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L’Organisation régionale des

échanges

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L’Organisation régionale des
échanges

I- Les différents degrés d’intégration régionale


II- Les concepts de création et de détournement de
commerce
III- La théorie statique des unions douanières
IV- L’élargissement de l’Union européenne : effets
domino et moyeu-rayon
V- La nouvelle configuration des accords commerciaux
régionaux
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I- Les différents degrés
d’intégration régionale :
portée et limite de la
classification de Balassa

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Typologie de B. Balassa (1962)

• Zone de libre-échange (ZLE)


• Union douanière Intégration
• Marché commun croissante
• Union économique

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Zone de libre-échange élimination des obstacles
douaniers internes, quantitatifs
et tarifaires
Union douanière ZLE avec TEC (tarif extérieur
commun)
Marché commun 4 libertés de circulation
(marchandises, services,
travail, capital)
Union économique Marché commun avec des
politiques harmonisées ou
communes

5
Insuffisances de la classification
de B. Balassa

• Elle ne tient pas compte des accords préférentiels


• Elle correspond aux prémisses de l’intégration européenne (AELE et
CEE) mais ne convient plus aux nouvelles associations de libre-
échange
• Elle exclut les associations mixtes (union douanière et ZLE)

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Insuffisance de la classification de Balassa (1)
Elle ne tient pas compte des accords préférentiels

t = 5%
>
A t = 5% B t = tarif douanier

t = 15% t = 20%
C

Exemple : la zone de libre-échange de l’AFTA (Asean Free


Trade Area) était initialement un accord préférentiel (1977)
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Insuffisance de la classification de Balassa (2)
Les nouvelles associations de libre-échange

L’ALENA (Accord de libre-échange nord-


américain), comme l’AFTA, ajoute au contenu
traditionnel de la ZLE une composante du marché
unique, la libre circulation des capitaux

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Insuffisance de la classification de Balassa (3) :
associations simples ou mixtes
• La Communauté andine (1996) :
union douanière associant la
Bolivie, la Colombie, l’Equateur,
le Pérou, le Vénézuela
• Le Mercosur (Marché commun
du Sud de l’Amérique latine,
1991) : union douanière entre
Argentine, Brésil, Paraguay, et
Uruguay, associé en zones de
libre-échange bilatérales avec la
Bolivie (1996), le Chili (1997), le
Pérou (2003) et le Vénézuela
(2004)
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II- Les concepts de création
et de détournement de
commerce

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Une création de commerce survient “lorsque, à la
suite de la mise en place de l’union douanière et
de l’abaissement consécutif des tarifs entre pays
membres, un bien qui auparavant était fourni par
des producteurs locaux est maintenant offert par
un pays membre de l’union et donc échangé
internationalement, parce que les producteurs de
ce dernier pays sont plus efficaces dans sa
production. Il y a donc une meilleure allocation
des ressources productives”.

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CREATION DE COMMERCE

A B

B importe de A un produit qui n’était pas importé avant union


du fait d’un coût de production unitaire moindre en A

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Exemple de création de commerce

Exemple : après avoir pratiqué en 1957 des tarifs


douaniers sur les automobiles de 30 % (France) et
de 17 à 21 % (Allemagne), les tarifs entre les deux
partenaires sont progressivement diminués puis
annulés au 1er juillet 1968, suscitant des créations
de commerce en faveur de l’Allemagne

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Un détournement de commerce survient “lorsque, à la suite de
l’élimination de tarifs dans l’union et de la mise en place d’une
protection commune, on substitue dans l’approvisionnement local,
des producteurs de pays partenaires de cette union à des producteurs
extérieurs à cette union pourtant plus efficaces, du fait du régime
tarifaire discriminatoire”. Il y a donc une moins bonne allocation des
ressources productives.

