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Audit Comptable et

Financier
Objectifs du cours :
Savoir les principes fondamentaux des concepts de gouvernance d’entreprise,
de gestion de risque et de contrôle interne ;
Savoir définir les concepts de l’audit, l’audit interne et l’audit comptable et
financier ;
Connaître les étapes d’une mission d’audit comptable et financier ;
Maitriser les méthodes et les outils d’analyse des systèmes de contrôle
interne et de contrôle des comptes ;

Méthodes pédagogiques :
Présentations des concepts
Études de cas
Présentation de travaux pratiques et de recherche à faire
Contenu du programme :

MAITRISER LES CONCEPTS FONDAMENTAUX DE L’AUDIT


1. Définitions de l’audit
2. Les normes d’audit
3. Cadre conceptuel des missions d’audit et services connexes
4. Les assertions d’audit
5. Le risque d’audit et la matérialité.

MAITRISER LA DEMARCHE D’AUDIT


1. Présentation générale de l’approche d’audit
2. Prise de connaissance de l’entité et travaux préparatoires
3. Evaluation du contrôle interne et élaboration de la stratégie d’audit
4. Exécution des contrôles substantifs
5. Travaux de fin de mission.
MISE EN OEUVRE DES TECHNIQUES ET DES OUTILS D’AUDIT
1. Les procédures d’examen analytique
2. Les techniques de description des cycles
3. Les techniques de confirmation directe ou circularisassions
4. Les dossiers et feuilles de travail
5. Test sur le fonctionnement des contrôles
6. Techniques de validation des comptes.

LECTURE ET TRAVAUX DE RECHERCHE


Les scandales financiers et les cabinets d’audit
Principes et référentiels du contrôle interne
Lois et textes : SOX et LSF
Gouvernance et contrôle interne
Nouveaux contextes, nouveaux besoins

Un contexte changeant : un environnement en mutation et des enjeux nouveaux :

Un monde de plus en plus complexe et global


Nouveaux schémas organisationnels des entreprises
Risques industriels et environnementaux plus importants

Une pression croissante des marchés financiers en matière d’information financière


Raccourcissement des délais de clôture
Importance de la publication des résultats
Importance de la corporate gouvernance
Ethique d’entreprise

Une évolution rapide des structures et la naissance de nouveaux risques


Fusions et acquisitions et mise en place des synergies

Une responsabilité accrue des dirigeants


Pression des actionnaires
Risques pénaux
DEFINITIONS
DÉFINITION : AUDIT

L ’audit est un examen critique, mené par un professionnel,


en toute indépendance, afin d ’évaluer l ’adéquation, la
pertinence, la sécurité du fonctionnement de tout ou d’une
partie des actions menées dans une organisation, par
référence à des normes.
CARACTÉRISTIQUES DE L’AUDIT :

L ’audit est une activité indépendante car :


 L’audit est un processus d’examen critique exercé par un professionnel
dont la compétence découle d’une formation et d’une expérience
pertinente ;
 L ’audit est un examen qui repose sur une méthodologie, des normes
professionnelles de travail garantissant l ’objectivité de son opinion ;

L ’audit n ’évalue pas les hommes mais les systèmes et les actions menées
par une organisation : il est tendu vers la recherche d ’améliorations et de
progrès ; Portant
r des info
L’audit porte sur La notion d’informations est conçue de façon extensive :
 Des informations analytiques ou synthétiques ;
 Des informations historiques ou prévisionnelles ;
 Des informations internes ou externes à l’entité émettrice ;
 Des informations quantitatives, qualitatives ou techniques etc.

L’audit conduit à des recommandations par références à des normes :


 l’identification des risques en prévoir leur récurrence
 la correction des dysfonctionnements
LES DIFFÉRENTS TYPES D’AUDIT

Plusieurs classifications sont proposées :

 Par le statut : audit interne, audit externe

 Au regard de la loi : audit légal, audit contractuel

 Par domaine audité : audit opérationnel (audit fiscal,


audit social, audit des systèmes d’information...), audit
comptable et financier
Selon le statut :

L ’audit externe
un examen auquel procède un professionnel externe, compétent et
indépendant en vue d’exprimer une opinion motivée

L ’audit interne
L’audit interne est une fonction d ’évaluation indépendante exercée au
sein de l’entreprise pour assister les responsables et leur permettre
d ’avoir une meilleure maîtrise de leurs activités
MOTS CLÉS DE LA DÉFINITION DE L’AUDIT INTERNE À CONNAÎTRE
Indépendante et objective :
L’auditeur n’a ni autorité ni responsabilité à l’égard des activités qu’il audite (récente,
actuelle ou prochaine) : pas d’affect ni d’intérêt, condition de l’objectivité-impartialité.
L’audit interne doit être rattaché à une personne ou instance dont l’autorité lui assure :
la liberté de son opinion ;
un large domaine d’investigations ;
la considération adéquate de ses recommandations.
Rattachement « fonctionnel » à un comité de pilotage de l’audit interne et
rattachement «administratif» à un directeur.

