique du Territoire
• Développement socio économique
durable
• Richesse immatérielle
• Intelligence territoriale
Ressources immatérielles
• Valeurs identitaires
• Socle culturel
• Processus de patrimonialisation
• Constitution, acquisition et transmission des
savoirs non institués
• Coutumes
• Histoires
• Art
• .....
Territoire
• Territoire « ressource économique, une certaine
potentialité naturelle connue, exploitée, aménagée,
dont la renouvelabilité ou l’épuisement est fonction du
système de production » (Bertrand, 2010, p.19).
• Territoire est lié à l’identité culturelle de
ses occupants (DI MEO, 1991) qui le
façonnent et en font un lieu de vie, le
théâtre d’interactions avec
l’environnement d’où l’articulation entre le
territoire et le développement durable.
Dynamiques des territoires
• Formaliser les dynamiques économiques,
technologiques, sociales, environnementales
qui caractérisent un territoire donné.
• Analyser les stratégies des acteurs publics et
privées en matière de ressources naturelles et
d’environnement.
• Rechercher des formes de gouvernances
territoriales.
• Choisir des politiques territoriales de
développement local.
Dynamiques territoriales et initiatives territoriales

• Territoire le terreau de ressources construites


favorables à la compétitivité des entreprises
(GUMUCHIAN, PECQUEUR, 2007).
• Encastrement de l’économie dans la société en
se penchant sur les interactions entre acteurs à
l’échelle des territoires s’explique par des
facteurs culturels, sociaux, économiques. Alain
CAILLE en rajoute l’empathie, la liberté et le
désir d’intégration sociale (2009).
Quelques initiatives territoriales locales
• Aménager la ville compacte et les espaces ruraux et développer
l’offre en logements durables.
• Créer les conditions d’une mobilité durable.
• Favoriser l’emploi et le développement économique local durable.
• Renforcer les solidarités et les politiques sociales.
• Faire de la culture et du sport des leviers de développement
durable.
• Créer durablement les ressources naturelles.
• Valoriser la biodiversité, les espaces naturels et les services éco-
systémiques.
• Prévenir les risques, les pollutions et les nuisances.
• Déployer des politiques locales de santé avec tous les acteurs.
• Fonder le développement durable sur la connaissance et la
formation.
Diversité territoriale
• Les initiatives territoriales perçues comme
des formes d’organisation autarciques ou
individuelles.

• Ces initiatives ont tendance à s’étendre


spatialement, à essaimer vers d’autres
territoires dont les acteurs souhaiteraient
partager une vision politique commune.
Diversité territoriale
Les initiatives locales de développement bien que diverses
se fondent sur un certain nombre de caractéristiques
communes:
- proximité entre les acteurs intégrés à la démarche
- autonomie des communautés constituées dans la
capacité à répondre aux besoins exprimés par leurs
membres et tenant compte des caractéristiques physiques
d’un environnement de proximité
- partage des connaissances constituées ce qui
renforce la proximité entre acteurs
- adoption de procédures de démocratie
participative permettant aux individus adhérant aux
démarches d’être véritablement acteurs des changements
nécessaires.
L’approche territoriale du
développement
• Développement local, l’aménagement du territoire, les
politiques urbaines et locales intéressent davantage les
entreprises et les institutions publiques locales et
internationales.
• Développement local durable se distingue par une
capacité tout à fait remarquable à poser et surtout à
lier ensemble plusieurs des questions centrales
auxquelles nos sociétés sont aujourd’hui confrontées: la
finalité de la croissance, celle du temps CT et LT,
générations présentes et futures, et celles des
identités spatiales.
• A l’échelle des territoires que pourront être
construites démocratiquement, les articulations
indispensables entre les dimensions sociales et
écologiques du développement durable.
• Le local apparaît comme le seul à pouvoir garantir le
minimum de transversalité qui est au cœur de la
notion de développement durable. La nécessité de
trouver des solutions à des problèmes concret avec
un décloisonnement des logiques institutionnelles.
• L’approche territoriale du développement durable
aborde la démocratie à travers la mobilisation
véritablement spontanée de la société civile, de la
majorité des élus ou des acteurs locaux.
Intelligence territoriale ?

