Vous êtes sur la page 1sur 65

Partie III: Les effets de la globalisation

financière
I- Avantages théoriques de la globalisation
financière:

Il existe un quasi-consensus chez les économistes en


ce qui concerne les gains du libre échange pour les
marchandises. En revanche, ils demeurent bien
plus divisés sur la question de la mondialisation
financière.
Partie III: Les effets de la globalisation
financière

- La théorie économique attribue un certain


nombre d’avantages potentiels à la mobilité
des capitaux:
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
- Augmentation de l’investissement dans les
pays pauvres en capital
- Coût du capital moins élevé pour les pays
émergents
- Efficience dans l’allocation des ressource en
capital
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
- Transfert de technologie et techniques de
gouvernance (corporate governance)

- Mise en place d’un meilleur système


financier
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
II- Coûts théoriques de la globalisation
financière:
- Risque systémique

- Endettement des PED et marchés financiers


impliquant l’accroissement du risque d’une
crise financière
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
- L’exacerbation des imperfections des
marché locaux.

- Crises financières

- Evasion fiscale et blanchiment d’argent


Partie III: Les effets de la globalisation
financière
III- Expériences et faits concrets:
A cette description de la globalisation
financière issue de le théorie économique, il
parait opportun de se pencher sur les faits
empiriques.
Partie III: Les effets de la globalisation
financière

A la lumière des expériences des différents


pays, que peut on constater quant aux
bénéfices de la mondialisation financière?
Permet-elle aux pays émergents de se
développer plus vite?
Partie III: Les effets de la globalisation
financière

Tableau 1- Pays ayants cru le plus rapidement


et moins rapidement durant la période 1980-
2000 et leur degré d’intégration financière
avec le reste du monde
(Extrait d’un rapport du FMI de mars 2003 sur les effets de la
globalisation financière sur les pays émergents)
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Croissances Intégration Croissances les Intégration
les plus fortes financière? plus faibles sur financière?
sur 1980- 1980-2000
2000
Chine Oui/Non Haïti Non
Corée Oui Niger Non
Singapour Oui Togo Non
Thaïlande Oui Côte-D'ivoire Non
Hong Kong Oui Venezuela Oui/Non
Inde Oui/Non Afrique du Sud Oui
Chili Oui Jordanie Oui
Sri Lanka Non Paraguay Non
Botswana Non Equateur Non
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Constat:

- Il n’y a pas de régularité empirique absolue


- Les pays qui ont crû le plus vite sont bien
ceux qui étaient aussi les plus intégrés
financièrement dans l’économise mondiale.
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Constat:
- A l’opposé, les pays coupés de la
globalisation financière ont connu des
croissances beaucoup plus lentes de leurs
économies
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Constat:
- Lien positif entre intégration financière et
croissance n’est pas forcément causal
- De nombreuses études économétriques ont
été réalisées et peu de résultats robustes
apparaissent.
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Constat:
- Il semble y avoir un effet de seuil : la
libéralisation des mouvements de capitaux
semble avoir des effets positifs sur la
croissance après un certain niveau de
développement seulement.
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Constat:
- Le rôle des institutions (règlementation
bancaire, comptabilité de l’entreprise,
transparence de l’information, degré de
corruption…) est crucial.
Partie III: Les effets de la globalisation
financière

Constat:
- L’investissement direct semble avoir un
impact positif sur la croissance.
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Les crises financières :
- Crises bancaire
- Attaques spéculatives sur les devises
- Crises jumelles
- …
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Mécanismes de crise:
- Crise asiatique

Libéralisation du compte de capital a conduit


à un surendettements de ces pays;
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Mécanismes de crise:
- Crise asiatique

Contrôle prudentiel du secteur bancaire


insuffisant
Garanties implicites sur des investissement
douteux offertes à des personnes proche du
pouvoir
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Mécanismes de crise:
- Les anticipations auto-réalisatrices:
Je crois que le Brésil va faire défaut sur sa
dette;
Je ne prête donc de l’argent au Brésil qu’à un
taux élevé car je cours le risque de ne pas
être repayé du tout
Partie III: Les effets de la globalisation
financière
Mécanismes de crise:
- Les anticipations auto-réalisatrices:
Le fort taux d’intérêt que je demande au
Brésil rend sa situation budgétaire intenable
Le Brésil fait défaut => on a créé la crise
Partie III: Les effets de la globalisation
financière

