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4 chapitre: ANALYSE DES


ème

AVERSES ET DE LEURS INTENSITES :


COURBES “ INTENSITE- DUREE -
FREQUENCE ”
Hydrologie 1
Averses
Une averse peut être définie comme un épisode pluvieux continu. Deux averses sont
considérées comme distinctes si la précipitation tombant durant l’intervalle de temps qui les
sépare est inférieure à un certain seuil et si cet intervalle est lui-même supérieur à une certaine
valeur définie compte tenu du type de problème étudié.

En représentant les averses sous forme d’histogrammes des intensités de pluie en fonction du
temps, la question de la séparation des averses se résume comme suit

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La notion d’averse est très importante en hydrologie agricole et urbaine dans la mesure où le
dimensionnement rationnel des ouvrages d’assainissement nécessite leur connaissance en général
et celle des relations liant l’intensité maximum d’une pluie à sa durée en particulier.

L’Ingénieur doit connaître les averses types caractérisées par leur durée et leur probabilité. Il
choisira l’averse de projet en fonction d’un calcul actuariel lié au risque acceptable par la
dégradation de l’ouvrage qu’il construit. En hydraulique agricole, on dimensionnera un pont
sur base d’un risque décennal, par contre, les grands barrages seront dimensionnés sur base
millénaire voire déca millénaire (exemple : Barrage Sidi Salem T= 104 ans).

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Intensité des Averses
L’intensité moyenne d’une averse de durée t est définie comme le rapport de la hauteur de pluie
observée à la durée t de l’averse.

Exemple1
La hauteur de pluie enregistrée de l’averse d’une durée de 30min est de 60 mm. Quelle est
l’intensité moyenne de cette averse

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Application 1

On a enregistré à une station pluviométrique située dans un bassin versant, la répartition


pluviométrique suivante

Temps Intensité (mm/h)

0h à 1h 2

1h à 2h 4

2h à 3h30 15,5

3h30 à 5h 4,5

5h à 6h 2

6h à 7h 2 5
Plutôt que de considérer l’averse entière et son intensité moyenne, on peut s’intéresser
aux intensités observées sur des intervalles de temps t au cours desquels on aura enregistré la plus
grande hauteur de pluie ; le rapport de cette hauteur h à la durée t considérée est l’intensité
maximum de durée t de l’averse :

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Sur un graphique de pluie cumulée en fonction du temps, l’intensité de la pluie est
donnée par la pente de la courbe en tout point. L’intensité maximum se lit à l’endroit où la
pente est maximum

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ENREGISTREMENT DES AVERSES

L’enregistrement des pluies en général, et des averses en particulier, se fait au moyen


de pluviographes (enregistrement mécano-graphique) ou de pluviomètres à compteur
d’impulsions (enregistrement sur cassette, listage, etc.).
Dans le cas d’enregistrement digital (compteur d’impulsions par exemple), il est
intéressant que le pas de temps d’acquisition de l’information soit court (5, 10 ou 15 minutes
dans les problèmes d’hydrologie urbaine ; 10, 15, 30 minutes ou plus pour les petits bassins
versants ruraux).

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L’analyse de l’enregistrement nous permet de tirer les renseignements suivants :

- début de la pluie : 21h00 le 31 . 10 . 1977


- fin de la pluie : 05h20 le 01 . 11 . 1977
- durée de la pluie : 08h20 = 500 min
- hauteur totale de la pluie : 9 . 8 + 9 . 5 + 1 . 8 = 21 . 1 mm

Il est naturellement possible de calculer l’intensité moyenne de cette pluie (im = 21 / 500 = 0.042
mm/ min). Cependant cette valeur n’a pas grand intérêt en ce sens que la pluie est interrompue
durant 1 heure (de 22 à 23 h.) le 31.10 et durant plus de 20 min. (dès 04h 10) le 1 . 11 . 1977 . Il y
a en fait plusieurs averses distinctes, dont une seule mérite l’analyse. Les deux petites averses
(21h à 22 h et 4h00 à 5h10) ne présentent pas un intérêt suffisant en raison de la faible hauteur
précipitée (respectivement 0.5 et 0 . 9mm) et d’une intensité peu importante.

