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Nouveaux programmes de Terminales S rentrée2012

Eléments de formation sur la partie « Transferts


d’énergie entre systèmes macroscopiques »
Les attendus du BO spécial n°8 du 13 octobre 2011:

http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=57537

Notions de système et d’énergie interne. Savoir que l’énergie interne d’un système
Interprétation microscopique. macroscopique résulte de contributions
microscopiques.
Capacité thermique.
Connaître et exploiter la relation entre la variation
Transferts thermiques : conduction, convection, d’énergie interne et la variation de température pour
rayonnement. un corps dans un état condensé.

Flux thermique. Résistance thermique. Interpréter les transferts thermiques dans la matière
à l’échelle microscopique.
Notion d’irréversibilité.
Exploiter la relation entre le flux thermique à travers
Bilans d’énergie. une paroi plane et l’écart de température entre ses
deux faces.

Établir un bilan énergétique faisant intervenir


transfert thermique et travail.
« Physique statistique » B.Diu, C. Guthmann, D. Lederer, B. Roulet , Hermann (page 146)
L'évolution d'un système macroscopique est régie par les lois microscopiques d'interaction entre
ses constituants, et respecte de ce fait certaines lois de conservation : citons par exemple la
conservation de l'énergie, celle du nombre de molécules d'un corps pur donné si le système est
inerte chimiquement,...
Les lois de conservation s'expriment le plus simplement dans le cas d'un système isolé : si le
système est placé dans des conditions telles qu'il ne peut échanger d'énergie avec son
environnement, son énergie totale reste constante au cours du temps ; si les parois qui
l'enferment ne laissent passer aucune matière, le nombre total de molécules (ou d'atomes) qu'il
contient reste constant. Dans de telles situations, les grandeurs conservées se comportent comme
des paramètres extérieurs, puisqu'elles gardent une valeur fixe et certaine, imposée par des
conditions de préparation du système.

Mais si le système n'est pas isolé, certaines de ces grandeurs sont des variables internes : par
exemple, si des échanges d'énergie se produisent entre le système et son environnement,
l'énergie du système lui-même ne reste pas fixée ; même à l'équilibre macroscopique, elle fluctue
et possède donc une distribution statistique. Cependant, les fluctuations d'une telle grandeur
doivent respecter la loi de conservation : lorsque l'énergie du système diminue, celle de son
environnement augmente exactement d'autant.
Ces considérations appellent une remarque importante ; lorsqu'on veut appliquer la mécanique
statistique à un problème concret, il est indispensable de commencer par définir de manière
précise le système que l'on va considérer et de bien distinguer entre les paramètres extérieurs
fixés et les variables internes libres de fluctuer. Ceci est essentiel : beaucoup d’erreurs et
d’incompréhensions proviennent d’ambiguïtés concernant la délimitation du système auquel on
applique tel ou tel résultat général, et la situation précise dans laquelle il se trouve .

BO : Système
« Construction » de l’énergie totale d’un système
- déplacement d’ensemble du
extérieur système = EcMacro
vG
Énergies cinétiques - déplacement des constituants
G dans le réf. barycentrique =
EcMicro
système
- des forces extérieures = Epext
Énergies potentielles
- des forces intérieures = Epint

E  Ec  Ep  Ec  Ep
Macro ext micro int
Énergie totale :

BO : Savoir que l’énergie interne d’un


système macroscopique résulte de

U  Ec  Ep
contributions microscopiques micro int
Énergie interne
Premier principe pour les systèmes fermés
(qui ne sont le siège d’aucune variation d’énergies potentielles macroscopiques ni de variations d’énergie cinétique macroscopique)

système extérieur

U  U 2  U1  Wr  Q r

Fonction d’état : indépendante « du chemin » Travail Transfert thermique


« reçu »
« reçu »

Grandeurs algébriques comptées positives si le


système « reçoit », négative sinon

Machine motrice : moteur, turbine … Wr < 0


Machine réceptrice : PAC, frigo, compresseur… Wr > 0

Question de système : on se place du point de vue du fluide et non de l’arbre mécanique de sortie !
Les « électriciens » se positionnent en général avec la convention opposée, source possible de « mésententes »
Premier principe pour les systèmes fermés
(qui ne sont le siège d’aucune variation d’énergies potentielles macroscopiques, ni de variations d’énergie cinétique macroscopique)

U  Wr  Q r
Pendant dt : dU  Wr  Q r

Adiabatique
Travail des forces de
pression :
Wr   Pext .dV (parois Q r  0 J
calorifugées) :

