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L’inexécution des contrats et la

responsabilité contractuelle

Préparé par :
M. Brahim ENNAJI
M. Azzeddine ZAABOUL
Encadré par :
M. NAOUR

Année universitaire 2007 - 2008


PLAN
Introduction
I- L’inexécution des contrats
1- L’inexécution totale ou partielle
2- La faute
3- La force majeure
II- La responsabilité contractuelle
A- Les règles légales de la responsabilité contractuelle:
1- Les conditions du droit à dommages et intérêts
2- La mise en œuvre du droit à dommages et intérêts
3- Les sanctions
B- L’aménagement conventionnel de la responsabilité
contractuelle:
1- Les clauses de non responsabilité
2- Les clauses limitatives de responsabilité
3- Les clauses pénales
Introduction:

En principe, les contrats sont conclu pour être


exécutés. Mais, il peut arriver qu’une des parties
contractantes ne respecte pas ou refuse de respecter ses
obligations contractuelles, et; que la prestation qui en fait
l'objet est devenue impossible, naturellement ou
juridiquement,par volonté ,faute ou force majeure.

L’inexécution des contrats engage la responsabilité


des parties qui ont manqué d’honorer leurs obligations,et
donne naissance à la réparation du dommage subi qui peut
être matériel ou moral.
I- L’inexécution des contrats:
1- Inexécution totale ou partielle:
Inexécution totale : aux termes de l’Art. 335 “ L’oligation
s’éteint lorsque; depuis qu’elle est née; la prestation qui en
fait l’objet est devenue impossible; naturellement ou
juridiquement; sans le fait ou la faute du débiteur et avant
qu’il soit en demeure“.

Inexécution partielle : Article 336 DOC stipule : Lorsque


l'impossibilité n'est que partielle, l'obligation n'est éteinte
qu'en partie ; le créancier a le choix de recevoir l'exécution
partielle, ou de résoudre l'obligation pour le tout lorsque
cette obligation est de telle nature qu'elle ne peut se partager
sans préjudice pour lui. ./.
I- L’inexécution des contrats:
2-La faute:

La faute peut être intentionnelle ou non intentionnelle et


plus ou moins grave. L’inexécution qui résulte du dol entraîne
une obligation de réparation à la charge du débiteur.

Le fait générateur de responsabilité peut être une faute


inexcusable d’une gravité exceptionnelle en raison du danger
couru, une faute lourde particulièrement grossière ou encore une
faute légère.

La responsabilité du débiteur ne dépend pas de l’élément


intentionnel ou de la gravité de la faute, mais de la nature et
l’importance de l’obligation qui n’a pas été exécutée.
I- L’inexécution des contrats:

En effet, la jurisprudence distingue les obligations de


moyens et obligations de résultat.
L’obligation de moyens est l’obligation par laquelle le
débiteur n’est pas tenu d’un résultat précis. Ainsi, le médecin
s’engage à mettre en œuvre tout les moyens permettant d’obtenir
la guérison de son patient; sans la garantir.
Le créancier de cette obligation ne peut mettre en jeu la
responsabilité de son débiteur que s’il parvient à démontrer
l’existence d’une faute prouvant que tous les moyens n’ont pas
été mis en œuvre.
L’obligation de résultat met le débiteur en situation de
fournir un résultat. Dans le contrat de transport, l’obligation de
résultat peut consister à déplacer une personne d’un endroit à un
autre. La mise en jeu de la responsabilité du débiteur repose sur
la constatation que le résultat promis n’a pas été atteint.
I- L’inexécution des contrats:
3- Force Majeure et du cas Fortuit:
Article 268 du DOC stipule : Il n'y a lieu à aucuns dommages-
intérêts lorsque le débiteur justifie que l'inexécution ou le retard
proviennent d'une cause qui ne peut lui être imputée, telle que la
force majeure, le cas fortuit ou la demeure du créancier. ./.

Article 269 : La force majeure est tout fait que l'homme ne peut
prévenir, tel que les phénomènes naturels (inondations,
sécheresses, orages, incendies, sauterelles), l'invasion ennemie,
le fait du prince, et qui rend impossible l'exécution de
l'obligation.
N'est point considérée comme force majeure la cause qu'il
était possible d'éviter, si le débiteur ne justifie qu'il a déployé
toute diligence pour s'en prémunir.
N'est pas également considérée comme force majeure la
cause qui a été occasionnée par une faute précédente du débiteur.
II- La responsabilité contractuelle :
Lorsque le créancier ne peut pas obtenir de son débiteur
l’exécution en nature de son obligation, celle-ci se ressent en
dommages et intérêts. On dit qu’il y a exécution par équivalent .
S’appliquant à cet égard les articles 254 à 267 du DOC.
Mais il se peut que les parties aient procédé à
l’aménagement par voie conventionnelle de leur responsabilité
contractuelle.