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Notion de temps de retour

Les projets d'aménagements hydrauliques ou hydrologiques sont souvent définis par rapport à
une averse type associée aux fréquences probables d'apparition.
Lorsque l'on étudie des grandeurs comme les précipitations (caractérisées à la fois par leur
hauteur et leur durée) ou les débits de crue d'un point de vue statistique, on cherche donc et, en
règle générale, à déterminer par exemple la probabilité pour qu'une intensité i ne soit pas atteinte
ou dépassée (i.e. soit inférieure ou égale à une valeur xi).
On nomme cette probabilité fréquence de non-dépassement ou probabilité de non-dépassement.
On définit alors le temps de retour T d'un événement comme étant l'inverse de la fréquence
d'apparition de l'événement. Ainsi, l'intensité d'une pluie de temps de retour T est l'intensité qui
sera dépassé en moyenne toutes les T années.

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T = 1 an : Averse annuelle càd elle revient au moyenne 1 fois par ans.

T = 10 ans : Averse décennale càd elle revient au moyenne 1 fois par 10 ans.

T = 20 ans : Averse vingtennale càd elle revient au moyenne 1 fois par 20 ans.

T = 50 ans : Averse cinquantenale càd elle revient au moyenne 1 fois par 50 ans.

T = 100 ans : Averse centennale càd elle revient au moyenne 1 fois par 100 ans.

On adopte généralement les périodes de retour suivantes:

• Pour le dimensionnement d’un pont T = 100 ans

• Pour le dimensionnement des ouvrages hydrauliques d’une route :

 T = 50 ans si la surface du BV >25 km²

 T = 20 ans si surface du BV < 25 km²

 T = 10 ans pour le dimensionnement des faussées

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Calcul des intensités maximum

Prenons les différentes durées de référence suivantes : 6; 12; 20; 30; 60; 90 et 120 min
et cherchons pour chacune d’elles l’apport pluviométrique maximum. Les résultats sont les
suivants

On constate que plus la durée de l’intervalle de référence croit, plus l’intensité diminue

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Relations “ Durée - Intensité - Fréquence ” des averses
En procédant à l’analyse systématique de toutes les averses (ou de celles supérieures à
un certain seuil) survenues au cours d’une période de plusieurs années à une station, il est
possible de dresser un tableau donnant les intensités observées en fonction de la durée de
référence t et de la période de retour T. Le tableau donne les résultats obtenus pour la région de
Sousse (Tunisie).

Relations “ durée - intensité - période de retour ” des averses de Sousse

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Ces résultats figurent souvent sous la forme de courbes donnant i = f(T) pour différentes durées

de référence ou encore i = f (t) pour différentes périodes de retour T.

Elles permettent d'une part de synthétiser l'information pluviométrique au droit d'une station

donnée et, d'autre part de calculer succinctement des débits de projet et d'estimer des débits de

crue ainsi que de déterminer des pluies de projet utilisées en modélisation hydrologique.

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Ces résultats peuvent également être mis sous la forme de relations qui prennent
généralement l’une des formes suivantes :

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Coefficient de ruissellement

Pour caractériser la capacité d'un bassin versant à ruisseler un indice est très souvent utilisé en
hydrologie de surface : le coefficient de ruissellement (Cr). Son calcul et son emploi sont simples.
Cr = Volume ruisselé / volume total de pluie
Cr <1
• Le coefficient de ruissellement dépend de:
 L’infiltration qui varie avec la nature du sol.
 L’évaporation en fonction du climat et les saisons.
 La végétation.

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En zone rurale:

Pente Indice de végétation Coefficient de ruissellement


Plus de 50% de la surface du 0,3
BV est couverte de végétation
Pente faible (Bassin de plaine) De 30 à 50% couverte de 0,4
végétation
<30% couverte de végétation 0,4
> 50% de la surface de BV 0,4
couverte de végétation
Pente forte (Bassin de De 30 à 50% couverte de 0,5
montagne) végétation
<30% couverte de végétation 0,6

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En zone urbaine:

