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Cours de procédure pénale

S6 licence en droit privé


2018-2019

Slimani Amina
Université Mohammed V Rabat
Faculté des sciences juridiques économiques et
sociales Souissi
Bibliographie
• Constitution
• Code de procédure pénale
• Projet de code de procédure pénale
• Charte de réforme de la justice pénale

• M. AMZAZI, Précis de droit criminel, deuxième édition, Publication APREJ , Dar Alkalam
• M. DRISSI ALAMI MACHICHI, Manuel de droit pénal général, Les éditions maghrenines, Casablanca, 1974
• M. DRISSI ALAMI, Procédure pénale, éd. Kamar Rabat, 1981 (en arabe)
• M. Boussetta, Principes élémentaires de la procédure pénale marocaine,
• A. El Khamlichi, Droit pénal, Partie générale, Librairie Al Maarif, Rabat, 1985 ( EN ARABE
• A . ALAMI, commentaire du droit pénal, partie générale, éditions dar nachr almaghribia, Casablanca, 2007 (En arabe)
• S. Nassraoui, Théorie générale de droit pénal marocain, Tome 1 Librairie Al Maarif, Rabat, 1983 (en arabe)

• Ouvrages spéciaux
• M. AMZAZI, La sanction ? Editions APREJ Rabat 1993 ( en arabe)
• M. AMZAZI, sous la direction de, Constitution et droit pénal, APREJ, Rabat 1994 collectif,
• M. AMZAZI, Essai sur le système pénal marocain, editions centre J.Berque, Collections description du Maghreb, 2013

• France
• C. AMBROISE-CASTEROT et Ph. BONFILS, Procédure pénale, PUF, Thémis droit, 2011
• B. BOULOC et H. MATSOPOULOU, Droit pénal et procédure pénale, Sirey, coll. Intégral concours, 18ème éd. 2011
Introduction et principes généraux
1. Définition
2. Intérêt
3. Évolution historique
4. Principes de l’organisation judiciaire répressive
5. Principes de composition des juridictions pénales
6. Organisation des juridictions répressives
7. Les parties et les actions nées de la commission de
l’infraction
1.Définition
• La procédure pénale: ensemble de règles qui
régit l ’ organisation et la compétence des
organes répressifs, le déroulement du procès
pénal ainsi que l’exécution de la sanction
• La procédure pénale recouvre l’ensemble des
étapes du procès pénal : la recherche, la
poursuite, le jugement des auteurs de
l’infraction et l’exécution de la peine.
2. Intérêt/objet de la procédure pénale
La protection de la société
la procédure pénale vise à :
• organiser la réponse sociale,
• la recherche des auteurs,
• la preuve de la commission de l’infraction,
• le jugement de ces auteurs
• une répression certaine et rapide des
comportements
La protection de l’individu
• L’individu est autorisé à :
• développer ses moyens de défense
• s’il est coupable, aboutir au prononcé d’une
peine la plus équitable possible.
• s’il est innocent à le disculper
Les garanties de la procédure pénale
3. Evolution historique de la PP

• La procédure est passée par deux périodes


successives: la période de la procédure
accusatoire et la période de la procédure
inquisitoire
• La majorité des systèmes actuellement ont
repris des éléments du 1er et des éléments du
2d système: procédure mixte
Procédure accusatoire
• le plus ancien système procédural.
• le procès pénal est ramené à un duel entre deux
parties privées : la personne lésée par le délit, qui est
demanderesse, et l’auteur de l’infraction, qui joue
le rôle de défendeur.
• Les deux parties font valoir leurs prétentions
librement, oralement, publiquement, devant le juge.
• Caractères de La PA: publique, orale et
contradictoire.
La procédure inquisitoire
• Elle est secrète (Trait fondamental qui s’impose aux
parties et au public) ;
• elle n’est pas contradictoire :L’accusé n’a qu’un rôle
passif, il ne connaît pas les éléments du dossier, il ne
peut les discuter, le juge joue ici un rôle actif, il mène la
recherche de la vérité, il peut prendre l’initiative, c’est
la démarche inquisitoriale ;
• elle est écrite (Tous les actes de procédure sont
retranscrits dans un procès-verbal (témoignage,
constatations, déclarations…).
La procédure mixte
• « On appelle mixte une procédure qui
combine, en des proportions variables, les
traits des deux procédures précédemment
décrits. C’est une procédure de ce genre que
s’est efforcé d’instituer le Code d’instruction
criminelle. » A.Vitu
• C’est ce système qui est retenu par notre
code de procédure pénale.
système mixte au Maroc
• Procédure accusatoire:
• Article 3 alinéa 3 du cpp relatif à la possibilité pour la
partie lésée de mettre en mouvement l’action
publique dans certaines conditions;
• Articles 535, 541, 548 du code pénal relatifs à la
nécessité d’une plainte de la victime pour l’exercice
de l’action publique par le ministère public
• Procédure inquisitoire: Articles 36, 40 alinéa4 cpp
relatifs aux pouvoirs du ministère publique
Historique de la procédure pénale au
Maroc
• L’histoire de la procédure pénale est dominée
par trois grandes périodes:
• Avant le protectorat, après le protectorat et
depuis l’indépendance
Avant le protectorat
• Le système procédural musulman était appliqué au
Maroc
• Le système musulman était proche du système
accusatoire
• L’imam était le dépositaire de la wilaya de la justice
qu’il exerçait seul ou qu’il déléguait
• Avec la complexité des affaires, s’est développée la
justice makhzen cad le rôle des pachas et des caids
s’est développé et s’est avéré efficace
Après le protectorat
• Diversité des droits et des procédures
• Procédure locale coutumière berbère et
hébraique
• Procédure du makhzen (pachas et caids)
• Procédure occidentale: espagnole au nord et
française dans le reste du maroc
• Procédure de la justice consulaire au profit des
citoyens des Etats unis
La justice française
• Dès l ’ adoption du dahir 12-08-1913, elle
s’appliquait dans la zone du protectorat français
• Les tribunaux et cour d’appel de rabat et cour de
cassation à Paris étaient compétents chaque fois que
l’auteur ou la victime était un français mais aussi
lorsque les parties étaient des marocains pour des
affaires complexes
• Les principes et les règles de la procédure française
ont largement été repris à l’indépendance
Les sources de la procédure pénale depuis
l’indépendance
• Depuis l ’ indépendance: abolition des tribunaux coutumiers,
transformations des tribunaux makhzen en juridictions ordinaires et les
tribunaux français en tribunaux modernes
• Le 10 février 1959adoption du code de la procédure pénale qui a aboli
toutes les lois antérieures (inspiré code fr de 1958)
• Le 26 janvier1965, loi d ’ unification, de marocanisation et
d’arabisation de la justice fut promulguée
• Réforme de 1974 a simplifié les règles de procédure: abolition du jury,
introduction de la justice populaires dans les affaires ismples
• Réforme du CPP par le dahir du 3 octobre 2002 (en vigueur) qui
apporte une évolution à différents égards et prend en considération les
engagements internationaux du Maroc
4. Principes généraux de l’organisation
judiciaire répressive

