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Chapitre 1: Les politiques économiques au Maroc (1956 à

1983)

Problématique
 Comment les politiques économiques ont-elles évolué au Maroc de
1956 jusqu’au 1983?

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Politique économique

 «La politique économique consiste dans la manipulation délibérée d’un certain


nombre de moyens mis en ouvre pour atteindre certaines fins » J. Tinbergen.

 Une politique économique désigne l’ensemble des mesures prises par l’Etat pour
orienter l’activité économique en fonction des objectifs définis

 La politique économique est la discipline qui s'occupe des choix stratégiques que
l'Etat doit faire et des instruments qu'il peut employer afin de corriger les
déséquilibres conjoncturels et structurels qui peuvent exister dans une économie.

Une politique économique a pour objectif d’agir sur un grandeur macro-


économique, une composante sectorielle ou encore microéconomique. Elle peut
influencer, directement ou indirectement, comme objectif ou pas, le bien-être
d’un ou de plusieurs agents économiques.
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Les grands types de politiques économiques

Politique conjoncturelle Politique structurelle

Est l’ensemble des décisions prises par Est l’ensemble des décisions prises par
l’Etat à court terme. Elles visent la l’Etat à long terme. Elles visent la
stabilisation des grands équilibres transformation des structures de
macro-économiques. Exemple : la l'économie. Exemple : la politique
politique budgétaire et la politique agricole, la politique industrielle…
monétaire.
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SECTION 1: POLITIQUES CONJONCTURELLES

Dans la réalité, il est très difficile d'atteindre simultanément les quatre objectifs : une forte
croissance avec un faible chômage, une faible inflation et une balance commerciale équilibrée.
Ainsi, réaliser de bons résultats dans les quatre domaines relève t-il de la magie; d’où
l’appellation « carré magique » expression utilisée par Nicholas KALDOR.
4
Bibliographie de SECTION 1

- M. SAGOU (2005) : « Les politiques macro-économique : Les politiques


budgétaires et monétaires du Maroc depuis cinquante ans et perspectives pour les
vingt prochaines années ».

- N.ELAOUFI, A.HERZENNI & M.BENSAID (2005): «50 ans de


développement humain et perspectives 2025 : Croissance Economique et
Développement Humain ».

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I. Politiques Budgétaires

- La politique budgétaire est l’ensemble des actions sur les recettes et les dépenses
publiques pour réguler l’économie.
- La politique budgétaire a deux volets : volet recettes et volet dépenses

DEPENSES RECETTES

DEPENSES DE FONCTIONNEMT: RECETTES FISCALES:


-Dépenses du personnel et matériel -Impôts directs et indirects
-Subvention des prix -Droits de douanes
-Droits d’enregistrements et de timbre

DEPENSES D’INVESTISSEMENT : RECETTES NON FISCALES:


-Dépenses d’équipement -Recettes de monopole et des domaines
-Recettes de privatisation

DETTE PUBLIQUE: RECETTES D’EMPRUNTS: (intérieurs et


extérieurs)
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1 Les dépenses budgétaires (1955-1983)

Introduction: structure de des dépenses

1955-1973 1973-1977 1978-1982

Augmentation progressive
des dépenses et Explosion des dépenses Effort de stabilisation des
prédominance des d’investissement dépenses
dépenses de
fonctionnement

Evolution de la structure des dépenses budgétaires (1955-1983)


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Graphique: Évolution des dépenses de fonctionnement et des
dépenses d’investissement entre 1970-1983 (en millions de Dh)

1955-1973: Augmentation 1973-1977: explosion des 1978-1982: Effort de stabilisation


progressive des dépenses avec dépenses d’investissement des dépenses
une prédominance des dépenses
de fonctionnement

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 1955-1973 : Jusqu’au 1973, les dépenses évoluent de manière régulière et lente avec un
avantage apparent aux dépenses de fonctionnement et de façon alternative des dépenses
d’investissement puis de la dette publique qui étaient très raisonnables.
 1973-1977 : En 1973, les dépenses d’investissement commencent à augmenter dépassant ainsi
les dépenses de fonctionnement en 1976. Les dépenses de fonctionnement ont également
augmenté.
 1978-1982 : En 1977, le Maroc a connu des déséquilibres engendrés par les dépenses
publiques. Effort de stabilisation

Politique d’austérité (1978)

Baisse de montant des dépenses d’investissement de 40%

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Cette période est marquée par une continuité d’augmentation des dépenses:
 Les dépenses d’investissement restent à un niveau élevé
Mais
 Les dépenses d’investissement dépassent les dépenses de fonctionnement
 Les dépenses de fonctionnement continuent à augmenter de manière progressive

Pourquoi? Rigidité budgétaire

 Ces rigidités exerçaient une pression sur les


Il s’agit d’une double rigidité budgétaire:
dépenses publiques qui commencent à peser sur
 La rigidité du budget d’investissement
la marge de manoeuvre des pouvoirs publiques
 La rigidité du budget de fonctionnement
et sur l’autonomie de la politique économique.

