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Comment caractériser l'activité

commerciale ?
• DOIT-ON DETERMINER LE DOMAINE DE LA
COMMERCIALITE PAR REFERENCE A :
– La qualité de la personne ?
– L’objet de l'acte que la personne accompli ?
– Aux actes de commerce ?
– La profession habituelle ?

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BOUTAYEB
Comment définir la commercialité

La méthode objective : le droit commercial serait le droit des


actes, non pas le droit des commerçants !
Mais le mandat est aussi un acte utilisé par le droit civil !

Nécessité d’analyser l’activité


économique du contractant afin de
déterminer le régime juridique. Donc la
qualité du sujet est déterminante

La méthode subjective : le droit commercial est le droit des


commerçants

C’est un droit inégalitaire, pour quel type de sujet ?


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La notion d’acte de commerce
• Le code de commerce ne donne pas une définition de
l’acte de commerce,(la loi ART 6 du CC répute acte de
commerce )
– Position de la doctrine
• Le critère de la spéculation: mais insuffisant ! les activites civiles
poursuivent également le profit
• L’entremise dans la circulation des richesses : que l’acte de
commerce serait un acte intérmediaire situé entre la production et
la consommation ,critére insuffisant ! (les actes d’agent
commerciaux activité d’entremise mais civile! )
• Le critére de l’entreprise:l’acte de commerce serait celui qui
résulte d’une orgnisation professionnelle structurèe, mais ce
critere reste large !
• ces critères pris isolément ne permettent pas de definir l’acte de
commerce

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Les differents types d’actes de
commerce
• Art. 6 du C.C. ne donne pas une définition des actes de commerce, mais une énumération
hétéroclite et descriptive.
• Les actes de commerce à titre principal : les actes de commerce par nature
– Les actes de commerce par nature (noyau dur de la commercialité)
– La qualification d’acte de commerce suppose la réunion de 2 conditions :LA SPECULATION ET LA
REPETITION (présomption simple de la commercialité qui pèse sur le commercant )
• Selon l'objet : la qualification d'acte n'existe qu'à la condition qu'il y ait
– revente,
– des opérations financières,
– le courtage, la banque, l’assurance, …
• Selon qu'ils sont effectués en ENTREPRISE
– les postes et telecomm,
– commerce maritime et aérien
– la vente aux enchères publique,
– distribution d'eau et d’électricité,
– Entreprise de transport
– Entreprise de fourniture….
– Les actes de commerce par la forme, c’est à dire par déclaration de la loi : ces actes sont commerciaux,
quelque soit la qualité de la personne et l'objet
• L’acte de commerce par la forme ne peut devenir civil par accessoire il est toujours commercial même s’il est réalisé
dans le cadre d’une activité civile .c’est une présomption irrèfragable
– 2 types d’actes de commerce par la forme:
• La lettre de change
• Les sociétés à forme commerciale (les stés en nom collectif , en commandite simple, les stes par action et les sarl )
pour ces stes la forme l’emporte sur l’objet
Attention : la cession de parts sociales ou d’action est un acte civil mais devient un acte de commerce lorsque la cession
transfère un le contrôle d’une sté

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Les actes de commerce à titre
accessoire
• Cas pratique :

Un gérant associé majoritaire d'une SARL se porte caution solidaire


de sa société qui, pour les besoins de son objet social, a dû
contracter un crédit.

L'engagement de la caution est-il un acte civil ou


commercial?

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Les actes de commerce à titre
accessoire
• Le gérant majoritaire de la SARL, n'étant pas
un commerçant, le contrat de cautionnement
est par nature un acte civil (art 1117 du DOC).
• Mais dès lors que l'engagement est pris par le
gérant, en vue de permettre un meilleur
développement de l'objet social, donc des
bénéfices et leur distribution, le
cautionnement devient un acte de commerce
par accessoire

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Les actes de commerce par accessoire
• Est un acte civil par nature qui devient commercial par
accessoire en raison de la qualité de son auteur ou de
son rattachement à un acte de commerce
• Les actes de commerce par accessoire subjectif:est un
acte civil par nature passé par un commerçant pour les
besoins de son commerce (mandat ,dépôt,prêt )
• ATTENTION : certains actes accomplis par un
commerçant dans le cadre de son activité commerciale
conservent toujours leur nature civile (les dettes
fiscales,les accidents du travail ..)