• Principe de la légalité criminelle


• Interprétation large de la loi pénale ou par analogie
• Présomption d’innocence
• Importance de la notion d’ordre public
• séparation des fonctions
• Sanctions procédurales (nullités)
Procès pénal
• Définition « une suite d’actes accomplis par des autorités
publiques et visant à tirer d’une infraction toutes les
conséquences qu’elle comporte » J. Pradel.
• Le procès suppose deux éléments essentiels :
• les organes compétents pour déclencher, préparer et
apporter une solution d’une part
• et le droit d’action en justice né de l’infraction d’autre
part.
• Le procès est soumis à différents principes généraux
A. Principe de la séparation des fonctions

• les étapes de la PP correspondent à des fonctions


différentes exercées par des acteurs différents :
Poursuite ; instruction ; jugement; exécution du
jugement
• Deux arguments principaux :
• 1/ un argument de fond, substantiel relevant de
la garantie des droits de l’individu,
• 2/ un argument de forme, plus organisationnel
concernant le fonctionnement de la justice
pénale
6. Principes relatifs à la composition des
juridictions pénales
A. Le juge pénal est professionnel

• Les magistrats sont des magistrats de carrière


ayant reçu une formation à l’Institut des
études judiciaires
• Ils sont recrutés selon les termes d’une loi
organique n°106-13 (24 mars 2016) relative
au statut de la magistrature.
• Ce sont des membres de la fonction publique
ayant un statut spécifique
B. L’unité des justices civile et pénale
• l’ordre juridictionnel est structuré autour des
juridictions de droit commun et des juridictions
spécialisées.
• Les juridictions de droit commun sont les
juridictions du premier degré, second degré et la
juridiction suprême.
• Dans ces juridictions à l’exception de la cour de
cassation, les magistrats sont susceptibles de
siéger tantôt au civil, tantôt au pénal.
C. La collégialité
• La collégialité permet une pluralité de regards sur le
dossier, l’instauration d’une discussion entre magistrats
pour limiter l’arbitraire et tendre vers la décision la plus
juste.
• Cependant, le nouveau code de procédure pénal a adopté
la juridiction à juge à unique pour statuer sur les affaires
dont la peine prévue ne dépasse pas deux ans
d’emprisonnement ou une simple amende
• Les juridictions à juge unique visent la rapidité et
l’efficacité de la justice pénale dans le traitement de ces
affaires (art. 374cpp)
D. le double degré de juridictions
• Permet de faire juger la même affaire deux fois par
des juges différents.
• Cette double juridiction concerne les juridictions de
jugement et celles d’instruction (art. 222cpp)

• Par conséquent, il est interdit de saisir directement la


cour d’appel et il est interdit de retenir les mêmes
juges dans la composition des juridictions
E. La fixité et la permanence des juridictions

• Les juridictions ont en principe un siège fixe et


statuent de manière continue. La continuité
du service public de la justice impose cette
solution, tous les actes infractionnels sont
susceptibles d’être déférés devant une
juridiction à tout moment pour recevoir un
traitement
5. Organisation des juridictions
répressives
• Les juridictions répressives se répartissent
classiquement entre les juridictions de droit commun
et les juridictions d’exception : les premières
connaissent de toutes les affaires pour lesquelles la
loi ne prévoit pas la compétence exclusive des
secondes. Les juridictions d’exception ont une
compétence liée soit à la nature de l’infraction, soit
à la qualité de la personne alors que les juridictions
de droit commun ont une compétence de principe.

