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Charlotte Girard

Maître de Conférences de droit public


Université Paris Ouest – Nanterre La Défense

POUVOIR, INSTITUTIONS
ET VIE POLITIQUE

UPC 2013-2014
Bibliographie générale
Les Manuels
ARDANT (Ph.) et MATHIEU (B.), Institutions politiques et droit constitutionnel,
L.G.D.J.
CHANTEBOUT (B), Droit constitutionnel et science politique, Armand Colin
COHENDET (M.-A.), Droit constitutionnel, Montchrestien, Collection Focus
CONSTANTINESCO (V.) et PIERRE-CAPS (S.), Droit constitutionnel, PUF,
Collection Thémis Droit
FAVOREU (L.) et autres, Droit constitutionnel, Dalloz
GICQUEL (J.), Droit constitutionnel et institutions politiques, Montchrestien
HAMON (F.) et TROPER (M.), Droit constitutionnel, L.G.D.J.
PACTET (P.) et MELIN-SOUCRAMANIEN (F.), Droit constitutionnel, Armand
Colin
TURPIN (D.), Droit constitutionnel, P.U.F.

Un recueil de textes
RIALS (S.), Textes constitutionnels français, Paris, P.U.F., 24e éd., Que sais-je,
2012
HAMON et TROPER RIALS
Droit constitutionnel Textes constitutionnels français
L.G.D.J. Lextenso Editions P.U.F. Que sais-je ?
Bibliographie (suite)
Ouvrages Exercices et
théoriques méthodologie
GUASTINI (R.), Leçons de théorie Annales Droit constitutionnel, Dalloz
constitutionnelle, traduit et ARDANT (Ph.), Droit constitutionnel et
présenté par Véronique Champeil-
institutions politiques. Conseils,
Desplats, DALLOZ, coll. Rivages
du droit, 2010 exercices, L.G.D.J.
HART (H.L.A.), Le concept de droit, COHENDET (M.-A.), Méthodes de
trad. fr. Van de Kerchove (dir.), travail. Droit public, Montchrestien.
Bruxelles, PFUSL, 1976
MEUNIER (J.), Commencer son droit.
KELSEN (H.), La théorie pure du Conseils et méthodes, Dalloz
droit, trad. fr. C. Eisenmann,
Paris, Dalloz, 1962 PACTET (P.), Exercices de droit
constitutionnel, L.G.D.J.
SIEYES (E.J.), La théorie
constitutionnelle en ligne sur PORTELLI (H.), Droit constitutionnel,
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6 Dalloz, Collection Hypercours
k730453
Bibliographie (suite et fin)
Revue Pouvoirs http://www.revue-pouvoirs.fr/
Revue du droit public et de la science politique
Revue française de droit constitutionnel
Jus Politicum : http://www.juspoliticum.com/-Revue-.html
Les Cahiers du Conseil constitutionnel http://www.conseil-
constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/nouveaux-
cahiers-du-conseil/les-nouveaux-cahiers-du-conseil-
constitutionnel.5069.html
Le blog français de droit constitutionnel http://www.bfdc.org/
Le blog du CERCOP http://cercop.over-blog.com/
Les sites officiels des institutions juridictionnelles et politiques
françaises
ARTICULATIONS DU COURS
 INTRODUCTION GENERALE : LE
DROIT CONSTITUTIONNEL
 PREMIERE PARTIE - THEORIE
GENERALE DE L’ETAT
 DEUXIEME PARTIE - REPERES
HISTORIQUES CONSTITUTIONNELS
FRANÇAIS
INTRODUCTION GENERALE :
LE DROIT CONSTITUTIONNEL

Les normes sont l’objet des études


de droit

L’étude de la norme, c’est l’étude


de ce qui fait qu’elle est un
commandement auquel on doit
obéir
Que font les juristes ?
Les juristes qui se demandent par quelles
étapes il a fallu passer pour qu'une loi
produise des effets.
Qu'est-ce qui constitue la loi ?
Beaucoup de questions
Comment une loi devient une loi ?
ie un commandement obligatoire, général
et impersonnel
Quelles institutions ont permis que le texte
de départ devienne une loi ?
Quelle procédure l’a permis ?
Qui a autorité pour que la loi s’applique ?
Les publicistes
Toutes ces questions sont celles que se
posent les juristes de droit public, les
publicistes, ceux qui s’intéressent aux
rapports qu’entretiennent les institutions
politiques entre elles

Qui peut quoi ?


Trois sens du mot « droit »

« avoir des droits »


→ avoir le pouvoir de faire certaines choses

ensemble de normes
→ le droit par branche

science
→ ce que « droit » veut dire
Le droit constitutionnel dans la
théorie du droit et des normes

La théorie du droit est une discipline dans


laquelle s'affrontent des points de vue
sur le droit
→ pluralisme
Deux « camps »
 Les jus/positivistes : ceux qui pensent
que le droit s’explique par ce qu’il signifie
(les propositions de droit) et la manière
dont il est posé (le droit positif)
 Les jus/naturalistes : ceux qui pensent
que le droit s’explique par autre chose
que ce qu’il est apparemment et
notamment par ce qu’il doit être
Nuance
Ceux qui se disent non positivistes...

Ils considèrent qu'un ordre - non juridique -


gouverne les règles de droit
C'est un ordre supérieur qui n'est pas
nécessairement la Nature
En cela, ils ne sont pas jusnaturalistes au
sens propre
Mais ils s'opposent avant tout aux
positivistes
L'analyse positiviste du droit
constitutionnel
Référence : Hans KELSEN (1881-1973)
Juriste autrichien, père du normativisme
Auteur de l'ouvrage, Théorie pure du droit
(trad. française 1962)
Thèse : concevoir le droit comme un
« système de normes », c'est-à-dire un
ensemble cohérent et autonome par rapport
à d'autres systèmes de règles (morales,
religieuses, code de l'honneur, règles de
courtoisie ou bonnes manières, ...)
La méthode de M. Troper
Partir d’une définition stipulative
du droit

 une convention de départ à partir de


laquelle on se positionnera pour ou contre
en donnant des arguments
Définition de Michel Troper
La norme juridique (la règle de droit) est
celle qui appartient au système juridique
(distinct des autres systèmes normatifs)

Donc il faut des critères de distinction…


Critère matériel
Le droit impose
des comportements
et des sanctions

Insatisfaisant…
Critère formel
La forme du système juridique est
hiérarchisée

Une double hiérarchie


statique et dynamique
Exemple de hiérarchie statique
Raisonnement syllogistique en 3 temps :
1)prémisse majeure : tous les voleurs doivent
être punis de 5 ans de prison
= code pénal/norme N1
2)prémisse mineure : M. Machin est un voleur
= fait
3)conclusion : M. Machin doit être puni de 5
ans de prison = jugement/norme N2

DONC N1 = N2
Exemple de hiérarchie
dynamique
1) Tel juge est autorisé à prononcer des
peines de prison = code de procédure
pénale/norme N1
2) M. Machin doit être puni de 5 ans de
prison = jugement/norme N2

DONC N1 produit N2
La définition positiviste du
droit constitutionnel
C'est le droit relatif à la constitution qui,
d'un point de vue matériel, est un
ensemble de normes caractérisées par
leur objet (ce à quoi elles touchent) ;
et, d'un point de vue formel, un
ensemble de normes situées à un
niveau particulier dans la hiérarchie des
normes (le niveau le plus élevé).
L'autre point de vue
théorique
Point de départ du raisonnement :
ce qui justifie une norme n'est pas
nécessairement une norme.
Ce peut être un fait qui s'impose, une
volonté qui n'est pas issue du système
juridique.

Dans ces conditions, il y aurait un au-delà


du droit constitutionnel...
L'au-delà
du droit constitutionnel
Si le droit constitutionnel ne se réduit pas
à la constitution,
Alors il dépend d'« autre chose »
Le juriste s'octroie le pouvoir de
déterminer cette « autre chose »

Dans ces conditions, l'explication du


juriste est plus une prescription qu'une
description.
Argument des jusnaturalistes
La prééminence du droit naturel vient de
ce que son contenu est censé réaliser la
Justice
Donc, le droit positif qui n'est pas
conforme à ce droit naturel
→ soit n'est pas du droit et ne doit pas
s'appliquer
→ soit doit pouvoir être amélioré
conformément à ces prescriptions
supérieures
Conséquence du point de vue
jusnaturaliste

Glissement de l’objet d’étude en


droit constitutionnel :
le pouvoir politique, plutôt que la
constitution du pouvoir politique
Le constitutionnaliste
jusnaturaliste considère
- qu'il faut privilégier une définition matérielle
du droit constitutionnel
- qu'il y aurait une nature constitutionnelle du
droit qui aurait pour objet l'Etat
- qu'il existe des formes juridiques
constitutionnelles pures (régimes
parlementaires ou présidentiels purs)
- qu'il faut que s'imposent des droits naturels
de l'Homme même lorsqu'ils ne sont
inscrits dans aucun texte constitutionnel
Une troisième voie : le point de
vue non-positiviste

 Conscience des exigences du point de


vue positiviste

 Conscience de l’impossibilité de les


atteindre
Le champ de l’Etat
Institutions politiques +
Volonté/Pouvoir/Puissance
= Etat

L’Etat est un ensemble


d’institutions animées par une
volonté et une force
Identification droit
constitutionnel et Etat

Le droit constitutionnel est


constitutif de l’État signifie que le
pouvoir politique qu’il incarne
s’exerce en vertu de règles
juridiques qui sont contenues dans
la constitution.
Historiquement,
Les constitutions sont apparues en même
temps que les États
XVIIIe s. : développement du
constitutionnalisme
DEF. : Mouvement idéologique selon
lequel pour assurer la liberté, il faut
limiter le pouvoir avec des règles qui
s'imposent à lui
Etat = pouvoir politique
Définitions…
 La définition sociologique de l’État
L’Etat est une entreprise politique de caractère
institutionnel dont la direction administrative
revendique avec succès, dans l’application des
règlements, le monopole de la violence physique
légitime. (Max Weber)
 Une définition téléologique du pouvoir
politique
Le pouvoir politique, c’est-à-dire celui qui concourt
à une activité politique, est le pouvoir dont l’objet
est de garantir au groupe social son identité, sa
cohérence et sa permanence. (Constantinesco et
Pierré-Caps)
Définition de la constitution
La constitution, au sens matériel,
est l’ensemble des règles relatives
à l’organisation de l’État, c’est-à-
dire à la désignation des hommes
qui exercent ce pouvoir, à leurs
compétences, à leurs rapports
mutuels.
Définition du droit constitutionnel

C’est le droit dont la force est la


plus importante dans la
hiérarchie des règles de droit :
c’est le droit supérieur de l’État.
Quelques idées sur la supériorité
 Les normes constitutionnelles sont le
fondement de la validité de toutes les
autres règles de droit.

 L’autorité suprême du pouvoir


constituant est à l’origine du droit
constitutionnel.
Actualités des pouvoirs
constituants
En France, le Congrès réuni à Versailles pour
l'adoption de la dernière loi constitutionnelle du 23
juillet 2008
En Amérique Latine : Venezuela 15 décembre 1999
(référendum), Équateur 28 septembre 2008
(référendum), Bolivie 25 janvier 2009 (référendum)
En Europe : Islande 6 avril 2011 nomination d'un
Conseil constitutionnel – un texte est remis le 29
juillet 2011
Au Maghreb-Machreq : Tunisie 23 octobre 2011 :
élection d'une assemblée constituante ; Égypte 12
juin 2012 : élection d'une commission constituante
Le droit constitutionnel dans
les disciplines juridiques
Section 1 : Le droit constitutionnel peut
être une science du droit
→ recourir à des éléments « hors
normes »

Section 2 : Le droit constitutionnel n'est


pas une science politique
→ éviter la confusion
Originalité du droit
constitutionnel

C’est un droit qui définit juridiquement


l’État.
Il y a donc identité entre le droit
constitutionnel et l’État.
Indication bibliographique
Riccardo GUASTINI,
Leçons de théorie
constitutionnelle,
traduit et présenté par
Véronique Champeil-
Desplats, DALLOZ,
coll. Rivages du droit,
2010
L’expression juridique de la
souveraineté
 Si le souverain est celui qui exerce le
pouvoir parce qu’il en a le droit, la
souveraineté est le droit exclusif
d'exercer le pouvoir politique dans
toutes ses fonctions (législative,
judiciaire et exécutive) au sein d’un État.
 Donc la souveraineté est l’expression
juridique et matérielle de l’existence
du souverain.
Principe et théories de la
représentation
 Si l’incarnation procède d’une investiture
divine, alors il n’y a pas de principe
constitutionnel = cas des théocratie ou
monarchies de droit divin
 Si le peuple politique, en tant que
souverain, investit un représentant, alors
il y a une procédure dite constitutionnelle
Titre I de la constitution de
1958
ARTICLE 2.
La langue de la République est le français.
L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge.
L'hymne national est « La Marseillaise ».
La devise de la République est « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et
pour le peuple.
ARTICLE 3.
La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par
ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en
attribuer l'exercice. (…)
ARTICLE 4.
Les partis et groupements politiques concourent à l'expression
du suffrage. (…)
Deux idées sur la notion de
souveraineté
Idée de la supériorité du pouvoir
politique
Idée de la maîtrise et du contrôle
du pouvoir
Idée de souveraineté chez
Jean Bodin (1583)
Jean Bodin, Les Six Livres de la République,
Livre I, Chap. VIII De la souveraineté
→ Ce que signifie « puissance souveraine »

« La souveraineté est la puissance absolue et


perpétuelle d'une République. »

« Est absolument souverain, [celui] qui ne


reconnaît rien plus grand que soi après Dieu. »
Les 4 significations de la
souveraineté (début)
1. La souveraineté liée à l’Etat
La souveraineté est un caractère de l’Etat
qui indique qu’il est une entité
supérieure à tout autre
2. La souveraineté – puissance
C’est l’autorité la plus puissante parmi
plusieurs institutions
Les 4 significations de la
souveraineté (suite et fin)
3. La souveraineté – fonctions supérieures
 Les fonctions régaliennes comme
attributs de la souveraineté
 La fonction de faire la loi commande
toutes les autres
4. La souveraineté du souverain
Qualité de l’être réel ou fictif au nom
duquel est exercé le pouvoir souverain
Qui est le souverain ?
Lorsque c'était le roi...
→ incarnation de l'Etat à l'intérieur et à
l'extérieur du royaume
→ incarnation de l'autorité la plus
puissante
→ incarnation des fonctions régaliennes et
de toutes les fonctions de souveraineté
→ incarnation du souverain
Rupture de la « modernité »
XIVe s.
La question de l'identité du souverain se
complique avec la séparation
progressive de l'Etat et du corps du roi
Qui détient la puissance
législative ?
Il y a deux manières de théoriser le
problème

Deux doctrines s'opposent


traditionnellement : la souveraineté
populaire et la souveraineté nationale.
Qui détient la puissance
législative ?
 La doctrine de la  La doctrine de la
souveraineté souveraineté
populaire nationale
La souveraineté Le titulaire de la
appartient au souveraineté n’est
peuple, conçu pas réel mais
comme l’ensemble abstrait ou fictif : la
des êtres humains Nation.
vivant sur un
territoire donné :
une population
juridiquement
déterminée.
4 conséquences de la
souveraineté populaire
 Conséquence n°1 : Action directe du
peuple
 Conséquence n°2 : Suffrage universel
= principe de l’électorat-droit
 Conséquence n°3 : Référendum
 Conséquence n°4 : Mandat impératif
4 conséquences de la
souveraineté nationale
 Conséquence n°1 : Démocratie
représentative ou indirecte
 Conséquence n°2 : Le suffrage n’est pas
un droit mais une fonction nécessaire
 Conséquence n°3 : Pas de suffrage
universel a priori dans un tel système ;
seulement un suffrage restreint
 Conséquence n°4 : Prohibition du mandat
impératif
4 exemples de constitutions
françaises
 Constitution de 1791
Art. 3. DDHC89 - Le principe de toute
Souveraineté réside essentiellement
dans la Nation. Nul corps, nul individu ne
peut exercer d'autorité qui n'en émane
expressément.
Constitution de 1791
 Article 1. - La Souveraineté est une, indivisible, inaliénable et
imprescriptible. Elle appartient à la Nation ; aucune section
du peuple, ni aucun individu, ne peut s'en attribuer l'exercice.
 Article 2. - La Nation, de qui seule émanent
tous les Pouvoirs, ne peut les exercer que par
délégation. - La Constitution française est
représentative : les représentants sont le Corps
législatif et le roi.
 Article 3. - Le Pouvoir législatif est délégué à une Assemblée
nationale composée de représentants temporaires, librement
élus par le peuple, pour être exercé par elle, avec la sanction
du roi, de la manière qui sera déterminée ci-après.
Déclaration des droits et
Constitution de 1793
Déclaration des droits de l'Homme de
1793
Article 25. - La souveraineté réside dans
le peuple ; elle est une et indivisible,
imprescriptible et inaliénable.
Constitution de 1793
Article 7. - Le peuple souverain est l'universalité
des citoyens français.
Article 4. - Tout homme né et domicilié en
France, âgé de vingt et un ans accomplis ; -
Tout étranger âgé de vingt et un ans
accomplis, qui, domicilié en France depuis une
année - Y vit de son travail - Ou acquiert une
propriété - Ou épouse une Française - Ou
adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; -
Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps
législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est
admis à l'exercice des Droits de citoyen
français.
Constitution de 1793
Article 21 : La population est la
seule base de la représentation
nationale.
Déclaration des droits de
l'Homme de 1793
Article 26. - Aucune portion du peuple ne
peut exercer la puissance du peuple entier
; mais chaque section du souverain
assemblée doit jouir du droit d'exprimer sa
volonté avec une entière liberté.
Article 29. - Chaque citoyen a un droit égal
de concourir à la formation de la loi et à la
nomination de ses mandataires ou de ses
agents.
4 exemples de constitutions
françaises
 constitution de l’An III (22 août 1795)
Article 17. - La souveraineté réside
essentiellement dans l'universalité des
citoyens.
4 exemples de constitutions
françaises
 constitution française de 1958
article 3 : La souveraineté nationale appartient au
peuple qui l'exerce par ses représentants et par la
voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut
s'en attribuer l'exercice.
Le suffrage peut être direct ou indirect dans les
conditions prévues par la Constitution. Il est
toujours universel, égal et secret.
Sont électeurs, dans les conditions déterminées par
la loi, tous les nationaux français majeurs des deux
sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques.
Le contrôle du pouvoir
 La définition du titulaire de la
souveraineté sert non seulement à
attribuer les fonctions souveraines mais
aussi à en limiter l’exercice.
L’organisation du pouvoir
Prévoir les modalités d’exercice de la
souveraineté, c’est
Prévoir les modalités d’expression de la
souveraineté
Prévoir le contenu des compétences
Prévoir les modalités de désignation des
représentants
La notion de représentation
 Le second objet rend présent le premier
 Il le re-présente
La théorie de la
représentation
 Souverain (représenté) =/= Gouvernants
(représentants)
 Principe de la souveraineté =/= exercice
de la souveraineté
Le principe de la souveraineté réside
bien toujours dans le souverain.
Mais son exercice peut être délégué à
un représentant (et seulement à un
représentant)
Raisonnement
de J.-J. Rousseau (1/2)
La volonté du souverain exprimée un jour
n’indique pas celle du jour qui suit
On ne peut pas la connaître à l’avance
On ne la connaîtra que lorsque les
représentants s’exprimeront à nouveau
DONC on ne peut pas comparer la volonté
des représentants et celle du peuple,
parce qu’on ne peut connaître la seconde
indépendamment de la première
Raisonnement
de J.-J. Rousseau (2/2)
Conclusion
On ne peut que présumer que la
volonté des représentants est celle du
peuple

Parce que la volonté du peuple est


inconnaissable en elle-même ; elle n’est
connaissable que sous sa forme
représentée.
Explication de M. Troper
 Le représentant n’est pas une personne
identifiable à une personne physique.
 Le représenté n’est pas une personne
car il n’est pas identifiable à une volonté
propre mais à la volonté de ses
représentants. La volonté qu’ils
expriment est présumée être celle du
représenté.
Le représenté est constitué par la
représentation
Suggestion de Raymond
Carré de Malberg (1/2)
Préférer une théorie de l’organe à une
théorie de la représentation

De même que les paroles qui sortent de la


bouche d’un homme sont imputées à cet
homme, de même les actes émanant de
ses organes, gouvernement ou Parlement,
sont imputés à l’État.
Suggestion de Raymond
Carré de Malberg (2/2)
Comme pour l’homme, l’État a la volonté
que son organe (le Parlement) exprime.
Donc, le souverain existe parce que sa
volonté est exprimée par ses organes.

