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Le modèle des 3M: pour

aborder la complexité
actuelle de
l’entrepreneuriat
Aujourd’hui, on ne peut plus résumer l’entrepreneuriat uniquement à
l’entrepreneur et encore moins à ses décisions. Aussi, Schmitt (2017) propose de
considérer l’entrepreneuriat autour de trois points:
-L’entrepreneur.
-Les parties prenantes qui se retrouvent au sein de l’écosystème.
-La construction par l’entrepreneur d’un artefact permettant le lien avec les
parties prenantes.
 On parlera du modèle des 3M:
 Moi (l’entrepreneur).
 Mon projet (comme ensemble d’artefacts crées par l’entrepreneur).
 Mon écosystème (pour les parties prenantes du projet).
 Dans une perspective systémique, ces trois points sont envisagés de façon
complémentaire, en interaction et en constante évolution.
Figure. L’organisation de l’entrepreneuriat
autour du modèle des 3M

Moi

Le modèle
des 3M

Mon
Mon projet
écosystème
Moi en tant qu’entrepreneur

 Derrière l’idée du Moi, c’est l’entrepreneur qui est envisagé de façon


originale. Quand on parle d’entrepreneur, on ne saurait se limiter à ses
caractéristiques psychologiques ou à ses compétences qu’on retrouve
habituellement au niveau de l’entrepreneuriat mais, on s’intéresse à l’image
que l’entrepreneur se fait du monde qui l’entoure, c’est-à-dire à son
intentionnalité.
 L’intentionnalité donne du sens aux décisions et à l’action de l’entrepreneur.
 A travers cette intentionnalité, l’entrepreneur a besoin de développer des
artefacts à partager.
 NB/ Artefacts: productions issues de l’image que l’entrepreneur se fait de
son monde comme: un prototype, un produit, un service, une plaquette
commerciale…;
Mon projet: un artefact qui reflète
l’intentionnalité de l’entrepreneur.
Le projet entrepreneurial permet de faire l’interface entre l’interne
(l’entrepreneur) et l’externe (l’écosystème), renvoyant à l’idée de conception.
Le projet entrepreneurial peut être compris comme un artefact favorisant
l’anticipation d’un futur souhaité, par rapport à une situation existante.
 Le projet entrepreneurial en tant qu’artefact agit de deux façons
complémentaires: en favorisant la structuration et la communication.
 En ce qui concerne la structuration, le projet entrepreneurial amène à une
réflexion au niveau du porteur du projet (l’entrepreneur) pour savoir ce qu’il
souhaite faire. L’idée de structuration, renvoie à la notion de conception et
de problématisation, permettant de définir le champ des possibles dans
lequel l’entrepreneur souhaite s’engager: le projet entrepreneurial.
 En ce qui concerne la partie consacrée à la communication, l’entrepreneur va
tester son projet auprès de son écosystème. Cette interaction va engendrer
des informations, des connaissances nouvelles faisant évoluer le projet
entrepreneurial. En effet, cet artefact pourrait bien évoluer au contact de
l’écosystème de l’entrepreneur.
 Le projet peut être envisagé comme un artefact évolutif.
 On passe du dessein au dessin, de la représentation interne à l’expression
externe, renvoyant à ce que Léonard de Vinci appelle le designo.
Mon écosystème: construire un cadre positif
et engageant à partir des parties prenantes

 L’écosystème est construit avant tout par l’entrepreneur, car c’est


essentiellement l’entrepreneur qui va définir les acteurs avec qui il va être en
contact et qui vont faire partie de son écosystème.
 Bien sûr, ce n’est pas gagné d’avance; c’est pourquoi il conviendra de les
rencontrer, d’échanger avec eux et de les faire adhérer au projet
entrepreneurial envisagé.
 L’écosystème se construit donc à partir des personnes qui adhérent au projet
entrepreneurial proposé par l’entrepreneur.
 L’articulation entre l’entrepreneur et son intentionnalité, le projet
entrepreneurial et sa communication auprès des acteurs de l’écosystème
forme ce qu’il est convenu d’appeler « une situation entrepreneuriale ».
Nous sommes dans la globalité de l’entrepreneuriat, c’est-à-dire dans
l’appréhension simultanée de l’entrepreneur, de son intentionnalité, de ses
artefacts, de son écosystème et de l’interaction de ces éléments.
Exemple

 Ali a une passion: le fitness. Il souhaite ouvrir une salle de sport et faire du
coaching. Son intentionnalité autour de l’importance du corps et de son
apparence l’amène à considérer que ce qui est bon pour lui peut l’être pour
les autres. Sa volonté de monter une salle de sport et de faire du coaching
constitue son projet. Il va décliner son projet à destination des acteurs de son
écosystème. Voilà comment se définit la situation entrepreneuriale de Ali.
Exemple

 Hamza et Ahmed, eux, s’intéressent tout particulièrement aux objets


connectés. Ils souhaitent développer un showroom virtuel pour faire connaitre
les produits dans le domaine de la connectivité du quotidien. Le showroom en
question constitue l’artefact de leur projet. Leur passion du numérique
renvoie à une intentionnalité partagée autour de l’idée de mettre en lien les
personnes. Par rapport à cela, ils ont dû construire un écosystème favorable
pour faciliter le développement de leur projet entrepreneurial. Ils ont
rencontrés non seulement des clients potentiels par rapport à leur projet,
mais aussi des fournisseurs pour les convaincre de travailler avec eux, des
financeurs pour les aider dans leur projet. Là est la situation entrepreneuriale
de Hamza et Ahmed.
L’essentiel

 L’entrepreneur, bien que central, est souvent envisagé sous l’angle de ses
traits de personnalité ou de ses prises de décision. Derrière l’entrepreneur, il
y a une intentionnalité qu’il convient de comprendre.
 Le projet est un des artefacts que l’entrepreneur développe. Cet artefact est
le réceptacle de l’intentionnalité de l’entrepreneur et l’élément de
traduction de celle-ci vers son écosystème.
 L’écosystème est le destinataire des artefacts de l’entrepreneur.
l’entrepreneur construit son propre écosystème en faisant adhérer les acteurs
de cet écosystème à son projet entrepreneurial.