Bilan:
- Pas de lien très robuste entre croissance et
libéralisation des mouvements de capitaux,
peut être un effet de seuil
- Des crises : mais elles affectent
principalement les pays émergents et il est
difficile de prouver que la globalisation en
est le principal coupable.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
I- Concept de marché émergent:
Il n'existe pas de définition universellement
reconnue des marchés boursiers émergents.
Le qualificatif "émergent" recouvre
plusieurs acceptions. Il peut concerner un
marché qui a amorcé un processus de
croissance et de modernisation, le rendant
attractif pour les investisseurs.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
Il peut s'agir également d'un marché qui a
commencé un processus de changement et
dont la taille et la sophistication
augmentent, par opposition aux marchés de
dimension réduite qui ne sont pas encore
rentrés dans une phase de démarrage
Partie III: Pays émergents et
globalisation financière
L'émergence est un concept dynamique.
Les économies émergentes constituent en fait
un ensemble hétérogène, car la diversité
géographique des pays qui le composent
semble aussi grande que leurs différences
économiques ou politiques.
considérablement d'un pays à l'autre.
Partie III: Pays émergents et
globalisation financière
Une étude du FMI, réalisée par Feldman et
Kumar (1994), recensent 38 nouveaux
marchés boursiers dont 13 en Asie, 12 en
Amérique latine, 7 en Afrique et 6 au
Moyen-Orient. La taille, les structures ou
encore les performances des nouveaux
marchés varient d’un pays à l’autre.
Partie III: Pays émergents et
globalisation financière
Des pays comme Hong Kong, Singapour,
Taiwan, la Corée du Sud, voire le Mexique,
possèdent des marchés boursiers qui
arrivent à maturité. La capitalisation s'est
considérablement accrue, les titres sont très
liquides et les primes de risque deviennent
compétitives à l'échelle mondiale.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
A l'inverse, des marchés naissants comme on
peut en rencontrer en Côte d'Ivoire, au
Ghana, en Equateur ou dans les pays
d'Europe centrale et orientale se
caractérisent par une faible capitalisation,
un nombre réduit de sociétés cotées, une
concentration de l'actionnariat et une
instabilité marquée des cours
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
La notion d'émergence ne concerne pas
uniquement un marché, une bourse, une
place financière mais s'applique à
l'économie toute entière. Une économie
peut être qualifiée d'émergente pour deux
raisons bien spécifiques, mais intimement
liées
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• La première résulte de l'insertion
grandissante de ce pays dans le commerce
mondial, grâce notamment au dynamisme
de son commerce extérieur et de ses
exportations industrielles qui lui permettent
de connaître des taux de croissance
relativement élevés.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• La seconde est liée à l'essor de son marché
boursier et à la libéralisation de son compte
de capital, d'où une plus grande intégration
financière internationale.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
II- L'essor et l'internationalisation des marchés
boursiers émergents
Si la très grande diversité des marchés
boursiers émergents rend difficile la
recherche d'une définition qui fasse
l'unanimité, la plupart d'entre eux présentent
cependant des caractéristiques identiques.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• Ces bourses se sont distinguées par un essor
rapide jusqu’à la crise asiatique de 1997,
comme en témoignent la forte progression
de leur capitalisation et la hausse marquée
de leur cours
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• Ces bourses se sont distinguées par un essor
rapide jusqu’à la crise asiatique de 1997,
comme en témoignent la forte progression
de leur capitalisation et la hausse marquée
de leur cours
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• Il faut également noter la multiplication du
nombre de lignes cotées qui prouve que la
croissance de la capitalisation n'est pas
seulement imputable à l'évolution des cours
mais aussi à l'élargissement du marché.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• Ces marchés offrent cependant la
particularité d'être très volatils, en raison
notamment d'une plus faible liquidité et
d'une concentration des opérations sur
quelques grandes valeurs.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• Dans ces conditions, le couple rendement-
risque demeure élevé. Il est vrai que les
nouveaux marchés ont pris une place
grandissante dans la stratégie de
diversification internationale des
portefeuilles, grâce en particulier à la
faible corrélation de l'évolution de la
performance de ces marchés. taux.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
• Le faible degré de corrélation entre les
mouvements de cours, en particulier à
l'égard des marchés développés, provient
pour l'essentiel d'une intégration encore
incomplète des marchés émergents au sein
du marché mondial des capi
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
III- Les déterminants de l’émergence des
marché financiers:
Plusieurs facteurs sont à l’origine de
l’émergence des marchés boursier.
- Avec la révolution informatique, le
développement des produits dérivés et des
nouveaux instruments de couverture, les
transactions ont pu être démultipliées.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
- L'expansion générale des formes titrisées
d'intermédiation financière.