Conclusion : Le souverain existe par


ses organes.
Critique de la théorie de
Carré de Malberg

Elle ne fournit aucune justification


de ce que la volonté exprimée par
l’organe parlementaire est
l’exercice de la souveraineté.
La démocratie représentative
et le mandat représentatif
 Ladémocratie représentative est le
système politique qui fonctionne
exclusivement à partir de la
représentation du souverain.

 Le mandat est le rapport qui existe


entre le représentant et le représenté :
le représentant reçoit mandat du
représenté et l’exerce.
1°) l’objet du mandat =
l’exercice de la souveraineté
Article 6 DDHC89
La loi est l'expression de la volonté générale.
Tous les citoyens ont droit de concourir
personnellement, ou par leurs représentants, à sa
formation. Elle doit être la même pour tous, soit
qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Tous les citoyens
étant égaux à ses yeux sont également admissibles à
toutes dignités, places et emplois publics, selon leur
capacité et sans autre distinction que celle de leurs
vertus et de leurs talents.
2°) les caractères du mandat :
collectif et non-impératif
Un mandat collectif car il est exercé par
une autorité.
Le député est membre de l’Assemblée
qui, elle-même, a la qualité de
représentant du peuple.
Le député représente la nation tout
entière.
2°) les caractères du mandat :
collectif et non-impératif
 Avec un mandat impératif, le mandataire
a obligation de se conformer aux
instructions reçues
 C’est interdit par les constitutions
françaises.
2°) les caractères du mandat :
collectif et non-impératif
 Raison juridique : Le député ne
représente pas sa circonscription.
 Raison politique : Fonction délibérante
nécessairement libre.
L’élection
 C’est une conséquence du fait que la
souveraineté s’exerce par la voie de
représentants.
 Les modes de scrutins sont les manières
dont le peuple procède à la désignation.
 Le système représentatif en dépend.
Les modes de scrutin
DEFINITION
Ce sont les modes de désignation des
représentants ou modalités de
l’expression du suffrage

Deux grands systèmes s'opposent :


systèmes majoritaires et systèmes
proportionnels
Systèmes majoritaires
Définition sommaire d'un système
majoritaire :

C’est le système dans lequel le candidat


ou la liste arrivés en tête gagnent
l’élection en récupérant tous les sièges
par report de l’ensemble des voix, y
compris celles des concurrents
Systèmes majoritaires

Conséquence : Les tendances


minoritaires d’un corps ne sont pas
représentées

Cas historique : La IInde République en


France (1848-1851)
Les 4 formes
de systèmes majoritaires
 SMU 1t
 SMU 2t
 Vote alternatif
 SMP 1t ou 2t
Le SMU 1t
= First-past-the-post system
Le candidat qui a le plus de voix est élu.
Conséquences sur le
comportement des électeurs
 Favorise le « vote utile »
 Sert prioritairement à éliminer des
candidats plutôt qu’à en choisir un
Conséquences sur la forme
du système politique
 Favorise le bipartisme
 Surreprésente le candidat et le parti
vainqueurs
 Favorise la désignation d’une majorité
gouvernementale stable
 Simplifie abusivement le paysage
politique
 Gouvernement peu représentatif
Le SMU 2t
 Le 1er tour n’est pas décisif, sauf si l’un
des candidats rassemble du premier
coup une majorité absolue des suffrages
exprimés et une proportion minimale des
électeurs inscrits (25%)
 Faute d’avoir atteint ce seuil, un
deuxième tour est organisé
Conséquences sur la forme
du système politique
 Scrutintrès personnalisé car uninominal
 Atténuation des défauts du SMU 1t
Exemple :
Elections cantonales
 Un candidat est élu au premier tour s’il
obtient la majorité absolue des suffrages
exprimés et un nombre de voix au moins
égal au quart de celui des électeurs
inscrits.
 Au second tour, seule la majorité relative
est nécessaire pour être élu.
 Uniquement les candidats ayant obtenu
au premier tour un nombre de voix
supérieur à 10 % des électeurs inscrits.
Le vote alternatif
 PRINCIPE
Au lieu de sélectionner un seul candidat,
les électeurs doivent les classer par
préférences ou en classer au moins 2
 AVANTAGES quant au comportement
des électeurs :
 L’électeur est plus libre de son choix par
rapport à la contrainte du vote utile
 Légitimité renforcée
Les scrutins plurinominaux
à un ou deux tours
 Ces scrutins attribuent à la liste arrivée
en tête tous les sièges ou la majorité des
sièges.
 Si le panachage des listes est autorisé
pour le 2e tour, sont élus ceux qui
obtiennent le plus de voix.
 Définition du panachage
 Possibilité offerte au candidat de modifier la
liste entre les deux tours (radiation ou ajout).
PROCHAINE ECHEANCE :
23 et 30 MARS 2014 – Élections
municipales

Article L227 du code électoral


Les conseillers municipaux sont élus pour
six ans. Lors même qu'ils ont été élus
dans l'intervalle, ils sont renouvelés
intégralement au mois de mars à une
date fixée au moins trois mois
auparavant par décret pris en Conseil
des ministres. Ce décret convoque en
outre les électeurs.
Nouveauté : Elections
départementales (2015)
SMB 2t (L. 17 mai 2013)
Scrutin majoritaire binominal à 2 tours et
paritaire (un homme et une femme)
Les scrutins proportionnels
Définition sommaire :
Les scrutins proportionnels répartissent
les sièges proportionnellement au
nombre de voix obtenues par les
candidats
Conséquence n°1 : système plus juste
Argument contre : moins efficace pour
installer une majorité stable
2 facteurs de variation
le choix de la circonscription
de base
le mode de répartition des
sièges
Le choix de la circonscription
de base
circonscription nationale unique
Tout le territoire = RP intégrale
Défauts :
 fragmentation politique des assemblées
parlementaires
 Dépersonnalisation

circonscriptions multiples
La répartition des sièges
entre les listes
Plusieurs méthodes existent
Ce qu'on cherche d'abord :
déterminer le nombre de voix à obtenir
pour avoir un siège
OUTIL : Le quotient électoral
nb suffrages exprimés
___________________
nb de sièges à pourvoir
La répartition des sièges
entre les listes
ETAPE N°1
Calculer le nombre de sièges à attribuer à
chaque liste

total des voix obtenu par chaque liste


______________________________
QE
La répartition des sièges
entre les listes
ETAPE N°2
Répartir les sièges restant

 Méthode du plus fort reste


 Méthode de la plus forte moyenne
 Système de compensation
Les scrutins mixtes
Les scrutins mixtes empruntent des
éléments aux systèmes majoritaire et
proportionnel.
Ils combinent avec une grande diversité
les deux mécanismes.
Objectif : cumuler les avantages et
limiter les inconvénients
Par exemple : dégager une majorité stable
tout en permettant une représentation
politique fidèle au corps électoral
Exemple de scrutin mixte :
Les sénatoriales 2011
Le renouvellement triennal du 25 septembre 2011
a concerné 165 sièges de sénateurs
Deux modes de scrutin :
Exemple de scrutin mixte :
Les sénatoriales
1) Le SMU2T pour les circonscriptions où sont
élus entre 1 et 3 sénateurs
Cela concerne 26 circonscriptions soit 58 sièges

2) La RP à la plus forte moyenne (sans


panachage ni vote préférentiel) dans les
circonscriptions où sont élus 4 sénateurs et plus
Cela concerne 18 circonscriptions et les
Français établis hors de France soit 112 sièges
Exemple de scrutin mixte :
Les sénatoriales 2011
Composition de la série
1 par nuances
politiques au 25
septembre 2011
UMP 55
MAJ 12
DVD 5
MODM 3
SOC 61
RDG 2
DVG 6
VEC 10
COM 16 Source : Ministère de l'intérieur
Municipales +1000 hab.
(L. 17 mai 2013)
Article L260
Les conseillers municipaux sont
élus au scrutin de liste à deux
tours, avec dépôt de listes
comportant autant de candidats
que de sièges à pourvoir (…).
Municipales +1000 hab.
Article L262
Au premier tour de scrutin, il est attribué à la liste qui a recueilli
la majorité absolue des suffrages exprimés un nombre de
sièges égal à la moitié du nombre des sièges à
pourvoir(...). Cette attribution opérée, les autres sièges
sont répartis entre toutes les listes à la représentation
proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne,
sous réserve de l'application des dispositions du troisième
alinéa ci-après.
Si aucune liste n'a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés
au premier tour, il est procédé à un deuxième tour. Il est attribué à
la liste qui a obtenu le plus de voix un nombre de sièges égal à la
moitié du nombre des sièges à pourvoir(...).
Les listes qui n'ont pas obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés
ne sont pas admises à répartition des sièges. (...)
Elections et légitimité
démocratique
Pour résumer
+ Représentativité  RP si poss. intégrale
+ Gouvernabilité  SM voire scrutin mixte
+ Réactivité  SM
+ Proximité  SMU ou scrutin proportionnel
avec vote préférentiel
L’Etat et le pouvoir
 L’Etat est un cadre pour l’exercice du
pouvoir
c’est la forme juridique du pouvoir
 2 points de vue possibles sur la
réalisation du souverain :
 le point de vue de l’État = point de vue
institutionnel
 le point de vue du pouvoir = point de vue
de l’exercice des forces
Point de vue institutionnel
 C’est à l’État que sont attribués les actes
du souverain
 Etat = personne fictive
 À chaque organe, une fonction, et vice
versa
Point de vue du pouvoir
 Le pouvoir s’exerce de plusieurs façons
selon l’histoire politique des États
 On peut donc distinguer plusieurs
régimes politiques.
L’État (description)
 L’État est la personne morale ou
personne juridique qui agit en lieu et
place du souverain.
 Plusieurs types d’institutions à l’intérieur
de l’État (politiques ou administratives)
L’Etat, organisation juridique
souveraine
 L’État, organisation juridique souveraine
signifie que l’État produit du droit
de manière autonome pour remplir
toutes les fonctions qui lui sont
assignées : rendre la justice, défendre le
territoire, éduquer la jeunesse, diriger
l’économie, assurer un bon niveau de santé
publique…
Fonctions sociales = objectifs
Droit = instrument
La définition « sociologique »
de l’Etat
 L’État est une autorité souveraine qui
s’impose à une population vivant sur un
territoire déterminé.
 3 éléments constitutifs
- Une autorité souveraine = un pouvoir
souverain
- Une population = un groupe d’hommes
- Un territoire = un espace géographique
délimité
La critique
 Cette définition fait l’impasse sur la
fonction essentielle de l’État : la
production du droit comme marque de
fabrique de l’Etat.
 L’autorité est souveraine si elle est dispose seule
de tout le pouvoir de produire du droit.
 La population est un élément constitutif si elle est
soumise au droit de l’État.
 Le territoire est celui de l’État s’il est régi par les
seules règles que cet État édicte.
L’Etat saisi par le droit
L’État est une personne juridique.
 l’État n’existe que parce qu’une
convention, autrement dit du droit,
existe.
= Théorie du contrat social
ie un contrat conclu de manière plus ou
moins explicite entre les individus et
leurs princes ou entre les individus et
l’institution qui devrait les gouverner
L'Etat saisi par le droit
L’État est une fiction qui est à la fois
l’ensemble institutionnel qui représente
la société et l’instrument juridique qui
sert à l’organiser
Théorie hobbésienne
Réf. Léviathan. Traité de la matière, de la forme et du pouvoir
ecclésiastique et civil (1651)
de l’État (Thomas Hobbes)
Chap XVII Deuxième Partie

La génération de la République
La seule façon d'ériger un tel pouvoir commun, qui puisse
être capable de défendre les hommes de l'invasion des
étrangers, et des torts qu'ils peuvent se faire les uns aux
autres, et par l'assurer leur sécurité de telle sorte que, par
leur propre industrie et par les fruits de la terre, ils puissent
se nourrir et vivre satisfaits, est de rassembler tout leur
pouvoir et toute leur force sur un seul homme, ou sur une
seule assemblée d'hommes, qui puisse réduire toutes leurs
volonté, à la majorité des voix, à une seule volonté (...)
Définition de la République
(l’État) par T. Hobbes
Une personne unique, en tant que ses
actes sont les actes dont les individus
d'une grande multitude, par des
conventions mutuelles passées l'un avec
l'autre, se sont faits chacun l'auteur, afin
qu'elle puisse user de la force et des
moyens de tous comme elle le jugera
utile pour leur paix et leur commune
protection.
Chap. XVIII Des droits des
Souverains d'institution
Ce qu'est l'acte d'instituer une République

Une république est dite être instituée


quand un grand nombre d'hommes
réalisent un accord et passent une
convention (chacun avec chacun),
comme quoi, quels que soient l'homme,
ou l'assemblée d'hommes auxquels la
majorité d'entre eux aura donné le droit
L’identité de l’Etat et du droit
(1/3)
 Pour les positivistes :
 Il n’y a pas d’autre droit que celui qui a
été posé par l’État
 Il ne peut pas y avoir de soumission de
l’État au droit sauf autolimitation
L’identité de l’Etat et du droit
(2/3)
 Pour Kelsen (La Théorie pure du droit)
 Les 3 éléments constitutifs ne peuvent
être définis que par l’État lui-même.
Donc il est à lui-même son propre auteur
en termes juridiques.
 L’État est donc juridiquement
autoconstitué.
L’identité de l’Etat et du droit
(3/3)
Conclusion
Définir l’État, c’est définir le droit.

 L’expression État de droit ne veut donc


rien dire en droit ou alors c’est une simple
tautologie : l’État de droit, c’est le droit de
l’État.
La dualité de l’Etat et du droit
 Pour les jusnaturalistes :
 Le droit posé par l’État (le droit positif)
est soumis au droit naturel
 Le droit posé par l’Etat s’impose à l’État
parce qu’il est déjà conforme à des
normes supérieures non posées (le droit
naturel), impératives car justes
 CONCLUSION : Il y a un dualisme entre
l’État et le droit
Les formes de l'Etat
L'Etat prend des formes diverses puisque
les normes qu'il produit sont fonctions
des histoires qui qui traversent les
territoires et les hommes qui y habitent

Le contenu des normes a un impact sur


les formes qui leur donnent naissance.
L’inverse est vrai.
Les formes de l’État
 La forme de l’État fait référence à
l’organisation territoriale de l’État ; c’est-
à-dire la manière dont s’organisent les
normes sur un territoire donné.
 Cela revient à examiner le champ de
validité territoriale des normes produites
par l’État.
Distinctions
 La forme de l’État répond notamment au
problème qui consiste à fixer ce qui
relève des normes d’application
nationale ou locale.
 A distinguer de la question des formes
de gouvernement qui s’intéresse au
nombre de personnes titulaires du
pouvoir et à la manière dont elles sont
désignées.
 forme unitaire vs. forme composée
Forme simple : l’Etat unitaire
 Définition: C’est l’Etat dans lequel les
normes locales ne peuvent être créées
qu’en application de normes nationales
préalables.
 Exemple traditionnel : la France
La France, un État centralisé
 Définition: Les lois sont nationales et les
normes locales n’interviennent que si
des lois nationales les ont prévues.
 Ce que les lois nationales ont prévu :
 les matières dans lesquelles elles peuvent
intervenir
 les autorités locales compétentes
 les objectifs et les limites de ces autorités locales
 les procédures décisionnelles
 le contrôle du contenu des décisions prises par les
autorités locales
La France, un État centralisé (2)

 Les normes locales sont les


concrétisations des normes nationales.
 Hiérarchie : centre / périphérie
 Distinguer : Etats unitaires centralisés
(cas 1) / décentralisés (cas 2)
Etat unitaire centralisé
(cas 1)
Les normes sont prises exclusivement par
des autorités centrales, y compris des
normes locales représentant l’État et non
des parties de l’État.

Déconcentration
Subordination hiérarchique
Etat unitaire décentralisé
(cas 2)
Les normes locales peuvent être prises
par des autorités décentralisées, dont les
représentants sont élus dans les
collectivités locales.

Décentralisation
Autonomie
Conséquence : Extension du principe
démocratique sur le territoire
Formes complexes :
l’État composé
Il existe tout un éventail d’Etats à forme
composée selon la rigidité du lien qui unit
leurs composantes.
Le plus rigide est l’État fédéral et le moins
rigide est l’Union d’Etats-Nations.
Les principes du fédéralisme
On analyse l’État fédéral comme la
combinaison de 2 principes :
le principe de la participation
Les Etats membres participent à la formation des
décisions de l’Etat fédéral.
le principe d’autonomie
Les Etats membres établissent leur propre
constitution, adoptent leurs propres lois, les
exécutent, désignent leurs gouvernants, disposent
d’un appareil judiciaire.
Le rôle de la constitution
 La constitution fédérale organise la
participation des Etats membres à la
formation des normes fédérales.
 Mais l’autonomie des Etats membres
n’existent qu’en vertu de normes
fédérales.
 La constitution implique une
hiérarchisation des normes fédérales et
fédérées.
Le rôle de la constitution (2)
La constitution fédérale
détermine les compétences des organes
fédéraux
énumère les matières qui relèvent des
compétences fédérales
impose le principe selon lequel l’impôt
est levé par l’Etat fédéral
Autres conséquences
 L’Etat membre n’a pas la compétence de
sa compétence : il n’est donc pas
souverain
 La constitution des Etats membres
n’implique pas un pouvoir constituant
total
 Les lois des Etats membres doivent être
conformes à leur constitution, mais aussi
à la constitution fédérale.
L’État régional
 Le cas de l’Espagne est celui d’un État
régional à forme composée
 La constitution ne parle pas de
fédération. Mais le modèle est plus
proche d’un Etat composé que d’un Etat
unitaire, même décentralisé.
L’Union d’Etats-Nations
Contrairement à l’État fédéral, la
communauté d’Etats qui a été instituée
n’est pas elle-même un véritable État.