Solution? Endettement extérieure

Depuis 1976, les dépenses de la dette ont fortement augmenté due au Plan 1973-1977 qui a
nécessité des dépenses dépassant largement les ressources ordinaires (fiscales et non fiscales) vers
un endettement profond : La Dette/PIB a augmenté de 22,4% (1974) à 53,38% (1981).

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1.1. Politiques de dépenses publiques

1955-1973 1973-1977 1978-1982

Augmentation progressive des Explosion des Effort de stabilisation des


dépenses avec prédominance des dépenses dépenses
dépenses de fonctionnement d’investissement

1955-1965 : La 1966-1973 : Une 1973-1982 : Politique d’investissement stoppée par un


reconstruction de croissance de retournement défavorable de la conjoncture mondiale
l’économie et de longue période:
l’Administration : - Le plan triennal
(1965-1967 ) 1978-1982 : Plan de stabilisation
- Le plan biennal -Le plan
(1958-1959 )
quinquennal (1968-
- Le plan
1972 )
quinquennal
(1960-1964 )

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A. 1956-1965 : La reconstruction de l’économie et de l’Administration

Au lendemain de l’indépendance, le Maroc avait besoin de restructurer son économie pour


faire face aux impératifs de croissance. Ainsi il a mis en place des plans d’équipement et
d’industrialisation:
a. Le plan biennal 1958-1959 : est un plan d’équipement.
b. Le plan quinquennal 1960-1964 : fixait 3 objectifs fondamentaux : ƒ
• Industrialisation
•ƒDéveloppement du secteur agricole.
• Formation des cadres.

 Ces plans ont contribués à une augmentation des dépenses publiques notamment celles de
fonctionnement. En effet, l’État a commencé à recruter fortement pour investir l’appareil
administratif laissé vacant par le départ des français et de répondre aux attentes sociales.

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B. 1966-1973 : Une croissance de longue période

Face aux déséquilibres de la période précédente, les pouvoirs publics ont mis en place des
plans de stabilisation :
a. Le plan triennal 1965-1967 : fixait les objectifs fondamentaux suivants : ƒ
• Croissance du secteur agricole jugé prioritaire (politique des barrages). ƒ
• Développement des industries légères exportatrices. ƒ
• Développement du tourisme ƒ
• Formation des cadres.
b. Le plan quinquennal 1968-1972 : a pour priorité la «planification familiale »

 Ces plans ont permis de réduire la de croissance des dépenses publiques notamment celles
de l’investissement. Ainsi les dépenses ont connu une progression lente et régulière mais aussi
par une croissance soutenue.
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C. 1973-1982 : Politique d’investissement stoppée

Cette période peut se diviser en deux phases:


a. 1973-1975 : Les dépenses de cette période (surtout celles d’investissement) vont connaître une
progression phénoménale suite à plusieurs facteurs:
1- Lancement d’un plan ambitieux (Le plan quinquennal 1973-1977) appuyé sur triplement
des prix des phosphates. Ce plan a été marqué par le lancement d’un programme d’équipement
intensif (Barrages, routes, constructions scolaires et universitaires, etc...).
2- Le choc pétrolier de 1973,
3- Les dépenses militaires (conflit du Sahara)
4- L’accélération du taux de croissance de la consommation: due à une hausse des salaires et la
croissance démographique ce qui a contribué à l’augmentation des besoins de la population et
enfin de leurs dépenses.

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b. 1975-1980 : Le budget est entré dans des graves déséquilibres dus à des facteurs
internes et externes.
Les facteurs internes:

1973: Le triplement des prix des phosphates

 La hausse des subventions alimentaires en 1975


 Elaboration du plan quinquennal 1973-1977
 L’accroissement des recrutements
 La hausse des salaires (+26 %)

1975 : La chute des prix des phosphates

 La réalisation de ces objectifs est difficile  Ces facteurs internes ont pesé
sur les budgets à partir 1976
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Les facteurs externes : Les différents programmes de dépense sont financés par
l’endettement extérieur.

La hausse des taux d’intérêt


+  Ces facteurs externes ont pesé sur les budgets
 Les effets de la sécheresse

 Ces facteurs (internes et externes) constituaient des obstacles pour réaliser les objectifs du
plan quinquennal 1973-1977 et assurer l’équilibre budgétaire  Recours au plan de
stabilisation (plan triennal 78-80).

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D. 1978-1982 : Plan de stabilisation

Ce programme (notamment le plan triennal 1978-1980) était essentiellement récessionniste


(baisse des dépenses). Ses orientations principales sont :
 L’interdiction de l’importation des produits susceptibles d’être fabriqués localement.
 L’amélioration des équilibres fondamentaux internes et externes.

Ce programme a permis de diminuer la croissance des dépenses de 16% à 13%

Toutefois, la situation conjecturelle est influencé par certains facteurs défavorables :


 Une mauvaise pluviométrie (des graves sécheresses en 1981)
 Une hausse des prix du pétrole
 Des troubles sociaux de juin 1981 à Casablanca.

