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Hydrologie des bassins

versants

Bassin Versant 1
INTRODUCTION A L'HYDROLOGIE DE SURFACE

DEFINITIONS:

• D'une façon très générale, l'hydrologie peut se définir comme l'étude du


cycle de l'eau et l'estimation de ses différents flux.
• L'hydrologie au sens large regroupe :
• • la climatologie, pour la partie aérienne du cycle de l'eau (précipitations,
retour à l'atmosphère, transferts, etc.) ;
• • l'hydrologie de surface au sens strict, pour les écoulements à la surface
des continents ;
• • l'hydrodynamique des milieux non saturés pour les échanges entre les
eaux de surface et les eaux souterraines (infiltration, retour à l'atmosphère à
partir des nappes, etc.) ;
• • l'hydrodynamique souterraine pour les écoulements en milieux saturés.
SCIENCES UTILISEES
• L'étude de la partie "écoulement superficiel"
du cycle de l'eau nécessite quand même de
connaître les autres parties de ce cycle.

• L'hydrologie de surface est une science


appliquée qui fait appel à des connaissances
dans des domaines très divers.
DOMAINES D'APPLICATIONS
Les domaines d'application de l'hydrologie de surface sont également très
variés. Parmi les plus importants et les plus classiques, on notera :

• l'agriculture : irrigation, drainage ;


• l'étude des ressources en eaux : eau potable, eau pour l'industrie ;
• la lutte contre la pollution : étude des débits d'étiage évacuant les effluents
• l'énergie hydraulique ;
• le transport solide (dépôt ou érosion) ;
• les loisirs (plans d'eau) ;
• la sécurité des biens et des personnes : protection contre les crues…
LE CYCLE DE L'EAU
• Le cycle de l'eau, appelé aussi cycle hydrologique, est l'ensemble
des cheminements que peut suivre une particule d'eau. Ces
mouvements, accompagnés de changements d'état, peuvent
s'effectuer dans l'atmosphère, à la surface du sol et dans le sous-
sol. Chaque particule n'effectue qu'une partie de ce cycle et avec
des durées très variables :
• une goutte de pluie peut retourner à l'océan en quelques jours
alors que sous forme de neige, en montagne, elle pourra mettre
des dizaines d'années.
Cycle de l’eau
Cycle hydrologique schématique.
Bassin Versant ou Unité hydrologique
•Définition
Zone géographique où toutes les eaux
s’écoulent vers le point le plus bas et
se rejoignent pour former un cours
d’eau, un lac ou une nappe souterraine.

Le Bassin Versant est donc la surface


drainée par un cours d’eau, dont les
limites correspondent à la ligne de
crête de la zone considérée
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Bassin Versant ou Unité hydrologique

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Bassin Versant ou Unité hydrologique

Cette image composite couvre l'ensemble du bassin


versant du Tensift (capteur Thematic Mapper, satellite
Landsat). La végétation apparaît en vert. En bleu: limite
du bassin versant, en rouge la ville de Marrakech, et
en jaune le bassin versant pilote de Rehraya.

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• La ligne séparant deux bassins versants
adjacents est une ligne de partage des eaux ou
ligne de crête.
• Chaque bassin versant se subdivise en un
certain nombre de bassins élémentaires (parfois
appelés « sous-bassin versant ») correspondant
à la surface d'alimentation des affluents se jetant
dans le cours d'eau principal
• Le Bassin Versant forme une unité
hydrographique cohérente, caractérisée par un
amont et un aval , des crêtes et un fond de
vallée, des relations entre eaux souterraines et
eaux superficielles.

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• Chaque bassin versant se caractérise par
différents paramètres géométriques (surface,
pente), pédologiques (nature et capacité
d'infiltration des sols), urbanistiques (présence
de bâti) mais aussi biologiques (type et
répartition de la couverture végétale). On peut
également y distinguer trois types de continuité :
– une continuité longitudinale, de l'amont vers l'aval
(ruisseaux, rivières, fleuves).
– une continuité latérale, des crêtes vers le fond de la
vallée.
– une continuité verticale, des eaux superficielles vers
les eaux souterraines et inversement.

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• Toutefois, la délimitation topographique
n'est pas toujours suffisante pour
apprécier la sensibilité d’un bassin
versant. En effet, lorsqu'un sol perméable
recouvre un substratum imperméable, la
division des eaux selon la topographie ne
correspond pas toujours à la ligne de
partage effective des eaux souterraines.
Le bassin versant hydrographique est
alors différent du bassin versant délimité
strictement par la topographie. Il est
appelé dans ce cas bassin versant réel.