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DETOURNEMENT DE COMMERCE

B
A B
A C

B importe de A un produit importé de C avant union, alors que C a de


meilleurs coûts de production unitaires que A

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Exemple : la “guerre du poulet”
Exemple : En 1961, la PAC institue un droit forfaitaire de 13,5
cents ($) la livre sur les importations de poulets allemands, contre
5 cents auparavant,
Est-ce que j’ai une tête
de détournement de
commerce ? !

tout en exonérant les partenaires de la CEE. Les


approvisionnements français et néerlandais ont alors rapidement
remplacé ceux originaires des Etats-Unis, en dépit de leur
moindre coût.
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III- La théorie statique des unions
douanières

A- Le modèle statique avec rendements


différenciés

B- Le modèle statique avec rendements


croissants

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Enjeu et méthode

• La création d’une union douanière a-t-elle une


justification économique ?

• Evaluation de l’effet d’une union sur les quantités


(production, consommation, flux commerciaux) et
sur le bien-être

• Approche statique : comparaison de l’équilibre


avant et après union

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Le cadre d’analyse de la
théorie statique

• La théorie statique des unions douanières adopte les


hypothèses de la théorie néoclassique
• L’analyse s’effectue en équilibre partiel
• On suppose qu’un pays domestique s’associe avec un
pays partenaire au sein d’une union

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A- Le modèle statique à rendements
différenciés

• La production du pays domestique s’effectue à


rendement décroissant et celles du pays partenaire et du
reste du monde à rendements constants
• Le pays domestique est supposé suffisamment petit par
rapport au partenaire et au reste du monde pour que sa
demande d’importation soit toujours satisfaite au même
prix
• Le reste du monde produit à des coûts inférieurs à ceux
du pays partenaire
• On assimile le coût au prix

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L’Evolution de l’intégration en Europe de
l’Ouest
• Les élargissements successifs de l’UE traduisent l’attraction exercée
par un groupe régional sur les pays tiers
• La coexistence de 2 groupes de dimension inégale (CEE et AELE)
engendre le basculement des pays membres du groupe le plus petit
vers le groupe le plus grand

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L’effet domino ou la dynamique de
l’élargissement

Les adhésions des pays tiers sont motivées par l’accès


au marché régional, l’incitation à adhérer s’intensifiant
au fur et à mesure des élargissements, et donc de
l’agrandissement de ce marché (potentiel de
réalisation d’économies d’échelle croissant)

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Le rôle des grandes firmes

- Les firmes des pays tiers exercent une action de


lobbying auprès de leur gouvernement pour engager
des négociations d’adhésion ou de transfert d’un
groupe à un autre
- En cas d’élargissement de l’union régionale, la
pression des firmes non-membres se fait plus
intense

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L’effet moyeu-rayon (R. Baldwin)

Lorsque l’effet domino prend la forme de simples


accords commerciaux bilatéraux de libre-échange
avec des pays tiers, il est qualifié d’effet moyeu-
rayon

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Constitution de l’AELE (Association européenne de
libre-échange)

• 1960 : entrée en vigueur de l’AELE composée de


l’Autriche, du Danemark, de la Norvège, du
Portugal, du Royaume-Uni, de la Suède et de la
Suisse
• 1970 : adhésion de l’Islande
• 1986 : adhésion de la Finlande
• 1991 : adhésion du Liechtenstein

25
IS

AELE-7
NL
B D
L N
S FIN
F
I DK
CEE-6 UK

P A
IR CH
L

1960 : la “cohabitation” de deux


E ensembles régionaux en Europe
GR
occidentale
26
LES ELARGISSEMENTS DE l’UE : L’EFFET DOMINO

Finland

Sweden

Denmark
Ireland
England
Netherlands
Belgium Germany

France Austria

Portugal Spain Italy


Greece

27
Un effet moyeu-rayon coïncide avec
l’élargissement de 1973

IS

FIN
DK N
S
NL
UK B D AELE-7’
IRL L
CEE-9 A
F
I
CH
P

E
GR

28
Il aboutit à la signature du Traité de Porto
(1992) instaurant l’EEE

• L’EEE (Espace économique européen) instaure un marché


commun entre ses membres, sans harmonisation fiscale,
mais avec certaines politiques communautaires
(concurrence, transferts aux régions pauvres de l’UE,
contrôle des aides d’Etat, …)
• Il comprend aujourd’hui 18 Etats membres
• La Suisse signe le Traité EEE sans le ratifier (référendum,
2002)