Incertitude croissante => interactions permanentes entre


acteurs
Besoin de représentations partagées pour envisager
collectivement l’avenir
Or fragmentation des pouvoirs
Donc besoin d’échanger, d’apprendre, de progresser ensemble

Besoin d’intelligence territoriale


Organisations territoriales :
ÉMERGENCE SPONTANEE
District industriel
• Alfred Marshall (1890) premier intéressé aux regroupements d’entreprises
sur un même territoire.
• District industriel : organisation industrielle de la production basée sur la
coordination d’une division sociale du travail désintégrée entre de petites
entreprises se spécialisant dans un segment du processus productif.
• Selon Marshall (1890), succès des configurations spontanées repose sur la
réalisation d’économies d’agglomérations liées à la proximité géographique
qui permet une baisse des coûts de production « atmosphère industrielle » qui
permettrait l’apprentissage et l’acquisition de compétences distinctives pour
un métier, et qui favorise ainsi l ’ éducation, l ’ échange d ’ idées et
d’expériences, et donc coopération et innovation. Les relations sont basées
sur la confiance et la réciprocité.
District industriel italien

• Economistes italiens observèrent que d’anciens bastions industriels


fordistes rencontraient des difficultés alors que d’autres régions
basées sur désintégration verticale, des réseaux inter-industriels et
marché du travail local, arrivent à « tirer leur épingle du jeu » en
restant en dehors d’une production de masse.
• District industriel italien composé de petites entreprises qui
coexistent et collaborent dans un même lieu et dont la stabilité est
due à l’absence d’une grande entreprise leader.
• Entreprises du district sont articulées techniquement les unes aux
autres et contribuent collectivement à une production de bien
spécifique, identifiable comme le produit industriel du district. La
spécificité de cet espace territorialisé repose sur son fonctionnement
social. L’appartenance des acteurs à une même communauté locale,
l ’ existence d ’ une culture, d ’ un ensemble de valeurs
communément partagées permet de circonscrire les conflits
d’intérêt (Beccatini, 1979).
« Système local de production » (SLP).
• Fin années 70 remise en cause du modèle du district à
cause de la concurrence croissante des pays en
développement (coût de main d ’ œuvre, qualité…), à
l ’ effondrement de certains marchés européens,… On
passerait au système local de production (SLP).
• SLP se distingue du district: entreprises ne sont pas
nécessairement concentrées dans une seule branche, ni
spécialisées dans la production d'un seul produit. Dans le
SLP, il peut s'agir des relations entre PME mais aussi entre
grandes entreprises et PME. On parlera de SLP dans la
mesure où les relations entre les entreprises ne se
réduisent pas à celles de la sous-traitance traditionnelle.
• « un système local de production est constitué d’un
ensemble de PME en liaison ou non avec une ou
plusieurs grandes entreprises situées dans un même
espace de proximité autour d ’ un métier, voire de
plusieurs métiers industriels ». Il s’agit d’un ensemble
caractérisé par la proximité d’unités de production qui
entretiennent des rapports d’intensité plus ou moins
forte (Gilly, 1987) et qui génèrent une dynamique
productive d’ensemble (Gilly et Grossetti, 1993).
• SLP repose sur l’application des règles de marché et
sur la coopération, mais il tient au respect des codes
sociaux, des règles et des valeurs (souvent tacites) qui
régissent le système, et qui trouvent leur origine dans
une forte implication territoriale (Lévesque et al. 1998).
Organisations territoriales :
POLITIQUES VOLONTARISTES
- Premières configurations : ancrage historique territorial fort,
apparues spontanément suite aux relations nouées au fils des ans
entre acteurs hétérogènes encastrés dans une dynamique
territoriale commune. Plusieurs facteurs (environnement culturel,
main d’œuvre disponible,…) ont permis à ces réseaux territorialisés
de tirer leur épingle du jeu dans des contextes de crise économique
et sociale.
- Deuxièmes configurations: politiques volontaristes visant à
reproduire les effets positifs de ces clusters sur leur territoire. Il
s’agit alors de proposer des politiques proactives visant à valoriser
des savoir-faire locaux jusqu’alors non exploités et de créer de
manière plus ou moins artificielle des conditions d’émergence de
coopérations inter organisationnelles.
Politique des Systèmes Productifs Locaux (SPL).

