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MACRO-ECONOMIE II

Semestre 4

1
NATURE et PRÉREQUIS DU MODULE

 Module scientifique et technique et de base,

 Module de management, d’Economie et des Finances,

 Module mixte (quantitatif et qualitatif).

2
Prérequis pédagogiques:

 Principes d’économie I et II,

 La comptabilité nationale,

 L’histoire de la pensée économique,

 La macroéconomie I.

3
EVALUATION

Modes • Contrôle continu : Présence, Tests et exposés


d’évaluation • Examen Final: Examen du Fin du module

Note • Contrôle continu : 20%


• Examen Final: 80%
du Module
Validation • Note minimale pour la validation du module:
12/20
du module 4
OBJECTIFS DU MODULE

 Mécanismes de la détermination de l’équilibre macroéconomique en


économie ouverte,

 Analyse des principales théories de la croissance économique (Exogène,


Endogène, Optimale….,

 Analyse de l’efficacité des politiques économiques (Politique budgétaire,


Politique monétaire, Politique d’éducation …..),

 Analyse des cycles économiques (Conjoncturels et structurels).

5
Analyse des politiques économiques en Economie Ouverte

 L’équilibre macroéconomique en économie ouverte,

 Etudes des régimes de change,

 Problème d’affectation des instruments aux objectifs.

6
Définition du taux de change

 Le taux de change (e) est le prix d’une monnaie en termes


d’une autre monnaie
 Attention ! il y a deux manières de l’exprimer:
 La quantité de $ que l’on peut acheter avec 1€ :
 1€ = 1.55€
 La quantité d’€ nécessaire pour acheter 1$ :
 1$ = 0.65€
 Les deux « mesures » sont équivalentes, mais généralement
on choisit la deuxième (la moins intuitive!) dans les modèles:
 Si e diminue, il faut moins d’€ pour acheter 1$, l’euro s’est
apprécié (il vaut plus en termes de $)
 Si e augmente, il faut plus d’€ pour acheter 1$, l’euro s’est
déprécié (il vaut moins en termes de $)

7
Les régimes de changes

 Système de taux de change fixes


 Système de l’étalon de change or (Bretton woods)
 Zone euro
 Système de taux de change flexibles ou flottants
 SMI après effondrement de Bretton Wood
 Système intermédiaire:
 ancrage monétaire glissant (Tunisie, Bolivie)
 caisse d’émission (Hong Kong, Estonie, Lituanie)
 Flottement administré (ex: Indonésie, Inde, Egypte)
8
Typologie des régimes de change

Flexibilité croissante
Caisse d’émission
(currency board)

Dollarisation/ Taux de change Ancrage glissant Flottement


euroïsation fixes (crawling peg) pur

Union Taux de change


fixes avec marges de Flottement
Monétaire
fluctuation administré

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Arguments en faveur des taux de change flottants

 Le marché fait toujours mieux: plus efficace.


 Cela donne au gouvernement plus de flexibilité pour
parvenir aux objectifs de politique économique internes
et externes.
 Pas de contraintes sur la détention des réserves de
change par la BC.
 Mécanisme d’équilibrage des balances automatique.
 Remarque: En change flottant, on parlera d’appréciation
ou de dépréciation du change.
10
Arguments pour la fixité des taux de change

 Réduit les fluctuations (volatilité) qui augmente


l’incertitude et diminuent le commerce.
 Réduit l’activité déstabilisante des spéculateurs.
 Pas inflationniste comme les changes flexibles.
 Remarque: En changes fixes, on parlera d’évaluation
ou de dévaluation du change.

11
Definition de la balance des paiements

La balance des paiements est un état statistique


où sont systématiquement résumées, pour une
période donnée, les transactions économiques
d’ une économie avec le reste du monde.

12
Conventions

 Le concept de résidence
 Principes comptables
 Période et moment d’enregistrement
 Évaluation des transactions
 Unité de compte

13
Résidence

 La résidence est déterminée par l’intérêt économique des unités et non par
leur nationalité.
 Dans le pays > 12 mois
 Gouvernement = résident pays origine

14
Principes comptables

 Toute transaction doit donner lieu à deux inscriptions de montant


égaux, l’une au crédit (+) et l’autre au débit (-)

• Exportations de biens et services Crédit (+)


• Importations de biens et services Débit (– )
• Revenus et transferts reçus Crédit ou +
• Revenus et transferts versés Débit ou –
• Hausse des engagements financiers Crédit ou +
• Augmentation des avoirs financiers Débit ou -
15
Principes comptables

 La somme de toutes les transactions est égale à zéro


 Les transactions sont classées en deux grandes catégories, à
savoir les transactions réelles (compte des transactions
courantes) et les transactions financières (compte de
capital et d’opérations financières de la balance des
paiements).
 Transferts sans contrepartie. Exemple: un don d’ordinateurs
à un pays est enregistré parmi les importations et donne
lieu à une écriture symétrique soit au poste des transferts
courants, soit à celui des transferts de capital

16
Erreurs et omissions

 Erreurs et omissions
 lasomme des postes au crédit doit être égale à la somme
des postes au débit
 impossibilité pratique :
 diversité des sources
 lacune des données

transactions financières hors du système bancaire


 sous-évaluation des transactions
 méthodes d ’évaluation varient d ’un pays à l ’autre

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Généralités
Période et moment d’enregistrement
 Annuelle, trimestrielle ou mensuelle
 Les transferts sont enregistrées à la date du transfert juridique de propriété
Evaluation
 Les transactions doivent être évaluées au prix du marché
 L’échange direct d’un bien contre un autre (un troc) est évalué à un prix fictif
utilisé pour évaluer les biens échangés
Unité de compte
 Monnaie nationale
 Dollar, DTS ou autre devise principale

