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Accord entre le Gouvernement de la

République française et le Gouvernement de la


République du Sénégal sur la promotion et la
protection réciproques des investissements
Signé à Dakar le 26 juillet 2007
(entré en vigueur le 30 mai 2010 )

Elaborée par : Encadrée par :


Yassine ZGHIBI M. BENMAKHLOUF
Hamza BELHAJ
Rappel : Accord sur la promotion et la protection réciproques des
investissements
● Définition :
- Les A.P.P.R.I constituent l’un des axes fondamentaux de la politique des pouvoirs
publics en faveur de l’investissement à l’étranger, notamment dans les pays émergents
et en développement.
- En assurant aux investisseurs un environnement juridique stable et favorable, assorti
de la possibilité de recourir à des mécanismes d’arbitrage investisseur-État, ces
accords permettent de réduire les facteurs d’incertitude politique et juridique qui
viennent souvent compliquer les projets des opérations désireux de s’implanter sur des
marchés étrangers.
- Le but des accords sur la promotion et la protection réciproques des investissements
est précisément de fixer, par la voie de conventions internationales et pour une durée
initiale tacitement renouvelable de l’ordre de 10 à 20 ans, les conditions de protection
minimales dont bénéficiera l’investisseur.
- Pour le pays d’accueil, ce type d’accord est de nature à créer le climat
de confiance indispensable pour attirer des investisseurs étrangers et
ainsi consolider son développement économique.
- Et les investisseurs bénéficient d’une certaine protection contre les
risques de nature économique ou politique.
Introduction
● Depuis les années 1970 la France a multiplié les accords bilatéraux
d’encouragement et de protection réciproques des investissements. Car à cette
époque les investisseurs français n’ont bénéficié d’aucune protection juridique
contre les risques de nature politique qu’ils encourent.

● La France entretient avec le Sénégal des relations étroites et multiformes, et les


visites bilatérales à haut niveau sont fréquentes entre les deux Pays . Ainsi que la
La France est le premier investisseur au Sénégal.

● L’accord, signé à Dakar, est conclu pour une durée initiale de dix ans et il reste en
vigueur au-delà de cette période, tant qu’il n’a pas été dénoncé.
● Ses caractéristiques essentielles sont les suivantes : chaque Partie accorde aux
investisseurs de l’autre Partie un traitement juste et équitable, conformément aux
principes du droit international et, en particulier, un traitement non moins favorable que
celui qu’elle accorde à ses investisseurs ou à ceux de la Nation la plus favorisée s’il est plus
avantageux.

● L’accord prévoit notamment la liberté des transferts des revenus tires des
investissements, le principe d’une indemnisation prompte et adéquate en cas de
dépossession et la possibilité de recourir à une procédure d’arbitrage international en cas
de différend entre un investisseur et les autorités du pays hôte, ou entre les Parties
contractantes.
Plan
Partie 1 : Le contenue normative de l’accord

I. Accueil et traitement des investissements

II. Protection et garantie des investissements

Partie 2 : Les mécanismes de règlement des différends

I- Cas de différends opposant un investisseur et une partie contractante

II- Cas de différends opposant les parties contractantes (suite)


L’accord rappelle dans son préambule son double objectif :

● Renforcer la coopération économique entre les parties


● Créer des conditions favorables aux investissements
réciproques.
Persuadés que l’encouragement et la protection de ces
investissements sont de nature à stimuler les transferts de
capitaux et de technologie entre les deux pays, dans l’intérêt
de leur développement économique,
Partie : 1 Le contenu
normative de l’accord
I. Accueil des investissements

1. Définition

L’article 1er est consacré à la définition des principaux termes utilisés dans l’accord, notamment les «
investissements », les « investisseurs » et les « revenus ».

 L’investissement : La définition retenue pour les investissements n’a pas un caractère exhaustif, mais
s’avère suffisamment large pour permettre d’étendre le champ d’application de l’accord à tous les
investissements réalisés par les nationaux ou sociétés de chaque Partie. En particulier, elle vise les droits
de la propriété intellectuelle.