•SPL (concentration géographique d’entreprises de petite taille,


spécialisation poussée autour d’un métier et des coopérations
préalables plus ou moins formelles entre acteurs).
•Cette dynamique a permis de valoriser des ressources inutilisées ou
mal exploitées qui se sont enrichies mutuellement par leur
combinaison. Initiés, portés et financés par l’Etat, ils s’inscrivent
dans le cadre d’opérations d’aménagement, de valorisation des
territoires et des ressources locales.
•Objet des SPL est de créer des liens forts entre acteurs territoriaux
autour de coopérations commerciales, marketing ou logistiques.
Politique technopolitaine (années 70, 80).

• Technopôles « sont des concentrations géographiques


locales d’entreprises innovantes, situées à proximité de
centres de recherche et de formation scientifiques, dans
le but de former ensemble un micro système innovant ».
• Technopôles: reposent sur rôle de l’innovation et du
transfert de technologies dans la dynamique
économique, sociale. La caractéristique principale de ces
systèmes est la relation spécifique entre recherche et
industrie.
• Leur objectif n’est pas produire un bien, mais de créer
un réseau afin de produire de l’innovation. Il y a une
séparation claire entre l’innovation et le processus de
production.
• Progression du nombre de technopôles est très
importante depuis les années 80. Ce rapide
développement des structures est due au fait qu’elles ont
été considérées pendant longtemps comme le meilleur
moyen pour assurer le transfert de technologies entre la
recherche et l’industrie.

• Pouvoirs publics ont vu une solution miracle dans la mise


en place d’un technopôle sur leur territoire local comme
si sa simple mise en place était suffisante au redémarrage
de l ’ économie. Or, plusieurs technopôles ont été
davantage créés à partir d’une philosophie du territoire
qu’à partir d’un véritable projet de renforcement d’un
potentiel productif local. Il s ’ agit alors de simples
opérations d’aménagement immobilier du territoire.
Politique des pôles de compétitivité

• PDC : faire collaborer de manière étroite le monde de la


recherche, de la formation et des entreprises afin de
concentrer les ressources sur des projets de coopération
technologiques d’envergure internationale.

• Objectif : stimuler et organiser de nouveaux modes de


coordination. Pour cela, les pôles sont perçus comme
une chaîne de valeur ajoutée (Porter, 1990) dans laquelle
la création de valeur repose sur la création d’innovation.
Elle dépasse en effet une simple vision économique
initiale en mettant en avant le rôle et l’importance des
relations entre les acteurs comme facteur de
compétitivité d’un territoire ou d’une nation.
• SPL, districts industriels ou technopôles sont issus
d’une approche de développement local, le PDC
relève plutôt d’une approche organisationnelle, et
du management.
• PDC apparaissent singulier au regard des autres
réseaux territoriaux d’organisation en raison de la
multiplicité des acteurs (centres de formations,
laboratoires de recherche, grandes entreprises,
PME/TPE) qui complexifie le système relationnel.
• Objectif des pôles est d ’ institutionnaliser des
relations souvent informelles qui se sont nouées au
fils des ans entre des acteurs partageant les mêmes
problématiques et ayant des intérêts communs à
coopérer sur un domaine d’activité particulier.
Tableau : les conceptions clés des grandes formes territorialisées
District industriel Technopole Milieu innovateur
Corpus théorique d’appartenance -économie industrielle ; -Economie et géographie. -économie ;
-économie régionale ; -économie régionale ;
-économie sociale. -économie sociale.
Auteurs ou écoles de pensée -Marshall (1890,1920) ; -Saxenian (1994, 1998) ; -GREMI autour d’Aydalot (1986),
-Piore et Sabel (1984) ; -Gaffard, Iribarne, Ravix (1987) -Perrin (1990) ;
-Ecole sur la troisième Italie (Beccatini. 1979). -Planque (1990)
-Maillat (1996)
Principales spécificités -Organisation productive autour de Petites -Conjugaison en un lieu géographique -Espace géographique, dans lequel des
entreprises spécialisées, connectées et d’organismes de recherche et de formation, interactions entre agents économiques se
rattachées à une filière technologique sur un d’entreprises et d’institutions privées ou développement par apprentissage, générant
territoire géographique. publiques. Ces dernières sont chargées des opportunités d’innovation.
d’assurer l’articulation de l’ensemble, la
créativité, la prise de risque et la valorisation.
Angle d’approche du territoire -Le territoire s’apparente à un milieu, une -Le territoire est un réservoir de savoirs, de -Le territoire se construit par les acteurs et
communauté locale constituée autour connaissances, d'informations dans lequel les les institutions qui le composent. Il traduit
d’appartenances sociales (culturelle, acteurs puisent des ressources pour innover. un patrimoine cognitif.
historique, professionnelle…).
Angle d’approche de la diffusion -L’innovation n’est pas une variable -L’innovation se diffuse par polarisation -L’innovation joue un rôle central dans le
de l’innovation stratégique dans les districts. La technologie spatiale soit autour d’une grande firme soit développement économique. Elle s’inscrit
se diffuse par adaptations successives. autour d’un centre urbain soit encore autour dans un processus de création de
de pôles technologique. ressources et d’activités nouvelles.