18
Présentation type de la BdP

19
Présentation analytique de la BdP

 La balance commerciale
 différence entre exportations et importations de biens
 La balance des opérations courantes
 différence entre les crédits et débits des biens, services, revenus, et
transferts courant
 viabilité et persistance
 La balance globale
 est égale à la balance des opérations courantes plus l ’ensemble des
transactions financières ou de capital qui ne sont pas des postes de
financements
 indicateur de la position externe du pays
20
Présentation analytique de la balance des
paiements
Compte des transactions courantes Compte de capital et d’opérations financières

A. Capital
A. Biens
Transferts de capital
Exportations
Importations Acquisitions/cessions d ’actifs non financiers non
produits
B. Services
B. Opérations financières
Transport
Voyages Investissements directs
Assurance Investissements de portefeuille
C. Revenus
Rémunérations Capitaux à moyen et long terme
Revenus des Investissements
Capitaux à court terme

D. Transferts courants C. Erreurs et omissions


Administrations publiques Balance Globale
Autres secteurs

D. Avoirs extérieurs nets


21
Principaux soldes

 Balance commerciale
Est égale à la différence entre exportations et importations de
biens.
 Balance des transactions courantes
Est égale à la différence entre les crédits et débits des biens,
services, revenus et transferts courants.
 Balance globale
Est égale au solde des transactions courantes plus le solde des
transactions de capital qui ne relèvent pas des postes de
financement
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Analyse de la balance des paiements

A partir de quel moment faut-il se préoccuper


d’un déficit persistant de la BOC?
 Si BOC / PIB  5 %
 Si financé par la dette à court terme ou par une réduction des AEN
 Si les réserves en mois d ’importation sont faibles

 Autres facteurs
 volonté de faire face aux obligations financières
 la disponibilité de financement extérieur

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Indicateurs de soutenabilité

 Le pays peut il générer des surplus futurs de la balance


commerciales?
 Tx de croissance; tx d’investissement; performance des
exportations; ouverture
 Le comportement du secteur privé est-il cohérent avec la
contrainte budgétaire intertemporelle?
 Croissance du crédit a l’économie; performance du marchés
financiers; santé du système bancaire
 Vulnérabilité du pays aux chocs extérieurs?
 volatilité des termes de l’échange; composition des engagements
extérieurs; indicateurs d’endettement
 Le taux de change est-il mal aligné?
24
Financement exceptionnel

 Rééchelonnement de la dette existante


 Paiement des intérêts (compte courant)
 Remboursements (opérations financières)
 Arriérrés de paiements
 Annulation de la dette
 Prise de participation
 Échange de créances contre actifs

25
Le taux de change

e=prix de la devise
(dollars/euro)

Offre d’euros
Achat d’actifs en
dollars, importations

tx d’équilibre: e*

Achat d’actifs en euros


par les US et exportations
Demande d’euros
Quantité

26
Taux de change nominal et réel

 Le taux de change est une valeur nominale.


 Il est possible de définir un taux de change réel
qui tient compte du différentiel des prix entre
les deux devises côtées.

prixeuro
e réel
dollars / euro e
réel
dollars / euro .
prixUS

Le taux de change réel est un prix relatif.


C’est le rapport du prix en dollars du panier de référence euro au prix
en euros du panier de référence US.

27
La parité des pouvoirs d’achat

 La parité des pouvoirs d’achat est un taux de change qui se


définit selon les prix des mêmes paniers de biens dans les 2
pays.
prix du panier en dollars
ppadollars / euro 
prix du panier en euros

 Ce taux est souvent considéré comme un taux d’équilibre


ou un taux de référence qui permet de comparer les
grandeurs économiques exprimées en monnaie différente.

28
Taux de change réel et Compétitivité

 Le taux de change réel est un indicateur de


compétitivité.
 Si le taux de change réel augmente, l’économie
européenne voit sa compétitivité diminuer.
 Si le taux de change nominal était égal à la PPA,
alors le taux de change réel devrait être égal à
l’unité.

prixeuro prix panier en $ prixeuro


/ euro  ppadollars / euro .  1
réel
edollars .
prixUS prix panier en € prixUS

29
Le modèle Mundell-Fleming

 Modèle mis au point par Robert Mundell et Marcus


Fleming
 Extension du modèle IS-LM en économie ouverte

  
  
Y  C  Y  T   I  i   G  X Y *, e  M Y , e
 

 La demande agrégée contient maintenant la balance


commerciale : la différence entre exportations et
importations.
 X(Y*,e): Les exportations dépendent du revenu mondial
(exogène) et du taux de change
 M(Y,e) : Les importations dépendent du revenu national et
du taux de change

30
Le modèle Mundell-Fleming
La balance commerciale

   
 
BC Y * Y , e  X Y * , e  M Y , e
 
  
 

Déterminants de la balance commerciale:


 Si e augmente (dépréciation) : les exportations sont plus compétitives,
les importations plus chères. Le solde de la balance commerciale
augmente
 Si Y augmente : les importations augmentent, et le solde de la balance
commerciale diminue

 Y* est exogène, et Y est déjà expliqué dans IS/LM. Mais il y a


maintenant une variable de plus qui intervient : le taux de change
e.
 Il faut donc rajouter une équation (un marché) de plus pour pouvoir
résoudre le système : c’est l’équilibre de la balance des paiements.

31
Le modèle Mundell-Fleming

 Bref retour à la condition d’équilibre sur le marché des


biens :
S  I  G T  X  M
 Hypothèse simplificatrice : le budget du gouvernement
est en équilibre (G-T = 0)
 Si la BC est en déficit (X-M < 0), il y a un déficit d’épargne. Le
financement des investissements (I) doit venir de l’étranger.
 Si la BC est en excédent (X-M > 0), il y a un excédent
d’épargne. Cet excédent sert à financer des investissements à
l’étranger.

