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Université Badji- Mokhtar Annaba

Faculté des Sciences de l’Ingéniorat


Département de Génie des procédés

Cours
Opérations Unitaires

3ème Licence Raffinage et pétrochimie

Réalisés par: Dr S.ZOUGAR / BOUCHAALA

Année:2019-2020
Programme

Introductions générale
Chapitre I:

Absorption et strippage : Equilibre liquide-gaz ;


Bilans de matière et enthalpique ; Concept d’étage
théorique ; Méthode de Mac Cabe et Thièle.
Chapitre II :

Extraction Liquide – Liquide : Introduction ;


Diagramme d’équilibre ;Détermination de la
masse de solvant pour une composition
donnée de l’extrait ; Nombre de plateaux
théoriques (Méthode graphique de Mac
Cabe et Thièle).
Chapitre III:

Extraction liquide-solide (Lixiviation) :


Equilibre solide-liquide ; Diagramme de
Janeck : Détermination du nombre d’étages
théoriques, cas de l’extraction { contre-
courant et à courants croisés.
Chapitre IV :

Distillation : Distillation d’un mélange binaire


; Distillation en mode continu ; Calcul de
l’efficacité d’une colonne de rectification
(Méthodes graphiques de Mac Cabe et Thièle
et de Ponchon et Savarit).
Références Bibliographiques

[1]. RUTH BLUMBERG, Liquid-Liquid Extraction,Academic Press


Limited,1988, ISBN 0-12-107820-5.
[2]. Pierre Bachmann, Paul Tissot, Précis de Génie Chimique,Georg-Librairie
de L’université-Genéve, 198, ISBN 2-8257-0077-0.
[3]. Daniel Morvan, Génie Chimique , Les opérations Unitaires , Procédés
industriels Cours et exercices corrigés, ellipses.
[4]. Emilian Koller, Aide-mémoire Génie chimique,3ème édition, Dunod.

[5]. TREYBAL R. E., Mass transfer operations, 3rd Edition, Mc Graw Hill,
New York, 1980.
Introduction générale
Schéma général d’un procédé de transformation industriel

Matières Premières

Procédés de "Transformation" de la matière

Produit recherché

En génie des procédés on suit les étapes suivantes:

Définir les opérations unitaires.


 Modéliser les opérations unitaires.
 Quantifier les mécanismes élémentaires.
 Optimisation du procédé.
 Elaboration de nouvelles technologies.
Procédure de traitement d'un problème
Avant de préparer un produit à partir d'une matière
disponible, il faut avant tout concevoir le procédé de
fabrication et donc définir les diverses opérations
unitaires, choisir le réacteur, optimiser le procédé et
enfin envisager son contrôle et sa commande.
Pour l'essentiel, les opérations unitaires sont des
opérations mettant en jeu des transferts de nature
physique : elles visent à concentrer ou à séparer les
constituants d'un mélange. Le choix de l'une ou de
l'autre dépend de différentes considérations : la
possibilité effective de séparation sur des bases
thermodynamiques, par exemple une différence
appréciable de température d'ébullition dans le cas
d'une distillation.
Procédés de séparation

Dans l’industrie chimique, un procédé de fabrication


peut être réparti en une succession d’opérations qui
constituent ses étapes clés. On distingue
généralement le (ou les) réacteurs qui sont constitués
par des enceintes dans lesquelles se déroulent les
réactions chimiques, et les opérations de séparations
qui sont destinées à séparer et purifier les
constituants d’un mélange. La maîtrise de ces
opérations unitaires est essentielle pour optimiser les
conditions technico-économiques de la production et
s’adapter à un nouvel environnement.
Les procédés sont découpés en un enchaînement
d’opérations élémentaires
Les opérations unitaires sont les étapes d’un procédé
global de transformation de la matière. Une opération
unitaire met en jeu au moins un type de transfert.
Quelques opérations unitaires classiques du Génie des Procédés
Transport et manipulation des fluides : Agitation, Mélange, …
Transfert de chaleur : Production de la chaleur et du froid, …
Transferts de matière:

Gaz-Liquide Liquide-Liquide Liquide-Solide Solide-Gaz


Evaporation Extraction Cristallisation/Précipitation
Adsorption
Condensation Distillation Dissolution
Séchage
Absorption Lavage
Humidification

Opérations sur les solides : Broyage, Tamisage, Sédimentation,


Centrifugation, Filtration, Fluidisation.
Technique de sédimentation
 Les particules solides en suspension dans un
liquide se dépose graduellement au fond du
récipient dans un mélange au repos car ils ont une
masse volumique plus élevée.
 Exemples:
 Les pulpes dans un jus d’orange

