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Droit des sociétés

La législation
• - Le D.O.C. : articles 982 à 1063 prévoient des dispositions générales applicables
aux sociétés civiles et commerciales.
• - Le code de commerce de 1913, Il n’avait accordé à la société anonyme, qui est
une société de capitaux, que deux articles (50 et 51) et n’avait jamais traité de la
société à responsabilité limitée (SARL).
• - C’est le dahir du 11 août 1922 qui, en abrogeant l’article 51 du code de
commerce, avait rendu applicable au Maroc les dispositions de la loi française du
24 juillet 1867 relative à la SA et à la société en commandite par actions.
• - Enfin, c’est le dahir du 1er septembre 1926 qui avait rendu applicable au Maroc la
loi française du 7 mars 1925 relative à la SARL.
• Il convient de signaler que les dispositions du D.O.C. sont toujours applicables. Ses
articles 982 à 1063 prévoient des dispositions générales communes aux sociétés
civiles et commerciales.
• A côté de ces dispositions de droit commun des sociétés, notre législation des
sociétés commerciales est désormais contenue dans deux lois :
• - la loi n° 17/95 relative aux SA, promulguée par dahir du 30 août 1996;
• - et la loi n° 5/96 relative aux autres sociétés, promulguée par dahir du 13 février
1997.
Le contrat de société

• Conditions de formation du contrat


• Les attribues des sociétés
• La dissolution
• Le classement des sociétés
Les conditions de formation
Une société peut être créée soit par un
contrat entre plusieurs personnes, soit par un
acte unilatéral de volonté par une seule
personne dans le cadre d’une SARL à «associé
unique»
Conditions de fond
• l’article 982 «la société est un contrat par
lequel deux ou plusieurs personnes mettent en
commun leurs biens ou leur travail, ou tous les
deux à la fois, en vue de partager le bénéfice
qui pourra en résulter».
– Les associés
– Les apports
– Le partage des bénéfices
– "L’AFFECTIO SOCIETATIS"
Les associés
a- La capacité
• la capacité de s’obliger, à savoir l’aptitude à contracter société.
• souscription ou l'acquisition des parts ou actions de sociétés: pour les mineurs:
présentation par le tuteur légal ou leur tuteur testamentaire ou datif après
autorisation du juge
• Le mineur émancipé peut être actionnaire d'une SA ou d'une commandite par
actions, commanditaire dans une commandite simple, ou associé d'une SARL.
Exception de la société de personne qui exige des conditions spéciales selon e
code de commerce
b- Le nombre d'associés
• Selon le principe posé par l'article 982 D.O.C. une société peut être constituée au
moins par deux associés.
• Quant aux sociétés commerciales, le nombre minimal d’associés varie selon le type
de société : 5 pour la SA, 3 commanditaires au moins et un ou plusieurs
commandités pour la société en commandite par actions, deux pour la SARL et un
seul pour la SARL à associé unique et ce, contrairement au principe de la pluralité
d’associés posé par l’article 982 D.O.C.
Les apports
a. Les apports en numéraire
• Ce sont les espèces (argent) apportées par les associés pour constituer la société. Chaque
associé remet aux fondateurs sa quote-part financière lors de la constitution de la société.
b. Les apports en nature
• Ils sont constitués par différents types de biens, autres que le numéraire, susceptibles d’être
capitalisés. Ces apports peuvent être faits en pleine propriété, en jouissance, ou encore en
usufruit.
• Ces apports peuvent prendre la forme de meubles corporels, ou incorporels ou d’immeubles.
• Ces apports doivent faire l’objet d’une évaluation car, pour ne porter préjudice ni à l’associé
ni aux autres associés ou encore aux créanciers sociaux garant des dettes sociales. Des
commissaires aux apports chargés de donner, sous leur responsabilité, une valeur à ces
apports.
• c. Les apports en industrie
• Ils sont constitués par le savoir-faire de certains associés et ne sont possibles que dans les
sociétés de personnes et, dans certaines conditions, dans les SARL. Ils n’entrent pas dans la
constitution du capital social (ce sont des apports non capitalisés).
• En revanche, ils donnent droit à une part des bénéfices et rendent leur titulaire responsable
des dettes de la société à concurrence de l’évaluation de la valeur de son apport.
LE PARTAGE DES BENEFICES
• La société est constituée dans le but : faire des bénéfices ou de
profiter d’une économie. Chaque associé recevra une part des
bénéfices au prorata de ses apports. Ces règles s’appliquent
également à la contribution des associés aux pertes.
• Les statuts ne peuvent cependant prévoir des clauses qui ont pour
effet d'attribuer à un associé une part dans les bénéfices ou dans
les pertes supérieure à la part proportionnelle à sa mise. Il suffit
donc que cette part soit supérieure à la proportion de la mise d'un
associé, pour donner lieu à la nullité de la société.
• - C'est-à-dire la réalisation d’une économie au profit des associés,
par exemple la réalisation d’opérations à moindre coût comme
l’achat de produits à moindre prix ; cette économie est assimilée au
profit.
"L’AFFECTIO SOCIETATIS"
• C’est un élément psychologique élaboré par la jurisprudence. Il
consiste dans la volonté des associés de collaborer de façon :
• active (information, vote, etc.),
• volontaire
• et égalitaire, puisqu’il n’existe pas de lien de subordination entre
les associés.
• Cet élément permet par exemple aux juges de distinguer le contrat
de société des autres contrats ; ainsi, dans un contrat de travail
dans lequel il est stipulé que l’employé sera rémunéré par
participation aux bénéfices, l’employé ne peut être considéré
comme un associé qui fait un apport en industrie car l’employé
reste subordonné à son employeur, alors que l’affectio societatis ne
connaît pas de subordination. En outre, cet élément reste très utile
pour déterminer l’existence des sociétés de fait.
LES CONDITIONS DE FORME
A – LES STATUTS
• C’est l’acte fondateur de la société ; il consiste dans la rédaction et la signature des
statuts.
• l’article 987 D.O.C., le contrat de société est simplement consensuel, c'est-à-dire
que seul le consentement des parties est nécessaire pour constituer une société ;
cependant, s'agissant des sociétés commerciales, il est obligatoire que les statuts
soient établis par écrit.
• Les statuts peuvent prendre la forme d’acte sous seing privé ou d’acte
authentique. Ils contiennent des indications sur :
- l’identité de la société (forme, objet social, siège social, durée, capital social, etc.),
- celle des associés apporteurs (nom, domicile, types d’apport, montant, etc.),
- les règles de fonctionnement qui la régissent (gérance, tenue des assemblées,
partage des bénéfices, etc.)
- La gérance: Les premiers dirigeants de la S.A. sont désignés soit par les statuts, soit
dans un acte séparé annexé aux statuts, mais leur prise de fonction ne sera
effective qu'à compter de l'immatriculation au registre de commerce. Les
administrateurs peuvent, dès leur nomination, désigner le président du conseil
d'administration, le ou les DG et le ou les DG délégués ; les membres du conseil de
surveillance peuvent déjà, aussi, désigner les membres du directoire (art.20).
Conditions de forme
B - SOUSCRIPTION DU CAPITAL ET LIBERATION DES APPORTS
• Une société ne peut être constituée que si tous les titres émis sont
souscrits par les associés.
• Dans les S.A. et SARL la souscription au capital (lorsqu’il est prévu
par les associés, d’après la loi 24-10 de 2011) est exigée parce qu'il
est possible de fractionner la libération comme nous allons le voir.
Par contre, dans les autres sociétés, les apports en numéraire
doivent être libérés intégralement dès la constitution.
• Pour les S.A. la réalisation du capital se fait par des bulletins de
souscription qui doivent être établis en double exemplaire, dont
l’un est remis au souscripteur contenant un certain nombre de
renseignements sur la société.
• Il s’agit de la loi n°24-10 modifiant la loi 5/96 relative à la SARL et
les autres sociétés commerciales, loi du 2 juin 2011 BO n° 5956 bis
du 30/6/2011.
SOUSCRIPTION DU CAPITAL ET LIBERATION
DES APPORTS
a - La libération des apports en numéraire
• En principe, la libération des apports se fait en totalité
dès la constitution des sociétés
• S.A et SARL: un ¼ de la valeur du capital sauf s’il est
• la S.A., la libération des 3/4 restants doit intervenir en
une ou même en plusieurs fois suivant la décision du
conseil d’administration ou du directoire dans un délai
qui ne peut dépasser 3 ans à compter de
l’immatriculation de la S.A. au RC.
• la SARL, la libération du surplus peut intervenir en une ou
plusieurs fois sur décision du gérant dans un délai qui ne
peut excéder 5 ans à compter de la date
d’immatriculation.
SOUSCRIPTION DU CAPITAL ET LIBERATION
DES APPORTS
b - La libération des apports en nature
• Les apports en nature doivent être intégralement libérés lors de la
constitution de toute sorte de société commerciale.
• Ces apports doivent être transférés à la société en formation, mais après
avoir été vérifiés.
• S.A.: les fondateurs désignent un ou plusieurs commissaires aux apports.
Ce dernier établit, sous sa responsabilité, un rapport décrit chacun des
apports, indique le mode d’évaluation utilisé et les raisons pour lesquelles
il a été adopté et affirme que la valeur des apports correspond à la valeur
nominale des actions à émettre (art. 25). Ce rapport est déposé au siège
social et au greffe du tribunal et mis à la disposition des futurs
actionnaires 5 jours au moins avant la signature des statuts ; cette
signature par les actionnaires vaudra donc approbation de l’évaluation des
apports.
• la SARL: les commissaires aux apports sont obligatoires quand la valeur
d’un des apports dépasse 100 000 dh et si le total des apports en nature
est supérieur à la valeur de la moitié du capital social (article 53).
SOUSCRIPTION DU CAPITAL ET LIBERATION
DES APPORTS
D - LA DECLARATION DE SOUSCRIPTION ET DE VERSEMENT
• Cette formalité ne concerne que les S.A.:
• Lorsque le capital est intégralement souscrit et les versements
exigés sont effectués de manière régulière, les fondateurs doivent
établir une déclaration constatant ces opérations soit par acte
notarié, soit par acte sous seing privé ; dans ce dernier cas, l’acte
doit être déposé au greffe du tribunal du lieu du siège social.
• Pour ce faire, les fondateurs doivent présenter, avec leur
déclaration, les bulletins de souscription et un certificat de la
banque dépositaire afin de permettre au notaire ou au secrétaire-
greffier, en cas d’acte sous seing privé, de vérifier la conformité de
la déclaration des fondateurs.
• Ils doivent en outre y joindre la liste des souscripteurs, l’état des
sommes versées par chacun d’eux et un exemplaire ou une
expédition des statuts.
SOUSCRIPTION DU CAPITAL ET LIBERATION
DES APPORTS
E – LES FORMALITES DE DEPÔT AU TRIBUNAL
• Les fondateurs de la société doivent déposer au tribunal du lieu du siège social un
certain nombre de pièces notamment :
• - deux copies ou deux exemplaires des statuts certifiés conformes par le
représentant de la société ;
• - les actes de nomination des premiers dirigeants,
• - le cas échéant, le rapport du commissaire aux apports etc.
F – LA PUBLICITE DELA CONSTITUTION
• Afin d’assurer une plus grande transparence de la vie des sociétés et de protéger
leurs partenaires commerciaux, des conditions de publicité ont été rendues
obligatoires.
• Après le dépôt des statuts et autres pièces au tribunal, les fondateurs doivent faire
une demande d’immatriculation au registre du commerce qui permettra à la
société d’acquérir la personnalité morale.
• Ensuite, dans les 30 jours de l'immatriculation de la société au registre du
commerce, les fondateurs doivent faire publier un extrait des statuts dans un
journal d’annonces légales et au bulletin officiel. Cet extrait doit mentionner les
renseignements essentiels sur la constitution de la nouvelle société (forme,
dénomination, siège social, durée, montant du capital, etc.); il doit également
contenir le numéro de l'immatriculation de la société au RC
LES ATTRIBUS DES SOCIETES
LA DENOMINATION SOCIALE
• Comme toutes les personnes juridiques, les sociétés s’identifient
par un nom ; qui peut être choisie sans limitation de possibilités.
• Cette dénomination est protégée contre les usurpations et l’on peut
en changer par simple modification des statuts au cours d’une
assemblée générale extraordinaire.
• Certaines sociétés ont une raison sociale telles que les sociétés
civiles. Il s’agit d’une identification qui comprend tout ou partie des
noms des associés suivis de «et compagnie», exemple : société
BENANI et compagnie
• Actuellement les sociétés de personnes ne sont plus obligées
d'adopter une raison sociale ; quant aux autres sociétés
commerciales, elles doivent, obligatoirement, avoir une
dénomination sociale qui peut parfois comprendre les noms de
certains associés (à l'exception de la SA) ; elle doit être toujours
suivie ou précédée de la forme de la société.
LES ATTRIBUS DES SOCIETES
LE SIEGE SOCIAL ET LA NATIONALITE
A – AU NIVEAU NATIONAL
• Le siège social, qui doit être mentionné dans les statuts, représente le domicile de la société :
- il permet de la localiser pour accomplir certaines opérations (correspondances, impôts, etc.),
- les actions en justice contre la société doivent être intentées devant le tribunal de son siège
social,
- il permet aussi de déterminer le lieu des formalités de dépôt et de publicité.
- il détermine en outre la nationalité de la société qui est celle du pays où se situe son siège
social. L’importance de la nationalité est considérable puisqu’elle définit les lois applicables à
la société (formation, fonctionnement, etc.).
• l'art. 5 de la loi 17/95 se contente de stipuler, sans évoquer la question de la nationalité que :
«Les SA dont le siège social est situé au Maroc sont soumises à la législation marocaine».
• l'alinéa 2 du même article laisse aux tiers, et notamment le fisc, le choix entre le siège
statutaire (qui est fictif) et le siège réel. "Les tiers, dispose cet alinéa, peuvent se prévaloir du
siège statutaire, mais celui-ci ne leur est pas opposable par la société si son siège réel est
situé en un autre lieu".
• Pour le transfert du siège social, il suffit de modifier les statuts au cours d’une assemblée
générale extraordinaire et de procéder aux mesures de publicité sous peine d'inopposabilité
aux tiers.
LES ATTRIBUS DES SOCIETES
B – SUR LE PLAN INTERNATIONAL : SOCIÉTÉS INTERNATIONALES ET SOCIÉTÉS multinationales
• Il existe cependant des sociétés qui ne sont régies par aucune loi nationale, il
s'agit des sociétés internationales qui sont comparées par certains auteurs aux
personnes physiques apatrides, avec cette différence qu'elles sont créées par des
conventions internationales (entre Etats) et régies par leurs seuls statuts sans être
rattachées à une loi nationale.
• Puis il y’a les sociétés multinationales ont plusieurs nationalités. Ce sont des
sociétés qui forment un groupe (comprenant une société mère et des filiales)
implanté sur le territoire de plusieurs Etats et chaque unité du groupe bénéficie
d'une autonomie juridique. Il s'agit en fait d'une seule personne morale à laquelle
les différents États attribuent la nationalité chacun en vertu de son critère (siège
social, centre d'exploitation, lieu d'incorporation ou critère du contrôle).
• En réalité, malgré ces différentes nationalités, presque toutes les multinationales
sont des sociétés qui n'ont qu'une seule nationalité, celle de la société dominante
dont les dirigeants possèdent le pouvoir réel de décision ; c'est le groupe
(composé de toutes les unités) qui est qualifié de "multinationale". On citera
comme exemples General motors, I.B.M., Nestlé, Air Afrique, etc. Alors qu'une
filiale n'a pas de personnalité morale distincte de la société, une succursale est une
annexe de l'entreprise gérée par la société mais qui a une personnalité morale
propre.
LES ATTRIBUS DES SOCIETES
LA CAPACITE DELA SOCIETE
• La capacité des sociétés n’est pas aussi large que celle
des personnes physiques. En effet, une société n’a de
raison d’exister qu’en fonction d’une activité
économique (objet social). Sa capacité se limitera aux
actes relatifs à l’objet social défini dans les statuts ;
c’est la règle dite de la spécialité ou de la spécialisation
• Pour exercer ses droits, une société doit faire appel à
des représentants qui sont obligatoirement des
personnes physiques. Ces derniers accomplissent les
actes au nom de la société. Ce sont les dirigeants de la
société qui remplissent cette fonction. Il s'agit de la
capacité d'exercice de la société qui est exercée par ses
dirigeants
LES ATTRIBUS DES SOCIETES
LE PATRIMOINE
• Le patrimoine de la société se compose de l’actif, constitué par les apports
en numéraire et en nature des associés et par les biens acquis par elle à
l’occasion de son activité (meubles et immeubles), ainsi que du passif, qui
comprend l’ensemble des dettes de la société (les emprunts, les créances
des fournisseurs, les impôts, etc.)
• La société a un patrimoine qui lui est propre. On parle d'autonomie du
patrimoine, car il ne se confond pas avec celui des associés. Ainsi, l’actif de
la société n’appartient pas aux associés qui sont seulement titulaires de
droits pécuniaires et non pécuniaires envers la société par la possession de
parts ou d’actions.
• Les créanciers personnels des associés ne pourront en aucun cas saisir le
patrimoine social pour éteindre leurs créances. D’autre part, le passif de la
société ne peut être imputé sur le patrimoine des associés à l’exception des
sociétés de personnes dans lesquelles la responsabilité des associés est
indéfinie.
• - Il ne faut pas confondre patrimoine social et capital social. Alors que le
premier comprend et l’actif et le passif de la société, le capital social
représente le montant des apports effectués par les associés au profit de la
société, il peut être augmenté par de nouveaux apports ou par
incorporation de réserves, il peut même parfois être réduit.
LA FIN DES SOCIÉTÉS
• La durée: L’existence juridique de la société en tant que personne morale débute le jour de
son immatriculation au registre du commerce. Sa durée ne peut excéder 99 ans sous réserve
de prorogation.
• La volonté des associés: S’ils le désirent, les associés peuvent décider de mettre fin à leur
société avant l’arrivée du terme. Cette décision sera prise lors d’une assemblée générale
extraordinaire
• La disparition ou l’extinction de l’objet: L’objet peut disparaître pour de nombreuses raisons
(réalisation, expropriation, interdiction d’exploitation, etc.) dans ce cas, la société n’ayant plus
de raison d’exister, devra être dissoute.
• L’annulation de la société: Lorsque les conditions de la formation du contrat ne sont pas
respectées (vice du consentement, par exemple), la justice peut prononcer l’annulation du
contrat de société ; cette dernière cessera donc d’exister.
• La dissolution judiciaire: Pourvu qu’il y ait de justes motifs, tout associé a le droit de
demander au tribunal la dissolution de la société. C'est le cas par exemple de
mésintelligences graves survenues entre associés, le manquement d’un ou de plusieurs
associés à leurs obligations, etc.
• 6. L’application d’une procédure collective: En cas de difficultés, la société peut être soit
liquidée (lorsque aucune solution de redressement n’est possible), soit mise en redressement
judiciaire. Dans ce cas, si la fin de la période d’observation aucun plan de redressement n’est
jugé satisfaisant, le tribunal pourra prononcer la dissolution de la société
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE
SOCIÉTÉS CIVILES ET SOCIÉTÉS COMMERCIALES
• Les sociétés sont civiles ou commerciales selon la
nature de leur activité.
• Sont civiles, les sociétés dont l’activité est de nature
civile (agriculture, pêche etc.) et commerciales, celles
qui exercent l’une des activités commerciales prévues
par l’article 6 du code de commerce.
• Toutefois, le législateur a décidé que toutes les sociétés
qui prendraient une des formes juridiques
suivantes seraient considérées des sociétés
commerciales quel que soit leur objet: SA, SARL,
Société en Nom Collectif (SNC), Société en
Commandite Simple (SCS) ou par actions (SCA). On dit
qu’elles sont commerciales par la forme.
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE
LES SOCIÉTÉS DE PERSONNES (SNC ET SCS)
• Ce sont des sociétés qui se caractérisent par :
- la prédominance du facteur personnel (l’intuitu
personae) dans leur constitution et leur
fonctionnement ;
- l’engagement des associés au-delà de leurs
apports, leur responsabilité sera illimitée, c'est-à-
dire solidaire et indéfinie ;
- en contrepartie de leur apport, les associés
reçoivent des parts d’intérêts ou parts sociales,
qui sont des valeurs non négociables, c'est-à-dire
qu’elles ne sont cessibles que par la voie civile.
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE
• Dans ce type de sociétés :
- la considération de la personne est
indifférente, la somme des apports individuels
compte plus que la personne des apporteurs ;
- chaque associé n’est tenu que jusqu’à
concurrence de son apport ;
- les associés reçoivent des actions qui sont
négociables.
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE

• LA SARL
• C’est une société à mi-chemin entre les deux
groupes précédents :
- comme dans les sociétés de capitaux, les
associés ne sont engagés que jusqu’à
concurrence de leurs apports ;
- comme dans les sociétés de personnes, les
associés se connaissent (intuitu personae) ;
- et les parts sociales ne sont pas négociables.
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE

LES SOCIÉTÉS DE LES SOCIÉTÉS DE CAPITAUX


LA SARL
PERSONNES

Intuitu personae Intuitu personae Les apports (capital)

Responsabilité illimitée Responsabilité limitée Responsabilité limitée

Parts sociales Parts sociales Parts sociales


(non négociables) (non négociables) ( négociables)
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE

• LES SOCIÉTÉS SANS PERSONNALITE


• Dépourvues de la personnalité juridique, ces
sociétés ont la qualité civile lorsqu’elles ont
pour objet une activité civile, mais lorsqu’il est
commercial, elles sont régies par les
dispositions relatives à la SNC. Il s’agit de la
société en participation et de la société créée
de fait qu'il ne faut pas confondre avec la
société de fait
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE
LA SOCIETE EN PARTICIPATION
• Réglementée par la loi 5/96 (articles 88 à 91), la société en participation est la plus simple des sociétés
dans la mesure où la loi n’exige pour sa constitution aucune condition de forme, ni de publicité ; de plus,
elle n’a pas de personnalité morale puisqu’elle n’est pas soumise à l’immatriculation (art 88), elle est donc
dépourvue de dénomination ou raison sociale, de siège social et de patrimoine social.
• La société en participation n'est pas destinée à être connue des tiers, elle n'a d'existence que dans les
rapports entre associés. Elle peut être créée de fait.
• La société en participation peut être utilisée de manières très diverses, allant de l'achat d'un objet
déterminé jusqu'à l'association entre des sociétés industrielles très puissantes (par exemple pour la
réalisation d'un projet commun).
• Selon l'article 89 de la loi 5/96, l'objet, les droits et les obligations des associés et les conditions de
gérance de la société sont convenus librement par les associés, à condition de respecter les dispositions
de contrat de société prévues par le D.O.C.
• Les apports des associés ne deviennent pas la propriété de la société, ils sont simplement remis au gérant,
de même les bénéfices tombent dans le patrimoine du gérant qui devient le débiteur des associés.
• Le gérant traite les affaires de la société en son nom personnel ; toutefois, la société peut être connue des
tiers (ostensible) et dans le cas contraire, elle est occulte.
• Dans ce cas, si l'objet social est commercial, la société en participation se transforme en société en nom
collectif avec la responsabilité indéfinie et solidaire des associés ; sinon, elle est civile.
• Les associés sont donc liés par un contrat de société qu’ils doivent respecter de la même façon que dans
les autres sociétés.
CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS DE DROIT PRIVE