 L’ajustement se fait donc par un influx ou un départ


d’épargne: c’est la balance des capitaux

32
La parité des taux d’intérêt

 Arbitrage des investisseurs entre deux devises donc


entre 2 places financières.
 Quel est le rendement attendu d’un investissement
dans chacune des devises?
 Il faut tenir compte du différentiel de taux
d’intérêt mais aussi de l’évolution du taux de
change le temps du placement.
 Les Investisseurs averse au risque vont veiller au
respect de la parité des taux d’intérêt couverte.
 Les spéculateurs vont veiller au respect de la
parité des taux d’intérêt non couverte.

33
La parité des taux d’intérêt couverte

 La différence relative entre le taux de change à


terme et le taux de change courant doit égaliser
la différence de taux d’intérêt.
f $ €  e$ €
 i$  i€
e$ €
 Supposons que vous voulez placer un montant de
X euros mais que vous avez besoin de cet argent
en euros dans un an.

34
Parité des taux d’intérêt: mécanisme

 Soit vous placez X sur le marché européen avec un rendement i€.


Vous obtiendrez: X(1+i€).

 Soit, vous changez ce montant en dollars, X.e$/€ (où1€= e$/€


dollars).
 Vous les placez sur le marché US et obtenez:
X.e$/€ (1+i$)
 Vous prévoyez leur conversion en euros avec le change à terme f.
Alors, le rendement sera:
X.e$/€ (1+i$)/f
 Si les investisseurs pratiques tous le même raisonnement alors les
deux placements seront équivalents:
X (1+i€) = X.e$/€ (1+i$)/f
35
Parité des taux d’intérêt non couverte

 Elle se déduit de la précédente, mais ici l’investisseur ne se couvre pas


mais anticipe un cours de change futur.
 C’est cette anticipation qu’il prend en compte dans son arbitrage.
 Si la parité des taux d’intérêt non couverte est vérifiée, on aura :

e£a $  e£ $
 i£  i$
e£ $
36
Le modèle Mundell-Fleming
La balance des capitaux

 Les flux de capitaux assurent donc une parité des taux


d’intérêt
 eta1  et 
it  i  
*
t  Dépréciation anticipée du
Taux d’intérêt national e
 t  taux de change

Taux d’intérêt mondial

 Si le taux d’intérêt national est supérieur au taux


mondial, les capitaux afflueront, jusqu’à ce que les
agents anticipent une dépréciation future des taux de
change qui compense l’écart de taux.
 Si le taux national est égal au taux mondial, le taux de change
ne varie pas
 Ceci permet de comprendre les évolutions du taux de change
en fonction des changements du taux d’intérêt
37
Le modèle Mundell-Fleming
La balance des paiements
 La balance des paiements est la somme des balances
commerciales et des balances des capitaux
   
BP Y * , Y , i, e  BC Y * , Y , e  BK  i, e 

 L’équilibre est atteint quand elle est égale à zéro, donc


quand les déficits et surplus des deux balances se
compensent exactement.


BK  i, e    BC Y * , Y , e 
 On voit que cette relation d’équilibre peut être
exprimée dans l’espace (Y,i) de IS-LM
38
Le modèle Mundell-Fleming
La courbe BP

 Sur BP la balance des


paiements est à l’équilibre
i
Excédent de BP
 BP est croissante
Appréciation de e
BP  Une hausse de Y crée un
déficit de BC
 Revenir à l’équilibre
Surplus de requiert un surplus de BK
BK donc une hausse de i

Déficit de
 La pente dépend de la
BC Déficit de BP mobilité internationale
Dépréciation de e des capitaux
 Moins ils sont mobiles,
Y plus elle est forte

39
Le modèle Mundell-Fleming
La courbe BP simplifiée

Parfaite mobilité
 Le modèle MF a été développé
des capitaux dans les années 60, quand la
i
i=i*
mobilité des capitaux était
faible (Bretton Woods)

Excédent de BP  Pour simplifier, on fait


Appréciation de e aujourd’hui l’hypothèse
BP d’une parfaite mobilité.
i *

 Attention, ceci reste une


Déficit de BP simplification.
Dépréciation de e
 Dans certains cas (comme
le commerce extérieur de
la Chine), le concept de
mobilité imparfaite reste
Y
important.

40
Le modèle Mundell-Fleming
IS-LM-BP

 On a maintenant les trois courbes IS-LM-BP :


i

LM

BP
i*

IS

41
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques

 On va maintenant comparer 4 situations et essayer


d’établir l’efficacité des politiques économiques

Changes Changes
fixes flottants

Politique
fiscale ?? ??

Politique
monétaire ?? ??

42
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques

 Politique monétaire en changes fixes :


i  LM se déplace vers la droite
LM  L’augmentation de la
masse monétaire baisse le
taux d’intérêt et crée une
tendance à la dépréciation
de e
BP
i *  Pour garantir la fixité du
change, la BC doit
immédiatement rétablir i=i*
en réduisant la masse
monétaire
IS
 En fait une telle politique
Y ne peut pas être effectuée

43
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques

 Politique fiscale en changes fixes :


i
 IS se déplace vers la droite
LM  Si LM ne réagit pas, il y a
augmentation du taux
d’intérêt et donc tendance
à l’appréciation de e
BP  Pour garantir la fixité du
i *
taux d’intérêt et donc du
change, la BC doit intervenir
en augmentant la masse
monétaire
IS
 Politique efficace: Y augmente
Y

44
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques

 Politique monétaire en changes flottants :


i
 LM se déplace vers la droite
LM  La baisse du taux d’intérêt
provoque une dépréciation
de e

 La dépréciation du taux de
BP change stimule les
i*
exportations et pénalise les
importations
 IS se déplace vers la droite

IS
 Politique efficace
Y

45
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques

 Politique fiscale en changes flottants :


i
 IS se déplace vers la droite
LM  La Banque centrale n’a pas à
réagir. Il y a augmentation
du taux d’intérêt et
appréciation de e
BP  L’appréciation du taux de
i *
change pénalise les
exportations et favorise les
importations
 IS se déplace vers la gauche
IS
 Politique inefficace
Y

46
Le modèle Mundell-Fleming
L’efficacité des politiques économiques

 En résumé:

Changes Changes
fixes flottants

Politique
fiscale Efficace Inefficace

Politique
monétaire Impossible Efficace

 Avec cet exemple simple (hypothèse de parfaite mobilité


des capitaux), on voit que l’efficacité d’une politique
dépend des conditions internationales !