Assurance et conseil pour qui ?


Assurer à la direction :
de l’application de ses directives et politiques ;
de la qualité du contrôle interne ;
Conseiller les managers (et parfois la direction) :
les aider à se contrôler/contrôler leur entité ;
pour améliorer son fonctionnement ;

Au final le client réel de l’audit interne est l’organisation


ET l’obligation de l’audit interne ne saurait être qu’une obligation
de moyens.
Degré de maitrise de ses opérations :
L’audit interne décèle les problèmes et formule des recommandations aux directions
et aux audités qui leur apportent une solution. Son rôle n’est pas de dénoncer ou
d’accuser, mais d’arbitrer « les règles du jeu » du groupe et surtout de faire pratiquer
les « 3R » : Rechercher, Reconnaître et Remédier aux faiblesses de l’organisation.
Il l’aide à anticiper les problèmes et se place dans une démarche vertueuse
d’amélioration continue.

Créer de la valeur ajoutée :


Comme indiqué dans sa définition officielle, l’activité d’audit interne est créatrice de
valeur ajoutée et ses principales missions sont d’apporter aux directions générales et
comités d’audit un éclairage sur les risques et les systèmes de contrôle interne mais
également d’être au service de l’ensemble de l’organisation afin d’apporter une réelle
contribution à la gouvernance d’entreprise.
EVOLUTION DE L’AUDIT INTERNE
L ’audit de régularité ou de conformité
Démarche simple et traditionnelle de l ’auditeur : vérification de la bonne
application des règles, procédures, organigrammes, circuits d ’information,
etc... Analyse par rapport à un référentiel : comparaison de la règle à la
réalité.
L ’audit d ’efficacité ou de performances
Evolution dans le rôle de l ’auditeur qui émet une opinion, non pas
uniquement sur l ’application des procédures, mais également sur leur
qualité. Le référentiel devient plus abstrait et il est la résultante de
l ’expérience cumulée de l ’auditeur.

L ’audit de management.
Dimension nouvelle qui constitue le stade ultime de développement de la
fonction. Il s’agit d’auditer du processus d ’élaboration de la stratégie, surtout
utilisé dans les filiales de groupes pour s ’assurer du respect du processus
stratégique édicté par la maison mère en vérifiant de la façon dont les politiques
sont conçues, transmises et exécutées tout au long de la chaîne hiérarchique.
Audit interne – Audit externe
Les différences portent essentiellement sur :

 Statut et responsabilités : l’audit externe un examen auquel procède un


professionnel externe, compétent et indépendant en vue d’exprimer une opinion
motivée ; L’audit interne est une fonction au sein de l’entreprise d ’évaluation
indépendante exercée au sein de l’entreprise pour assister les responsables et
leur permettre d ’avoir une meilleure maîtrise de leurs activités
 Objectifs : il s’agit de la maitrise des activités dans l’objectif de la certification
des comptes pour l’audit externe et l’amélioration des performances.
 Champ d’application : le contrôle interne apparaît comme un moyen pour
l’audit externe alors qu’il est un objectif pour l’audit interne.
 Indépendance : l’audit externe exerce dans le cadre d’une mission légal

Deux domaines qui sont toutefois complémentaires


Au regard de la loi :

L ’audit légal
Il existe un intérêt collectif pour l’information comptable (investisseurs,
personnel, actionnaires, dirigeants...). C’est la raison pour laquelle la
loi a institué un contrôle légal à caractère permanent des comptes des
entreprises par un ou plusieurs commissaires au comptes.
Le commissariat aux comptes est un audit financier externe rendu
obligatoire par la loi sur les sociétés commerciales.

