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SEMIOLOGIE RESPIRATOIRE

Dr I.GARGOURI
Pneumologie
Année Universitaire 2018-2019
Plan

I- Introduction
II- Interrogatoire
III- Signes Fonctionnels
IV- Examen physique
V- Examens complémentaires
Introduction

 Sémiologie respiratoire : étude des signes fonctionnels


thoraciques qui permettent d’évoquer une maladie
respiratoire (MR)

 Diagnostic d’une MR peut être fait dans deux


circonstances :
– En présence de signes pulmonaires ou généraux incitant le patient
à consulter
– Lors d’un examen systématique : médecine de travail, bilan pré-
opératoire….
Plan

I- Introduction
II- Interrogatoire
III- Signes Fonctionnels
IV- Examen physique
Interrogatoire

 Il permet d’avoir des renseignements sur :


– Le malade lui-même : nom, prénom, âge, origine
géographique, profession, tabagisme, alcoolisme,
son environnement social et professionnel
(recherche de contaminants ou polluants), type
d’habitat (humidité, promiscuité),vaccination..
– Les antécédents personnels et familiaux du patients
(Tuberculose, allergie, HTA, diabète….)

– Les différents symptômes que présente le malade :


mode de début, évolution, intensité…..
Plan

I- Introduction
II- Interrogatoire
III- Signes Fonctionnels
IV- Examen physique
V- Examens complémentaires
III- Signes fonctionnels

1-La Toux
2-L’expectoration
3- L’hémoptysie
4- La dyspnée
5- Les douleurs thoraciques
La Toux

 C’est une expiration brusque et bruyante conséquence


d’un arc réflexe, représentant un mécanisme de défense
physiologique face à une agression des VA par des
irritants toxiques, infectieux ou autres (secrétions, corps
étrangers..)

 Elle a toujours une signification pathologique

 C’est un symptôme fréquent, révélateur parfois de


pathologie grave
 On doit évaluer :

– Son ancienneté : aigue ou chronique (> 3 semaines)

– Son caractère productif ou non (toux productive/sèche)

– Son horaire : matinale (DDB, bronchite chronique), nocturne (asthme)

– Son association avec des troubles de la voix

– Ses Circonstances déclenchantes : lors des mouvements respiratoires


(plèvre), à l’effort (asthme), à la déglutition (fausses routes)

- De décubitus et à l’effort: origine cardiaque

- Ecoulement nasal postérieur: Origine ORL


Les causes de la toux

 Les toux aigues: contexte souvent évocateur


(Infections des VAS et VAI; Inhalation d’un irritant; Crise
d’asthme; Inhalation d’un corps étranger; Affection
pleurale; Œdème pulmonaire)

 Les toux chroniques:


Origine ORL (tumeur, rhinite, sinusite); Origine
bronchique (Tumeur, BPCO, séquelles d’une Tbc, FID);
Tuberculose pulmonaire ou pleurale ou laryngée; Origine
médiastinale (Tumeur, RGO, adénopathies); Origine
médicamenteuse (IEC, ß bloqueurs )
III- Signes fonctionnels

1-La Toux
2-L’expectoration
3- L’hémoptysie
4- La dyspnée
5- Les douleurs thoraciques
L’expectoration

 C’est le rejet, au cours d’effort de toux, de secrétions ou de


produits pathologiques contenus dans les voies aériennes
 Ses caractères ont une grande valeur d’orientation
 On doit préciser :
– Sa date d’apparition
– Son abondance : faible (bronchite chronique),importante
(DDB)
– Son aspect : séreux ,muqueux, purulent, hémoptoique
– Son horaire
– Son odeur : inodore ou fétide
On parle de vomique quand l’expectoration est abondante
d’apparition brutale au cours d’un accès de toux
III- Signes fonctionnels

1-La Toux
2-L’expectoration
3- L’hémoptysie
4- La dyspnée
5- Les douleurs thoraciques
L’hémoptysie

 C’est le rejet par la bouche au cours d’un effort de toux


de sang provenant des voies aériennes sous glottiques
(trachée, bronches, poumons)
 C’est une urgence thérapeutique et diagnostique
 On précisera son abondance (crachats striés de sang,
hémoptysie de faible à grande abondance), sa
fréquence, ses circonstances d’apparition
 Le sang provient le plus svt de la circulation bronchique
anormalement développée
 Qque soit son abondance → bilan minimum: Rx thorax +
endoscopie bronchique
Hémoptysie- conduite à tenir