 On sépare les constituants en transvasant doucement


dans un autre récipient le liquide qui surnage.
 On appelle sédiment , la partie qui reste.
 On utilise aussi une ampoule à décantation lorsque le
sédiment est un liquide. Un petit robinet contrôle le
débit
Technique de décantation

 Elle consiste à verser un des constituants du


mélange tout en conservant l’autre dans le
récipient. Les particules de deux liquides sont
séparées en exploitant leurs masses volumiques
différentes.
 Exemples:
 Retirer l’eau dans un mélange Alcool-eau à l’aide
d’une ampoule à décantation
Technique de filtration

 La filtration sert à séparer à l’aide d’un filtre un solide


d’un liquide en exploitant la différence de taille des
particules en suspension. Elle se fait à travers des
substances poreuses, calibrée pour ne retenir que les
particules d'une certaine taille.

Exemples

 Sable dans les filtres des piscines et des systèmes


d’épuration d’eau.
Technique de filtration

 Le papier-filtre4 doit être


plié en quatre afin de
pouvoir former un cône
qui s’insérera dans
l’entonnoir5.
 La partie liquide qui le
traverse se nomme
filtrat7.
 Ce qui est retenu par le
papier-filtre4 porte le nom
de résidu4.
Technique de Tamisage

 Elle sert à séparer deux solides en utilisant la


différence de taille des particules.
 Exemple
 Sable et gravier
 Le chercheur d’or qui tamise le fond d’une rivière
Technique de Centrifugation

Cette technique utilise la force centripète (on


fait tourner le mélange) pour accélérer la
sédimentation. Les substances qui ont une masse
plus grande s’éloignent de l’axe de rotation
tandis que les autres restent près de l’axe de
rotation, ce qui divise les substances en étages.
Application d’un champ magnétique

Cette technique est utilisée pour retirer les


substances qui ont la propriété d’être magnétique
des autres substances qui ne le sont pas. L’aimant
retire les substances magnétiques et laisse les
autres substances dans le contenant.
Technique de distillation

 Elle consiste à séparer deux liquides formant


une solution. Les deux constituants doivent
avoir des points d’ébullition différents
.D’abord, on doit faire chauffer le mélange
pour vaporiser le liquide à isoler, puis
condenser les vapeurs en les refroidissant.

 Le liquide recueilli par condensation se nomme


distillat et le constituant qui reste se nomme
résidu
Technique d’évaporation
L’évaporation est l’opération fondamentale qui a pour but
de concentrer une solution d’un soluté solide ou liquide,
par vaporisation du solvant.

L’évaporation peut être considérée comme une distillation


simple, avec toutefois, comme particularité, que le produit
recherché est le résidu non volatil tandis que, dans la
distillation, les composés intéressants se trouvent dans la
vapeur.

Exemple:
 Les mines de sel dans les lagunes
Technique d’extraction solide-liquide:

est l’opération fondamentale qui a pour but, par


immersion dans un liquide et mise en solution
d’extraire un ou plusieurs constituants d’un
solide. Il s’agit d’une opération de transfert ou
d’échange de matière entre une phase solide
contenant la matière à extraire et une phase
liquide, le solvant.
Technique d’extraction Liquide-liquide:

est une opération qui permet la séparation


d'un ou plusieurs constituants par l'utilisation de leur
distribution inégale dans deux liquides pratiquement non-
miscibles.
Généralement on met en contact intime la solution
d'alimentation, contenant les constituants à séparer
(solutés) avec un autre solvant appelé solvant qui extrait
préférentiellement un ou plusieurs des solutés. Le solvant
qui contient alors le ou les solutés est désigné sous le
terme :d'extrait, la solution d'alimentation ayant perdu la
majeure partie de ces mêmes constituants est appelé
raffinat.
Technique de cristallisation

Cette technique fait refroidir la solution jusqu’à ce que


le solvant soit congelé. Le soluté peut ensuite être
recueilli dans le fond du contenant.
Technique de Séchage

Le séchage consiste à chauffer un produit afin de faire


évaporer l'eau qu'il contient (ou un autre solvant). On
distingue le séchage par ébullition et par entraînement.

On parle de séchage par ébullition quand le produit


atteint la température d'ébullition de l'eau. Lors du
séchage par entraînement le produit à sécher est mis en
contact avec un courant d'air plus ou moins chaud. L'air
chaud transmet une part de sa chaleur au produit.
Technique d’absorption

est définit simplement comme l’opération


fondamentale de transfert dans un liquide d’un ou
plusieurs constituants d’un gaz (ou d’une vapeur).
On peut exprimer que c’est l’opération d’après
laquelle un mélange de gaz (ou de vapeur) est mis
en contact avec un liquide afin de séparer, par
dissolution (ou absorption) dans celui-ci, un ou
plusieurs constituants du mélange gazeux. Cette
opération est souvent appelée : lavage des gaz
(gas scrubbing).
Chapitre I:
Absorption
I.1. Rappels sur les équilibres
Liquide-Vapeur
I.1.1. PREAMBULES IMPORTANTS

⇒ distinction gaz et vapeur:

On nomme gaz un corps pur existant seulement à


l'état gazeux sous 1 atm à 20 °C: le dioxygène et le
dioxyde de carbone sont des gaz et non des
vapeurs.