L ’audit contractuel
L’audit contractuel est la résultante de la volonté des parties
(organisation - auditeur), il peut être décidé de manière occasionnelle
ou permanente.
Selon le domaine audité :

L ’audit comptable et financier


« Un examen, par sondages, des éléments probants justifiant les
données contenues dans les comptes. Il consiste également à apprécier
les principes comptables suivis et les estimations significatives retenues
pour l’arrêté des comptes et à apprécier leur présentation d’ensembles »

L ’audit opérationnel
Il est maintenant utilisé dans une telle variété de domaines que l’audit
est devenu, dans un langage quotidien, le synonyme « d’examen
critique » appliqué a divers domaine et qu’il convient donc d’y adjoindre
un qualificatif pour déterminer le type d’audit dont il s’agit : audit social,
audit fiscal, audit des système d’information, audit de sécurité...
audit de régularité

AUDIT INTERNE Audit d’efficacité

Audit de management

AUDIT

audit opérationnel

AUDIT EXTERNE Audit légal


( Commissariat aux
comptes )

Audit financier

Audit contractuel
Audit
Opérationnels
Audit interne CDG comptable et
financier

Position

Objectifs

Moyens

Produits finis

Action sur le
contrôle interne
Audit
Opérationnels Audit interne CDG comptable et
financier
Responsables Direction générale DG/DAF Externe
opérationnels Conseil
Position d’administration
Comité d’audit
Acheter, produire, Garantir Prévoir, piloter, Certification des
vendre dans le l’efficience et la analyser comptes
Objectifs respect sécurité
qualité/sécurité/e
nvironnement
Dispositif de Analyse du Contrôle des Revues annuelles
Moyens contrôle interne contrôle interne résultats

Résultats Recommandations Reporting Rapport de


Produits finis plan d’action certification

Optimisations des Vérification de la Maximisation des Certification


ressources, pertinence et de la résultats
Action sur le
protection contre réalité du
contrôle interne risques dispositif mis en
œuvre
DÉFINITION : AUDIT COMPTABLE ET FINANCIER

« ensemble de travaux menés, selon une démarche (processus) précise,


par un professionnel compétent et indépendant, conformément à des
normes professionnelles, et conduisant à exprimer une opinion motivée sur
la régularité et la sincérité d’informations financières »
CNCAC

« un processus par lequel un professionnel compétent et indépendant réunit


et évalue des éléments probants relatifs à des informations financières
émanant d’une entité économique, en vue de déterminer leur degré de
concordance avec des critères établis et de le présenter dans un rapport »

CNCAC

« l’examen critique auquel procède un professionnel indépendant et externe


à l’entreprise en vue d’exprimer une opinion motivée sur la fidélité de
l’image donnée par les documents financiers de l’entreprise»
OECCA
MOTS CLÉS DE LA DÉFINITION DE L’AUDIT EXTERNE À CONNAÎTRE

Démarche ou processus d’audit :l’audit n’est pas mené d’une manière


subjective selon le « vouloir» et la disponibilité du professionnel, mais selon
une démarche précise conformément à des normes professionnelles (les
normes d’audit).

Professionnel compétent et indépendant : l’audit n’est pas mené par


n’importe quelle personne, mais par un professionnel (l’auditeur) qui doit
être compétent et indépendant Quant à la compétence, elle doit être
attestée par des diplômes (diplôme national d’expert-comptable) et des
stages pratiques (trois années de stage);
Collecte et évaluation des éléments probants : les éléments probants
(càd convaincants) sont constitués par l’ensemble des éléments de preuve
collectés et évalués par l’auditeur. Donc l’auditeur obtient les éléments
probants suffisants et appropriés pour fonder l’assurance raisonnable lui
permettant de délivrer sa certification.

L ‘expression d’une opinion motivée : le processus d’audit s’achève par


la rédaction d’un rapport dans lequel l’auditeur exprime une opinion sur le
degré de concordance de l’information financière présentée avec le
référentiel (normes). Cette opinion doit être motivée (càd expliquée et
justifié)
OBJECTIFS DE L’AUDIT FINANCIER

La fiabilisation de l’information comptable et financière :

La régularité est « la conformité à la réglementation et aux procédures en


vigueur ».

La sincérité est définie par Francis Lefebvre comme étant, « l’application


de bonne foi des règles et procédures en fonction de la connaissance que
les responsables des comptes doivent normalement avoir de la réalité et
de l’importance des opérations, événements et situations ».
L ‘image fidèle (truth and fair view) est exprimée par la présentation
sincère dans tous les aspects significatifs de l’information comptable.
L’image fidèle est donc atteinte dans le respect de la réglementation en
vigueur. L’image fidèle est donc indissociable de la compétence et de la
bonne foi des dirigeants.
ASSERTIONS D'AUDIT

Ce sont les critères auxquels doit répondre l'information financière pour qu'elle soit
régulière et sincère.
Elles s'appliquent à chaque poste du bilan et du compte de produits et de charges qui
doit être établi dans Le respect d’un référentiel comptable prédéfini :
 Le dispositif de forme (organisation comptable et liste des comptes) ;
 Le dispositif de fond (principes comptables et méthodes d’évaluation)

Mais aussi aux assertions audit :


 EXHAUSTIVITE
 REALITE
 PROPRIETE
 EVALUATION CORRECTE
 ENREGISTREMENT DANS LA BONNE PERIODE
 IMPUTATION CORRECTE
 TOTALISATION ET CENTRALISATION CORRECTE
L’auditeur doit poser sept questions clés qui en cas de vérification permettent
de penser que les comptes sont réguliers et sincères.