A. Suppression des tribunaux
communaux
• En 2011, le législateur marocain a remplacé
les tribunaux communaux et
d’arrondissement par les juridictions de
proximité compétentes en matière civile et en
matière pénale exclusivement pour certaines
contraventions prévues par la loi 42-10 ayant
institué ces juridictions
B. Principales juridictions de droit
commun
Juridictions d’instruction Juridictions de jugement
• se composent • Se divisent en 3 juridictions:
• du juge d’instruction auprès du • Tribunaux de proximité et
tribunal de première instance
de première instance (1er
(1er ressort) et
ressort)
• de la chambre correctionnelle
de la cour d’appel (2d ressort) • Cours d’appel (2d ressort)
• Cour de cassation
Les juridictions de jugement
• Se prononcent sur la culpabilité ou l’innocence de la
personne mise en cause
• Tribunal de premiére instance :
• tribunal de 1 er instance : tribunal de police ,tribunal
correctionnel , de proximité
• En premier degré : tribunal de police et tribunal
correctionnel et tribunal de proximité au sein des
tribunaux de première instance
• en second degré : chambre correctionnelle de la cour
d’appel
• en pourvoi en cassation : chambre criminelle de la
cour de cassation.
C. Les juridictions spécialisées
• Les juridictions militaires
• instituées par la loi 108.13 en 2014 (10 dec)
• compétences : l’instruction, la poursuite et le jugement
des infractions commises par des militaires ou des
réfugiés de guerre exclusivement prévues par la loi.
• Le pourvoi en cassation se fait devant la cour de
cassation.
• Les infractions de droit commun commises par des
militaires restent de la compétence des juridictions
ordinaires.
• Ils ne peuvent plus juger les civils sauf impliqués dans des
infractions en temps de guerre
6. Règles générales de compétence
• Chacune des parties a le droit de l’invoquer à tout
moment et à toute hauteur de la procédure sous
réserves d’exceptions:
• Ex : l’incompétence territoriale ne pourra pas être
soulevée devant la cour de cassation pour la
première fois
• La sanction de l’incompétence est la nullité.
Parag I. La compétence des juridictions
• Toute juridiction ayant le devoir de vérifier sa
compétence, à tout moment et à toute
hauteur de la procédure.
• Compétence territoriale, matérielle et
personnelle
• Il existe des dérogations et des cas de conflits
de juridictions
A. Compétence territoriale
• Deux notions : le ressort et le lien de
rattachement
• • Le ressort (c’est une portion de territoire sur
laquelle s’exerce cette compétence) et
• • le lien de rattachement de l’infraction à ce
ressort.
Les infractions commises au Maroc ou
réputées commises
• Comment les dossiers vont-ils être attribués à telle
ou telle juridiction ?
• Ils vont être rattachés à un ressort d’une juridiction.
• Les liens de rattachement pour les personnes
physiques sont, dans les matières criminelles et
correctionnelles, au nombre de quatre (article 259
du CPP)
Les liens de rattachement crime et
délits
1. le lieu de commission de l’infraction ;
2. le lieu de résidence de l’une des personnes soupçonnées
d’avoir participé à cette infraction ou pour le mineur du lieu
de résidence de ceux ayant autorité sur lui (parents, tuteur,
moqaddem, kafil, hadine);
3. le lieu où le mineur a été retrouvé ou du lieu où le mineur a
été déposé ou gardé d’une façon provisoire ou définitive ;
4. le lieu d’arrestation ou de détention, même lorsque cette
arrestation ou détention a été opérée pour une autre cause
Liens de rattachement contraventions
• En plus des deux premiers liens de
rattachement
• un lien de rattachement particulier: le siège de
l’entreprise détentrice du véhicule pour les
contraventions aux règles relatives au
chargement ou à l’équipement du véhicule ou
encore aux réglementations relatives au
transport terrestre
Liens de rattachement pour les
personnes morales
• le lieu de commission de l’infraction ou
• le lieu où la personne morale a son siège
Les infractions commises à l’étranger
• les liens de rattachement sont multiples
(règles d’application de la loi pénale dans
l’espace)
• Article 707 et s du CPP
• la juridiction compétente est celle du lieu où
réside l’inculpé ou du lieu du dernier domicile
connu pour sa résidence au Maroc ou du lieu
où il a été appréhendé ou du lieu où réside la
victime de l’infraction.