Cr = surface imperméable / surface totale

• Pour les zones d’habitation très dense Cr = 0,9

• Pour les zones d’habitation dense 0,6 < Cr < 0,7

• Pour les zones d’habitation moins denses 0,3 < Cr < 0,5

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Temps de concentration

Le temps de concentration tc des eaux sur un bassin versant se définit comme le maximum de durée
nécessaire à une goutte d'eau pour parcourir le chemin hydrologique entre un point du bassin et l'exutoire de
ce dernier.
Il est composé de trois termes différents :
•th : Temps d'humectation. Temps nécessaire à l'imbibition du sol par l'eau qui tombe avant qu'elle ne
ruisselle.
•tr : Temps de ruissellement ou d'écoulement. Temps qui correspond à la durée d'écoulement de l'eau à la
surface ou dans les premiers horizons de sol jusqu'à un système de collecte (cours d'eau naturel, collecteur).
•ta : Temps d'acheminement. Temps mis par l'eau pour se déplacer dans le système de collecte jusqu'à
l'exutoire.
Le temps de concentration tc est donc égal au maximum de la somme de ces trois termes, soit :

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Pratiquement le temps de concentration peut être déduit de mesures sur le terrain
ou s'estimer à l'aide de formules le plus souvent empiriques.

Soit:
I : la pente du talweg principal en m/m
L : longueur du talweg principal en Km
H : Dénivelé entre les extrémités du talweg
A: la surface du bassin versant en Km²

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* Formule de Ventura :

Tc = 7,62 (A / I) ½ (min)

* Formule de Passini :

Tc = 6,48 (AL)1/3/(I)1/2 (min)

* Formule de Kripichi :
Tc = L1,155/60 H0,385 (min)

Généralement on calcule le temps de concentration par la formule de Ventura ou


Kripichi pour les bassins versants de surface <25 km² et on utilise la formule de
Passini pour les bassins de surface > 25 km²

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Application 2
Le dépouillement et l’analyse des intensités moyennes maximales de la station pluviographique
installée au centre du sous bassin versant di l’oued EL MORRA de superficie A = 100 km² et de
périmètre P = 40,7 Km, a permis d’établir ce tableau:

t en h 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
T (ans)
10 48 26 17,5 14 11,8 10 8,9 8 6 5,5
20 55 30 20,5 16,5 13,5 11,8 10,2 9 7,6 7
50 66 36 25,5 19 17 14,9 12,9 11,5 9,5 9
100 75 42 30 24 20 17 14,9 13 12 11

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Calcul du débit

Les principales méthodes d’évaluation des débits sont:

• La méthode rationnelle (en zone rurale)

• La méthode superficielle de caquot (en zone urbaine)

Aux quelles s’ajoutent de nombreuses méthodes (formule de Kallel, Ghorbel, Franco-rodier,…)

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Méthode rationnelle

La méthode rationnelle permet de déterminer à l’aide d’une formulation simple les débits de
pointe à l’exutoire d’un bassin versant, basés sur l’utilisation du temps de concentration tc.
C’est une formulation ancienne, qui laisse de plus en plus la place à la Méthode superficielle ou
méthode de Caquot, introduite par la directive de 1977. Elle reste néanmoins utilisée dans de
nombreuses études.
Théoriquement la méthode rationnelle surestime les débits à évacuer dans la mesure où elle
n'intègre en rien d'effet dynamique du réseau et notamment les effets de stockage.
Par ailleurs, cette méthode est incapable de prendre en compte toute complexité structurelle du
réseau (notamment l'existence d'ouvrages spéciaux) et toute complexité fonctionnelle du réseau
(mise en charge, influence aval)
• Conditions de validité
La méthode rationnelle ne doit s’utiliser que lorsque les conditions suivantes sont réunies :
 L’intensité de la pluie uniforme dans le temps et dans l’espace
 Le débit de pointe Qp est considéré comme une fraction du débit précipité
 L’intervalle de récurrence du débit de pointe Qp est le même que celui de la pluie incidente
 Le coefficient de ruissellement C est supposé invariable d’une averse à l’autre

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Q = Cr . A . i . Ka / 3,6
• Q : le débit de crue en m3/s
• A : la superficie du BV en km²
• Cr : le coefficient de ruissellement
• i : l’intensité de pluie (en mm/h)
• Ka : coefficient d’abattement

A (Km²) < 25 25 à 50 50 à 100 100 à 150 150 à 250


Ka 1 0,95 0,9 0,85 0,8

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Application 3

Calculer en utilisant la méthode rationnelle le débit traversant le bassin versant non urbanisé qui a

caractéristiques suivantes:

• Surface A = 50 ha

• Pente = 0,3%

• Coefficient de ruissellement Cr = 0,4

• i (t) = 827,4 t-0,85

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Méthode superficielle de Caquot
C’est la méthode la plus utilisée pour l’estimation des apports pluviaux des bassins versant
urbanisés.