- La faiblesse des taux d'intérêt au début des


années 90, notamment aux Etats-Unis, et le
ralentissement de la croissance dans
l'ensemble de la zone OCDE
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière

- La diversification des portefeuilles des


investisseurs institutionnels ( forte
potentialité de développement des marchés
émergents, plus faible corrélation ...).
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
- Sur le plan interne, l'amélioration de la
stabilité politique et sociale ainsi que les
réformes économiques et institutionnelles
visant à favoriser les mécanismes de marché
ont favorisé la croissance des marchés
boursiers.
Partie VI: Pays émergents et
globalisation financière
- Le retour des capitaux vers les PED résulte
également de la mise en œuvre de politiques
de stabilisation macroéconomique qui ont
permis à de nombreux pays de renouer avec
une croissance économique soutenue, de
réduire l'inflation et de diminuer les déficits
publics
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Depuis l’accession du Maroc à l’indépendance,
son système financier à connues une multitude
de modifications et transformations.
- D’abord une phase qualifiée de Répression
financière, allant de l’indépendance à la fin des
années 80.
- Puis, une deuxième phase, qualifiée de Libéralisation
financière.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Eléments de différenciation entre un système
de répression financière et un système de
libéralisation financière – Approche de
MAC KINNON et SHAW
Système de Répression Système de Libéralisation
Financière Financière
Niveau des Les taux d’intérêt sont Les taux d’intérêt sont
taux d’intérêt fixés par décision déterminés par l’offre et la
réglementaire à un niveau demande de fonds prêtables.
bas, voire négatif en Le niveau des taux est
terme réel. positif en terme réel
Objectif de la Des taux d’intérêt réels Des taux réels élevés
politique de bas permettent d’accroitre permettent d’encourager et
taux la demande globale: de stabiliser l’épargne pour
facilité l’investissement et assurer un financement
encourage la optimal de l’économie et
consommation de biens d’améliorer les
durables ce qui favorise la investissements au niveau
croissance. quantitatif et qualitatif ce
qui favorise la croissance
Emplois Les banques sont Les emplois obligatoires
obligatoires soumises à des taux sont supprimés, les
élevés d’emplois banques sont libres de
obligatoires ce qui décider l’affectation de
permet de financer les leurs ressources
secteurs jugés
prioritaires

Principaux Instruments de contrôle Instruments de contrôle


instruments de direct: encadrement du indirect avec norme de
politique crédit, réserve monétaire, croissance monétaire:
monétaire sélectivité en faveur de politique de base monétaire,
certains secteurs… open market
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
I- Processus de réforme du système financier
marocain :
La stabilité macroéconomique est un préalable
nécessaire au développement du secteur financier
A l’instar de la tendance générale observée au niveau
des pays émergents, la situation macroéconomique
du Maroc s’est sensiblement améliorée :
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière

Les indicateurs globaux de solvabilité et de liquidité


externe se sont renforcés, comme en témoignent la
maîtrise de l’inflation, le maintien d’un solde
courant excédentaire, l’atténuation du poids de
l’endettement extérieur et le net accroissement des
avoirs extérieurs.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Secteur financier à la veille de la réforme:
- Système financier diversifié
- Système soumis à de fortes contraintes
réglementaires
- Une politique monétaire basée sur des techniques
de régulation quantitative
- Un marché des capitaux marginal et des
instruments financiers peu diversifiés.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Objectif global de la réforme:

=>Mise en place d’un système financier


moderne, libéral et à même d’assurer une
meilleure mobilisation de l’épargne et une
allocation des ressources financières plus
efficiente
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Etapes du processus de réformes:
A partir de 1990:
- Secteur bancaire
- Marché des capitaux
- Trésor
- Organismes mobilisant l’épargne institutionnelle,
dont le secteur des assurances
- Marché des changes
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Secteur bancaire:
- Refonte du cadre législatif régissant
l’activité de ce secteur
- Déréglementation de l’activité bancaire
- Renforcement de la réglementation
prudentielle
- Modernisation des instruments de la
politique monétaire
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Marché des capitaux:
- Modernisation de la gestion de la bourse
- Mise en place du Conseil déontologique des
Valeurs mobilières (CDVM)
- Création du Dépositaire Central «MAROCLEAR »
- Création des Tires et Créances négociables (TCN)
- Mise en place du marché hypothécaire.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
II- Benchmark des performances du système
financier marocain par rapport à certains
pays de la région euro méditerranéenne :

Le système financier marocain a connu des


mutations profondes suite aux différentes réformes
menées au cours des deux décennies.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière

Si ces réformes ont permis de renforcer la solidité et


l’efficience de ce système, il n’en demeure pas
moins que la comparaison avec les évolutions
observées au niveau de certains pays émergents et
en transition laisse entrevoir la persistance de
certains gaps qui ne permettent pas à notre
système financier de jouer pleinement son rôle.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Indicateurs de performance:
Poids du système financier et qualité des actifs
bancaires:
En matière de crédits octroyés par le système
bancaire marocain, la part des prêts en
pourcentage du PIB s’est accrue de manière
régulière pour atteindre 59% en 2006 contre 51%
en 2001, avant de rebondir à 72% en 2007
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Ce ratio est largement supérieur à la moyenne
de la région MENA (58%) et demeure
nettement au dessus du niveau moyen de
certains pays d’Europe Centrale (autour de
30%), mais s’inscrit en net retrait par
rapport au niveau moyen de la zone euro
(109,6%).
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Outre les facteurs liés à la taille respective des
économies et à leurs dynamiques de croissance,
l’écart par rapport à la norme européenne peut être
interprété également par la sélectivité des
établissements de crédits, qui se livrent à une forte
concurrence pour les meilleurs risques, ou par une
certaine réticence des banques à s’engager dans les
prêts aux petites et moyennes entreprises
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Aussi, la préférence du système financier pour
l’investissement dans les titres de dette
publics, particulièrement liquides et dont la
qualité de la signature assure un risque
quasiment nul, constitue-t-elle un facteur
explicatif additionnel.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
III- : le système financier marocain face à la
crise mondiale:

Le Maroc n’a pas été touché par la crise financière, il


n’a pas pour autant échappé aux premiers effets de
la crise économique mondiale, ressentis à travers
les activités les plus sensibles à la conjoncture
internationale.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Grâce aux réformes menées ces dernières
années, notamment sur le front
socioéconomique, et à une dynamique
interne soutenue, le Maroc affronte ces
répercussions dans une position
relativement favorable.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière

Grace à la solidité accrue de son système


bancaire et sa faible exposition aux marchés
financiers internationaux, le Maroc n’a pas
été affecté par la crise financière
internationale.
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
La dernière évaluation de la stabilité du
système financier, réalisée en novembre
2007, concluait que le « système bancaire
marocain était stable, bien capitalisé,
profitable et résistant aux chocs » (FMI
2008).
Partie V: Le Maroc face à la
globalisation financière
Cette évaluation conforte la politique de
consolidation du système bancaire qui a
notamment consisté en l’alignement du
cadre réglementaire sur les standards
internationaux de Bale II et en le
redressement des banques publiques,
désormais assujetties au même titre que les
banques privées au respect des règles
monétaires et prudentielles.