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SOLVABILITÉ II

INTRODUCTION

Solvabilité II est une réforme réglementaire


européenne du monde de l‘assurance . Dans la lignée
de Bâle 2 , son objectif est de mieux adapter les fonds
propres exigés des compagnies d'assurance et de
réassurance aux risques que celles-ci encourent dans
leur activité.
Les normes Bâle II (le second accord de Bâle) constituent un
dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques
bancaires et principalement le risque de crédit ou de
contrepartie et les exigences, pour garantir un niveau minimum
de capitaux propres , a fin assuré la solidité financière
OBJECTIFS ET STRUCTURE DE SOLVABILITÉ II
 Apparition de nouveaux risques (terrorisme, pandémie)
et retrait progressif des institutions publiques de
certains domaines (retraite, santé)
 Evolution des techniques financières (science
actuarielle) et intégration croissante finance / assurance
(titrisation)
 Mondialisation et intégration trans-sectorielle forte
 Concurrence accrue
 Harmonisation maximale
 Inciter les entreprises à mieux connaître et gérer leurs
risques (Besoin de transparence et responsabilisation)
GRANDS PRINCIPES

 Approche « principle-based »: les grands principes et


objectifs, les droits et les devoirs au niveau 1, les
mesures d’exécution au niveau 2 (mise à jour régulière)
 Vision économique du bilan (~ juste valeur)
 Approche prospective et adaptée au profil de risque de
chaque entreprise (« risk-oriented »)
 Reconnaissance des outils réduction – transfert des
risques
 Le contenu prévaut sur la forme
 Principes de matérialité et de proportionnalité
 Harmonisation et convergence des pratiques de
contrôle : mêmes missions, mêmes outils, coopération
– échange
LE CALENDRIER DE MISE EN PLACE

Le contexte de crise bancaire et de risque systémique de


2009 ont accéléré l'adoption de la directive Solvency2
par la Commission Européenne. La directive a été
votée le 22 avril 2009. Quelques mois plus tard, le 27
juillet 2009, la France désignait une nouvelle structure
de supervision des assureurs et mutuelles, l'Autorité
de contrôle prudentiel (ACP) en remplacement de
l'ACAM, du CEA, de la Commission Bancaire et du
CECEI.
Désormais, Banques (assujetties à Bâle 2) et
Assureurs/mutuelles, se trouvent placés sous cette
même supervision de l'ACP, elle-même placé sous la
tutelle de la Banque de France.
Au travers des QIS et des papiers de consultation qui se
succèdent (et vont continuer à le faire durant l'année
2010), les acteurs du marché sont très sollicités afin
que ces modalités prennent en compte au mieux les
risques sous-jacents à l'activité d'Assurance et de
Réassurance.
Cette approche va permettre au CEIOPS et au marché,
par ses contributions, de définir et calibrer les
nouvelles règles prudentielles du marché de
l'Assurance et de la Réassurance dans l'Union
européenne.
CEIOPS :Committee of European Insurance and Occupational
Pensions Supervisors
LES ÉTUDES D’IMPACT (QIS)

 La première étude d'impact, QIS1, a porté sur


l'évaluation des provisions techniques .En France, le
marché apparaît sur-provisionné.

 La seconde étude, QIS2, a fourni un premier canevas


d'évaluation du besoin en capital et de prise en
compte de la diversification des risques, bien que
l'objet affiché de cette étude était surtout
méthodologique.
 La troisième étude, QIS3, a eu lieu en 2007. 1027
intervenants du monde de l'assurance ont participé.
Le rapport a été publié en novembre 2007. Cette
étude avait pour principal but d'obtenir un calibrage
des formules standards pour le calcul du MCR et du
SCR, mais aussi d'introduire la problématique
spécifique des groupes.

 Le rapport du QIS4 a été publié par le CEIOPS le


19 novembre 2008 sur la base de la consultation
menée d'avril à juillet 2008. Le principal objectif de
cette étude était de déterminer les mesures techniques
d'application de deuxième niveau.