B. Compétence matérielle
• Elle est fondée sur la distinction entre les
crimes d’une part et les délits et
contraventions d’autre part.
• Elle est fondée aussi sur la distinction entre
l’instruction et le jugement
• Elle est fondée aussi sur la distinction entre les
juridictions de droit commun et les juridictions
d’exception ou spécialisées
Juridictions d’instruction
• Il y a la dualité des juridictions (1er degré et 2d degré
• L’article 83: l’instruction préparatoire est obligatoire :
• Pour les crimes lorsque la peine prévue est la peine
de mort, réclusion perpétuelle ou 30 ans de réclusion
• Pour les crimes commis par mineurs
• Pour les délits en vertu de disposition spéciale
• Hors ces cas, elle est facultative
Juridictions de jugement
• 1.Tribunal de première instance:
• Compétence du juge de proximité
• Compétence du tribunal de première instance
• 2. Cour d’appel
• 3. Cour de cassation
Juge de proximité prés T1I
• Dahir 17 aout 2011
• Articles 14,15, 16, 17 et 18 énumèrent les faits et
actes qui entrent dans la compétence du juge de
proximité
• Il siège à juge unique assisté d’un greffier et sans la
présence du MP
• Il ne peut prononcer que des amendes et peut
statuer sur l’action civile dans les limites de la
compétence de 5000 dhs
Tribunal de 1ere instance
• Connait de tous les délits (correctionnels et de
police) et des contraventions
• Il est compétent aussi pour juger les militaires
ayant commis des infractions de droit
commun
Cour d’appel

Chambre Chambre
criminelle correctionnelle

Divisé en deux: la chambre des appels


correctionnels (appel des jugements de 1er
ressort)
et la chambre correctionnelle près la cour
d’appel qui intervient dans 4 domaines
prévues par l’art 231 cppp
Chambre correctionnelle

Chambre
Chambre des
correctionnelle
appels
près la cour
correctionnels
d’appel
Compétences chambre près la cour
d’appel
• Demandes de libération provisoire et des
mesures de mise sous contrôle judiciaire
• Demandes d’annulation des actes
d’instruction
• Appels contre les ordonnances du juge
d’instruction
• Manquements attribués à un policier de la
police judiciaire dans l’exercice de ses
fonctions
Chambre criminelle

Chambre Chambre des


criminelle près appels
la cour d’appel criminels
compétences
• Chambre criminelle près la cour d’appel est
compétente pour juger les infractions prévues
à l’article 416 du code de procédure pénale
• Des crimes et des infractions connexes aux
crimes
• La chambre des appels criminels instaure un
appel contre les arrêts de la chambre
criminelle
Cour de cassation
• Chambre criminelle de la cour de cassation
statue en cassation des jugements et arrêts
devenus définitifs pour des vices
essentiellement de forme ou dans l’intérêt de
la loi
Compétence personnelle
• Il existe des procédures spéciales ou
exceptionnels au regard de la qualité des
personnes
• Les infractions commises par des hautes
personnalités
• Les juridictions des mineurs
• Le tribunal permanent des forces armées
royales
Parag II. Dérogations
• 1. La jonction de procédure
• 2. Questions préjudicielle (juge de l’action est
juge de l’exception)
• 3. Compétence concurrente ou exclusive des
juridictions spécialisées
• 4. Procédures spéciales au regard de la qualité
des personnes
1. Jonction de procédure
• Est une prorogation de compétence cad une
extension de la compétence d’une juridiction
(art 255 prévoit
• Elle peut être due à la connexité définie à
l’article 257 du CPP ou à l’indivisibilité entre
des infractions (art 256). On va proroger la
compétence territoriale d’une juridiction pou
l’un de ces deux motifs.
a)connexité (art 257 cpp)
• un lien entre deux ou plusieurs infractions (art 255).
• Infractions commises par plusieurs personnes, sans unité de
dessein dont une a été arrêtée en un lieu qui va définir la
compétence et où les autres personnes arrêtées seront jugées
avec elle,
• avec unité de dessein, c’est le cas de l’association de