Logique organisationnelle autour -Forte autour de -Logique faible du moins dans la phase de -Logique forte autour de réseau
des relations ou réseaux Réseaux d’entreprise et création autour de réseaux professionnels d’innovation associant dans des
développées Réseaux sociaux. (acteurs souvent publics) chargé de prendre partenariats de long terme des acteurs
en charge le Transfert de technologies (tel divers locaux et complémentaire au niveau
CRITT, Agence de valorisation…etc). de leurs compétences dans l’innovation.
Concepts théoriques clés -Externalités d’agglomération -Fertilisation croisée -Le développement endogène
Spécialisation flexible -Développement polarisé -Spécialisation flexible
-Développement endogène. -Grappes technologiques -Externalité Agglomération
-Trajectoires technologiques. -Théorie évolutionniste de l’innovation.
II- Dynamique urbaine
Population du Royaume

Atteignant à peine 5 millions d’habitants au


début du XXème siècle, la population du
Maroc est passée à 29,9 millions d'habitants
au recensement général de la population en
septembre 2004 pour atteindre 33,4 millions
d’habitants au recensement de 2014.
Effectif de la population
• L’effectif de la population légale du royaume a atteint,
au 1er septembre 2014, le nombre de 33.848.242 dont
33.762.036 marocains et 86.206 étrangers. Le nombre
de ménages est de 7.313.806.
• En comparaison avec le Recensement de 2004, l’effectif
de la population du Royaume a enregistré un
accroissement absolu de 3.956.534 personnes, soit un
taux d’accroissement global de 13,2% et un taux
d’accroissement annuel moyen de 1,25% durant la
période 2004-2014 contre 1,38% pour la période 1994-
2004.
Répartition selon le milieu de résidence
• Selon le milieu de résidence, 20.432.439
personnes résident en milieu urbain et
13.415.803 en milieu rural, ce qui représente un
taux d’urbanisation de 60.3% en 2014 contre
55,1% en 2004.
• Le nombre de citadins est passé de 16.463.634
en 2004 à 20.432.439 en 2014, ce qui représente
un taux d’accroissement démographique annuel
moyen de 2,2% au cours de la période 2004-
2014 contre 2,1% au cours de la période 1994-
2004.
• L’accroissement de la population urbaine
s'explique par l’accroissement démographique
naturel et par l’exode rural, la création de
nouveaux centres urbains et l’extension des
périmètres urbains des villes.
• Cet accroissement de la population urbaine a eu
des effets sur la population rurale dont l’effectif
a connu une légère diminution par rapport au
recensement de 2004 passant de 13.428.074 à
13.415.803 personnes en 2014, ce qui
représente un taux d’accroissement annuel
moyen de - 0,01%.
Répartition régionale
• Selon le nouveau découpage
régional en 12 régions, 70,2% de la
population marocaine se concentre
au niveau de cinq régions dont la
population dépasse les trois
millions d’habitants chacune.
Recensement Taux
2004 Recensement 2014 d’accroissement Catégories
Région
annuel moyen
Population Population % Etrangers Ménages