CEIOPS : en anglais European Insurance and Occupational Pensions


Authority
 La cinquième étude, QIS5, a été publiée le 14 Mars
2011 par l'EIOPA. 2530 assureurs et réassureurs
européens ont participé à l'étude, ce qui représente
68 % des entreprises affectées par Solvabilité II.
L'objectif du QIS5 était de définir l'impact de
Solvabilité II sur le bilan des entreprises et de vérifier
la cohérence des propositions faites face aux objectifs
visés.
LES PAPIERS DE CONSULTATION

Parallèlement aux études d'impact, le CEIOPS4 a publié


et publiera des papiers de consultation2 suivant la
même procédure qu'effectuée en mai 2004 pour les
trois vagues d'appel à conseil (Waves of Calls for
Advice en anglais).
Deux papiers de consultation2 ont été publiés en juillet
2006 qui ont fait l'objet d'une réponse de la part du
marché à la mi-septembre 2006 :
 le CP13 concernait les modèles internes de risques,
les modalités de contrôle et son harmonisation au
niveau européen.

 le CP141 concernait la problématique spécifique des


groupes : diversification, coordination du contrôle,
entités hors Union européenne consolidées .
Six autres papiers de consultation ont été publiées en
novembre 2006 et ont fait l'objet de très nombreuses
réponses de la part du marché à la mi-janvier 2007.
Le CEIOPS devrait en proposer une synthèse en
mars 2007. Ces papiers de consultation ont traité de
tous les piliers .
 Pilier I : le CP20 reprend l'ensemble des éléments
quantitatifs du Pilier I (provisions techniques, MVM,
MCR, SCR...), et le CP19 précise les règles qui
s'imposeront en matière d'actifs en regard des provisions et
du SCR, traitant plus particulièrement des risques de
concentration et de liquidité.

 Pilier II : le CP18 traite de l'harmonisation du contrôle


au niveau européen et plus spécifiquement des pouvoirs et
en particulier, de sanction; le CP17 tente de donner un
cadre méthodologique au "capital add-on"; et enfin le
CP16 traite de la réassurance et plus particulière des règles
d'admissibilité.

 Pilier III : le CP15 traite de la communication /


publication des informations
Solvabilité II, comme la directive CRD (( Directive
européenne sur les fonds propres réglementaires))
pour les banques, repose sur trois piliers ayant chacun
un objectif :
 Pilier I : l’exigence de fonds propres

 Pilier II : la procédure de surveillance de la gestion des


fonds propres
 Pilier III : la discipline de marché
PILIER I : L’EXIGENCE DE FONDS PROPRES

a pour objectif de définir les normes quantitatives de calcul


des provisions techniques et des fonds propres. Ces
niveaux règlementaires sont définis pour les fonds
propres : MCR et SCR.

 le MCR (Minimum Capital Requirement) représente le


niveau minimum de fonds propres en dessous duquel
l'intervention de l'autorité de contrôle sera automatique ;
 le SCR (Solvency Capital Requirement) représente le
capital cible nécessaire pour absorber le choc provoqué par
un risque majeur (par exemple : un sinistre exceptionnel,
un choc sur les actifs...).
Le SCR devrait devenir l'outil principal des autorités de
contrôle. En effet, le SCR est le seul à être fondé sur
l'exposition aux risques, en incorporant tous les risques liés
à l'activité de la compagnie, c'est-à-dire principalement : le
risque de suscription, le risque de crédit , le risque
opérationnel , le risque de liquidité et le risque de marché .
Une compagnie qui ne serait pas en mesure de démontrer
que son niveau de fonds propres est suffisant pour couvrir
ces risques devra soumettre à son autorité de contrôle pour
approbation un plan précisant comment et quand elle
pourra à nouveau respecter ces critères.
Les assureurs et mutuelles pourront opter pour un mode
de calcul du SCR basé sur la formule standard ou le
modèle interne complet (basé sur leur structure de
risque spécifique), ou bien encore pour un mode de
calcul hybride le modèle interne partiel (en panachant,
suivant les branches de l'entreprise ou suivant les
risques, formule standard et modèle interne).
PILIER II : LA PROCÉDURE DE SURVEILLANCE
DE LA GESTION DES FONDS PROPRES