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• Les actes de commerce par accessoire objectif :
• Est un acte civil par nature qui a pour cause ou qui est
rattaché a un acte de commerce
– la commercialité objective de l’acte
résulte de la nature de l’acte principal et non la qualité de
la personne qui l’effectue (le chèque emis pour en
règlement d’une dette commerciale est commercial par
accessoire ,même si l’auteur n’est pas commerçant
– Attention : le cautionnement consenti à titre personnel,par
un dirigeant,mandataire social donc par une personne non
commerçante,pour couvrir les dettes de sa société ne
devient commercial que s’il est intéressé,par un avantage
patrimonial de l’opération

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L'accessoire suit le principal
• Cette maxime reçoit une application importante en droit
commercial :
– Ce sont des actes qui ne constituent pas la trame d'activité
commerciale, mais ils accèdent à la commercialité parce
qu'ils sont accomplis par un commerçant à l'occasion de
son commerce (art. 10 du C. C.)
– Ce principe revêt une importance particulière en matière
de cautionnement commercial car ses effets sont régis par
les principes relatifs aux obligations solidaires entre
débiteurs art. 1133 DU DOC "le cautionnement n'entraine
pas solidarité sauf s'il constitue un acte de commerce de
la part de la caution"
• Art 335 du C.C. "en matière commerciale la solidarité
se présume
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ACTE DE COMMERCE
REGIME JURIDIQUE PARTICULIER

ACTE DE COMMERCE ACTE DE COMMERCE


ACTES DE COMMERCES PAR NATURE
PAR LEUR FORME PAR ACCESSOIRE
Répétés dans le cadre
A titre isolé
de l'entreprise
Achat en vue de Actes accessoires à la
revente de meubles Manufactures Lettre de change profession
ou immeubles commerciale pour les
Commissions S.N.C. besoins du commerce
Opérations de
Transport S.C. simple / actions
banque - de change
Fournitures S.A.R.L.
Opérations de
Location de meubles +/- B.O.
courtage
Assurances
Spectacles publics Actes de commerce
Agence - bureau subjectifs
d'affaires Commerciaux car ils
sont effectués paun
commerçant pour les
Actes de commerce objectifs quelle que soit la personne qui les effectue
besoins et dans le cadre
Toujours commerciaux
de son entreprise
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Cas pratique
• Mehdi est commerçant à casablanca ou il exploite une
concesssion d’une grande marque de voiture .il vous demande de
l’aider à déterminer la nature juridique de chacun des actes et
faits qu’il vous indique comme suit :
1. il vend des voitures neuves et d’occasion qu’il achète au
concédant de la marque d’automobiles et réalise des réparations
2. Il a acheté diverses plantes pour sa résidence secondaire dans une
pépinière qu’il a payées avec une lettre de change
3. Il a acheté une voiture afin de la prêter à ses clients qui lui laissent
leur voiture en réparation
4. Il a acheté 5% des parts sociales d’une SARL ayant pour objet
l’exploitation d’un garage concurrent
5. Un de ses concurrents l’accuse d’avoir orchestré une campagne
de diffamation à son encontre .

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REPONSES
1. La vente de voiture est un acte de commerce par nature ,les
réparations efféctuées sur les voitures de ses clients sont aussi
des actes de commerce par nature car il s’agit d’une activité de
fourniture de services en entreprise
2. L’achat de plantes n’est pas un acte de commerce mais civil , car il
ny’a pas de revente mais de la consommation.le paiment par
lettre de change est un acte de commerce par la forme
3. L’achat de la voiture est un acte de commerce par accessoire
4. L’achat de parts sociales n’est pas un acte de commerce des lors
le % acheté ne lui permet pas le contrôle de la sté
5. L’accusation de diffamation est considerée comme un fait
juridique commercial par accessoire des lors qu’elle porte sur
l’activité commerciale de MEHDI

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Le régime des actes de commerce
• Les principales règles du droit commercial
applicables aux actes de commerce
concernent le principe de :
– La liberté de la preuve
– La compétence des tribunaux de commerce
– La solidarité dans le cas de pluralité de débiteurs
– La durée de la prescription extinctive des
obligations entre commerçants

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la détermination et le régime juridique
des actes mixtes
• Acte mixte: acte passé entre commerçant et
un non commerçant un consommateur
• Ce n’est pas une catégorie d’acte mais un acte
à double visage exemple : le contrat de bail
commercial ,la vente au détail
• La mixité est aussi envisageable pour les délits
(le fait mixte) peut etre commercial pour l’un
et civil pour l’autre :le commerçant qui blesse
involontairement une cliente potentielle