 Le champ géographique de l’accord concerne les investissements réalisés sur le territoire de chaque
Partie, ainsi que dans sa zone maritime.
1- Définition (Suite)

L’investisseur : Le terme d’« investisseur » désigne tout Les nationaux, c’est-à-dire les
personnes physiques possédant la nationalité de l’une des Parties contractantes, et
Toute personne morale constituée sur le territoire de l’une des Parties contractantes
conformément à la législation de celle-ci et y possédant son siège social. Sont
généralement les sociétés, d’une part, et les organisations à but non lucratif dotées de la
personnalité juridique d’autre part.

Le Revenu : Le terme de « revenus » désigne toutes les sommes pro- duites par un
investissement, telles que bénéfices, redevances ou intérêts, durant une période
donnée.
2. Champ de l’accord :

Les questions fiscales sont exclues du champ de l’accord, parce que selon l’article 2 l’Accord ne
s’applique pas aux questions entrant dans le champ de la Convention fiscale bilatérale, signée entre
les Parties contractantes le 29 mars 1974 et à toute convention qui suivra celle-ci.
Tous les investissements sont couverts par l’accord, qu’ils aient été réalisés avant ou après son
entrée en vigueur. En revanche, les différends survenus avant son entrée en vigueur ne bénéficient
pas de ses dispositions.

3. Encouragement et admission des investissements :

Selon l’article 3, Chacune des Parties contractantes encourage et admet, dans le cadre de sa
législation et des dispositions, les investissements effectués par les investisseurs de l’autre Partie sur
son territoire et dans sa zone maritime.
II. Traitement de l’investissement

1- Traitement juste et équitable

Conformément à l’article 4, chaque Partie contractante accorde aux investissements de


l’autre Partie un traitement juste et équitable, conforme aux principes du droit
international. Cet article prévoit également que chaque Partie examinera de façon
bienveillante dans le cadre de sa législation, l’entrée sur son territoire, en lien avec des
investissements, de nationaux de l’autre Partie.
2- Traitement national et au traitement de la nation la plus favorisée

● Les investisseurs ne peuvent être traités moins favorablement que ceux de l'Etat où ils
investissent, ou moins favorablement que les investisseurs de la nation la plus favorisée, si le
traitement réservé à ceux-ci est plus favorable ; des exceptions sont néanmoins prévues pour
les avantages résultant d'accords économiques régionaux, tels que l'Union européenne pour la
France, ainsi que pour les questions fiscales (art. 5). Le dernier alinéa de cet article précise que
les dispositions relatives au traitement national et au traitement de la nation la plus favorisée
ne s'étendent pas aux avantages particuliers accordés aux institutions financières de
développement. Cette précision a été ajoutée à la demande sénégalaise afin de ne pas faire
bénéficier systématiquement les investisseurs des régimes dérogatoires

● Essentiellement des avantages fiscaux - accordés aux institutions financières de


développement (l'Agence française de développement par exemple).
III. Protection et garantie des investissements
1- Dépossession et indemnisation

En vertu de l'article 6, l'Etat partie dans lequel l'investissement est réalisé assure la
protection et la sécurité pleine et entière de celui-ci.
● Les mesures d'expropriation ou de nationalisation sont prohibées sauf si les
conditions suivantes sont réunies : l'existence d'une cause d'utilité publique liée à
des exigences internes, le respect de la procédure légale requise et l'absence de
toute discrimination ou contradiction avec un engagement particulier.

● L'expropriation éventuelle donne lieu au paiement d'une indemnité « prompte et


adéquate », calculée et versée selon les modalités prévues par l'accord.

● Le traitement national ou celui de la nation la plus favorisée doit être accordé à tout
investisseur de l'autre partie, victime de pertes dues à la guerre ou à tout autre
conflit armé.
III. Protection et garantie des investissements (Suite)

2. Le libre transfert

Le libre transfert des diverses formes de revenus que peut engendrer


l’investissement est prévu à l’article 7 (Des intérêts, dividendes, bénéfices,
redevances et autres revenus courants…), sous une réserve de
déséquilibres exceptionnels de la balance des paiements d’une des Parties
ou dans le respect de leurs obligations internationales.
3- Garantie et subrogation

● En vertu de l'article 9 de l'accord, un investisseur qui aurait bénéficié


d'une garantie pour les investissements effectués à l'étranger et qui
aurait de ce fait reçu des versements ne verrait pas son droit à
recourir au CIRDI affecté, nonobstant la subrogation dans ses droits
et actions au profit de l'État garant
Partie : 2 Les mécanismes
de règlement des différends
Partie 2. Mécanismes de régalement des différents
Le mode de règlement des conflits prévu par l’accord dépend de la nature des
différends :