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Comportement hydrologique
L'analyse du comportement hydrologique d'un
bassin versant (système hydrologique)
s'effectue le plus souvent par le biais de l'étude
de la réaction hydrologique du bassin face à une
sollicitation (la précipitation).

Cette réaction est mesurée par l'observation de


la quantité d'eau qui s'écoule à l'exutoire du
système. La représentation graphique de
l'évolution du débit « Q » en fonction du temps
« t » constitue un hydrogramme de crue.

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35
30
25
20
15
10
5
0
janvier

fevrier

mars

avril

mai

juin

juillet

aout

Bassin Versant
septembre
débit m3/s

octobre

novembre

décembre
débit m3/s

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• La réaction du bassin versant peut
également être représentée par un
limnigramme qui n'est autre que la
représentation de la hauteur d'eau
mesurée en fonction du temps.

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La réaction hydrologique d'un bassin versant à
une sollicitation particulière est caractérisée par
sa vitesse (temps de montée tm, défini comme
le temps qui s'écoule entre l'arrivée de la crue et
le maximum de l'hydrogramme) et son intensité
(débit de pointe Qmax, volume maximum Vmax,
etc.). Ces deux caractéristiques sont fonction du
type et de l'intensité de la précipitation qui le
sollicite mais aussi d'une variable caractérisant
l'état du bassin versant : le temps de
concentration des eaux sur le bassin.

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Hydrogramme

Q (m3/s) Q max

V max

tm t (h)

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Le temps de concentration
Le temps de concentration « tc » des eaux sur un bassin
versant se définit comme le maximum de durée
nécessaire à une goutte d'eau pour parcourir le chemin
hydrologique entre un point du bassin et l'exutoire de ce
dernier.
Il est composé de trois termes différents :
– th : Temps d'humectation. Temps nécessaire à l'imbibition du
sol par l'eau qui tombe avant qu'elle ne ruisselle.
– tr : Temps de ruissellement ou d'écoulement. Temps qui
correspond à la durée d'écoulement de l'eau à la surface ou
dans les premiers horizons de sol jusqu'à un système de
collecte (cours d'eau naturel, collecteur).
– ta : Temps d'acheminement. Temps mis par l'eau pour se
déplacer dans le système de collecte jusqu'à l'exutoire.

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Le temps de concentration tc est donc égal au
la somme de ces trois termes, soit : Tc= (∑(th
+ tr + ta ))

Théoriquement on estime que tc est la durée


comprise entre la fin de la pluie nette et la fin
du ruissellement.

Pratiquement le temps de concentration peut


être déduit de mesures sur le terrain ou
s'estimer à l'aide de formules le plus souvent
empiriques.
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Les caractéristiques géométriques
• La surface
Le bassin versant étant l'aire de réception
des précipitations et d'alimentation des
cours d'eau, les débits vont être en partie
reliés à sa surface.

La surface du bassin versant peut être


mesurée par l'utilisation d'un planimètre
ou, mieux, par des techniques de
digitalisation.

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• La forme
La forme d'un bassin versant influence l'allure
de l'hydrogramme à l'exutoire du bassin versant.
Par exemple, une forme allongée favorise, pour
une même pluie, les faibles débits de pointe de
crue, ceci en raison des temps d'acheminement
de l'eau à l'exutoire plus importants. Ce
phénomène est lié à la notion de temps de
concentration.

En revanche, les bassins en forme d'éventail,


présentant un temps de concentration plus court
et auront les plus forts débits de pointe, comme
le montre la figure suivante :

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Q

Q t

t
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1 – Hydrologie
A quoi ça sert de connaître le BV ?
(1)
 « Imaginer » l’effet d’un orage localisé…

BV ~ 3
km2
BV ~ 50
km2

Débit crue = x 10 à x 20 ! Débit crue = x 2 à x 3


De ~ 30 l/s à 300-500 l/s … de ~ 500 l/s à 1-2 m3/s
Temps : de l’ordre de 10 min Temps : de l’ordre de 1 h
• Le relief
L'influence du relief sur l'écoulement se
conçoit aisément, car de nombreux
paramètres hydrométéorologiques
varient avec l'altitude (précipitations,
températures, etc.) et la morphologie du
bassin. En outre, la pente influe sur la
vitesse d'écoulement.
Le relief se détermine lui aussi au moyen
d'indices ou de caractéristiques, telques
la courbe hypsométrique et l’altitude.
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• La courbe hypsométrique
elle fournit une vue synthétique de la pente du
bassin, donc du relief. Cette courbe représente
la répartition de la surface du bassin versant
en fonction de son altitude. Elle porte en
abscisse la surface (ou le pourcentage de
surface) du bassin qui se trouve au-dessus (ou
au-dessous) de l'altitude représentée en
ordonnée. Elle exprime ainsi la superficie du
bassin ou le pourcentage de superficie, au-
delà d'une certaine altitude.