 Urgence vitale
 Premiers gestes infirmiers:
*Allonger le patient, le rassurer
*Assurer la liberté des voies aériennes
*Appeler le Médecin
*Demander si le patient prend des anticoagulants ou autres
médicaments
*Assurer les prélèvements sanguins: NFS, G.Sanguin, bilan hémostase
*Poser une voie d’abord veineuse de gros calibre
*Demander une Radio. Thorax de face au lit
*Assurer une surveillance: quantifier l’hémoptysie, pouls, TA, FR, signes
de déglobulisation
*Assurer le traitement hémostatique (vasoconstricteur) selon
prescription
Hémoptysie - Etiologies
 Causes broncho-pulmonaires:
*Cancer bronchique
*Tuberculose pulmonaire
*Dilatation des Bronches (DDB)
*plus rarement: Kyste hydatique du poumon
Pneumopathie, abcès du poumon, Embolie pulmonaire

 Causes cardio-vasculaires:
*Rétrécissement mitral
*Insuffisance ventriculaire gauche
*HTAP: hypertension artérielle pulmonaire
*Anévrysme aorte thoracique fissuré
III- Signes fonctionnels

1-La Toux
2-L’expectoration
3- L’hémoptysie
4- La dyspnée
5- Les douleurs thoraciques
La dyspnée

 C’est toute sensation de gène rapportée à l’exercice


normal de la fonction respiratoire et ressentie de façon
pénible par le patient

 Symptôme pratique fréquent et svt difficile à analyser

 On distinguera 3 situations pratiques:


*Dyspnée aigue
*Dyspnée chronique
*Maladie dyspnéisante qui s’aggrave
Dyspnée

 Il faut préciser:
– son intensité : périmètre de marche , nombre d’étages, nombre
d’oreillers (orthopnée)

– son rythme : polypnée, bradypnée

– son temps inspiratoire ou expiratoire

– ses conditions d’apparition : effort, position couchée (orthopnée)

– Ses signes d’accompagnement (sifflement thoracique, toux…)


Evaluation de la dyspnée
III- Signes fonctionnels

1-La Toux
2-L’expectoration
3- L’hémoptysie
4- La dyspnée
5- Les douleurs thoraciques
Les douleurs thoraciques

 Plainte fréquente – Motif de consultation fréquent aux


urgences
 Caractères de la douleur:
*Mode d’installation, siège,
*Facteurs déclenchants, intensité
*Signes accompagnateurs

 Les douleurs pleuro-pulmonaires ont pour caractère


d’être aggravées par l’inspiration profonde et la toux et
d’êtres latéralisées
Etiologies des douleurs
thoraciques aigues
 Origine pleurale:
*Pneumothorax
*Pleurésies
 Origine pulmonaire:
*Pneumopathies aigues
*Bronchites aigues: Dg d’élimination
 Origine cardio-vasculaire:
*Embolie pulmonaire
*Dissection de l’aorte
*Origine coronarienne
*Origine péricardique
 Origine pariétale - Origine extra thoracique (LV, pancréas, foie)
Autres signes

 Dysphonie: enrouement de la voie

 Hoquet: brusque contraction involontaire du


diaphragme

 Halitose: mauvaise haleine de la bouche


Plan

I- Introduction
II- Interrogatoire
III- Signes Fonctionnels
IV- Examen physique:
Comprend:

 L’inspection

 La palpation

 La percussion

 L’auscultation
L’inspection

 Le sujet dévêtu jusqu’à la ceinture,

 Avec un bon éclairage.

 En position assise, puis allongé sur le dos.


 La morphologie du thorax

 La dynamique respiratoire.
La morphologie du thorax (statique)

 le thorax normal est symétrique. Les côtes


sont légèrement obliques de haut en bas et
d’arrière en avant. Chez l’adulte normal, le
rapport entre diamètre antéro-postérieur et
diamètre transversal est d’environ 1/2.
Les types d’anomalies

 Les déformations

 Une circulation collatérale

 Un œdème
Les types d’anomalies

 Les déformations

 Une circulation collatérale

 Un œdème
 Thorax cylindrique, “en tonneau“,
 Asymétrie par rétraction, avec affaissement
d’un hémithorax
 Asymétrie par voussure, avec augmentation
unilatérale des dimensions thoraciques
 Déformation du squelette (a. Colonne vertébrale :
cyphose, scoliose ou cyphoscoliose, b. Thorax en
“entonnoir“ (dépression de la partie inférieure du
sternum) c. Thorax en “carène“ (déplacement en avant
du sternum)
Cyphoscoliose