 Dans un tel contexte: le Plan de stabilisation n’a pas pu être maintenu au delà de 1979 d’où
la nécessité de la mise en œuvre d’un Programme d’ajustement structurel avec la Banque
Mondiale (BM) et le Fond Monétaire International (FMI).
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2 Les recettes budgétaires (1955-1983)

Introduction : Evolution des recettes budgétaires (1955-1983)

A. 1955-1972 : Croissance des recettes fiscales :


 Les recettes fiscales et non fiscales augmentaient de manière importante: Les recettes fiscales
progressaient de manière régulière (sauf en 1972) et dépassaient les recettes non fiscales et les
recettes d’emprunts.

Cette augmentation restait insuffisante pour


Mais B. 1973-1982 : Recours
financer les grandes dépenses entamées (surtout
aux Emprunts extérieurs
après la chute des prix des phosphates en 75).

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2.1. Politiques fiscales

La politique fiscale se traduit par l’utilisation des impôts de l'État en vue de contrôler l'activité
économique d'un pays.

RECETTES FISCALES

-Impôts directs : l’IR et l’IS,


-Impôts indirects: composés essentiellement des taxes intérieures de consommation
-Droits de douanes
-Droits d’enregistrements et de timbre

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A. Évolution des recettes fiscales (1955 et 1982)

 1955-1972 : Prédominance des impôts indirects et des droits de douanes


1955-1970 : Les impôts indirects et les droits de douanes occupent une part importante dans les
recettes fiscales par rapport aux impôts directs.
1970-1972 : Les impôts directs ont fortement augmenté (730 Millions dhs à 799) mais ils sont
restées en dessous des impôts indirects (1532-1628) et les droits de douanes ont diminué (599-562)

 1973-1982 : Croissance des impôts directs avec prédominance des impôts indirects
Les 3 recettes fiscales sont augmentées significativement:
 La part des droits de douanes est passée de 17 % à 27 %
 La part des impôts indirects a enregistré un net recul passant ainsi de 50 % à 41 %,
 La part des impôts directs a régressé légèrement passant de 25 % à 23 %.
 Les droits de douanes sont évolués plus rapidement que les autres impôts renforçant ainsi leur

part au détriment des impôts indirects  Ceci s’explique par l’élaboration de plusieurs régimes
économiques de douane.

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B. Faible corrélation des recettes fiscales/ PIB:

-Les recettes fiscales (RF) représentent la part la plus importante des ressources de l’État.
- L’évolution des RF est généralement proportionnelle à la croissance économique (PIB).
- Logiquement : PIB RF

L'élasticité des recettes fiscales (E.RF/PIB) : La


variation des recettes fiscales provoquée par la
variation du PIB. Tableau : Élasticité des RF/PIB

-Entre 1973-1977 : L’E.RF/PIB a été relativement élevée (1,32) grâce à la croissance du PIB qui
s’est traduite par des RF importantes.
- Entre 1978-1982 : L’E.RF/PIB a fortement baissé (1,06) pour plusieurs raisons:
• Le plan de stabilisation 78-80  réduction de l’assiette fiscale par la maîtrise des dépenses.
• Le gel des salaires  réduction d’une source importante d’imposition (des revenus et dépenses)
• La baisse des dépenses d’investissement  réduction du PIB  réduction des RF potentielles.
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C. Le système fiscal (1956-1983) : Absence de réforme fiscale importante

1955- 1961 1962 -1971 1972 -1982

Le système fiscal hérité du Le changement de Création d’une contribution


protectorat l’impôt agricole complémentaire

Création de la taxe sur le


revenu des valeurs
mobilières

Création de plusieurs codes


d’investissement sectoriels

Création de plusieurs
régimes économiques en
douane

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a. 1955- 1961 (les 1ères années de l’indépendance) : Le Maroc reconduit le système fiscal hérité
du protectorat. Ce système consacrait les dispositions de l’Acte d’Algésiras.
La signature de l’Acte d’Algésiras a un double effet pour l’économie du Maroc :
 La diminution des entrées relatives aux droits en douane
 La limitation du champs des impôts prélevés en interne suite à la fixation d’un certain nombre
d’impôts: la taxe urbaine sur la valeur locative des propriétés bâties situées dans l’urbain, impôt
des patentes sur les activités à but lucratif……

b. En 1962: La fiscalité marocaine trouve sa légitimité dans la constitution de 1962 qui contient
des dispositions définissant les fondements fiscales de l’Etat.
La fiscalité marocaine de cette période est marquée seulement par le changement de l’impôt
agricole. Pour le reste, on s’est contenté de quelques aménagements des caractéristiques de
certains impôts.

