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Critique de l’économie politique

Pour comprendre un courant de pensée économique, il faut


le situer par rapport à ses racines théoriques, et à
l’environnement social dans lequel il est né. Or compte tenu
de l’importance du facteur économique dans toute société
et la corrélation entre ce facteur et les autres aspects :
philosophiques, historiques … les racines d’une pensée
économique sont souvent puisées dans une philosophie de
la vie et plus précisément dans une conception du monde.
Plusieurs courants de pensée font leur apparition dont les
mercantilistes, les physiocrates, les classiques, les marxistes et
le courant keynésien.

Le mercantilisme
Le mercantilisme s’est développé entre le 16e et 18e S dans quatre pays :
l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre et la France. L’objectif des mercantilistes
est de procurer à l’Etat le maximum d’or et d’argent sources, selon eux
de la richesse des nations. Plusieurs auteurs de l’époque pensaient à la
suite de la découverte des mines américaine, que la richesse des Etats
provenait de l’accumulation des métaux précieux.
Cette pensée militait en faveur de quatre idées :

 L’acquisition d’une réserve d’or nationale aussi grande que possible ;


 Le développement de l’industrie ;
 L’encouragement de la croissance démographique ;
 Le développement du commerce extérieur

Ses auteurs sont :

 Jean Bodin : Qui a vécu dans la deuxième moitié du 16ème siècle. Il est le premier
à formuler une théorie quantitative de la monnaie, soit à mettre en évidence la
relation existante entre la masse monétaire et la quantité des produits en
circulation (MV = PT).
William Petty : Auteur anglais, il a inventé la statistique qu’il appelle
l’arithmétique politique. Il est le premier à calculer le revenu national.
Le mercantilisme a néanmoins échoué dans les politiques qu’il a
proposés. Son erreur a été d’ignorer que l’accumulation des moyens de
paiement sans contrepartie suffisante en production de biens et services
débouchait rapidement sur l’inflation.

La physiocratie
A l’origine de ce courant se trouve François Quesnay ; auteur d’un
ouvrage intitulé « Le tableau économique de la France » en 1758.
Il y a selon la doctrine de la physiocratie (gouvernement de la nature),
un ordre naturel dans lequel les hommes et les choses s’organisent.

L’agriculture est considérée à l’origine de la richesse. La pensée


physiocratique préconise en tant que doctrine le libéralisme
économique et en même temps le développement de l’agriculture en
tant que science, elle propose un circuit économique basé sur
l’agriculture.
Ces deux courants vont donner lieu à une formulation plus
synthétique de la pensée économique à travers le courant classique.

Le courant classique (1750-1870)

Conjoncture historique

Deux phénomènes vont être à l’origine d’une forte croissance


démographique à partir du début du 18e siècle en Europe : les progrès
de l’agriculture, et les progrès de la santé. Cette forte croissance
démographique entraînera inévitablement une forte demande de
biens de consommation.
Caractéristique :

L’école classique désigne un groupe d’économistes essentiellement


anglais qui ont développé les travaux d’Adam Smith sur les
mécanismes déterminant la production, la consommation et la
répartition des richesses.
Ce groupe comprend principalement le fondateur de l’école classique
Adam Smith. Les Anglais Malthus et Ricardo et le Français Jean
Baptiste Say.
L’école classique cherche à présenter une pensée scientifique en
rupture avec les considérations philosophiques ou morales. Elle croit en
la valeur travail (le travail est à l’origine de la richesse) contrairement
aux mercantilistes et aux physiocrates.

Elle croit en l’ordre naturel : social et économique sans intervention


extérieur (main invisible chez Smith). Elle croit en l’équilibre stable, s’il
y a des déséquilibres, ils ne sont que momentanés.

Il y a une correspondance entre l’intérêt individuel et l’intérêt général.


Il faut donc laisser jouer les lois du marché et s’opposer à la
constitution de groupes privés et à l’intervention de l’Etat.

