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Cours de THERMIQUE

par

Mohamed Chaker ZAGHDOUDI

CONDUCTION THERMIQUE

Séances N°4 & 5

1
SOMMAIRE
 Conduction unidirectionnelle instationnaire
 Milieu à température uniforme
 Milieu semi-infini (température imposée ou
coefficient d’échange imposé)
 Milieu infini
 Conduction multidirectionnelle stationnaire et
instationnaire
2
1

Conduction unidirectionnelle
instationnaire

3
MILIEU A TEMPERATURE
UNIFORME
On va étudier le transfert de chaleur vers un milieu à
température uniforme , ce qui est à priori contradictoire car il
est nécessaire qu’il y ait un gradient thermique pour qu’il se
produise un transfert de chaleur. Cette approximation du
milieu à température uniforme peut néanmoins être justifiée
dans certains cas que l’on va préciser.

Considérons par exemple la trempe d’une bille métallique


qui consiste à immerger une bille initialement à la
température Ti dans un bain à température To maintenue
constante. Si l’on suppose que la température à
l’intérieure de la bille est uniforme, ce qui sera d’autant
plus vrai que sa dimension est petite et sa conductivité
thermique est élevée, on peut écrire le bilan thermique de
cette bille entre deux instants t et t+dt
4
 h S T(t) - To   c V dT
dt

Soit dT  - h S
T(t)To  cV
d’où
 exp  hS t 
T(t) - To
Ti - To   cV 

On remarque que le groupement


 cV
hS
est homogène à un temps, on l’appellera  la constante
de temps du système 5
(T - To)/(Ti – To)
T To  exp - Bi Fo
Ti - To

Bi < 0,1
0,37
t


Bi  nombre de Biot  Résistance conductive   S  h
Résistance convective 1 
hS

 Longueur caractéristique (= V/S)


Pénétration de la
Fo  nombre de Fourier  a 2t chaleur en régime
 variable 6
MILIEU SEMI-INFINI

Le milieu semi-infini est une paroi d’épaisseur


suffisamment grande pour que la perturbation
appliquée sur une face ne soit pas ressentie par
l’autre face.
Un tel système représente l’évolution d’un mur
d’épaisseur finie pendant un temps suffisamment
court pour que la perturbation sur une face n’ait
pas atteint l’autre face .

7
EQUATION DE LA CHALEUR EN
REGIME TRANSITOIRE

p 1 T
T   0
 a t
Nous nous limiterons dans ce qui suit à la résolution
des problèmes à deux variables: une variable spatiale
x, et le temps t. (pas de sources internes)

 2T = 1  T Equation
2 a  t
 x de Poisson

8
TECHNIQUES DE RESOLUTION

 Transformations intégrales de Laplace sur le


temps et inversion par les tables

 Décomposition en produits de fonctions et


recherche d’une solution de même fréquence que
l’excitation (méthode de séparation de variables)

9
1ère TECHNIQUE DE RESOLUTION :
Transformée de Laplace
  pt

T (x,p)  e T(x,t) dt
0
L’application de cette transformation à l’équation
unidimensionnelle de la chaleur donne:
 - pt  2T  - pt  T
0
e ( 2 ) dt -
 x
1
a 0
e ( 
 t
)dt = 0
En utilisant la propriété de différentiation sous le signe
somme pour la première intégrale, et en intégrant la
seconde par parties, on obtient la relation:

d 2 e- pt T(x,t) dt - 1 
dx2 0 a 

T(x, t) e 
- pt t 
t 0
+ p 
 - pt
0
e T(x, t) dt

= 0

10
c’est-à-dire, du fait de la définition même de la
transformée de Laplace:

d 2 ( T ) - 1 0 - T(x,0)- p T = 0
dx2 a a

En notant T0 la répartition initiale des températures


T(x, 0), l’équation transformée s’écrit en définitive:

d 2 ( T ) - p T = T0
dx2 a a

On voit alors tout l’intérêt de la transformation de Laplace


qui nous a conduit à une simple équation différentielle du
second ordre

11
L’équation sans second membre admet comme solution:

2 p
T (x, p) = A exp (-kx)+ B exp (kx) k =
a
Une solution particulière de l’équation différentielle
avec second membre est:

T = -1 T0
p
de sorte que la solution générale de l’équation de la
chaleur transformée s’écrit:

T
T (x, p) = A exp (-kx)+ B exp (kx) - 0
p
12
Il ne reste alors plus qu’à remonter à la distribution de
température recherchée T(x, t) à partir de la solution
transformée précédente.