29
L’AELE ne se
compose plus que
de 4 membres

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Pourquoi restent-ils des électrons presque
libres ?
• R. Baldwin présente l’acte de candidature comme le résultat de forces
contradictoires
• En Suisse, la résistance à l’adhésion à l’UE est forte (souveraineté
nationale, participation aux fonds régionaux, …) malgré l’adoption
des accords de Schengen en 2005
• La Norvège est une économie pétrolière moins sujette à des pressions
de grandes firmes industrielles

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La 5ème vague d’élargissement
• Juin 1993 : établissement des “critères de
Copenhague” :

• Démocratie
• Respect des droits de l’homme et protection
des minorités
• Un critère juridique : l’ “acquis
communautaire”
• Economie de marché

32
32
De Copenhague à Copenhague

• Sommet européen de Copenhague, décembre 2002:


8 PECOs et Malte et Chypre sont admis dans l’UE à
partir de 2004

33
33
RAPPORT SUR LE COMMERCE ET
LE DEVELOPPEMENT 2007
UNCTAD

Coopération régionale
pour le développement

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Accords régionaux de commerce:
tendances récentes

35
Accès aux marchés ou espace pour appliquer ses
politiques?
Les accords de commerce Nord-Sud posent un
choix difficile aux pays en développement

• Les pays en voie de développement peuvent vouloir s’assurer ou


améliorer leur accès aux marchées des pays développés;
• Ils peuvent chercher à obtenir des concessions qui ne sont pas agréées
aux autres pays en développement;
• Des pays peuvent se sentir forcés de signer ces accords pour ne pas
perdre de leur compétitivité par rapport à d’autres pays en
développement qui ont conclu des accords de libre échange avec le
même grand partenaire commercial.
• Cependant, les pays en développement n’arrivent pas toujours à profiter
du meilleur accès au marché à cause de leurs limitations du côté de
l’offre, des subventions aux secteurs “sensibles” des pays développés et
du fait que leurs entreprises ont souvent du mal à remplir les règles
d’origine.

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Cependant, les accords Nord-Sud réduisent le
marge de manoeuvre qu’ont les pays en
développement pour mener des politiques
économiques actives

• Le traitement spécial et différencié est remplacé par une


complète réciprocité;
• Les pays en voie de développement doivent accepter une
libéralisation plus pousée que celle qui est agréee à l’OMC.
• Les accords de libre échange N-S comportent des clauses qui
vont au-delà des règles fixées à l’OMC dans des domaines
comme l’investissement étranger direct, les droits de la
propriétée intellectuelle, les politiques de la concurrence et les
achats du Gouvernement;
• Ils tendent à couvrir aussi des questions qui ont été exclues des
négociations multilatérales, telles les règles laborales et de
l’environnement.

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Mais:

L’intégration régionale entre pays en


développement peut être un instrument
important pour l’industrialisation et le
changement structurel

38
Autres domaines pour une
coopération régional active

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D’autres domaines porteurs pour une coopération
régional active pour le développement comprennent:

• Aménagements pour favoriser le commerce et les


déplacements;
• La planification et le financement de l’infrastructure detransport
pour rendre possible le commerce transfrontalier et en réduire
le coût;
• Gestion régionale des projets d’investissement dans l’énergie et
l’eau, qui dans beaucoup de pays représentent des goulots
d’étranglement;
• Projects régionaux de développement industriel et dans la
recherche, qui peuvent être trop coûteux pour u pays individuel
mais deviennent viables en mettant les ressources nationales
en commun;
• Coopération monétaire et financière.

