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Université Ammar Thelidji – Laghouat

Faculté de Génie civil et d’architecture


Département Génie civil

Module : Fondations et Section: 1ére Master structure


soutènement

Chapitre 2
les fondations superficielles et profondes

Année universitaire:2018/2019
Introduction

Pourquoi mettre des fondations ?

Les fondations sont destinées à assurer la stabilité d’un ouvrage sur le


terrain

Elles doivent transmettre les sollicitations suivantes :

Le poids propre de la construction


 Les charges de service et d’exploitation
 Le vent et la neige
Sol solide Sol faible
1/Définition
Les fondations sont des ouvrages qui assurent la stabilité d'une
construction, ainsi que la bonne transmission des sollicitations
(charges) et leur diffusion dans le sol.

Les fondations selon leur profondeur en 3 types :


- les fondations superficielles D/B ≤ 4
- les fondations semi-profondes 4 < D/B < 10
- les fondations profondes D/B ≥ 10
2/Fonction des fondations

Les fondations assurent la transmission des


efforts de la structure au sol.

 La descente de charge permet de connaître les


actions de la structure sur les fondations.

 La mécanique des sols permet de connaître


l ’action du sol sur les fondations.
3/Différents types de fondations

Il existe quatre catégories de fondations


:
• Les fondations superficielles
Lorsque les couches de terrain capables
de supporter l'ouvrage sont à faible
profondeur : semelles isolées sous
poteaux, semelles filantes sous murs,
radiers.
• Les fondations profondes
Lorsque les couches de terrain capables
de supporter l'ouvrage sont à une
grande profondeur : puits, pieux
• Les fondations spéciales
Colonnes ballastées : Il s'agit de
colonnes de pierres ou de graves
ciments que l'on intègre dans le sol et
sous des semelles isolées .
4/Fondations superficielles

• terre relativement solide •Sol relativement solide •Sol trop faible


• colonnes très proche •Colonne de faibles charges •Sol solide trop profond
pour mettre des pieux
l’une de l’autre •Charge doit être concentrée
4.1/La semelle isolée.
La semelle isolée reçoit en général la charge de la superstructure au moyen d’un
élément porteur ponctuel poteau en béton armé ou métallique .
La forme de cette dernière peut être carrée, rectangulaire et même parfois
circulaire.
Sur la figure suivante est représentée en axonométrie une semelle isolée carrée.
5/Fondations profondes
INTRODUCTION

Les pieux ont toujours été utilisés comme moyen de fondation. Au fur
et à mesure de l’évolution des techniques, de nombreux types de
pieux sont apparus sur les chantiers. L’emploi des pieux préfabriqués
battus a diminué peu à peu pour utiliser de plus en plus les pieux
exécutés en place bien qu’ils posent en tous points autant, sinon plus,
de problèmes que les premiers.
Les pieux exécutés en place peuvent être mis en oeuvre sans
refoulement du sol ou par refoulement du sol avec ou sans pointe.
Ces paramètres sont importants, notamment pour la prise en
compte des efforts de réaction du sol (frottement latéral, résistance
de pointe …).
Classification des pieux
Une fondation profonde est caractérisée par la manière dont le sol
est sollicité pour résister aux charges appliquées.
- résistance en pointe
- par frottement latéral
- résistance de pointe et frottement latéral (cas courant)
Ses dimensions sont définies par :
- D : Longueur de fondation enterrée dans le sol
- B : largeur de la fondation ou diamètre
Au-delà de D/B > 6, et D > 3, nous sommes dans le domaine des
fondations profondes.
PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT
Cas d’un pieu isolé
Un pieu transmet au sol les charges qu’il supporte :
- par l’appui de sa base sur le sol résistant (effort de pointe noté Qp)
- par le frottement latéral entre le sol et le pieu (effort de frottement latéral noté Qs)
L’effort de pointe est proportionnel à :
- section de la base du pieu
- à la résistance du substratum
L’effort de frottement latéral est proportionnel à :
- la surface de contact entre le pieu et le sol
- au coefficient de frottement pieu-sol (rugosité du pieu, pression latérale, coefficient de
frottement interne du sol)
Etapes de réalisation d’un pieu foré
2 - Problèmes de l ’assise
des fondation
Stabilité à la rupture
• Stabilité de l’ensemble ouvrage-terrain au
glissement ;
• Présence éventuelle de cavités souterraines
(naturelles ou artificielles)
• Détermination de la capacité portante
(poinçonnement du sol) ;
• Stabilité des parois des fouilles ;
• Stabilité en cours de construction.
2 - Tassements de couches
compressibles
2 - Problèmes de l ’assise
Influence sur le voisinage