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c. Au début des années 70: La fiscalité marocaine de cette période est marquée par la :
 Création d’une contribution complémentaire en 1972 (sur le revenu global des personnes
physiques)
 Création de la taxe sur le revenu des valeurs mobilières en 1972 (sur les plus-values et les
dividendes)
 Création de plusieurs codes d’investissement sectoriels en 1973
 Création de plusieurs régimes économiques en douane en 1973

Dans l’ensemble La structure du système fiscale n’a guère changé

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3 Les cycles budgétaires (1955-1983)

La politique budgétaire ne se limite pas seulement à l’analyse des dépenses et des recettes. C’est
la variation des soldes budgétaires qui peut influencer en profondeur les éléments de l’équilibre
général.
L’étude des soldes budgétaires peut s’effectuer par des cycles budgétaires.

Un cycle budgétaire désigne une période plus ou moins longue (10 ans en moyenne) au cours de
laquelle les pouvoirs publics ne semblent pas réagir aux tendances des finances publiques. Le
cycle se termine en général par une crise des finances publiques et donc par une dépression. Ainsi,
on peut distinguer deux cycles différents : 1956-1973 ; 1973-1982

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1956-1973 1973-1982

Un cycle budgétaire relativement Un cycle budgétaire d’expansion-récession


sous contrôle (la crise des finances publiques)

1956- 1964: la 1965- 1973 : 1973-1977 : L’activisme 1978-1982 : Dépression


reconstruction l’orthodoxie budgétaire économique et financière
de l’économie budgétaires

1978-1980 : Plan 1981-1982 : Quasi-


de stabilisation cessation de
paiement

Les cycles budgétaires (1955 et 1982) 26


3.1. 1956-1973 : Cycle budgétaire relativement sous contrôle
Deux périodes peuvent être distinguées dans ce cycle :
A. 1956-1964 (1éres années de l’indépendance):

Tableau : Evolution des déficits budgétaires


Cette période est marquée par des déficits en moyenne = 8,6 % du PIB. Elle correspond à une
politique budgétaire de relance. L’objectif était la reconstruction de l’économie qui
s’accompagnait d’un accroissement des dépenses supérieur à celui des recettes.

B. 1965-1973 : L’Orthodoxie budgétaires

Tableau : Evolution des déficits budgétaires

Cette période est marquée par des déficits en moyenne = 3,4% du PIB. Elle correspond à une
politique budgétaire de prudence. L’objectif était de limiter l’accroissement des dépenses
publiques et donc le niveau du déficit.
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3.2. 1973-1982 : Cycle budgétaire d’expansion-récession (la crise des finances publiques)

On peut distinguer 2 périodes à l’intérieur de ce cycle:


A. 1973-1977 : L’activisme budgétaire (cycle budgétaire d’expansion )

Tableau : Évolution des déficits budgétaires

Cette période est marquée par des déficits cumulatifs en moyenne = 9 % du PIB. Elle
correspond à une politique budgétaire d’expansion caractérisée par une forte progression des
dépenses due à l’accroissement des recettes (triplement des prix des phosphates).

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B. 1978-1982 : Grave dépression économique et financière
Cette période est divisée en deux phases :
a. 1978-1980 : Plan de stabilisation

Tableau : Évolution des déficits budgétaires


Cette phase est marquée par des déficits en moyenne = 9,7% du PIB. Elle correspond à une
politique budgétaire de prudence. L’objectif était l’assainissement budgétaire prôné par le
plan de stabilisation 78-80. La baisse des dépenses et les aménagements fiscaux n’ont pas pu
diminué les déficits.

b. 1981-1982 : Quasi-cessation de paiement


Tableau : Évolution des déficits budgétaires

Cette phase est marquée par des déficits en moyenne = 13 % du PIB. Elle correspond à une
politique d’endettement. Pour couvrir ses déficits, l’État a fait recours à l’endettement extérieur.
Cet endettement excessif et ces déficits ont débouché sur une situation de cessation de paiement.
Ce qui a rendu le rééchelonnement de la dette extérieure incontournable (Dette/PIB=12,9% en
1974 à 43,8 % en 1982) et l’ajustement indispensable (Programme d’ajustement structurel)29
II. Politiques Monétaires

La politique monétaire est l'ensemble des mesures qui sont destinées à agir sur les conditions
du financement de l'économie.
La monnaie en circulation ne doit pas être faible pour ne pas obliger les agents économiques à
limiter leurs activités économiques, ni trop élevée pour ne pas provoquer une hausse des prix
(inflation).

1959-1966 1966-1972 1973-1982

1955-1958: Le système 1966: Élargissement du 1973-1982: Suppression puis retour à


des fiches champ de réescompte l’encadrement du crédit

1959 : Le plafond de 1966: Réserve monétaire


réescompte
1973-1977: 1978-1982:
1963-1965 : Le coefficient 1966: Plancher d’effets
Désencadrement Encadrement du
de trésorerie publics
du crédit et crédit
1969 : L’encadrement du Réforme des 30
crédit taux d’intérêt
A. Évolution des principaux instruments de régulation du crédit jusqu’en 1972

a. 1959-1966: Le système des fiches

Au lendemain de l’indépendance, l’institut d’émission utilisait le système des fiches pour


agir sur la liquidité bancaire.
 Le système des fiches : est un instrument qui permet d’attribuer à chaque banque des
quotas d’admission au réescompte par nature d’opérations.