SOCIETE CREEE DE FAIT / SOCIETE DE FAIT


• - La société de fait est une société dont les associés ont voulu agir en tant
qu’associés, mais dont la société a continué de fonctionner tout en étant entachée
d’un vice de constitution, par exemple défaut d’un élément constitutif essentiel
qui entraîne l’annulation du contrat de société.
• Avant sa nullité cette société a pu prendre une des formes des sociétés (par
exemple une SA, une SARL, etc.), elle a pu être immatriculée au registre de
commerce et partant avoir déjà acquis la personnalité juridique.
• Cette nullité n'a cependant d'effet que sur l'avenir, les actes antérieurement
effectués sont valables, cette nullité étant inopposable aux tiers.
• - La société créée de fait est une société dont les associés se sont comportés, en
fait, comme des associés sans qu’ils en soient conscients, c'est-à-dire sans avoir
voulu créer une société. C’est une société dont tous les éléments fondamentaux
du contrat de société sont réunis mais, contrairement à la société de fait, elle n'a
jamais acquis la personnalité morale.
• Après sa découverte, cette société sera considérée comme société de droit
commun, mais si elle exerce une activité commerciale, elle sera considérée comme
une société en nom collectif entraînant la responsabilité indéfinie et solidaire des
associés.
LA S A R L
• La SARL était réglementée par le dahir du 1er
septembre 1926 qui avait rendu applicable au
Maroc la loi française du 7 mars 1925.
• Actuellement, elle est régie par les articles 44 à
87 de la loi 5/96 qui a abrogé les dispositions du
dahir de 1926.
• La SARL est considérée comme une société
hybride dans la mesure où elle possède certaines
caractéristiques des sociétés de personnes et
d’autres des sociétés de capitaux.
• Depuis la loi 5/96, il est devenu possible de créer
une SARL à «associé unique».
CARACTERES GENERAUX
CAPITAL ET RESPONSABILITE
A – LE CAPITAL ET LES APPORTS
• Fixé par la loi 5/96 à 100 000 dhs, le capital minimum de la
SARL a été réduit à 10 000 dhs en 2006 "afin de lutter
contre l’informel". Malgré la modicité de ce capital, la loi
24-10 a estimé qu’il « constitue une barrière à l’entrée pour
les entrepreneurs qui souhaitent formaliser leur activité
sous la forme sociétale », raison pour laquelle elle a
carrément supprimé le capital social. "Le capital de la
société à responsabilité limitée est librement fixé par les
associés dans les statuts", prévoit le nouvel art. 46.
• Depuis la loi 21/05 promulguée par dahir du 14 février
2006, B.O. n° 5400 du 2 mars 2006.
CARACTERES GENERAUX
B – LA RESPONSABILITÉ DES ASSOCIÉS
• L’avantage de ce type de société consiste dans la
responsabilité des associés qui est limitée au montant
de leurs apports. En cas de difficultés, leur patrimoine
personnel ne sera pas mis en cause comme dans les
SNC.
• Cependant, en pratique, cette limitation de
responsabilité est souvent mise en échec par le
mécanisme du cautionnement bancaire demandé aux
associés, qui subordonne les prêts octroyés aux
entreprises à la mise en œuvre d’une telle garantie.
CARACTERES GENERAUX
CAPACITE ET OBJET SOCIAL
A – LA CAPACITÉ DES ASSOCIÉS
• Le nombre d’associés est limité à 50 ; au-delà de ce seuil, la SARL doit se transformer en SA. À
défaut de régularisation dans les deux ans, la SARL sera dissoute de plein droit.
• Pour devenir associé, la capacité civile suffit, contrairement à la SNC dans laquelle la qualité
de commerçant est indispensable.
B – L'OBJET SOCIAL
• Certaines activités sont interdites à la SARL, l'article 44 al. 2 de la loi dispose à ce sujet que
les sociétés de banque, du crédit, de l’investissement, de l’assurance, de la capitalisation et
de l’épargne ne peuvent adopter la forme de la SARL. Cette dérogation au principe libéral
s'explique par une certaine crainte du législateur quant au crédit et à la solvabilité d'une telle
société.
• - Les sociétés d'investissement sont notamment les SICAV (les sociétés d'investissement à
capital variable, spécialisées dans le placement des valeurs mobilières) et les sociétés
d'investissement qui cherchent à promouvoir l'investissement réel (c'est-à-dire dans des
domaines autres que financiers). Si ces sociétés ne peuvent adopter la forme de la SARL, c'est
parce qu'il est interdit aux SARL d'émettre des valeurs mobilières et donc de recourir à la
collecte des fonds du public (v. art. 54 de la loi).
• La capitalisation boursière est l'évaluation des titres selon leur cotation à la bourse des
valeurs.
LA GESTION DELA SARL
LE GERANT

A – LES CONDITIONS DE LA GÉRANCE


• La SARL est dirigée par un ou plusieurs gérants, qui est obligatoirement
une personne physique, associé ou non. La capacité civile suffit mais, en
tout état de cause, il ne doit pas tomber sous le coup d’interdictions ou de
déchéances. D’autre part, certaines professions
• - Cette possibilité de nommer un gérant étranger est très utile lorsque tous
les associés sont des personnes morales.
• sont incompatibles avec la fonction de gérant (les fonctionnaires par
exemple).
• Le cumul de mandats de gérant dans deux ou plusieurs SARL est possible.
Mais il est interdit au gérant d'exercer une activité similaire à celle de la
société, à moins qu'il ne soit autorisé par les associés.
• La durée des fonctions de gérant relève des statuts ou de l’acte de
nomination, à défaut, elle est légalement fixée à 3 ans.
• Sa rémunération est fixée par les statuts ou par décision ultérieure des
associés.
LA GESTION DELA SARL
LE GERANT