Les opérations réalisées ont – elles L’objectif est de vérifier


fait l’objet d’un enregistrement l’exhaustivité des
dans les comptes ? enregistrements

Les enregistrements sont – ils


la traduction correcte L’objectif est de vérifier la
d’une opération réelle ? réalité des enregistrements

Les opérations réalisées durant L’objectif est de vérifier que le


l’exercice concernent – elles principe de spécialisation des
le même exercice? exercices est respecté
Les soldes de bilan représentent – ils L’objectif est de vérifier
des éléments existant réellement? l’existence des soldes (stocks,
créances…)

Les éléments du bilan sont – ils


évalués correctement? L’objectif est de vérifier
l’évaluation des soldes

Les documents financiers sont – ils L’objectif est de vérifier le


correctement présentés? respect des règles de
présentation

L’objectif est de vérifier


Ces documents sont –ils l’existence des informations
accompagnés d’autres annexes nécessaires à la
informations nécessaires? bonne compréhension des
documents financiers
Toutes les opérations sont correctement
enregistrées et présentées

Exhaustivité : Réalité :
Toutes les opérations sont Toutes les opérations
enregistrées Enregistrées sont réelles

Respect des principes et méthodes


Comptables et des règles de présentation

Comptabilisées dans Correctement présentées


la bonne période dans les comptes annuelles

Enregistrées dans les comptes


Correctement évaluées
appropriés
DÉFINITION : COMMISSARIAT AUX COMPTES
L'entreprise est ainsi amenée à produire un certain nombre d'informations répondant
aux diverses préoccupations des tiers.

 Les actionnaires ont besoin d'informations pour décider quand ils doivent
acheter, conserver ou vendre les titres qui leur donnent un droit de propriété.

 Les salariés sont intéressés par la stabilité et la rentabilité de leur entreprise, par
leurs niveaux de rémunérations, ou leurs avantages en matière de retraite.

 Les fournisseurs sont d'une manière générale les créanciers de l'entreprise, ils
doivent pouvoir déterminer si les montants qui leurs sont dus sont payés à la date
convenue.

 Les clients veulent savoir si la continuité d'exploitation de l'entreprise auprès de


laquelle ils s'approvisionnent est assurée.

 Les administrations publiques ont besoin d'informations pour calculer l'impôt ou


règlementer ou contrôler les activités des entreprises bénéficiant des concours
financiers de l'ETAT.

 Les banquiers lorsque leur intervention est sollicitée doivent apprécier les
risques courus pour accorder ou refuser les crédits demandés.
Le commissaire aux comptes joue le rôle de l’arbitre externe à l’entreprise
mandaté par la loi. Le commissariat aux comptes est l'Audit Légal.

Le Commissaire aux Comptes doit assurer aux actionnaires et aux tiers que
les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image
fidèle du résultat des opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la
situation financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice.

Le caractère permanent de leur mission, les avis et conseils qu'ils peuvent


formuler, durant l'Audit Légal, en font l'un des partenaires importants de la
vie de chaque entreprise.
FAITS CONSTITUTIFS D’INCOMPATIBILITÉS

CAS N°1
Le fils du CAC de la société anonyme Alpha a épousé, il y a deux ans la fille du PDG de la SA
Bêta dont le capital est détenu à 80% par la société Alpha.
CAS N°2
Monsieur T est nommé CAC de la société anonyme Gamma, dans laquelle sa fille détient une
certaine part du capital social.
CAS N°4
Mr V est membre d’un cabinet qui organise des sessions de formation à la comptabilité pour
les employés des sociétés dont il est CAC. Ces cours sont effectués à titres onéreux et facturés
séparément.
CAS N°5
Monsieur W est nommé CAC d’une société dont la comptabilité est suivie par un stagiaire
autorisé dont il est le maître de stage.
CAS N°6
Mr X dirige la STE d’expertise comptable qui surveille les comptes de la société dont il est CAC.
CAS N°11
Mr M est CAC de la SA OMEGA. Sa femme, qui est médecin radiologue, procède une fois par an
à des examens sur le personnel de l’entreprise. Elle reçoit une rémunération à ce titre.
CAS N°12
Mr S est conseiller municipal dans une ville. Il est CAC d’une société d’économie mixte dans
laquelle la ville détient 56% du capital.
LES NORMES D’AUDIT
Les normes facilitent et éliminent toute ambiguïté dans l'information entre son
émetteur et son récepteur :
 Emetteurs des comptes =dirigeants, comptables…
 Récepteurs des comptes = actionnaires, banquiers, tiers...

