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Droit international privé

Exposé sous le thème :


« La nationalité marocaine »

Professeur : Mme Salhi Wafae


Réalisé par : Hajar Daoudi et
Najwa Eddellal
Bibliographie
 Article 15 de la déclaration universelle des droits de l’Homme .
 Dahir n° 1-58-250 du 21 Safar 1378 (6 septembre 1958) portant code de la nationalité
marocaine ,( Chapitre IV: de la perte de la nationalité et de la déchéance article 6,19 ,20).
 Article de Khalid Berjaoui intitulé : Pays-Bas: pourquoi la nationalité marocaine pose
problème ? ,journal le Soir Echos ( publié par Tarik Qattab ).
 Etude comparé des codes de la nationalité ,intitulé : Identité et transmission du lien
national au Maghreb , Delphine Perrin (2007)
 la convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard
des femmes (art 9) .
 Extrait du discours de sa majesté le Roi Mohammed VI à l’occasion de la fête du
trône .
Plan
 Introduction
1. -Application dans l’espace
2. -Application dans le temps
I-L’attribution de la nationalité marocaine
A. Par le jus sanguinis
B. Par le jus soli
II- L’acquisition de la nationalité marocaine
A. L’acquisition par le bienfait de la loi
B. La naturalisation
III-La perte de la nationalité et la déchéance
A. La perte de la nationalité marocaine
B. La déchéance
• Conclusion
partie I: L’attribution de la nationalité marocaine .
A. Par le jus sanguinis : « la filiation »

Traditionnellement dans les sociétés patriarcales méditerranéennes, l’homme perpétue la lignée et le lien national
passe par lui. Le corpus juridique musulman stipule, par ailleurs, que les enfants sont attribués à leur père, qui
leur transmet son identité religieuse. La femme, susceptible d’être possédée par un étranger – et perdant jusqu’à
récemment encore en Europe sa nationalité d’origine en cas de mariage –, n’étend pas son identité à ses enfants.
En France, ce n’est qu’en 1973 que la transmission de la nationalité fut reconnue à la mère. C’est donc sans
surprise que l’on s’attend à voir dans les codes maghrébins de la nationalité un droit du sang essentiellement
paternel : le père transmet partout sa nationalité.
Or, les dispositions du nouveau code de la nationalité ne cesse au contraire de surprendre. Si discrimination il y
a, elle ne réside pas forcément là où on l’attend,
Le Maroc a été parmi les pays maghrébins qui sont parties à la convention pour l’élimination de toutes les
formes de discrimination à l’égard des femmes, entrée en vigueur en 1981, qui impose en son article 9 une stricte
égalité des genres en matière de transmission de la nationalité aux enfants . Il a également ratifié la convention
contre la discrimination raciale, adoptée en 1965, qui prohibe pour sa part, en son article toute discrimination
raciale dans la jouissance du droit à la nationalité. À ce titre, le Comité institué par la convention est habilité à
recevoir les rapports des États parties tous les deux ans et à transmettre ses observations et recommandations
en matière d’égalité dans l’accès des personnes mineures ou majeures à la nationalité. En janvier 2007, le projet
fut enfin bouclé et transmis en conseil de gouvernement puis présenté au Parlement, qui l’adopta à l’unanimité en
mars. Il prévoit qu’est Marocain l’enfant né d’un père ou d’une mère de nationalité marocaine (article 6). L’enfant
né au Maroc d’une mère marocaine et d’un père étranger et résidant au Maroc ne devrait plus être soumis à la
détention d’un titre de séjour et contraint de demander à acquérir la nationalité marocaine dans les deux ans
précédant sa majorité ou sur le fondement de la naturalisation s’il a dépassé dix-huit ans. La procédure pouvait
d’ailleurs durer des années. Depuis le discours du Trône, elle est limitée de six à douze mois et le roi aurait
approuvé les 529 demandes en attente. Après la promulgation de cette loi, le Maroc disposera au Maghreb d’une
des législations les plus avancées concernant la filiation, quoique maintenant certaines exigences spécifiques à la
filiation maternelle – conception de l’enfant avec un musulman, naissance au Maroc .
 B- En vertu du droit du sol( jus soli)