Depuis juillet 1959:


Transformation de la Banque du Maroc en établissement public autonome;
 Institution de la monnaie nationale (Dirham)

Nécessité de mettre en place de nouveaux instruments monétaires : remplacement


du système des fiches par le «plafond de réescompte» et création de «coefficients
de trésorerie» .

31
b. 1959-1966: Le plafond de réescompte et le coefficient de trésorerie

Plafonds de réescompte
Définition : Le réescompte consiste à acheter un effet de commerce avant son échéance par
une établissement de crédit (EC) qui l'a déjà escompté auprès d’un client pour se refournir en
liquidité auprès de la banque centrale.

En 1959 les autorités monétaires ont procédé au système du Plafond de réescompte: fixer
pour chaque EC un plafond unique d’escompte en fonction des dépôts collectés.
Mais en 1960, ce système n’a pas d’effet direct sur le volume des concours bancaires. Les
crédits bancaires étaient supérieurs aux recours à l’institut d’émission

1960 1962

Recours à l’institut d’émission 75 M dhs 152 M dhs

Les crédits bancaires 1077 M dhs 1464 dhs

Pourquoi ?: Alimentation des trésoreries Solution: Renforcer le système des plafonds de


bancaires par leurs maisons mères installées à réescompte par le coefficient de trésorerie. Il permet
l’étranger. de faire participer la banque au financement du trésor.
32
Coefficient de trésorerie

Définition : Le Coefficient de trésorerie est le pourcentage des dépôts que les banques
doivent bloquer en trésorerie. Il détermine le montant de crédit que les banques peuvent
distribuer. Si le coefficient diminue, les banques conservent moins de dépôts en trésorerie et
prêtent plus. Ce qui augmente la création monétaire

 En 1963, les autorités monétaires ont procédé à l’instrument du Coefficient de


trésorerie. Il s’agit de bloquer dans l’actif des EC 45 % de leurs exigibilités à vue et à
terme: Avoirs (en caisse ou en compte) à la BDM + Bons du trésor + Effets réescomptables.

 Les banques ont pu répondre à une forte demande de crédit car elles ont pu couvrir le
coefficient de trésorerie (=45%)
 Alors cette instrument n’a pas pu biens maîtriser la distributions de crédits par les banques.

33
b. 1966-1972 : L’introduction de nouveaux instruments de la politique monétaire

En 1966, des nouveaux instruments ont été élaborés pour rendre la politique monétaire
performante dans leur action sur la liquidité bancaire:
 Élargissement du système de réescompte
 Les réserves monétaires
 Plancher des effets publics
 L’encadrement du crédit
 Sélectivité du crédit

Élargissement du champ d’application du système de réescompte

 Inclure tous les concours mobilisables auprès de la BDM:


o Les avances sur bons de trésor détenues par les banques de l’excédent du plancher
d’effets publics
o Les effets représentatifs des crédits à moyen terme à l’intérieure du plafond unique
d’escompte
 Supprimer la mobilisation hors plafond sauf pour un nombre de secteurs jugés prioritaires.34
Le coefficient de trésorerie est abandonné au profit de deux nouveaux instruments: la
réserve monétaire et le plancher d’effets publics.

Les réserves monétaires

Définition : Les réserves monétaires sont des dépôts que chaque banque doit bloqué
dans un compte d’avoirs à la Banque centrale. Si le taux de réserves augmente la création
monétaire diminue.

 Le 11 février 1966, les autorités monétaires ont imposé de conserver une


réserve monétaire dans un compte rémunéré 100% de l’excédent des dépôts à vue et à
terme.
 En novembre 1966 le taux a été ramené à 25% de l’accroissement des dépôts à vue
uniquement.

35
Plancher des effets publics

Définition : Un effet public est une reconnaissance de dette qui est émise par l’Etat. Il
regroupe notamment les bons du Trésor (à cour terme) et les emprunts obligataires
(obligation assimilable à long terme).

 En février 1966, les autorités monétaires ont imposées:


 D’abord, aux banques commerciales la conservation en permanence du portefeuille
d’effets publics.
 Ensuite, de conserver seulement 25% des dépôts à vue et à terme à l’achat de bons du
trésor.

 Ces deux techniques de contrôle indirect se révèlent inefficaces pour limiter la


distribution des crédits surtout dans un contexte de surliquidité bancaire: l’accroissement de
la masse monétaire en 1968 était 15,2%.
 Il était devenu nécessaire d’intervenir plus directement dans la distribution des crédits à
travers l’encadrement du crédit.
36
L’encadrement du crédit

Définition : L’encadrement du crédit : imposer aux banques des quotas de crédit à ne pas
dépasser. Ce système a été supprimé en 1993 et remplacé par la politique de désencadrement
de crédit.