L'activité de tout auditeur (interne ou externe) est basée sur deux ensembles de
normes
 normes comptables (internationales, nationales, sectorielle,…)
 normes d'audit

Qui établit les normes?


 organisme professionnel institué par un texte de loi ou réglementaire
 dans le cadre de normes internationales d'audit financier (IFAC)

Inspirées fortement des normes IFAC, les normes d’audit marocaines d’audit sont de
3 types:
 Les normes de comportement
 Les normes de travail
 Les normes de rapport
1- Normes de comportement
Intégrité, l’auditeur doit d’être :
 Direct
 Honnête
Objectivité / indépendance, l’auditeur ne doit tolérer :
 Aucun biais
 Aucun conflit d’intérêt
 Aucune influence d’autrui tendant à aller contre nos jugements professionnels
Compétence professionnelle, l’auditeur doit maintenir à niveau ses :
 Connaissances professionnelles
 Compétences
Respect des diligences, l’auditeur doit agir :
 Diligemment
 Conformément aux normes techniques et professionnelles applicables
Confidentialité, l’auditeur doit :
 Respecter la confidentialité des informations qu’il acquière
 Ne communiquer aucune information confidentielle à un tiers sans autorisation
en bonne et due forme
 N’utiliser aucune information confidentielle pour son avantage personnel ou au
profit d’un tiers quelconque
2- Normes de travail

Définition de la stratégie de révision et plan de mission


 Nécessité d’une connaissance globale de l’entreprise pour orienter la mission
et d’appréhender les domaines et les systèmes significatifs ;
 Identification des risques pour planification de la mission ;
 Détermination de la nature et l’étendue des contrôles, eu égard au seuil de
signification ;
 Organiser l’exécution de la mission afin d’atteindre l’objectif de certification
avec efficacité.

Évaluation du contrôle interne


 Sur la base des orientations fixées, l’auditeur effectue une étude des
systèmes significatifs en vue d’identifier les points forts et les points faibles
du système ;
 Identifier les contrôles internes sur lesquels il souhaite s’appuyer ;
 Les risques d’erreur afin de déduire un programme de contrôle des comptes
adapté.
Obtention des éléments probants
 L’auditeur obtient les éléments probants suffisants et appropriés pour
fonder l’assurance raisonnable lui permettant de délivrer sa certification.
 L’auditeur dispose de diverses techniques : Contrôles sur pièces et de
vraisemblance, L’observation physique, Confirmation directe, Examen
analytique
 L’auditeur motive ses choix et explique les conditions de mise en œuvre

Délégation et supervision
 L’opinion est un engagement personnel de l’auditeur,
 L’auditeur peut se faire assister ou se faire représenter par des
collaborateurs ou des experts indépendants,
 Il ne doit pas déléguer tous ses travaux et exerce un contrôle approprié des
travaux délégués

Tenue des dossiers de travail


 Nécessité de tenir des dossiers de travail, de documenter les contrôles
effectués et d’étayer les conclusions,
 Ces dossiers permettent de mieux organiser et maîtriser la mission et
d’apporter les preuves des diligences accomplies,
NORMES DE RAPPORT

Dans le cadre de sa mission, l’auditeur est amené à établir en particulier:


 Un rapport d’audit,
 Un rapport de recommandations en vue de l’amélioration du contrôle interne
en dehors de son immixtion dans la gestion

L’auditeur fait état dans son rapport :


 De l’étendue de sa mission,
 Des réserves éventuelles,
 De son opinion sur les états de synthèse
L’ opinions de l’auditeur peut être :

Opinion sans réserve

Opinion avec réserve


 Limitation de l’étendue,
 Incertitudes sur des événements futurs,
 Précision de la nature des erreurs, limitations et incertitudes
 Impact sur le résultat et de la situation nette,

Refus de certification
 Erreurs, anomalies, irrégularités dans l’application des règles comptables
suffisamment importantes pour affecter la validité des états de synthèse,
 Impossibilité de se former une opinion suite aux limitations imposées par
l’équipe dirigeante
 Incertitudes importantes
DEMARCHE DE
L’AUDIT
L'audit n'est pas qu'un travail matériel de pointage; il intègre un aspect
intellectuel essentiel : compréhension de l'entreprise, de son système de
contrôle interne et des options retenues pour l'établissement des comptes

il se dégage 3 phases principales dans la démarche de l'auditeur :

1. Acquisition d'une connaissance générale de l'entreprise


2. Evaluation du contrôle interne
3. Examen direct des comptes et des états financiers

La démarche de l'audit financier est toujours la même; il suffit d'adapter


aux spécificités de chaque mission.
CONNAISSANCES GENERALES DE L’ENTREPRISE

L’objectif premier de cette phase est de permettre à l'auditeur d'avoir une


vue et une compréhension d'ensemble suffisante pour planifier et orienter sa
mission.