Le droit du sol, en permettant à la terre de transmettre la nationalité au-delà du sang, exprime


l’ouverture à l’étranger et à la diversification de la nation. Seul, il permet rarement la transmission
du lien national. Il est généralement associé à d’autres conditions impliquant une continuité
familiale et/ou la manifestation d’une volonté d’allégeance.
La nouvelle loi marocaine instaurera la possibilité pour l’enfant né à l’étranger de parents
inconnus d’obtenir la nationalité avant l’âge adulte s’il est pris en charge par un ressortissant
marocain (kafala) qui en fait la demande pour lui après cinq ans de résidence au Maroc. À défaut,
le mineur pourra la réclamer deux ans avant sa majorité.
Quant aux enfants nés de parents étrangers, c’est au Maroc que le droit du sol se révèle le
plus ouvert. Rabat reconnaît le droit à la nationalité marocaine à l’enfant né au Maroc de parents
étrangers, s’il en fait la demande deux ans avant sa majorité (article 9). Sa situation est même
actuellement plus favorable que celle de l’enfant né au Maroc d’une mère marocaine et d’un père
étranger, puisque la résidence régulière dans son pays de naissance n’est pas exigée. Obtient
également la nationalité de droit l’enfant né au Maroc d’un père étranger, lui-même né au Maroc,
« qui se rattache à un pays dont la majorité de la population est de langue arabe et de religion
musulmane et fait partie de cette communauté » (article 9). À cet enfant n’est imposée ni la
condition de résidence ni la démarche de faire sa demande deux ans avant sa majorité.
III-La perte de la nationalité et la déchéance
A- La perte de la nationalité

Peut on renoncer sa nationalité, ou en être privé ?

Au Maroc, et au sujet de la nationalité, on fait la distinction entre deux


situations :
 Cas où la qualité de national a un caractère définitif
Selon Le concept d'allégeance perpétuelle est érigé non seulement en loi, mais
en règle sacrée et inviolable. Si, dans la loi musulmane, toute personne née
musulmane meurt en tant que telle, dans notre droit positif, tout Marocain né
Marocain va à sa tombe en portant cette nationalité. Dans la pratique aucune
marge à la renonciation à cette nationalité, même si la loi prévoit des
paramètres pour le faire. Dans les textes, notamment celui de 1958, la perte de
la nationalité marocaine d'origine ne peut être autorisée qu'à titre exceptionnel
et par décret seulement, en fonction de critères objectifs (mariage, résidence...).
Dans les faits, aucune autorisation de renonciation à la nationalité marocaine n'a
été accordée depuis l'indépendance. «Il y a eu dans toute l'histoire du Maroc
deux exceptions, qui ont porté sur des citoyens de confession juive», précise
Berjaoui.
 cas où l’individu peut changer sa nationalité :
Au sujet du changement de la nationalité ,l’article 15 de la déclaration universelle énonce :

Article 15

1. Tout individu a droit à une nationalité.


2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de
changer de nationalité.

Toutefois , la liberté de changer la nationalité n’est pas absolue , dans la mesure , où elle est accordée avec de
restrictions .
Au Maroc ,les dispositions de perte de nationalité sont prévus dans l’article 19 et 20 du code de la
nationalité :
ARTICLE 19 :
 1° - le Marocain majeur qui a acquis volontairement à l'étranger une nationalité étrangère
et est autorisé par décret à renoncer à la nationalité marocaine;
 2° - le Marocain, même mineur, qui ayant une nationalité étrangère d'origine est autorisé
par décret à renoncer à la nationalité marocaine;
 3° - la femme marocaine qui épousant un étranger, acquiert, du fait de son mariage, la
nationalité du mari et a été autorisée par décret préalablement à la conclusion du mariage,
à renoncer à la nationalité marocaine;
 4° - le Marocain qui déclare répudier la nationalité marocaine dans le cas visé à l'article 18
du présent code;
 5° - le Marocain qui, remplissant une mission ou occupant un emploi dans un service
public d’un Etat étranger ou dans une armée étrangère, le conserve plus de six mois après
l’injonction qui lui aura été faite par le gouvernement marocain de le résigner, lorsque
ladite mission ou emploi est contraire à l’intérêt national.
 L’enfant issu d’un mariage mixte et considéré marocain du fait de sa naissance d’une mère
marocaine peut exprimer sa volonté de conserver uniquement la nationalité de l’un de ses
parents par déclaration présentée au ministre de la justice entre sa dix-huitième et sa
vingtième année.
 La mère marocaine d’un enfant issu d’un mariage mixte, considéré marocain du fait de sa
naissance d’une mère marocaine peut, avant la majorité de l’enfant, exprimer, par
déclaration présentée au ministre de la justice, sa volonté pour que celui-ci conserve la
nationalité de l’un de ses parents. 15 - Article modifié et complété par l’article premier de
la loi n° 62-06 précitée. 13
 L’intéressé peut demander de renoncer à la déclaration de sa mère aux fins de conserver
la nationalité de l’un de ses parents et ce, par déclaration présentée au ministre de la
justice entre sa dix-huitième et sa vingtième année.
 La conservation de la nationalité prend effet à compter de la date de la déclaration
présentée valablement par l’intéressé ou par sa mère.
Sauf le cas prévu au paragraphe 5° de art19,la
perte ne s’étend à ces enfants que si le décret le
prévoit expressément