On parle par contre de la vapeur d'éthanol (état


toujours gazeux) car dans les conditions citées
l'éthanol existe sous un état liquide (coexistant avec
les vapeurs d'éthanol).
⇒ changement d'état:
les différents termes sont donnés sur le diagramme:
Sublimation

Fusion Vaporisation

SOLIDEe LIQUIDEe GAZ

Solidification Liquéfaction

Condensation
Il est souhaitable de différencier les
expressions :

condensation liquide ou liquéfaction :


passage de l'état gazeux à l'état liquide.

condensation solide ou cristallisation:


passage de l'état gazeux à l'état solide.
⇒ gaz parfait :

le modèle du gaz parfait se caractérise par des gaz ayant des


interactions négligeables. Ils vérifient la relation suivante:
P.V = n.R.T
où : P est la pression (pascals), V :le volume de l'enceinte (m3), n: le nombre
de moles et T: la température (Kelvin). R est une constante égale à 8,314 J.mol-1.K-1.

⇒ pression partielle d'un gaz A:


pression du gaz A s'il occupait seul un volume contenant un
mélange de gaz. On note PA.

⇒ loi de Dalton: elle s'applique aux gaz parfaits. Si on considère un


volume contenant un mélange de deux gaz parfaits A et B, la pression
totale P dans le volume est:
P = PA + PB
⇒ fraction molaire
la fraction molaire d'un corps pur A est le rapport du nombre
de moles de A sur le nombre total de moles.

Dans un mélange binaire de 2 liquides ou de 2 vapeurs


(corps purs A et B), on définit dans chaque phase (liquide ou
vapeur) les fractions molaires en A et B.

On note x pour les fractions molaires en phase liquide et y


pour les fractions molaires en phase vapeur.
Les relations suivantes de bilan matière sont vérifiées:
xA + xB =1 et YA + YB =1

P: étant la pression totale: YA=PA/P et YB=PB/P


⇒ Titres massique et molaire
Les teneurs d’un mélange se définissent dans les opérations
de transfert de matière par les titres:

Le titre massique : c’est le rapport de la masse d’un


constituant à la masse totale du mélange.

Le titre molaire : c’est le rapport du nombre de moles d’un


constituant au nombre de moles total du mélange.
⇒ Vaporisation – condensation :

Toute substance liquide ou solide corps pur ou mélange


peut se vaporiser théoriquement, dans des conditions de
température et de pression données. La vaporisation peut
avoir lieu, soit par :

Evaporation: vaporisation à la surface du liquide sans


formation de bulles de vapeur, à des températures
variables sous une pression constante.

Ebullition: vaporisation dans toute la masse du liquide,


avec formation de bulles de vapeur, à une température qui
est constante sous une pression fixe.
Ces deux sortes de vaporisation se produisent avec
absorption de chaleur.

Une vapeur peut être transformée en liquide dans des


conditions de température et de pression données.
C’est la condensation, opération inverse de la
vaporisation. Elle a lieu avec un dégagement de
chaleur.
⇒ Pression de vapeur saturante

La tendance que possède un corps pur à passer à l’état vapeur


est exprimée par la notion de pression de vapeur saturante.

Quand une vapeur et un liquide sont en équilibre (le


nombre de molécules qui s’échappent du liquide (vaporisation)
est égal au nombre de molécules qui retournent dans le liquide
(condensation), la pression développée par la vapeur est
appelée pression de vapeur saturante. Elle ne dépend que de la
nature du liquide et de sa température.
La pression de vapeur d’un liquide pur est la pression exercée
par les molécules de gaz au-dessus du liquide. Elle se mesure
dans un système fermé à l’équilibre.
Un liquide est d’autant plus volatil que sa pression de vapeur
est grande.

Vaporisation d'un liquide à différentes températures. La


pression de vapeur augmente avec la température.
Appareil servant à
mesurer la pression de
vapeur
⇒ Volatilités:
La volatilité désigne la plus ou moins grande facilité
de vaporisation d’une substance. On distingue la
volatilité absolue et la volatilité relative.