Thorax en « entonnoir »
Les types d’anomalies

 Les déformations

 Une circulation collatérale

 Un œdème
 Se traduit par un réseau veineux superficiel
apparent sur le thorax, avec des veines
dilatées et flexueuses.
Les types d’anomalies

 Les déformations

 Une circulation collatérale

 Un œdème
 Un oedème bilatéral, en “pèlerine“, de la
partie supérieure du thorax et des creux sus-
claviculaires (secondaire à une obstruction
de la veine cave supérieure.)Il est associé à
un oedème du cou et de la face.
 Un oedème unilatéral, peut parfois être
observé.
Mouvements respiratoires (dynamique)

 La fréquence
 Le type respiratoire
 L’ampliation thoracique
 Le tirage
 Le rythme
Mouvements respiratoires (dynamique)

 La fréquence
 Le type respiratoire
 L’ampliation thoracique
 Le tirage
 Le rythme
 Elle est normalement chez l’adulte de 12 à
16 cycles par minute.

Chez l’enfant, elle est de 24 à 40 cycles par


minute.

 Elle peut être augmentée (tachypnée) ou


ralentie (bradypnée).
Mouvements respiratoires (dynamique)

 La fréquence
 Le type respiratoire
 L’ampliation thoracique
 Le tirage
 Le rythme
 Soit abdominal, utilisant le diaphragme,
 Soit thoracique supérieur.
Mouvements respiratoires (dynamique)

 La fréquence
 Le type respiratoire
 L’ampliation thoracique
 Le tirage
 Le rythme
 Peut être diminuée globalement dans
l’emphysème et dans l’asthme grave. Il s’y
associe une distension et un tirage sus-
sternal ou intercostal.

 Peut être diminuée unilatéralement,


suggérant une pathologie pleurale ou
pulmonaire sous-jacente.
Mouvements respiratoires (dynamique)

 La fréquence
 Le type respiratoire
 L’ampliation thoracique
 Le tirage
 Le rythme
 Caractérisé par une dépression inspiratoire
anormale des creux sus-claviculaires, de la
région sus-sternale ou des espaces
intercostaux et traduit la difficulté pulmonaire
à suivre l’expansion de la cage thoracique.

(peut s’observer dans les asthmes graves,


l’emphysème, les fibroses pulmonaires, ou
les obstructions laryngées ou trachéales)
Mouvements respiratoires (dynamique)

 La fréquence
 Le type respiratoire
 L’ampliation thoracique
 Le tirage
 Le rythme
 normalement régulier.
 Les troubles du rythme peuvent affecter la régularité de
la respiration.
 Celle-ci peut être irrégulière, mais périodique
(dyspnée de Cheyne-Stokes),

 ou irrégulière, apériodique, avec un rythme


anarchique, comme dans certains troubles bulbaires.
La Palpation

 renseigne surtout sur la transmission des


vibrations vocales.
 Le thorax se comporte comme une caisse de
résonance, vis à vis des vibrations
laryngées
 Augmentation / diminution
 rechercher des points douloureux
 explorer les aires ganglionnaires
 rechercher une tuméfaction mammaire,
sous-cutanée ou osseuse.
 mettre en évidence la présence d’air sous la
peau (emphysème sous cutané) donnant
une sensation de « crépitation neigeuse »
comme quand on marche sur la neige
La percussion

 Elle ébranle la paroi thoracique en


produisant des sons audibles, permettant de
déterminer si les tissus sous-jacents sont de
densité aérique, solide ou liquide.
 La matité qui est une diminution de la
sonorité.

 Le tympanisme qui est une augmentation de


la sonorité
L’auscultation

 Le malade doit respirer profondément et


régulièrement par la bouche.

 On ausculte de façon méthodique l’ensemble


du thorax
Le murmure vésiculaire

 Est perçu dans les régions antéro-latérales du


thorax et dans le dos.

 Il réalise un murmure continu, doux et


moelleux, d’intensité faible, perçu durant
toute l’inspiration et seulement au début de
l’expiration.

 Aboli / Diminué
Bruits anormaux:

 Souffles (tubaires, pleurétiques)

 Râles (ronflants, crépitants, sibilants)

 Wheezing

 Frottements pleuraux
L’examen général:
 La cyanose: coloration bleuâtre, sombre, parfois
violacée des téguments et des muqueuses.
Correspond à une forte hypoxémie et à une forte
désaturation.

 L’hippocratisme digital : c’est l’élargissement


des extrémités des doigts (et des orteils) avec
bombements des ongles “en verre de montre“,
donnant aux doigts un aspect en « baguettes de
tambour ».

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