Cas de la confédération d’Etats


Cas de l’Union européenne
Cas de la confédération
d’Etats
 Une confédération d’Etats est créée à
partir d’un traité international auquel sont
parties plusieurs Etats.
 Les Etats parties au traité sont des Etats
confédérés ou membres de la
confédération.
 Le traité peut instituer un organe central
compétent pour exercer des fonctions
énumérées limitativement, composé de
représentants des Etats nommés.
Conséquences
 Les décisions se prennent en général à
l’unanimité.
 La souveraineté n’appartient pas à la
confédération qui n’est pas un État, mais
aux Etats membres.
L’Union européenne (1)
 Ceci n’est pas un Etat.
 Le fondement de ses pouvoirs réside
dans des traités internationaux que
l’Union ne peut modifier et qui ne
peuvent être révisés que par les Etats
qui les ont ratifiés.
L’Union européenne (2)
 Elle n’est pas souveraine dans la mesure

 elle n’a pas de compétence pour
déterminer sa propre compétence, ni
celle des Etats
 et où elle ne peut exercer que les
pouvoirs qui lui sont transférés par les
Etats.
 Les Etats membres restent souverains.
Est-ce une confédération ?
 Non plus car les Etats membres ont
consenti des limitations de compétences
qui conduisaient à des limitations de leur
propre souveraineté.
 Mais Traité de Lisbonne (2009)
 Art. 47 TUE : L’Union a la personnalité
juridique.
 Donc l’UE est dotée de nouveaux
pouvoirs, notamment le treaty making
power
Conclusion
 L’Unioneuropéenne est une organisation
intergouvernementale (OIG)
Les fonctions de l'Etat
 Trois fonctions : législative, exécutive
juridictionnelle (trois contenus)
 Trois fonctions hiérarchisées

##############################
Critique de la répartition
trialiste
La fonction de juger n’est qu’une
variante de la fonction exécutive.
DONC la répartition trialiste ne tient
pas.
ET le maintien de la répartition
traliste a une visée idéologique :
Faire apparaître un pouvoir
judiciaire.
La fonction législative
Définition: C’est la fonction qui
consiste dans la confection de la
loi

Question : Qu’est-ce que faire la


loi ?
 qu’est-ce que la loi ?
2 conceptions de la loi
 Conception matérielle
 Conception formelle
Définition matérielle
La loi est toute norme dont le contenu
présente certains caractères :
- général et impersonnel
- abstrait
- ou portant sur certaines matières
Article 34 de la constitution
(extraits)
 La loi fixe les règles concernant : (...)
 La loi fixe également les règles concernant
: (…)
 Les lois de finances déterminent (...)
 Les lois de financement de la sécurité
sociale (...)
 Des lois de programmation déterminent (…)
 Les orientations pluriannuelles des finances
publiques (...)
Définition formelle
La loi est toute norme qui a été posée
dans une certaine forme, c'est-à-dire par
un certain organe, au terme d’une
procédure particulière.

= définition organique le plus souvent


Exemple de définition
formelle
 Article
24 de la Constitution de 1958 :
Le Parlement vote la loi. (...)
La constitution institue le régime juridique
des actes de l'Etat (dont la loi)
 Le régime juridique des actes de
l'Etat est l'ensemble des règles qui
sont applicables aux actes
imputables à l’Etat, pour les
modifier ou les annuler notamment.
L. 16-24 août 1790 art. 10

Les tribunaux ne pourront prendre


directement ou indirectement aucune
part à l’exercice du pouvoir législatif, ni
empêcher ou suspendre l’exécution des
décrets du corps législatif, sanctionnés
par le Roi, à peine de forfaiture.
ARTICLE 61-1 de la
constitution de 1958
Lorsque, à l'occasion d'une instance en
cours devant une juridiction, il est
soutenu qu'une disposition législative
porte atteinte aux droits et libertés que
la Constitution garantit, le Conseil
constitutionnel peut être saisi de cette
question sur renvoi du Conseil d'État ou
de la Cour de cassation qui se prononce
dans un délai déterminé.
L'exercice de la fonction
législative
Objectif : protéger le mandat
législatif
Limiter la durée du mandat
Limiter le cumul de mandats
Encadrer le mandat (délais,
compétences, règlements
intérieurs d’assemblées, etc.)
Organisation du travail
parlementaire
 Viales commissions parlementaires
commissions spécialisées ou non
commissions permanentes ou ad hoc
commissions de préparation ou
commissions décisives
Difficultés relatives à l'exercice de la
fonction législative
 Technicité croissante des projets
 Longueur et lourdeur des procédures
 Réticences des parlementaires à
affronter des sujets pourtant urgents à
traiter
Remèdes
 Initiativede l’exécutif développée
 Accroissement des compétences de
l’exécutif (pouvoir règlementaire et
délégation législative)
 Amélioration des méthodes de travail du
Parlement (augmentation des moyens
en personnel, allègement de la
procédure législative,...)
Défaut
 Atteinte à la souveraineté parlementaire
Les organes de la fonction
législative
Simple ou pluriels

Cas simples : un organe législatif unique

Exemples : C°1793, 1848, 1946


= cas de suprématie du Parlement,
c'est-à-dire suprématie de la fonction
législative et souveraineté de la loi
Cas complexes : un organe
législatif complexe
→ organes législatifs partiels

Définition : un homme ou un groupe


d’hommes dont le consentement est
nécessaire à l’édiction de la loi et dont
l’opposition l’empêche

Objectif d’un tel système : éviter la


suprématie d’un seul organe
4 hypothèses d'organes
législatifs partiels (OLP)
1) Les assemblées parlementaires
Définition : assemblées composées
de membres élus ou non,
composante d’une autorité plus
large, le Parlement.
Le Parlement peut exercer la fonction
législative mais n’y est pas limité

Article 24 alinéa 1
de la constitution 1958
Le Parlement vote la loi.
Il contrôle l'action du
Gouvernement.
Il évalue les politiques publiques.
(...)
Une assemblée parlementaire est
un organe législatif partiel (2 cas)
a) participation d'une
seconde chambre
b) participation de l'exécutif
Sur le bicaméralisme
(ou bicamérisme)
Chambre basse élue au SUD
Chambre haute élue autrement
Ex. Monarchie constitutionnelle : membres
héréditaires ou nommés par le monarque
(cf. Lords britanniques ou Chambres des
Pairs en France sous la Restauration,
1814)
Ex. État fédéral : représentants des États
fédérés (cf. Sénat aux États-Unis : 2
sénateurs par État)
Le bicaméralisme en France
Article 24 alinéa 4 C°58:
Le Sénat, dont le nombre de membres
ne peut excéder trois cent quarante-
huit, est élu au suffrage indirect. Il
assure la représentation des
collectivités territoriales de la
République.
Deux remarques
1) L’autre chambre n’est un OLP que si
elle peut réellement s’opposer à la
formation de la loi
2) Le pouvoir de la seconde chambre peut
être de retarder l’adoption définitive de la
loi ou permettre un débat plus
« réfléchi »
Organes législatifs partiels (4)
2) Le corps électoral statuant par voie
de référendum
Il existe des représentants élus. Mais
sur certaines questions, les électeurs
sont appelés à se prononcer
directement sur le fond même des
questions.
Art. 3 al 1 Constitution 1958
La souveraineté nationale
appartient au peuple qui l'exerce
par ses représentants et par la
voie du référendum.
Art. 11 Constitution 1958
Le Président de la République, sur
proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions
ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées
peut soumettre au
au Journal Officiel,
référendum tout projet de loi portant sur
l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes
relatives à la politique économique, sociale ou
environnementale de la nation et aux services publics
qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification
d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution,
aurait des incidences sur le fonctionnement des
institutions.
POUR OU CONTRE?
Les arguments de la théorie démocratique

argument pour : Le peuple est souverain


et ne doit déléguer à des représentants
que les pouvoirs qu’il ne peut exercer lui-
même.
argument contre : incompétence du
peuple et dérive de la pratique
référendaire en plébiscite.
Autre argument contre : la démocratie est
une opération rationnelle de délibération.
Participations comparées
Participation au référendum de 2005 :
69,34 % des inscrits
Participation aux élections européennes de 2009 :
33,18 % des inscrits
Participation aux élections régionales de 2010 :
51,2 % des inscrits
Participation aux élections cantonales de 2011 :
44,77 % des inscrits
Participation à la présidentielle de 2012 :
80,35 % des inscrits
Participation aux législatives de 2012 :
56,29 % des inscrits
POUR OU CONTRE?
Les arguments de la théorie de l’Etat

CONTRE : Si le peuple exerçait


directement la souveraineté, alors il
pourrait à tout bout de champ modifier
l’ensemble de la constitution, les
engagements internationaux de l’État,
etc.
POUR : Si le corps électoral est différent
du peuple souverain, il devrait y avoir
possibilité de contrôler les décisions du
corps électoral décidant par référendum.
Techniques du référendum
4 variables
1) Nature du référendum : Consultatif ou
impératif
2) Objet : Constitution, Loi, Ratification
d’un accord international, Autre
3) Place dans le processus législatif
4) Système d'initiative : 2 variables
Référendum consultatif
Article 92§1 de la Constitution
espagnole

Las decisiones políticas de


especial trascendencia podrán
ser sometidas a referéndum
consultivo de todos los
ciudadanos.
Définition positive de l'objet
art. 11 C°58
(...) tout projet de loi portant sur l'organisation
des pouvoirs publics, sur des réformes
relatives à la politique économique ou
sociale de la nation et aux services publics
qui y concourent, ou tendant à autoriser la
ratification d'un traité qui, sans être
contraire à la Constitution, aurait des
incidences sur le fonctionnement des
institutions.
Futur art. 11C°
(…) tout projet de loi portant sur
l'organisation des pouvoirs publics, sur
des réformes relatives à la politique
économique, sociale ou
environnementale de la nation et aux
services publics qui y concourent, ou
tendant à autoriser la ratification d'un
traité qui, sans être contraire à la
Constitution, aurait des incidences sur le
fonctionnement des institutions.
Définition négative de l'objet
Art. 75 al. 2 de la constitution italienne

Le référendum n'est pas admis pour des lois


fiscales et budgétaires, d'amnistie et de
remise de peine, d'autorisation à ratifier des
traités internationaux.
Référendum d'adoption

Vote = Référendum
Début

Débat référendaire public

Le référendum se substitue au
vote parlementaire
Vote d'orientation

Référendum = Vote
Début d'orientation

Débat référendaire public

Loi = vote
Le vote populaire est combiné parlementaire
au vote parlementaire
Vote de confirmation

Loi = vote
Début parlementaire

Débat référendaire public

Référendum = Vote
Le vote populaire est combiné de confirmation
au vote parlementaire
Veto

Loi = vote
Début parlementaire

Débat référendaire public

Le vote populaire contredit le Référendum = veto


vote parlementaire
Référendum abrogatif

Référendum négatif =
Début vote abrogatif

Débat référendaire public

Loi en vigueur

Le vote populaire est dirigé


contre une loi en vigueur
Référendum obligatoire
Article 46§2 de la constitution irlandaise
Toute proposition d'amendement à la
Constitution est présentée au Dail sous
forme de projet de loi et, ayant été
adoptée ou étant considérée comme
adoptée par les deux chambres du
Parlement, elle est soumise par
référendum à la décision du peuple
conformément à la loi relative au
référendum en vigueur à ce moment là.
Référendum obligatoire
Art. 140 de la constitution suisse

1 Sont soumises au vote du peuple et des cantons:


a.les révisions de la Constitution;
b.l’adhésion à des organisations de sécurité collective ou à des
communautés supranationales;
c.les lois fédérales déclarées urgentes qui sont dépourvues de base
constitutionnelle et dont la durée de validité dépasse une année; ces
lois doivent être soumises au vote dans le délai d’un an à compter
de leur adoption par l’Assemblée fédérale.
2 Sont soumis au vote du peuple:
a.les initiatives populaires tendant à la révision totale de la
Constitution;
b.les initiatives populaires conçues en termes généraux qui tendent à
la révision partielle de la Constitution et qui ont été rejetées par
l’Assemblée fédérale;
c.le principe d’une révision totale de la Constitution, en cas de
désaccord entre les deux conseils.
Référendum obligatoire
Article 128 de la constitution australienne
La constitution ne pourra être modifiée que
de la façon suivante :
Le projet de loi pour modifier la Constitution
doit être voté par la majorité absolue dans
chacune des chambres du Parlement. Plus
de deux mois, et moins de six mois après le
vote dans les deux Chambres, le projet de
loi proposé doit être soumis dans chaque
État et territoire aux électeurs qui
peuvent participer à la nomination des
membres de la Chambre des
représentants.
Référendum facultatif
Art 88-5 de la constitution française
Tout projet de loi autorisant la ratification d'un
traité relatif à l'adhésion d'un État à l'Union
européenne est soumis au référendum par le
Président de la République.
Toutefois, par le vote d'une motion adoptée en
termes identiques par chaque assemblée à la
majorité des trois cinquièmes, le Parlement
peut autoriser l'adoption du projet de loi selon
la procédure prévue au troisième alinéa de
l'article 89.
Art. 89 al 3
(…) le projet de révision n'est pas
présenté au référendum lorsque le
Président de la République décide de le
soumettre au Parlement convoqué en
Congrès ; dans ce cas, le projet de
révision n'est approuvé que s'il réunit la
majorité des trois cinquièmes des
suffrages exprimés. Le bureau du
Congrès est celui de l'Assemblée
Nationale.
Initiative présidentielle
Art. 11. constitution française
Le Président de la République, sur proposition du
Gouvernement pendant la durée des sessions ou
sur proposition conjointe des deux assemblées,
publiées au Journal Officiel, peut soumettre au
référendum tout projet de loi portant sur
l'organisation des pouvoirs publics, sur des
réformes relatives à la politique économique,
sociale ou environnementale de la nation et aux
services publics qui y concourent, ou tendant à
autoriser la ratification d'un traité qui, sans être
contraire à la Constitution, aurait des incidences
sur le fonctionnement des institutions.
Initiative populaire
Art. 138 de la constitution suisse
Initiative populaire tendant à la révision
totale de la Constitution
1) 100 000 citoyens et citoyennes ayant le
droit de vote peuvent, dans un délai de
18 mois à compter de la publication
officielle de leur initiative, proposer la
révision totale de la Constitution.
2) Cette proposition est soumise au vote
du peuple.
Initiative populaire
Art. 141-1) de la constitution suisse sur le Référendum facultatif

Si 50 000 citoyens et citoyennes ayant le droit de vote ou


huit cantons le demandent dans les 100 jours à
compter de la publication officielle de l’acte, sont
soumis au vote du peuple:
a. les lois fédérales;
b. les lois fédérales déclarées urgentes dont la durée de
validité dépasse un an;
c. les arrêtés fédéraux, dans la mesure où la
Constitution ou la loi le prévoient;
d. les traités internationaux qui:
1. sont d’une durée indéterminée et ne sont pas dénonçables;
2. prévoient l’adhésion à une organisation internationale;
3. contiennent des dispositions importantes fixant des règles de droit ou
dont la mise en oeuvre exige l’adoption de lois fédérales.
Initiative populaire
art. 75 al 1 constitution italienne
Un référendum populaire est fixé pour
décider l'abrogation, totale ou partielle,
d'une loi ou d'un acte ayant valeur de loi,
lorsque cinq cent mille électeurs ou cinq
conseils régionaux le demandent.

= référendum abrogatif
Initiative parlementaire
constitution britannique
L'institution du référendum a longtemps
été controversée et considérée comme "
inconstitutionnelle " car contraire au
principe de la souveraineté du
Parlement.
Chaque référendum doit être autorisé par
une loi spécifique. En principe, le
Parlement peut donc décider d'organiser
un référendum sur tout sujet de son
choix et en régler la procédure.
Référendums en Grande-Bretagne
Référendums nationaux :
- Maintien du Royaume-Uni dans la Communauté
européenne (1975Y)
- Mode de scrutin-vote alternatif (2011N)

Référendums régionaux :
- Indépendance de l'Irlande du Nord (1973N)
- Dévolution en Écosse (1979Y, 1997Y)
- Dévolution au Pays de Galles (1979Y, 2011Y)
- Administration de Londres (1998Y)
- Accord Irlande du Nord-Good Friday Agreement (1998Y)
- Dévolution Nord-Ouest de l'Angleterre (2004N)
Référendums annulés et prévus
2005 : Référendum national « gelé » sur le
TCE
???? : Référendum sur l'adoption de l'euro
???? : Référendum sur l'appartenance à
l'UE

