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Les Quatre Saisons

Antonio Vivaldi
Concerto no 1 en mi majeur, op. 8, RV 269,

« Les Quatre Saisons» (Le Printemps)


I Mov. Allegro

Voici le Printemps !

Giunt'è la Primavera e festosetti


Que les oiseaux saluent d'un chant joyeux.

La salutan gl'augei con lieto canto;


Et les fontaines, au souffle des zéphyrs,

E i fonti allo Spirar de'zeffiretti


Jaillissent en un doux murmure.

Con dolce mormorio Scorrono intanto.


Ils viennent, couvrant l'air d'un manteau noir,

Vengon' coprendo l'aer di nero amanto


Le tonnerre et l'éclair messagers de l'orage.

E Lampi, e tuoni ad annunziarla eletti


Enfin, le calme revenu, les oisillons

Indi tacendo questi, gli' Augelletti


Reprennent leur chant mélodieux.

Tornan di nuovo al lor canoro incanto.


II Mov. Largo

Et sur le pré fleuri et tendre,

E quindi sul fiorito ameno prato


Au doux murmure du feuillage et des herbes,

Al caro mormorio di fronde e piante


Dort le chevrier, son chien fidèle a ses pieds.

Dorme 'l Caprar col fido can a lato.


III Mov. Allegro

Au son festif de la musette

Di pastoral Zampogna al suon festante


Dansent les nymphes et les bergers,

Danzan Ninfe e Pastor nel tetto amato


Sous le brillant firmament du printemps.

Di primavera all'apparir brillante.


Concerto no 2 en sol mineur, op. 8, RV 315,

« L’estate» (L’Été)
I Mov. Allegro non molto

Sous la dure saison écrasée de soleil,

Sotto dura Staggion dal Sole accesa


Homme et tropeaux se languissent, et s’embrase
le pin.
Langue l’huom, langue ‘l gregge, et arde il Pino;
Le coucou se fait entendre, et bientôt d’une seule
voix

Scioglie il Cucco la Voce, e tosto intesa


Chantent la tourterelle et le chardonneret.

Canta la Tortorella e ‘l gardelino.


Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup,

Zeffiro dolce Spira, mà contesa


Borée s’agite et cherche querelle à son voisin

Muove Borea improviso al Suo vicino;


Le pâtre s’afflige, car il craint

E piange il Pastorel, perche sospesa


L’orage furieux, et son destin.

Teme fiera borasca, e ‘l suo destino;


Adagio – Presto - Adagio

À ses membres las, le repos est refusé:

Toglie alle membra lasse il Suo riposo


La crainte des éclairs et le fier tonnerre

Il timore de’ Lampi, e tuoni fieri


Et l’essaim furieux des mouches et des taons.

E de mosche, e mossoni il Stuol furioso!


Presto

Ah, ses craintes n’étaient que trop varies,

Ah che pur troppo I Suo timor Son veri


Le ciel tonne et fulmine et la grêle

Tuona e fulmina il Ciel e grandioso


Coupe les têtes des épis et des tiges.

Tronca il capo alle Spiche e a’ grani alteri.


Concerto no 3 en fa majeur, op. 8, RV 293,

« L’autunno» (L’Automne)
Allegro

Par des chants et par des danses,

Celebra il Vilanel con balli e Canti


Le paysan célèbre l’heureuse récolte

Del felice raccolto il bel piacere


Et la liquer de Bacchus

E del liquor de Bacco accesi tanti


Conclut la joie par le sommeil.

Finiscono col Sonno il lor godere.


Adagio molto

Chacun délaisse chants et danses:

Fa ch’ogn’uno tralasci e balli e canti


L’air est léger à plaisir,

L’aria che temperate dà piacere,


Et la saison invite

E la Staggion ch’invita tanti e tanti


Au plaisir d’un doux sommeil.

D’un dolcissimo Sonno al bel godere.


Allegro

Le chasseur part pour la chasse à l’aube,

I cacciator alla nov’alba à caccia


Avec les cors, les fusils et les chiens.

Con corni, Schioppi, e canni escono fuore


La bête fuit, et ils la suivent à la trace.

Fugge la belua, e Seguono la traccia;


Déjà emplie de frayeur, fatigue par le fracas des
armes
Già Sbigottita, e lassa al gran rumore
Et des chiens, elle tente de fuir,

De’ Schioppi e canni, ferita minaccia


Exténuée, mais meurt sous les coups.

Languida di fuggir, mà oppressa muore.


Concerto no 4 en fa mineur, op. 8, RV 297,

« L’inverno» (L’Hiver)
Allegro non molto

Trembler violemment dans la neige étincelante,

Aggiacciato tremar trà nevi algenti


Au souffle rude d’un vent terrible,

Al Severo Spirar d’orrido Vento,


Courir, taper des pieds à tout moment

Correr battendo I piedi ogni momento;


Et, dans l’excessive froidure, claquer des dents;

E pel Soverchio gel batter i denti;


Largo

Passer auprès du feu des jours calmes et contents

Passar al foco I di quieti e contenti


Alors que la pluie, dehors, verse à torrents;

Mentre la pioggia fuor bagna ben cento


Allegro

Marcher sur la glace, à pas lents,

Caminar Sopra ‘l giaccio, e à passo lento


De peur de tomber, contourner,

Per timor di cader gersene intenti;


Marcher bravement, tomber à terre,

Gir forte Sdruzziolar, cader a terra


Se relever sur la glace et a courir vite

Di nuove ir Sopra ‘I giaccio e corer forte


Avant que la glace se rompe et se disloque.

Sin ch’il giaccio si rompe, e si disserra;


Sentir passer, à travers la porte ferrée

Sentir uscir dale ferrate porte


Sirocco et Borée, et tous les Vents en guerre.

Sirocco Borea, e tutti I Venti in guerra


Ainsi est l’hiver, mais, tel qu’il est, il apporte ses
joies.

Quest’è ‘I verno, ma tal, che gioja apporte.