B – LA CESSATION DES FONCTIONS DE GÉRANT


• Le gérant de la SARL a la possibilité de démissionner et les associés
peuvent le révoquer par décision représentant au moins trois quarts
des parts sociales (art. 69).
• Une révocation abusive, de même qu’une démission abusive, peut
donner lieu à des dommages-intérêts au profit du gérant ou de la
société. En outre, le gérant est révocable par les tribunaux pour
cause légitime, à la demande de tout associé (art. 69 al. 2).
• Enfin, l’arrivée du terme ou la survenance d’un événement
personnel (incapacité, déchéance, etc.) entraînent la fin des
fonctions du gérant.
LA GESTION DELA SARL
A – LES POUVOIRS
• Ils sont identiques à ceux des gérants de la SNC (v. art. 63).
• Dans les rapports avec les associés, le gérant peut accomplir tous les actes
de gestion dans l’intérêt de la société ; toutefois, les statuts prévoient
souvent une limitation de ses pouvoirs en soumettant certains actes à
l’autorisation préalable des associés (vente d’immeubles, dépenses
excessives, constitutions de sûretés, etc.).
• Dans ses rapports avec les tiers, Il existe toutefois une différence quant à
l’engagement de la société. En effet, si pour la SNC la société est engagée
dans la limite de l’objet social, la SARL se trouve tenue de tous les actes de
gestion du gérant même s’ils dépassent l’objet social, à moins de prouver
que les tiers connaissaient ce dépassement, ce qui demeure difficile en
pratique car la publication des statuts ne suffit pas à constituer cette
preuve.
• En cas de pluralité de gérants, chacun d’entre eux peut faire tous les actes
conformément à l’objet social.
• Les limites statutaires des pouvoirs du gérant sont inopposables aux tiers.
LA GESTION DELA SARL
B – LA RESPONSABILITÉ DU GÉRANT
• Sa responsabilité peut être civile ou pénale.
a – La responsabilité civile
• Elle se fonde sur la théorie des obligations qui suppose trois conditions : une faute, un
dommage et un lien de causalité entre la faute et le dommage.
• Il existe trois types de fautes concernant la gérance :
• - des fautes de gestion (mauvais contrats, emprunts trop forts, etc.) ;
• - la méconnaissance ou la violation des lois et règlements en vigueur (non-respect du droit
du travail, par exemple) ;
• - le non-respect des statuts (lorsque le gérant outrepasse ses pouvoirs que les statuts
limitent).
• L’action en responsabilité peut être intentée contre le gérant par les associés ou les tiers
dans le cadre d’une action individuelle (en cas de préjudice personnel).
• Si le dommage est causé à la société, il est possible d’intenter l’action sociale. Elle sera
exercée soit par la société (un des gérants ou le nouveau gérant), soit par les associés (article
67).
• À la différence de l’action individuelle, les sommes recueillies à l’occasion de l’action sociale
seront versées sur les comptes de la société et non pas directement aux victimes du
préjudice (un associé lésé par exemple).
• Les actions en responsabilité prévues à l’article 67 se prescrivent par 5 ans à compter du fait
dommageable.
LA GESTION DELA SARL
b – La responsabilité pénale
• En outre des dispositions du code pénal, la loi 5/96 a
édicté de nombreuses règles relatives aux infractions
des gérants.
• En plus des infractions communes aux différentes
sociétés (articles 104 à 112 : répartition de dividendes
fictifs, assemblées non conformes, etc.), cette loi a
consacré un chapitre spécial aux infractions et
sanctions propres aux SARL (émission de valeurs
mobilières ; fausse déclaration dans les statuts sur la
répartition des parts sociales, la libération des parts ou
le dépôt des fonds, etc.).
LA SITUATION DES ASSOCIÉS
• La situation des associés a trait
• à leur droit à l'information et la
communication,
• à leurs pouvoirs,
• à leur responsabilité et à la cession de leurs
parts dans la société.
LA SITUATION DES ASSOCIÉS
INFORMATION ET COMMUNICATION
• À ce sujet, les associés de la SARL ont trois prérogatives.
• 1 – Le contrôle permanent : Les associés des SARL ont un droit de contrôle
permanent sur la société. Ainsi, en vertu de l’article 70 al. 4, ils peuvent
prendre connaissance, à toute époque, au siège social de l’ensemble des
documents sociaux relatifs aux trois derniers exercices.
• 2 – L’information avant les assemblées : Quinze jours avant la tenue de
chaque assemblée, le gérant doit obligatoirement faire parvenir aux
associés certains documents comptables et sociaux ainsi que les
résolutions proposées, afin qu’ils puissent voter en toute connaissance de
cause (article 70).
• À partir de cette communication, chaque associé peut poser des questions
par écrit au gérant auxquelles il sera répondu au cours de l’assemblée
(article 70 al. 3).
• 3 – Le droit d’alerte : Deux fois par an, tout associé peut poser des
questions par écrit au gérant sur tout fait de nature à compromettre la
continuité de l’exploitation. La réponse, le cas échéant, sera communiquée
au commissaire aux comptes (article 81).
LES POUVOIRS DES ASSOCIÉS
A – L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE ANNUELLE
• Elle doit se tenir dans les 6 mois qui suivent la clôture de l’exercice, cette
assemblée ne peut se faire par correspondance (article 71 al. 1). Les
associés peuvent être représentés par d’autres associés, leur conjoint ou
une autre personne si les statuts le prévoient (ce qui est rare).
• L’assemblée est convoquée soit par le gérant, soit par un commissaire aux
comptes en cas de problème, soit par un mandataire désigné à la
demande d’un associé par ordonnance du président du tribunal statuant
en référé (article 71).
• Cette assemblée est obligatoire, de même qu’une réunion demandée par
un ou plusieurs associés détenant la moitié des parts sociales ou détenant,
s’ils représentent au moins le quart des associés, le quart des parts
sociales (article 71 al. 4).
• Elle a pour fonction principale l’approbation des comptes annuels, mais de
nombreuses autres décisions peuvent être prises par les associés à cette
occasion (nomination et révocation du gérant, autorisations diverses, etc.).
LES POUVOIRS DES ASSOCIÉS
A – L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE ANNUELLE
• Le nombre de voix dont bénéficie chaque associé est équivalent au
nombre de parts détenues (article 72) et les décisions sont prises
par un ou plusieurs associés représentant plus de la moitié des
parts sociales. Si cette majorité n’est pas obtenue, les associés sont
convoqués une seconde fois, et les décisions sont prises à la
majorité des votes émis, quel que soit le nombre des votants
(article 74).
• Rappelons que la révocation du gérant nécessite toujours la
majorité représentant au moins trois quarts des parts sociales.
• Les délibérations donnent lieu à un procès-verbal qui contient
toutes les indications sur la tenue et le déroulement de l’assemblée
(lieu et date de la réunion, associés présents, excusés ou
représentés, résolutions acceptées ou rejetées, etc.) (article 73).
• C'est-à-dire que chaque associé dispose d'un nombre de voix égal à
celui des parts sociales qu'il détient.
LES POUVOIRS DES ASSOCIÉS
B – L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EXTRAORDINAIRE
• Ce deuxième type d’assemblée permet de modifier les statuts.
• L’assemblée générale extraordinaire concerne toutes les décisions
importantes qui doivent être prises à une forte majorité. Toute
modification des statuts sera décidée par les associés représentant
au moins les trois quarts du capital social (article 75).
• Cette majorité est nécessaire car les décisions prises peuvent
entraîner des conséquences graves pour la société, et par
conséquent pour les intérêts des associés (changement de
dénomination, de siège social, fusion, dissolution, etc.).
• Toutefois, pour décider de l’augmentation du capital par
incorporation de bénéfices ou de réserves, la majorité requise est
seulement de la moitié des parts sociales.
• Par ailleurs, les associés ne peuvent changer la nationalité de la
société. De même, la majorité ne peut, en aucun cas, obliger un
associé à augmenter son engagement social.
LA RESPONSABILITE DES ASSOCIÉS
• Contrairement à la SNC, la responsabilité des associés
est limitée à leurs apports. Dans ces conditions, le
montant de leurs pertes ne peut dépasser ce qu’ils ont
engagé dans la société.
• Dans la pratique, les dettes étant reportées chaque
année sur l’exercice suivant, cette responsabilité ne
sera réellement mise en jeu qu’à la dissolution de la
société ou après le paiement des dettes (l’apurement
du passif social) ; chaque associé retrouvera alors tout
ou partie de son apport (ou même quelque fois rien),
mesurant ainsi l’étendue de sa responsabilité.
LA CESSION DES PARTS
• Lorsqu’un associé décide de se retirer d’une SARL, il doit vendre ses
parts. Si la cession est difficile dans les SNC puisqu’elle nécessite
l’unanimité. Dans les SARL, la cession est plus facile, mais elle demeure
encore soumise à des conditions beaucoup plus lourdes que dans les SA.
• Tout d’abord, on doit signaler que la cession de parts à des coassociés est
libre ; de même que la cession au conjoint, ascendants ou descendants
d’un associé ou la transmission par voie de succession, à moins que les
statuts n’en disposent autrement.
• Par contre, la cession à un tiers étranger nécessite l’agrément des autres
associés un accord (article 58).
• L’associé qui désire céder ses parts doit notifier son projet à la société et à
chacun de ses coassociés par acte extrajudiciaire ou par lettre
recommandée avec accusé de réception.
• Le gérant doit consulter les associés lors d’une réunion ou, si les statuts le
permettent, par consultation écrite. L’agrément peut alors être donné ou
refusé ; l’autorisation nécessite la majorité en nombre des associés
représentant au moins les 3/4 des parts sociales. Le défaut de réponse
dans les 30 jours de la notification vaut autorisation tacite Ce qui veut dire
une double majorité.
LA CESSION DES PARTS
• En cas de refus d’agrément, si l’associé fait partie de la
société depuis moins de deux ans, il ne peut céder ses parts
et doit rester dans la société.
• Dans le cas contraire, les parts doivent être rachetées par
les associés ou par un tiers agrée par les associés, dans les
30 jours du refus, à un prix déterminé à dire d’expert.
• La société peut également, avec le consentement de
l’associé cédant, décider, dans le même délai, de réduire
son capital du montant de la valeur nominale des parts de
cet associé et de racheter elle-même ces parts au prix
également déterminé à dire d’expert.
• Si, à l’expiration du délai imparti, aucune de ces solutions
n’est intervenue, l’associé peut réaliser la cession
initialement prévue.
LA DISSOLUTION DELA SARL
• On retrouve les causes communes à toutes les sociétés. La SARL n’est pas dissoute
lorsqu’un jugement de liquidation judiciaire, l’interdiction de gérer ou une mesure
d’incapacité est prononcée à l’égard de l’un de ses associés. Elle n’est pas non plus
dissoute par le décès d’un associé, sauf stipulation contraire des statuts.
• Il existe des raisons spécifiques à la dissolution des SARL ; ainsi, lorsque le nombre
d’associés dépasse 50, elle doit se transformer en SA, à défaut de régularisation
dans les deux ans, elle sera dissoute de plein droit.
• À la fin d’un exercice, si les pertes constatées dans les documents comptables font
apparaître que les capitaux propres sont inférieurs au quart du capital social, le
gérant doit, dans les trois mois, convoquer une assemblée générale extraordinaire
qui décidera soit de régulariser la situation financière (au plus tard à la clôture de
l’exercice suivant), soit sa dissolution.
• Remarque sur le cas particulier de la SARL à associé unique :
• Il convient enfin de préciser que ces mêmes règles sont applicables à la SARL à
associé unique (constitution, gérance, dissolution), ses particularités tiendront
compte du fait de l’existence d’un seul associé ; ainsi, les décisions sont-elles prises
unilatéralement par l’associé unique, ce qui n’exclut pas la tenue d’un registre des
assemblées.
La société anonyme
• La SA représente l’archétype des sociétés de capitaux. Apparue
au XIXèmesiècle à une époque d’expansion économique due à la
révolution industrielle, où la recherche et la mise en commun de
capitaux importants étaient indispensables afin de créer des
entreprises de grande taille rendues obligatoires par les
avancées technologiques générées par le progrès scientifique.
• Le code de commerce de 1913 ne consacrait à la SA que les deux
articles 50 et 51 ; ce dernier article avait été abrogé par le dahir
du 11 août 1922 relatif aux sociétés de capitaux qui avait rendu
applicable au Maroc la loi française du 24 juillet 1867.
• Actuellement désormais, nous disposons d’une loi spéciale
consacrée à la seule SA, il s’agit de la loi n°17-95 promulguée par
dahir n° 1-96-124 du 30 août 1996.
LES CARCTERES GENERAUX
• Comme pour toute société, la S.A. obéit pour sa constitution à des conditions de forme et des conditions
de fond.
1– La qualité d’associés : Le nombre des associés d’une SA doit être au
minimum de 5 ; il n’existe pas de maximum. La capacité civile suffit :
de fait, toute personne physique ou morale, marocaine ou
étrangère peut acquérir des actions d’une SA.
2 – Le capital social : Le montant des apports doit être au moins égal à
300 000 dh lorsque la société ne fait pas appel public à l’épargne et
à 3 millions de dh lorsqu’elle fait appel public à l’épargne, c'est-à-
dire quand les fondateurs utilisent des moyens publicitaires pour
inciter des personnes à devenir leurs associés.
• Le capital social est divisé en actions dont le montant nominal ne
peut être inférieur à 50dh, et à 10 dh pour les sociétés dont les
titres sont cotés en bourse (art. 246 al. 3 modifié par la loi
20/05).Alors que la valeur nominale était de 100 dh, les pouvoirs
publics ont expliqué cette baisse par le fait de rendre les S.A.
accessibles à un large d'épargnants et donc de redynamiser le
marché boursier marocain. Or, dans la réalité, le droit de
souscription aux sociétés nouvellement introduites à la cote de
Casablanca n'a jamais atteint ce niveau de prix (10 dh) !
LES CARCTERES GENERAUX
3 – Les apports : Les associés qu’on nomme des actionnaires
peuvent faire des apports en numéraire et en nature, les
apports en industrie étant interdits.
• La contrepartie des apports est représentée par des titres
négociables qu’on appelle des actions ; ces dernières peuvent
être cotées en bourse. Par conséquent, toute personne peut
acheter ou céder librement les actions qu’elle détient sur ce
marché par l’intermédiaire des sociétés de bourse.
4 – L’objet social : La forme de la SA est imposée pour certaines
activités économiques : l’activité bancaire, les entreprises
d’investissement, les entreprises de crédit immobilier.
LA GESTION DELA SA
• La nouvelle loi offre désormais un choix entre deux types de gestion de la
SA : un mode traditionnel à l’instar de celui prévu par le dahir de 1922, avec
un conseil d’administration et son président, et un type nouveau, avec un
directoire et un conseil de surveillance, repris sur la législation française elle-
même inspirée du droit allemand.
• En introduisant ce nouveau type de gestion, le législateur français avait pour
but de faire introduire dans le directoire (qui est - contrairement au conseil
d’administration ouvert aux non – actionnaires) les salariés de l’entreprise et
plus particulièrement les hauts cadres. Il est cependant étonnant qu’en
France plus de 99% des SA utilisent le mode traditionnel d’administration et
moins de 1% ont recours au nouveau système avec directoire et conseil de
surveillance.
• Les SA ont le libre choix entre ces deux modes de gestion, soit pour celles qui
se créent, soit pour celles qui existent déjà ; la société peut même adopter
l’un d’eux lors de sa constitution, et décider de le changer par l’autre au cours
de la vie sociale, par AG extraordinaire, en modifiant les statuts.
LA SA AVEC CONSEIL D’ADMINISTRATION

• L'un des apports principaux de la loi 5/20 a


été celui de redéfinir les pouvoirs du conseil
d'administration et de son président, tout en
dissociant les fonctions du président et du
nouveau directeur général.
• - LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
• -LA DIRECTION GENERALE DE LA SOCIETE :
LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
a – Composition
• Le nombre des membres qui composent le conseil d’administration est
fixé entre 3 et 12 administrateurs ; toutefois, dans les sociétés dont
les actions sont inscrites à la cote de la bourse des valeurs, ce
maximum est porté à 15 administrateurs.
• Les membres du conseil font partie de la société, ce sont donc des
actionnaires.
• Ils doivent posséder la capacité civile sans avoir la qualité de
commerçant ; néanmoins, comme pour les gérants, d’autres
conditions sont à respecter.
• Ce sont des personnes physiques ou morales qui, dans ce cas, doivent
se faire représenter par un représentant permanent; il n’est pas obligé
que les administrateurs soient de nationalité marocaine ; ils peuvent
cumuler, sans limite, plusieurs mandats d’administrateur.
LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
• Un salarié de la société peut être nommé administrateur,
à condition que son contrat de travail, stipule l’article 43,
corresponde à un emploi effectif sous peine de nullité de sa
nomination, d’autant plus qu’il ne doit pas perdre les
bénéfices de son contrat de travail, autrement dit, il doit
continuer à percevoir son salaire, d’acquérir l’ancienneté.
• Mais le nombre des administrateurs salariés de la société,
en vertu d’un contrat de travail, ne peut toutefois pas
dépasser le 1/3 des membres du conseil d’administration ;
on remarquera cependant que la loi ne prévoit pas de
sanction en cas de dépassement ! Il y a lieu de penser que
les nominations excédentaires peuvent être frappées de
nullité.
LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
b – La cessation des fonctions