Automne 2014 : Référendum sur


l'indépendance de l’Écosse
Initiative parlementaire en
Espagne art. 92 C°

2. Le référendum est convoqué par le roi


sur la proposition du président du
gouvernement, avec l'accord préalable
du Congrès des députés.
Initiative parlementaire en
Suède art. 15 al 3 et 4 C°
Un référendum concernant un projet de loi
fondamentale en suspens jusqu'aux élections doit
être organisé si une motion à cet effet est
présentée par au moins un dixième des membres
du Riksdag et si au moins un tiers des députés
vote en faveur de cette demande. (...)
Le référendum doit avoir lieu en même temps que les
élections au Riksdag visées au premier alinéa.
Lors de ce référendum, les titulaires du droit de
vote aux élections peuvent déclarer s'ils
approuvent ou non le projet de loi fondamentale
qui est en suspens.(...)
Initiative mixte parlementaire
et populaire en France
Futur Article 11 alinéa 3 C°1958 (version
2008)
Un référendum portant sur un objet
mentionné au premier alinéa peut être
organisé à l'initiative d'un cinquième des
membres du Parlement, soutenue par un
dixième des électeurs inscrits sur les
listes électorales. Cette initiative prend la
forme d'une proposition de loi et ne peut
avoir pour objet l'abrogation d'une
disposition législative promulguée depuis
moins d'un an.
Appel pour un référendum sur la
réforme des retraites (extrait)
« (…) les soussignés se prononcent en vertu de
l’article 11 de la Constitution, pour l’arrêt
immédiat de la procédure d’adoption de ce
projet de loi et la convocation d’un référendum
sur celui-ci. Ils entendent ainsi contraindre le
président de la République à ouvrir un débat
qu’il n’a cessé d’entraver, et favoriser son
appropriation citoyenne en vue d’un choix de
société éclairé et transparent. Ils en appellent,
dans le même mouvement, à la poursuite de la
mobilisation populaire, le 16 octobre et après.
(...) »
Organes législatifs partiels (4)
3) Le pouvoir exécutif
L’organe chargé de la fonction exécutive est
un OLP si son consentement est
nécessaire pour la formation de la loi.
2 cas de figure :
→ Le veto pour s’opposer à l’adoption d’une
loi (absolu, relatif ou suspensif)
→ L’initiative des lois pour déposer des
projets de loi
Veto absolu :
Charte constitutionnelle française de 1814
Article 15 : La puissance législative s'exerce
collectivement par le Roi, la Chambre des pairs
et la Chambre des députés des départements.
Article 16 : Le Roi propose la loi.
Article 19 : Les chambres ont la faculté de
supplier le Roi de proposer une loi sur quelque
objet que ce soit, et d'indiquer ce qu'il leur
paraît convenable que la loi contienne.
Article 46 : Aucun amendement ne peut être fait
à une loi, s'il n'a été proposé ou consenti par le
Roi (...)
Veto relatif ou partiel : Section 7§2 de la
Constitution des Etats-Unis
Every Bill which shall have passed the House of
Representatives and the Senate, shall, before it
become a Law, be presented to the President of the
United States; If he approve he shall sign it, but if not
he shall return it, with his Objections to that House in
which it shall have originated, who shall enter the
Objections at large on their Journal, and proceed to
reconsider it. If after such Reconsideration two
thirds of that House shall agree to pass the Bill, it
shall be sent, together with the Objections, to the other
House, by which it shall likewise be reconsidered, and
if approved by two thirds of that House, it shall
become a Law.
Veto suspensif : section 3 de
la Constitution de 1791
Section III. - De la sanction royale.
Article 1. - Les décrets du Corps législatif sont présentés au
roi, qui peut leur refuser son consentement.
Article 2. - Dans le cas où le roi refuse son consentement, ce
refus n'est que suspensif. - Lorsque les deux législatures qui
suivront celle qui aura présenté le décret, auront
successivement représenté le même décret dans les
mêmes termes, le roi sera censé avoir donné la sanction.
Article 3. - Le consentement du roi est exprimé sur chaque
décret par cette formule signé du roi : Le roi consent et fera
exécuter. - Le refus suspensif est exprimé par celle-ci : Le
roi examinera.
Article 4. - Le roi est tenu d'exprimer son consentement ou son
Initiative concurrente et
nuancée (constitution 1958)
Art. 39. - L'initiative des lois appartient
concurremment au Premier Ministre
et aux membres du Parlement.
Art. 48. - (…) l'ordre du jour est fixé par
chaque assemblée.
Deux semaines de séance sur quatre sont
réservées par priorité, et dans l'ordre
que le Gouvernement a fixé, à l'examen
des textes et aux débats dont il demande
l'inscription à l'ordre du jour.
Art. 48 al 3 C°1958
En outre, l'examen des projets de loi de
finances, des projets de loi de
financement de la sécurité sociale et,
sous réserve des dispositions de l'alinéa
suivant, des textes transmis par l'autre
assemblée depuis six semaines au
moins, des projets relatifs aux états de
crise et des demandes d'autorisation
visées à l'article 35 est, à la demande du
Gouvernement, inscrit à l'ordre du jour
par priorité.
La nuance...
Art. 48 al 5 C°1958
Un jour de séance par mois est réservé à
un ordre du jour arrêté par chaque
assemblée à l'initiative des groupes
d'opposition de l'assemblée intéressée
ainsi qu'à celle des groupes minoritaires.
Organes législatifs partiels (4)
4) Le juge constitutionnel
C'est un OLP quand son intervention est
obligatoire pour que la loi entre en
vigueur.
Sa fonction d’interprète de la loi le place
dans une position d’intermédiaire
indispensable à la formation du contenu
de la loi.
Les réserves d'interprétation
Décision n° 2007-557 DC du 15 novembre
2007 Loi relative à la maîtrise de
l'immigration, à l'intégration et à l'asile

23. Considérant qu'il résulte de ce qui


précède que, sous les réserves
énoncées aux considérants 9 et 16,
l'article 13 de la loi déférée n'est pas
contraire à la Constitution ;
Débat sur le pouvoir législatif
du juge constitutionnel
CONTRE : Le juge ne fait qu’appliquer la
constitution même quand il émet des
réserves d’interprétation.

Il n’exerce donc pas un pouvoir normatif


autonome.
POUR :
Raisonnement de M. Troper
Sans interprétation, pas d’application
+ Son pouvoir d’interprétation est
souverain
DONC le juge est souverain et titulaire
d’un pouvoir normatif, ici législatif,
puisque relatif à la loi.
Les motifs qu’il donne sont réutilisables à
l’avenir.
DONC il conditionne le pouvoir législatif
futur.
Raisonnement de M. Troper
Lorsqu’il donne une interprétation
conditionnelle de la loi, tout se passe
comme s’il réécrivait la loi.

Argument nuancé par Kelsen :


Si l'on admet que le juge constitutionnel
est un législateur, c'est un législateur
négatif car la loi est déjà faite.
Le juge constitutionnel va
plus loin...
cas dans lesquels le juge
constitutionnel va jusqu’à modifier ou
compléter des passages de la loi :
Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud
Cour Suprême du Canada
Evolution de la fonction
exécutive
→ Evolution du contenu (aspect matériel)
De la fonction exécutrice des lois à la
fonction gouvernementale

→ Evolution des organes (aspect formel)


Des organes de plus en plus nombreux
La fonction exécutive sous
la Révolution
= exécution stricte de la volonté
générale
direction de l’administration sans
aucun pouvoir règlementaire
général
Sinon crime constitutionnel contre la
séparation des pouvoirs et la
suprématie de la loi
Elargissement/Raison 1
1) Le législateur ne peut pas tout
décider dans le moindre détail
DONC les organes exécutifs reçoivent
un pouvoir règlementaire
Définition du pouvoir règlementaire :
pouvoir d’édicter des normes pour
l’exécution des lois
Elargissement/Raison 2
2) L’organe exécutif ou
Gouvernement est aussi chargé de
mener les relations internationales.
DONC Il requiert une fonction plus
autonome et tout aussi politique
que la fonction législative.
Elargissement/Raison 3
L’initiative des lois doit être partagée ou monopolisée par
l’exécutif pour assurer l’efficacité de l’action de l’Etat
L’exécutif dispose de l'administration.
Constitution de l'An VIII Article 41. - Le Premier consul
promulgue les lois ; il nomme et révoque à volonté les
membres du Conseil d'Etat, les ministres, les
ambassadeurs et autres agents extérieurs en chef, les
officiers de l'armée de terre et de mer, les membres
des administrations locales et les commissaires du
gouvernement près les tribunaux. Il nomme tous les
juges criminels et civils autres que les juges de paix et
les juges de cassation, sans pouvoir les révoquer.
Elargissement/Raison 4
4) Effets en chaîne de ce pouvoir
d’initiative :
- augmenter le pouvoir règlementaire à la
suite de nouveaux projets de lois qu’il
fait voter
- accroître la cohérence entre l’action
politique et la législation
Résultat
La fonction exécutive, c'est
+ L' exécution matérielle de la loi
+ la direction de l’administration
+ la conduite des relations internationales
+ le pouvoir réglementaire
+ l'initiative des lois
+ un rôle politique
CONCLUSION
La fonction exécutive se présente
plutôt comme une fonction
gouvernementale
La fonction gouvernementale
Elle apparaît suite au phénomène de
politisation de la fonction exécutive

Le pouvoir exécutif veut piloter le


pouvoir législatif et donc faire voter
la loi
Comment ?
Les outils du pouvoir exécutif
Moyens juridiques :
Droit d’entrée et de parole dans les
assemblées parlementaires
ex. nouvel art. 18 al 2 C1958
Il peut prendre la parole devant le
Parlement réuni à cet effet en Congrès. Sa
déclaration peut donner lieu, hors sa
présence, à un débat qui ne fait l'objet
d'aucun vote.
Moyens juridiques
- Pression sur les députés par la question
de confiance
- Menace de dissolution
Moyen politique
direction de la majorité parlementaire
Finalement...
La fonction exécutive s'analyse
comme l'ensemble des activités
de l’organe chargé par la
constitution de la fonction
exécutive.
Les organes de la fonction
exécutive
Ce sont tous les organes qui ne sont
pas affectés aux pouvoirs
constituant et législatif.
Exécutif moniste ou dualiste
Exécutif Moniste = Exécutif pourvu d’un seul organe
Ex. Un Président
cf. la constitution américaine

Exécutif dualiste = Exécutif pourvu de deux organes


Ex. Un chef d’Etat et des ministres
cf. la plupart des constitutions françaises
Le dualisme (1/2)
Fonctions initiales du dualisme :
- garantir l’indépendance du roi
ie inviolabilité et irresponsabilité

- prévenir les abus royaux sous couvert


d’irresponsabilité
ie contreseing obligatoire

RESULTAT : irresponsabilité du roi et bonne


exécution de la loi garantis
Le dualisme (2/2)
Fonctions modernes du dualisme :

- Assurer la continuité du pouvoir grâce à


la permanence du chef de l’Etat

- Répartir les tâches entre le chef de l’Etat


et le gouvernement
Le monisme
Apanage des régimes présidentiels

Pas de pouvoir autonome des ministres


Organe individuel ou collégial
Classiquement...
Exécutif dualiste : 1 PDT (indiv) + 1 GVT
(coll)
Ex. Constitution de 1958

Exécutif moniste : 1 PDT (indiv)


Ex. Constitution US
Mais...
Le chef de l’Etat peut être un organe
collégial.
Ex. Constitution de l’An III (1795-1799)

Les ministres peuvent former une série


d’organes individuels.
Ex. Constitution de 1793
Désignation
Tirage au sort (inusité)
Hérédité
Election
Nomination
Cooptation
Exemples de variations
Art. 6 et 7 de la Constitution de 1958 avant
et après 1962
→ Désignation du Chef de l’État au SU
Indirect puis au SU Direct
Fin des fonctions
Mort
Fin du mandat non
renouvelable
Démission
Empêchement
Responsabilité
des chefs d'Etat
Règle générale : Les chefs d’Etat sont
irresponsables politiquement

Définition de l'irresponsabilité politique :


La personne n'est pas tenue de
démissionner à la demande d’une
majorité parlementaire
Raison traditionnelle de
l'irresponsabilité
Fonction traditionnelle du chef de
l'Etat :
- ou bien il participe au pouvoir
législatif et dans ce cas doit être
indépendant comme le pouvoir
législatif lui-même
- ou bien il exécute la loi et à ce
titre il n’est responsable de rien
politiquement
Raisons actuelles de
l'irresponsabilité
1) Dans les régimes parlementaires, le
Gouvernement a le véritable pouvoir
DONC le chef de l’Etat est irresponsable
parce qu’il n’a pas de pouvoir
2) Dans les régimes présidentiels, le
Président dispose de la réalité du
pouvoir exécutif
DONC le pouvoir législatif ne doit pas
entraver sa fonction exécutive
Dans des régimes mixtes comme la France,
où le Gouvernement est responsable
politiquement et où le Président a aussi
d’importants pouvoirs, un débat existe sur
l’irresponsabilité politique du Président.
Régime politique français

POUVOIR RESPONSABILITE POUVOIR


EXECUTIF LEGISLATIF

PDT GVT DISSOLUTION AN SENAT

SUD SUD

PEUPLE
En définitive, le chef de l’Etat est bien
irresponsable.

Nuance : La responsabilité pénale du


chef de l’Etat tend à se confondre avec
la responsabilité politique
Responsabilité pénale ?
Dans les constitutions monarchiques,
pas de responsabilité pénale
cf. argument de la répartition des rôles
cf. argument de la règle mécanique de
la succession
Dans les systèmes politiques
républicains, le président est toujours
pénalement responsable, même si les
formes diffèrent
Conséquences procédurales
spécifiques
→ mise en œuvre complexe
→ privilège de juridiction

Conclusion : Sur un plan


procédural, la responsabilité
pénale du chef de l'Etat se
distingue de sa responsabilité
politique
Exemple états-unien
Article II Section 4
The President, Vice President and all
civil Officers of the United States,
shall be removed from Office on
Impeachment for, and Conviction of,
Treason, Bribery, or other high Crimes
and Misdemeanors.

Le président, le vice-président et tous


les fonctionnaires civils des États-
Exemple français
Art. 68 C° : Le Président de la République ne
peut être destitué qu'en cas de manquement à
ses devoirs manifestement incompatible avec
l'exercice de son mandat. La destitution est
prononcée par le Parlement constitué en
Haute Cour.
(...)
La Haute Cour est présidée par le président de
l'Assemblée nationale.(...)
Les décisions prises en application du présent
article le sont à la majorité des deux tiers (...)
Conclusion
Sur un plan procédural, la responsabilité
pénale ne se confond pas avec la
responsabilité politique.
Conséquences sur le plan
des infractions
Situation exceptionnelle : Tous les actes du
Président ne sont pas justiciables
pénalement

Ex. allemand : seules les « violations délibérées de la Loi


Fondamentale ou d’une loi fédérale »
Ex. étasunien : « trahison, corruption/concussion ou
autres crimes et délits majeurs »
Ex. italien : « haute trahison »
Ex. français : « haute trahison » jusqu’en 2007. Depuis,
« manquement à ses devoirs manifestement
incompatible avec l’exercice de son mandat »
Résultat
La responsabilité pénale du chef de
l’Etat est nécessairement politique.
Quid des actes qui ne relèvent pas de ses
fonctions ?
Solution 1 : Le chef de l’Etat ne doit être protégé que dans ses
fonctions. Au-delà, il est comme les autres et peut être
poursuivi normalement devant les juridictions ordinaires.

Solution 2 : Il est responsable uniquement de certains actes


relevant de ses fonctions : les plus graves. D’autres moins
graves mais relevant de ses fonctions, ne sont pas
poursuivis. Les actes privés ou antérieurs au début du
mandat peuvent donner lieu à poursuite, mais après la fin du
mandat.

Solution 3 : L’acte privé ou antérieur au mandat, qu’on apprend


en cours de mandat, s’il est d’une gravité exceptionnelle, doit
pouvoir être poursuivi. Mais il ne peut l’être devant des
juridictions ordinaires.
CC, 22 janvier 1999, CPI
16. Considérant qu'il résulte de l'article 68 de
la Constitution que le Président de la
République, pour les actes accomplis dans
l'exercice de ses fonctions et hors le cas de
haute trahison, bénéficie d'une immunité ;
qu'au surplus, pendant la durée de ses
fonctions, sa responsabilité pénale ne peut
être mise en cause que devant la Haute
Cour de Justice, selon les modalités fixées
par le même article
Art. 67, 53-2 et 68 C°
Article 67. Le Président de la République n'est pas
responsable des actes accomplis en cette qualité, sous
réserve des dispositions des articles 53-2 et 68.
Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou
autorité administrative française, être requis de témoigner
non plus que faire l'objet d'une action, d'un acte
d'information, d'instruction ou de poursuite. Tout délai de
prescription ou de forclusion est suspendu.
Les instances et procédures auxquelles il est ainsi fait
obstacle peuvent être reprises ou engagées contre lui à
l'expiration d'un délai d'un mois suivant la cessation des
fonctions.
Article 53-2. La République peut reconnaître la juridiction de
la Cour pénale internationale dans les conditions prévues
par le traité signé le 18 juillet 1998.
La responsabilité des
ministres
Responsabilité politique ?
- Oui. Sauf cabinet rattaché au Président.

Responsabilité pénale ?
- Oui. C'est leur raison d'être.

Droit commun ou non ?


- 3 cas de figure.
3 cas de figure
Régime d'exception
= Cas de la France
Art. 68-1. - Les membres du gouvernement sont
pénalement responsables des actes accomplis
dans l'exercice de leurs fonctions et qualifiés
crimes ou délits au moment où ils ont été
commis.
Ils sont jugés par la Cour de justice de la
République.
(...)
Art. 68-2. - La Cour de justice de la République comprend
quinze juges : douze parlementaires élus, en leur sein et en
nombre égal, par l'Assemblée Nationale et par le Sénat après
chaque renouvellement général ou partiel de ces assemblées
et trois magistrats du siège à la Cour de cassation, dont l'un
préside la Cour de justice de la République.
Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit
commis par un membre du gouvernement dans l'exercice de
ses fonctions peut porter plainte auprès d'une commission
des requêtes.
Cette commission ordonne soit le classement de la
procédure, soit sa transmission au procureur général près la
Cour de cassation aux fins de saisine de la Cour de justice de
la République.
Le procureur général près la Cour de cassation peut aussi
saisir d'office la Cour de justice de la République sur avis
conforme de la commission des requêtes.
Régime de droit commun
ex. Italie en application du principe
d'égalité

Régime mixte
Actes relatifs aux fonctions : responsabilité
politique exclusive
Autres : responsabilité de droit commun
Autres organes exécutifs
a) L’administration subordonnée à
l’autorité hiérarchique ministérielle

b) les démembrements
→ Les autorités décentralisées
→ Les AAI non soumises à la hiérarchie
administrative et libre d’instructions du
gouvernement
Débat n°1 : Y a-t-il un
« pouvoir » juridictionnel ?
1°) Y a-t-il une fonction de juger distincte
de la fonction exécutive ?

2°) Si oui, est-ce que la fonction


juridictionnelle est subordonnée ou
autonome par rapport aux 2 autres ?
Le pouvoir du juge
Le pouvoir du juge est constant :
interpréter les textes auxquels il se
réfère pour aboutir à une solution : le
droit applicable
DONC La fonction juridictionnelle est
subordonnée car rattachée aux 2 autres
;
MAIS autonome car elle consiste à fournir
une interprétation qui peut dépasser le
sens littéral d'une loi
Fonction juridictionnelle
subordonnée
La fonction juridictionnelle est subordonnée si
l’on s’en tient à la fonction classique du
juge : la pratique du jugement syllogistique
(1)
Pour autant, les organes de jugement, eux,
peuvent être clairement séparés, sans
contredire cette subordination (2)
1) Jugement syllogistique
= trancher un litige en appliquant la loi,
norme générale, impersonnelle et
abstraite à un cas particulier et concret
La prémisse majeure est dans la loi
La mineure est dans le fait
Le juge ne fait que déduire
mécaniquement une conclusion :
l'application de la loi au fait
Il n’exerce alors aucun pouvoir autonome
= conception de la Révolution française
Montesquieu et la Révolution
« Les juges de la nation, ne sont (…) que la
bouche qui prononce les paroles de la loi. »
Pour les révolutionnaires, il faut mettre le fait et
la loi hors d’atteinte du juge :
- Le fait, à l’époque révolutionnaire, n’est pas
établi par le juge mais par un jury populaire.
- La loi est protégée du juge par 3 mécanismes :
interdiction des arrêts de règlements
refus de la jurisprudence, source de droit
référé législatif
Les juges n'énoncent pas de
règles générales
Interdiction des « arrêts de règlement »
cf. Loi des 16-24 août 1790 → Art. 5 Code
Civil.
Il est défendu aux juges de se prononcer
par voie de disposition générale et
réglementaire sur les causes qui leur
sont soumises.
L'interprétation du juge n'est
pas source de droit
1. La jurisprudence n'est pas source de
droit
2. Si la loi est obscure, il faut quand même
juger
= interdiction du déni de justice
cf. art.4 C.Civ :Le juge qui refusera de
juger, sous prétexte du silence, de
l'obscurité ou de l'insuffisance de la loi,
pourra être poursuivi comme coupable
de déni de justice
L'interprétation du juge n'est
pas source de droit
1. La jurisprudence n'est pas source de
droit
2. Si la loi est obscure, il faut quand même
juger, à condition d'une interprétation in
concreto
= interdiction du déni de justice
cf. art.4 C.Civ :Le juge qui refusera de
juger, sous prétexte du silence, de
l'obscurité ou de l'insuffisance de la loi,
pourra être poursuivi comme coupable
de déni de justice
Assurer la prééminence de la
loi
Le référé législatif
Un tribunal de cassation auprès du
corps législatif casse les décisions
reposant sur une fausse interprétation
de la loi et prononce une interprétation in
concreto correcte
Si les tribunaux inférieurs persistent
dans la contradiction, on présume une
interprétation générale, dite in abstracto
= un acte législatif édicté par le pouvoir
législatif lui-même
2) La séparation des organes
2 Fonctions exécutives :
- Une fonction exécutive proprement
dite ou fonction administrative
- Une fonction exécutive contentieuse
ou fonction juridictionnelle
CONSEQUENCE : Indépendance statutaire des
juges :
- inamovibles
- élus ou cooptés
- indépendance de la carrière

CONTREPARTIE : Ils ne doivent rien faire


d’autre que juger – tout juger et seulement
juger.
La fonction juridictionnelle
autonome
Evolution des conceptions : dans la réalité,
le juge est créateur

Pour plusieurs raisons...