47
Le triangle d’incompatibilité
Union
Monétaire

es

Mo
fix

bil
e
oir

it é
sv

de
ble

sc
sta

ap
it
s

Triangle des

au
ge

x
an

incompatibilités
Ch

(Mundell-Padoa-Schioppa)
Changes
Autarcie flexibles
Financière Autonomie de la politique monétaire 48
Analyse de l’activité à long terme,

 Problématique de la croissance,

 Pauvreté,

 Niveau de vie,

 Les faits stylisés de la croissance économique.

49
Postulat de base

 On peut comparer leur richesse mais on a vu avec la Chine que ça n’a pas
beaucoup de valeur:
 La Chine est le 2° pays le plus riche du monde (mais c’est aussi le plus
peuplé!!!!)
 Si on divise la richesse par le nombre d’habitants, la Chine devient 121°...
 On peut comparer les pays en regardant la richesse du pays (le PIB*) mais ce
n’est pas très fiable.
 On peut plutôt comparer leurs PIB/hab.*

50
51
52
53
54
55
56
Les cinq faits stylisés
Récapitulatif
1. La production mondiale connaît sur très longue période des accélérations
abruptes.

2. Le PIB par habitant et la productivité peuvent connaître des variations


significatives à moyen terme. Celles-ci ne sont pas nécessairement synchrones
entre pays.

3. Certains pays sont parvenus à rattraper le niveau de vie des plus riches, alors
que d’autres pays sont restés « sur le bord de la route ».

4. Les inégalités ont augmenté très fortement, tout d’abord au sein des pays,
puis entre pays. Elle semblent se réduire depuis 1990, principalement comme
conséquence de l’essor de la Chine et de l’Inde.

5. Le progrès technique est biaisé car il accroît les inégalités de revenu soit en
diminuant le salaire des moins qualifiés, soit en augmentant le chômage (i.e.
en diminuant leur employabilité). 57
Définitions de la pauvreté

 Absolue. Ex 1 ou 2 $/jour

 Relative. Ex : IDH, IPH, ou pauvreté monétaire

 Inversion du regard : capabilité (A. Sen)

 Dimension spatiale de la pauvreté :


 Spatialisation
 Visibilité
 Composante de la pauvreté (désaffiliation spatiale)

58
 Les niveaux de pauvreté sont inacceptables: 80% de la population vive dans l’insécurité,
20% dans la pauvreté extrême et le coût de maintenir la population exclue est très élevés.

 Et en même temps, la sécurité sociale:


 Reduit la pauvreté et les inégalités de revenus d’au moins 50% dans les plupart des
pays de l’OCDE
 Favorise la croissance
 Est indispensable sur le plan institutionel au niveau du marché du travail
 Contribue à la promotion de la paix, de la stabilité, de la cohésion sociale à travers la
justice sociale

 Des pays de même niveau de développement économique diffèrent de manière significative


dans leurs depenses de protection sociale
 Il n’y a pas de lien apparent entre les performances économmiques et le niveau de dépenses
de protection sociale
 Les niveaux de systèmes de protection sociale sont determinés par les orientations
politiques sur la question de la redistribution de richesse
 L’accessibilité est donc fonction de la volonté sociale et politique de financer les transfers
sociaux à travers les taxes et les impôts

59
AVANT 1990:
Situation des pays dans le monde, analysée par la Banque
Mondiale

Classement basé sur le PIB par habitant

 Points non pris en


compte par le PIB :Inégale répartition du revenu.
 Différences de parités de pouvoir d’achat des monnaies.
 Progrès ou retards enregistrés dans les secteurs sociaux tels que la
santé ou l’éducation.

Nécessite d’avoir un indicateur en


plus du PIB 60

 Popularité du PIB ?
La famille des Indicateurs du
développement humain
 IDH (Indicateur du Développement Humain):
 Mesure synthétique du développement humain
 ISDH (Indicateur Sexo-spécifique du Développement Humain):
 IDH mais ajusté pour prendre en compte les inégalités du genre
 IPF (Indicateur de la Participation des Femmes):
 Mesure les inégalités de genre dans la participation économique et politique
dans la prise de décisions)
 IPH (Indicateur de Pauvreté Humaine):
 Mesure de la pauvreté humaine dans un pays.

Problématique de la croissance économique 61


La croissance économique

 La genèse temporelle de la problématique de la croissance économique,

 Définition de la croissance,

 Les faits stylisés,

 Problématique des inégalités.

62
 Nous avons discuté les fluctuations économiques qui, selon l’approche
keynésienne, sont dictées par des fluctuations de la demande globale.
 Le taux de croissance de la capacité d’offre détermine l’augmentation
de la richesse et du bien-être de ceux qui en bénéficient (revenu, bien
public).

 1913 : PIB Argentine est supérieur de 70% à celui de l’Espagne


 2000 : PIB Espagne est supérieur de 50% à celui de l’Argentine

 1945 : PIB Ghana est supérieur de 60% à celui de la Corée


 2000 : PIB Corée du Sud est supérieur de 100% à celui du Ghana

 1970 : PIB Italie est supérieur de 50% à celui de l’Irlande


 2000 : PIB Irlande est supérieur à celui de l’Italie

 Quelles sont les sources de la croissance ?