 En 1969, les autorités monétaires ont imposées aux banques pour une période
déterminée et par rapport à une date de référence, une limite d’accroissement de leurs
concours. En cas de dépassement, les banques sont sanctionnées.

 L’activité économique risquant d’être pénalisée, les autorités monétaires ont admis
des procédures dérogatoires (l’encadrement a été différencié selon la nature des
établissements et des prêts accordés). Il s’agit de la sélectivité du crédit.

37
Sélectivité du crédit : Les autorités monétaires autorisent l’ouverture de crédit à des secteurs
d’activité qu’elles visent à promouvoir : tels que les concours céréaliers et le papier commercial
sur l’étranger. Cet instrument a permis à la fois de limiter la progression de la masse monétaire et
de favoriser certains secteurs prioritaires.

1969 1970 1971 La masse monétaire/PIB

Taux de progression de la masse 15,2% 8,3% 7,8% s’est stabilisée à 33%


monétaire annuelle entre 1969 et 1971

Parallèlement, les autorités monétaires ont continué à utiliser les instruments indirects en
introduisant plusieurs modifications :
 Le taux de la réserve monétaire a été modifié 2 fois de 25% à 4% en 1971 .
 Le plancher d’effets publics a été relevé de 25 à 30% en 1972.

38
B. 1973-1982: Suppression puis retour à l’encadrement du crédit

Durant cette période, la politique monétaire s’est développée en deux phases :


 1973-1977: La politique monétaire expansionniste fondée sur le désencadrement du crédit
et la réforme des taux d’intérêt ;
 1978-1982: L’orthodoxie monétaire fondée sur l’encadrement du crédit.

a. 1973-1977: Cette période correspond à la mise en œuvre du Plan quinquennal


d’équipement intensif 1973-1977: relancer l’économie par la demande et accroître les
investissements. Ce plan s’accompagnait d’une politique monétaire expansionniste qui visait
la croissance des crédits d’investissement:

Techniques de contrôle indirect : Maniement de réserve monétaire, modulation de plafond


de réescompte et consolidation de l’épargne

+ Taux directeur : la banque centrale fixe un


taux d'intérêt pour intervenir directement ou
Réforme des taux d’intérêt (1974-1975) indirectement dans le marché monétaire où
les banques se refinancent ou replacent
leurs excédents de liquidités. 39
 Intérêts créditeurs: Relèvement des taux et l’établissement de nouvelles possibilités de
placement à la suite de la création par les banques de compte à terme et bons de caisse de 1
mois à 3 mois (1,5%) et des comptes sur carnet des personnes physiques (3%).
 Intérêts débiteurs: simplifier les taux, hiérarchiser leur structure et à les majorer de 1 à 2
points afin d’inciter les entreprises à recourir à l’autofinancement.

Toutefois, certains secteurs ont bénéficié des taux inférieurs (notamment les créances nées sur
l’étranger).

 Forte augmentation de la masse

 Le relèvement des taux créditeurs n’a pas conduit monétaire  Augmentation des prix

les banques à réserver une part importante de leurs


 En 1976 : Réinstauration de la politique
crédits au financement de l’investissement.
d’encadrement et la sélectivité du crédit
 Le relèvement des taux débiteurs n’a pas freiné
(taux inférieurs pour certains secteurs:
l’endettement des entreprises.
secteur d’exportation).
40
b. 1977-1982 : Retour à l’encadrement du crédit et à une seconde réforme des taux
d’intérêt
La politique de stabilisation dans le cadre du Plan triennal 1978-1980 s’est traduite sur le plan
monétaire par :
a. Retour à l’encadrement du crédit : Les instruments classiques (plafond de réescompte,
réserves monétaires et plancher d’effets publics) n’ont pas pu établir les équilibres
fondamentaux  d’où le recours à la politique d’encadrement du crédit de manière à
ramener la croissance de la masse monétaire à un taux proche de celui du PIB  il est passé de
20,4% (1977) à 11,7% (1981).

b. Seconde réforme des taux d’intérêt afin de consolider l’assainissement de l’économie et


d’assurer les ressources stables nécessaires au financement des investissements:
 Les taux créditeurs ont été révisés à la hausse en décembre 1978 et en octobre 1980
 Les taux débiteurs ont été révisés à la hausse en 1980.

Cette réforme n’a pas des résultats positifs:


 Les dépôts à terme ont plutôt servi à financer les crédits à court terme.
 La réforme a permis aux banques d’améliorer leurs situations au détriment de la réalisation
des objectifs du plan au niveau de l’investissement 41
SECTION 2: POLITIQUES STRUCTURELLES

La politique structurelle est l’ensemble des décisions prises par l’Etat à long terme
pour transformer les structures de l’économie et aboutir à un développement socio-
économique d’ensemble.

42
Bibliographie de SECTION 2
- NAJIB AKESBI (2005) : «Évolution et perspectives de l’agriculture marocaine ».

- S. BELGHAZI (2005) : «Politiques sectorielles et développement humain».