• Tassement d’ ouvrages existants ;


• Rupture de fondations d’ouvrages voisins ;
• Travaux d’exécution (battage de pieux, vibro-
fonçage) ;
• Glissements de terrain, rupture de pentes .
2 - Problèmes de l ’assise
Influence sur le voisinage

Rupture de fondations
d’ouvrages voisins
2 - Problèmes de l ’assise
Influence sur le voisinage

Rupture de
talus
2 - Problèmes de l ’assise
Détérioration ou disparition

S’assurer en permanence de la qualité de l’assise ;


 Bétonner au plus vite après ouverture des
fouilles ;
 Risque d’affouillement en rivière ;
 Risques de liquéfaction du sol (tremblements
de Terre) ;
2 - Problèmes de l ’assise
Niveaux différents
2 - Problèmes de l ’assise
Fondations dans des milieux
agressifs
Effectuer des prélèvements
d'eau et de sol en vue de
déterminer l'agressivité du
milieu.

choix du ciment et dosage


2 - Problèmes de l ’assise
Variations de température

Action de la chaleur
sur l’évaporation
Rupture du sol sous fondations
superficielles

Zone I : Sol fortement comprimé formant un coin ;


Zone II : Sol refoulé vers la surface ; déplacements et
cisaillements importants ; rupture généralisée.
Zone III : Le sol est peu ou pas perturbé par la rupture
6 - Contraintes limite et
admissible
La contrainte limite (appelée aussi
contrainte ultime qu) est la contrainte Q
q  u
moyenne obtenue en divisant Qu par S u S

q
La contrainte admissible vaut : q  u
adm F

F = 2 à l ’E.L.U.
F = 3 à l ’E.L.S.
CAPACITE PORTANTE ET TASSEMENT

En premier lieu, l’ingénieur géotechnicien s’efforcera de fonder son


ouvrage superficiellement pour des raisons économiques. Il devra
alors vérifier :
 Le critère de la capacité portante, c’est-à-dire que les couches de
sol superficielles peuvent effectivement supporter la charge
transmise.
Que le tassement sous les charges de fonctionnement prévues
est dans les limites admissibles

La capacité portante et tassement sont ainsi les deux éléments


fondamentaux qu’il y a lieu de considérer lors du calcul des
fondations superficielles.
ANALYSE QUALITATIVE DE LA RUPTURE DU SOL

Au début, comportement sensiblement


linéaire (s proportionnel à Q)
- Après, s n’est plus proportionnel à Q
(création et propagation de zones de
sol plastifiées sous la fondation)
- À partir d’une certaine charge,
poinçonnement du sol (tassement qui
n’est plus contrôlé.
Le sol n’est pas capable de supporter
une charge supérieure (on peut dire
que l’on a atteint l’écoulement
plastique libre).
Cette charge est la capacité portante
de la fondation
(charge limite, charge de rupture ou
encore charge ultime)
Qd = Ql / Fs

Qd charge admissible ou charge de travail ou charge de service

Qd / (BL) = qd contrainte admissible ou taux de travail

Ql / BL = ql contrainte de rupture

Fs coefficient de sécurité global généralement égal à 3


Calcul de la capacité portante
et tassement

Méthode « c-ϕ » Méthode pressiométrique


Calcul de fondation par la Méthode « c- φ » :
Semelle filante – charge verticale et centrée :
qϒ terme de surface qp terme de profondeur qc (terme de cohésion
valeurs des coefficients Nq, Nγ et NC
Ou bien selon l’abaque ci-dessous