1- Cas de différends opposant un investisseur et une partie contractante

● L’article 8 porte sur les modalités de règlement des différends entre un


investisseur et l’État accueillant son investissement. Si le différend n’a pu être
réglé à l’amiable dans un délai de six mois, il est soumis à l’arbitrage d’un
tribunal arbitral ad hoc, du Centre international pour le règlement des
différends relatifs aux investissements, du Groupe de la Banque mondiale
(CIRDI) ou de la Cour commune de justice et d’arbitrage créée par le traité de
l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires (OHADA).
1- Cas de différends opposant un investisseur et une partie contractante (suite)

A la demande de l'investisseur, si aucun accord n'a pu être trouvé dans un délai de


six mois, trois voies d'arbitrage sont ouvertes :

● Arbitrage par un tribunal arbitral ad hoc selon les règles de la Commission des
Nations unies pour le Droit Commercial (CNUDCI).
● Arbitrage du CIRDI (Centre international pour le règlement des différends
relatifs aux investissements, créé par la Convention de Washington du 18 mars
1965 que la France a signée en décembre de la même année et le Sénégal en
septembre 1966).
● Arbitrage par la Cour commune de Justice et d'arbitrage de l'OHADA, lorsque
les parties relèvent de ce Traité
2- Cas de différends opposant les Parties contractantes

Aux termes de l'article 11, le règlement des différends opposant les parties contractantes sur
l'interprétation ou l'application de l'accord privilégie la voie diplomatique.

Si cette dernière n'aboutit pas à une solution dans un délai de six mois, le différend peut être
soumis, à la demande de l'une ou l'autre Partie, à un tribunal d'arbitrage.

En d’autre terme et suivant les principes classiques en la matière, la procédure de règlement des
différends pouvant survenir entre les Parties contractantes pour l’interprétation et l’application
de l’accord s’effectue par la voie diplomatique ou, à défaut, par le recours à un tribunal
d’arbitrage, si la voie diplomatique est restée infructueuse pendant au moins six mois
● Si la constitution de ce tribunal n'intervient pas dans un délai de deux mois,
l'une des parties peut solliciter le secrétaire général des Nations unies afin qu'il
désigne les membres du tribunal.

● Le tribunal d’arbitrage prend ses décision à la majorité des voix

● Les décisions du tribunal d'arbitrage sont définitives et exécutoires de plein


droit.

● Le tribunal fixe lui-même son règlement Il interprète la sentence à la demande


de l'une ou l'autre Partie contractante.

● Chaque Partie contractante prendra à sa charge les frais de l'arbitre qu'elle aura
désigné, ainsi que la moitié des frais du Président du tribunal et des frais
administratifs de la procédure arbitrale.
Autres dispositions

Interdictions et restrictions

L'article 12 prévoit que lorsque les Parties apportent des modifications


législatives ou réglementaires, des mesures pour protéger l'environnement
peuvent être adoptées, à condition qu'elles n'entravent pas l'application des
dispositions de l'accord.

Engagement spécifique :

L’article 10 prévoit, sans préjudice de l’accord, que les investissements des


nationaux de l’autre Partie peuvent faire l’objet d’un engagement particulier
plus favorable de la part d’une des Parties.
Entrée en vigueur et durée :

Enfin, les dispositions finales de l’article 13 précisent les conditions d’entrée


en vigueur, la dénonciation et la durée de validité de l’accord. Telles sont les
principales observations qu’appelle l’accord entre le Gouvernement de la
République française et le Gouvernement de la République du Sénégal sur la
promotion et la protection réciproques des investissements et qui,
comportant des dispositions de nature législative, est soumis au Parlement
en vertu de l’article 53 de la Constitution.
Conclusion

L'accord entre la France et le Sénégal reprend les clauses classiques du droit international
en matière de protection des investissements étrangers.

Il offrira aux investisseurs français au Sénégal une protection contre le risque politique.

Il permettra ainsi de renforcer la présence économique française dans ce pays qui


représente un partenaire privilégié de la France en Afrique.

Ainsi que c’est un accord qui permet la promotion des investissements et de réforme macro-
économique au Sénégal. Ainsi en confortant le dynamisme du partenariat économique entre
les deux pays.
Merci
Pour votre attention