malfaiteurs
• Elle tient encore au lien de causalité entre les infractions,
l’une étant la cause des autres, ou au lien créé par le recel.
b)Indivisibilité (l’article 256 du CPP )
• « Les infractions sont réputées indivisibles si elles
sont intimement liées à tel point que l’existence de
l’une ne peut se concevoir sans l’existence des
auteures, ou lorsqu’elles résultent d’une même cause
et issues d’un même but et commises en même
temps et lieu »
• Il y a soit unité d’auteur ayant commis plusieurs
infractions soit unité d’infraction avec plusieurs
auteurs ou coauteurs et complice
Cas de pluralité d’infractions
• Elle est également une dérogation prévue à
l’art 255 du Code de procédure pénale
• La compétence dans ce cas revient à la
juridiction compétente qui statue sur
l’infraction la plus grave
2.Questions préjudicielle
• C’est une dérogation à la compétence matérielle
• Cette règle permet au juge pénal saisi d’une infraction de se
prononcer sur des questions de droit civil ou de droit
administratif qui pourraient se poser
• Elle doit être invoquée avant toute défense au fond
• Elle doit être de nature à relever le caractère d’infraction aux
faits qui servent de base à la poursuite
• Exception: les questions relevant du droit réel immobilier
(juridiction civile)
3. Qualité de certaines personnes
• Il existe des règles exceptionnelles de compétence pour le
jugement des crimes et délits imputés à certains magistrats et
fonctionnaires
• L’article 265 prévoit une liste des personnes (ex: conseiller de
sa majesté le roi; membre du gouvernement; premier
président d la cour d’appel etc)
• La chambre pénale de la cour de cassation sir réquisitions du
procureur général du roi près la dite cour ordonne s’il y a lieu
que l’affaire soit instruite par un ou plusieurs de ses membres
• La chambre pénale de la CC statue sur l’affaire
• Possibilité d’appel devant la CC toutes chambres réunies
Parag III. Conflits de juridictions
• Appelé aussi réglements de juge (art 261 cpp)
• Lorsque des cours, tribunaux ou juge d’instruction sont saisis
de la connaissance d’un même fait punissable
• Lorsque plusieurs de ces juridictions se sont déclarées
incompétentes
• Solutions:
• Entre deux juridictions relevant du ressort judiciaire d’une
cour d’appel, le conflit est porté devant la chambre des appels
correctionnels
• Dans le cas inverse, le conflit est porté devant la chambre
criminelle de la cour de cassation
7. Règles générales relatives à la
preuve
• L’incidence de la présomption d’innocence est
importante sur la preuve pénale.
• Elle est tout à la fois un droit fondamental
présent dans les textes protecteurs des droits
humains et une règle qui régit la recherche et
l’administration de la preuve
Charge de la preuve
• Le fardeau de la preuve pèse sur l’accusation.
• Il appartient au MP d’établir la participation
matérielle et morale de la personne présumée
en être l’auteur.
Moyens de preuve
• L’article 286 du CPP : le principe de la liberté des preuves hors
le cas où la loi en dispose autrement (exigence d’un procès
verbal ou d’une expertise).
• L’article 287 : la juridiction ne peut fonder sa décision que sur
des preuves versées au cours de l’audience et discutées
oralement et contradictoirement devant elle.
• Tous les modes de preuve sont admis en matière pénale :
Renseignements, pièces à conviction, déclaration,
témoignages, indices et expertises
Intime conviction du juge
• Dans sa décision, le juge explique son raisonnement,
précise comment il acquiert la certitude de
l’innocence ou de la culpabilité du prévenu
• la chambre criminelle dans son rôle de juge du droit,
vérifie la construction, la cohérence de la décision,
en l’exprimant avec la rédaction suivante : « Toute
décision doit être motivée, l’insuffisance ou la
contradiction de motifs équivaut à leur absence ».
Partie I. Les actions nées de l’infraction