Flux
Travail électrique : Wr  RI ².dt thermique F: Qr  F.dt

(Joule) (Watt) (Joule) (Watt)

Wr et Q r ne sont pas des fonctions d’état, les variations de ces deux


grandeurs dépendent du « trajet » suivi

http://hyperphysics.phy-astr.gsu.edu/hbase/thermo/firlaw.html#c1
Variations d’énergie interne
Phases condensées (solide ou liquide) Gaz parfaits (P.V = n.R.T = m.r.T)

U  m.c.(T2  T1 ) U  m.cV .(T2  T1 )


BO : Capacité thermique
Capacité thermique massique à
Capacité thermique massique volume constant
Air : cv = 710 J.K-1.kg-1
Dihydrogène : cv = 10 140 J.K-1.kg-1

C : capacité totale du système


c : capacité massique
Cm : capacité molaire
Eau : c = 4186 J.K-1.kg-1
BO : Connaître (et exploiter) la relation entre la
variation d’énergie interne et la variation
de température pour un corps dans un état NOTATIONS
condensé
Thermodynamique de l’effet Joule
I R

Système : la résistance R
U  Wr  Q r
Régime stationnaire : pas d’accumulation d’énergie interne dans la résistance

U  U 2  U1  0  (R.I²).t  Q r

Q r  (R.I²).t  0
Le système cède de l’énergie sous forme de
chaleur (càd un transfert thermique) à l’extérieur.
BO : Etablir un bilan
énergétique faisant
intervenir transfert
thermique et travail
Notions d’irréversibilité
(sans le second principe !)
Dans le cas précédent le transfert thermique ne s’effectue que dans le sens de la source de
haute température vers la source de basse température et jamais dans l’autre sens
(sauf dans le cas de certaines machines thermiques; voir l’énoncé de Rudolf Clausius : «La chaleur ne
passe pas d’elle – même d’un corps de basse température vers un corps de plus haute température» )

L’air ambiant ne réchauffera jamais la résistance (d’un sèche-cheveux pour illustrer)

Irréversibilité fixe le sens des échanges d’énergies

BO : Notion d’irréversibilité

Les frottements, la diffusion, les turbulences sont des sources de non-réversibilité


Notions d’irréversibilité
(sans le second principe !)
rendement ~ 80 %
L’étude de texte, documents et diagrammes (sur les machines thermiques, en lien
avec la partie enjeux énergétiques) permettra de mettre en avant que les sources
d’irréversibilités diminuent le rendement et/ou l’efficacité de celles-ci. rendement ~20 %
On notera la profonde dissymétrie entre W et Q, c’est uniquement cette dernière grandeur
–même lors de transformations réversibles- qui entraîne des variations d’entropie…

Transfo réversible vs
irréversible

Diagramme idéal Diagramme réel

Irréversibilité Diminution des rendements et/ou efficacités des machines


Transferts thermiques
3 modes de transferts thermiques :
CONDUCTION CONVECTION RAYONNEMENTS
Un corps chauffé émet de
l'énergie sous forme de
rayonnement électromagnétique.

Pray  S. .T 4

(  5,7.10 8 W.m 2 .K 4 )

Le rayonnement thermique se déplace


vers les courtes longueurs d'ondes
animation convection quand la température du corps
augmente
animation conduction
 max .T  3 mm.K

Qr  F.dt ou P.dt 300K 6000K

BO : Conduction, convection, rayonnement 10 μm (IR) 0,5 μm


Conduction thermique : loi de Fourier
Loi de Fourier : (loi locale en un point M du matériau)

T ( x, t )
M J th J th ( M , t )  . ex
x
W.m-2 Transfert naturel du chaud vers le froid

 : Conductivité thermique du matériau en W.K-1.m-1 >0


La conductivité thermique d’un matériau solide est fonction de :
1. sa densité : plus un matériau est léger plus il est isolant
2. sa température : plus un matériau est « chaud » plus il est conducteur

Air : 0,026 W.K-1.m-1


La conductivité thermique des gaz, au voisinage de la
pression atmosphérique, croît avec la température.