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Les pays en développement font face à de nombreux
disfonctionnements du système financier
international (SFI)

• Les flux de capitaux sont instables; les taux de change


réels des pays en développement varient fortement et
sont parfois surévalués;leur accès à un financement de
long terme est difficile;
• Le gouvenement du SFI est entre les mains du FMI, une
institution dans laquelle les pays en développement ont
peu d’influence;
• Face à un déficit dans la balance des payments, les pays
en développement n’accèdent pas toujours à un
financement opportun, et celui qu’ils reçoivent est soumis
à de fortes conditions d’ajustement macroéconomique et
de réformes structurelles;
• Plusieurs pays accumulent désormais des réserves
internationales comme un mécanisme d’auto-assurance.
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La coopération financière régionale peut:

• Offrir aux Banques Centrales des mécanismes de paiement et de


crédit de court terme, réduisant les coûts de transaction et le
recours à des devises “dures”;
• Créer un mécanisme de financement des déséquilibres de la
balance des paiements à travers des lignes de crédit bilatérales ou
la mise en commun d’une partie des réserves (ex.: FLAR,
Initiative Chiang Mai, Fonds Monétaire Arabe);
• Etablir des mécanismes pour stabiliser les taux de change,
pouvant mener à une union monétaire;
• Offrir des financements de long terme à travers des banques sous-
régionales de développement et des marchés obligataires
régionaux;
• Les fonds monétaires régionaux peuvent servir de base à un
système financier international plus équilibré.

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En conclusion, la coopération régionale peut:
• Favoriser l’industrialisation et le changement structurel en offrant des
marchés plus larges pour les activités industrielles et en
développant des infrastructures dans des secteurs stratégiques,
comme l’infrastructure des transports et de l’énergie;
• Réduire les assymétries entre les pays membres à travers une
politique industrielle régionale et des fonds de convergence
structurelle;
• Coordiner les politiques économiques et réduire la volatilité des taux
de change;
• Renforcer ou remplacer les sources multilatérales de financement de
la balance des paiements et de projects de développement;
• Préserver et élargir l’espace des politiques de développement.

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Les décisions concernant l’intégration
commericale et financière ne relèvent pas
seulement du commerce et des finances:

Elles ont des conséquences de long terme


dans la capacité de mettre en place des
politiques de développement dans de
nombreux aspects de la politique
économique.

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5ème vague d’élargissement

1994

1973

2004

1958

Cyprus

1973 Malta
1981
45
45
26ème et 27ème pays membre

• 1er janvier 2007 : 6ème élargissement à la Bulgarie et la Roumanie

46
46
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/swf/carte.swf
47
47
Le réseau complexe des accords
régionaux
(hubs and spokes)

48
48
La configuration des accords
commerciaux régionaux a changé

• Auparavant un pays était membre d’un


seul accord
• Aujourd’hui le même pays participe à 2
ou plusieurs accords

49
49
Nouvelle Pays 1 :
Hub
configuration
Accord Pays 3 :
2 Spoke

Accord
1

Pays 2 : RdM
Spoke

50
50
Cette nouvelle configuration fait penser aux
réseaux d’aéroports (hubs and spokes)

• Les “hubs” peuvent être :


• Un pays, par exemple les Etats-Unis ou
Singapour
• Un groupe de pays, par exemple le
Mercosur

51
51
52
52
Hubs and Spokes au sein de l’APEC (2003)

•Russia •Japan
•Korea
•USA
NAFTA
•Hong Kong
•China
•Mexico
ASEAN
•Canada
Cambodia Vietnam
Myanmar Laos
Malaysia Philippines
Indonesia Brunei

•Thailand
•Peru
•Chile
Singapore

•Papua New Guinea


CER
•Australia •New Zealand
53
53
Vers une Zone de libre-échange ASEAN + 3

54
Le « Bol de Spaghetti latino-américain

55
Source : Antoni Estevadeordal (2002), “Regional Integration and Regional Cooperation in Latin America”, LAEBA 55
Annual Meeting, ADB Institute and Inter-American Development Bank, Singapore, February.
Devant la complexité des réseaux commerciaux
2 solutions sont envisageables

- Fondre les accords commerciaux dans le libre-


échange mondial (OMC)

- Constituer de vastes zones de libre-échange

56
56
APEC (Asia Pacific Economic
L’APEC Cooperation)

57
57
La ZLE
des
Amériques

58
58
59
59

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