Le marché peut connaître des déséquilibres à court terme mais sous la


pression des forces correctrices du marché (réaction des prix, de la
production ou des revenus) le retour spontané à l’équilibre se réalise à
nouveaux.
Les auteurs classiques se sont intéressés à plusieurs aspects des
phénomènes économiques.
- Adam Smith, localise les deux (2) facteurs essentiels de la production :
 L’accumulation du capital en utilisant l’épargne oisive ;
 L’élévation de la productivité du travail due à la division des tâches.
Ainsi pour Smith la valeur d’échange d’un bien est déterminée par la
quantité de travail que ce bien peut procurer à l’échange : on parle de
théorie de la valeur travail commandée.
2- Malthus, est classé dans la catégorie des auteurs classiques
pessimistes. Il développe une conception très réservée vis à vis de la
croissance démographique. Ainsi pour lui la population croit selon une
progression géométrique (1, 2, 4, 8, etc.) alors que la production ne croit
rendements que selon une progression arithmétique (1, 3, 5,7). En effet
plus la population augmente, et plus on cultive des terres de moins en
moins fertiles. On est donc confronté à des décroissants.
3- Ricardo, va marquer d’une manière particulière l’économie politique.
a) La valeur travail et la théorie de l’équilibre :
Selon Ricardo la valeur d’un bien dépend de la quantité de travail
dépensé pour le produire : On parle de valeur de travail incorporé.

b) La théorie de la rente :
La rente est définie traditionnellement comme un revenu périodique
qui peut être dû à un capital placé ou loué. Une extension du terme lui
donne le sens de sur revenu d’un facteur de production. Ricardo avait
pris l’exemple de la rente tirée de la terre agricole.
c) La théorie des avantages comparatifs :
Selon Ricardo : La quantité de travail exigée pour la production des
biens est le facteur principal qui doit expliquer l’évolution des
rapports des prix des marchandises. Chaque pays vend ainsi aux autres
pays les biens pour lesquels les coûts relatifs nationaux sont plus
élevés qu’à l’étranger.
Ce raisonnement permet à Ricardo de vanter les mérites de l’échange
international. C’est aussi le raisonnement qui inspire les accords du GATT
(accord générale sur le tarif douanier), de l’OMC
Jean baptiste Say : Une idée centrale domine l’œuvre de l’économiste
jean baptiste Say, celle de l’équilibre sur le marché sur la base de la loi
des débouchés.
Pour cet auteur, l’offre crée sa propre demande
Ainsi chaque produit réalisé a donné lieu au préalable à la distribution
de revenu aux agents qui ont contribué à sa production. Toute
marchandise donc sur le marché à sa contrepartie monétaire. Cette
contre parti servira à acheter d’autres marchandises. IL y a donc
suffisamment d’argent en circulation pour que toutes les marchandises
soient écoulées sur le marché, autrement dit l’offre produite engendre
un revenu qui se transforme totalement et rapidement en demande de
marchandises. La demande égalise ainsi l’offre (O = D).
3. Rôle de l’Etat d’après le courant classique :
Le rôle de l’Etat doit se limiter à assurer la défense nationale en levant
une armée pour assurer la protection des individus contre toute forme
d’abus qui doit assurer une justice équitable, l'Etat a pour rôle également
de développer les biens publics c’est à dire il doit s’occuper des grands
travaux (Route, pont, le port, l’aéroport etc.).
Le courant néo- classique (1870 - 1970)