Q = m . K1/u . Cr1/u . Iv/u . Aw/u

Avec:
 Q : débit de crue en m3/s.
 I : pente moyenne du bassin en m/m
 Cr : coefficient du ruissellement
 A : superficie du bassin en hectares
 m : coefficient correcteur m =[M/2]-0,84b/u
 M : allongement du bassin versant = L/ 𝐴
 Les coefficients k, u, v et w sont en fonction des paramètres d’ajustement a et b :
o K = a’ . 0,5b/6,6 avec a’ = a/60
o u = 1+0,287 b
o v = -0,41 b
o w = 0,95+0,507 b

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Limites de validité de cette formule

 Superficie A<200 ha
 Pente 0,2% < I < 5%
 Coefficient de ruissellement 0,2 < Cr < 1
 Allongement du bassin versant M > 0,8

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Application 4

Calculer le débit traversant le bassin versant urbanisé qui a caractéristiques suivantes:

• Surface A = 20 ha

• Longueur du plus long cheminement hydraulique L = 900 m.

• Pente du bassin versant 0,22%

• Densité : d = 50 logements/ hectar

• Surface urbanisée par logement = 100 m²/logement

• Surface des voies 13% de la surface totale

• a = 420 et b = -0,7

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Méthode de Franco-Rodier
Les auteurs ont classé plusieurs centaines de crues dans le monde dans un diagramme
LogQ=f[Log (S)]. Ils ont constaté que dans les régions relativement homogènes, les points étaient
plus au moins alignés. Ils ont déduit une formule générale de la forme :

𝑲
𝑺 (𝟏−𝟏𝟎)
Q = Q0
𝑺𝟎
Avec:
 Q : débit de crue en m3/s.
 S : superficie du bassin en Km²
 Q0 et S0 : constantes qui, avec les unités ci-dessus valent Q0=106 et S0=108
 K : coefficient de Franco-Radier, il dépend du bassin versant et de la fréquence de la crue
considérée.

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La valeur du paramètre k varie selon la région d'étude. Dans le cas français par exemple, on a

trouvé k = 2 pour la Seine à Paris et k = 3.5 pour le Rhin et le Rhône.

Dans le cas marocain (EMI, 1999), suite à une analyse sur plusieurs bassins, on a abouti à cette

version de la formule de Francou-Rodier : Q = 106 (A / 108 )l-k/10, où k varie cette fois

entre 4 et 5.

Cette formule consiste à réaliser le transfert d’un paramètre régional estimé pour un bassin jaugé,

au bassin concerné pour la détermination du débit de projet.

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Application 5

• Calculer le débit traversant le bassin versant de superficie 175 km², on prend coefficient de

Franco-Rodier = 4,5.

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Méthode de Ghorbel
Ghorbel (1984) a élaboré des formules régionales donnant les rapports RT,Q = QT/Qmax , où QT
représente le débit de pointe de période de retour T et Qm est la moyenne des débits maximums
annuels. Des équations de régression liant les valeurs de RT,Q à la période de retour T ont donc été
établies pour les trois zones suivantes:
• Zone I: l’Ichkeul, l’extrême nord et les affluents rive gauche de la Medjerdah
• Zone II: le Miliane, le Merguellil(), la Medjerdah et ses affluents rive droite, le Cap-Bon et le
Zéroud à Khanguet zazi
• Zone III: le Miliane, le Merguellil, la branche nord du Zéroud
Voici les expressions de rapport RT,Q en fonction de T pour chaque zone :
• Zone I : RT,Q = 1,33 log T + 0,46
• Zone II : RT,Q = 1,07 T0,4 – 0,71
• Zone III : RT,Q = 1,47 T0,4 – 1,35

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0,8 (𝑃∗∆𝐻)/𝐿
𝑄𝑚 = 𝐴 1,075 ∗ − 0,232
𝐼𝑐

Avec:

A : superficie du bassin versant en Km²

P : pluviométrie moyenne sur le bassin en m

∆𝐻 : différence entre altitude de la médiane et l’altitude de l’exutoire en m

L : longueur de l’oued en Km

Ic : indice de compacité

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Méthode de Kallel

0 ,4
Q = 5,5 𝑆 𝑇

Avec:
S : superficie du bassin en km²
T : période de retour

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