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Le régime juridique des actes mixtes
• Article 4 du C.C. "lorsque l'acte est commercial pour un contractant et civil pour
l’autre, les règles du droit commercial s'appliquent à la partie pour qui l'acte est
commercial et ne peuvent être opposées à la partie pour qui l'acte est civil, … »
• La difficulté tient à l’application de 2voies de régimes juridiques differents (droit
civil ,droit commercial ,et aussi le droit de la consommation !
– : Le principe de l’application distributive des régles civiles et commerciales ce qui détermine
la compétence des juridictions civiles ou commerciales
– La qualité du défendeur : si le défendeur est commerçant et le demandeur est civil, ce dernier
assigne le commerçant devant le civil ou le commercial (principe de l'option)
– Attention ! Si le commerçant a saisi le tribunal de commerce et si le défendeur civil n’invoque
pas l’incompétence au tout debut du procès(in limine litis) ce dernier est considéré avoir
accepté la compétence des juges consulaires
• Exception au principe de la distributivité
– l'application exclusive du droit commercial : la clause de compétence matérielle liée aux
problèmes des délais de prescription(,5ans ) est inopposable au non commerçant l’accéptation
d’une telle clause conduit le non commerçant à renoncer au bénéfice de son option
• Le principe de la distributivité a des effets sur la PREUVE
– La solidarité ne peut être présumée qu'à l'égard des codébiteurs commerçants ; elle doit au
contraire être ECRITE à l'encontre des codébiteurs non commerçants et ce en vertu de l'art
164 du D.O.C. : "la solidarité entre débiteurs ne se présume point ; elle doit résulter
expressément du titre constitutif de l'obligation… »
– Cela veut dire que le créancier civil peut réclamer au débiteur de son choix l’intégralité du
montant de sa créance
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Les critères de commercialité:
• Les conditions d’acquisition de la qualité de commerçant : En principe l’accès aux
activités commerciales est libre.
• EXCEPTION : les règles relative à la capacité ont pour objectif de protéger les
intérêts privés de personnes (les incapables majeurs, les majeurs en tutelle,
majeurs en curatelle, les majeurs en sauvegarde de justice )
• Article 12 du C.C la capacité pour exercer le commerce obéit aux règles du statut
personnel
• L’acte de commerce signé par un mineur est rescindable ; la loi lui reconnait la
capacité de vendre un fonds de commerce, mais lui dénie l’aptitude de le mettre
en œuvre sans autorisation
• Le mineur pour sa déclaration anticipée doit avoir une autorisation d’exercer le
commerce inscrite au registre du commerce (art 13)
• Le tuteur testamentaire ou datif ne peut exploiter les biens du mineur dans le
commerce qu’après autorisation spéciale du juge, en cas de mauvaise gestion, du
tuteur, ce dernier est passible de sanction prévues dans le livre V du CC
• La femme mariée peut exercer le commerce sans autorisation de son mari art 17
du code de commerce ( la loi 15-95)

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Conditions juridiques du commerçant
• Art 6 du C.C. définit les commerçants comme ceux qui exercent des actes
de commerce et en font leur profession habituelle
– exercice d’actes de commerce
– Un exercice professionnel qui suppose
• L’habitude,
• La spéculation
• L’indépendance et risque
• L’artisan se définit comme un travailleur, indépendant, manuel, il ne
spécule pas, mais il transforme
• Le principe de la qualité du commerçant détermine la compétence des
tribunaux en cas de contestation, alors que les actes de l'artisan sont
soumis au droit civil. Cependant il bénéficie de l'application des
dispositions du droit commercial qui lui sont favorables (statut spécial du
bail commercial : droit au renouvellement du bail ,ou indemnité
d'eviction ).
• le régime de la preuve des actes juridiques dépend à la fois de la nature
de l'acte, et de la qualité du commerçant

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Les obligations du commerçant
• L’obligation d’ouvrir un compte dans un établissement
bancaire (art 18 du CC))
• L’obligation de tenir une comptabilité conforme aux
dispositions de la loi n°9-88 relative aux obligations
comptables des commerçants (art19du CC)
• Dans les affaires de succession, de partage, de
redressement ou de liquidation judiciaire, le tribunal
peut ordonner d’office ou à la demande de l’une des
parties la communication des documents comptables
d’où l’obligation de conserver ces documents
comptables pendant 10 ans à compter de leur date
d’établissement (art 24, 26 DU CC)

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Les obligations du commerçant
• l’inscription au registre du commerce comprend
– l’immartriculation (art 36 du CC) : elle est obligatoire, a une fonction
de renseignement des tiers et emporte présomption de la qualité de
commerçant. Elle est requise sur demande écrite du commerçant,
déposée auprès du secrétariat – greffe du tribunal
– Attention : l’inscription au RC n’est pas une condition de la qualité de
commerçant mais ne fait qu’engendrer une presemption simple( de la
qualité de commercant que les tiers peuvent renverser
– Les inscriptions modificatives : tout changement ou modification
doit être signalés (le statut matrimonial du commerçant, la cession du
fonds de commerce, les décisions judiciaires en cas de redressement,
de liquidation judiciaire, de nantissement du fonds de commerce, de
radiation de l’inscription du privilège du créancier gagiste, … )
– Les radiations : préalablement à toute radiation les inscriptions
doivent être apurées et les créanciers gagistes informés

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Les conditions d’acquisition de la
qualité de commerçant
• Les incompatibilités : en raison de la profession (les
fonctionnaires publics, les militaires, les notaires, ...)
• Les déchéances : permettent d’assainir et de moraliser la
profession commerciale (art 711à 720 du CC )
• La déchéance commerciale emporte interdiction de diriger,
gérer, administrer, controler toute entreprise commerciale.
La durée de cette mesure est de 5ans ou plus
• Interdictions
– sur les personnes : les étrangers sont soumis à une autorisation,
– sur les activités : certaines activités sont interdites (le
monopole), soit réglementées par des autorisations
administratives préalables, diplômes..)
• L’objectif : la protection de l’intérêt général