• Les fonctions d’administrateur prennent fin de plusieurs


façons :
• - la fin du mandat : la durée du mandat est déterminée par
les statuts sans pouvoir excéder 6 ans s'il est nommé par
assemblée générale, ou 3 ans s'il est nommé par les statuts,
• - un événement personnel : déchéance, incapacité, etc.
• - la démission ou révocation : celle-ci est prononcée "ad
nutum" par l'assemblée générale ordinaire, c'est-à-dire
sans justification ni indemnités, sauf en cas d’abus ; ce qui
s'explique par les règles du mandat, l'administrateur étant
un mandataire.
LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
c – La rémunération
• Elle consiste en une somme allouée
annuellement aux administrateurs et répartie
en fonction de leur travail. L’assemblée
générale ordinaire annuelle d’approbation des
comptes en fixe le montant ; ce sont les
fameux jetons de présence.
• On peut aussi trouver des rémunérations
exceptionnelles à l’occasion de certaines
missions confiées aux administrateurs.
LE CONSEIL D’ADMINISTRATION
d – Les pouvoirs du conseil d’administration
• Alors que le conseil d'administration était, exactement comme le président du conseil
d'administration, investi des pouvoirs les plus étendus pour prendre toute décision au nom de la
société, il doit désormais, d'après l'article 69 al 1 nouveau, se contenter de :
• déterminer les orientations de l'activité de la société et veiller à leur application ;
• régler, par ses délibérations, les affaires de la société ;
• et procéder aux contrôles et vérifications qu'il juge opportuns.
• Et, sans empiéter sur les pouvoirs des assemblées générales et dans les limites de l'objet social, il
peut se saisir de toute question intéressant la bonne marche de la société.
• Cependant, dans ses rapports avec les tiers, la société est engagée par les actes du conseil qui ne
relèvent pas de l’objet social et les limites statutaires, concernant le conseil d'administration, sont
inopposables aux tiers.
• Les délibérations du conseil, qui se réunit en pratique tous les mois, sont déterminées par les
statuts. Pour qu’une réunion se tienne valablement, il faut un quorum égal à la moitié des
membres. Les décisions se prennent à la majorité des voix, celle du président étant prépondérante
en cas de partage.
• Pour parer à ces conditions strictes relatives au calcul du quorum et de la majorité, il est
actuellement possible pour les administrateurs de participer à distance aux réunions du conseil
d'administration par les moyens de visioconférence et même de prendre part au vote de certaines
décisions (art. 50).
LA DIRECTION GENERALE DE LA SOCIETE
• Dans sa nouvelle rédaction l'article 67 laisse le choix au conseil
d'administration, et dans les conditions fixées dans les statuts, de
confier la direction générale de la société soit au président du
conseil d'administration (sous le titre de président directeur
général), soit à une personne physique : le directeur général.
• Ainsi, la nouvelle réforme consacre le principe de la dissociation
des fonctions de président et de directeur général, sans l'imposer
aux sociétés, puisque la loi leur laisse le choix de la formule de
gestion et de prévoir ses conditions dans les statuts.
• Ce principe consacre donc la séparation des fonctions du président,
qui est devenu une sorte d'organe de contrôle, et du directeur
général, nouvel organe exécutif chargé de la gestion quotidienne
des affaires de la société, avec éventuellement des directeurs
généraux délégués.
Le directeur général et ses directeurs généraux délégués

1. Statut
• Le directeur général est une personne physique nommée par le
conseil d'administration parmi les actionnaires ou à l’extérieur de la
société. Il peut donc être un salarié de la société. La durée de sa
fonction et sa rémunération sont fixées par le conseil.
• Le directeur général peut se faire assister d'un ou plusieurs
directeurs généraux délégués(personnes physiques) mandatés par
le conseil d'administration.
• La révocation du directeur général ou du directeur général délégué
peut intervenir à tout moment, mais elle peut donner lieur à des
dommages intérêts si elle est décidée sans juste motif. Cependant,
cette révocation ne donne pas lieu à la résiliation de leur contrat de
travail s'ils sont en même temps salariés de la société.
Le directeur général et ses directeurs généraux délégués

2 - Pouvoirs
• Le directeur général assume sous sa responsabilité la direction générale de
la société. Il la représente dans ses rapports avec les tiers.
• Il peut demander au président de convoquer le conseil d'administration sur
un ordre du jour déterminé, et ce dernier est lié par cette demande.
• Sous réserve des pouvoirs attribués au conseil d'administration et aux
assemblées générales, et dans les limites fixées par les statuts, le cas
échéant, le directeur général est investi des pouvoirs les plus étendus pour
agir au nom de la société. Il engage la société même pour les actes qui
dépassent l’objet social. Les limites statutaires ou celles fixées par le conseil
d'administration sont inopposables aux tiers.
• L'étendue et la durée des pouvoirs des directeurs généraux délégués vis-à-vis
de la société sont déterminées par le conseil d'administration sur proposition
du directeur général. Mais à l'égard des tiers, ils disposent des mêmes
pouvoirs que le directeur général.
Le président du conseil d'administration
1. Statut
• L’article 63 exige que le président soit élu par le conseil
d’administration exclusivement en son sein ; il doit donc
obligatoirement, à peine de nullité de sa nomination, être
un administrateur de la société et être une personne
physique ; la durée de sa présidence ne peut excéder celle
de son mandat d’administrateur, mais il est rééligible.
• Il peut également être révoqué "ad nutum" par le conseil
d'administration. Comme il est administrateur, il peut aussi
être révoqué en tant que tel par l'assemblée générale et il
sera indirectement mis fin à sa fonction de président.
• La révocation ou la cessation de fonction du président, pour
être opposable aux tiers, doit faire l'objet d'une inscription
au registre de commerce.
Le président du conseil d'administration
2. Pouvoirs
• Le président du conseil d'administration, s'il n'est pas en même temps PDG,
il n'est plus investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes
circonstances au nom de la société, il ne représente plus la société dans ses
rapports avec les tiers ;il se contente désormais de :
-représenter le conseil d'administration ;
-organiser et diriger ses travaux, et en rendre compte à l'assemblée générale ;
-veiller au bon fonctionnement des organes de la société et de s'assurer que
les administrateurs sont en mesure de remplir leur mission.
• Ce n'est que dans le cas où les statuts gardent le silence sur le choix laissé
au conseil d'administration relatif à la formule de gestion, c'est-à-dire le
recours à la nomination d'un directeur général, que le président se charge
de la direction générale de la société, mais dans ce cas, sous le nom de
Président Directeur Général (PDG). Et lorsque le président assure la
direction générale de la société, ce sont alors les mêmes dispositions
concernant les pouvoirs du directeur général qui s'appliquent.
LA S.A AVEC DIRECTOIRE ET CONSEIL DE
SURVEILLANCE

• Les SA qui ont choisi le mode de gestion du


directoire se compose de ce dernier et d’un
conseil de surveillance
Le directoire
LES CONDITIONS
• Le directoire ne peut comprendre plus de 5 membres appelés directeurs, 7 si les actions de la société
sont cotées à la bourse, mais lorsque le capital ne dépasse pas 1 500 000 dh, les fonctions du directoire
peuvent être exercées par un directeur unique.
• Ils sont nommés par le conseil de surveillance pour une durée de 4 ans à défaut de dispositions
statutaires (art. 81). Toutefois, quand les statuts déterminent la durée du mandat des directeurs, cette
durée ne peut être inférieure à 2 ans ni dépasser 6 ans. Ils sont rééligibles.
• Ce sont obligatoirement des personnes physiques (sous peine de nullité de leur nomination) qui, à la
différence des administrateurs, peuvent être choisies en dehors des actionnaires. Ils peuvent donc être
choisis parmi les salariés de la société, c'est d'ailleurs l'essence même de ce mode d'administration.
• Afin d’assurer l’indépendance du directoire par rapport au conseil de surveillance, une règle est posée
par la loi sur les SA : le non-cumul de fonctions dans les deux organes. L’article 86 interdit
formellement, en effet, aux membres de ce dernier de siéger au directoire et s’il arrive qu’un membre
du conseil de surveillance soit désigné au directoire, sa nomination ne serait pas nulle, mais il serait
simplement et automatiquement mis fin à son mandat au sein du conseil de surveillance dès son
entrée en fonction.
• Et, lorsqu'une personne morale membre du conseil de surveillance est représentée par une personne
physique, il est interdit à cette dernière de faire partie du directoire.
• C’est l’acte de nomination établi par le conseil de surveillance qui fixe le montant et le mode de
rémunération de chacun des membres du directoire.
• Lorsqu’un salarié devient membre du directoire, il ne perd pas le bénéfice de son contrat de travail, par
conséquent, rien n’empêche à ce qu’il perçoive un salaire en plus de sa rémunération en tant que
membre du directoire.
Cessation des fonctions du directoire
• Par dérogation à la règle du parallélisme des
pouvoirs, les membres du directoire, qui sont
nommés par le conseil de surveillance sont
révoqués par l’assemblée ordinaire des
actionnaires ; ils ne peuvent cependant être
révoqués par le conseil de surveillance que si les
statuts le prévoient.
• Contrairement encore aux administrateurs, qui
peuvent être révoqués ad nutum, la révocation
des membres du directoire donne lieu à des
dommages intérêts si elle n’intervient pas pour
justes motifs.
Pouvoirs du directoire
• Ils sont identiques à ceux du directeur général (étendue, dépassement de l’objet social,
engagement de la société, limitations statutaires). Tout le collège (le directoire) est cependant
responsable des décisions prises par chacun de ses membres.
• Il existe toutefois une limite supplémentaire à leur pouvoir. En effet, une autorisation du conseil de
surveillance est nécessaire pour les actes de disposition importants. Ce sont les cautions, aval,
constitution de sûretés, cession d’immeubles par nature, cession de participations ; mais le
dépassement des limites statutaires nécessite l'agrément de l'assemblée générale.
• Si le conseil de surveillance refuse de donner son autorisation, le directoire peut saisir l'assemblée
générale pour trancher. Seulement, il y a lieu de préciser que la loi marocaine, à la différence du
droit français, confère le pouvoir de convoquer l’assemblée générale non pas au directoire mais au
conseil de surveillance ! Et la loi 20/05 n'a pas modifié pour autant cette situation (V. art. 116).
Néanmoins, le dépassement de ces autorisations engage la société.
• La société est représentée par un président du directoire nommé et révoqué en tant que tel par le
conseil de surveillance.
• Les délibérations du directoire sont réglées par les statuts (fréquence des réunions, quorum,
majorité, etc.).
• Par ailleurs, comme le directoire exerce ses fonctions sous le contrôle du conseil de surveillance
(art. 78 dernier alinéa), il doit établir à l’intention de ce dernier un rapport trimestriel sur la gestion
sociale et lui présenter annuellement, ainsi qu'à l'assemblée générale annuelle, un certain nombre
de documents visés par l’art 141 notamment l’inventaire et l’état de synthèse (art. 104 al. 8 et 9)et
présente un rapport aux actionnaires lors de l’assemblée générale ordinaire annuelle.
LE CONSEIL DE SURVEILLANCE
Les conditions
• Les mêmes règles gouvernent le conseil d'administration et le
conseil de surveillance en ce qui concerne la capacité, la
rémunération, le nombre minimal et maximal de conseillers (entre
3 et 12), les conditions de nomination, la durée de leur mandat, la
tenue des réunions…
• Comme les administrateurs, les membres du conseil de surveillance
peuvent être révoqués à tout moment par l’assemblée générale
ordinaire. Ils ont aussi le droit de démissionner dans les mêmes
conditions.
• Les membres du conseil de surveillance peuvent être des personnes
morales, à condition d'être représentées par une personne
physique.
• À noter que le président et le vice-président du conseil de
surveillance doivent être obligatoirement des personnes physiques.
Par contre, les pouvoirs et le rôle du conseil de surveillance sont
différents de ceux du conseil d'administration.
Les pouvoirs
• La fonction principale du conseil de surveillance réside
dans le contrôle permanent de la gestion de la société
par le directoire (art. 104). Il peut, à toute époque de
l’année, demander communication et copie de tous les
documents qu’il juge utiles afin de les consulter ou de
les vérifier.
• Il reçoit un rapport trimestriel et des documents
annuels (notamment l'état de synthèse) du directoire
et possède des pouvoirs spécifiques (autorisations
spéciales, nominations des membres du directoire,
répartition des jetons de présence, etc.).
LA SITUATION DES ASSOCIÉS
• Les actionnaires des SA ont un droit de
communication permanent sur les trois dernières
années (article 146) ; ils reçoivent une
documentation 15 jours au moins avant chaque
assemblée générale et disposent du droit,
lorsqu’ils représentent 10 % du capital social, de
demander au président du tribunal la désignation
d’experts chargés de présenter un rapport sur
une ou plusieurs opérations de gestion.
• Leur pouvoir s’exerce essentiellement lors des
assemblées générales.
LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES
• Afin de lutter contre l'absentéisme lors des assemblées
générales et de surmonter les problèmes de
l'éloignement géographique, la nouvelle loi a prévu la
possibilité pour les statuts de considérer présents, pour
le calcul du quorum et de la majorité, les actionnaires
qui participent aux assemblées générales par
visioconférence. Mais il n'empêche qu'il est possible
pour tout actionnaire de se faire représenter par un
autre actionnaire, par son conjoint ou par un
ascendant ou un descendant.
• D'un autre côté, il est désormais possible de prévoir
dans les statuts que les actionnaires puissent voter par
correspondance au moyen d'un formulaire (art.131bis)
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