- N.ELAOUFI, A.HERZENNI & M.BENSAID (2005): «50 ans de


développement humain et perspectives 2025 : Croissance Economique et
Développement Humain ».

43
I- Les politiques agricoles

1956 Début des années 60 1965-1985

Années 50: Politiques 1961 : Élaboration de Nouvelles politiques agricoles


incohérentes et l’impôt agricole
sans vision d’ensemble
1960-1964 : Réforme Plan triennal 1966-1985: La
agraire 1965-1967 : politique des
modernisation barrages
et
rentabilisation

Evolution de la politique agricole

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A- Les premières années de l’indépendance

Les Politiques économiques de cette période n’ont pas été stratégiques : Absence de la clarté de la
vision d’ensemble et de la cohérence des décisions prises. Par exemple, en 1956, la distribution
des terres a été symbolique. Elle n’a pas dépassé quelques milliers d’hectares.

B- Début des années 60: « Remises en ordre » par le plan quinquennal 1960-1964

a- Élaboration de « l’impôt agricole » (1961): Détaxer largement les revenus agricoles et


particulièrement les plus élevés parmi eux.
b- «Réforme agraire» : est un processus de redistribution ou de déconcentration de la terre. La
vision de la Banque Mondiale repose sur une réforme agraire assistée par le marché. Cette vision
n’est pas partagée par tous car elle place les bénéficiaires dans des situations de dépendances
immédiates vis à vis des banques. De plus, les mensualités ne sont pas toujours supportables pour
les paysans.

45
C- 1965-1985 : Modèle de développement agricole

a. Les stratégies de rendement agricole:


La crise financière de 1964 a conduit à la première réunion du Conseil supérieur de la
Promotion nationale et du Plan qui a confirmé la priorité qui doit être accordée à
l’agriculture dans les plans de développement:
 Satisfaction de la demande interne = « Autosuffisance alimentaire »
 Fournir les matières premières pour développer l’industrie
 Financement des autres secteurs par le surplus de l’agriculture
 Produits agricoles = l’exportation= Devises…
Cette stratégie de développement se traduite par la mise en place:  du plan triennal
1965-1967 qui met l’accent sur deux piliers essentiels de la stratégie agricole :
Modernisation et Rentabilisation .

46
2- Modernisation et Rentabilisation
 «Moderniser» le secteur traditionnel dans un objectif de réduire l’impact des aléas
climatiques : par la recherche d’une meilleure maîtrise de l’eau.
 Maximiser la «Rentabilité »:
 Édification des barrages pour irriguer la terre
 Développer les périmètres d’exploitation de l’eau
 Orienter la production agricole vers les « cultures commerciales » (sucre, lait, blé tendre,
coton...)

2.2. 1966-1985: La politique des barrages


En 1966, le Maroc a adopté un modèle de développement basé sur la politique des barrages,
volontariste, globale et intégrée, et sélective. Cette orientation a déployé différents instruments
d'intervention:
• Investissements publics, Subventions, Défiscalisation, Crédit agricole, Politique des
prix, Encadrement, Recherche de marchés externes.

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Investissements publics massifs: construction des infrastructures de base et les équipements de
drainage de l'eau (construction d’une quinzaine de grands barrages équipé près de 300000 ha dans
les périmètres irrigués).
Code des Investissements agricoles (1969): la mise en valeur des terres, la modernisation des
exploitations et l'intensification de la production.
Subventions : Encourager l'acquisition des moyens de la modernisation (matériel agricole et
d'irrigation, plantation de vergers...). Les zones aménagées pour l’irrigation ont bénéficié un prix
très bas d’eau et une contribution symbolique au coût des équipements.
Fiscalité: Quasi-défiscalisation sauf pour le gasoil et l’accès à certains marchés:
 Jusqu’au 1983: Maintien des taux d'impôt agricole à un bas niveau
 1984: Décision royale d'exonération des revenus agricoles jusqu'à l'an 2010.
 Fiscalité indirecte: les principaux inputs, le matériel, le cheptel, les produits agricoles
(frais et transformés) sont exonérés de la TVA et de droits de douane.
 Les produits destinés aux marchés extérieurs sont exonérés de toute contribution fiscale.

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Crédit agricole : Favoriser le financement des zones des exploitations et des productions
privilégiées par cette politique.
Politique des prix: Réglementation des prix de certains produits de base: les céréales, le lait, et
certaines cultures industrielles (betterave, coton..) destinées au marché intérieur et libéralisation
des prix des produits maraîchers, des agrumes, de l'huile d'olive destinées au marché extérieur.
Encadrement : Plusieurs productions (cultures sucrières, oléagineuses, lait,…) bénéficiaient d'un
encadrement intégré pendent toutes les phases de la chaîne de production: l’obtention des crédits,
le suivi par les Offices de Mise en Valeur, l'exécution des traitements phytosanitaires appropriés…
Recherche de marchés extérieurs:
• 1965: création de l'Office de Commercialisation et d'Exportation qui a pour objectif de
mettre ses moyens matériels et humains au service de la recherche des marchés extérieurs et des
conditions de vente avantageuses.
• 1969: signature d’un accord commercial avec la Communauté Economique Européenne (5
ans): Abattements douaniers de certains produits agricoles (frais et transformés).