A- Les règles légales de la responsabilité contractuelle:

1- Les conditions du droit à dommages et intérêts:


L’existence du droit à dommages-intérêts suppose un
dommage, une faute et un lien de causalité entre la faute et le
dommage.
II- La responsabilité contractuelle :
1.1- Le dommage:
Pour obtenir réparation; le créancier; victime de
l’inexécution doit justifier l’existence d’un dommage. Aux
termes de l’article 263 du DOC; ce dernier a pour origine soit
l’inexécution de l’obligation soit le retard dans l’exécution de
l’obligation.
Le défaut d’exécution donne lieu à l’octroi de dommages-
intérêts compensatoires dont le montant variera selon que
l’exécution est totale ou partielle.
Le retard dans l’exécution peut donner lieu à l’attribution de
dommages-intérêts moratoires dès lors que le créancier a apporté
la preuve du préjudice que ce retard lui a infligé.
II- La responsabilité contractuelle :
1.2- La faute:
L’inexécution fautive de ses obligations par l’une des parties
à un contrat justifie la mise en œuvre de sa responsabilité
contractuelle. Encore faut il que le créancier établisse l’existence
de la faute dont la charge de la preuve varie selon qu’il s’agit
d’une obligation de résultat ou d’une obligation de moyens.
 Dans le cadre des obligations de résultat : Le débiteur
s’engage à fournir un résultat. Exp.: verser une somme d’argent;
transporter des marchandises.
En cas d’inexécution; la faute est présumée. Le débiteur ne
peut s’exonérer en prouvant seulement n’avoir pas commis de
faute. La présomption ne tombe que devant la force majeure; le
fait d’un tiers présentant les mêmes caractères d’imprévisibilité
et d’inévitabilité que la force majeure.
II- La responsabilité contractuelle :

 S’agissant des obligations de moyens : Le débiteur ne s’engage


qu’à faire tout son possible pour procurer une prestation à son
créancier. Exp.: celle qui pèse sur le médecin ou l’avocat envers
ses clients.
L’obligation de moyens est toujours une obligation de faire.
En cas d’inexécution de l’obligation; il n’est pas possible de
présumer la faute du débiteur; il faut que le créancier la prouve.
Celle-ci consiste à ne pas avoir mis en œuvre les moyens promis.
Elle apparaît comme une erreur de conduite que n’aurait pas
commise un homme prudent; diligent et avisé; placé dans les
mêmes circonstances.
II- La responsabilité contractuelle :
1.3- Le lien de causalité:
La mise en jeu de la responsabilité du débiteur suppose
qu’entre la faute qu’il a commise et le dommage supporté par le
créancier; existe un lien de causalité. Cette exigence est formulée
par l’Art. 264 du DOC qui dispose que "les dommages sont la
perte effective que le créancier a éprouvée et le gain dont il a été
privé; et qui sont la conséquence directe de l’inexécution de
l’obligation“.
Il doit exister une relation de cause à effet entre le dommage
dont réparation est demandée et la faute du débiteur. Celui-ci est
responsable dès lors que l’inexécution de l’obligation est
vraiment la cause générique du dommage; sans elle, il est certain
qu’il ne serait pas produit.
II- La responsabilité contractuelle :
2- La mise en œuvre du droit à dommages et intérêts:
La condamnation du débiteur doit avoir été précédée
d’une mise en demeure.
2-1 La mise en demeure :
Mettre en demeure; c’est mettre en retard le débiteur. Tant
que le créancier n’a pas mis en demeure son débiteur; il est
présumé lui accorder des délais et ne peut donc demander ni
l’exécution forcée du contrat ni sa résolution; ni l’allocation de
dommages-intérêts.
Aux termes de l’Art. 255 du DOC; “le débiteur est
constitué en demeure par la seule échéance du terme établi par
l’acte constitutif de l’obligation“ Toutefois; sur le plan pratique
et si “ aucune échéance n’est établie; le débiteur n’est constitué
en demeure que par une interpellation formelle du représentant
légitime de ce dernier “.
II- La responsabilité contractuelle :
Cette interpellation doit exprimer : (Art. 255 du DOC)

♣ La requête adressé au débiteur d’exécuter son obligation dans un


délai raisonnable.
♣ La déclaration que; passé ce délai; le créancier se considérera
comme dégagé en ce qui le concerne.

Cette interpellation doit être faite par écrit; elle peut résulter
même d’un télégramme; d’une lettre recommandée; d’une
citation en justice même devant un juge incompétent.
II- La responsabilité contractuelle :
2-2. La condamnation à dommages et intérêts :
Aux termes de l’Art. 264 du DOC “ les dommages sont la
perte effective que le créancier a éprouvé et le gain dont il a été
privé; et qui sont la conséquence directe de l’inexécution de
l’obligation. L’appréciation des circonstances spéciales de
chaque espèce est remise à la prudence du tribunal : il doit
évaluer différemment la mesure des dommages-intérêts; selon
qu’il s’agit de la faute du débiteur ou de son dol".