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La solidarité en matière commerciale

• Article 164 du D.O.C : « La solidarité ne se présume


point en droit civil » (règle de la division de la dette)
les codébiteurs ne sont pas tenus solidairement de la
dette
• Article 335 du C.C. « en matière commerciale, la
solidarité se présume » les débiteurs sont tenus et de
plein droit solidaires
• C'est une règle issue des usages et confirmée par la
jurisprudence : présomption simple de la solidarité
entre codébiteurs ayant la qualité de commerçants et
qui peut être écartée par acte écrit

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Radiation de l’immatriculation
• En cas de cession de fonds de commerce, de cessation d’activité
commerciale ou de dissolution de société, la radiation doit etre requise
• L’assujetti reste imposable tant qu’il ne justifie pas au préalable de sa
radiation au registre de commerce
• Si le commerçant décéde et si son activité doit etre poursuivie dans
l’indivision, une nouvelle immatriculation doit être demandée par chacun
des indivisaires
• la radiation est d’office, en vertu d’une ordonnance du président du
tribunal :
– A compter de la cloture d’une procédure de redressement ou de liquidation
judiciaire,
– Au terme d’un délais de 3 ans à compter de la date de la mention de la
dissolution (possibilité de proroger de 1an par voie d’inscription modificative
pour les besoins de la liquidation ),
– Suite au décés du commerçant depuis plus d’1an
– Suite à la Cessation effective de l’activité commerciale de plus de 3 ans

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Les sanctions liées au commerçant
• A défaut d'immatriculation dans un délais
d’1mois, à compter de la mise en demeure par
l'administration, le commerçant est puni de1.000
à 5.000 DH art. 62 CC
• Toute indication inexacte en vue de l'inscription
au R.C est punie de 1.000 à 50.000 DH et de 1
mois à 1an de prison
• En cas de récidive les peines prévues seront
portées au double ( art 64 du code de commerce)
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LA LIBERTE DE LA PREUVE
• Article 334 du C.C « en matière commerciale, la preuve est
libre, toute fois elle doit être rapportée par écrit quand la
loi l'exige ». Là aussi, c'est la qualité du défendeur qu'il
faut prendre en compte et non pas le tribunal
• Si le défendeur est commerçant, le demandeur civil aura
toute latitude pour apporter la preuve de l'acte (facture,
correspondance…), en revanche, contre le défendeur civil
la preuve est préconstituée
• Le commencement de preuve par écrit
• Présomptions de fait laissées à l'appréciation des juges
• La preuve testimoniale : sous forme écrite ou verbale mais
à la barre du tribunal
• Les livres de commerce, les factures acceptées : ayant une
force probante
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La position du législaslateur marocain
• Article 19 du C.C. "si elle est régulièrement tenue,
la comptabilité est admise par le juge pour faire
preuve entre commerçants"
• Articles 20, 21 et 26 du C.C les tiers peuvent
opposer au commerçant le contenu de sa
comptabilité même irrégulièrement tenue, sur
injonction du juge et en cas de refus de la part du
commerçant de produire sa comptabilité, ou
déclare son inexistence, le juge peut déférer le
serment à l'autre partie pour appuyer ses
prétentions .

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La loi n°53-95 instituant les juridictions
de commerce

La compétence des
tribunaux
commerciaux
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LES JURIDICTIONS DE COMMERCE

• principe : de la collégialité
• Art 4 de la loi 53-95 les audiences et les jugements des tribunaux
de commerce sont rendus par 3 magistrats dont un président
assisté d’un greffier
– Un président, des vices - présidents et des magistrats
– Un ministère public (procureur du roi et un ou plusieurs substituts )
– Un greffe et un secrétariat du ministère public
• Le tribunal peut être divisé en plusieurs chambres suivant la nature des
affaires et chaque chambre peut instruire les affaires et y statuer
• Le président du tribunal désigne sur proposition de l’assemblée générale un
magistrat pour suivre les procédures d’exécution
• Exception : du principe de la collégialité
– le président du tribunal peut convoquer une partie pour entendre ses
explications, rompant ainsi le principe de la collégialité, pour des
raisons de souplesse et de rapidité

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La compétence des tribunaux de
commerce