Il peut y avoir plusieurs prémisses
majeures possibles = plusieurs lois
applicables
Il peut y avoir plusieurs significations
attachées à une même prémisse
majeure
Dans tous les cas...
Le juge est obligé de faire un choix : il a donc un
pouvoir qui est nécessairement créateur de
droit, puisqu’il crée pour l’occasion le droit
applicable.

Il en résulte la possibilité si ce n’est la nécessité


d’un pouvoir judiciaire indépendant,
susceptible de contrôler les deux autres, de
leur faire contrepoids par le contrôle de leurs
actes respectifs.
2) La séparation du pouvoir judiciaire

A quelles conditions peut-on parler d’un véritable


pouvoir judiciaire ?
1°) Que le statut des juges garantisse leur
indépendance ; c'est-à-dire qu’ils soient
inamovibles et donc à l’abri des 2 autres
pouvoirs
2°) Que le pouvoir judiciaire soit un contre-
pouvoir à part entière ; c'est-à-dire qu’il fasse
contrepoids au pouvoir législatif avec le
contrôle de constitutionnalité des lois et au
pouvoir exécutif avec le contrôle de la légalité
des actes de l’exécutif.
2 conditions strictes de plus :
1) Que le contrôle de constitutionnalité soit
exercé par les tribunaux ordinaires, sous
l’autorité d’une cour suprême, pas par
une cour spécialisée comme en Europe
continentale.
2) Que les autorités de poursuite (les
procureurs) soient aussi indépendants
que les magistrats du siège par rapport à
l’exécutif.
Problème posé par ce modèle :

Pour qu’il soit conforme à la théorie


démocratique, il faudrait que les juges
soient élus par le peuple souverain.
Formes d'organisation du
pouvoir
La constitution organise le pouvoir.
Comme il existe diverses constitutions, il
existe nécessairement diverses formes
d’organisation du pouvoir.

2 niveaux de distinction :
1) Les formes de gouvernement
2) Les régimes politiques
Les formes de gouvernement
Qui détient le pouvoir ?

Plusieurs classifications :
- ancienne
- contemporaines
Classification ancienne
Objectif : trouver le meilleur gouvernement
possible.

Si le critère est le nombre de détenteurs


du pouvoir, elle comporte ces 3 formes
de gouvernement : la monarchie (le
pouvoir d’un seul), l’oligarchie (le pouvoir
d’un petit nombre), la démocratie (le
pouvoir de tous).
Critère de la qualité de celui
qui détient le pouvoir
- la monarchie est le pouvoir d‘un
monarque héréditaire
- l’oligarchie peut être le pouvoir d’un petit
nombre de méritants (« meilleurs ») par
la noblesse (aristocratie) ou l’argent
(plutocratie ou ploutocratie)
- la démocratie est le pouvoir de tous ou
du plus grand nombre (une majorité) ie
du peuple
A chacun de ces régimes,
correspond une qualité :

monarchie : efficacité
oligarchie : expertise
démocratie : égalité et justice
Nécessité (XVIIIe siècle)
Idéal = Forme mixte de gouvernement qui
combinerait toutes les qualités de
chacun des régimes

cf. Régime à balance des pouvoirs :


régime dans lequel le pouvoir est
législatif est partagé ou exercé en
commun par chacun des détenteurs
possibles du pouvoir
Classifications
contemporaines
1) Autocratie vs démocratie (Kelsen 1945)
Critère : type de normes auxquelles les
hommes sont soumis (autonomie ou
hétéronomie)

2) Totalitarisme vs Libéralisme
Critère : Les matières que régissent les
normes
3) Gouvernement pluraliste vs
Gouvernement moniste
Critère : présence ou absence d'une
compétition pour l'exercice du pouvoir

4) Concentration du pouvoir vs Partage du


pouvoir
Critère : concentration ou séparation du
pouvoir
Régimes politiques et
Séparation des pouvoirs
Dans une perspective moderne, partant du
principe que les pouvoirs (conçus comme
des fonctions) doivent nécessairement être
séparés, leur répartition peut varier et
déterminer différents régimes politiques.
Autrement dit, le régime politique d’un État
est le « dosage » particulier qui s’applique
aux pouvoirs dont le principe de séparation
est acquis.
Conception originelle
Classiquement, l’idée qui sous-tend la séparation
des pouvoirs est que « le pouvoir arrête le
pouvoir », selon la formule de Montesquieu
(Esprit des Lois)

« Pour qu’on ne puisse pas abuser du pouvoir, il


faut que, par la disposition des choses, le
pouvoir arrête le pouvoir. »
Les règles de la séparation
des pouvoirs
1) La règle de la spécialisation
3 activités / 3 fonctions / 3 organes

2) La règle de l'indépendance
Les autorités ou organes doivent être
mutuellement indépendants : ni
dissolution, ni responsabilité
ministérielle, ni contacts physiques entre
les organes, indépendances financière et
militaire
Critique : 4 objections
1) La souveraineté est indivisible
2) La logique de crise
3) La hiérarchie des fonctions et des
organes
4) La conception de Montesquieu n'est
pas une conception de la séparation des
pouvoirs
Reformulation
2 règles de distinction :
1) Distinction des fonctions législatives et
exécutives
2) Principe de séparation des pouvoirs
Fonctions législative et exécutive
ROUSSEAU : Le Contrat Social, Livre III,
chap. 1
« Toute action libre a deux causes qui concourent à la produire :
l’une morale, savoir la volonté qui détermine l’acte, l’autre
physique, savoir la puissance qui l’exécute. Quand je marche
vers un objet, il faut premièrement que j’y veuille aller ; en
second lieu, que mes pieds m’y portent. Qu’un paralytique
veuille courir, qu’un homme agile ne le veuille pas, tous deux
resteront en place. Le corps politique a les mêmes mobiles :
on y distingue de même la force et la volonté ; celle-ci sous le
nom de puissance législative, l’autre sous le nom de
puissance exécutive. Rien ne s’y fait ou ne s’y doit faire sans
leur concours. »
DONC L’exécution est subordonnée à la création
Règle négative ou
Interdiction du cumul
MONTESQUIEU, De l'Esprit des lois
« Lorsque, dans la même personne ou dans le même corps de
magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance
exécutrice, il n'y a point de liberté; parce qu'on peut craindre que le
même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques
pour les exécuter tyranniquement.
Il n'y a point encore de liberté si la puissance de juger n'est pas
séparée de la puissance législative et de l'exécutrice. Si elle était
jointe à la puissance législative, le pouvoir sur la vie et la liberté des
citoyens serait arbitraire: car le juge serait législateur. Si elle était
jointe à la puissance exécutrice, le juge pourrait avoir la force d'un
oppresseur.
Tout serait perdu, si le même homme, ou le même corps des
principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois
pouvoirs : celui de faire des lois, celui d'exécuter les résolutions
publiques, et celui de juger les crimes ou les différends des
particuliers. »
LOCKE (1632-1704)
« Ce serait provoquer une tentation trop forte
pour la fragilité humaine que de confier à ceux-
là même qui ont déjà le pouvoir de faire les
lois, celui de les faire exécuter. »

ROUSSEAU
« Il n'est pas bon que celui qui fait les lois les
exécute, ni que le corps du peuple détourne
son attention des vues générales, pour la
donner aux objets particuliers. »
Signification de la doctrine de
la séparation des pouvoirs
1) Un principe négatif : ne pas concentrer
les pouvoirs entre les mains d’un seul.
2) Une répartition des fonctions :
spécialisation par autorité ou
« découpage » de la fonction en
plusieurs parties.
3) Une garantie contre le despotisme car
celui qui exécute la loi ne peut la
modifier à son gré et celui qui obéit à
l’autorité exécutive, obéit en fait à la loi :
il est donc libre.
Conception moderne et
classification
De la conception fonctionnelle de la
séparation des pouvoirs est issue une
classification des régimes politiques qui
présente des « dosages » différents
entre les deux grandes fonctions de
l’État : la fonction législative et la
fonction exécutive
On peut donc classer les régimes en
fonction de la séparation des pouvoirs
qu'ils mettent en œuvre
Axe des régimes de
séparation des pouvoirs
Régime d'équilibre
Prééminence d'une des organes : Prééminence du
assemblée: - régime gouvernement
Gouvernement parlementaire ou (régimes fascistes,
conventionnels ou séparation souple dictatures
Régimes des pouvoirs militaires, régimes
d'assemblées - régime de parti unique,
(C°1793, IIIe Rép, présidentiel ou monarchies
IVe Rép...) séparation rigide traditionnelles, Ve
des pouvoirs Rép.?)
Pôle Pôle
parlement présidenti
ariste aliste
Régime Régime
parlementaire présidentiel
britannique américain
Le régime parlementaire
3 organes spécialisés :
un PLT (fct° législ) + 1 chef d’E et/ou 1
gouvernement ou cab (fct° exéc)

Responsabilité
EXE Dissolution PLT
Caractéristique du régime
parlementaire :
Il existe des moyens d’action réciproque
entre les organes

→ Le Parlement ou au moins l’une des


assemblées parlementaires peut
contraindre le cabinet à la démission =
responsabilité politique
→ Le Parlement ou plus souvent l’une des
Chambres peut être dissous par le chef de
l’Etat ou le cabinet
La responsabilité gouvernementale

→ Définition de la responsabilité politique :


C'est le pouvoir d’une assemblée de
forcer un ministre à démissionner
→ Caractère : individuelle ou collective
→ Initiative : parlementaire ou
gouvernementale
→ Procédure d'engagement purement
politique : le vote d’une assemblée
→ Sanction : obligation de démissionner
La dissolution
Définition : décision par laquelle il est
mis fin aux pouvoirs d’une
assemblée avant l’expiration du
mandat de ses membres

→ Droit qui appartient au chef de l’Etat


ou au Gouvernement
→ La dissolution s’applique soit à une
chambre soit aux deux
A quoi sert la dissolution ?
→ se débarrasser d’une chambre
hostile
→ équilibrer les pouvoirs
→ provoquer l’arbitrage du corps
électoral
→ opérer une redistribution des cartes
pour former une véritable majorité
→ dissuader les parlementaires de
refuser la confiance au Gouvernement
Parlementarisme dualiste
Système dans lequel le
gouvernement est responsable
devant 2 autorités

Ex : Monarchie de Juillet en France


(1830-1848)
Parlementarisme moniste
= système dans lequel le
gouvernement ne dépend plus que
d’une seule autorité

La Chambre
- peut le révoquer à tout moment
- détermine sa composition
- détermine sa politique
2 variantes
Domination d’une coalition de partis
(« partitocratie ») : ex. IIIe et IVe Rép,
Italie

Domination homogène du parti


majoritaire : ex. Angleterre depuis mi
XIXe s.
Le régime présidentiel
Système dans lequel l’organe le plus
important est le Président,
mais sans que le corps législatif soit
abaissé pour autant.
Il peut exercer l’intégralité de son pouvoir.
Nuances :
- Régime présidentialiste : pouvoirs du
Président encore plus importants qu’aux
Etats-Unis (cf. régimes inspirés du
modèle américain : Tiers-Monde post-
décolonisation)
- Régime semi-présidentiel : le Président
est élu au SU et il existe un ministère
responsable comme dans les régimes
parlementaires (cf. France)
Critère débattu
Séparation rigide des pouvoirs
→ Préférer indépendance ou isolement
des pouvoirs
CAR il existe des exceptions au principe
de spécialisation des organes
(droit de veto présidentiel, participation du
Congrès au vote du budget, approbation
des traités par le Sénat au 2/3,
nomination des ministres et des hauts
fonctionnaires à la majo simple)
BIEN QUE
- l'élection de chaque groupe d’organes
législatif et exécutif se fasse au SU

- et qu'il n'y ait pas de moyens d’action


mutuels directs (pas de responsabilité,
pas de droit dissolution)
Un critère double
L'élection du Président au
suffragage universel

et

L'absence de responsabilité
politique du Gouvernement
La méthode : la constitution
La constitution est le moyen juridique
d'identifier et de mettre en œuvre le pouvoir
politique.

La méthode constitutionnelle ou
constitutionnalisme consiste dans
l'organisation d'une hiérarchie normative
dominée par le texte constitutionnel
entendu largement.
La constitution matérielle
La constitution matérielle est un contenu
particulier qui la signale comme
constitution.
Les sources de la constitution matérielle sont
tous les types de normes qu'elle contient.
D'un point de vue dynamique, ces sources
sont hiérarchisées (sous-section 1).
Mais à leur origine se trouvent des faits
(sous-section 2).
La constitution formelle
C'est l'ensemble des règles, quel que soit
leur objet qui sont énoncées dans la
forme constitutionnelle.
→ contenues dans un document spécial
portant le nom « constitution »
→ valeur supérieure à celle de toutes les
normes positives de l'ordre juridique
→ ne peuvent être modifiées que par une
procédure spéciale
Rigidité de la constitution
La rigidité de la constitution est un
critère de son existence
= une condition suffisante, mais pas
nécessaire
Rigidité de la constitution
La rigidité de la constitution ne signifie pas
qu'elle est intangible, mais qu'elle n'est pas
modifiable facilement.

Une constitution est dite rigide lorsqu'elle ne peut


être modifiée comme une simple loi ; c'est-à-
dire par les pouvoirs constitués.

Une constitution est rigide si elle peut être


modifiée par des organes et une procédure
spéciaux qu'elle a elle-même créés. C'est le
pouvoir constituant dérivé.
Rigidité de la constitution
RECAP
La constitution rigide est celle qui ne peut pas
être modifiée ordinairement par les pouvoirs
constitués.
Une modification ne peut être le fruit que d'une
modification par le pouvoir constituant dérivé.
C'est-à-dire un pouvoir spécial en vertu de la
séparation entre pouvoir constituant et
pouvoirs constitués.
Du point de vue juridique
3 fonctions
→ être le fondement de la validité de l'ordre
juridique tout entier (fonction de fondement)
→ déterminer les modalités de désignation
des gouvernants et leur attribuer des
compétences (fonction d'imputation)
→ énoncer des principes qui justifient
d'autres règles déjà posées et de futures
interprétations particulières du texte
(fonction de justification)
Du point de vue politique
4 fonctions
→ organiser la transmission et
l'exercice du pouvoir
→ fonder la légitimité des gouvernants
→ traduire les compromis entre les
forces politiques qui rédigent les
constitutions
→ être un élément d'intégration
nationale et de production de la
citoyenneté
définition matérielle de la
constitution
Sens restrictif
= Règles d'organisation et de
fonctionnement des pouvoirs
publics et règles de répartition
des compétences entre eux
Sens large : notion de
bloc de constitutionnalité
DEFINITION
normes par référence auxquelles le Conseil
constitutionnel exerce son contrôle de
constitutionnalité.

ELARGISSEMENTS
les préambules des constitutions de 1958 et 1946
la DDHC 1789
les PPNT
les PFRLR
les PVC
les OVC
la Charte de l'environnement
Les lois organiques
Des lois ordinaires dont le contenu est
matériellement constitutionnel parce que
relatif à l'organisation et au
fonctionnement des pouvoirs publics

OU

Des textes élevés à un rang intermédiaire


entre la loi et la constitution dans la
hiérarchie des normes
Art. 61 al 1
constitution 1958
Les lois organiques, avant leur
promulgation, (…) doivent être
soumis au Conseil Constitutionnel qui
se prononce sur leur conformité à la
Constitution.
Règlements des assemblées
Les règlements des assemblées complètent la
constitution pour tout ce qui concerne le
fonctionnement et l'organisation internes des
assemblées parlementaires : le travail
parlementaire
→ détail de la procédure législative, rôle des
commissions, rôle du bureau, ordre de parole

Art. 61 al 1 (…) les règlements des assemblées


parlementaires, avant leur mise en application,
doivent être soumis au Conseil Constitutionnel qui
se prononce sur leur conformité à la Constitution.
Lois ordinaires
= textes matériellement constitutionnels
(organisation et fonctionnement des
pouvoirs publics) mais votés simplement
par le Parlement sans autre formalité
Faits producteurs de droit
Logiquement, un fait ne peut pas produire
de droit car un être ne produit pas de
devoir-être.
SAUF le vote d'un Parlement produisant
une loi ie du droit
Rapport de cause à effet = rapport
d'habilitation
On dit que le Parlement a été habilité par
la constitution pour que le produit de son
vote soit une norme.
La coutume ?
Raisonnement
Problème posé : Si la coutume
constitutionnelle a le pouvoir de produire
du droit constitutionnel, alors il faut :
- une règle constitutionnelle qui l'établisse
ou l'y habilite
- ou une volonté supra-constitutionnelle ou
celle d'un juge constitutionnel pour
L'interprétation
DEFINITION de M. Troper : On appelle
interprétation l'opération par laquelle on
attribue une signification à un texte.
Il est toujours nécessaire d'interpréter un
texte pour pouvoir l'appliquer même
lorsque son sens est clair.
Par conséquent, l'opération
d'interprétation peut être considérée
comme productrice de droit.
Contrôle de la suprématie de
la constitution
Une norme possède une valeur juridique
supérieure à celle d'une autre, si et
seulement si l'édiction d'une seconde
norme contraire à la première peut être
sanctionnée, en général, par l'annulation de
la nouvelle norme.
Le problème de la légitimité
du contrôle de la loi
1) S'il n'existe aucun contrôle, alors le
législateur peut violer la constitution.
Elle n'est donc ni supérieure aux lois, ni
obligatoire.
2) Dans un système politique
démocratique, les lois sont faites par le
peuple souverain ou, en son nom, par
ses représentants.
Elles sont donc a priori incontrôlables
CONSEQUENCE :
Le contrôle confié à une autorité qui n'est
pas le peuple retire au système son
caractère démocratique.
Le constituant doit renoncer
→ ou bien à la suprématie de la
constitution
→ ou bien à la démocratie
Comment échapper à ce
dilemme ?
1) En jouant sur les notions de démocratie et/ou
de contrôle
A propos de la démocratie :
Arg n°1 : La démocratie représentative n'en est
pas une et donc contrôler la volonté des
représentants n'est pas une atteinte à la
démocratie.
Arg n°2 : la démocratie ne se résume pas au
pouvoir de la majorité. Elle englobe la
protection de la minorité : le contrôle de
constitutionnalité est un moyen de cette
protection.
A propos du contrôle:
Avant le contrôle, la loi n'exprime
que la volonté particulière d'un
législateur.
Elle est donc contrôlable sans
porter atteinte au pouvoir législatif
souverain et sans s'opposer à la
volonté du peuple.
Comment échapper à ce
dilemme ?