Action
publique
Infraction
Action
civile
Plan
• Introduction de la partie I
1. Les actions devant le juge pénal: action
publique et action civile
2. L’indépendance des actions
3. Le contact entre les deux actions
Chapitre I. L’action publique
Section 1.
1. Les actions devant le juge pénal
Commission
d’une
infraction
Action
publique Action civile

Juge
pénal
Les actions devant le juge pénal
• De la commission d’une infraction peut naître
deux actions distinctes, l’action publique et
l’action civile.
• Elles peuvent toutes deux être portées devant
le juge pénal.
• Il faut définir chacune de ces actions et
comprendre comment peuvent-elles
s’articuler
Deux actions= deux intérêts
• l’intérêt général sera lésé par l’infraction, le
ministère public défendra cet intérêt en
exerçant l’action publique (art 3)
• un intérêt privé peut être atteint par
l’infraction et entraîner un dommage à une
personne qui demandera réparation en
exerçant l’action civile. (art. 2)
Deux actions=deux intérêts

Action
Action civile
publique
• Intérêt • Intérêt privé
général • Partie privée
• Ministère
public
Deux parties

Ministère partie
public civile
Le ministère publique : 1ère prétention
• Article 2 du code de procédure pénale dispose que
cette action intervient « pour l’application des peines
» à l’encontre de celui dont le comportement a
enfreint la loi pénale
• le but répressif de l’action publique protège ici
l’intérêt général
• L’action publique est bien la prétention du groupe
social à voir sanctionnée l’atteinte dont il a fait l’objet
La partie civile: prétention n°2
• Le but de l’action civile est « réparer le dommage » art 2 du
code de cpp
• la réparation du préjudice subi par la personne lésée qui a
personnellement souffert du fait de l’infraction.
• L’action civile a un caractère patrimonial, c’est une créance au
bénéfice de la partie lésée qui s’apprécie à hauteur du
préjudice subi.
• Elle a un caractère individuel car elle n’appartient qu’à celui
ou celle qui a personnellement souffert du dommage causé
par l’infraction.
2. L’indépendance des deux actions
• Les deux actions s’exercent indépendamment
l’une de l’autre
• Les objectifs poursuivis par les deux actions
sont bien distincts, les protagonistes aux
actions sont également différents
Indépendance de l’action publique
• le ministère public exerce l’action publique dès
lors où l’infraction a eu lieu indépendamment
de l’existence du dommage qui en est résulté,
et indépendamment de l’attitude de la partie
lésée qui exerce ou non son action civile (sauf
exceptions).
Indépendance de l’action civile
• si pour diverses raisons (inopportunité des
poursuites, extinction de l’action publique,
amnistie…) l’action publique n’était pas mise en
mouvement, la partie lésée n’est pas empêchée
d’exercer son action civile pour demander réparation
de son dommage qui ne se confond pas avec
l’existence d’un trouble à l’ordre public, l’action civile
est alors portée devant les juridictions civiles.
3. Le contact entre les deux actions
• les deux actions sont distinctes mais elles sont
en contact dans le procés pénal. (voir art 9 à
14)
• Le demandeur de l’action civile a le choix de
porter sa demande devant le juge pénal ou le
juge civil
L’ACTION CIVILE devant le juge pénal
ou le juge civil
• Devant une juridiction pénale: L’action civile devient
l’accessoire de l’action publique et subit les
conséquences de cette subordination.
• Devant une juridiction civile : L’action civile doit
obéir aux conséquences des règles suivant
lesquelles « le criminel tient le civil en l’état » et « la
chose jugée au criminel a autorité sur le civil ».
a)L’autorité de la chose jugée ( 9uwat
chay2 mo9tada bih )
• Le juge pénal statue sur l’action civile lorsque l’action
publique a donné lieu à décision.
• Si la culpabilité du mis en cause a été retenue,
l’action civile en réparation du dommage subi sera
fondée sur les articles 78 et s du DOC (la faute pénale
identifiée impose de retenir la faute civile).
• si l’action publique n’a pas abouti à la reconnaissance
de culpabilité, l’action civile perd son fondement.
b) Le pénal tient le civil en l’état (
jina2i ya39il lmadani )
• Art 10 du cpp. Ce principe est d’ordre public,
le juge civil doit surseoir à statuer tant que la
décision définitive sur l’action publique n’a pas
été rendue
• Cette solution a notamment pour
conséquence d’allonger les délais de la
procédure civile d’où l’intérêt de porter
l’action civile devant le juge pénal.
Chapitre I. l’action publique
• Plan:
• Partie I. Les actions nées de l’infraction
• Introduction
• Chapitre 1. L’action publique
• Section 1. Les parties à l’action publique
• Parag 1. Demandeur (s)
• Parag 2. Défendeur
• Section 2. Les magistrats du ministère public
• Parag 1. Composition du ministère public
• Parag 2. Les attributions du ministère public
• Parag 3. Les particularités du ministère publique
• Section 3. L’exercice de l’action publique
• Parag .1. L’opportunité aux poursuites
• Parag 2. Le classement sans suite
• Parag 3. Les dérogations à l’opportunité des poursuites
• Parag 4. Les modalités des poursuites
Section 1: Les parties à l’action
publique

Demandeur Défendeur
Parag 1. Le demandeur à l’action
publique
• C’est d’abord le ministère public qui n’est pas juge
mais partie au procès pénal.
• Il va mettre en mouvement l’action publique en
tenant compte des droits des individus et de la
nécessaire efficacité du système de justice pénale
• le ministère public apprécie la suite à donner à la
commission d’une infraction, il a l’opportunité des
poursuites, (article 40 CPP).
Autres demandeurs
• certaines administrations peuvent exercer
l’action publique pour poursuivre les
infractions qui ont lésé les intérêts qu’elles
défendent:
• l’administration des contributions directes;
l’administration des douanes ; l’administration
des eaux et forêts
Certaines administrations
• Administration de la douane :L’article 249 du code de douane
et des impôts
• Administration des eaux et forêts :L’article 73 du dahir du
10/10/1917 concernant la préservation des forêts
• La chasse :L’article 22 du dahir du 21/7/1923 concernant la
surveillance de la chasse par l’administration des eaux et
forêts permet aux ingénieurs de cette administration de
poursuivre en son nom les auteurs des contraventions
Autres cas
• L’article 359 du CPP permet aux juridictions de
se prononcer directement sur les
contraventions commises pendant l’audience
• la chambre criminelle de la CC et les premiers
présidents des CA peuvent se prononcer sur
les infractions commises par certains
magistrats et fonctionnaires (articles 264, 265,
266, 267 et 268 du CPP).
Parag 2: Le défendeur à l’action

publique
la personne pénalement poursuivie devant les juridictions
répressives qui est défendeur à l’action publique, et qui est
dénommée inculpé en dr mar « mis en examen » dr fr
• « Inculpé » devant les juridictions d’instruction, et « prévenu »
devant le juge de proximité ou le tribunal de police ou le tribunal
correctionnel et enfin « accusé » devant la cour de cassation