 Plus généralement, les tribunaux de commerce sont compétents


(compétence de la matière) pour connaître des litiges portant sur
les actes accomplis par les commerçants à l’occasion de leur
commerce et de l’ensemble des litiges commerciaux.
– Des actions entre commerçants à l’occasion de leurs activités
commerciales
– Des actions relatives aux effets de commerce
– Des différends entre associés d’une société commerciale
– Des différends relatifs aux fonds de commerce
– Le tribunal de commerce doit statuer sur l’exception
d’incompétence dans un délais de 8 jours. Le jugement
d’incompétence peut faire l’objet d’un appel dans un délais de
10 jours et la cour d’appel doit statuer dans le même délais,
sans recours sur la décision
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La procédure devant des tribunaux
commerciaux
• La procédure devant le tribunal de commerce
• La procédure devant les cours d’appel de
commerce, les attributions du premier
président
• Les attributions du président du tribunal de
commerce
• L’exécution des jugements et des
ordonnances
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La procédure normale devant le
tribunal de commerce
• Requête enregistrée (n°, date du dépôt, nature
des pièces ...)
• La désignation d’un juge rapporteur dans les 24
heures et convocation des parties par huissier de
justice
• Le juge rapporteur doit présenter l’affaire dans un
délais de 3 mois et tribunal fixe la date du
prononcé du jugement lors de la mise en
délibéré de l’affaire (art. 14 ,15 ,16) de la loi 53-
95
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Les régles de procédures spéciales
• le référé :peut être prononcé soit par le président du
tribunal dans les limites de la compétence du tribunal,
soit par le 1er président lorsque le litige est soumis à la
cour d’appel de commerce ( art 21 )
• La procédure d’injonction de payer une créance peu
élevée (certaine, exigible, liquide et non prescrite)
• Procédure non contradictoire et peu couteuse
• Elle permet au créancier d’obtenir du juge un titre
exécutoire afin de recouvrer sa créance. Selon l’art 22
l’appel ne suspend pas l’exécution de l’ordonnance
(art 161 DU CPC), cependant la cour d’appel peut par
arrêt motivé surseoir à l’exécution

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PARTIE II
L’arbitrage
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Les sources des Modes Alternatif des
Reglements des Conflits (MARC)
• Les dispositions du CPC du 6 .12. 2007
– L’arbitrage interne (art 306 à 327)
– L’arbitrage international (327-39à 354)
– La médiation conventionnelle
– La conciliation en matière sociale pratiquée par le juge au debut de l’audience (art277)
• Les dispositions du DOC ( concession reciproque sans passer par la justice )
• Le code de la famille 2004 :le divorce judiciaire après tentative de conciliation
• Le code du travail ( la loi 65- 99)
– La procédure de règlement des conflits individuels du travail art 41( un salarié licencié pour
motif abusif peut recourir à la procédure de conciliation préliminaire de l’inspecteur du
travail (art 532 al 4°)
– Procédure de règlement des conflits collectifs du travail (art 567 à 580 pour l’arbitrage)
• LE CPP du 3 .10. 2002 avant la plainte : arts 41. 375.au 382 et après la plainte art
372

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L’ARBITRAGE
• Qui peut recourir à l’arbitrage ? (art. 306 du CPC)
– « Toute personne capable de souscrire un compromis
d’arbitrage sur les droits dont elle a la libre disposition »
– Tout profesionnel,entreprise
commerciale,commerçant,artisan peut compromettre
– Toutefois on ne peut compromettre :
• Sur les dons et les legs d’aliments, de vêtements et de logement
• Sur les questions concernent l’état et la capacité des personnes
• Sur les questions intéressant l’ordre public

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L’ARBITRAGE
• Critères de choix des arbitres (art. 320 et 321 loi 08-05)
– Ils doivent être des personnes physiques jouissant du
plein exercice de leur droits civils
– Ils doivent être impartiaux (récusation)
– Ils doivent avoir une connaissance suffisante dans le
domaine où le litige a été soulevé
– Ils doivent être déclarés et inscrits sur la liste des arbitres
auprès de la cour d’appel concernée.
• Les pouvoirs de l'arbitre (art. 308 de la loi 08-05)
– Les pouvoirs de l’arbitre découlent de la convention
d’arbitrage
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L’ARBITRAGE

 La convention arbitrale
 La nature de la sentence arbitrale
« La sentence arbitrale est la décision par laquelle les
arbitres, conformément aux pouvoirs que leur confère la
convention arbitrale, tranchent les questions litigieuses
qui leur ont été soumises par les parties »
 La convention d’arbitrage doit être établie, par acte S.S.P.,
acte authentique ou par un P.V. dressé devant le tribunal
arbitral
 Le principe de l’autorité de la chose jugée (art. 327 loi 08-05)

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L’ARBITRAGE

 La nature de l'instance arbitrale (art. 319 du CPC)


 Principe de la contradiction
« Les arbitres ont l’obligation de veiller à ce que chaque partie
ait été mise en demeure de faire valoir ses prétentions de fait
et de droit, de connaître les prétentions de son adversaire et de
les discuter »

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L’ARBITRAGE :le compromis

 Le compromis (art. 314)


 Le compromis est soumis à des conditions de validité sous
peine de nullité absolue (art 310 moi 08-05 portant sur l’ordre public)
 La durée du compromis est de trois mois (art 308 CPC)
 Le compromis rend les tribunaux incompétents

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L’ARBITRAGE :la clause compromissoire

 La clause compromissoire (art. 309 du CPC)