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1000
Altitude (m)
950

900

850

800

750

700
10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
Surface cumulée en %

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• Les altitudes caractéristiques
a) Les altitudes maximale et minimale:
L'altitude maximale représente le point le
plus élevé du bassin, tandis que l'altitude
minimale considère le point le plus bas,
généralement à l'exutoire.

b) L'altitude moyenne: elle se déduit


directement de la courbe hypsométrique
ou de la lecture d'une carte
topographique.

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Equation du bilan
• P=E+I+Q, ou P= pluie ; E=Evaporation ;
I= Infiltration ; Q= Ruissellement
• Déficit d’écoulement= Partie de la pluie qui
ne s’est pas écoulée D=P – Q = E+I
• E (Evaporation) dépend du couvert
végétal ;
• I (Infiltration) dépend du sol
• Ainsi le déficit d’écoulement dépend du
couvert végétal et du sol
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• Pour chaque BV, on définit la superficie, la
pluviométrie moyenne et l’écoulement
moyen.
Exemples :
• Bassin du Sebou :
– P= 30 109 m3
– Q= 5,6 109 m3
Ainsi le déficit serait de D= (30 – 5,6) 109
= 24,4 109 m3

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•Le déficit peut être rapproché par l’exploitation de la
formule suivante :
•D= P – λP2 ou λ exprime le coefficient caractérisant le
Bassin Versant, avec
1
λ=
0,8 + 0,14P (m)

•Exemple d’Oued Lben : S= 363km2 et P= 487mm


Avec P= 487mm = 0,487m ; λ = 1,1518
D’où D= 0,2138m
Ainsi Q= P – D = 487 – 213,8 = 273,2 mm
Pour une surface de S= 363km2, le débit d’écoulement
serait de
Q= 0,2732 (m) x 363 106 (m2)= 99,16 Mm3/an

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1 – Hydrologie
A quoi ça sert de connaître le BV ?
(2)
 Connaître le débit Q2 au point 2 à partir
de sa connaissance en un autre point 1
« proche » (en période de débit « stabilisé »)

Si Q1 = 730 l/s
et BV1 = 22 km2,
Et si on connaît
BV2 = 10 km2
Alors :
Q2 ~ = 730 x 10/22 = 330
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Lorsque l'on s'intéresse au ruissellement, la délimitation du
bassin versant doit aussi tenir compte des barrières artificielles
(routes, chemins de fer, etc.). En effet, l'hydrologie du bassin
versant, et notamment la surface drainée, peuvent être
modifiées par la présence d'apports latéraux artificiels (réseaux
d'eaux usées ou potables, drainages, routes, pompages ou
dérivations artificielles modifiant le bilan hydrologique).

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Bassin Versant ou Unité hydrologique

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Bassin Versant ou Unité hydrologique

Cette image composite couvre l'ensemble du bassin


versant du Tensift (capteur Thematic Mapper, satellite
Landsat). La végétation apparaît en vert. En bleu: limite
du bassin versant, en rouge la ville de Marrakech, et
en jaune le bassin versant pilote de Rehraya.

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Les caractéristiques géométriques
• La surface
Le bassin versant étant l'aire de réception
des précipitations et d'alimentation des
cours d'eau, les débits vont être en partie
reliés à sa surface.

La surface du bassin versant peut être


mesurée par l'utilisation d'un planimètre
ou, mieux, par des techniques de
digitalisation.

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La source

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Equation du bilan
• P=E+I+Q, ou P= pluie ; E=Evaporation ;
I= Infiltration ; Q= Ruissellement
• Déficit d’écoulement= Partie de la pluie qui
ne s’est pas écoulée D=P – Q = E+I
• E (Evaporation) dépend du couvert
végétal ;
• I (Infiltration) dépend du sol
• Ainsi le déficit d’écoulement dépend du
couvert végétal et du sol
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