 Comment la garantir ?
63
Progrès technique biaisé

 Les évolutions technologiques liées à la croissance semblent favoriser


l’embauche de travail qualifié et forcent à des réductions d’emplois dans les
secteurs en déclin.

 On parle de progrès technique biaisé. Il accroît les inégalités de revenus


puisqu’il modifie la structure de la demande de travail.

 A offre inchangée, il se traduit donc soit par un accroissement du chômage, soit


par une baisse du salaire relatif des salariés non qualifiés par rapport aux
qualifiés.

 Ce phénomène n’est ni universel ni permanent. Par exemple, les trente


glorieuses n’ont pas défavorisé le travail peu qualifié.
64
Le doute des bien-fondés de la
croissance: le club de Rome
1. Fondé le 8 avril 1968, Association internationale et non politique réunissant
des scientifiques, des humanistes, des économistes, des professeurs, des
fonctionnaires nationaux et internationaux ainsi que des industriels de 53
pays,

2. Les membres du Club ont comme but de chercher des solutions pratiques
aux problèmes planétaires. Son rôle demeure surtout de sensibiliser les
hauts dirigeants aux problèmes planétaires actuels.

1972
Halte à la croissance? (Le rapport Meadows) vise à substituer l’équilibre à la
croissance.

1974
Sortir de l'ère du gaspillage : demain. Introduit les notions de développement
durable et d’empreinte écologique
65
Le doute des bien-fondés de la
croissance: La croissance zéro
Dans le même esprit, l’idée d’un développement humain, supérieur éthiquement
à l’idéologie de la croissance économique, fait son chemin.

Développement soutenable : satisfait les besoins présents sans compromettre


les besoins futurs

Antoine de Saint Exupéry « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres,


nous l’empruntons à nos enfants.»

Les fondements de la croissance zéro:


• Relocaliser (Nouvelle définition des espaces)
• Abolir l’obsession du travail (La fin du travail, J. Riffkins)
• Développer les expériences associatives (le nouveau tissu social)
• Ne plus raisonner en termes de PIB (IDH, A. Sen)

Opposition: développement durable et théories marxistes.

66
Les objections de nature
économique

1. L’endogénéisation de la qualité dans le calcul du PIB


(la méthode des prix hédonique)

2. Développement durable et augmentation du PIB sont


complémentaires.
1. La croissance est nécessaire pour améliorer le niveau de vie des
populations, et en particulier des plus pauvres.
2. La saturation des besoins n’est pas pour demain, mais certes, un
changement d’habitus est nécessaire

3. Une logique économique peut servir de levier au


développement durable. 67
Analyse théorique

 Les théories classiques

 La croissance est instable selon les post-keynésiens (Harrod, Domar)

 Le modèle néoclassique de Solow

 Les théories de la croissance endogène

68
Les théories classiques

 Les théories classiques de la croissance sont plutôt pessimistes.

 Ricardo, Malthus ou encore Mill estiment qu’à long terme l’économie va


atteindre un état stationnaire :

La croissance va ralentir, pour finalement atteindre zéro.

 A cet état stationnaire, la production n’augmente plus.

69
Ricardo et les rendements décroissants
 David Ricardo (1772-1823) considérait, comme les autres économistes classiques,
que l’investissement était essentiel à la croissance économique.
 Les capitalistes utilisent leur épargne pour investir. La croissance dépend donc de
la répartition des revenus : plus les capitalistes reçoivent une part importante du
profit, plus ils investiront, plus la croissance sera importante.
 Or, selon Ricardo, la répartition des revenus risque d’être de moins en moins
favorable à l’investissement en raison des rendements décroissants de la terre.
 Les classiques raisonnaient en termes de classes sociales. Selon Ricardo, le revenu
national est partagé entre trois classes sociales :
 les propriétaires (qui reçoivent la rente pour l’exploitation de la terre), les
travailleurs (qui reçoivent un salaire) et les capitalistes (qui reçoivent le profit et
qui utilisent ce dernier pour investir).
 La rente que reçoit un propriétaire est déterminée par la différence entre le
rendement de sa terre et le rendement de la terre la moins fertile.
 Par conséquent, le propriétaire de la terre la plus fertile reçoit la plus forte rente,
70
tandis que le propriétaire de la terre la moins fertile ne reçoit aucune rente.
Ricardo et les rendements décroissants
 Avec l’augmentation de la population, il faut exploiter de plus en plus de terres, mais les nouvelles terres
mises en culture sont de moins en moins fertiles.
 C’est la loi des rendements décroissants : le rendement d’une terre est plus faible que le rendement des
terres qui ont précédemment été mises en culture.
 D’une part, les propriétaires obtiennent des rentes de plus en plus importantes. D’autre part, le prix du
blé augmente car le coût de production augmente.
 Comme le prix des produits agricoles augmente, les travailleurs exigent des salaires de plus en plus élevés
pour pouvoir se les procurer. Puisque les capitalistes reçoivent le revenu qui n’a été distribué ni aux
rentiers, ni aux travailleurs, alors ils voient peu à peu leurs profits diminuer.
 Puisqu’ils disposent de moins d’argent, les capitalistes investissent de en moins mois, donc la production
augmente de moins en moins.
 Lorsque l’investissement atteint zéro, la production n’augmente plus et stagne : l’économie atteint un
état stationnaire.
 Le déclin de la croissance est inéluctable. Mais il est possible de retarder l’instant où l’économie se
retrouve à l’état stationnaire en ouvrant les frontières et en important du blé.
 Comme la quantité de blé disponible dans l’économie anglaise augmente, il devient moins urgent de
mettre de nouvelles terres en culture.
 Par conséquent, la hausse des prix agricoles et des salaires ralentit, ce qui permet de ralentir le déclin de
l’investissement. Ricardo doit alors justifier le libre-échange, ce qui l’amènera à formuler la théorie71des
avantages comparatifs (cf. théories du commerce international).
Malthus et la loi de la population
 L’économiste classique Thomas Robert Malthus (1766-1834) se montre très pessimiste en ce qui
concerne la soutenabilité de la croissance à long terme.