 Le clause compromissoire d’arbitrage est la convention par laquelle
les parties décident, par avance, que seront portés à l’arbitrage les
litiges futurs
 La clause compromissoire est interdite en droit civil
 En l’absence d’arbitres désignés à l'avance, si l’une des parties refuse
de procéder à cette désignation, l'autre partie peut présenter
requête au président de la juridiction amenée à rendre exécutoire la
sentence arbitrale, pour désigner lesdits arbitres, par simple
ordonnance, non susceptible de recours

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L’ARBITRAGE:la nature de la sentence

 (art. 319 du CPC)


 Conditions de fond de la sentence arbitrale :
 Conditions de fond
1. La sentence arbitrale doit être écrite (art. 327)
2. Elle doit être motivée
3. Elle doit être signée
4. Recueillir la majorité des voix
5. Le litige doit être tranché en application des règles de
droit et non pas la volonté des parties ,ni leur intérêts(la
mediation )

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L’ARBITRAGE

 Conditions de forme de la sentence de la sentence arbitrale :


1. L’exposé des prétentions des parties
2. L’indication des questions litigieuses soumises à la
sentence (
3. Signature des arbitres
4. La date et le lieu où la sentence sera rendue
5. Noms, prénoms et domicile des parties

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l'EXECUTION DE L’ARBITRAGE:

 La Procédure de l'exéquatur :
 Seule procédure permettant l’exécution forcée par le
recours à la force public.
 L’exéquatur donne à la sentence arbitral l’autorité de la
chose jugée
 L’ordonnance de l’exéquatur peut être attaquée par voie
d’appel dans un délai de trente jours après sa notification

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Les avantages par rapport au système
judiciaire traditionnel
• Force probante de la sentence
• Délais de résolution :procédure limitée dans le temps 6mois
• Les coûts de la prcédure sont généralement moindres
• Les parties peuvent s’entendre quant à l’identité de l’arbitre
• Choix de l’arbitre ou des arbitres en fonction de leur expertise
• Moins de formalisme que le processus judiciaire traditionnel
• La confidentialité
• Portée territoriale: reconnaisance intérnationale des sentences
dans 140 pays ayant ratifié la convention des Nations Unies de
1958 .la sentence revêt le caractère exécutoire dans ces pays

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BOUTAYEB
Autres modes contractuels de
règlement des litiges
• La médiation : la loi 08-05 ne prévoit pas la médiation
judiciaire
1. Il s’agit d’un processus volontaire par lequel les
parties,avec l’aide d’une tierce personne « le
médiateur » choissie d’un commun accord tentent
d’en arriver elles meme à un à un règlement à
l’amiable de leur different
• Les avantages :
– Les parties ont le plein contrôle de la procédure
– Préservation des relations d’affaires
– La confidentialité
– Les coûts

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BOUTAYEB
PARTIE III
Le fonds de commerce
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BOUTAYEB
• Introduction : les composantes du fonds de commerce
• La nature juridique du fonds de commerce
• Le contrat translatif de la propriété du fonds de commerce
– La vente en tant que contrat consensuel et commercial
• L’apport en propriété du fonds de commerce à une société
– Conditions et effets translatif de la propriété
• La location gérance du fonds de commerce
– conditions, effets et extinction de la location gérance
• Le nantissement :contrat constitutif de garantie sur le
fonds de commerce
– La constitution du nantissement
– Les effets du nantissement

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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE

• Définition du FDC
« Le fonds de commerce est un bien meuble,
incorporel, constitué par l’ensemble des
biens mobiliers affectés à l’exercice d’une ou
de plusieurs activités commerciales » - Art. 79
du Dahir n° 1-96-83 portant promulgation de la loi n° 15-95
formant Code de Commerce.
« Le fonds de commerce comprend
obligatoirement la clientèle et
l’achalandage. » -Art. 80
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
• Les éléments incorporels :
– La clientèle : ensemble des personnes qui sont en relation d’affaires
avec l’exploitant du fonds de commerce (art 80 du CC)
– L’achalandage : une partie de la clientèle intéressée par des critères
objectifs du fonds
– Le nom commercial : appellation sous laquelle un commerçant,
personne physique ou morale, exerce son commerce
– L’enseigne : signe extérieur qui permet d’individualiser un
établissement et de le signaler aux tiers (est l’objet d’une protection art. 177 du
CC)
– Le droit de propriété industrielle et commerciale : brevets d’invention
(durée de 20 ans), les marques de fabrique (10 ans renouvelable indéfiniment), les
dessins et les modèles (25 ans renouvelable 1 fois) (loi 15-02-2000 + OMPIC loi 79, 2
mois et 6 mois recours devant la cour d’appel du tribunal de commerce)
– Le droit au bail : est un droit qui permet au commerçant locataire
d’exercer le commerce de façon libre dans un local qui ne lui
appartient pas (le FDC est distingué des murs)
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Les éléments
N. corporels : matériel, outillage et marchandises
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
Eléments du FC

Essentiels ou
Occasionnels ou
Habituels
complémentaires
obligatoires

Ø Nom commercial
ØBrevets d’invention
ØClientèle Ø Enseigne
ØMarques de fabrication
ØAchalandage Ø Droit au bail
ØDessins et modèles
Ø Matériel et outillage
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE

• LE FONDS DE COMMERCE (art. 79 et 80 du CC)


– Les conditions d'existence de la clientèle

La clientèle est-elle un élément


constitutif du FDC ou en est-elle
la résultante ?
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE

• LE FONDS DE COMMERCE (art. 79 et 80 du CC)


Sans clientèle la notion de FDC n’existe pas.
Art. 80 du CC : Le FDC comprend obligatoirement la clientèle et l’achalandage.
– Les conditions d'existence de la clientèle
• La clientèle doit être réelle (cour de cassation arrêt du 27-02-1973)
• La clientèle doit être certaine (clientèle dérivée)
• La clientèle doit être licite (activité licite )

Ainsi, le FDC est un ensemble d’éléments mobiliers,


incorporels affectés à l’exploitation commerciale et qui
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BOUTAYEB
permettent de fixer une clientèle 52
La cession du fonds de commerce
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– Définition du contrat de cession
C’est un contrat synallagmatique par lequel une
partie transfert la propriété du FDC à l’autre partie,
qui l’accepte, moyennant un certain prix.

La clientèle fait obligatoirement partie de ce


transfert.

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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– Conditions de formes
• C’est un contrat synallagmatique (obligations
réciproques ) en cas d’inexécution application de la
résolution judiciaire ,exception d’inexécution .
• C’est un contrat à titre onéreux (avantages
réciproques)
• C’est un contrat commutatif (prestation connues à
l’avance)
• C’est un contrat consensuel
• C’est un contrat commercial (acte de commerce par
accessoire,acte de commerce mixte ,acte de commerce
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– Conditions de fonds
• capacité commerciale est le pouvoir de passer des
actes de commerce. En sus de la capacité juridique (art
02 DOC), le code du commerce exige pour la validité d’un
contrat de vente d’un FDC, la capacité commerciale (art.
12 à 17 du CC)

Le cessionnaire doit avoir la capacité commerciale


Présomption du critère de la commercialité (art. 06 du CC)
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– Conditions de fonds
• Détermination du prix
– Le prix doit être déterminable (art. 58 DOC)
« La chose qui forme l’objet de l’obligation doit être déterminée au moins
quant à son espèce, la quotité de la chose peut être incertaine pourvu
qu’elle puisse être déterminée par la suite »
» Un prix qui n’est pas chiffré à la vente ne doit dépendre que
de l’aléas commercial et non de la volonté de l’acheteur sous
peine d’être exposé à la nullité absolue
» Un mandataire commun aux parties peut fixer le prix de
cession d’un FDC.
» Le juge ne peut s’immiscer dans la détermination du prix de
vente.
– Le Prix doit être sérieux par opposition au prix vil ou lésionnaire
– Le prix doit être réel ou sincère par opposition au prix fictif ou
simulé
© ISCAE – Professeur N.– Le prix doit être licite (Clause d ’échelle mobile)
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– Conditions de fonds
• L’objet :c’est le fonds de commerce :doit exister
effictivement au moment de la mutation , le probleme de
la consistance du fonds comme bien unique (en cas
d’absence de la clientele pour divers raisons exemple
création récente du fonds ,fermeture trop prolongée ,etc…il
n’ya pas de vente )
• La licéité de la cause : le transfert de la propriété de la
clientèle s’identifie à une vente du fonds de
commerce.l’activite objet du fonds doit etre licite
Cependant et sous réserve des exceptions légales, les
créances et les dettes ne sont pas comprises dans le fonds de
commerce, sauf stipulations express du cédant (délégation
© ISCAE – Professeurparfaite
N. de créances, purge des créances inscrites art. 122 à 130 du CC)
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BOUTAYEB
Les obligations du vendeur

• L’obligation de la délivrance :le transfert de propriéte ,qui


s’opere par la remise de tous les éléments compris dans
l’objet de la vente, et surtout le ralliement de la clientèle
pour qu’elle soit maintenue.
– Date de la délivrance :art 504 du DOC la delivrance doit se faire
aussitôt après la conclusion du contrat (régle supplétive )
– Droit de rétention du vendeur:en cas de danger imminent de
perdre le prix ,
– La sanction de l’obligation délivrance :
• L’asteinte
• La résolution judiciaire et dommage –intérets
• La réfection du contrat en cas de livraison défectueuse
– L’obligation de garantie:l’obligation légale de non concurrence
– La garantie des vices cachés

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BOUTAYEB
La cession du fond de commerce
Contrat synallagmatique : la garantie des vices cachés

• Pour que la garantie puisse être invoquée il


faut :
– Le vice doit nuire et compromettre l'exploitation
du fonds (perte d'une concession de marque )
– Le vice doit etre caché: le vendeur n'est pas
responsable à l’égard des vices apparents, le juge
apprécie la légitimité de l'ignorance de l'acheteur,
– Le vice doit etre anterieur à la conclusion de la
vente