T(t) T(p)
1 1/p
a T1 (t) + b T2 (t) a T1(p) + b T2(p)
 T(t) p T (p) - T(0)
 t
 x  e-kx , k 2  p
erfc  
 2 at  p a

-x2
  e-kx
2 at e 4at - x erfc x  kp
  2 at 
13
MUR SEMI-INFINI SOUSMIS A UNE
TEMPERATURE IMPOSEE

On appelle mur semi-infini le milieu défini par le


demi-espace. Un exemple simple est celui d’un
sol plan dont la surface peut être soumise à
diverses conditions.

Soit un tel mur semi-infini, initialement à une


température uniforme T0 dans l’ensemble de sa
masse.

On suppose que l’on porte brusquement sa


surface à une température constante T1
14
Le système à résoudre pour calculer l’évolution
des températures T(x, t) dans le mur s’écrit:

 2T - 1  T = 0
 x2 a  t

T ( 0, t ) = T1

15
T ( x,0 ) = T0
Si on introduit la nouvelle variable T* (x, t) définie par
le changement d’origine des températures suivant:

T* (x, t) = T (x, t) - T0

Le système à résoudre s’écrit alors:


 2T* - 1  T* = 0
 x2 a  t

T* ( 0, t ) = T1 - T0 , température imposée à la surface du mur

T* ( x,0 ) = 0 , distribution de température initiale à travers le mur

on a finalement à résoudre le système d’équations suivant :


d 2T * - p T * = 0
dx2 a

T * (0, p) = T1 - T0 16
p
d’où l’expression de la solution transformée:

exp -kx
T *(x, p) = T1 - T0 
p

La solution recherchée dans l’espace temps a pour


expression:

 x 
 
T*(x,t)= T1 - T0 erfc 
 2 at 
La fonction erfc(u) est la fonction
d’erreur complémentaire, définie à
T(x,t) - T0 partir de la fonction d’erreur erf (u)
= erfc ( u )
T1 T0 par la relation:
erfc (u) = 1 - erf (u)
en posant: u = x
2 at
erf (u) = 2

u
0  
exp -  2 d
17
Evolution de la température

1,00

0,80
(T(u,t) - T0)/(T1 - T0)

0,60

0,40

0,20

0,00
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
u

18
APPLICATION
A quelle profondeur doit-on enterrer une canalisation
d’eau pour qu’une brusque baisse de température à -
15 °C n’entraîne pas le gel de cette canalisation au
bout de 15 jours ?

Hypothèses:
- le sol est à une température initiale uniforme et
égale à 5°C, sa diffusivité thermique a vaut 2,8. 10-7
m2.s-1;
- la température en surface du sol chute
brusquement à -15°C et se maintient à cette valeur
pendant 15 jours.

19
La solution de ce problème de mur semi-infini est
donnée par l’équation

T(x,t) - T0 u= x
= erfc ( u )
T1 T0 2 at
Le gel de la conduite se produira à la profondeur x
et au temps t, lorsque se réalise la condition :
T(x, t) = 0
-T
Condition satisfaite lorsque: erfc (u) = 1 - erf (u) = T10T0 = --20
5 = 0,25

erf (u) = 1 - 0,25  0,75 u = 0,81

x = 0,81 . 2 2,8 . 10-7= . 1,296 . 106 = 1,62 0,3628 = 0,98 m


Enterrée à 1 m de profondeur, la conduite d’eau mettra 15
jours pour se refroidir de +5°C à 0°C, lorsque la surface du
20
sol passe brutalement de +5°C à -15°C.
MUR SEMI-INFINI SOUSMIS A UN
COEFFICIENT D’ECHANGE IMPOSE


T x,0  T0
2T  1 T 
T , t   T0
x2 a t 
-  T 0, t   h T 0, t  - T
 x 21
1 Fo Bi

T x,t  - T  x   h x a h2t   
 erfc   exp -  2  erfc x - h at 
T0 - T  2 at       2 at  

22
2ème TECHNIQUE DE RESOLUTION :
Séparation de variables
On cherche s’il existe une solution particulière, à
variables séparées x et t, de la forme :

T(x, t) = X(x) . Y(t)

satisfaisant à l’équation de la chaleur:

 2T = 1  T
 x2 a  t
à laquelle on adjoint des conditions aux limites spatio-
temporelles spécifiques de chaque problème physique
particulier étudié.
23
X''(x) Y(t) - 1 X(x)Y'(t) = 0
a
X''(x) 1 Y'(t)
=
X(x) a Y(t)

Le premier membre de l’équation ne dépend pas de t.


