Vous êtes sur la page 1sur 24

La Posturologie vous remet debout

Professeur Raymond BONIVER


O.R.L.

7ème Congrès d’actualités diagnostiques, éthiques et


thérapeutiques de Dinant
17 mars 2012
Définition de la posture

• «Manière dont on pose, tient le corps, la tête, les


membres». (Littré)
• «Attitude particulière du corps (surtout lorsqu’elle est
peu naturelle ou peu convenable)» (Robert)
Posturologie

La posturologie est la discipline médicale qui étudie


les troubles fonctionnels du système postural.
Le système postural

C’est la cohérence entre les différentes


informations provenant des organes sensoriels
comparées aux représentations mentales qui
assurent la stabilité de l’équilibre corporel et de
l’environnement spatial.
Le système qui gère l’essentiel de ces activités
posturo-cinétiques est appelé système postural.
L’examen clinique postural

Le patient postural est un malade que l’on voit tous les jours
qui peuple les salles d’attente des praticiens. Pour le
dépister, il suffit d’y penser en présence d’un de ces
consultants mystérieux, instable, vertigineux, lombalgique,
cervicalgique, dorsalgique, ou encore souffrant d’une douleur
inexpliquée des membres inférieurs, dont les troubles
récidivent indéfiniment et pour lesquels aucun des
spécialistes consultés n’a proposé d’explication qui
débouche sur un traitement efficace.
Mais attention ! Avant d’explorer la piste posturale, il faut
avoir éliminé toutes les causes connues de ces symptômes.
Le syndrome de déficience posturale se caractérise
par un tableau fait de symptômes et de signes
cliniques et stabilométriques.
- Symptômes : instabilité, douleurs
- Examen clinique : asymétrie anormale de son
tonus postural
- Anomalie de l’enregistrement stabilométrique
(posturographie)
Examen de la posture

Le but d’un examen de la posture est d’identifier les


déviations posturales qui existent, mais le but n’est
pas d’identifier pourquoi elles existent, au moins
pendant l’examen de la posture. C’est pourquoi,
l’examen de la posture est un examen de
dépistage, mais il permet de préciser les zones
spécifiques que l’on doit examiner en détail par la
suite.
Le clinicien réalise un examen de la posture et voit
une déviation. Le patient, lui, désire connaître
pourquoi cette anomalie existe.
Cette anomalie est mise en évidence par un examen
détaillé.
a) Vue antérieure : le patient
fait face à l’examinateur
avec un fil à plomb
divisant son corps en
moitié gauche et droite.
b) Vue de profil : on observe
le profil par le côté droit et
par le côté gauche, ce qui
permet de voir l’inégalité
entre les deux.
c) Vue postérieure : le
procédé est le même que
pour la vue antérieure.
L’on place un fil à plomb
et l’on observe les
anomalies au niveau des
épaules, du dos, des
hanches, des genoux,
des chevilles.
L’examen nécessite toujours de comparer les
segments gauche et droit, parce que la normalité est
uniquement déterminée en comparaison du côté
controlatéral, ce qui est normal pour une personne
peut l’être anormal pour une autre. Par exemple, un
tennisman droitier aura ses muscles du bras droit
nettement plus développés qu’au bras gauche, ce que
n’aura pas un footballeur.
Chaque athlète doit être comparé uniquement avec
lui-même et non avec les autres.
Il existe des programmes informatisés pour étudier les
déviations posturales tels que le programme PodiaXP.