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BOUTAYEB
Les sanctions de la garantie des vices
• L'action en garantie : selon le choix de l'acquéreur
• L'action estimatoire : permet à l'acheteur de conserver
le fonds avec diminution du prix
• L'action rédhibitoire : action en résolution de la vente
avec restitution ; ne peut être autorisée dans les ventes
faites par autorité de justice
• L'action en nullité en cas de dol
• Article 573 fixe le délais de 1an pour les choses
immobilières et 30 jours pour les choses mobilières
• L’existence de la clause limitative de la garantie

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BOUTAYEB
La protection du cédant contre l'insolvabilité du
cessionnaire (article 91 et 92 du CC)

• le privilège du vendeur : garantie contre le risque


de l’insolvabilité de l’acheteur.
– C’est une sûreté réelle : le privilège doit être inscrit au
registre du commerce et au secrétariat greffe du
tribunal de commerce, dans un délai de 15 jours à
compter de la vente et à la charge du vendeur
• En vertu de ce privilège, le vendeur prime les créanciers de
l’acquéreur ayant obtenu un nantissement sur le FDC acheté
• Le privilège ne porte pas indifféremment sur tous les
éléments du fonds de commerce
• Le privilège couvre successivement la partie du prix
représentative des marchandises, puis celle afférente au
matériel et enfin celle relative aux éléments incorporels (Art.
© ISCAE – Professeur91)
N.
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BOUTAYEB
La protection du cédant contre l'insolvabilité du
cessionnaire (article 91 et 92 du CC)

• L'action résolutoire (art. 99, 100 et 103 du CC)


– C’est la faculté d’obtenir la résolution de la vente. Elle
est conditionnée par l’inscription du privilège avec
publicité, de nature à informer les tiers (Art. 99)
– Conditions de l’action résolutoire :
• Notification aux créanciers inscrits sur le fonds avec une
limitation aux seuls éléments qui font partie de la vente (Art.
99)
• La résolution ne deviendra définitive que 30 jours après la
notification
– La résolution emporte restitution du fonds et
remboursement de la fraction du prix payé
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– La protection des créanciers chirographaires : Le
législateur protège également les créanciers du
vendeur en cas de fraude en soumettant la cession du
FDC à la publicité, leur permettant ainsi de s’opposer
au paiement du prix en formant une surenchère.
• Le principe de la publicité (art. 84 du CC)
1. l’acte de vente doit d’abord être enregistré pour avoir date
certaine, puis déposé dans les 15 jours de sa date au Secrétariat-
greffe du tribunal
2. L’acte est inscrit sous forme d’extrait au Registre du commerce. Cet
extrait est publié en entier et sans délai par le secrétaire-greffier,
aux frais des parties, au Bulletin Officiel et dans un journal
d’annonces légales
3. Une seconde insertion a lieu, à la diligence de l’acquéreur, entre le
8ème et 15ème jour après la première insertion
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BOUTAYEB
LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– La protection des créanciers chirographaires
• L'opposition au paiement (art. 88 du CC)
– Elle ne confère aucun privilège aux premiers opposants, mais
leur permet de demander au juge des référés de séquestrer la
partie du prix correspondant à leur créance
– Elle peut déboucher sur la surenchère sous réserve de
satisfaire les exigences de forme (lettre recommandée avec accusé de
réception) et de délai (15 jours) (Art. 84)
– Tout créancier du vendeur, que sa créance soit civile ou
commerciale, qu’elle soit exigible ou non, peut faire opposition
au prix de vente dès qu’il a connaissance de la vente par la
1ère publicité dans un délai de 15 jours
– Par le biais de l’opposition, la loi a entendu protéger
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spécialement les créanciers chirographaires
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LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– La protection des créanciers chirographaires
• Conséquences de l'opposition au paiement
– L’opposition empêche l’acquéreur de verser son prix
au vendeur. Ce dernier peut se pourvoir en référé
dans un délai de 10 jours.
– Le juge des référés accorde l’autorisation de conclure
la transaction sous réserve que le vendeur :
» Déclare formellement et sous sa responsabilité
personnelle, qu’il n’existe pas d’autres créanciers
opposants (Art. 87)
» Verse au tribunal une somme suffisante pour répondre
éventuellement des causes de l’opposition (Art. 85)
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LE FONDS DE COMMERCE
• LA CESSION D’UN FONDS DE COMMERCE
– La protection des créanciers chirographaires
• La purge des créances inscrites (art. 122 à 130 du CC)
• La délégation parfaite des créances
– Conclusion
• Le législateur ne protège pas les créanciers du cédant
titulaires d’une sûreté réelle car ces derniers sont
protégés par un droit de suite attaché à leur gage.
• En revanche le législateur protège les créanciers
chirographaires, par une publicité organisée afin
d’éviter les mutations clandestines : le droit de faire
opposition et de faire une surenchère du 1/6 du prix de
© ISCAE – Professeurvente
N.
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