Cas particuliers
- Rupture à court terme dans un sol argileux

Le sol est caractérisé par son poids volumique γ, sa cohésion non


drainée Cu, et l’angle de frottement interne φu = 0.
Nq (0) = 1; Nγ (0) = 0; NC (0) = 5,14
Application 1 :
• Calculer la contrainte admissible pour une semelle filante de
1,10 m de largeur encastrée de 1,40 m dans un sol sableux de
densité 1,70 et de φ = 30°.
On adoptera un coefficient de sécurité de 3.
qadm = γ1D + 1/F [0,5 γ2 B Nγ + γ1 D (Nq -1) + C Nc]

Application 2 :
Calculer la largeur d’une semelle filante encastrée à 1,50m dans un
sol sableux de densité 1,7 t/m3, φ = 32° et soumise à une charge Q
= 50 t/ml.
Semelle isolée horizontale – charge verticale et centrée :
Application 3:
• Calculer la contrainte admissible pour une semelle
rectangulaire de dimensions : 0,80 m × 1,00 m encastrée de
1,20 m dans un sol de densité 1,70, de φ = 25° et de cohésion
C = 0,2 daN/cm2 .
On adoptera un coefficient de sécurité de 3.
Influence de la nappe :
Application 4:
Capacité portante d’une fondation profonde
Classification suivant le mode de fonctionnement
Les pieux agissent sur le sol soit par :
- Effet de pointe : reposant sur une couche très dure
-Effet de frottement latéral (Pieux flottants) :
- Effet de pointe et frottement latéral (Pieux frottant à la base)
Problèmes posés par le calcul d’une fondation sur pieux
L’ingénieur est généralement confronté à des problèmes de
résistance des matériaux (R.D.M) et de mécanique des sols (M.D.S).
Problèmes de résistance des matériaux( R.D.M)
- Détermination de la charge transmise aux pieux par la
superstructure (problème complexe).
- Détermination de la charge maximale supportée par un pieu de
section donnée compte tenu du matériau constitutif.
- Dans le cas du pieu préfabriqué, calculer l’effort exercé sur le pieu
lors de sa manutention et de sa mise en (flexion)
Problèmes de mécanique des sols (M.D.S)
- Détermination de la force portante d’un pieu isolé.
- Détermination de la force d’un groupe de pieux.
- Évaluation des tassements de groupe de pieux.
- Il existe d’autres problèmes aussi importants que les précédents
tels que la corrosion et l’affouillement en site aquatique (pile de
pont).
Évaluation de la charge limite d’un pieu isolé soumis à une force verticale
Considérons un pieu isolé soumis à une charge verticale. Le pieu traverse
différentes couches de sol de qualité plus ou moins bonnes pour s’ancrer dans une
couche de sol aux caractéristiques mécaniques favorables.
Cette couche s’appelle couche d’ancrage ou substratum résistant
La charge ultime du pieu Qu est obtenue
en additionnant la charge limite de
pointe Qp qui
correspond au poinçonnement du sol sous
la base du pieu et la charge limite Qf
mobilisable par le frottement latéral entre
le sol et le pieu.

QP : résistance de pointe
Qf : frottement latéral
Définitions et mécanismes du frottement latéral positif et négatif
Pour qu’il y ait frottement latéral il faut qu’il y ait un déplacement relatif entre
le pieu et le sol.
Si le pieu se déplace plus vite que le sol, le sol par réaction en s’opposant au
déplacement exercera un frottement latéral positif « fp », vers le haut.
Si le sol se déplace plus vite que le pieu
(terrain médiocre qui tasse (Ss) sous des
surcharges appliquées au niveau de la
surface du sol), le sol en tassant entraîne le
pieu vers le bas et lui applique un
frottement négatif « fu »qui le surcharge .
Pour un même pieu on pourra avoir la
partie supérieure soumise à un frottement
négatif et la partie inférieure à un
frottement positif. Le point neutre est le
point pour lequel le déplacement du pieu
est égal à celui du sol.
Une des plus grandes difficultés reliées à l’utilisation des
pieux est que l’on ne connaît pas la longueur exacte de
pieu requise avant de commencer
CAPACITÉ D’UN PIEU – SOLS GRANULAIRES

Théoriquement, il est possible d’évaluer la


capacité en pointe d’un pieu à l’aide de
l’expression classique la capacité portante :