Apparu dans le dernier tiers du 19e siècle, il constitue le prolongement du
courant classique en ce qui concerne, les principes du libéralisme et de la
propriété privée. Il se distingue toute fois de celui-ci en centrant l’analyse
sur les comportements économiques des individus et leurs choix. Ils
renonceront pour cela à raisonner sur la valeur travail pour lui substituer la
valeur utilité. Pour eux, la valeur est fonction de l’utilité de la dernière unité
disponible d’un bien appelée utilité marginale.
L’acheteur qui a fait le tour de prospection du marché paiera au prix
qui équivaut dans son esprit à l’utilité de la 10ème veste.
L’analyse de tous les actes de l’économie se fait donc à partir des
échelles individuelles de préférence. L’utilité dépend ainsi de la
hiérarchie des préférences de chaque individu. Les producteurs
cherchent donc à maximiser leurs profits en tenant compte du rapport
entre le coût de production et le prix de vente et les consommateurs
cherchent à maximiser leur utilité en tenant compte du revenu BH et
des différents prix sur le marché.
Les grands auteurs marginalistes :
Trois (3) écoles de pensée marginalistes se sont distinguées :
 L’école de Lausane, avec à sa tête Léon WALRAS (1834-1930) et
William PARETO (1848-1923)
 L’école de vienne, avec Karl MENGER ; FISHER; J S’ CHUMPETER ET
autres
 L’école de Cambridge, fondée par Alfred MARSHALL (1842-1924).
Deux (2) auteurs vont marquer par leurs travaux le courant
néoclassique : LEON WALRAS et ALFRED MARSHALL.
La notion d’utilité marginale :
Cette notion résulte de la prise en considération de deux éléments : l’utilité et la rareté.
Elle a pour origine un phénomène psychologique important : plus la quantité d’un bien
est disponible, plus son utilité décroît.
La valeur de toute unité de ce bien est alors considérée comme égale à l’utilité de la
dernière unité de ce bien.
Autrement dit dans toutes les décisions économiques (ventes, achats, production) les
valeurs, coûts, recettes productivités, etc. sont déterminés par l’effet de la dernière
unité ou du dernier lot ajouté ou retranché du total.
Exemple : Admettant des magasins disposants en totalité de 10 vestes d’un modèle
donné.
Léon WALRAS : Propose une théorie de l’équilibre générale. Cet
équilibre met l’accent sur les relations d’influence entre tous les
marchés. Exemple: un progrès technique dans l’extraction du
pétrole baisse le prix du pétrole qui réduit le coût de transport des
marchandises; qui baisse leur coût de production ; ce qui entraîne
une influence sur les salaires des travailleurs ; etc.
L’équilibre général, suppose implicitement une concurrence parfaite ;
c’est à dire qu’aucun acheteur ou vendeur ne peut avoir par les
quantités de biens échangés une influence sur le prix du marché si la
demande excède l’offre les prix augmentent faisant baisser la demande
et vis versa L’équilibre est réalisé lorsque les forces qui font modifier les
prix sont au repos.
Alfred MARSHALL : Propose une théorie d’équilibre partielle. Il
suppose contrairement au premier qu’on ne prend en
considération que quelques éléments qui ont une influence directe
et importante sur le prix d’une marchandise tels le revenu du
consommateur, le prix relatif d’un produit concurrent l’analyse
n’est donc que partielle puisqu’elle ne prend pas en compte tous
les produits qui, de près ou de loin ont une influence sur le bien en
question.
Ainsi toute hausse du prix du blé par exemple favorisera sa
substitution.