dépasse 3 millions d’habitants


Grand Casablanca-Settat 5 890 609 6 861 739 20,3 31 239 1 559 404 1,54

Régions dont la population


Rabat - Salé-Kenitra 4 023 217 4 580 866 13,5 20 212 1 015 107 1,31

Marrakech- Safi 3 983 659 4 520 569 13,4 8 636 928 120 1,27

Fès – Meknès 3 873 214 4236 892 12,5 5 728 919 497 0,9

Tanger -Tétouan- Al
3 068 833 3 556 729 10,5 7 453 7 99 124 1,49
Hoceima

entre 1 et 3 millions
Souss – Massa 2 324 142 2 676 847 7,9 4 914 601 511 1,42

population varie
Régions dont la
Beni Mellal- Khénifra 2 307 566 2 520 776 7,4 1 262 520 174 0,89

Oriental 2 102 781 2 314 346 6,8 3 954 494 530 0,96

Darâa-Tafilalet 1 493 595 1 635 008 4,8 796 277 998 0,91

Guelmim –Oued Noun 408 147 433 757 1,3 347 90 202 0,61

Régions dont la
population est
inférieure à 1
Laâyoune - Sakia El

million
Hamra
316 578 367 758 1,1 777 78 754 1,51

Dakhla-Oued Eddahab 99 367 142 955 0,4 888 29 385 3,7

Total 29 891 708 33 848 242 100 86 206 7 313 806 1,25
Répartition selon les provinces et préfectures
• En fonction de leurs poids démographiques,
les provinces et préfectures peuvent être
classées en quatre catégories:
• Catégorie 1: provinces et préfectures dont
la population dépasse un million (la
préfecture de Casablanca vient en première
position avec une population de 3.359.818
personnes soit 10% de la population, suivie
des préfectures de Marrakech, de Fès et de
Tanger-Assilah et de la province de Kénitra).
Recensement Taux
Recensement 2014
2004 d’accroisseme
Provinces et
nt annuel
préfectures
Population Ménages Population moyen

Préfecture de
3 032 116 819 954 3 359 818 1.03
Casablanca

Préfecture de
1 070 838 302 137 1 330 468 2.19
Marrakech

Préfecture de Fès 977 946 265 036 1 150 131 1.63

Préfecture de Tanger-
786 961 266 738 1 065 601 3.08
Assilah

Province de Kénitra 878 101 214 640 1 061 435 1.91


• Catégorie 2: 27 provinces et préfectures dont la
population se situe entre 500.000 et un million
d'habitants.
• Catégorie 3: 39 provinces et préfectures dont la
population est incluse entre 100.000 et 500.000
habitants.
• Catégorie 4: 3 provinces dont la population est
inférieure à 100.000 personnes.
Taux d'accroissement démographiques annuels des provinces
et préfectures ont enregistré des niveaux variables avec un
taux de 6,2% pour les provinces de Nouaceur et de Médiouna
et un taux de 4,1% pour la province de M'Diq-Fnideq. Les
provinces de Tata, Sidi Ifni, Tiznit, Essaouira, Driouch,
Taounate, Taza, Ouezzane ainsi que la préfecture de Rabat ont
connu un décroissement de leurs populations.
Répartition selon les villes
• Sept grandes villes abritent environ le quart de la
population du Royaume (24,9%), ce qui représente une
part de 41,3% de la population urbaine (Casablanca
avec une population de 3.359.818, Fès avec une
population de 1.112.072, Tanger avec 947.952,
Marrakech avec 928.850, Salé avec 890.403, Meknès
avec 632.079 et enfin la ville de Rabat avec une
population de 577.827.