 Comme Ricardo, il considère que la croissance économique tend à ralentir et que l’économie
converge vers un état stationnaire.

 Malthus explique cet état stationnaire à travers la « loi de la population ».

 Selon celle-ci, la population (et donc ses besoins nutritifs) augmente selon une suite géométrique (1,
2, 4, 8, 16, 32, etc.), alors que les ressources de substance (notamment alimentaires) progressent
selon une suite arithmétique (1, 2, 3, 4, 5, 6, etc.).

 Puisque les ressources tendent à être insuffisantes pour nourrir la population, il y a une tendance à
la surpopulation.

72
Malthus et la loi de la population

Malthus préconise la « contrainte morale » (chasteté avant le mariage et mariage


tardif) pour limiter le nombre de naissances. On parle notamment de « politiques
malthusiennes » aujourd’hui pour qualifier les politiques visant à réduire le nombre
de naissances, comme celles qui furent adoptées en Chine il y a quelques décennies
73

(la politique de l’« enfant unique »)


Analyse théorique

 La croissance selon les post-keynésiens (Harrod, Domar)

 Le modèle néoclassique de Solow

 Les théories de la croissance endogène

74
La croissance est instable selon les post-keynésiens
(Harrod, Domar)
 Pour les keynésiens, la demande joue un rôle dans la croissance économique.
Dans la Théorie générale, Keynes (1936) ne s’est focalisé que sur le court terme ;
il n’a pas construit une théorie de la croissance économique à long terme.
 Roy Forbes Harrod (1939) et Evsey Domar (1947), deux économistes inspirés
par les théories keynésiennes, ont chacun de leur côté contribué à construire une
telle théorie. Ils arrivent tous d’eux aux mêmes conclusions.
 C’est l’investissement qui est à l’origine de la croissance économique. En effet,
tout investissement augmente :
 La production : Si un entrepreneur cherche à investir,c’est pour développer de
nouveaux produits ou pour pouvoir produire plus de biens (c’est l’effet de
capacité)
 Le revenu : Tout investissement additionnel fait travailler des ingénieurs, des
ouvriers. Il est clair que l’investissement créé des revenus supplémentaires dans
l’économie. Sur le plan macroéconomique les agents deviennent plus riches
(c’est l’effet de revenu) 75
les hypothèses du modèle

 On suppose que nous nous trouvons dans une économie capitaliste fermée et
sans État.

 Techniquement les importations (M) , les exportations (X), les dépenses


publiques (G) et les impôts (T) sont égaux à 0.

 Cette économie ne produit qu’un seule type de bien dont le prix est unitaire.

 Ce bien peut être consommé ou investi.

76
Le côté offre: La fonction de production

   fonction de production du bien ne prend en compte qu’un seul facteur de


La
production : le capital (noté K).

 Les quantités produites et donc offertes à l’économie sont déterminées par


la fonction f() qui prend la forme fonctionnelle suivante :

= f() = /v (1)

Où v est le coefficient de capital qui indique combien il faut de capital pour


produire une unité de bien à chaque période (v = /).

77
Remarques sur la fonction :

 Il  peut sembler curieux que Domar ne prenne pas en considération le facteur travail qui

est bien évidemment très important.

 La raison est que, suite à la crise de 29, les keynésiens pensaient que de façon générale
que les économies ne manqueraient pas de travail (de main d’oeuvre) et que l’existence
de chômage était bien la preuve que c’est le manque de capital qui limitait la production.

 Puisque nous avons posé l’hypothèse d’une économie fermée sans État et que le prix du
bien produit est unitaire on a donc la valeur de la production qui est égale au revenu de
l’économie qui représente le .

==

78
Le côté demande

  

 La demande qui s’adresse à l’économie est la demande de biens et services


de consommation notée plus la demande de biens et services
d’investissement notée :

= + (2)

79
La fonction de consommation

  
Nous supposons que la fonction de consommation est une fonction
keynésienne de long terme du type :
=c (3)
 Où c représente la propension à consommer. Par exemple si c = 0, 8 cela veut
dire que les agents consomment 80% de leur revenu.
 L’épargne des agents (notée ) est la part du revenu qui n’est pas consommé
donc une part 1 − c (dans notre exemple 20%).
 On a donc : = (1 − c) (4)
 En notant s le taux Le taux d’épargne macroéconomique on écrit la fonction
d’épargne : = (1 − c) = s

80
la fonction d’investissement

  En temps continu, nous écrirons :


D = − (5)
 Où D est l’investissement net réalisé en t + ε, c’est une variation dans le
temps donc une dérivée.
 l’investissement brut à la date t,
 la dépréciation du capital existant à la date t
 On remarque que les investissements nets et bruts sont des variables de flux.
Alors que le capital est une variable de stock.

81
Remarques sur la fonction d’investissement
  
L’investissement brut représente l’ensemble des achats de biens de
production à la date t.
 La dépréciation correspond à la perte de valeur annuelle de capital fixe
(usure). On suppose (et c’est une bonne hypothèse) que le stock de machine à
remplacer à chaque période est une part constante du stock de capital
possédé à cette même date.
 L’investissement net D représente l’investissement brut moins la
dépréciation du capital (les gestionnaires parlent d’amortissement).
 C’est donc l’investissement net qui représente la variation du stock de capital
disponible pour produire.

82
Mise en évidence des effets de capacité
et de revenu 1/2
   l’aide des hypothèses précédentes, nous allons mettre en évidence l’effet
A
capacité et l’effet de revenu d’un investissement additionnel.
 L’effet de capacité : C’est hypothèse #2 qui va nous permettre de quantifier
l’effet de l’investissement net sur l’augmentation des capacités de
production (côté offre).
D = D
 L’interprétation est simple, si la variation du stock de capital est de 100 (D =
100) alors l’offre augmentera de D= 100 / .

