Vous êtes sur la page 1sur 31

ème

Le 16 siècle et
la Renaissance

Les astronomes étudiant une éclipse


Antoine Caron
Contexte:
Le 16ème siècle voit la disparition des grands fléaux qui avaient miné
la France au XIVème et XVème siècle : les grandes pestes, la guerre
de cent ans…
Le royaume est de nouveau unifié, territorialement et politiquement et
l’Europe connaît un nouvel essor démographique et économique.
Ainsi, les villes grandissent et l’ascension sociale devient plus facile
formant ainsi une classe bourgeoise, aisée et qui s’intéresse de plus
en plus à la culture (ce n’est plus seulement l’apanage des nobles).

D’autre part, certains événements viennent eux aussi bouleverser


l’ordre et la vision du monde tels que le moyen-âge le concevait et
favoriser les conditions de mutation économique et intellectuelle de la
société…
Quels sont les facteurs à l’origine de la
Renaissance?

???????.....
L’essor de la bourgeoisie

Jacques Cœur (1400-1456)


La chute de l’empire byzantin

L’empire byzantin au 14ème siècle


Redécouverte de la culture antique
La chute de l'Empire byzantin accéléra la renaissance culturelle de l'Occident.
En effet, quand les intellectuels byzantins se réfugièrent en Occident, et notamment en
Italie, ils apportèrent avec eux leurs connaissances, leurs idées et leurs bibliothèques de
manuscrits antiques, gréco-latins en particulier – permettant aux savants et artistes
italiens de tirer profit du savoir accumulé en Orient.

En fait, on abandonne explicitement les valeurs médiévales, liées à la féodalité, et on


tente de faire renaître les valeurs de l’Antiquité (considérés comme plus raffinées) dans
la civilisation européenne. Les hommes
de la Renaissance ont une ferme volonté
de faire revivre la culture antique sous
tous ses aspects – avant tout par l’art,
puisque l’aspect artistique est perçu
comme un moteur de progrès pour
l’humanité –, ce qui se traduit surtout
par un retour aux canons artistiques et
aux thèmes gréco-latins.
Le début des nations et des langues modernes

Les lettrés du Moyen Âge avaient conscience qu'ils vivaient sur un continent appelé
Europe par les géographes, pour le distinguer de l'Asie et de l'Afrique. En revanche,
la grande masse des habitants de l'Europe n'avaient jamais entendu ce terme : ils
lisaient difficilement et « le clergé leur parlait comme à des chrétiens appartenant au
continent choisi par la Divine providence pour être le foyer de la vraie foi »1. En
somme, les Européens n'avaient pas pleinement conscience de leur identité
culturelle. La conscience de cette identité n'apparut qu'à la Renaissance.

C’est aussi le début de la notion de « nation » et des pays modernes tels que nous les
connaissons aujourd’hui. Ceci est réalisé en particulier à travers l’officialisation et la
normalisation des langues populaires. En 1539, François 1er, par l'ordonnance de
Villers-Cotterêts, proclame le français comme langue officielle. Le français devient
ainsi la langue officielle du droit et de l'administration, dans les actes juridiques, à la
place du latin.

1 John Hale, la civilisation de l'Europe à la Renaissance


La découverte du
« nouveau monde »

Christophe Colomb
Le planisphère de Cantino réalisé en 1502 est la plus ancienne
représentation des voyages de Christophe Colomb dans
les Caraïbes, de Gaspar Corte-Real à Terre-neuve, de Pedro Álvares
Cabral au Brésil et de Vasco de Gama en Inde.
Conséquences économiques
La première conséquence économique de la découverte
du Nouveau Monde fut un afflux considérable de métaux
précieux. On emploie de plus en plus l'or, l'argent, le fer,
le cuivre, en majorité ramenés du nouveau monde. L'essentiel fut
converti en monnaie, entraînant une hausse sensible des prix. On
estime qu'entre 1450 et 1550, la masse monétaire en Europe a été
multipliée par huit.

La deuxième conséquence est que l'Espagne, pays dominant de


cette période, a acquis sa puissance politique, économique, et
militaire non par le travail de ses habitants, mais par l'accès à un
stock de monnaie.
Le début de l’art baroque espagnol reflète aussi cet afflux d’or.
L'imprimerie
Gutenberg n'a pas vraiment inventé
l'imprimerie. Orfèvre de formation, il a
perfectionné une technique déjà existante : la
gravure sur cuivre ou sur bois, seulement
utilisée pour reproduire des images. Après
avoir gravé l'image sur une surface en cuivre
ou en bois, on l'enduisait d'encre avant de la
presser sur une feuille de papier. Gutenberg a
l'idée aussi simple que géniale d'appliquer le
procédé à des caractères mobiles en plomb.
Chacun représente une lettre de l'alphabet en
relief. L'assemblage ligne à ligne de différents
caractères permet de composer une page
d'écriture. On imprime ensuite à l'identique
autant d'exemplaires de la page. Ensuite, on
démonte le support et l'on compose une
nouvelle page avec les caractères mobiles.
Avec cette technique, on obtient ainsi un livre
à de nombreux exemplaires en peu de temps
et pour un faible coût.
Les découvertes
scientifiques