• Les taux d’accroissement de la population de ces


villes au cours de la période 2004-2014 varient de -
0,79% pour la ville de Rabat à 3,26% pour la ville de
Tanger.
Recensement 2004 Recensement 2014 Taux
d’accroissement
Ville annuel moyen

Population Ménages Marocains Etrangers Population Ménages

Casablanca 3 032 116 639 201 3 335 481 24 337 3 359 818 819 954 1.03

Fès 950 240 194 582 3 515 1 112 072 257 739 1.59
1 108 557

Tanger 687 667 147 637 924 807 5 145 947 952 239 243 3.26

Marrakech 826 634 170 342 922 758 6 092 928 850 217 245 1.17

Salé 760 186 158 260 888 087 2 316 890 403 213 477 1.59

Meknès 538 343 114 407 630 887 1 192 632 079 151 579 1.62

Rabat 625 336 144 225 564 936 12 891 577 827 151 670 -0.79
Répartition sur les communes
•La population du Maroc répartie sur 1538 communes : 256
urbaines et 1282 rurales.
•La distribution des communes selon la taille de population est
caractérisée par une forte dispersion : la taille d’une commune
varie entre 55 et 520 428 personnes.
•Plus de deux tiers de la population totale se concentrent dans
20% des communes les plus peuplés.
•La répartition spatiale de la population n’est pas uniforme d’une
région à une autre : quatre régions enregistrent un équilibre
dans la répartition des communes entre celles surpeuplées et
celles moins peuplées.
•Cinq régions concentrent un peu moins des trois quarts des
ménages du pays : Grand Casablanca-Settat, Rabat-Salé-
Kénitra, Marrakech-Safi, Fès-Meknès et Tanger-Tétouan-Al
Hoceima.
La taille de population d’une commune varie entre 55 et 520 428
personnes. La taille moyenne de population pour les 1538 communes est
de 19 970 personnes. La taille médiane de population est 9286 personnes
(50% des communes ont une population de moins de 9286 personnes).
Ces indicateurs témoignent d’une forte dispersion et d’une asymétrie nette
dans la distribution des communes selon la taille de population des
communes.
Cette même distribution est caractérisée par une forte inégalité
manifestée par le fait que les communes qui ont une taille de population
dépassant 19 970 personnes (la moyenne) représentent 17,4% des
communes et concentrent à elles seules 65,1% de l’ensemble de la
population.
En outre, 32,6% des communes ont une taille de population se situant
entre la médiane (9286 personnes) et la moyenne (19 970 personnes), ces
communes abritent 21,4% de la population totale. Cependant, 50% des
communes ont une population de moins de 9286 personnes et elles
concentrent 13,5% de la population totale.
En milieu urbain, avec une population de
1.088 habitants, la commune urbaine de
Naima (Préfecture d'Oujda-Angad) est la
commune urbaine la moins peuplée du pays
et celle de Meknès est la plus peuplée (520
428 habitants). En milieu rural, la commune
de Tifariti (55 habitants) relevant de la
province d’Es-Semara est la commune
rurale la moins peuplée et celle d’Ait Amira
(province de Chtouka-Ait Baha) est la plus
peuplée (76 646 habitants).
• S’agissant de la répartition des communes par région,
une première catégorie de régions contient un nombre
de communes moins peuplées équivalent à celui des
communes plus peuplées. Elle comprend les régions
de Béni Mellal-Khénifra, Draa-Tafilalet, Fès-Meknès
et l’Oriental.
• Une seconde catégorie correspond aux régions
contenant une grande proportion de communes les
moins peuplées. Il s’agit des régions d’Eddakhla-Oued
Eddahab (77,8% de ses communes), Guelmim-Oued
Noun (69,1%) et Laayoune –Sakia El Hamra (75%) et
Souss-Massa (33,5%).
• La troisième catégorie de régions
concentre relativement plus les
communes plus peuplées. C’est le cas
de la région du Grand Casablanca-
Settat (36,8% des communes) et de
Rabat-Salé-Kénitra (41,6%) et dans
une moindre mesure Tanger-Tétouan-
Al Hoceima (24,7% de ses communes
appartiennent au 4ème groupe les plus
peuplées).
• En termes de ménages, cinq grandes
régions concentrent 71,4% des ménages
du pays, soit un peu plus de sept ménages
sur dix. La région du Grand Casablanca-
Settat vient en tête de liste avec un effectif
de 1.559.404 ménages suivie de Rabat-
Salé-Kénitra (1.015.107 ménages) et
Marrakech-Safi (928.120). Viennent
ensuite, les régions de Fès-Meknès
(919.497) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima
(799.124).
• D’autres part, sept grandes villes
concentrent plus du quart des
ménages du pays (27,8%, 2.033.011
ménages). La ville de Casablanca en
abrite le maximum (819.954
ménages), suivie par la ville de Fès
(257 739), Tanger (245 343),
Marrakech (217 245), Salé (213 477),
puis Rabat (151 670) et Meknès
(127.583).
• La taille moyenne des ménages est de 4,6
personnes au niveau national. Cette taille
est la plus élevée dans la région de Drâa-
Tafilalet (5,9 personnes) et la plus faible
à Dakhla-Oued Eddahab (3,9 personnes).
Dans les autres régions, elle reste
comparable à la moyenne nationale (4,6)
et varie de 4,3 personnes dans la région
de Laâyoune-Sakia El Hamra à 4,9
personnes dans la région de Marrakech-
Safi.
• Au niveau communal, la taille moyenne des ménages
varie de 2 à 10,9 personnes. Trois régions sont
prédominées par les communes dont la taille moyenne
des ménages est inférieure à 4 personnes. Il s’agit de
Eddakhla-Oued Eddahab (100% des communes),
Laayoune-Sakia El Hamra (85%) et Souss-Massa
(46,7%).
• Deux régions, à savoir Draa-Tafilalet et Marrakech-Safi,
sont prédominées par les communes dont la taille
moyenne des ménages est de six personnes ou plus
(62,2% et 30,9% respectivement).
• Les autres régions sont majoritairement formées de
communes dont la taille moyenne des ménages varie de
4 à 6 personnes.
• Population est en grande partie concentrée dans
les régions côtières et les plaines du nord.
• Elle est caractérisée par sa jeunesse : les deux-
tiers ont moins de 30 ans.
• Croissance démographique reste élevée.
• Exode rural, qui a d ’ abord concerné
essentiellement les grandes métropoles, se fait
maintenant également au bénéfice des villes de
moyenne importance.
• Trois millions environ de Marocains sont
expatriés (en France, Espagne, Italie….).
Quelque données sur la démographie du Maroc