2) En démontrant que le rôle du juge n'est pas


politique

cf. la théorie moderne de l'interprétation


qui affirme que le rôle du juge consiste à
effectuer un raisonnement spécifique qui exclut
le pouvoir du juge d'un pouvoir politique
2 variables :

l'organe du contrôle (le juge)


le moment et l'objet du contrôle (la
procédure)
Conception n°1
Le contrôle de constitutionnalité fait partie des
attributions normales du pouvoir juridictionnel

DONC les juridictions ordinaires sont les juges


constitutionnels

= MODELE DECENTRALISE ET DIFFUS


Décision Marbury v. Madison
Cour suprême des Etats-Unis
USSC, 1803, Marbury v. Madison

Thus, the particular phraseology of the


constitution of the United States confirms
and strengthens the principle, supposed
to be essential to all written constitutions,
that a law repugnant to the constitution is
void, and that courts, as well as other
departments, are bound by that
instrument.
Une fonction inhérente au
pouvoir judiciaire
If two laws conflict with each other, the
courts must decide on the operation of
each. So if a law be in opposition to
the constitution: (...) the court must
determine which of these conflicting
rules governs the case. This is of the
very essence of judicial duty.
Marbury v. Madison, 1803
Conception n°2
Le contrôle de constitutionnalité remplit
une fonction spécifique

→ juge constitutionnel = collège de


magistrats spécialisés et existence
autonome
+ monopole du contrôle de
constitutionnalité

= MODELE CENTRALISE
Pourquoi un juge spécialisé ?
→ méfiance à l'égard des juges ordinaires
compromis avec le précédent régime
dictatorial
→ moindre aura des juges que dans les
pays de common law
→ risque décuplé de divergences
jurisprudentielles dû au dualisme
juridictionnel
Options procédurales

Le juge intervient Le juge intervient


avant après

Le juge contrôle Contrôle abstrait Contrôle abstrait


la loi en elle- a priori a posteriori
même

Le juge contrôle Situation Contrôle concret


la loi à l'occasion impossible a posteriori
d'un litige
Modèle américain
L'exception d'inconstitutionnalité
→ L'une des parties au procès conteste la
constitutionnalité de la loi sur laquelle
s'appuie l'autre partie

L'injonction
→ Une personne peut demander à une
juridiction de délivrer contre une autorité
administrative un ordre de faire ou de ne
pas faire quelque chose visant à neutraliser
une loi viole des droits constitutionnels
Modèle européen (1/3)
le recours préjudiciel
c'est la question posée à la juridiction
constitutionnelle par une juridiction
ordinaire à l'occasion d'un litige
particulier à propos de la
constitutionnalité d'une loi applicable en
l'espèce
la question prioritaire de
constitutionnalité (2008)
Art. 61-1 al 1
Lorsque, à l'occasion d'une instance en cours devant une
juridiction, il est soutenu qu'une disposition législative porte
atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le
Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur
renvoi du Conseil d'État ou de la Cour de cassation qui se
prononce dans un délai déterminé.

Art. 62 al 2
Une disposition déclarée inconstitutionnelle sur le fondement de
l'article 61-1 est abrogée à compter de la publication de la
décision du Conseil constitutionnel ou d'une date ultérieure
fixée par cette décision. (...)
Modèle européen (2/3)
Le recours direct
c'est le recours qui permet à un justiciable
de saisir le juge constitutionnel sans
intermédiaire et sans filtre des tribunaux
ordinaires
Modèle européen (3/3)
La saisine par des autorités politiques
c'est le contrôle, le plus souvent facultatif,
suscité par les autorités politiques
habilitées à saisir le juge constitutionnel
par la constitution
Le déféré constitutionnel
Art. 61 al 3
Aux mêmes fins, les lois peuvent être
déférées au Conseil Constitutionnel,
avant leur promulgation, par le
Président de la République, le
Premier Ministre, le Président de
l'Assemblée Nationale, le Président
du Sénat ou soixante députés ou
soixante sénateurs.
DEUXIEME PARTIE
Repères constitutionnels français
Marcel MORABITO, Histoire constitutionnelle de
la France de 1789 à nos jours, 12e éd., Paris,
Montchrestien, 2012
Petite chronologie de la
Révolution Française - 1788
5 juillet : Arrêt du Conseil d’État du Roi décidant de
réunir les États généraux
21 juillet : réunion des États généraux du Dauphiné
8 août : Convocation des États généraux pour le
1er mai
23 septembre : Que les États généraux soient
convoqués en la forme de 1614
27 décembre : Doublement de la représentation
du tiers
29 décembre : Marseille réclame l’augmentation du
nombre des élus du tiers état et le vote par tête
aux États généraux.
Petite chronologie de la
Révolution Française - 1789
janvier : « Qu'est-ce que le tiers état ? » de Siéyès
24 janvier : Règlement des États généraux et lettre de
convocation
26-27 janvier : Affrontements mortels à Rennes
7 février : Ordre de rédiger des Cahiers de doléances
mars à mai : Élection des représentants aux États
généraux
23 mars et 24 mars : Émeute de subsistances à Marseille
27 avril : Émeute à Paris
30 avril : Création de la société des amis de la
Constitution à Versailles, futur Club des Jacobins
2 mai : Présentation par ordre des 1200 députés au roi
Ouverture des États
généraux à Versailles
le 5 mai 1789
13 juin : 3 membres du clergé se joignent
au tiers état
Louis XVI ne réagit pas, son fils se meurt
17 juin : Le tiers état se
proclame Assemblée nationale
19 juin : Louis XVI fait fermer la salle des
Menus Plaisirs pour travaux...
20 juin : Le matin, les députés se
réunissent dans la salle du jeu de paume
et prêtent serment de ne jamais se séparer
tant que la France ne sera pas dotée d'une
constitution écrite
23 juin : Séance royale
Le roi déclare le maintien des trois ordres et
annule les délibérations du 17 juin tout en
acceptant la réforme fiscale des députés du
tiers
L'Assemblée nationale déclare inviolable la
personne de ses députés
27 juin : Le roi cède aux revendications,
renonce aux trois ordres et accepte
l'assemblée constituante

9 juillet : Proclamation de l'Assemblée


constituante
11 juillet : Projet de déclaration des Droits
de l'Homme à l'Assemblée constituante
14 juillet : Prise de la Bastille
18 juillet : Début de l'émigration des
grandes familles
4 août : Abolition des privilèges et du
système féodal
26 août : Déclaration des droits de
l'homme et du citoyen
Fonction fondatrice
(institutionnalisation du peuple)
Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée
nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des
droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et
de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans
une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et
sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment
présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans
cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir
législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque
instant comparés avec le but de toute institution politique, en
soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens,
fondées désormais sur des principes simples et incontestables,
tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de
tous. En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et
déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les
droits suivants de l’homme et du citoyen.
Fonction fondatrice
Art. 3 Le principe de toute Souveraineté réside
essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu
ne peut exercer d’autorité qui n’en émane
expressément.
Art. 6 La Loi est l’expression de la volonté générale.
Tous les Citoyens ont droit de concourir
personnellement, ou par leurs Représentants, à sa
formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle
protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant
égaux à ses yeux, sont également admissibles à
toutes dignités, places et emplois publics, selon leur
capacité, et sans autre distinction que celle de leurs
vertus et de leurs talents.
Fonction de cadrage juridique
pour les futures constitutions
Art. 1Er Les hommes naissent et demeurent libres et
égaux en droits. Les distinctions sociales ne
peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Art. 2 Le but de toute association politique est la
conservation des droits naturels et imprescriptibles
de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété,
la sûreté et la résistance à l’oppression.
Art. 16 Toute Société dans laquelle la garantie des
Droits n’est pas assurée, ni la séparation des
Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.
A partir de 1789
Organisation en clubs : Feuillans,
Cordeliers, Jacobins
et en sociétés
proches des Feuillans (1791) : Sociétés
des Amis de la Constitution
proches des Cordeliers (1792) : Société
fraternelle des Patriotes de l’un et l’autre
sexe, Société des Amis des Droits de
l’Homme
proches des Jacobins (1793)
A partir de 1793
Organisation en sections par quartier ou
arrondissement : les sociétés
sectionnaires
Fonctions des clubs, sociétés
et sections
- délivrent des certificats de civisme pour
modeler « l’esprit public »
- inspirent les délibérations des
assemblées générales
- contrôlent la vie sectionnaire
- alphabétisent le peuple
Fonctions vues par les
partisans de Robespierre
→ Veiller à la sauvegarde des droits de la
Nation (Robespierre)
→ Discuter les lois et surveiller les
fonctionnaires publics (Brissot)
= mission de contrôle populaire direct
permanent
Mouvement politique de
masse
Ces sociétés correspondent à un
phénomène social nouveau :
l’émergence d’un mouvement politique
de masse
La conscience nouvelle des citoyens de
contrôler le cours de leur destin
C'est un phénomène démocratique
nouveau
D. 11-12 août 1792

L'assemblée nationale, considérant qu'elle n'a pas le


droit de soumettre à des règles impératives
l'exercice de la souveraineté dans la formation
d'une convention nationale, et que cependant il
importe au salut public que les assemblées
primaires et électorales se forment en même temps,
agissent avec uniformité, et que la convention
nationale soit promptement rassemblée, — Invite
les citoyens, au nom de la liberté, de l'égalité et de
la patrie, à se conformer aux règles suivantes : (...)
D. 11-12 août 1792
Art. 2 - La distinction des Français entre citoyens actifs
et non actifs sera supprimée, et, pour y être admis,
il suffira d'être Français, âgé de vingt et ans,
domicilié depuis un an, vivant de son revenu et du
produit de son travail, et n'étant pas en état de
domesticité. Quant à ceux qui, réunissant les
conditions d'activité, étaient appelés par la loi à
prêter le serment civique, ils devront, pour être
admis, justifier de la prestation de ce serment.
3 - Les conditions d'éligibilité exigées pour les
électeurs ou les représentants n'étant point
applicables à une convention nationale, il suffira,
pour être éligible comme député ou comme
électeur, d'être âgé de vingt-cinq ans, et de réunir
les conditions exigées par l'article précédent.
Discours de JM Roland de la
Platière à la Convention nationale
22 septembre 1792
La volonté des Français est prononcée. La liberté et
l’égalité sont leurs biens suprêmes; ils sacrifieront
tout pour les conserver. Ils ont en horreur les crimes
des nobles, l’hypocrisie des prêtres, la tyrannie des
rois. Des rois ! Ils n’en veulent plus. Ils savent que
hors de la République, il n’est point de liberté.(...)
Toute la France court aux armes; il s’agit de combattre
des rois conspirateurs. L’énergie du peuple est
extrême; avec elle, on peut tout faire. La patrie est
sauvée, si cette énergie se dirige au même but, si
les forces se réunissent; cette réunion semble
difficile à l’instant.
Les principes du Gouvernement
révolutionnaire (Rapport de Robespierre
à la Convention du 5 nivôse an II)
Le gouvernement constitutionnel s'occupe
principalement de la liberté civile ; et le
gouvernement révolutionnaire, de la liberté
publique. Sous le régime constitutionnel, il suffit
presque de protéger les individus contre l'abus
de la puissance publique ; sous le régime
révolutionnaire, la puissance publique elle-
même est obligée de se défendre contre toutes
les factions qui l'attaquent.
Le gouvernement révolutionnaire doit aux bons
citoyens toute la protection nationale ; il ne doit
aux ennemis du peuple que la mort.
Les principes du Gouvernement
révolutionnaire (Rapport de Robespierre
à la Convention du 5 nivôse an II)
Le vaisseau constitutionnel n'a point été
construit pour rester toujours dans le
chantier ; mais fallait-il le lancer à la mer au
fort de la tempête, et sous l'influence des
vents contraires ? (...)
Il est appuyé sur la plus saine de toutes les
lois, le salut du peuple ; sur le plus
irréfragable de tous les titres, la nécessité.
(...)
Il a aussi ses règles, toutes puisées dans la
justice et dans l'ordre public.
Les principes du Gouvernement
révolutionnaire (Rapport de Robespierre
à la Convention du 5 nivôse an II)
Le but du gouvernement constitutionnel est de
conserver la République ; celui du gouvernement
révolutionnaire est de la fonder.
La révolution est la guerre de la liberté contre ses
ennemis ; la constitution est le régime de la liberté
victorieuse et paisible.
Le Gouvernement révolutionnaire a besoin d'une
activité extraordinaire, précisément parce qu'il est
en guerre. Il est soumis à des règles moins
uniformes et moins rigoureuses parce que les
circonstances où il se trouve, sont orageuses et
mobiles, et surtout parce qu'il est forcé à déployer
sans cesse des ressources nouvelles et rapides,
pour des dangers nouveaux et pressants.
Les principes du Gouvernement
révolutionnaire (Rapport de Robespierre
à la Convention du 5 nivôse an II)
La théorie du gouvernement révolutionnaire est aussi
neuve que la révolution qui l’a amené. Il ne faut pas la
chercher dans les livres des écrivains politiques, qui
n’ont point prévu cette révolution, ni dans les lois des
tyrans qui, contents d’abuser de leur puissance,
s’occupent peu d’en rechercher la légitimité ; aussi ce
mot n’est-il pour l’aristocratie qu’un sujet de terreur ou un
texte de calomnie ; pour les tyrans, qu’un scandale ;
pour bien des gens, qu’une énigme ; il faut l’expliquer à
tous pour rallier au moins les bons citoyens aux
principes de l’intérêt public. La fonction du
Gouvernement est de diriger les forces morales et
physiques de la nation vers le but de son institution.
Les principes du Gouvernement
révolutionnaire (Rapport de Robespierre
à la Convention du 5 nivôse an II)
La théorie du gouvernement révolutionnaire est aussi
neuve que la révolution qui l’a amené. Il ne faut pas la
chercher dans les livres des écrivains politiques, qui
n’ont point prévu cette révolution, ni dans les lois des
tyrans qui, contents d’abuser de leur puissance,
s’occupent peu d’en rechercher la légitimité ; aussi ce
mot n’est-il pour l’aristocratie qu’un sujet de terreur ou un
texte de calomnie ; pour les tyrans, qu’un scandale ;
pour bien des gens, qu’une énigme ; il faut l’expliquer à
tous pour rallier au moins les bons citoyens aux
principes de l’intérêt public. La fonction du
Gouvernement est de diriger les forces morales et
physiques de la nation vers le but de son institution.
Les principes du Gouvernement
révolutionnaire (Rapport de Robespierre
à la Convention du 5 nivôse an II)
La théorie du gouvernement révolutionnaire est aussi
neuve que la révolution qui l’a amené. Il ne faut pas la
chercher dans les livres des écrivains politiques, qui
n’ont point prévu cette révolution, ni dans les lois des
tyrans qui, contents d’abuser de leur puissance,
s’occupent peu d’en rechercher la légitimité ; aussi ce
mot n’est-il pour l’aristocratie qu’un sujet de terreur ou un
texte de calomnie ; pour les tyrans, qu’un scandale ;
pour bien des gens, qu’une énigme ; il faut l’expliquer à
tous pour rallier au moins les bons citoyens aux
principes de l’intérêt public. La fonction du
Gouvernement est de diriger les forces morales et
physiques de la nation vers le but de son institution.
Constitution 5 fructidor an III
Le Directoire
1. Démantèlement des grandes lois
révolutionnaires
2. Reculs démocratiques et recul des
droits avec la Déclaration des droits et
des devoirs de l'Homme et du Citoyen
de 1795
3. Ce qui demeure : la subordination de
l'exécutif par peur du souvenir du
Comité de Salut public
Déclaration des droits et des
devoirs 1795 (extraits)
Article 1. - Les droits de l'homme en société sont la
liberté, l'égalité, la sûreté, la propriété.
Article 2. - La liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne
nuit pas aux droits d'autrui.
Article 3. - L'égalité consiste en ce que la loi est la
même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle
punisse. L'égalité n'admet aucune distinction de
naissance, aucune hérédité de pouvoirs.
Article 4. - La sûreté résulte du concours de tous pour
assurer les droits de chacun.
Article 5. - La propriété est le droit de jouir et de
disposer de ses biens, de ses revenus, du fruit de
son travail et de son industrie. (...)
Les renoncements de la
Constitution du 22 frimaire an VIII
1. Une constitution sans déclaration des
droits
2. Une conception autoritaire du pouvoir
3. Un polycaméralisme mutilant pour le
pouvoir législatif
4. Un renforcement corrélatif du pouvoir
exécutif
Le général Bonaparte au Conseil des
Cinq-Cents, à Saint Cloud
10 novembre 1799

François BOUCHOT
© Photo RMN-Grand Palais
Le plébiscite
Arrêté des Consuls du 20 floréal an
X (10 mai 1802)
Article 1. - Le peuple français sera
consulté sur cette question
: "Napoléon Bonaparte sera-t-il
Consul à vie ?"
Senatus-consulte du 14
thermidor an X (2 août 1802)
Art. 1 Le Peuple français nomme, et le
Sénat proclame Napoléon Bonaparte
Premier consul à vie.
Article 2. - Une statue de la Paix, tenant
d'une main le laurier de la Victoire, et de
l'autre le décret du Sénat, attestera à la
postérité la reconnaissance de la Nation.
Article 3. - Le Sénat portera au Premier
consul l'expression de la confiance, de
l'amour et de l'admiration du peuple
français.
Le Senatus-consulte organique du
16 thermidor an X (4 août 1802)
Le principe du pouvoir en viager

Art. 39 : Les consuls sont à vie (…)