Eau : 0,6 W.K-1.m-1


À l’exception de l'eau, de quelques solutions aqueuses,
de quelques molécules à plusieurs fonctions amine ou
hydroxy, les conductivités thermiques de la plupart des
liquides décroissent avec la température.
Profil de température pour un mur entre 2 thermostats

Mur en béton, régime stationnaire, milieu passif


T2  T1
T ( x)  .x  T1
e
Profil linéaire de température dans le mur

Densité de flux thermique


dS
dT T1  T2
J th  .grad T( x )  . ex   ex
dx e
0 e

Puissance (ou flux) .S e


thermique traversant une F (T1  T2 ) T1  T2  .F
section S du mur : e .S

BO : Flux thermique
Modélisation électrocinétique des échanges
thermiques en régime stationnaire
Electrocinétique Thermique

S
Flux thermique ou

U  V1  V2
puissance
thermique en W F
T1 T2
I R
e
V1 V2 Rth
F
T1 T2

V1  V2  R.I T1  T2  R th.F

e T T
R th   1 2
.S F

BO : Résistance thermique Résistance thermique en K.W-1


Manipulations en Sciences-Physiques
Appareil de conduction thermique (Turgot)

Circuit de
Four
refroidissement
T 12 sondes de température

-Barre cylindrique d’Aluminium (λ = 200 W.K-1m-1), de diamètre d = 35 mm, L = 22 cm.


-Calorifugée latéralement.
-Relever, en régime permanent, les températures des 12 capteurs.
-Montrer (modélisation) que le profil est linéaire; interpréter la pente de la courbe.
- Calculer la résistance thermique et la conductance thermique.
- En déduire le flux thermique de conduction Φ dans la barre.
Exemple d’appareil de mesure de la résistance thermique
(Dautry)

T1 : température ambiante
T2 = T1-10°C
L’afficheur indique : T1-T2 , F et e/
Exemples de mesures possibles
- Vérifier l’addition des résistances thermiques d’une
superposition de différents matériaux.
Exemple : béton et coton.
- Comparer la résistance thermique d’un revêtement sec
et d’un revêtement humide. Exemple : moquette.
- Retrouver les valeurs de la conductivité thermique des
Commercialisé par Sciencéthic® sur la
base d’un prototype réalisé par des différents matériaux (béton, coton, verre, bois,
professeurs de l’académie de Montpellier aggloméré,...) et les classer suivant leur conductivité
(cf RNSTL) thermique.
Association de résistances thermiques en série :
exemple du double-vitrage
sont parcourues par le même flux

Rthéq   Rthi
i

Simple vitrage Double vitrage verre-air-verre


T2=270K
air ~ 0,03 W.K 1m1
e = 6 mm
 verre  1,2 W.K 1.m1
S = 1 m²
T1=295K
T1=295K T2=270K

ev1=3mm ; eair=3mm ; ev2=3mm

Calculer Rth1 et le flux F1 Calculer Rth2 et le flux F2


Association de résistances thermiques en parallèle
sont soumises à la même différence de température
F vitre

Rth1
F vitre T1 T2

Rth2

T2 F mur

T1  T2  Rtheq .F
T1 F mur
1 1 1
 
Rtheq Rth1 Rth2
Thermique de l’habitat : bilan thermique sur un local
Entreprise Sergies pour la maîtrise des dépenses énergétiques

Survol des habitations avec une caméra


infrarouge afin d'identifier les déperditions
d'énergie des bâtiments
Bilan thermique sur un système fermé
Premier principe de la thermodynamique appliqué à la thermique.

Problématique :
-Maison « froide » ( Text = 0°C)
-À t = 0, on allume le chauffage
-Système = air + murs de capacité
thermique totale C
-On suppose T(t) uniforme
-La puissance de chauffe est
constante.
-Quelle est l’évolution de T =f(t) ?
Bilan thermique

STOCKAGE
dU
ECHANGES
SORTANTS
Fsortant dt

PRODUCTION FS

PRODUCTION = STOCKAGE + ECHANGES SORTANTS

On allume Dans l’air et Pertes


le chauffage les murs thermiques
Bilan thermique en Watt
PRODUCTION = STOCKAGE + ECHANGES SORTANTS

dU
Fsortant dU
dt T(t) Fsources   F pertes
dt
Text
FS Fsources  C.
dT( t )
 F pertes
dt

En régime permanent : pas de stockage F sources  F pertes

F pertes 1
F pertes  (T  Text )
RthT
Text T
Bilan thermique en régime permanent
1 T  Text  Rth.F s
F sources  F pertes Fs  (T  Text )
Rth