• densité : 47,51 hab. /km² ;


• espérance de vie moyenne : 73,46 ans
• espérance de vie des hommes : 73,1 ans
• espérance de vie des femmes : 75,7 ans
• taux de croissance de la population : 1,528 %
• taux de natalité : 21,64 ‰
• taux de mortalité : 5,54 ‰
• taux de mortalité infantile : 38,85 ‰
• taux de fécondité : 2,62 enfants/femme
• taux de migration : - 0,82 ‰
Prise de conscience précoce des questions
relatives à la population
• Maroc était caractérisé par des niveaux élevés de
mortalité et de fécondité (taux brut de mortalité 25,7‰
entre 1950 et 1955 puis à 18,7‰ en 1962).
• L’espérance de vie à la naissance ne dépassait guère les
43 ans.
• La mortalité infantile atteignait son niveau le plus élevé.
Le contexte socioculturel marocain était favorable à une
forte fécondité.
• Les coutumes percevaient l’enfant, de sexe masculin,
comme une richesse et un investissement pour l’avenir
de ses parents.
• Les femmes, analphabètes, se mariaient à des âges
précoces (à 17 ans en moyenne). Selon les estimations
établies, plus de 50% de la population vivait en état de
pauvreté, l’indice de développement humain était de
l ’ ordre de 0,198. L ’ exercice d ’ une activité
économique en dehors du foyer était réservé à une
minorité de femmes.