La perte de la nationalité marocaine


étend de plein droit ses effets aux
enfants mineurs non mariés de
l’intéressé ,lorsqu’ils demeurent
effectivement avec ce dernier .
B- La Déchéance

 imposée par les autorités, la déchéance implique un désaveu. Elle peut être
prononcée dans les dix ans à compter de l’acquisition de la nationalité et cinq ans
maximum après les faits reprochés. Elle est donc exclue pour les nationaux
d’origine, renforçant la différence de traitement entre nationaux d’origine et
nationaux par acquisition. La déchéance découle de l’article 33 du code
marocain) :
. La déchéance découle de l’article
33 du code marocain) :
si la personne est condamnée pour un acte contre la sûreté
intérieure ou extérieure de l’Etat

si elle est condamnée à l’étranger ou dans son pays, pour un acte


qualifié de crime, à une peine de plus de cinq ans
d’emprisonnement
si elle a accompli, au profit d’une partie étrangère, des actes
incompatibles avec la qualité de national ou préjudiciable aux
intérêts de l’État

le Maroc ajoute aux motifs de déchéance la condamnation pour


s’être soustrait aux obligations militaires

la déchéance pour attentat ou offense contre le Souverain ou les membres de la famille royale,
sans exiger de constatation judiciaire, et la nouvelle loi adjoint le motif de condamnation pour
crimes terroristes.
Conclusion
Discours de S.M. le Roi
Mohammed VI à l'occasion de la
Fête du Trône
 « Nous sommes convaincu que la démocratie est une exigence fondamentale pour l'émergence d'une
citoyenneté authentique. Aussi, Nous sommes-nous employé à en développer les institutions et à en
impulser les mécanismes. Nous avons ainsi doté la société marocaine d'un Code avancé et pionnier de
la famille, considérée, du reste, comme la première pépinière où se cultivent et s'inculquent les valeurs
de citoyenneté.
 Soucieux de toujours répondre aux préoccupations réelles et aux aspirations légitimes et raisonnables
de tous les citoyens - qu'ils résident au Royaume ou à l'étranger -, Nous avons décidé, en Notre qualité
de Roi-Commandeur des Croyants (Amir Al-Mouminine), de conférer à l'enfant le droit d'obtenir la
nationalité marocaine de sa mère.
 Ainsi, Nous confirmons Notre ferme volonté de conforter et consolider les avancées majeures
couronnées par le Code de la Famille qui a consacré des droits et des obligations fondés non
seulement sur le principe d'égalité entre l'homme et la femme, mais également et essentiellement sur la
volonté de garantir les droits de l'enfant, de préserver la cohésion de la famille et de protéger son
identité nationale authentique.
 Et parce que Nous tenons à une mise en œuvre démocratique et exhaustive de cette réforme puisée
dans la vertu et la justice, et dictée par la volonté de raffermir les liens familiaux, Nous donnons Nos
instructions au gouvernement pour qu'il procède diligemment au parachèvement de la procédure de
traitement et d'approbation des demandes d'obtention de la nationalité marocaine, qui remplissent
toutes les conditions juridiques requises. Nous le chargeons également de soumettre à Notre Haute
Appréciation des propositions rationnelles pour amender la législation relative à la nationalité et
l'harmoniser avec le Code de la Famille. Cette révision se doit de répondre aux nobles objectifs
précités que la Nation, dans toutes ses composantes, appelle de ses vœux, et de tenir compte de la
nécessité d'éduquer les jeunes en leur inculquant les valeurs de la citoyenneté marocaine responsable. »