Ainsi au terme de cette phase l'auditeur doit :

 Comprendre le contexte général de la société afin d’évaluer les risques


de l'entreprise et d’identifier les transactions significatives

 Rédiger la Note d'Orientation (entité(s) concernée(s) ou processus


concerné(s), déroulement de la mission (ressources, délais, Planning...)

 Constituer ou mettre à jour le Dossier Permanent

 Définition du seuil de signification


Informations recherchées au cours de cette phase :
 Secteur d'activité de l'entreprise : type d'activité, environnement
économique, concurrence, etc.
 Structure générale de l'entreprise : organisation, système
commercial, système comptable, système informatique, système
budgétaire, existence et efficacité d'un organe d'audit interne,
 Etc.

Techniques utilisées au cours de cette phase :


 Entretiens
 Exploitation de la documentation interne
 Exploitation de documents externes
 Analyse des derniers états financiers
 Visite des lieux
 Etc…
DOSSIERS DE TRAVAIL

Il s’agit d’une obligation légale permettant également une bonne organisation du


travail

OBJECTIFS:
 Améliorer l'efficacité de la mission en permettant un suivi régulier de
l'avancement des travaux
 Permettre la supervision du travail et la transmission de l'information
 Justifier les conclusions tirées et apporter la preuve des diligences effectuées.

TYPES DE DOSSIERS:
 Dossier permanent
 Dossier de l'exercice, constitué des feuilles de travail.
SEUIL DE SIGNIFICATION

La mission principale de l’auditeur financier consiste à porter une appréciation sur


les états financiers de l’audité et son jugement se fonde principalement sur le
niveau des erreurs et anomalies, d’où la nécessité pour lui d’avoir un repère que
les professionnels ont désigné par «seuil de signification».

Définitions :
C'est la mesure que peut faire l'auditeur du montant à partir duquel une erreur, une
inexactitude ou une omission peut affecter la régularité, la sincérité et l'image fidèle
des comptes annuels.
Il correspond au montant à partir duquel le jugement d'un lecteur averti pourrait
être modifié sur les états financiers.

Utilité :
Il sert de guide à l'auditeur tout au long de sa mission pour :
 programmer la nature et l'étendue des sondages
 apprécier la gravité des anomalies éventuellement constatées
Mode de calcul :

C’est une notion subjective qui relève du jugement de l'auditeur.


C’est généralement un pourcentage d'un élément de référence : bénéfice net,
résultat courant hors éléments exceptionnels, capitaux propres, chiffre d'affaires,
etc.
La Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes de France a donné
quelques critères suivants tout en précisant qu’il ne s’agit point de références
absolues

POSTE SEUIL
Capitaux propres 1%à5%
Résultat net ou courant 5 % à 10 %
Chiffre d’affaires 1%à3%
EVALUATION DU CONTRÔLE INTERNE

Définition :

Le contrôle interne est l ’ensemble des mesures d’auto contrôle,


comptables ou autres, que la direction définit, applique (et fait appliquer) et
surveille sous sa responsabilité afin d ’assurer la maîtrise de ses
opérations et la sauvegarde du patrimoine de l ’entreprise .

Le contrôle interne est un processus mis en œuvre par le conseil


d ’administration, les dirigeants et le personnel d ’une organisation,
destiné à fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des
objectifs fixés.
Les points clés de la définition du Contrôle interne

 le contrôle interne est un processus. Il constitue un moyen


d ’arriver à ses fins et non une fin en soi.

 Un processus est une séquence d’actions qui associe étroitement


des opérations physiques et des systèmes d’information.

 Les processus sont d ’autant mieux effectués que des dispositifs


adéquats viennent en assurer la maîtrise et le contrôle. Ces
dispositifs sont désignés sous le vocable de systèmes tels que :
 Règlements internes, procédures
 Systèmes d ’information
 Objectifs individuels ou collectifs,
 Structure organisationnelle, définition des tâches et des
postes
 le contrôle interne est mis en œuvre par des personnes. Ce
n ’est pas simplement un ensemble de manuels de procédures
et de documents; il est assurée par des personnes à tous les
niveaux de la hiérarchie. C’est une préoccupation, une volonté
de tous les responsables, qui doivent prévoir, dans chacune
des modalités qui concourent à la gestion de l’entreprise, les
sécurités qui permettent d ’en assurer, autant que possible,
l ’autorégulation et l ’auto – contrôle.
 le management ne peut attendre du contrôle interne qu’une assurance
raisonnable, et non une assurance absolue.