Le second membre ne dépend pas de x. L’égalité des
deux membres devant être vérifiée pour toutes les
valeurs de x et de t, ceci n’est possible que si chaque
membre est égal à une constante.

X''(x)
=
X(x)
Y'(t)
=
a Y(t)
24
Le choix de la constante  dépend du processus
thermique étudié. Remarquons que l’intégration par
rapport au temps conduisant à:

Y(t) = R exp a  t
la constante  ne peut être que négative, afin que la
température T(x, t) ne tende pas vers l’infini pour des
temps croissants.

En posant  = - k2, on obtiendra: Y(t) = R exp (- a k2 t)

25
On peut encore imposer:
a X''(x)
=
X(x)
Y'(t)
=
Y(t)

L’intégration par rapport au temps conduira cette fois à:


Y(t) = R exp (  t)
et en choisissant comme constante  un nombre
imaginaire  = i , on sera conduit à une solution adaptée
à la description de phénomènes périodiques en fonction
du temps, puisque Y(t) s’écrira alors:
Y(t) = R exp (i  t) = R ( cos  t + i sin  t )
Selon la nature du problème physique, on retiendra la
partie réelle ou imaginaire de la solution complexe
26
obtenue.
MUR SEMI-INFINI EN REGIME
SINUSOIDAL
Les problèmes de conduction de la chaleur dans les solides
dont la température subit des variations périodiques,
interviennent dans de nombreux cas tels que les suivants:
• Chauffage des locaux, en tenant compte des apports
calorifiques dus à l’ensoleillement.
• • Calcul des champs de températures dans les moteurs à
combustion interne, déterminés par la nature périodique du flux
thermique.
• • Contrôle automatique des températures.
Nous allons étudier le cas simple du mur semi-infini soumis à
une variation sinusoïdale de la température de sa face
d’abscisse x = 0.
27
 2T - 1 T = 0
 x2 a  t
T(0, t)= To cos  t
T( , t)  0

La température de la face x = 0 du mur oscillant


sinusoïdalement avec une pulsation , on va rechercher
une solution de forme également sinusoïdale, avec la
même pulsation . 28
a X''(x)
=
X(x)
=i
Y'(t)
=
Y(t)


X''(x) - X(x)= 0
a
     

X(x)= A exp  - 
x  + B exp  x 
 a   a 

Y(t) = C exp ( t )

      
T(x,t) =  A exp  - x  + B exp x  C exp ( t)
 a   a 

où A, B et C sont 3 constantes d’intégration.


29
Pour que la solution reste finie lorsque x   , il
faut nécessairement que B = 0.

Sur la paroi x = 0, on doit avoir:


T(0, t)= A C exp ( i  t ) = T0 ( cos  t + i sin  t)

En remarquant que:
1
 2 = i   2 =
1
 2 
1
2( 1+ i )

La solution complexe peut s’écrire:


T (x,t)= T0 exp -  
(1+i) x exp (i t)
 2a 

La fluctuation de température recherchée est la partie


réelle de la solution complexe ci-dessus, soit donc:

T(x,t)= T0 exp -  x cos  t -  x


 2a   2a  30
APPLICATION
On suppose que les variations quotidiennes de
température à la surface du sol sont sinusoïdales. A quelle
profondeur doit-on pénétrer dans le sol pour que
l’amplitude de la fluctuation de température à cette
profondeur, ne soit plus que le 1/100ème de l’amplitude en
surface, sur une période de 24 heures ?
La solution précédente montre que l’amplitude des
fluctuations à la profondeur x = L, a pour valeur:
  
 (x = L) =  0 exp  - L
 2a 

La profondeur L recherchée sera donc donnée par la


condition: exp -  L = 0,01  L = Ln 100 = 4,605
 2a  2a
31
L = 4,605

2a
La période de la fluctuation étant: T = 24 h = 86.400
s, on en déduit la pulsation:

=2/T=
0,00007272
La diffusivité thermique du sol a déjà été indiquée lors
d’un exemple précédent, et a pour valeur

a = 2,8. 10-7 m2.s-1

Il en résulte finalement que la profondeur L cherchée


a pour valeur:
L= 4,605 = 4,605 = 0, 40 m
7,272 . 10-5 129,85
32
2. 2,8 . 10-7
MILIEU INFINI

C’est un milieu d’épaisseur fini et de dimensions


latérales suffisamment grandes pour que l’on
puisse considérer que le transfert de chaleur est
unidirectionnel

33
TECHNIQUES DE RESOLUTION
 Transformations intégrales de Laplace sur le
temps, développement en série et inversion terme à
terme par les tables.
(voir exemples présentés dans le support de cours).
 Décomposition en produits de fonctions et
superposition des solutions.
(voir exemples présentés dans le support de cours).
 Utilisation d’une transformée intégrale adaptée
au problème (autre que celle de Laplace).
(voir exemples présentés dans le support de cours).
 Utilisation de la méthode des quadripôles
34
2

Conduction multidirectionnelle
stationnaire et instationnaire

35
CONDUCTION
MULTIDIRECTIONNELLE
STATIONNAIRE

 Méthode du coefficient de forme

 Méthodes analytiques

 Méthodes analogiques

 Méthodes numériques

36
Méthode du coefficient de forme
Dans les systèmes bi- ou tridimensionnels où
n’interviennent que deux températures limites T1 et T2,
on montre que le flux de chaleur peut se mettre sous
la forme :
   F T1 - T2
 est la conductivité thermique du milieu séparant
les surfaces S1 et S2

Le coefficient de forme ne dépend que de la forme,


des dimensions et de la position relative des deux
surfaces S1 et S2.
37
38
Méthodes numériques
Exemple 1 : transfert de chaleur dans une plaque de métal

On crée un transfert de chaleur


dans une plaque de métal, en
imposant une température de
0°C le long de ses côtés AB et
AD, et une température de
100°C en son coin C
La distribution de température T(x, y) dans la plaque
est stationnaire. Elle est solution de l'équation de
Laplace:
T0
39
1. Discrétisation du Laplacien

En partant de l'approximation centrée des


dérivées secondes
T''(x, y = cte) et T''(x = cte, y)
on obtient l'approximation suivante pour la
température T(x,y), en résolvant T = 0

40
2. Maillage

41
3. Visualisation des isothermes calculées

42
Exemple 2 : Four de traitement thermique

A titre d’exemple, nous allons étudier la répartition des


températures dans l’enveloppe d’un four présentant, en
régime permanent, les caractéristiques de fonctionnement
suivantes:
· la température de la paroi interne S1 est à une
température uniforme TP1 = 1150 °C
· la paroi latérale externe S2 est à une température
uniforme TP2 = 50 °C
· le flux de fuite à travers les sections droite est
négligeable

43
1. Maillage

Nombre de milieux : 2
Nombre de frontières : 2
Nombre de nœuds-
frontière:48
Nombre de nœuds:
112
Nombre d’éléments finis: 176

44
2. Visualisation des isothermes calculées

45
Exemple 3 : Problème de l’iglot
 Un demi-hémisphère en glace de 50 cm d'épaisseur,
et de diamètre intérieur 1,80 m, est posé sur la
banquise.
 L'air extérieur et la banquise sont à -20°C
 2 esquimaux dégagent dans l'igloo de la chaleur,
avec une puissance de 300 W, soit 25 W/m3
 Quelle est la température dans l'igloo?

46
1. Principe de la résolution

47
2. Constantes physiques

 Conductivité thermique de la glace:


 = 0,15 W/(m.°C)
 Conductivité thermique de l'air dans l'igloo:
 = 100 W/(m.°C)
 Coefficient d'échange des parois intérieures
et du sol: h = 6 W/(m2.°C)
 Coefficient d'échange des parois
extérieures: h = 15 W/(m2.°C)

48
3. Maillage utilisé pour la résolution
en éléments finis

49
4. Discrétisation 2D axisymétrique

 Nombre de milieux: 3
 Nombre d'éléments finis: 611
 Nombre de noeuds: 372
 Nombre de noeuds frontière: 59

50
4. Carte des températures calculées

51

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