Text  0C
Exemple de données sur un local à chauffer :
Rth  2,85.10 3 K .W 1
On souhaite T  20C en régime permanent
C  6,27.106 J .K 1
T (t  0)  0C
F s  7kW
Critère de choix de la PAC
Pompe à chaleur eau glycolée / eau
Vitocal 200 de Viessman. D'une
puissance de 6,1 à 9,7 kW.
Prévoir 40W/m² pour une maison isolée selon la
réglementation RT2000/RT2005
Manipulations en Sciences-Physiques

Bilan thermique

T(t)

Text
Fs

T  Text  Rth.F s
On déduit la résistance
thermique Rth

Comparer des
matériaux isolants.
Conducto – convection à l’interface paroi - fluide
La mécanique des fluides nous indique qu’au voisinage de la paroi apparaît dans le
fluide une zone due à la convection et appelée couche limite.

Paroi Flux conducto-convectif donné


par la loi de Newton :

TP
Fluide à T Fcc  h.S.(TP  T )
h = coefficient de transfert conducto-
convectif.

Surface S Convection naturelle Convection forcée


0  x Gaz : Gaz :
Couche limite 5 < h < 10 W.K-1.m-2 10< h < 300 W.K-1.m-2
Eau : Eau :
100 < h < 1000 W.K-1.m-2 300 < h < 12000 W.K-1.m-2
Prise en compte des résistances conducto-convectives
1
Fcc  h.S.(TP  T ) Rcc 
h.S

he
hi

1 1
Rth    Rcond . 
hi .S he .S
Rayonnement
Pray  S. .T 4

La loi de Stefan régit ce type de transfert pour les corps noirs (idéaux)
P est la puissance rayonnée par un corps noir porté à la température T.
 est une constante égale à 5,6.10-8 W.m-2.K-4
Pour les corps « non noirs » la loi de Kirchhoff généralisée s’écrit :
P = e.S..T4
Où e est le facteur d’émission total (émissivité total) de la surface émettrice
Cu Peinture Brique Peinture
Matériau Alu Cu poli Carbone Béton Suie Corps noir
oxydé blanche rouge noire

Valeur de e
0,02 0,03 0,5 0,8 0,87 0,9 0,94 0,94 0,95 1
(à T = 300 K)

Valeurs tirées du Hecht (physique chez De Boeck)


Les échanges thermiques (en terme de puissance) peuvent s’écrire

Pech  ε.S..(T4  Text 4 )


Pech < 0 si T < à Text
Pech > 0 si T > à Text

La sensation de confort thermique dépend du rayonnement


(d’où l’apparition de radiateur rayonnants)
La pompe à chaleur (PAC)
Description

Efficacité (ou COP) :

 qc
Grandeur « valorisable »

e
wr Grandeur « coûteuse »

e>1
La pompe à chaleur (PAC)
Description
R134a

Phénomènes endothermiques Phénomènes exothermiques


(absorbant de la chaleur) (produisant de la chaleur)
Fusion d’un solide Solidification d’un liquide

Vaporisation d’un liquide Condensation d’une vapeur


Sublimation d’un solide Condensation en phase solide
Désorption d’un gaz ou d’une vapeur Absorption d’un gaz ou d’une vapeur
(d’un liquide ou d’un solide) (dans un liquide (absorption), dans un solide
(adsorption))
Détente d’un gaz comprimé Compression d’un gaz
La pompe à chaleur (PAC)
Description
Les PAC
Les PAC air/eau : Les PAC eau/eau : géothermiques :
La chaleur est prélevée dans La chaleur est prélevée
l’air extérieur pour être restituée dans une nappe phréatique La chaleur est prélevée
à un circuit d’eau (plancher et restituée à un circuit dans le sol et restituée à
chauffant ou radiateurs). d’eau. un circuit de chauffage.
PAC sol/sol (à PAC eau- PAC sol/eau
détente glycolée/eau (procédé
directe) mixte)
Le fluide De l'eau Le fluide
frigorigène additionnée frigorigène
circule dans les d'antigel de la PAC
capteurs et le circule dans circule dans
plancher les capteurs les capteurs
chauffant. et de l'eau et de l'eau
circule dans circule dans
les émetteurs les émetteurs
de chauffage. de chauffage

Horizontal à 60 cm : 37 W/m²

2,5 < e < 3 5 < e < 5,5 3,5 < e < 5


Les PAC émettent environ quatre à six fois moins de CO2 que le système de
chauffage au gaz et huit fois moins que le chauffage au fioul.
La pompe à chaleur (PAC)
Étude thermodynamique

eau

R134a
Source froide Source chaude

Fluide R134a

SF
SC
Wattmètre