Convocation
• Elle se tient, comme pour toutes les sociétés,
dans les 6 mois qui suivent la clôture de
l’exercice. Les conditions de quorum sont de
un quart des actions sur première
convocation ; lorsque l’assemblée ne peut
valablement délibérer, il doit être procédé à
une deuxième convocation, auquel cas, aucun
quorum n’est requis.
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
Déroulement
• Les décisions sont prises à la majorité des voix (la moitié
plus une). Tout associé peut participer aux assemblées,
mais quelque fois les statuts exigent un minimum d’actions
qui ne peut être inférieur à 10.
• Les participants signent une feuille de présence qui est
visée par le bureau composé d’un président, d’un secrétaire
et de deux scrutateurs.
• Après lecture des rapports des dirigeants et du
commissaire aux comptes, les résolutions sont mises aux
voix (approuvées ou rejetées). À la fin de la séance, on
dresse un procès-verbal de réunion que chaque associé
peut consulter Art. 134.
L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE

Attributions
• Les attributions de l’assemblée générale
ordinaire sont importantes. Elles concernent
notamment l’approbation des comptes, le
partage des bénéfices, la nomination et la
révocation du conseil d'administration et du
conseil de surveillance, éventuellement la
révocation du directoire, les autorisations de
conventions réglementées, etc.
LES ASSEMBLÉES GÉNÉRALES
EXTRAORDINAIRES
Principales attributions
• Elles ont pour objet la modification des statuts, ce qui concerne aussi bien l’identité de la société
(dénomination, siège social), que les règles de son fonctionnement (pouvoirs des dirigeants, tenues
des conseils, des assemblées, etc.), ou encore ses possibilités de transformation (augmentation ou
réduction du capital, fusion, scission, etc.), voire même sa dissolution.
Quorum et majorité
• Il est de la moitié des actions ayant droit de vote sur première convocation et du quart sur deuxième
convocation ; sinon, comme la loi ne permet pas de réduire ce quorum, cette deuxième assemblée est
reportée à une date qui ne peut dépasser les deux mois de celle à laquelle elle avait été convoquée.
• Rappelons que les statuts peuvent augmenter ces quorums, comme pour toute autre assemblée, mais
ils ne peuvent en aucun cas les réduire. Il en est de même pour les règles de majorité.
• La majorité des deux tiers des voix dont disposent les actionnaires présents ou représentés est
nécessaire pour prendre une décision.
• Toutefois, certaines décisions ne peuvent être décidées qu’à l’unanimité des actionnaires ; il en est
ainsi de l’augmentation du capital par majoration de la valeur nominale des actions, à moins qu’elle ne
soit réalisée par incorporation de réserves, bénéfices… (art. 184), il en est de même de la
transformation de la SA en société en nom collectif.
Remarques :
- À côté de ces deux types d’assemblées, on trouve des assemblées spéciales qui réunissent les actionnaires
qui disposent de titres spécifiques (actions prioritaires sans droit de vote, actions de priorité).
- Comme pour les SARL, la responsabilité des associés est limitée aux apports et ne devient effective qu’à la
dissolution de la société.
LES TITRES EMIS PAR LES SA
• Ce sont les valeurs mobilières ; elles sont en
principe négociables, c'est-à-dire qu’elles peuvent
être cédées librement et sans formalités
particulières, sauf exceptions prévues par les
statuts.
• On distingue essentiellement les actions et les
obligations, sans oublier les nouveaux certificats
d'investissement.
- Rappelons que les statuts ne peuvent soumettre
les actions cotées en bourse à l'agrément de la
société.
LES ACTIONS
• Ce sont des titres qui permettent à l’actionnaire d’être titulaire de droits pécuniaires
(dividendes, boni de liquidation) et non pécuniaires (droit de vote, de
communication, d’information, etc.).
• On distingue plusieurs catégories d’actions telles que :
• - les actions à vote double : qui confèrent à leurs titulaires le double des voix
accordées aux actions ordinaires, ces actions ont pour but de récompenser les
actionnaires fidèles, c'est-à-dire dont les actions sont entièrement libérées et pour
lesquelles il est justifié d'une inscription nominative depuis deux ans au moins au
nom du même actionnaire. Ce droit de vote double est attribué soit par les statuts,
soit par une assemblée générale extraordinaire (art. 257);
• - les actions à dividende prioritaire sans droit de vote : dont les titulaires ont une
priorité par rapport aux titulaires d’actions ordinaires pour la distribution d’un
premier dividende et, en contrepartie, ils sont privés du droit de participer aux
assemblées générales et d’y voter ;
• - les actions d’apports : c'est-à-dire des apports en nature ; etc.
• - Il s’agit d’un dividende qui est prélevé sur le bénéfice distribuable de l’exercice avant
toute autre affectation. Ce dividende se situe donc au 4ème rang après les
prélèvements de frais de constitution, l'augmentation du capital, la réserve légale et
les pertes des exercices antérieurs.
LES OBLIGATIONS
• Ce sont des titres négociables qui représentent une créance à long terme sur la société et donnent
droit à la perception d’intérêts (alors que les actionnaires ne sont pas assurés de toucher un
dividende annuel). La valeur nominale des obligations ne peut être inférieure à 50dh, et à 10 dh
pour les sociétés dont les titres sont cotés en bourse (art.292 al.2).
• Leurs titulaires ne disposent pas du droit de vote.
• Les sommes obtenues par la société au moyen de cette technique particulière de crédit, lui
permettent d’investir.
• L’obligation joue donc un rôle important dans la vie financière des sociétés ; c’est pourquoi, afin
d’attirer des capitaux, les sociétés ont été conduites à créer des types d’obligations donnant droit à
des avantages spécifiques.
• Ainsi, certaines obligations ne donnent droit qu’à un intérêt fixe, d’autres offrent, en plus, une
participation aux bénéfices (obligations participantes), de même qu’il existe des obligations
convertibles en actions et des obligations avec bons de souscription d’actions, qui permettent à leur
titulaire de devenir actionnaires de la société émettrice.
- Les obligations convertibles en actions (OCA) :ce sont des obligations qui permettent à leurs titulaires
de demander, à tout moment ou à certaines périodes déterminées fixées par le contrat d'émission,
à les convertir en actions. C'est la raison pour laquelle leur taux d'intérêt est plus faible que celui des
obligations ordinaires Le même argument des pouvoirs publics vu supra à propos de la valeur
nominale actuelle des actions vaut pour les obligations, surtout concernant les obligations
convertibles en actions, nous dit la note de présentation du projet de loi.
- Ces nouvelles obligations, bien que non réglementées par la loi, elles sont susceptibles de connaître un
grand essor en pratique.
Les obligations
-Les obligations à bons de souscription d'actions (OBSA) :ce sont des obligations
auxquelles, lors de leur émission, sont attachés des bons qui donnent droit
à la souscription à un certain nombre d'actions, dans des conditions et des
délais fixés préalablement. Le bon de souscription a une autonomie par
rapport à l'obligation ; il peut non seulement permettre la souscription
d'actions, mais il peut être cédé à un tiers. Leur taux est également inférieur
à celui des obligations ordinaires.
• À la différence des obligations convertibles, les titulaires des OBSA ne sont
pas obligés, à l'arrivée des délais de libération des actions, d'opter entre la
conservation de leur situation d'obligataire et l'acquisition de la qualité
d'actionnaire. Autrement dit, les OBSA ne prennent pas fin avec la libération
des actions objet des bons de souscription ; dans les délais fixés, le titulaire
des OBSA reste obligataire même après avoir acquis la qualité d'actionnaire
en cumulant ainsi les deux qualités jusqu'à la fin du délai de
remboursement des obligations.
• Dans les deux cas (OCA ou OBSA), il y a augmentation du capital, la valeur
des actions étant celle de la date des libérations, elle est généralement
prévue dans le contrat d'émission.
LES CERTIFICATS D’INVESTISSEMENT
• De nos jours, on trouve sur le marché de
nombreux titres utilisés par les sociétés afin de se
procurer des capitaux ; parmi ces titres on peut
citer les certificats d’investissement.
• Ce sont des actions démembrées qui ont pour
fonction de procurer des dividendes à de
nouveaux actionnaires qui ne possèdent pas de
droit de vote, ce dernier étant représenté par des
certificats de vote, ils sont répartis entre les
anciens actionnaires pour éviter des
changements de majorité.
LES MOYENS DE CONCENTRATION
• Ces opérations intéressent tous les types de société ; néanmoins, étant pratiquées essentiellement dans
les SA, nous les traiterons dans ce chapitre.
• Elles concernent l’ensemble des techniques de concentration utilisées par les sociétés dans le but
d’améliorer leur capacité de production.
• Il existe essentiellement trois :
• * La fusion : constitue un des moyens le plus utilisé ; on distingue deux procédés :
• - la fusion pure et simple qui consiste pour deux sociétés à associer leurs actifs pour se fondre
juridiquement dans une nouvelle société,
• -et la fusion – absorption qui permet à une société de s’approprier le capital d’une autre société qui
disparaît juridiquement (il s’agit du cas le plus fréquent).
• * La fusion - scission : c’est lorsqu’une société se scinde en deux ou plusieurs autres sociétés nouvelles.
• * L’apport partiel d’actifs : c’est une technique, enfin, qui consiste pour une société à apporter une partie
de son patrimoine à une autre société tout en conservant sa structure juridique d’origine.
• Remarque sur la dissolution des S.A.:
• Outre les causes communes à toutes les sociétés, les SA doivent être dissoutes :
• - si le nombre des actionnaires devient inférieur à5 pendant plus d’un an,
• - lorsque le capital devient inférieur au minimum légal,
• - ou enfin si les capitaux propres deviennent inférieurs au quart du capital social et qu’ils ne sont pas
constitués dans les deux ans à hauteur au moins du quart du capital social (article 357).
Les contrats bancaires
• Ouverture d’un compte bancaire est devenue une nécessité au quotidien compte
tenu de l’automatisation d’un grand nombre d’opérations : virements de salaires
ou de prestations sociales, prélèvements divers (factures d’électricité, impôts,...).
Le compte bancaire constate l’ensemble des opérations réalisées par son titulaire
ou par son mandataire. Il en existe différents types visant à répondre aux besoins
et aux demandes de la clientèle.
• Le compte selon (art. 487-505) est définit dans un cadre juridique de réception des
avoirs du client et de la domiciliation de ses flux :
• Définition du compte bancaire :
• L'approche comptable conduit à définir le compte comme un instrument de
constatation chiffrée des opérations intervenues entre la Banque et son client qui
retrace lesdites opérations et leur résultat (solde). C’est est un état synoptique des
créances et des dettes réciproques de la banque et de son client
• L'approche juridique permet de considérer le compte comme un instrument de
règlement des dettes qui pourraient naître entre la banque et son client et de
garantie par l'effet de la compensation qui se produit entre les articles de crédit et
articles de débit; seul le solde étant exigible
Les différents types de comptes
• Légalement, on distingue deux catégories de comptes : le compte à
vue et le compte à terme « Le compte en banque est soit à vue, soit
à terme. »
• Le compte à vue est un contrat par lequel la banque convient avec
son client d'inscrire sur un relevé unique leurs créances réciproques
sous forme d’articles de crédit et de débit, dont la fusion permet de
dégager à tout instant un solde provisoire en faveur de l’une des
parties.
L’une des caractéristiques du compte à vue est que le solde
provisoire dégagé ne peut être débiteur du côté du client, sauf
accord de la banque.
• Le compte à terme (pas de définition par le Code de Commerce):
est un compte dont le terme est fixé d’avance par la banque et le
client. Il n'est renouvelé à l’échéance qu'à la demande expresse du
client, et sous réserve de l’accord de la banque.
Le compte à vue et le compte à terme
I: Le compte à vue
• Le compte à vue est un contrat par lequel la banque convient avec son client d'inscrire sur un relevé unique leurs créances
réciproques sous forme d’articles de crédit et de débit, dont la fusion permet de dégager à tout instant un solde provisoire en
faveur de l’une des parties.
Caractéristiques du compte à vue
• L’une des caractéristiques du compte à vue est que le solde provisoire dégagé ne peut être débiteur du côté du client, sauf accord
de la banque.
· Le compte à vue peut être ouvert aussi bien par une personne physique qu’une personne morale et par un particulier ou une
entreprise
· Il est ouvert pour une durée indéterminée et implique la possibilité de retrait de la provision à tout moment
· Il peut être clôturé par le titulaire sans préavis, et avec un préavis (minimum 60 jours) lorsque la rupture est décidée par le
banquier
· Il ne donne pas lieu à une rémunération
Nature juridique du compte à vue
• La nature juridique (commerciale ou civile) du compte à vue entraîne l’application des règles juridiques prescrites par l’article 4 du
Code de Commerce qui dispose : « lorsque l’acte est commercial pour un contractant et civil pour l’autre, les règles du droit
commercial s’appliquent à la partie pour qui l’acte est commercial; elles ne peuvent être opposées à la partie pour qui l’acte est
civil, sauf disposition spéciale contraire »
• Cette règle reste d’une portée relative car, la nature civile du compte à vue pour la partie civile n’influe pas souvent les règles
juridiques applicables à ce type de contrat, notamment, en matière de compétence juridictionnelle (juridictions de commerce
selon l’article 5 de la loi portant création des tribunaux de commerce) ou de la créance d’intérêts de la banque.
Régime juridique d’un compte à vue
• Indivisibilité du compte à vue : ses opérations forment un tout qu’il n’est pas permis de décomposer, il n'y a ni créance ni dettes
jusqu'à la clôture du compte
• Selon l’article 493 du CCM, le compte à vue est un contrat par lequel la banque convient avec son client d'inscrire sur un relevé
unique leurs créances réciproques sous forme d'articles de crédit et de débit, dont la fusion permet de dégager à tout instant un
solde provisoire en faveur de l'une des parties.
II : Le compte à terme
• Le compte à terme: est un compte dont le terme est fixé d’avance par la
banque et le client. Il n'est renouvelé à l’échéance qu'à la demande
expresse du client, et sous réserve de l’accord de la banque.
• Les intérêts stipulés en faveur du client ne sont verses qu’à l’échéance,
pour ce qui est du taux d’intérêt est fixé suivant un barème réglementé et
qui est réduit en cas de retraite avant l’échéance.
Caractéristiques d’un compte à terme
· Le compte à terme peut être ouvert aussi bien par une personne
physique qu’une personne morale et par un particulier ou une entreprise.
· Les fonds déposés restent bloqués jusqu’à l’échéance fixée d’un
commun accord et le CAT n'est renouvelé à l’échéance qu'à la demande
expresse du client, et sous réserve de l'accord de la banque.
· La durée minimale de blocage est de trois mois.
· Les intérêts ne sont versés qu’à l’échéance.