 Le contrôle interne est axé sur la réalisation d ’objectifs dans un ou plusieurs


domaines qui sont distincts mais qui se recoupent permettant d’atteindre :
 La pertinence des politiques : la direction est à même de définir la
politique la mieux adaptée aux objectifs et moyens de l ’entreprise;
 L’efficacité : la politique décidée par la direction est respectée ;
 L’efficience : les ressources nécessaires pour la mise en œuvre de cette
politique sont obtenues au moindre coût.
Distinction entre audit interne et contrôle interne

Contrôle interne Audit interne

Un dispositif : un ensemble de
Une fonction de l’entreprise
mesures de contrôle dont
permettant d’identifier, d’évaluer
l’action est de sécuriser, garantir
et de recommander
et maitriser

L’audit interne renforce et améliore le dispositif du contrôle interne ;


L’audit interne est en quelque sorte le contrôle du contrôle interne.
Contrôle interne Audit interne
Périodicité Permanent Missions ponctuelle mais
régulières
Acteurs Toutes les personnes de Un groupe de personnes
l’organisation compétentes et impartiales,
membres de l’organisation
Domaines Toutes les activités Respect des procédures et du
management des risques dans
une optique d’amélioration
Conséquences Détection et prévention des Diagnostic et recommandations
irrégularités
Objectifs du Contrôle interne
Le contrôle interne est défini comme l ’ensemble des moyens humains et techniques, tels que
l ’organisation, les procédures, les systèmes, ayant pour objectifs :
 La protection et la sauvegarde des personnes et du patrimoine (sécurité et
protection des personnes, sauvegarde des biens matériels…)
 La qualité de l'information (fiabilité et traçabilité des informations reçues et des
informations produites, visas et documents)
 L'application des instructions de la direction (chaque élément doit faire l'objet de
notes écrites, transmises à des destinataires précis et identifiés dont le visa de réception
doit être formalisé)
 L'amélioration des performances (à cet égard sera mis en œuvre un certain nombre
d'indicateurs de gestion permettant de s'assurer que les décisions et les procédures
mises en œuvre soient respectées et les conséquences transmises au management
concerné)
 L'obligation de se conformer aux lois et règlements en vigueur (il sera important de
mettre en œuvre une veille juridique afin que toute modification significative soit
transmise aux acteurs concernés dans les meilleurs délais pour prendre en compte les
modifications)
Le périmètre du contrôle interne

Les opérations contrôlées :


 Les processus opérationnels : achats, ventes….
 Les processus comptables : trésorerie, achats, ventes…
 Les opérations financières :
 La préparation et le suivi budgétaire
 Les investissements
 Les processus liés aux opérations d’information de gestion (contrôle de
gestion, comptabilité analytique…..)
 Les opérations juridiques :
 La préparation et le suivi des contrats
 Les contrats de travail
 Autres opérations :
 La gestion du courrier
 La gestion du système informatique
L’évaluation du dispositif de contrôle interne

Il est nécessaire d’établir un diagnostic général sur le niveau de risque


L’étude doit porter sur :
 l’organisation
 les acteurs
 les missions, les opérations effectuées
 les procédures : conception, fonctionnement
 le système d’information :
 en terme de contrôle des processus (traçabilité),
 de remontées d’informations fiables (intégrité, origine de l’information),
 d’organisation et de délégation des pouvoirs (contrôle d’accès)
Atout d’un CI fort Défaillance d’un CI
Risques identifiés et maitrisés Risques de fraude identifiés

Confiance accrue des investisseurs États financiers faux


Conformité avec la loi et les réglementations Impact négatif sur l’image de l’entreprise
écornée
Réduction des risques de pertes Impact négatif sur sa valeur actionnariale
Harmonisation et homogénéisation des Procès et actions judiciaires
procédures
Décisions managériales optimisées, prise de Pertes d’actifs
décision sur la base d’information de qualité
constamment mise à jour
Visibilité accrues sur les zones d’inefficacité Décisions managériales hasardeuses
opérationnelle
Minimisation des opérations pompiers Sanctions de régulation
Les limites du contrôle interne

 Le contrôle interne n’est pas une panacée : il ne permet pas de prétendre avoir éliminé tous
les risques afférents à une organisation

 C’est un dispositif dynamique, en adéquation avec l’environnement

 Ce n’est pas une simple fonction mais une méthode, un état d’esprit visant à améliorer la
gestion des activités