Art. 42. - Lorsque le Premier consul le juge
convenable, il présente un citoyen pour
lui succéder après sa mort (…)
Le Senatus-consulte organique du
16 thermidor an X (4 août 1802)
Article 55. - Le Sénat, par des actes intitulés sénatus-consultes,
- 1° Suspend pour cinq ans les fonctions de jurés dans les
départements où cette mesure est nécessaire ;
- 2° Déclare, quand les circonstances l'exigent, des
départements hors de la Constitution ;
- 3° Détermine le temps dans lequel des individus arrêtés en
vertu de l'article 46 de la Constitution, doivent être traduits
devant les tribunaux, lorsqu'ils ne l'ont pas été dans les dix
jours de leur arrestation ;
- 4° Annule les jugements des tribunaux, lorsqu'ils sont
attentatoires à la sûreté de l'Etat ;
- 5° Dissout le Corps législatif et le Tribunat ;
- 6° Nomme les consuls.
Le Senatus-consulte organique du
28 floréal an XII (18 mai 1804)
Article 1. - Le Gouvernement de la
République est confié à un Empereur,
qui prend le titre d'Empereur des
Français. - La justice se rend, au nom
de l'Empereur, par les officiers qu'il
institue.
Article 2. - Napoléon Bonaparte, Premier
consul actuel de la République, est
Empereur des Français.
Le Senatus-consulte organique du
28 floréal an XII (18 mai 1804)
Article 52. - Dans les deux ans qui suivent son avènement,
ou sa majorité, l'Empereur, accompagné - Des titulaires
des grandes dignités de l'Empire, - Des ministres, - Des
grands officiers de l'Empire, - Prête serment au peuple
français sur l'Evangile, et en présence - Du Sénat, - Du
Conseil d'Etat, - Du Corps législatif, - Du Tribunat, - De la
Cour de cassation, - Des archevêques, - Des évêques, -
Des grands officiers de la Légion d'honneur, - De la
comptabilité nationale, - Des présidents des cours
d'appel, - Des présidents des collèges électoraux, - Des
présidents des consistoires, - Et des maires des trente-six
principales villes de l'Empire. - Le secrétaire d'Etat dresse
procès-verbal de la prestation du serment.
Le serment de l'Empereur

Article 53. - Le serment de l'Empereur est ainsi


conçu : - " Je jure de maintenir l'intégrité du
territoire de la République, de respecter et de faire
respecter les lois du concordat et la liberté des
cultes ; de respecter et faire respecter l'égalité des
droits, la liberté politique et civile, l'irrévocabilité
des ventes des biens nationaux ; de ne lever
aucun impôt, de n'établir aucune taxe qu'en vertu
de la loi ; de maintenir l'institution de la Légion
d'honneur ; de gouverner dans la seule vue de
l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple
français. "
Sacre de l'empereur Napoléon et couronnement de l'impératrice
Joséphine, à Notre-Dame de Paris, le 2 décembre 1804
(Oeuvre de Jacques-Louis David, Musée du Louvre)
Le Senatus-consulte organique du
28 floréal an XII (18 mai 1804)
Article 3. - La dignité impériale est héréditaire
dans la descendance directe, naturelle et
légitime de Napoléon Bonaparte, de mâle
en mâle, par ordre de primogéniture, et à
l'exclusion perpétuelle des femmes et de
leur descendance.
Article 9. - Les membres de la famille
impériale, dans l'ordre de l'hérédité, portent
le titre de Princes français. - Le fils aîné de
l'Empereur porte celui de Prince impérial.
Le Senatus-consulte organique du
28 floréal an XII (18 mai 1804)
Article 57. - Le Sénat se compose, - 1°
Des princes français ayant atteint leur
dix-huitième année ; - 2° Des titulaires
des grandes dignités de l'Empire ; - 3°
Des quatre-vingts membres nommés sur
la présentation de candidats choisis par
l'Empereur sur les listes formées par les
collèges électoraux de département ; -
4° Des citoyens que l'Empereur juge
convenable d'élever à la dignité de
sénateur. (...)
Le Senatus-consulte organique du
28 floréal an XII (18 mai 1804)
Article 58. - Le président du Sénat est
nommé par l'Empereur, et choisi parmi
les sénateurs. - Ses fonctions durent un
an.
Article 59. - Il convoque le Sénat sur un
ordre du propre mouvement de
l'Empereur (...)
Le Senatus-consulte organique du
28 floréal an XII (18 mai 1804)
Article 69. - Les projets de loi décrétés par le Corps
législatif sont transmis, le jour même de leur
adoption, au Sénat, et déposés dans ses archives.
Article 70. - Tout décret rendu par le Corps législatif
peut être dénoncé au Sénat par un sénateur, 1°
comme tendant au rétablissement du régime féodal
; 2° comme contraire à l'irrévocabilité des ventes
des domaines nationaux ; 3° comme n'ayant pas
été délibéré dans les formes prescrites par les
constitutions de l'Empire, les règlements et les lois ;
4° comme portant atteinte aux prérogatives de la
dignité impériale et à celles du Sénat (...)
Le Senatus-consulte organique du
28 floréal an XII (18 mai 1804)
Article 85. - Le Corps législatif, le jour où il doit voter sur le
projet de loi, entend, dans la même séance, le résumé
que font les orateurs du Conseil d'Etat.
Article 96. - Chaque section [du Tribunat] discute
séparément et en assemblée de section, les projets de
lois qui lui sont transmis par le Corps législatif - Deux
orateurs de chacune des trois sections portent au Corps
législatif le voeu de leur section, et en développement
les motifs.
Article 97. - En aucun cas les projets de lois ne peuvent
être discutés par le Tribunat en assemblée générale. - Il
se réunit en assemblée générale, sous la présidence de
son président, pour l'exercice de ses autres attributions.
Charte du 4 juin 1814
La divine Providence, en nous rappelant
dans nos Etats après une longue
absence, nous a imposé de grandes
obligations. La paix était le premier
besoin de nos sujets : nous nous en
sommes occupés sans relâche ; et cette
paix si nécessaire à la France comme
au reste de l'Europe, est signée.
Une Charte constitutionnelle était sollicitée
par l'état actuel du royaume, nous
l'avons promise, et nous la publions. (...)
Charte du 4 juin 1814
En même temps que nous reconnaissions qu'une
Constitution libre et monarchique devait remplir l'attente
de l'Europe éclairée, nous avons dû nous souvenir aussi
que notre premier devoir envers nos peuples était de
conserver, pour leur propre intérêt, les droits et les
prérogatives de notre couronne. Nous avons espéré
qu'instruits par l'expérience, ils seraient convaincus que
l'autorité suprême peut seule donner aux institutions
qu'elle établit, la force, la permanence et la majesté dont
elle est elle-même revêtue ; qu'ainsi lorsque la sagesse
des rois s'accorde librement avec le voeu des peuples,
une Charte constitutionnelle peut être de longue durée ;
mais que quand la violence arrache des concessions à
la faiblesse du gouvernement, la liberté publique n'est
pas moins en danger que le trône même.
Charte du 4 juin 1814

Nous avons enfin cherché les principes de la Charte


constitutionnelle dans le caractère français, et dans
les monuments vénérables des siècles passés.
Ainsi, nous avons vu dans le renouvellement de la
pairie une institution vraiment nationale, et qui doit
lier tous les souvenirs à toutes les espérances, en
réunissant les temps anciens et les temps
modernes.
POUVOIR EXECUTIF
Charte du 4 juin 1814
Article 13. - La personne du roi est inviolable et sacrée. Ses
ministres sont responsables. Au roi seul appartient la
puissance exécutive.
Article 14. - Le roi est le chef suprême de l'Etat, il
commande les forces de terre et de mer, déclare la
guerre, fait les traités de paix, d'alliance et de commerce,
nomme à tous les emplois d'administration publique, et
fait les règlements et ordonnances nécessaires pour
l'exécution des lois et la sûreté de l'Etat.
Article 67. - Le roi a le droit de faire grâce, et celui de
commuer les peines.
Article 74. - Le roi et ses successeurs jureront, dans la
solennité de leur sacre, d'observer fidèlement la
présente Charte constitutionnelle.
POUVOIR LEGISLATIF
Charte du 4 juin 1814
Article 15. - La puissance législative s'exerce collectivement par
le roi, la Chambre des pairs, et la Chambre des députés des
départements.
Article 16. - Le roi propose la loi.
Article 17 - La proposition de la loi est portée, au gré du roi, à la
Chambre des pairs ou à celle des députés, excepté la loi de
l'impôt, qui doit être adressée d'abord à la Chambre des
députés.
Article 18. - Toute la loi doit être discutée et votée librement par la
majorité de chacune des deux chambres.
Article 19. - Les chambres ont la faculté de supplier le roi de
proposer une loi sur quelque objet que ce soit, et d'indiquer ce
qu'il leur paraît convenable que la loi contienne.
Article 22. - Le roi seul sanctionne et promulgue les lois.
Article 50. - Le roi convoque chaque année les deux Chambres ;
il les proroge, et peut dissoudre celle des députés des
départements ; mais, dans ce cas, il doit en convoquer une
nouvelle dans le délai de trois mois.
Charte du 14 août 1830

LOUIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS, à tous présents et


à venir, SALUT.

NOUS AVONS ORDONNÉ ET ORDONNONS que la


Charte constitutionnelle de 1814, telle qu'elle a été
amendée par les deux Chambres le 7 août et acceptée
par nous le 9, sera de nouveau publiée dans les termes
suivants : (...)
Constitution du 4 novembre 1848
Préambule
En présence de Dieu et au nom du Peuple français,
l'Assemblée nationale proclame :
I. - La France s'est constituée en République. En
adoptant cette forme définitive de gouvernement,
elle s'est proposée pour but de marcher plus
librement dans la voie du progrès et de la
civilisation, d'assurer une répartition de plus en plus
équitable des charges et des avantages de la
société, d'augmenter l'aisance de chacun par la
réduction graduée des dépenses publiques et des
impôts, et de faire parvenir tous les citoyens, sans
nouvelle commotion, par l'action successive et
constante des institutions et des lois, à un degré
toujours plus élevé de moralité, de lumières et de
bien-être.
Constitution du 4 novembre 1848
Préambule
II. - La République française est démocratique, une et
indivisible.
III. - Elle reconnaît des droits et des devoirs antérieurs
et supérieurs aux lois positives.
IV. - Elle a pour principe la Liberté, l'Egalité et la
Fraternité. Elle a pour base la Famille, le Travail, la
Propriété, l'Ordre public.
V. - Elle respecte les nationalités étrangères, comme
elle entend faire respecter la sienne ; n'entreprend
aucune guerre dans des vues de conquête, et
n'emploie jamais ses forces contre la liberté d'aucun
peuple.
VI. - Des devoirs réciproques obligent les citoyens
envers la République, et la République envers les
citoyens.
Constitution du 4 novembre 1848
Préambule
VII. - Les citoyens doivent aimer la Patrie, servir la
République, la défendre au prix de leur vie,
participer aux charges de l'Etat en proportion de
leur fortune ; ils doivent s'assurer, par le travail,
des moyens d'existence, et, par la prévoyance,
des ressources pour l'avenir ; ils doivent
concourir au bien-être commun en s'entraidant
fraternellement les uns les autres, et à l'ordre
général en observant les lois morales et les lois
écrites qui régissent la société, la famille et
l'individu.
Constitution du 4 novembre 1848
Préambule
VIII. - La République doit protéger le citoyen dans sa
personne, sa famille, sa religion, sa propriété, son
travail, et mettre à la portée de chacun l'instruction
indispensable à tous les hommes ; elle doit, par une
assistance fraternelle, assurer l'existence des
citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du
travail dans les limites de ses ressources, soit en
donnant, à défaut de la famille, des secours à ceux
qui sont hors d'état de travailler. - En vue de
l'accomplissement de tous ces devoirs, et pour la
garantie de tous ces droits, l'Assemblée nationale,
fidèle aux traditions des grandes Assemblées qui
ont inauguré la Révolution française, décrète, ainsi
qu'il suit, la Constitution de la République.
Constitution de 1852
(Proclamation)
On peut donc l'affirmer, la charpente de notre édifice
social est l'oeuvre de l'Empereur, et elle a résisté à
sa chute et à trois révolutions.
Pourquoi, avec la même origine, les institutions
politiques n'auraient-elles pas les mêmes chances
de durée ?
Ma conviction était formée depuis longtemps, et c'est
pour cela que j'ai soumis à votre jugement les
bases principales d'une constitution empruntée à
celle de l'an VIII. Approuvées par vous, elles vont
devenir le fondement de notre Constitution politique.
Pouvoir Exécutif
Constitution de 1852 (Proclamation)
La Constitution actuelle proclame, au contraire, que le chef
que vous avez élu est responsable devant vous ; qu'il a
toujours le droit de faire appel à votre jugement
souverain, afin que, dans les circonstances solennelles,
vous puissiez lui continuer ou lui retirer votre confiance.
Etant responsable, il faut que son action soit libre et sans
entraves. De là l'obligation d'avoir des ministres qui
soient les auxiliaires honorés et puissants de sa pensée,
mais qui ne forment plus un Conseil responsable,
composé de membres solidaires, obstacle journalier à
l'impulsion particulière du chef de l'Etat, expression
d'une politique émanée des Chambres, et par là même
exposée à des changements fréquents, qui empêchent
tout esprit de suite, toute application d'un système
régulier.
Pouvoir Législatif
Constitution de 1852 (Proclamation)

Une Chambre, qui prend le titre de Corps


législatif, vote les lois et l'impôt. Elle est
élue par le suffrage universel (…)
Le Corps législatif discute librement la loi,
l'adopte ou la repousse ; mais il n'y
introduit pas à l'improviste de ces
amendements qui dérangent souvent
toute l'économie d'un système et
l'ensemble du projet primitif. (…)
Pouvoir Législatif
Constitution de 1852 (Proclamation)

La Chambre n'étant plus en présence des


ministres, et les projets de loi étant
soutenus par les orateurs du Conseil
d'Etat, le temps ne se perd pas en vaines
interpellations, en accusations frivoles, en
luttes passionnées dont l'unique but était
de renverser les ministres pour les
remplacer.
Pouvoir Législatif
Constitution de 1852 (Proclamation)

[Le Sénat] examine toutes les lois (…)


Il a le droit d'annuler tout acte arbitraire et
illégal, et, jouissant ainsi de cette
considération qui s'attache à un corps
exclusivement occupé de l'examen de
grands intérêts ou de l'application de
grands principes, il remplit dans l'Etat le
rôle indépendant, salutaire, conservateur,
des anciens parlements.
Constitution de 1852 (Préambule)
Le Président de la République, considérant que le
Peuple français a été appelé à se prononcer sur la
résolution suivante :
" Le peuple veut le maintien de l'autorité de Louis
Napoléon Bonaparte, et lui donne les pouvoirs
nécessaires pour faire une Constitution d'après les
bases établies dans sa proclamation du 2 décembre
";
Considérant que les bases proposées à l'acceptation
du Peuple étaient :
" 1° Un chef responsable nommé pour dix ans ;
" 2° Des ministres dépendant du pouvoir exécutif seul
;
" 3° Un Conseil d'Etat formé des hommes les plus
distingués, préparant les lois et en soutenant la
discussion devant le Corps législatif ;
Constitution de 1852 (Préambule)

" 4° Un Corps législatif discutant et votant les lois,


nommé par le suffrage Universel sans scrutin de
liste qui fausse l'élection ;
" 5° Une seconde Assemblée formée de toutes les
illustrations du pays, pouvoir pondérateur, gardien
du pacte fondamental et des libertés publiques. "

Considérant que le Peuple a répondu affirmativement


par sept millions cinq cent mille suffrages
promulgue la Constitution dont la teneur suit :
La Commune de Paris
18 mars 1871-28 mai 1871
La Commune de Paris est une
période insurrectionnelle par
laquelle le peuple de Paris se
soulève contre la capitulation
face aux Prussiens et contre
les institutions tenues pour
responsables de cette
défaite : Assemblée nationale
et le Gouvernement Thiers.
Elle inaugure la révolution
prolétarienne et l'autogestion
de la Ville.
La Commune de Paris
Semaine sanglante (21-28 mai 1871)
La République, faute de mieux
Le 13 novembre 1872, Thiers déclare à l'Assemblée :
« La République existe, elle est le gouvernement
légal du pays, vouloir autre chose serait une
nouvelle révolution et la plus redoutable de
toutes.»
Les 3 lois d'« amorce »
Loi Rivet du 31 août 1871 : sur la responsabilité
limitée du Président et la responsabilité
politique des ministres devant l'Assemblée
Loi de Broglie du 13 mars 1871 : prolongement
et amplification de la loi Rivet
Loi du septennat du 20 novembre 1873
RESULTAT : Le Président de la République
devient un chef d'Etat « authentiquement »
parlementaire
C'est-à-dire irresponsable politiquement
L'amendement Wallon
Le Président de la République est élu à la
majorité absolue des suffrages par le
Sénat et la Chambre des députés réunis
en Assemblée nationale. Il est nommé
pour sept ans ; il est rééligible.
Loi du 25 février 1875 relative à
l'organisation des pouvoirs publics
Article premier
Le pouvoir législatif s'exerce par deux assemblées : la
Chambre des députés et le Sénat. La Chambre des
députés est nommée par le suffrage universel, dans les
conditions déterminées par la loi électorale. La
composition, le mode de nomination et les attributions du
Sénat seront réglés par une loi spéciale.
Article 2
Le président de la République est élu à la majorité absolue
des suffrages par le Sénat et par la Chambre des
députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé
pour sept ans. Il est rééligible.
Loi du 25 février 1875 relative à
l'organisation des pouvoirs publics
Article 5
Le président de la République peut, sur l'avis conforme du
Sénat, dissoudre la Chambre des députés avant
l'expiration légale de son mandat.
Article 6
Les ministres sont solidairement responsables devant les
chambres de la politique générale du gouvernement, et
individuellement de leurs actes personnels. Le président
de la République n'est responsable que dans le cas de
haute trahison.
Loi du 24 février 1875 relative à
l'organisation du Sénat
Article premier
Le Sénat se compose de trois cents
membres : deux cent vingt-cinq élus par
les départements et les colonies, et
soixante-quinze élus par l'Assemblée
nationale.
Article 7
Les sénateurs élus par l'Assemblée sont
inamovibles.
Loi du 24 février 1875 relative à
l'organisation du Sénat
Article 8
Le Sénat a, concurremment avec la Chambre
des députés, l'initiative et la confection des
lois.
Article 9
Le Sénat peut être constitué en cour de justice
pour juger, soit le président de la République,
soit les ministres (...)
Loi constitutionnelle du 16 juillet 1875
sur les rapports des pouvoirs publics
Droit de session encadré (art. 1, 2 et 4)
Obligation d'élire le Président (art. 3)
Publicité des séances (art. 5)
Droit de message (art. 6)
Promulgation des lois (art. 7)
Domaine réservé du Président (art. 8)
Consentement à la guerre (art. 9)
Autogestion parlementaire (art. 10 et 11)
Responsabilité de l'exécutif (art. 12)
Immunités parlementaires (art. 13 et 14)
Le « compromis
constitutionnel » de 1875
Les deux verrous du compromis :
1) Le Président de la République
= autorité forte car élue (Rép.) mais pas
au SU (Mon.)
2) Le Sénat
= Chambre des Pairs, garante des intérêts
conservateurs (40 ans, mandat long,
une partie inamovible) (Mon.)
Deux dualismes
1) Bicaméralisme
Sénat>Chambre des députés
→ volonté : contenir le pouvoir de la
chambre démocratiquement élue