Pour en voir la démonstration, consultez le site :


http://en.mcsinnovation.com
POSTUROGRAPHIE

La posturographie est un terme général qui


couvre toutes les techniques pour quantifier le
contrôle postural en position debout, soit en
position statique ou dynamique.
Il existe de nombreuses techniques de posturographie.
Nous en citerons 3 que vous pourrez retrouver sur le
site internet :

Win-Posturo de la Société "Médicapteurs" :


www.medicapteurs.fr./fr/produits/2/win-posturo
Plate-forme nintendo :
www.youtube.com/watch?v=PHVzLUmkFDE
Computerized Dynamic Posturography :
www.youtube.com/watch?v=HT1xe4JaV7w
Cas cliniques
Je vous présente un cas typique cité par P.M. Gagey dans son livre :
« Posturologie : Régulation et dérèglements de la station debout » cité
antérieurement.
La première fois que P.M. Gagey a vu Madame F., en juin 1988, elle
souffrait depuis huit ans de sensations vertigineuses inexpliquées,
apparues spontanément, qui débutaient le plus souvent au lit lorsque
la malade était couchée sur le côté gauche; elles apparaissaient
parfois lorsqu’elle se tournait sur sa gauche. Certes, ce n’était pas
bien grave, les sensations ne duraient que quelques jours que la
malade passait au lit puis tout rentrait dans l’ordre pendant souvent
plusieurs mois. Mais l’entourage s’en était inquiété : un bilan
otoneurologique avait éliminé l’hypothèse d’un vertige positionnel
paroxystique bénin et mis en évidence une dysrythmie de type central
au test pendulaire sans aboutir ni à des conclusions fermes ni à un
traitement efficace. En complément, les radiographies du rachis
cervical n’avaient montré qu’une arthrose bien banale à son âge.
Cas cliniques (suite)
En dehors de ces sensations vertigineuses, Madame F. notait que
sa marche était souvent déviée sur la gauche, que sa vue parfois
était brouillée. L’interrogatoire était pauvre et nous avions oublié
de lui demander depuis quand elle utilisait les affreuses lunettes à
triples foyers qu’elle portait sur le bout du nez. Sinon, notre
attention aurait tout de suite été focalisée sur elles puisque c’est
exactement trois mois avant le début de ses troubles qu’elle avait
fait faire ces lunettes; elle les portait tous les jours depuis huit ans.
Lors de ses premiers enregistrements stabilométriques, nous
n’avons pas davantage prêté attention à une amblyopie posturale
qui n’apparaissait que lorsqu’elle portait ses lunettes. Avec
lunettes, le quotient du Romberg était à 95, sans lunettes, il
remontait aussitôt à 192. Il faut dire qu’il est si fréquent de voir les
malades devenir des amblyopes posturaux lorsqu’ils chaussent
leurs lunettes …
Cas cliniques (suite)
On lui a posé la question : « Depuis quand portez-vous ces lunettes-là ? ».
on a examiné la position de son axe visuel par rapport au centre optique
des verres correcteurs; comme ces verres étaient assez puissants le centre
optique apparaissait bien comme le lieu où il n’y avait pas d’effet
prismatique dans deux directions perpendiculaires.
Entre deux tests de Fukuda, l’un avec ses verres correcteurs, l’autre sans,
la différence était littéralement dramatique, l’asymétrie tonique posturale
passait de G80 à D 230 ! … Nous avions assez d’éléments pour la diriger
vers un ophtalmologiste et un bon opticien habitué à faire attention au
centrage des verres correcteurs. Il y avait effectivement quatre dioptries
d’effet prismatique au point où son axe visuel perçait habituellement ses
surfaces dioptriques. Madame F. A alors été équipées de nouvelles
lunettes bien centrées, progressives mais sans prisme d’allégement –
pourquoi courir vers de nouveaux risques d’effets prismatiques. Elle n’est
jamais revenue nous voir, car elle se trouve très bien maintenant et elle
habite loin de Paris; mais, faisant chaque fois état de sa reconnaissance,
elle nous confirme régulièrement par courrier son bon état de santé.
European Society for Clinical Evaluation of Balance
Disorders :
https://roquefort.nancy-universite.fr/CONGRES/vieposturo.php
http://www.posturologie.asso.fr
http://vertigoanddizziness.blogspot.com
Merci pour
votre attention