• En prenant conscience de l’importance de la variable


démographique dans le développement économique
et social, le Maroc a mené au cours des quarante
dernières années, des politiques de population en vue
d’améliorer le bien-être de ses citoyens.
• Plans de Développement Economique et Social adoptés
au Maroc n'ont pas manqué de soulever la question de la
croissance démographique et de son impact sur le
développement économique et social du pays.
• L’accent est mis particulièrement sur les questions de
développement humain, sur des variables comme la
scolarisation, notamment des filles, et l’encouragement
du travail de la femme.
• Ces efforts se reflètent autant par les progrès accomplis
dans ce domaine que par l’importance des dépenses et
des transferts sociaux dans le budget de l'État.
• Années 80, marquées par la mise en œuvre du
Programme d’Ajustement Structurel (P.A.S.) et ses
impacts négatifs, à court terme, sur le plan social.
• Les années 90 et le début des années 2000 ont été
marquées par plusieurs réformes visant à mieux
préparer l ’ économie marocaine à la
mondialisation, accordant plus d ’ intérêt aux
questions sociales.
• Cependant, les progrès accomplis dans ce domaine
demeurent encore insuffisants du fait que la
demande dépasse largement les réalisations et les
possibilités financières.
Transition démographique au Maroc
• Actions politiques et évolutions
économiques et sociales ont marqué le
Maroc durant les quarante dernières
années.
• Transition démographique est en marche.
La baisse de la mortalité s’est opérée
depuis le début des années 1960, avec un
gain en espérance de vie de plus de vingt
ans (47 ans en 1962, 71 ans en 2004, 75
ans en 2014).
• Mortalité infantile a baissé. Ces progrès sont le
reflet des campagnes de vaccination pour lutter
contre les maladies qui touchent les enfants en
bas âge, et résultent également de l’amélioration
de la couverture sanitaire d ’ une manière
générale.
• Cette évolution est due aussi au développement
de l’état nutritionnel et de l’accès à l’eau
potable et surtout aux programmes de
vaccination visant l’élimination de nombreuses
maladies cibles.
• Maroc continue d'accuser des retards:
survie de l’enfant précaire par rapport aux
pays de niveau de développement
comparable; santé maternelle et la
maternité à moindre risque, le taux de
mortalité maternelle est de 227 décès pour
100 000 naissances lors de la période 2003-
04. Ce taux est encore plus élevé en milieu
rural qu’en milieu urbain. A cela s’ajoute
l’insuffisance de la capacité hospitalière qui
n’a pas augmenté au même rythme que
celui de la population.
• S ’ agissant de la fécondité, deuxième
composante de la dynamique démographique,
de 7 enfants (60) à 5,52 enfants par femme en 82.
Cette tendance à la baisse s'est accélérée 1,7
enfants.
• La diminution de l'indice synthétique de
fécondité est, la résultante de l'élévation de l'âge
au mariage des femmes (de 17,5 ans en 1960 à
27,1 ans en 1998) et des hommes (de 24,4 ans en
1960 ans à 31,6 ans en 1998).
• Pratiques contraceptives .
• Ces changements de comportements procréateurs et
matrimoniaux sont au centre des mutations subies par
l’institution familiale. Actuellement, ses modes de vie,
ses rôles et ses structures sont sensiblement différents
de ce qu’ils étaient.
• Ces transformations se sont poursuivies sous l’effet de
l ’ urbanisation, la communication, la scolarisation,
particulièrement celle des filles, l’entrée progressive des
femmes dans le marché du travail, etc.
• C’est ainsi que l’on assiste, de plus en plus, au Maroc à
la nucléarisation des familles. Le rapport entre parents et
enfants est en train de se modifier.
• Sur le plan culturel, le modèle familial hiérarchisé et
patriarcal, élargi et autoritaire, n ’ est plus la
référence unique.
• Le code de la famille, l’institution d’un quota
minimum de 30 femmes à la chambre des
Représentants, lors des élections de septembre 2002,
a permis l’implication croissante de la femme dans la
sphère politique.
• D’autres mesures ont concerné l’amélioration de
leur statut économique.