Les limites de la théorie néo-classique :


La théorie néo-classique se veut une démonstration scientifique de la
fameuse ‘’main invisible’’ de Smith, la poursuite par chacun de son
intérêt conduisant naturellement et automatiquement au meilleur état
possible pour l’économie. Des lors, l’intervention de l’Etat est non
seulement inefficace mais plus encore néfaste en ce qu’elle perturbe
les lois du marché et les calculs économiques des agents économiques.
Cette analyse repose sur un grand nombre d’hypothèses
(rationalité des agents, indépendance de l’offre et de la demande,
concurrence pure et parfaite notamment) qui ne sont guère
vérifiées dans la réalité.
Par ailleurs, de très nombreux phénomènes économiques ne
relèvent pas des mécanismes de marché et nécessitent une
intervention collective (phénomènes non marchands avec les effets
externes et les biens collectifs).
Réactions au courant classique : L’école marxiste (1840-1930).
Contexte historique :
La situation sociale dans le milieu du 19ème Siècle était explosive, forte
émigration vers les villes main d’œuvre ouvrière mal payée, mal logée,
entassée dans les banlieues des grandes villes, révoltes dans les
campagnes, mouvements de contestation dans les villes.
Les critiques formulées à l’égard du système de pensée classique vont
apparaître dans plusieurs théories, notamment dans la pensée industrielle
de ‘’Saint-Simon’’ et les courants socialistes utopistes de ‘’Fourier’’ et de
PROUDHON.
Une école va se distinguer par l’originalité de sa réflexion économique et sociale :
l’école Marxiste, son fondateur Karl- MARX (1818-1883).
Publiera en 1848 le manifeste du parti communiste et en 1867 son principal
ouvrage le capital.
2. Caractéristique :
A partir d’un constat social, celui de l’aliénation de la société capitaliste tout
entière et grâce aux études de Philosophie, d’histoire et plus tard d’Economie
Marx élabore une théorie où il montre que les sociétés changent parce qu’il y a
une lutte perpétuelle d’intérêt en leur sein (matérialisme historique).
Il critique aussi les lois naturelles avancées par les classiques, pour leur opposer,
un caractère social…
Ainsi la critique essentielle adressée par Marx à RICARDO est d’avoir
considéré la valeur telle qu’elle est réalisée dans la société capitaliste
comme une réalité naturelle, et non comme un rapport social.
Pour Marx, la valeur d’une marchandise est fonction de la quantité de
travail socialement nécessaire à la réalisation de la marchandise.
Les classiques considèrent aussi que le travailleur vend son travail.
Marx pense par contre que le travailleur ne vend que sa force de
travail.
Crises du capitalisme :
Selon Marx, l’effondrement capitaliste détermine des crises qui résultent
des facteurs suivants :
La sous consommation ouvrière ayant pour conséquence
l’exploitation : Selon lui la consommation des ouvriers est faible limitée
par des salaires juste pour leur assurer le minimum vital, les
capitalistes disposent eux de valeur monétaire importante dans
l’appropriation de la plus-value mais ces sommes d’argent ne sont pas
destinées principalement à l’achat de biens de consommation mais à
l’épargne. L’exploitation des capitalistes conduit à une contradiction
entre une demande faible et une offre globale excédentaire, d’où
phénomène de crise de surproduction.
L’accumulation du capital et la baisse tendancielle taux de profit :
Selon Marx le capital monétaire utilisé par l’entrepreneur fait
l’objet de deux emplois :
D’une part le capital constant (c) dont le capitaliste se sert pour
acheter du capital technique (ensemble des moyens de production)
dont la plus-value s’interpose lors du processus de production de la
marchandise produite (amortissement des marchandises ; outillage)
d’autre part le capital variable (v) dont se sert le capitaliste ; pour
payer des salaires à la main d’œuvre qui lui est nécessaire.
Cette destination ; Capital constant et capital variable ; Permet de préciser la loi
d’accumulation du capital et sa conséquence.
 La baisse tendancielle du taux de profit à long terme: L’accumulation du capital
est le résultat de l'augmentation de la composition organique du capital (C/V) du
fait de la substitution du capital constant au capital variable consécutive à
l’évolution technologique. La modification de structure du capital total (C+V) par
développement du seul capital constant détermine une baisse du taux de profit.
Ce dernier est défini comme le rapport de la plus-value (PL) au capital total (C +
V) ; soit : PL / C +V
Schémas relatif à la crise du système capitaliste :