Les parties contractantes peuvent convenir des dommages-


intérêts dus au titre du préjudice que subirait le créancier en
raison de l’inexécution totale ou partielle de l’obligation initiale
ou en raison du retard apporté à son exécution”.
II- La responsabilité contractuelle :
3- Les sanctions:
3.1- exécution forcée :
L'inexécution du contrat expose le débiteur défaillant à
l'exécution forcée des prestations .
Elle permet au créancier d’exiger l’exécution de la
prestation promise. Elle s’exerce :
En nature (fournir la prestation promise)
En équivalent (dommages et intérêts)
En effet, aux termes de l'article 259 du DOC, le créancier a
le droit de contraindre le débiteur à honorer ses engagements; si
l’exécution en est possible; à défaut; il peut demander la
résolution du contrat; ainsi que les dommages-intérêts dans les
deux cas.
Une fois le dommage prouvé et la mise en demeure
effectuée , la réparation du dommage prendra le plus
souvent la forme d'une indemnité pécuniaire, quand la
réparation en nature n'est pas toujours possible.

Il existe aussi des clauses limitatives de


responsabilité (Art. 260 du DOC).
II- La responsabilité contractuelle :
3.2:La dissolution des contrats:

Sans effet rétroactif :

♣ la résiliation :
Elle met un terme anticipé à une convention mais
uniquement pour l’avenir,elle concerne les contrats à
exécution successive.

Avec effet rétroactif


La nullité, la rescision, la révocation et la résolution
permettent de mettre fin à un contrat qui sera réputée
n’avoir jamais existé.
Les effets en sont donc rétroactifs : ils se reportent sur le
passé.
♣ La nullité : suppose qu’un élément essentiel fasse défaut et
entraîne la dissolution du contrat censé n’avoir jamais existé.
Les nullités sont :
- soit absolues, c’est-à-dire établies en fonction d’un intérêt
général,
- soit relatives en rapport avec des intérêts d’ordre privé.

♣ La rescision : Mode de dissolution des conventions en cas de


lésion dans les cas et selon les quotités prévues par la loi.

♣ La révocation : Mode de dissolution propre aux contrats à


titre gratuit.
II- La responsabilité contractuelle :
♣ La résolution : Mode spécial applicable en cas de contrat
synallagmatique (ou bilatéral).

Elle peut intervenir à 2 occasions :

 Le créancier peut demander au tribunal la résolution du contrat :


résolution judiciaire (le juge en apprécie le bien fondé).

 Le créancier peut faire appliquer une clause résolutoire prévue


au contrat : pas d’intervention du juge, la clause prévoit la
résolution de plein droit du contrat en cas de réalisation d’un
événement précis. Exp. clause prévoyant la résolution de la
vente en cas de non-paiement du prix par l’acquéreur ou défaut
de livraison.
II- La responsabilité contractuelle :
Effets de la résolution :

 Anéantissement rétroactif du contrat


 Remise en l’état des parties (restitution des sommes versées et
de la chose vendue).
 Attribution éventuelle de dommages-intérêts

L’exception d’inexécution :
L’exception d’inexécution est le droit, pour une partie, de
refuser d’exécuter son obligation tant que l’autre contractant n’a
pas respecté ses engagements. Par exemple, dans le contrat de
vente commercial, l’acheteur peut refuser de payer le prix si le
vendeur ne livre pas la chose.
II- La responsabilité contractuelle :
B- L’aménagement conventionnel de la responsabilité
contractuelle:

Les parties à un contrat peuvent aménager à l’avance les


conséquences d’une éventuelle inexécution de leurs obligations.

Il est des stipulations qui aggravent la responsabilité du


débiteur (Exp.: absence d’effet exonératoire de la force majeure)
mais elles sont rares. Plus fréquemment sont insérées des clauses
de non-responsabilité ou limitatives de responsabilité et des
clauses pénales.
II- La responsabilité contractuelle :

1- Les clauses de non responsabilité :

Elles suppriment toute responsabilité du débiteur au cas


d’inexécution de son obligation. Elles sont; en principe; valides;
cependant elles sont sans effet :
♦ pour les dommages causés à la personne humaine;
♦ en cas de faute dolosive ou de faute lourde;
♦ dans certaines hypothèses prévues par la loi (cas des
constructeurs d’un ouvrage et les fabricants de matériaux (l’Art.
772 du DOC)).
II- La responsabilité contractuelle :

2- Les clauses limitatives de responsabilité :

Il est fréquent qu’une disposition expresse du contrat fixe


le maximum des dommages-intérêts auxquels l’une des parties
pourrait être condamné pour inexécution ou exécution
défectueuse de ses obligations.

Ces clauses sont valables sauf dans les hypothèses : dol


ou de faute lourde du débiteur.
II- La responsabilité contractuelle :
3- Les clauses pénales :
La clause pénale est celle par laquelle les parties à un
contrat conviennent d’une somme forfaitaire à verser en cas
d’inexécution; de retard ou de faute dans l’exécution.
La clause pénale a l’avantage d’éviter aux parties des
difficultés inhérentes à l’évaluation judiciaire des dommages-
intérêts. D’autre part et lorsqu’elle est d’un montant élevé; la
clause pénale apparaît comme un moyen de pression sur le
débiteur incité à exécuter scrupuleusement ses obligations.
Ces avantages expliquent que les clauses pénales soient
extrêmement fréquentes dans les contrats de bail; d’entreprise;
de prêt ou de crédit-bail.
MERCI POUR VOTRE
ATTENTION