Le premier de ces points constitue un développement


majeur par rapport à Solvabilité I. Il encourage les
compagnies à adopter la démarche ERM (Enterprise
Risk Management) afin qu'elles soient en mesure par
elles-mêmes d'apprécier et de mesurer leurs risques,
notamment via l'application du dispositif "Own Risk
and Solvency Assessment (ORSA)".
 s'assurer que la compagnie est bien gérée et est en
mesure de calculer et maîtriser ses risques .
 s'assurer qu’elle est bien capitalisée.
Au-delà de la simple validation d'une série de points à
contrôler, le régulateur aura les pouvoirs de contrôler
la qualité des données et des procédures d'estimation,
des systèmes mis en place pour mesurer et maîtriser
les risques au cas où ils se matérialiseraient.
L'autorité de contrôle aura aussi le pouvoir d'imposer
une marge de solvabilité complémentaire (capital add-
on), sous certaines conditions, dans le cas où il aura
été jugé que les risques ont été mal appréciés par la
compagnie
PILIER III : LA DISCIPLINE DE MARCHÉ

Le pilier III traite de la publication des informations sur


lesquels les deux précédents piliers sont basés et qui
permettront au public (actionnaires et analystes) et
aux autorités de contrôle de juger si l'analyse effectuée
est fidèle à la réalité. Les assureurs et réassureurs
auront donc à fournir les informations clés
(vérifiables) nécessaires à la détermination de leur
exigence de capital. Ces informations devront, en
particulier, couvrir les éléments suivants:
 performance financière ;
 profils de risques, données et hypothèses sur lesquelles
ils sont basés ;
 mesures d'incertitudes, incluant mesure d'adéquation
des estimations antérieures et la sensibilité des
résultats à la volatilité du marché..
STRUCTURE DE SOLVABILITÉ II
Contrôle des groupes
et convergence entre les
différents secteurs financiers
1. Prise en compte de l’environnement groupe de l’entreprise
=> contrôle sur base consolidée par un superviseur groupe
(effets de diversification, risques de contagion)
2. Introduction d’un régime spécifique « group support »

Pilier 1 : exigences Pilier 2 : exigences Pilier 3 : reporting


quantitatives qualitatives et prudentiel et
supervision information du public
1. Calcul des provisions
1. Renforcement de la 1. Définition d’états d’analyse
techniques harmonisé
gouvernance (« fit and financière communs à
2. Application de l’approche de proper ») l’ensemble des contrôleurs
« l’homme prudent » à la européens
2. Renforcement du contrôle
place des limitations
interne et de la gestion des
d’actif actuelles 2. Mise à la disposition du
risques au sein de
3. Deux exigences de capital à l’entreprise + auto- grand public de davantage
la place de la marge de évaluation des besoins de d’informations afin de
solvabilité, le Solvency capital (ORSA) renforcer la discipline de
Capital Requirement marché
3. Processus de contrôle
(SCR) et le Minimum (= le public préfère les
prudentiel renforcé
Capital Requirement assureurs solides)
(dialogue permanent) et
(MCR)
harmonisé entre les pays
LES CONSÉQUENCES DE SOLVABILITÉ II

 Pour l’économie dans son ensemble : moins


d’investissements de long terme en actions et en
obligations dans le tissu productif français, c’est-à-
dire moins de croissance.
 Pour les entreprises et notamment les PME : moins de
soutien aux PME, donc plus de difficultés pour
grandir dans un contexte de concurrence mondiale
plus dure et alors que les pouvoirs publics cherchent,
avec les États Généraux de l’Industrie, à soutenir et
relancer l’industrie française.
 Pour la sortie de crise : une sortie de crise fragilisée
par un accès plus difficile des entreprises aux
financements non bancaires.
 Pour le pouvoir d’achat : hausse des primes
d’assurance, moindre rendement de l’épargne retraite
(- 30 à - 50 %).
 Pour le marché de l’assurance : accès plus difficiles à
certaines assurances, risque de moindre concurrence
entre assureurs, etc.

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