Coppernic (1473-1543)
La lunette de Galilée

Galilée a perfectionné la lunette


astronomique ce qui lui a
permis d'observer de nombreux
astres : il s'intéressait
principalement au soleil, à la
lune, aux anneaux de Saturne et
aux principaux satellites de
Jupiter. Pour échapper aux
représailles religieuses, Galilée
codait donc tous ses écrits afin
de ne pas être découvert.
Une nouvelle conception de l’homme
L’esprit de l’homme de la Renaissance est caractérisé par un fort désir d’intériorité. En
effet, fort de sa « nouvelle vie » qui ne tourne plus autour de ses relations avec son
seigneur, l’homme se découvre comme une personne. Plus encore, il se découvre
comme une personne digne d’intérêt : ce n’est plus Dieu, mais l’homme qui est au
centre des réflexions des savants. Et cet homme a un nouveau rapport au monde : il a
un nouvel appétit de vivre, il refuse une vie abstraite et théorique et souhaite
expérimenter.
L’homme n’est plus considéré comme un être insignifiant, soumis à une fatalité divine,
mais comme un être libre, doté de grandes capacités, capable d’apprendre, de
créer, d’innover et d’accomplir de grandes choses. L'Homme est doté d'intelligence
et peut se perfectionner, d'où l'importance de l'éducation. Grâce à elle, l'Homme peut
espérer atteindre la perfection et une perfection aussi intellectuelle que physique.
L’homme ne fait pas seulement partie de la création, il en est le centre.
Ce mouvement touche évidemment principalement l'élite.
L’homme est replacé au centre du monde et présenté comme participant actif de ce
monde. Il est participant actif car il est libre: l’homme de la Renaissance est un homme
qui redécouvre la liberté, liberté d’apprendre, de progresser, de choisir qui il veut être.
C’est la naissance de l’individualisme.
Une nouvelle vision de la religion
L’homme est présenté comme important aux yeux de Dieu. On assiste ainsi
aussi à un remise au goût du jour du concept de libre arbitre. L’homme a le
droit de lire la bible et d’en avoir une réflexion personnelle et critique.
L’homme a le droit d’avoir une relation personnelle avec Dieu.
À une religion basée sur un ritualisme sans âme et des obligations comme la
messe dominicale, s’oppose une religion de l'homme s'adressant directement à
Dieu. À sa suite, l'humanisme chrétien touche exclusivement les pratiques
ecclésiastiques, et non pas la religion.

C’est cette nouvelle vision qui mène à la Réforme et à la naissance du


protestantisme.

Cette réforme est aussi encouragée par la traduction et l’impression de la Bible


en langues vernaculaires (souvent réalisée par des protestants): William
Tyndale pour la traduction en anglais en 1537, et Giovanni Diodati pour la
traduction en italien en 1607. La première traduction complète en français, à
partir du latin, fut l'œuvre du théologien catholique Lefèvre d'Étaples dès 1528,
et fut imprimée en 1530.
La Réforme:
-Retour aux Écritures, par la
traduction des textes sacrés.
-Retour à la morale, examen
de conscience, la foi passe par
les actes.
-Retour au sens de la grâce et
de la prédestination
-L’homme doit agir en se
soumettant à Dieu.

Martin Luther (1483-1546)


La naissance de l’humanisme
Une conséquence directe des idées de la Renaissance est le mouvement humaniste.
L’humanisme, comme son nom l’indique se concentre sur l’homme, il est un acte de
foi en la nature humaine. L'homme, selon les humanistes, est capable et doit réfléchir
par lui-même sur ce qu'il est et ce qui l'entoure. A la différence du Moyen-âge, l'homme
n'est pas soumis à la fatalité, il peut infléchir sa destinée. C'est le libre-arbitre qui lui
permet de faire ou de ne pas faire telle ou telle chose. Ainsi se dégage un certain
optimisme de l'humanisme.
Fort de sa liberté retrouvée et de son désir de progresser, l’humaniste est un homme
avide d’apprendre et de s’enrichir intellectuellement. C’est un homme donc aux
multiples connaissances (sciences, mathématiques, musique, lettres, langues…etc),
mais qui pour être complet se doit aussi d’entretenir sa forme physique et spirituelle.

Ceci mène donc à un rejet de la manière d’enseigner au moyen-âge : on donnait aux


jeunes, de manière très autoritaire (les châtiments corporels étaient courants), une
éducation rhétorique où il fallait répéter par cœur les propos des grands maîtres, sans
laisser de place à la réflexion personnelle.
(cf. supra : éducation)
Les humanistes sont d'abord des « philologues », passionnés pour les langues (latin,
grec, hébreu) et les civilisations anciennes. Ils entreprennent d'éditer et de traduire tous
les textes antiques à partir des témoins subsistants, pour certains redécouverts ou
trouvés dans l'ancien Empire romain d'Orient (l’empire byzantin) : la Bible,
directement de l’hébreu ou de l’araméen, les auteurs grecs qui forment la base des
études et que l'on traduit à nouveau pour ceux que l'on lisait déjà en latin scolastiques.
Ils réfléchissent sur les textes, reprennent les mythes et les légendes en les chargeant de
nouvelles significations, écrivent des œuvres littéraires et scientifiques, deviennent des
éditeurs.