Théoriquement, il est possible d’évaluer la


capacité en friction à partir de la
contrainte effective et la friction entre le
sol et le pieu :
Capacité en pointe : Meyerhof (1976) a proposé une relation pour évaluer la
capacité en pointe d’un pieu basée sur les valeurs de N.

m est un coefficient empirique égal à 400 pour les pieux battus et 120 pour les
pieux forés
• N est la valeur de N à la base du pieu
• Ap est la section du pieu à sa base (m2)
Capacité en friction : Meyerhof (1976) a proposé une relation pour évaluer
la capacité en friction basée sur les valeurs de N

n est un coefficient empirique égale à 2 pour les pieux battus et à 1


pour les pieux forés.
• N est une valeur moyenne le long du pieu
• As surface extérieure du pieu par mètre de longueur (m2/m.l.)
• D profondeur du pieu dans le sol (m).

Un coefficient de sécurité de 4 doit être appliqué à la charge ultime


Qult = Qp+Qf
GROUPE DE PIEUX – SOLS GRANULAIRES

L’espacement centre en centre entre les pieux


d’un groupe doit être de 2 à 3,5 fois le diamètre
du pieux.
Si l’espacement est supérieur à 7 fois le
diamètre d’un pieu, on considère que chacun des
pieux travaille isolément.
De façon sécuritaire on estime :
Qult (groupe) = Qult (1 pieu) x nbre de pieux (si
pieux battus)
 Qult (groupe) = 0,66 x Qult (1 pieu) x nbre de
pieux (si pieux forés).
CAPACITÉ D’UN PIEU – SOLS COHÉRENTS

L’évaluation de la capacité des pieux dans les argiles raides est particulièrement
difficile. Les essais de chargement sont fortement conseillés. L’enfoncement des
pieux dans l’argile remanie le matériau au contact du pieu. Avec le temps, l’argile
se reconsolide et redéveloppe de la résistance qui normalement inférieure à la
résistance non drainée originale de l’argile. Le rapport entre l’adhésion et la
résistance non drainée de l’argile sera plus élevée pour les argiles de faible
résistance ainsi que sur les pieux de bois et de béton

Si Cu < 100 kPa Le pieu travaille surtout en friction


Si Cu > 100 kPa Le pieu travaille à la fois en pointe et en friction

Capacité en pointe : La résistance en pointe peut être estimée à l’aide de la


relation suivante :
Qp (kN) = Nc CuAp
• Cu est la résistance au cisaillement non drainé (kPa)
• Ap est la section du pieu à sa base, (m2)
• Nc est une valeur empirique = (9 si D < 0,5 m; 7 si 0,5m < D < 1m et 6 si D > 1 m)
Capacité en friction : La résistance en
friction peut être déterminer à l’aide de la
relation suivante :
f s Q (kN) =αCuA
• α est un facteur d’adhésion (voir figure)
• Cu est la résistance non-drainée (kPa)
• As surface extérieure du pieu en m2

S’il n’y a pas d’essais de chargement de prévu,


un facteur de sécurité de 3 est recommandé
GROUPE DE PIEUX - SOLS COHÉRENTS

Capacité d’un groupe de pieux


•Si Cu < 100 kPa
Qult (groupe) < 70% Qult (1 pieu) x nbre de pieux
•Si Cu > 100 kPa 􀃎 On néglige l’effet de groupe
ESSAIS DE CHARGEMENT
L’essai de chargement constitue la meilleure façon d’évaluer la capacité portante d’un
pieu. Ces essais doivent être exécutés en suivant la norme ASTM D-1143.
L’essai consiste à charger le pieu par accroissement et à noter l’enfoncement après
chaque accroissement. On obtient ainsi une courbe de la capacité en fonction de
l’enfoncement.

L’enfoncement du pieu est mesuré à ½. 1, 2, 4 minutes après l’application de la charge et


ensuite à toutes les 4 minutes. La charge est appliquée par étape à 25, 50, 75, 100, 125,
150, 175 et 200% de la charge de travail. On peut ensuite continuer jusqu’à la rupture.
Si c’est pour une vérification au moment de la construction, on décharge et on mesure le
rebondissement pendant 24 heures. Lorsque la charge de 200 % est placée, il faut
attendre, 24 heures.