83
Mise en évidence des effets de capacité
et de revenu 2/2
  
L’effet de revenu : Nous allons utiliser les hypothèses #1 et #3. Pour
quantifier l’effet de revenu, il suffit de résoudre le système :
= + Egalité Emplois-Ressources
=c Fonction de consommation
 En remplaçant l’expression de la consommation dans l’égalité emplois-
ressources, puis en résolvant en :
= =
 La variation du revenu D est donc :
D= (7)

84
Résolution du modèle

  
Comme par hypothèse on se trouve en économie fermée et sans État
l’investissement est strictement égal à l’épargne , c’est la condition
d’équilibre du marché du capital.
=
 En remplaçant dans l’équation (5) on obtient l’équation dynamique
d’accumulation du capital :
D = s - δ (8)
 En divisant de part et d’autre par , on obtient le taux de croissance du capital
:
= = - δ (9)

85
Interprétation

   stock global de capital doit croître au taux s/v − δ pour permettre


Le
l’égalisation de l’effet de capacité et de l’effet de revenu d’un investissement
additionnel.
 Pour vérifier que l’effet de capacité est bien égal à l’effet de revenu il suffit
d’écrire l’équation précédente de la façon suivante :
= - = - = =
 En dérivant par rapport au temps on retrouve bien :

Effet de revenu Effet de capacité


86
Le modèle Harrod-Domar : la croissance sur le « fil du rasoir »
Soit une variation de l’investissement Δ I. Cette variation de l’investissement
joue simultanément sur la demande et sur l’offre agrégée de biens et services :
toute décision d’investissement implique une demande de biens
d’investissement, et accroît les capacités de production.
Son effet sur la demande agrégée de Son effet sur l’offre agrégée de
biens et services est soumis au biens et services est soumis au
mécanisme du multiplicateur : mécanisme de l’accélérateur :
ΔI  YS : offre agrégée de
Δ YD = YD : demande agrégée de I=kY S
1- c biens et services biens et services
ΔI c : propension à consommer S I
⇔Δ Y =
D ⇔Δ Y =
s s : propension à épargner, k
avec s = 1 – c
L’investissement conduit l’économie sur un sentier de croissance équilibrée si la
croissance de la demande et de l’offre se font au même rythme, soit :
D ΔI I ΔI s
S
Δ Y =Δ Y ⇔ = ⇔ =
s k I k 87
Le modèle Harrod-Domar : la croissance sur le « fil du rasoir »
L’économie se trouve donc sur un sentier
D ΔI I ΔI s
S de croissance équilibrée si et seulement si
Δ Y =Δ Y ⇔ = ⇔ =
s k I k le taux de variation de l’investissement est
égal au rapport entre les paramètres
Par ailleurs, toute déviation du exogènes s et k. La probabilité que les
sentier de croissance équilibrée décisions décentralisées d’investissement
engendre des déséquilibres aboutissent pile sur ce rythme de croissance
cumulatifs : est a priori extrêmement faible…
ΔI s D S
Si la croissance de l’investissement est trop dynamique : > ⇔ Δ Y >Δ Y
I k
 Les producteurs ne parviennent pas à satisfaire la demande, ils accroissent donc leur
effort d’investissement… ce qui ne fait qu’amplifier le déséquilibre de sous-production !
ΔI s D S
Si la croissance de l’investissement est trop faible : < ⇔ Δ Y <Δ Y
I k
Les producteurs ne parviennent pas à satisfaire la demande, ils réduisent donc leur
effort d’investissement… ce qui ne fait qu’amplifier la surproduction !
On a donc une croissance « sur le fil du rasoir », et l’intervention de l’Etat en matière
d’investissement est nécessaire. 88
Décomposition de la croissance économique
Cette décomposition s’estime à partir de la fonction de production néoclassique :
Y=F (K, L)
On peut alors décomposer les composantes de la croissance de la production :
∂Y ∂Y ' ' La croissance de la production dépend
dY= dK+ dL = F K dK+F L dL de la croissance de chacun des facteurs
∂K ∂L
de production, pondérée par sa
productivité marginale.

La théorie néoclassique de la croissance retient une fonction de production de type


α 1−α
Cobb-Douglas, à rendements d’échelle constants : Y=AK L . On a alors :
α 1−α α−1 1− α α −α
dY=K L dA + α A K L dK +(1−α ) AK L dL
α
K α L1−α α A K α−1 L1−α
−α
dY ( 1−α ) AK L
⇒ = dA + dK + dL
Y AK α L1−α α 1−α
AK L AK L
α 1−α

dY dA dK dL
⇒ = +α +(1−α )
Y A K L
89
Décomposition de la croissance économique
dY dA dK dL
⇒ = +α +(1−α )
Y A K L
Le taux de croissance économique est la somme du taux de croissance du progrès
technique ; des taux de croissance de K et de L, pondérés respectivement par la
part des profits (α) et des salaires (1-α) dans le revenu national.