• Le compte peut être résilié avant terme par le client avec l’accord de la
banque. Cette résiliation anticipée entraîne l’application des pénalités
stipulées à l’ouverture du compte
Le compte courant et compte de chèques
Distinction entre compte courant et compte de
chèques
• Aucun texte ne les distingue : c’est l’œuvre de la
jurisprudence.
• Distinction en fonction de la qualité du client : si
commerçant: compte courant, si pas commerçant
: compte chèque appelé aussi compte de dépôt.
D’où le problème de qualification car un
commerçant peut avoir un compte de dépôt et
un non commerçant un compte de chèques.
• La nature dépend de la volonté des parties et du
mode de fonctionnement du compte.
Le compte courant

Définition du compte courant


• Le compte courant est un contrat par lequel les parties décident de faire
entrer en compte toutes les créances et dettes réciproques de manière à
ce que celles-ci soient réglées immédiatement par leur fusion dans un
solde disponible soumis à un régime unitaire.
• On distingue la partie qui inscrit une créance au crédit du compte (le
remettant) et celle au débit du compte (le récepteur).
• Intérêt dans les relations Client/Fournisseur : au lieu de régler les
opérations séparément, toutes les opérations sont inscrites sur un compte
pour un règlement global et unique à la clôture.
Régime et mécanisme du compte courant
• Il s’agit d’un régime mis en place par la jurisprudence appuyée par des
constructions doctrinales.
• Le contrat de compte courant est concrétisé par la possibilité de remise
réciproque s'incorporant dans un solde pouvant dans la commune
intention des parties varier alternativement au profit de l'un ou l'autre.
Le compte de chèques

• Le compte de chèques peuvent être ouvert


par des particuliers, qu’ils exercent un
commerce ou pas, le solde est principalement
créditeurs la banque peut accepter des
dépassements occasionnels à condition de
régler la somme au débit dans les délais.
Le comptes individuels, joints et indivis

Trois types de contrats


• L’individuel
• Le joint
• L’indivis
Les comptes individuels
• Le compte individuel est ouvert par une personne physique qui va le faire fonctionner
seule sauf à donner procuration à une autre personne d’agir en son nom et pour son
compte.
Toute personne peut demander à un établissement bancaire à ce que celle-ci lui
ouvre un compte en banque individuel, personnel. Il suffit juste de respecter les
conditions requises pour cela. Toutes les banques traditionnelles ou en ligne vous
permettent d’y ouvrir un compte individuel .Le terme de compte individuel ou
compte simple s’oppose à celui de compte collectif. Ainsi, pour le premier cas, il n’y a
qu’un seul titulaire et donc généralement une seule carte bancaire. A l’inverse, pour
le compte collectif, il y a plusieurs titulaires dont chacun peut posséder sa propre
carte bancaire.
• Pour pouvoir ouvrir un compte en banque individuel, il faut respecter certaines
conditions. Ensuite, la banque va étudier tous ces justificatifs puis, si cela correspond
aux conditions, vous allez ainsi pouvoir remplir un dossier.
• Une fois que la personne possède un compte en banque individuel, elle va ainsi
pouvoir, par exemple, y recevoir ses revenus mensuels. Elle pourra aussi y effectuer
des virements, des prélèvements, des retraits. Dès qu’elle effectuera un paiement ou
un retrait avec sa carte bancaire liée à ce compte, l’argent est donc directement retiré
de celui-ci. Un compte individuel n’est pas rémunéré, ce n’est pas un produit
d’épargne.
Les comptes joints

• Il est ouvert au nom de plusieurs titulaires qui


sont appelés les indivisaires. La signature de
l’ensemble des indivisaires est indispensable pour
le fonctionnement du compte (sauf mandataire
commun). Ce type de compte se rencontre
essentiellement à l’ouverture d’une succession.
Les co-titulaires du compte seront tenus
solidairement de tous les engagements
contractés dans le cadre du fonctionnement du
compte.
Les comptes indivis
• Il est ouvert au nom de plusieurs personnes et permet à chacun des
co-titulaires de faire fonctionner seul le compte, comme s’il était le
seul titulaire. Il est souvent ouvert par des couples mariés
(Monsieur ou Madame) et le décès d’un des co-titulaires du compte
joint n’entraîne pas le blocage du compte.
Ce type de compte implique la solidarité active de chacun des co-
titulaires qui peut faire fonctionner seul le compte mais aussi la
solidarité passive des co-titulaires qui sont solidaires des dettes.
En cas d’émission de chèque sans provision, et à défaut de
régularisation, les titulaires sont interdit bancaire sur tous leurs
comptes. L’un d’entre eux peut toutefois se désigner comme
l’unique responsable en cas d’incident. Seule cette personne sera
alors interdit bancaire sur tous ses comptes.
Le compte offshore
Paragraphe 1 : Les banques offshore
• Une banque offshore est une banque située à l'extérieur du pays de résidence du déposant,
typiquement dans un pays à faible imposition (ou paradis fiscal) qui fournit des avantages
financiers et juridiques. Ces avantages comprennent généralement:
• une plus grande protection de la vie privée (voir aussi le secret bancaire, un principe né avec
la Loi de 1934 des banques suisses)
• une imposition faible ou nulle (les paradis fiscaux à savoir)
• un accès facile à des dépôts (au moins en termes de régulation)
• la protection contre l'instabilité politique ou financière locale
• Le terme banque offshore provient des îles Anglo-Normandes car elles sont «offshore» du
Royaume-Uni c'est-à-dire « en dehors des côtes », « vers le large »). Bien que la plupart des
banques offshore soient, à ce jour, situées dans les nations insulaires, le terme est utilisé au
sens figuré pour désigner de telles banques indépendamment de leur emplacement. On inclut
ainsi dans le terme banques offshore certaines banques suisses et certaines banques d'autres
pays enclavés tels que le Luxembourg et Andorre.
• Les activités bancaires offshores ont souvent été associées à l'économie souterraine et la
criminalité organisée, par le biais de l'évasion fiscale et du blanchiment d'argent. Toutefois,
légalement, les activités bancaires offshores ne soustraient pas le contribuable à l'impôt des
particuliers sur les intérêts.
Paragraphe 2 : Le compte offshore
• Un compte bancaire offshore est un compte bancaire tenu par une banque située à l'extérieur du pays de résidence. Il s'agit le plus
souvent d'un compte placé dans une juridiction offrant des avantages aux niveaux des impôts et de certains services financiers.
Quels sont les avantages d'un compte offshore ?
• Les banques offshores offrent un accès à des juridictions politiquement et juridiquement stables : Ceci est un avantage pour les
personnes qui résident dans des zones à risques et qui ont peur que leur actifs soient gelés, saisirent ou disparaissent durant des
crises économiques... La confidentialité et le secret bancaire, sont des facteurs essentiels à ne pas négliger. Certaines banques
offrent même la possibilité d'ouvrir un compte bancaire sous un nom fictif. Les banques offshores offrent des services qui ne sont
pas toujours disponibles dans des banques domestiques: Comptes bancaires anonymes, taux d'emprunts plus ou moins élevés selon
les risques et les opportunités d'investissements.
Qui peut ouvrir un compte bancaire offshore ?
• Quiconque peut ouvrir un compte bancaire offshore. Qu'il s'agisse d'une personne physique ou morale, c'est-à-dire d'un individu ou
d'une société, association... Peut importe!
Qui peut bénéficier des fonds d'un compte bancaire offshore?
• Vous pouvez en bénéficier si vous avez prévu de déménager, de voyager ou encore de prendre votre retraite à l'étranger, que vous
possédez des résidences secondaires ou que vous avez des engagements professionnels dans plus d'un pays. Si vous vivez dans un
pays politiquement et économiquement instable, vous pouvez choisir de placer vos actifs auprès d'une banque offshore dans le but
de les protéger de manière efficace.
Qui a le contrôle de mon compte?
• Il n'y a que le signataire du compte qui peut y accéder. Vous êtes libre de désigner le signataire de votre choix.
Existe-il des restrictions suivant la nationalité?
• Effectivement, certaines banques sont restrictives à ce sujet. Il s'agira, alors, de s'orienter vers une autre banque.
Quel est le dépôt minimum requis pour ouvrir un compte?
• Ceci dépend de la banque et du type de compte ouvert. Selon certaines banques et certains types de comptes, il est possible de
commencer avec un dépôt de 1000$ alors que d'autres requièrent un dépôt de 500.000$.
Quels sont les documents à fournir pour ouvrir un compte bancaire offshore?
• Cela prend généralement de 2 à 7 jours (après réception de l'ensemble des documents par la banque) pour ouvrir un compte.
Cependant, ce délai varie selon divers facteurs.
Est-ce que je peux faire des opérations sur mon compte offshore en ligne ?
• Bien sûr ! La plupart des banques offrent un service de suivis des opérations via Internet, ce qui vous permet d'avoir un contrôle
direct sur vos actifs ou que vous soyez dans le monde à n'importe quel moment.
Existe-il des restrictions suivant la nationalité?
• Oui ! Entre Internet, les e-mails, le fax, le téléphone et les Distributeurs Automatiques de Monnaie (DAM), vos fonds sont aussi
accessibles qu'au sein de votre banque locale. Vous pouvez facilement et rapidement transférer votre argent par virement
électronique ou que vous soyez.
Entre l’ouverture et la clôture du compte bancaire