2) Dualisme de l'exécutif
1 cabinet ministériel (resp) + 1 chef de
l’État (irresp)
Les moyens d'action
réciproque
1) Droit de dissolution (art. 5 L. 25 février 1875)
objectif : contrebalancer la responsabilité
ministérielle

2) Responsabilité ministérielle (art. 6 L. 25 février


1875)
Déclenchement : un simple désaccord suffit
Principe : solidarité ministérielle
Égalité des chambres
Moyen : l'interpellation
Art. 8 L. 25 février 1875
Les chambres auront le droit, par délibérations
séparées prises dans chacune à la majorité absolue
des voix, soit spontanément, soit sur la demande du
Président de la République, de déclarer qu'il y a lieu
de réviser les lois constitutionnelles.
Après que chacune des deux chambres aura pris cette
résolution, elles se réuniront en Assemblée nationale
pour procéder à la révision.
Les délibérations portant révision des lois
constitutionnelles, en tout ou en partie, devront être
prises à la majorité absolue des membres composant
l'Assemblée nationale. (...)
La crise du 16 mai 1877
A la suite d'agitations liées à l'influence de
l'Eglise, le Chef de l’État met en question
« l'influence » du Président du Conseil :
est-elle suffisante ?
CSQCES :
1) Les députés s'insurgent et crient à l'abus
du Chef de l’État
2) Le Chef de l’État démissionne
Responsabilité de l'exécutif
Pour Gambetta (député) :« Quand le pays
aura parlé, il faudra se soumettre ou se
démettre. »
Mac-Mahon (chef de l’État conservateur)
résiste un temps.
Les élections se succèdent contre la
tendance politique du chef de l’État.
Le 30 janvier 1879, il finit par se démettre.
La « Constitution Grévy »
Après la démission de Mac-Mahon, Grévy est élu le
soir même. Il remercie l'AN :
« Soumis avec sincérité à la grande loi du régime
parlementaire, je n'entrerai jamais en lutte contre la
volonté nationale exprimée par ses organes
constitutionnels. »
Constitution Grévy = Renoncer à faire usage des
prérogatives présidentielles, notamment le pouvoir
de dissolution, contrepartie de la responsabilité
ministérielle. Le Président de la République est
irresponsable politiquement.
Tentatives de révision
1) Tentative de Gambetta : projet de
constitutionnalisation de l'élection des députés
au scrutin de liste départemental.
La Chambre est hostile au scrutin de liste. Elle le
renverse.
2) Tentative de Ferry : projet de démocratisation
du recrutement du Sénat.
Adoption d'une loi constitutionnelle du 14 août
1884 de portée limitée qui ne réalise pas
l'objectif
Pas de déclaration des droits dans le
dispositif constitutionnel de 1875
Naissance des « lois de la République » :
Loi du 29 juillet 1881 sur la presse
(véritable code)
Loi du 30 juin 1881 sur le droit de réunion
Loi du 21 mars 1884 sur la liberté
syndicale
Loi du 1er juillet 1901 sur la liberté
d'association
MAIS pas de garantie supralégislative
Crise du régime représentatif
1) Absence d'organisation politique de la
représentation
2) Les checks and balances ne
fonctionnent pas
Résultats : Effacement présidentiel +
Instabilité ministérielle
Remèdes
Une nécessité apparaît : « rationaliser le
parlementarisme »
1) remède envisagé : réhabiliter le
Président de la République par la
dissolution ou le veto.
2) remède administré : renforcement du
Président du Conseil à l'occasion de la
Première Guerre mondiale
Généralisation des décrets-lois
Loi du 10 février 1918 art. 1Er :
des décrets peuvent, pendant la durée de la guerre et pendant
les six mois suivant la fin des hostilités, « réglementer ou
suspendre, en vue d 'assurer le ravitaillement national, la
production, la fabrication, la circulation, la vente, la mise en
vente, la détention ou la consommation des denrées servant
à l'alimentation de l'homme et des animaux. Les dispositions
de la présente loi sont applicables aux décrets rendus pour le
ravitaillement de la population civile en combustibles. Il
pourra être, dans le même but, procédé par décret à la
réquisition de la totalité de la flotte marchande. Les décrets
rendus par application du présent article seront soumis à la
ratification des Chambres dans le mois qui suivra leur
promulgation. »
CONSEQUENCE
VICHY...
Loi constitutionnelle
du 10 juillet 1940
Exposé des motifs (extraits)

Restaurer l'État dans sa


souveraineté et le pouvoir
gouvernemental dans son
indépendance.
Article unique de la loi
constitutionnelle de 1940
L'Assemblée nationale donne tous pouvoirs au
gouvernement de la République, sous la signature
et l'autorité du maréchal Pétain, président du
Conseil, à l'effet de promulguer, par un ou
plusieurs actes, une nouvelle constitution de l'État
français. Cette constitution devra garantir les droits
du travail, de la famille et de la Patrie.
Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les
Assemblées qu'elle aura créées. La présente loi
constitutionnelle, délibérée et adoptée par
l'Assemblée nationale, sera exécutée comme loi
de l'État.
La contre-révolution
pétainiste
Mission n°1 : mettre fin au primat du
peuple souverain
acte constitutionnel n°1 : « Nous, Philippe
Pétain, maréchal de France,(...)
Déclarons assumer les fonctions de chef
de l'État français »
Mission n°2 : mettre fin à la séparation des
pouvoirs
Acte constitutionnel n°2 : « Le chef de
l'Etat français a la plénitude du pouvoir
O. 9 août 1944 portant rétablissement de la
légalité républicaine sur le territoire continental

Article premier
La forme du gouvernement de la France
est et demeure la République. En droit
celle-ci n'a pas cessé d'exister.
Article 2.
Sont, en conséquence, nuls et de nul effet
tous les actes constitutionnels, législatifs
ou réglementaires, ainsi que les arrêtés
pris pour leur exécution, sous quelque
dénomination que ce soit, promulgués
Article 1 alinéa 2
L.C. 2 novembre 1945
Le gouvernement est responsable devant
l'Assemblée ; mais le rejet d'un texte ou
d'un crédit n'entraîne pas sa démission.
Celle-ci n'est obligatoire qu'à la suite du
vote distinct d'une motion de censure
intervenant au plus tôt deux jours après
son dépôt sur le bureau de l'Assemblée
et adoptée au moyen d'un scrutin à la
tribune par la majorité des membres
composant l'Assemblée.
Difficultés
de la IVe République
Raisons d'être de la IVe République :
- Première constitution d’après-guerre
- Réagir au régime autoritaire précédent
- Mission : remettre un Parlement au centre des
institutions

Résultat :
La constitution du 27 octobre 1946 est adoptée à
l’issue d’un processus constituant d’un an mené par
une Assemblée constituante élue à l’occasion du
référendum du 21 octobre 1945.
Réhabilitation de la fonction
parlementaire législative
La IVe République est un régime parlementaire
responsabilité

Pouvoir exécutif Pouvoir législatif

dissolution

SUD

PEUPLE
Contre les idées reçues
sur la IVe République
Grandes oeuvres politiques et sociales
Réf. Programme du Conseil national de la
Résistance (CNR), 15 mars 1944
« Aussi les représentants des organisations de la
Résistance, des centrales syndicales et des partis
ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.,
délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944,
ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant,
qui comporte à la fois un plan d’action immédiate
contre l’oppresseur et les mesures destinées à
instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre
social plus juste. »
Programme du CNR
15 mars 1944 (extraits 1/5)
4) Afin d’assurer :
l’établissement de la démocratie la plus
large en rendant la parole au peuple
français par le rétablissement du
suffrage universel; (…)
Programme du CNR
15 mars 1944 (extraits 2/5)
5) Afin de promouvoir les réformes
indispensables :
a) Sur le plan économique :
(...)le retour à la nation des grands moyens de
production monopolisée, fruits du travail
commun, des sources d’énergie, des
richesses du sous-sol, des compagnies
d’assurances et des grandes banques ;
Programme du CNR
15 mars 1944 (extraits 3/5)
b) Sur le plan social :
le droit au travail et le droit au repos, notamment
par le rétablissement et l’amélioration du régime
contractuel du travail ;
un rajustement important des salaires et la
garantie d’un niveau de salaire et de traitement
qui assure à chaque travailleur et à sa famille la
sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie
pleinement humaine ;
Programme du CNR
15 mars 1944 (extraits 4/5)
un plan complet de sécurité sociale, visant à
assurer à tous les citoyens des moyens
d’existence, dans tous les cas où ils sont
incapables de se le procurer par le travail,
avec gestion appartenant aux représentants
des intéressés et de l’État ;
(…)
une retraite permettant aux vieux travailleurs
de finir dignement leurs jours ;
Programme du CNR
15 mars 1944 (extraits 5/5)
d) La possibilité effective pour tous les enfants
français de bénéficier de l’instruction et
d’accéder à la culture la plus développée, quelle
que soit la situation de fortune de leurs parents,
afin que les fonctions les plus hautes soient
réellement accessibles à tous ceux qui auront
les capacités requises pour les exercer et que
soit ainsi promue une élite véritable, non de
naissance mais de mérite, et constamment
renouvelée par les apports populaires.
Les 3 référendums de la IVe
Un référendum pour approuver le principe
d’une constituante (21 octobre 1945)

Un référendum sur un premier projet de


constitution « très » parlementaire (5 mai
1946)

Un référendum sur un second projet de


constitution parlementaire (13 octobre 1946)
Résultats du Référendum du
21 octobre 1945
1re question : « Voulez-vous que l'assemblée élue ce jour
soit constituante ? »

Électeurs : 25 744 992


Abstentions : 5 391 007 (20,94%)
Votants : 20 353 985 (79,06%)
Nuls : 1 070 103 (4,15%)
Exprimés : 19 283 882 (74,90%)
Oui : 18 584 746 (72,18%) (96,37% des exprimés)
Non : 699 136 (2,71%) (3,63% des exprimés)
Résultats du Référendum du
21 octobre 1945
2ème question : « Si le corps électoral a répondu oui à la première
question, approuvez-vous que les pouvoirs publics soient, jusqu'à la
mise en vigueur de la nouvelle Constitution, organisés
conformément au projet ci-contre ? »

Électeurs : 25 744 992


Abstentions : 5 391 007 (20,94%)
Votants : 20 353 985 (79,06%)
Nuls : 1 109 836 (4,31%)
Exprimés : 19 244 149 (74,75%)
Oui : 12 794 943 (49,70%) (66,48% des exprimés)
Non :6 449 206 (25,05%) (33,51% des exprimés)
Second référendum sur un
nouveau projet de constitution
Date : 13 octobre 1946
Objet : approbation du projet de Constitution
Les dysfonctionnements
2 causes majeures :

Absence de majorité parlementaire véritable

Insuffisance des moyens juridiques de


l'exécutif
Insuffisance des moyens
juridiques de l'exécutif
Absence de délimitation du domaine législatif
Responsabilité gouvernementale sans
contrepartie
Absence de relation directe entre le
gouvernement et l'opinion publique
3 séries de remèdes
Pour répondre au dysfonctionnement du
système des partis, on pense à une réforme
électorale
Pour répondre à la faiblesse du gouvernement
par rapport au parlement, on pense à une
rationalisation du système parlementaire
Pour répondre au déficit d’image de l’exécutif,
on pense à une transformation de la
signification politique de l’exécutif
Echec
de la réforme électorale
→ Difficile politiquement en raison de la
résistance des parlementaires
→ Douteuse juridiquement car le SM2t n’est
pas une garantie contre l’instabilité
gouvernementale
Rationaliser le parlementarisme
C'est introduire dans la constitution des
dispositifs qui renforcent la position
du Gouvernement vis-à-vis du
Parlement, et qui peuvent pallier
l’absence d’une véritable majorité
parlementaire.
Limiter
les facteurs d’instabilité
1) En rendant la dissolution
plus facile
2) En perfectionnant le
mécanisme de la question de
confiance sur le vote d’un
texte
Les causes politiques et
historiques de la chute
La décolonisation est une clé de compréhension
des bouleversements institutionnels de
l’époque.
A l’impuissance politique s’ajoute une contestation
du pouvoir en place organisée à partir des
territoires d’outre-mer.
Il en résulte un état d’urgence politique qui signe
la fin de la IVe République et marque le
triomphe de De Gaulle et de ses alliés.
L'état d'urgence
Enchaînement des évènements :
13 mai 1958 : coup d'Etat à Alger le jour où Pfimlin
doit présenter son nouveau Gouvernement
28 mai 1958 : démission du Gouvernment Pfimlin
1er juin 1958 : investiture du Gouvernement De
Gaulle
du 1er au 3 juin 1958 : 3 textes adoptés en vue de
la révision constitutionnelle
Le projet gaullien
Une constante : Changer les institutions
Ref. : Discours de Bayeux (1946) et Discours
de la Place de la République (1958)
Une procédure constituante
confiscatoire
Les 3 textes de juin 1958 :
→ une résolution par laquelle les
assemblées se mettent en congé et
renoncent à siéger jusqu’à la fin de la
session

De Gaulle écarte la représentation nationale du


processus constituant
Une procédure constituante
confiscatoire
→ une loi de pleins pouvoirs qui doit
permettre au Gouvernement de prendre
des mesures par ordonnances pendant
toute la durée de suspension du
Parlement

L’auteur de l'ensemble des réformes


institutionnelles est le pouvoir exécutif, pas le
pouvoir législatif
Une procédure constituante
confiscatoire
→ une loi constitutionnelle qui modifie la
procédure de révision de la constitution
de 1946

La constitution de 1958 n’est pas le fruit


d’une révision constitutionnelle prévue
par les normes constitutionnelles
antérieures : il s’agit d’une rupture
institutionnelle
L'astuce de la révision
constitutionnelle de 1958 : Rappel
Procédure de révision prévue par la Constitution de 1946 :
Article 90. - La révision a lieu dans les formes suivantes.
La révision doit être décidée par une résolution adoptée à la
majorité absolue des membres composant l'Assemblée
nationale. (...)
Elle est soumise, dans le délai minimum de trois mois, à une
deuxième lecture, (...)
Après cette seconde lecture, l'Assemblée nationale élabore un
projet de loi portant révision de la Constitution. Ce projet
est soumis au Parlement et voté à la majorité et dans les
mêmes formes prévues pour la loi ordinaire.
Il est soumis au référendum, sauf s'il a été adopté en seconde
lecture par l'Assemblée nationale à la majorité des deux
tiers ou s'il a été voté à la majorité des trois cinquièmes par
L'astuce de la révision
constitutionnelle de 1958
Révision par la loi constitutionnelle du 3
juin 1958 portant dérogation transitoire
aux dispositions de l’article 90 de la
Constitution

Article unique
Par dérogation aux dispositions de son
article 90, la constitution sera révisée par
le gouvernement investi le 1er juin 1958
(...)
L'astuce de la révision
constitutionnelle de 1958
(…) et ce, dans les formes suivantes : Le
Gouvernement de la République établit
un projet de loi constitutionnelle mettant
en œuvre les principes ci-après :
(...)
L'astuce de la révision
constitutionnelle de 1958
Conditions de forme :

→ La constitution sera révisée par le


gouvernement investi le 1er juin 1958
→ Pour établir le projet, le Gouvernement
recueille l’avis d’un comité consultatif où
siègent notamment des membres du
Parlement (…)
→ Le projet de loi arrêté en Conseil des
ministres, après avis du Conseil d’Etat,
→ est soumis au référendum
Préparation du projet
Domination du secret
→ Embargo médiatique

Domination du pouvoir exécutif


→ Monopole gouvernemental
Les rédacteurs du projet
Le comité interministériel
→ organe politique présidé par De Gaulle
→ composition : Michel Debré (Garde des
Sceaux) et son groupe d'experts, ministres
d'Etat, René Cassin VP du Conseil d'Etat
Le comité consultatif
constitutionnel
→ pouvoir d'avis
→ composition : 39 parlementaires des 2
chambres dont les 2/3 sont choisis par des
commissions parlementaires de l'AN et du
Conseil de la République
Les points en débat
La présidence de la République
Le renforcement de l'autorité gouvernementale
L'encadrement du Parlement
La présidence de la République
Volonté du GDG
= un chef de l’État fort ; ie un animateur de la
politique gouvernementale

Contre : la volonté des ministres


= un premier ministre fort ; ie issu de l’AN mais
pourvu des moyens de sa politique
La présidence de la République
Résultat de la confrontation :
- refus de l’élection au SUD
- refus du pouvoir autonome d’en appeler au
référendum
- rôle d’arbitre entre les pouvoirs publics et de
garant de l’indépendance nationale
- pouvoir propre de dissoudre l’AN
- droit de prendre la totalité des pouvoirs en
cas de péril de la nation
Le renforcement de l'autorité
gouvernementale
Objectif : Répondre à la volonté des ministres
que le futur Gvt aura les moyens de sa
politique
- qu’il soit effectivement le « gouvernement » et
non l’objet de la volonté du Plt, ni celle du
chef de l’État
- qu’il soit effectivement dirigé par un premier
ministre avec des pouvoirs propres
Le renforcement de l'autorité
gouvernementale ?
Contrepartie : éléments atténuant l’autorité
gouvernementale
- nomination du PM par le Pdt de la Rép.
- responsabilité devant l’AN
- déclaration de politique générale entraînant
un vote de confiance ie une investiture
L'encadrement du Parlement
= Volonté de Debré et des ministres :
Rationaliser le parlementarisme
Grâce à des moyens antiparlementaires tous
azimuts (5 séries de mesures)

= Volonté de De Gaulle :
- pouvoir de dissolution présidentiel
- incompatibilité min / plt
L'encadrement du Parlement
5 séries de mesures (ou leviers de
rationalisation) :
- statut des parlementaires
- organisation des travaux parlementaires
- pouvoir législatif
- pouvoir de contrôle du travail gouvernemental
- pouvoir budgétaire
L'encadrement du Parlement
Résultat : accord sur tout
Le référendum
du 28 septembre 1958
Les formalités subalternes :
→ la consultation du comité consultatif (1er-14
août)
Avis adressé au Président du Conseil :
- accord sur l'avant-projet
- assurances données sur la nouvelle
responsabilité gouvernementale et l'esprit du
référendum
- désaccord sur l'incompatibilité des mandats
- « Communauté » plutôt que « Fédération »
Le référendum
du 28 septembre 1958
Les formalités subalternes :
→ La consultation du Conseil d'Etat
cf. Discours de Michel Debré, 27 août 1958
Avis favorable donné le 3 septembre 1958
Le référendum
du 28 septembre 1958
La formalité décisive :
Consultation du peuple par référendum
Pour ou contre la constitution ?

= question-plébiscite

Cf. Formulation du discours de la Place de la


République, le 4 septembre 1958
Le référendum
du 28 septembre 1958
NON
6 556 073 (17,40 %)

OUI
31 123 483 (82,60 %)
Dont 96 % des Algériens, soit 75 % des 4 412 171
électeurs inscrits
Bonne continuation !