Volatilité absolue (V) : elle est définie comme le


rapport entre la pression partielle, à l’équilibre, de la
substance, dans la phase vapeur et le titre molaire de
la substance dans la phase liquide.

Vi=Pi/xi
Dans le cas d’un corps pur, la volatilité absolue est
égale à la pression de vapeur saturante car xi = 1.

Il en est de même pour un mélange idéal :

Pi=xi P°i
d’où Vi=xi Pi°/xi
Alors: Vi=Pi°
Volatilité relative (α) :

Dans un mélange liquide renfermant deux composants


i et j, elle est définie comme le rapport entre les
volatilités absolues de chaque composant dans le
mélange liquide. Elle est exprimée généralement par
rapport à la plus grande volatilité, de sorte que sa
valeur est supérieure à l’unité.

α= Vi/Vj=Pixj/xiPj

d’après la loi de Dalton on a : Pi=yiP et Pj=yjP , il en


résulte que:
α =yixj/yjxi
I.1.2. COURBE DE VAPORISATION
La courbe de pression de vapeur saturante (P°) appelée
encore courbe de vaporisation, représente les variations de
la pression de vapeur saturante avec la température. Elle
est limitée par le point critique (C) et le point triple (T).

P° C
Fusion
Vaporisation
Solide Liquide

T
Sublimation

T
I.1. 3 . Lois de l'ébullition

- A l'ébullition la pression de vapeur saturante est égale à la


pression au-dessus du liquide.
- Sous pression constante, la température d'ébullition d'un liquide
pur est constante.
-La chaleur latente massique de vaporisation est donnée par
application de la loi de Clapeyron :

L=T(V2-V1)dP0/dT
- T est la température d'équilibre sous la pression p°.
- (V2 - V1) est la variation de volume massique au cours du changement
d'état (liquide vapeur) ; V2 est le volume massique du gaz, V1 celui du
liquide.

- dp°/dT est la pente de la tangente à la courbe de vaporisation au point


de coordonnées (p°, T).
I.1.4. Chaleurs de vaporisation et de condensation

La chaleur (latente) de vaporisation massique d’un liquide


pur à la température T, choisie généralement comme étant la
température d’ébullition, est la quantité de chaleur qu’il faut
fournir à l’unité de masse de liquide , prise à la température T
et sous la pression d’équilibre P, pour la transformer en
vapeur à la même température et à la même pression.

La chaleur (latente) de condensation est la quantité de


chaleur égale et de signe contraire, c’est à dire celle qui est
libérée, dans les mêmes conditions, lors de l’opération
inverse: la condensation.
I.1.5. MELANGES BINAIRES
A. Différents mélanges binaires :
IL existe deux grandes familles:

les mélanges homogènes : les deux constituants sont


miscibles en toutes proportions.

les mélanges hétérogènes : les deux constituants sont


partiellement miscibles ou totalement immiscibles
B. Courbe d’ébullition et de rosée
Mélange de deux constituants totalement miscible à ‘état
liquide.
B.1. Mélange idéale
Considérons deux constituants, a et b. Nous avons les
hypothèses suivantes :

Pa = xa.P°a(T)
Pb = xb.P°b(T) = (1 -xa)P°b(T) Loi de Raoult

On obtient donc que :

P = Pa + Pb = P°b(T) + xa(P°a(T) – P°b(T))

Ou: P=Pa°+xb(P°b-P°a)
B.2. Diagramme isobare

YB

Diagramme Isobare
B.3 Mélange réel

On peut toujours construire les diagrammes à l'aide d'expérience.


On observe par contre des diagrammes avec un ou deux fuseaux,
et des points azéotropique.
les mélanges zéotropes : mélanges dits normaux qui n’ont pas
de point d’ébullition fixe donc une composition de la phase vapeur
toujours différente de la phase liquide. Dans le cas des mélanges
homogènes, on aura les homozéotropes et dans le cas des
mélanges hétérogènes les hétérozéotropes.

les mélanges azéotropes : mélanges dits anormaux qui


forment un azéotrope c’est à dire un liquide dont la composition
de la phase liquide est identique à celle de la phase vapeur, ce
qui se traduit par un point d’ébullition fixe sous une pression
donnée (comme avec un corps pur) ce qui ne permet pas sa
séparation par distillation ordinaire. On aura comme
précédemment les homoazéotropes et les hétéroazéotropes.
B.3.1 Points azéotropique

Un point azéotropique est un point de rencontre des deux courbes


f(xa) et f(Ya), par exemple. En ce point, le changement d‘état
s'effectue à température constante. On pourrai donc croire que le
mélange binaire est un corps pur.

Voici un exemple d'un diagramme admettant un point


azéotropique.
Point azéotropique, diagramme à deux fuseaux