Et cette fièvre ne touchait pas le seul monde de la littérature et de l'art. Les architectes
et les ingénieurs étudiaient les monuments de la Rome antique afin de maîtriser les
techniques de constructions des Anciens. Il y avait également des étudiants qui
s'adonnaient aux mathématiques, à la géométrie, à la physique, à la botanique, etc.

Ainsi les sciences et les techniques progressèrent-elles en quelques décennies


davantage qu'elles ne l'avaient fait au cours des dix siècles précédents.
Erasme
(1469 - 1536)

Le Hollandais Erasme de Rotterdam


fut l'une des plus éminentes figures
de l'humanisme. Avec ses nombreux
voyages, il put entrer en contact avec
les principaux mouvements culturels
qui apparaissaient alors en Europe. Il
fut l'ami intime de Thomas More.
Parmi ses ouvrages, « l'Eloge de la
folie », dans lequel il dénonce la
corruption et les vices du clergé,
rejoignant ainsi l'esprit de la Réforme.
Cependant, dans son « Essai sur le
libre arbitre », il défend la liberté de
l'Homme et prend position contre
l'idée luthérienne de la
prédestination.
Jean Pic de la Mirandole
(1463 - 1494)
Connu pour sa prodigieuse
mémoire et son érudition
exceptionnelle, il fut l'un des plus
typiques représentants de
l'humanisme italien. Il apprit
notamment l'hébreu, l'araméen
et l'arabe. Il affirmait que
l'Homme a été placé par Dieu au
centre de l'Univers avec le devoir
d'étudier le monde pour
comprendre les lois qui le
régissent et de s'étudier lui-
même pour comprendre les
exigences de son âme..
Thomas Moore
(1477 - 1535)
Thomas More fut l'une des
personnalités les plus remarquables de
son temps. Chancelier du roi
d'Angleterre Henri VIII, il s'opposa à son
suzerain lorsque celui-ci prétendit
devenir chef suprême de l'Eglise
anglicane. S'obstinant à reconnaître la
supériorité du pape, il fut emprisonné
dans la Tour de Londres. Son nom est lié
à son ouvrage en latin, « l'Utopie »
(1516). S'inspirant de Platon, il y décrit
une société idéale, installée sur une île
imaginaire, organisée selon les règles de
cohabitation pacifique et de tolérance
entre hommes de croyance diverses. En
Utopie, il n'y a pas de propriété privée,
et tous les biens sont mis en commun.
Une nouvelle vision de l’éducation
-Critique de l’éducation rhétorique, où on rabâche les propos du maître
-Désir d’une éducation qui soit équilibrée : on veut apprendre aux
gentilshommes tant les armes que la culture générale (langues, mathématiques,
musique…etc)
-Désir de retour à l’étude des textes anciens, même s’ils contredisent la religion
-Apprentissage des langues anciennes (hébreux, grec, etc.) pour « lire dans le
texte »
-Ouverture d’esprit généralisée et développement de l’esprit critique : il faut
développer son propre jugement.
-Application d’une nouvelle méthode scientifique : observation,
expérimentation, esprit critique.
-Importance donc de l’expérience.
-Donc, désir de connaître par
les voyages
la dissection
-Désir de tolérance
François 1er découvrit la Renaissance
lors de ses guerres en Italie. Il ramena
en France ce nouveau style de vie
ainsi que certains artistes, dont
Léonard de Vinci qui passa les
dernières années de sa vie en France.

Il amena aussi avec lui un nouveau


style architectural qui mit fin au
châteaux du moyen-âge austères et
peu éclairés.

François 1er aimait les arts et fut un


mécène pour les artistes de la
Renaissance (peintres, sculpteurs,
écrivains, architectes, jardiniers…)
Le château de Chambord
Marguerite de Navarre
(Sœur de Fnraçois 1er,
poétesse et mécène des
arts)
La Pléiade

La Pléiade est le nom donné à un groupe de


sept poètes, et ce, en référence aux sept
filles d'Atlas, héros de la mythologie
grecque. Ce nom a été donné à plusieurs
groupes de poètes au cours des siècles. Au
XVIe siècle, à Paris se forme un groupe qui
réuni de grands poètes, tels que Pierre de
Ronsard (Les Odes) ou Joachim du Bellay
(Défense et illustration de la langue
française). Ils rompent avec la poésie
médiévale et cherchent à exercer leur art
en français. Constatant la pauvreté du
Français, ils vont l'enrichir par de nombreux
mots issus du latin (néologismes). À la
demande de François, ils participent au
développement et à la standardisation du
français. Le Français moderne leur doit
beaucoup.