• L’action publique s’exerce contre l’auteur, ses coauteurs et ses


complices
• Lorsque l’action publique s’exerce contre un magistrat un
fonctionnaire public un agent ou préposé de l’autorité ou de la
force publique, sa mise en mouvement est notifiée à l’agent
judiciaire du royaume . ce dernier est un service auprès du
ministère des finances pour représenter l’Etat devant les autorités
judiciaires pour préserver ses intérêts financiers.
Le défendeur de l’action publique
• L’action publique s’exerce contre l’auteur, ses
coauteurs et ses complices (pers. Phy ou morales)
• S’il s’agit d’un magistrat un fonctionnaire public un
agent ou préposé de l’autorité ou de la force
publique, sa mise en mouvement est notifiée à
l’agent judiciaire du royaume . ce dernier est un
service auprès du ministère des finances pour
représenter l’Etat devant les autorités judiciaires
pour préserver ses intérêts financiers.
Section 2. Les magistrats du ministère
public
• Le ministère public est l’organe auquel la loi a
confié les pouvoirs de déclenchement de
l’action publique, son contrôle, la demande de
l’application de la loi (art 36 cpp)
• Le ministère public est une institution
obligatoire devant les juridictions répressives
• Il existe au niveau des juridictions de droit
commun et au niveau des juridictions
militaires
Parag 1/ Composition du ministère
public
• Devant les juridictions de droit commun:
• T1I : procureur du Roi + 1 ou plusieurs substituts + un
secrétariat du parquet.
• CA : procureur général du Roi+ substituts dont le nombre est
variable selon l’importance de la Cour + secrétariat général du
parquet.
• C.C : Parquet général = Procureur Général + Avocats généraux
+ secrétariat général.
• Devant le tribunal permanent des FAR : commissaire
du gouvernement relevant du cadre militaire.
Parag 2. Particularités du ministère
public
• Hiérarchisation du parquet
• Ils exercent leurs missions sous la direction et le contrôle de
leurs supérieurs hiérarchiques (ainsi le procureur général du
Roi est le supérieur hiérarchique du procureur du Roi qui est
le supérieur hiérarchique des substituts)
• Ils ne sont plus sous l’autorité du ministre de la justice
comme c’était le cas avant 2016. Mais ils peuvent développer
oralement à l’audience un point de vue autre que celui qu’ils
ont soutenu par écrit conformément aux ordres reçus du
supérieur hiérarchique.
Particularités du parquet
• Indivisibilité ou unité du parquet :
• Les membres d’un même Parquet sont admis
à se remplacer au cours de la même instance
sans pour autant entacher la régularité de la
procédure.

Particularités du parquet
• Indépendance du parquet Vis-à-vis des
juridictions d’instruction et de jugement
• Elles ne peuvent lui donner ni d’ordres ni lui
adresser des injonctions. Elles ne peuvent en
principe se saisir d’office d’une affaire, elles
doivent attendre les réquisitions du MP.
Particularités du parquet
Indépendance vis-à-vis de la victime de
l’infraction
• le MP n’est pas tenu d’exercer l’AP sur simple
plainte de la victime et n’est pas tenu de
soutenir l’accusation de la victime quand elle
met en mouvement l’action publique en se
constituant partie civile
Particularités du parquet
• Irrécusabilité du parquet
• Les magistrats du Parquet sont irrécusables car le
Parquet est partie principale au procès pénal.
• Irresponsabilité du parquet :
• Si les accusations du MP se sont révélées non
fondées suite à l’acquittement de l’inculpé, il ne peut
être condamné ni aux frais du procès, ni à des
dommages intérêts contrairement aux parties
privées
Particularités du parquet
• Responsabilité civile et pénale
• Pénalement, lorsque dans l’exercice de ses fonctions commet
un délit ou un crime: corruption, concussion, trafic d’influence
ou autres délits propres aux fonctionnaires et lorsqu’il viole
les droits personnels ou nationaux d’un individu, déclenche
des poursuites contre des personnes jouissant de l’immunité
juridique et use de violence ou de voies de fait ou ordonne
des perquisitions en dehors des délais légaux.
• Civilement, la demande en réparation des dommages nées
des infractions doit se faire devant la juridiction de droit
commun
Parag 3: Attributions du ministère
public
• Partie au procès pénal, magistrats debout
• Fonctions énumérées dans les articles 39 à 47 du Cpp:
• Les magistrats du parquet n’ont pas la mission de juger
• Ils exercent des poursuites contre les auteurs soupçonnés et
veillent à l’application de la loi
• Ils contrôlent la police judiciaire (qualité d’OSPJ)
• Saisie des juridictions d’instruction et exercice des voies de
recours ect.
• La possibilité de procéder à des alternatives aux poursuites
(art 41)
Attributions du parquet
• 1- Haute main sur la PJ :
• Il assure la direction et la surveillance de
l’activité des membres de la PJ relevant de son
ressort et peut les requérir et leur donner des
instructions concernant la constatation des
infractions et la recherche des délinquants.
Attributions du parquet
• 2- Qualité d’OSPJ :
Il peut accomplir des actes d’enquête et de
constatation d’infractions et recevoir plaintes et
dénonciations.
• 3- veille à l’application de la loi :
• Exécution des décisions de justice y compris
les ordonnances des JI.
En cas d’enquête de flagrance
• 4- Placer sous mandat de dépôt :