1) Plus value Accumulation du K Développement de propriété


privée (DPP)
Stabilité du taux plu value

Concentration du K et
2) DPP
formation des monopoles Hausse de la composition
organique du K(c/v)

3) Baisse tendancielle du taux de profit Sur capitalisation d’où sur


production
Impérialisme (Recherche des
4) Crise capitaliste débouchés extérieurs ou loi du
développement inégal)
L’analyse marxiste aujourd’hui :
Sans réduire le marxisme à un économisme (tout s’expliquerait par
l’économie et non par les idées, les valeurs, les sentiments) ou à un
déterminisme (la révolution et la victoire du prolétariat seraient l’unique
issue du capitalisme). En refusant d’admettre le rôle spécifique de
l’entrepreneur justifiant une rémunération particulière (combiner les facteurs
de production prendre des risques etc.) Marx fait du profit le résultat de la
seule exploitation des ouvriers. Or c’est sur ce postulat que repose toute son
analyse de l’exploitation et de la lutte des deux classes (bourgeoisie et
prolétariat).
L’analyse marxiste conserve cependant un intérêt pour d’écrire le
système capitaliste. Le bouleversement nécessaire perpétuel des
activités productives et l’extension sans limites d’économie marchande
et l’aliénation de l’homme de la société capitaliste, dépossédé de ses
moyens de production de sa production et finalement, de son être
(impossibilité de se sentir concerné par ce qu’on fait).
L’école Keynésienne (à partir de 1930)
Caractéristique :
Ce courant représente un ensemble de théories et de politiques
économiques, rattachées à l’économiste anglais John Maynard KEYNES
(1883-1946). Celui-ci a écrit de nombreux ouvrages dont le plus célèbre :
« Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie » paru en
1936.
Bien que situé dans le prolongement du courant libéral, la pensée
Keynésienne conteste certains principes de base de l’analyse classique et
néoclassique.
Keynes, impressionné par le fléau du chômage qui sévit en Angleterre dans
l’entre-deux guerres, place son raisonnement dans un cadre
macroéconomique.
L’idée centrale de son œuvre est que le jeu des mécanismes économiques
tend vers un équilibre, mais cet équilibre n’est pas comme le soutiennent les
classiques et les néoclassiques, un équilibre de plein emploi des facteurs de
production, mais un équilibre de sous-emploi de ces facteurs.
D’après ces deux courants, en effet, si l’économie s’éloigne momentanément
du plein emploi, les forces du marché interviennent pour rétablir l’équilibre de
plein emploi. S’il y a un chômage, il ne peut être que volontaire (riche, oisifs,
fainéants) mais jamais involontaire.
La démonstration Keynésienne peut être résumée ainsi. « C’est le volume de la
production qui détermine le volume de l’emploi et non le niveau des salaires,
comme le pensent les classiques ». Il existe, selon Keynes en effet, « un chômage
involontaire lorsque les travailleurs ne trouvent pas de travail même sous
rémunéré ».
L’offre ne crée pas sa propre demande comme l’affirme le postulat classique de la
loi des débouchés. Si chaque produit réalisé sur le marché donne lieu au préalable
à une distribution de revenus aux agents qui ont contribués à sa réalisation ; cette
valeur va servir, selon les classiques à acheter un autre produit et dans ce cas, les
produits s’échangent contre les produits. L’argent ne joue qu’un rôle neutre
d’intermédiaire. Il y a donc toujours équilibre.
Keynes montre que ce raisonnement fait abstraction de la thésaurisation
monétaire, qui correspond économiquement à une quantité de marchandise
"bloquées" sur le marché.
Le volume de la production ne dépend pas donc des moyens de paiement
distribués mais dépend des anticipations des entrepreneurs sur le niveau de la
demande effective au cours de la période de prévision, autrement dit des
prévisions des entrepreneurs sur le niveau possible de la demande future.
L’anticipation sur la demande effective à la détermination du volume des
investissements. L’acte d’investir est dans ce cas indépendant de l’acte d’épargner.
Il ne sont pas liés comme le souligne les classiques, par le jeu du taux d’intérêt qui
égaliserait l’offre et la demande effective de capitaux.
Selon Keynes, étant donné la préférence pour les liquidités chez les
épargnants le taux d’intérêt égalise simplement l’offre et la demande de
monnaie liquide.
La décision d’investir, qui est fonction des anticipations sur la demande
effective est déterminée par le rapport entre le taux d’intérêt (qui est le coût
payé par l’investisseur pour avoir de la monnaie liquide) et l’efficacité
marginale du capital, selon l’appréciation de l’entrepreneur. L’égalisation de
ces deux taux détermine le volume de l’investissement autrement dit,
l’entrepreneur continuera à investir jusqu’au moment où l’efficacité marginale
du capital ou rendement brut du capital baisse au point d’égaliser le taux
d’intérêt. L’épargne constituera simplement le solde obtenu lorsqu’une partie
du revenu a satisfait la consommation.
Les répercussions de l’analyse Keynésienne :

L’analyse Keynésienne a été à la fois une réaction aux thèses


classiques, néoclassique et marxistes. Elle a eu une influence telle
qu’on a parlée de révolution Keynésienne. Elle a eu une portée
internationale à travers les politiques économiques et
conjoncturelles appliquées dans de nombreux pays.
En effet, cette conception interventionniste accorde à l’Etat un rôle
important. Ces politiques feront appels à différents instruments :
L’instrument budgétaire : Qui permet en recourant au déficit
budgétaire, de relancer la demande en finançant de grands travaux.
L’instrument monétaire : Permettant l’accroissement de la masse
monétaire pour diminuer les taux d’intérêts et relancer la production en
phase de croissance économique.
L’instrument fiscal : Permettant une meilleure répartition du revenu
national et d’un maintient des taux de salaire réels. L’influence
Keynésienne a été particulièrement sensible aux U.S.A avec la politique
du NEWDEAL la loi sur l’impôt en 1946, ou la réduction massive d’impôt
en 1946 pour entretenir une forte croissance durant cette décennie.
Ce n’est qu’à partir des années 70 qu’un phénomène nouveau est
venu remettre en cause la politique Keynésienne : celui de la
Stagflation c’est à dire la stagnation conjuguée à l’inflation.
Désormais lorsqu’on stimulait la demande pour limiter le chômage,
l’inflation s’accélérait, et lorsqu’on limitait la demande pour contre
carrer l’inflation, le chômage s’accélérait.
La théorie Keynésienne est mieux conçue pour répondre aux
besoins d’une économie relativement fermée.