• Les conditions d’ouverture du compte


bancaire
• La capacité des personnes
• Le fonctionnement du compte
• La clôture du compte
Les conditions d’ouverture du compte bancaire
I : Les conditions liées aux personnes physique
• L’article 488 de la loi 15/95 portant code de commerce dispose que «l’établissement bancaire, doit préalablement à l’ouverture
d’un compte vérifier, en ce qui concerne les personnes physiques, le domicile, et l’identité du postulant au vu des énonciations de
sa carte d ’identité nationale, de la carte d ’immatriculation pour les étrangers résidents ou du passeport ou toute autre pièce
d ’identité en tenant lieu pour les étrangers non- résidents »
• L’identité :
• • L’obligation pour le banquier de vérifier l’identité du client se justifie par la nécessité d’éviter que le titulaire du compte
effectue des opérations illicites sous un nom d’emprunt. (Cette pratique est malheureusement utilisée par beaucoup d’escrocs).
• • La responsabilité du banquier est engagée si l’absence d’un contrôle suffisant se traduit par un préjudice à un tiers.
• La banque ne doit ouvrir de compte que sur la base d’une pièce d’identité originale en cours de validité portant une photographie
du client, ( une copie de la CIN, de la carte d ’immatriculation pour les étrangers résidents ou du passeport ou toute autre pièce
d ’identité en tenant lieu pour les étrangers non- résidents devra être conservée dans le dossier du client même après la clôture
du compte ).
Vérification du domicile :
• Le contrôle de l’adresse se fait le plus souvent à travers une lettre d’accueil envoyée. Dans cette lettre dont la motivation
essentielle est de vérifier le domicile indiqué, la banque remercie le client de l’avoir choisi et lui indique entre autre le nom du
gestionnaire de son compte
• Affectation d’un numéro de compte :
• La banque enregistre toutes les caractéristiques de la CIN et communique au client un N° de compte identifiable par une série
de chiffre « RIB »
• Les traitements informatiques qui interviendront sur le compte se feront sur la base du RIB
Recueil du spécimen de signature :
• La banque demande au client de déposer un spécimen de sa signature et de celles des mandataires qu’il aura éventuellement
désignés.
• Ce spécimen permet d’authentifier les ordres émanant du client pour le dénouement des opérations bancaires (chèques, ordre
de virement, etc.).
La convention bancaire :
• La loi bancaire du 6 juillet 1993, enjoint la banque d’informer la clientèle, au moment de l’ouverture des comptes, sur les
conditions générales de fonctionnement (commissions, frais, intérêts date de valeur etc.,).
• Aussi la banque fait signer au client une convention de compte « particulier » faisant ressortir les conditions d’utilisation du
compte et les engagements des deux parties.
*Information du client (loi bancaire du 6 juillet 1993, enjoint la banque d’informer la clientèle, au moment de l’ouverture des comptes)
II: Les conditions liées aux personnes morales
• Le Code de commerce précise dans son article 488 que la banque doit vérifier préalablement à l’ouverture d’un compte « la forme
et la dénomination, l’adresse du siège, l’identité et les pouvoirs de la ou les personnes physiques habilitées à effectuer des
opérations sur le compte, ainsi que le numéro d’inscription à l’impôt sur les sociétés, au registre de commerce ou à l’impôt des
patentes. Les caractéristiques et les références des documents présentées sont enregistrés par l’établissement ».
La personnalité morale :
• Le banquier se doit de s’assurer de la réalité juridique des personnes morales en exigeant la justification de leur constitution dans
les formes légales
• Chaque Sté à une date de création, une nationalité, un nom, un domicile, une durée de vie et des dirigeants qui la représentent
1-Les caractéristiques d’une société :
• La date de création ou de constitution de la société figure généralement sur les statuts. Sa durée de vie n’est pas limitée dans le
temps à moins qu’il en soit autrement par la volonté des associés. Le nom de la société est appelé « raison sociale » ou encore
« dénomination sociale ». Le domicile est le lieu du siège social et servira aussi à déterminer la nationalité. En fin le patrimoine est
constitué des apports des associés «capital social »
2-L’objet de la société :
• Les sociétés peuvent être civiles ou commerciales. Sont civiles les Stes qui ont pour objet de se livrer à des opérations de nature
civiles (exploitation d’un domaine rural).
• Sont commerciales les sociétés qui ont pour objet de se livrer à des opérations commerciales .Elles représentent la majeur
partie de la clientèle des banques.
3-La forme de la société :
• Les sociétés de personnes (SNC, en commandite simple).
• Les sociétés de capitaux ou par action (SA, sté en commandité par action)
• Les sociétés mixtes (SARL)
Par ailleurs, il y ’a les personnes morales publiques comme les établissements publics. Les associations et les syndicats professionnels.
4-Les formalités de constitution d’une société :
• Rédaction de l’acte de constitution appelé statuts.
• Dépôt de l’acte au greffe du tribunal, et inscription au Registre de commerce.
• Publication dans un journal d’annonces légales (pour informations des tiers).
• Inscriptions aux services des impôts sur l’IS ; des patentes, et de la TVA.
Désignation des premiers dirigeants (conseil).
Les représentants de la société :
• La société exerce son activité par l’intermédiaire de ses représentants légaux, qui peuvent être ses propres associés ou des tiers
habilités à agir en son nom, ou les deux ensembles.
La capacité des personnes
• La capacité civile est le pouvoir reconnu par la loi aux personnes d’accomplir des actes d’administration, de
prendre des engagements et de défendre leurs intérêts.
• L’article 12 du code de commerce prévoit que «la capacité pour exercer le commerce obéit aux règles du
statut personnel »
I : Les mineurs
• *La loi 70.03 portant code de la famille au Maroc fixe dans son article 209 la majorité légale à 18ans
pleins.»
• Il convient de distinguer :
• le mineur non émancipé dont le compte ne peut être ouvert qu’à l’initiative de son tuteur légale ou
testamentaire
• le mineur émancipé, doté d’une pleine capacité
Une émancipation du mineur reste possible avant l’âge de 18 ans et après une autorisation du juge de la
famille.
• La banque peut reconnaître les mineurs à travers l’examen de la CIN.
• Le mineur émancipé doit justifier de son statut en produisant son acte d’émancipation
II : Les incapables majeurs
• Certaines personnes majeures sont frappées d’incapacité par décision de justice. Cette incapacité
s’applique aux personnes dont les facultés mentales ne sont pas entières : les déments, les faibles d’esprit
et les prodigues
• Le nouveau code de la famille précise que «la démence consiste dans la perte de la raison, que cette perte
soit continue ou intermittente, et la prodigalité est considérée par une dilapidation insensée du
patrimoine »
• C’est le juge qui prononce l’interdiction et retire à ces personnes jugées incapables la faculté d’exercer le
commerce, y compris l’ouverture de compte en banque. Seuls leurs représentants légaux peuvent agir en
leur noms et à leurs places.
Le fonctionnement du compte
• I : le fonctionnement et le contrôle
Les personnes pouvant faire fonctionner un compte bancaire :
• Le compte bancaire enregistre les opérations qui vont être des
applications de la convention de compte (dépôts, retraits,
règlements).
• Seul le titulaire du compte ou son mandataire sont habilités à
effectuer des opérations au débit
• Quiconque peut effectuer une opération au crédit.
• Le client peut exiger de sa banque l’identité de la personne qui a
effectué une opération au crédit à son profit
Contrôle de la conformité de la signature :
• Tout ordre émanant d’un client doit être écrit et signé
• Le banquier se doit de s’assurer de la conformité apparente de la
signature au spécimen dont il dispose
II : Les inscriptions
Inscription des opérations en compte :
• Les créances non encore échues ne peuvent être inscrites dans la même rubrique que les créances échues
• Le banquier se doit de respecter la volonté du client qui souhaite l’inscription d’une opération à un compte bien déterminé (sauf clause contraire dans
le contrat de compte)
• L’entrée en compte d'une créance à un effet novatoire
Toute inscription en compte emporte règlement de la créance concernée. Ainsi:
• La banque ne peut inscrire que les créances certaines, à l'exclusion de celles litigieuses
• Le mouvement de crédit ou débit amène à une position du solde du compte qui peut être débiteur ou créditeur => cette position fait l'objet d'un
arrêté de compte. On distingue le provisoire (en cour de fonctionnement à un moment donné) du définitif (à la clôture du compte).
• Le compte L’objet du compte à vue est exprimé par la volonté des parties, client et banque, de régler les opérations effectuées entre elles. Pour ce
faire, elles peuvent recourir, à tout moment, à la fusion de leurs créances réciproques inscrites dans un seul relevé, sous forme d’articles de débits et de
crédits et de procéder à la compensation afin de dégager le solde provisoire ou, le cas échéant, définitif.
• Le fonctionnement du compte à vue repose sur l’obligation d’inscrire les créances réciproques des parties, ce qui crée certains effets juridiques
L’obligation d’inscrire les créances en compte :
· Cette inscription exige la réunion de certaines conditions relatives aux créances elles-mêmes.
· D’autres créances ne peuvent pas, en principe, être portées sur le compte à vue la réciprocité des créances :
• Cette règle signifie que chacune des deux parties au compte joue tantôt le rôle de remettant, tantôt celui de récepteur de fonds. Elles acceptent de
régler leurs opérations réciproques par l’inscription des créances au compte, de telle sorte que chacune d’entre elles est, soit débitrice, soit créancier.
Ce dénouement se fait par fusion de ces créances.
• Dans sa relation avec son client, la banque acquière la qualité de dépositaire, ce qui lui confère le droit de disposer des fonds en dépôt à charge pour
elle de les restituer à son client déposant, à sa demande, dans le cas d’un compte à vue, ou à la date convenue par les partie dans la situation d’un
compte à terme.
• Le Code du Commerce prescrit que « le contrat de dépôt de fonds est le contrat par lequel une personne dépose des fonds auprès d’un établissement
bancaire quel que soit le procédé de dépôt et lui confère le droit d’en disposer pour son propre compte à charge de les restituer dans les conditions
prévues au contrat.»
• Le cas d’inscription d’une créance résultant de la transmission à la banque d’un effet de commerce est prévu par l’article 502 du Code de Commerce.
• A ce sujet, l’article 494 du Code de Commerce dispose que sauf stipulation contraire, sont, toutefois, présumées exclues du compte, les créances
garanties par des sûretés conventionnelles ou légales et les créances qui ne résultent pas des rapports d’affaires habituels
• La doctrine adopte une position différente, en ce sens qu’elle soutient que le compte à vue peut englober toute sorte de créances, même celles qui ne
résultent pas des rapports d’affaires habituels entre la banque et son client.
La clôture du compte
I: Clôture à l'initiative du client

• Tout titulaire d'un compte en banque peut décider de sa clôture quand il le souhaite.
• Le titulaire doit envoyer une lettre de clôture de compte pour officialiser sa demande. Cette
procédure vaut pour toutes les banques. Cette période transitoire permet d'accomplir sereinement
les étapes nécessaires à la fermeture définitive de son ancien compte en banque.

II: Clôture de compte à l’initiative de la banque

• Il arrive que ce soit la banque qui décide de rompre la convention de compte. Par contre, une
banque qui clôture un compte doit avertir par écrit son client en respectant un délai.
• La fermeture peut même intervenir avant ce délai quand il y a un problème solvabilité manifeste et
des incidents de paiement réguliers. Les sommes portées au crédit du compte sont reversées au
titulaire. En cas de compte négatif, si le compte est à découvert, le détenteur doit régulariser sa
situation.