49
I- Les politiques industrielles

La période 1956 et 1983 a été caractérisée par un fort interventionnisme de l'Etat visant deux
objectifs principaux, l'import substitution et la promotion des exportations.
 Dans les années 60: le développement industriel a été associé à l’objectif de valoriser les
ressources naturelles locales (agricoles, halieutiques et minières) ou encore d’appuyer le
processus d’import-substitution. Cette stratégie a pour objectif de promouvoir une industrie
nationale qui puisse satisfaire des besoins préalablement satisfaits par des importations.
 En 1973, le développement industriel a été associé à l’objectif de la promotion des
exportations par la diversification des industries d’exportation. C’est un objectif de plan 1973-
1977. Parallèlement à la volonté de renforcement du contrôle national sur l’appareil productif
(la marocanisation), l’État se propose de promouvoir de manière plus volontariste un certain
nombre de secteurs.

50
A. Les instruments de la politique industrielle
Il s’agit principalement des avantages attribués par les Codes d’Investissements et des mesures de
protection à travers la taxation et le contrôle des importations.
a. Les codes d’investissements:
•Le code de 1958: Remboursement des droits de douane sur les biens d’équipements, la réduction
des droits d’enregistrement…
•Le code de 1960 : Prime à l’investissement, Exonération des droits de douane…
•Le code de 1973 : Exonération de la taxe sur les produits, des droits d’enregistrement, de l’impôt
des patentes, ristourne de 2% des intérêts sur les crédits de la B.N.D.E (Banque Nationale pour le
Développement Economique)…
b. Commerce extérieur et protection douanière (jusqu’aux années 90): Les mesures de
protection douanière
 Modifier le prix d’entrée des marchandises importées concurrentes des productions locales,
 Donner des primes de compétitivité aux producteurs locaux.
 Cette protection douanière est renforcé par le contrôle direct des flux de marchandises (par
exemple importer des marchandises à des prix inférieurs à un prix minimum).
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52
B. La politique de la propriété économique

Les différentes constitutions du Maroc ont délimité, la création des établissements publics, la
nationalisation des entreprises et par la suite le transferts des entreprises du secteur public au
secteur privé.

a. La formation des entreprises publiques (1960 et 1970): Durant cette période on observe une
prolifération des entreprises publiques: Banque du Maroc, ONCF, ONE, RAM, ONI (Office
national d’irrigation)…
Entreprises publiques industrielles: Maroc-Chimie en 1962, SODERS (Société des dérivés du
Sucre, SUCRAFOR (sucrerie de canne et betteraves de l’Oriental)
Durant la décennie 1980, la part des entreprises publiques a atteint 45 % de l’investissement total.

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B- La marocanisation (1973): On entend par la marocanisation le transfert de la propriété
étrangère aux Marocains (la marocanisation du capital). Dahir de la marocanisation du 2 Mars
1973.
La loi de la marocanisation établit deux listes d’activités marocanisables:
• La première liste (1973) : activités commerciales, importation, activités concernant le bâtiment
et les travaux publics, transports, agences de publicité, entrepôts ….
• La deuxième liste (1974-1975) : banques, assurances, activités concernant les produits
alimentaires, cuir, montage de véhicules, matériel électrique et électronique…
Cette opération de marocanisation a permis un transfert du pouvoir économique au profit des
partenaires nationaux (publics et privés).

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c. La formation des groupes privés marocains (1970) : Noyau du secteur privé
La privatisation est le transfert de la propriété d'une partie ou de la totalité du capital d'une
entreprise public au secteur privé.
Les groupes privés sont le résultat de la conjonction de deux facteurs principaux:
 Nécessité pour certaines familles marocaines de s’associer pour surmonter la contrainte de
financement dont souffrent beaucoup d’entreprises personnelles et familiales,
 Association –substitution au capital étranger dans le cadre de la marocanisation.
 Concentration de la propriété du capital (familles commerçantes et propriétaires fonciers).
+
Accès privilégié à l’appareil administratif de
l’Etat, Configuration du secteur privé
 Proximité du pouvoir politique marocain : Secteur agricole, le
 Création de liens de coopération avec les commerce de gros, l’immobilier
dirigeants économiques étrangers (associations de urbain, Industries de
producteurs, de comités techniques et transformation, Secteur financier…
professionnels)

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Conclusion générale:
La politique économique est de plus en plus un enjeu de souveraineté, dans la mesure où
l'économie a pris une place déterminante dans la vie des pays. Son caractère
conjoncturel met en dilemme même les économies les plus développées. Au Maroc les
politiques économiques ont changé à partir de l’introduction du PAS en 1983 par le
F.M.I

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