• Crime flagrant : si une instruction n’est pas obligatoire, le


procureur général ou un de ses substituts peuvent interroger
le prévenu et l’informer qu’il peut désigner un avocat ou il lui
sera commis d’office par le président de la chambre
criminelle. S’il juge l’affaire en état d’être jugé, il ordonne
l’incarcération du prévenu et son renvoi devant la chambre
criminelle dans un délai de 15 jours au plus tard (art 73).
Lavocat assiste à cet interrogatoire.
Dépôt en prison: cas de flagrance
• Délit flagrant : si le prévenu ne présente pas de garantie de
comparution, le procureur peut ordonner sa mise en prison et
l’informer de la possibilité de désigner un avocat qui pourra
proposer une caution matérielle ou personnelle contre remise
en liberté.
• Si le dépôt en prison a été décidé, le prévenu comparait dès la
première audience tenue par le tribunal qui ne peut se situer
au-delà de 3 jours de son arrestation, mais il peut demander
un report qui accordé, ne peut être inférieur à moins de 3
jours. Le non respect de ces délais entraîne la nullité du
jugement.
Pour les besoins de l’enquête
préliminaire

• En cas de crime ou de délit punissable d’un


emprisonnement d’une durée égale ou
supérieure à 2 ans, le procureur général du Roi
et le procureur du Roi sont habilités à
ordonner les actes suivants:
Pour les besoins de l’enquête
préliminaire
Retrait du passeport et blocage des frontières : le
procureur général du Roi est admis sous certaines
conditions à requérir le 1er président de la CA de les
ordonner
Ecoutes téléphoniques et interception des courriers : il
peut ordonner lui-même ces procédés sous les
conditions prévues par l’article 108 du CPP et
notamment en cas d’urgence, prérogative
exceptionnelle qui est reconnu en 1er lieu au JI.
Attribution du parquet
• 5- Action publique et conciliation :
• Le procureur du Roi peut décider de ne pas engager
l’AP en cas de conciliation entre les parties dûment
approuvée par le président du TPI et lorsque
l’infraction commise est punissable d’une peine
d’emprisonnement inférieure ou égale à 2 ans ou
d’une amende ne dépassant pas 5000dirhams.
• Autrement, il exerce l’action publique
Les alternatives aux poursuites (art 41)
• Mécanismes modernes depuis le nouveau code de procédure
pénale
• Il donne la possibilité à la victime et à la personne mise en
cause de signer une transaction avant tout déclenchement
des poursuites
• Pour les infractions dont la peine ne dépasse pas deux années
d’emprisonnement ou une amende de 5000dh
• La transaction est consignée dans un pv et envoyée au
président du T1I pour authentification sous la forme d’une
ordonnance judiciaire insusceptible de pourvoi
Section 3. L’exercice de l’action
publique
• Parag 1. Principe de l’opportunité des
poursuites
• Parag 2. Le classement sans suite
• Parag 3. Les dérogations au principe de
l’opportunité des poursuites
• Parag 4. Les modalités d’exercice de la
poursuite
• Parag 5. Extinction de l’action publique
Parag 1. Le principe de l’opportunité
des poursuites
• L’action publique est régie par le principe de
l’opportunité des poursuites
• Le parquet reçoit les PV, plaintes et
dénonciations et apprécie la suite à leur
donner (article 40 du CPP). Si le parquet
décide de poursuivre, son acte a un caractère
juridictionnel contrairement au classement
sans suite
Parag 2. Le classement sans suite
• C’est une mesure administrative non
susceptible d’aucune voie de recours et n’a
pas l’autorité de la chose jugée.
• Le dossier est archivé avec toutes ses pièces
et le parquet peut à tout moment le reprendre
et déclencher les poursuites quand des
éléments nouveaux apparaissent et confèrent
aux faits un caractère infractionnel
Parag 3. Dérogations à l’opportunité de
poursuite
• La liberté de poursuivre ou non n’est pas
limites. Le MP est parfois empêché de
poursuivre et parfois, il a l’obligation de
poursuivre
Obligation de poursuivre
• Les poursuites sont engagées soit sur les instructions du
supérieur hiérarchique (art. 48 du CPP);
• soit sur l’ordre émanant de la chambre correctionnelle (art.
225 du CPP) ou du président de la chambre criminelle (art.
448 du CPP)
• La chambre correctionnelle peut demander l’ouverture d’une
information contre des personnes non mentionnées dans le
réquisitoire du parquet.
• Obligé de poursuivre aussi dans de cas de constitution de
partie civile et celui de l’intervention de l’administration
publique.
Défense de poursuivre
• Obstacles temporaires : la nécessité de la
plainte de la victime (infractions commises
entre ascendants et descendants vols,
adultère abandon de domicile conjugal etc)ou
d’une autorisation (l’autorisation de la levée
de l’immunité parlementaire par la chambre
des représentants)
• Obstacle aussi prévu par l’art 475/2 du code
pénal
Défense de poursuite
• Obstacles permanents: l’immunité des nationaux ou
diplomatique, amnistie, prescription et décès du délinquant
ou incompétence pour actes commis par des hauts
fonctionnaires
• L’immunité des nationaux concerne les parlementaires pour
les opinions exprimées en assemblée ou en commission sauf
atteinte à la monarchie, religion. En cas de flagrant délit et en
dehors de son mandat le parlementaire peut être poursuivi
• Si le représentant du MP passe outre l’interdiction légale
d’agir, il engage sa responsabilité civile et pénale.
Parag 4. Les modalités ou les moyens
de poursuite
Citation directe
Réquisitoire introductif
Constitution de partie civile