 Ce n’est pas une inspection générale à caractère répressif

 Il s’agit d’impliquer chaque acteur, de lui démontrer l’utilité des procédures en l’intégrant dans
le cadre des contrôles :

 Diplomatie (expliquer pour rassurer)


 Pédagogie (annoncer les objectifs et méthodes)
 Motivation des acteurs
Courbe de vie du contrôle interne :

Maîtrise des risques


Mise à jour volontaire
des procédures et
modes opératoires

Appropriation du CI
par les opérationnels

Sensibilisation des
directions opérationnels

Validation par la
direction générale

Appréciation des
risques clés

Mise en place d’un


manuel qualité

Détermination des
règles minimales de
contrôle

Temps
Exemple :

Lorsque Mme CHARAFI, chef d’entreprise, lance une commande de réapprovisionnement,


elle transmet un exemplaire du bon de commande au service qui réceptionne les achats.
Lorsqu’il réceptionne les fournitures. Mr BACHIRI appose un tampon « réceptionné» sur
le bon de commande. Il transmet ensuite le bon de commande au service
comptabilité qui est chargé de l’enregistrement des achats et de la tenue des
comptes fournisseurs. Les fournitures sont conduites en zone de stockage par des chariots
élévateurs. La quantité de fourniture entrée en stock est enregistrée par le magasinier sur un
compte de stock.

Quelles sont les faiblesses de contrôle interne décelées dans cette description
narrative?
Quelles les anomalies potentielles induites par ces faiblesses?
Quelles améliorations préconisez-vous?
Référentiels Du Contrôle Interne

Deux principaux référentiels :


 COSO est le plus répandu ;
 IFACI, cadre de référence français, a publié un cadre de référence permettant aux
sociétés de superviser leur dispositif de contrôle interne
La notion de risques

Définition :

L’idée de base est que chaque activité comprend des zones sensibles présentant des risques plus
ou moins importants qui se traduisent par une déformation de l’information.

Un risque se définit comme un ensemble d’événements, d’action ou d’inaction de nature :


À empêcher une organisation d’atteindre les objectifs ;
À altérer ses performance ;
À une perte d’opportunités ;

Les facteurs d’un risque :


Probabilité de se réaliser, de se manifester ;
Types de menace ;
Nature de l’impact engendré (financier…, immédiat ou différé)
Gravité ;
Durée de l’impact ;
Absence ou non de contrôle pour l’identifier
Le contrôle Interne d’une activité est le dispositif de protection contre les
risques de toute nature qui pèsent sur une activité
• Gâchis de ressources
• Investissements injustifiés
• Pertes d’opportunités
• Risques inacceptables par les parties prenantes

Le contrôle Interne est un ensemble de dispositifs mis en œuvre par les


responsables de tous les niveaux pour maitriser le fonctionnement de leurs
activités
En audit comptable et financier, l’auditeur doit prendre en compte les risques liés
à l’entité et ceux qui sont liés à son activité propre.

Le risque lié à l’entité auditée est le risque d’anomalies significatives avec ses
deux dimensions :
 risque inhérent
 risque lié au contrôle.

Le risque lié à l’activité d’audit est le risque de non-détection, qui doit être géré
par l’auditeur en fonction du précédent.
LE RISQUE D’ANOMALIES SIGNIFICATIVES

Il comprend le risque inhérent et le risque lié au contrôle :


Le Risque Inhérent
Le risque inhérent correspond à la possibilité que sans tenir compte du contrôle interne
qui pourrait exister dans la société, une anomalie significative se produise dans la
comptabilité.
Risque de survenance d’erreurs et d’irrégularités dans les comptes annuels avant toute
action du contrôle interne.
 Risques liés à l’environnement
 Risques liés au secteur d’activité
 Risques liés à la nature et au montant des opérations

Le Risque Lié au Contrôle Interne


Le risque lié au contrôle correspond au risque qu’une anomalie significative ne soit ni
prévenue, ni détectée par le contrôle interne de l’entité et donc non corrigée en temps
voulu.
Le risque lié au contrôle correspond aux faiblesses du contrôle interne ou à ses
défaillances. Est en cause l’efficacité de la prévention ou de la détection et de la correction
des anomalies significatives par les systèmes comptables et de contrôle interne de l’entité.
Le risque de non – détection

Le risque de non-détection correspond au risque que le commissaire aux comptes


ne parvienne pas à détecter une anomalie significative. Ce risque dépend :

 Des choix effectués dans le programme de travail de contrôler ou pas certaines


opérations ;

 De la nature même des travaux de l’auditeur : approche adoptée.