En effet, sous l’hypothèse que les facteurs de production sont rémunérés à leur
productivité marginale, on a :
'
FK F 'L
=α et =1−α
Y Y

90
Décomposition de la croissance économique
On peut alors décomposer le taux de croissance annuel moyen :

91
Principales conclusions du modèle Harrod-Domar
 Leur première conclusion est que la croissance est déséquilibrée.
 L’investissement est à la fois une composante de l’offre et une composante de la
demande.
 D’une part, en investissant, les entreprises augmentent leurs capacités de production
(l’offre tend à augmenter).
 D’autre part, si une entreprise investit, c’est qu’elle achète par définition des machines
ou autres moyens de production à d’autres entreprises (la demande tend à augmenter).
 Si l’augmentation de l’offre correspond à l’augmentation de la demande, alors la
croissance sera équilibrée, mais rien n’assure que ce sera effectivement le cas. Selon
Harrod et Domar, la croissance risque d’être déséquilibrée, instable.
 Deux situations sont alors possibles:
 Si l’offre est supérieure à la demande, alors l’économie se retrouve en surproduction, elle
s’éloigne du plein emploi et elle risque de connaître une déflation.
 Inversement, Si la demande est supérieure à l’offre, l’économie subit alors des tensions
inflationnistes

92
Principales conclusions du modèle Harrod-Domar
 Leur deuxième conclusion est que les déséquilibres sont cumulatifs. Si la demande est
supérieure à l’offre (cas inflationniste), les entreprises vont chercher à accroître leurs
capacités de production pour répondre à l’excès de demande.
 Or, en investissant, elles créent une demande supplémentaire. Il est alors probable
que l’excès de demande s’intensifie au lieu de se réduire.
 Inversement, si l’offre est supérieure à la demande (cas de surproduction), les
entreprises risquent de réduire leurs dépenses d’investissement, donc de réduire plus
amplement la demande.
 Dans tout les cas, un simple déséquilibre risque de s’amplifier au cours du temps : la
croissance est « sur le fil du rasoir » selon Harrod.
 Keynes avait démontré que l’Etat doit intervenir à court terme pour sortir l’économie
du sous-emploi. Harrod et Domar montrent que les autorités publiques ont un rôle à
jouer dans la croissance à long terme en veillant à ce qu’elle soit équilibrée.
 En assouplissant et resserrant ses politiques conjoncturelles, l’Etat va ajuster la
demande globale de manière à ce qu’elle s’équilibre avec l’offre globale.

93
La théorie de la croissance chez Nicholas
Kaldor au regard des travaux de Michal Kalecki
 Kaldor a élaboré deux modèles de croissance dans lesquels il tente de mettre à jour des mécanismes propres à
entraîner l’économie vers la voie de la croissance équilibrée.
 Sa différence réside dans l’analyse du progrès technique et aussi dans celle de l ‘épargne et de l’investissement.
 Le modèle élaboré en 1957 suit l’approche dite "dynamique ", inaugurée par R. Harrod, qui considère les taux de
variation du revenu et du capital comme des variables endogènes. Mais Kaldor s’écarte sur bien des points de la
théorie de Harrod ou de celle de Keynes.
 Kaldor adopte la position ambitieuse de faire du progrès technique un élément essentiel de sa structure théorique.
Mais pour garder cette structure maniable et bien définie à l’intérieur du cadre traditionnel de la théorie moderne
de la croissance, il lui faut adopter une fonction de progrès technique très simplifiée et plutôt particulière ".
 On pourrait penser que dans la réalité, l’entrepreneur qui investit se trouve devant un grand choix de procédés
techniques de production.
 Un certain nombre de facteurs économiques déterminent le comportement des entrepreneurs et Kaldor laisse ce
point sous silence grâce à certaines de ses hypothèses, notamment celle qui concerne la croissance continue au
niveau du plein-emploi.
 Dans ce cas, et avec une population stationnaire, toute accumulation du capital induit une seule sorte possible de
rapport capital -travail et les variations de l’offre de travail sont éliminées.
 Mais dès que nous envisageons des combinaisons techniques variables entre le capital et le travail, la courbe TT’
n’est plus unique : avec le même degré d’accumulation du capital, on pourra obtenir différents taux de croissance
de l’output et différents coefficients de capital. 94
Présentation générale
 Dans une perspective de long terme, Robert Solow réalise en 1956 le premier modèle
de croissance néoclassique.
 Dans ce modèle, les entreprises combinent du travail et du capital pour produire des
biens. Elles utilisent l’épargne des ménages pour investir et ainsi accroître les
capacités de production.
 Ainsi, plus l’économie épargne, plus les entreprises peuvent accumuler du capital.
 Toutefois, Solow fait l’hypothèse d’une décroissance des productivités marginales :
plus un travailleur dispose de machines, moins la machine supplémentaire lui permet
d’accroître sa production.
 Autrement dit, plus le stock de capital augmente, moins la production augmente
rapidement.
 Par conséquent, en l’absence de progrès technique, la croissance tend peu à peu vers
zéro et l’économie risque finalement de se retrouver dans une situation où la
production n’augmente plus, mais stagne.
 Solow retrouve donc ici l’idée des classiques selon laquelle l’économie converge vers
un état stationnaire. 95
Expression mathématique

Le modèle de Solow est basé sur cinq équations macroéconomiques :

 une fonction de production ;


 une équation comptable sur le PIB ;
 une équation d'épargne ;
 une équation d'évolution du capital ;
 une équation d'évolution de la force de travail

96
Fonction de production

Dans le cadre d'une fonction de production à deux facteurs, la forme généralement retenue est de la forme
suivante :

Y = cK  L

 Y correspond au niveau de production
 K à celui du capital
 L à celui du travail
 c, α et β sont des constantes déterminées par la technologie.
 Dans le cadre du modèle de la concurrence pure et parfaite, les coefficients α et β correspondent à la
répartition des revenus entre le travail et le capital.

(Dans le modèle d'état stationnaire de Solow, la PGF, Productivité Générale des Facteurs est facteur de L et
non de K)
97
Équation du PIB

 Y= C+I
(il n'y a pas de dépenses publiques G, car par hypothèse il n'y a pas d'État),

C: est la consommation des ménages

I: l'investissement, égal à l'épargne.

98
Équation d'épargne

I=sY

 L'épargne (donc également l'investissement puisque I = S) est proportionnelle


à Y,

 Avec s: la propension marginale à épargner

99
Équation d'évolution du capitaL

ΔK = s Y – δ K

L’épargne est intégralement investie, ce qui accroît le stock de capital de


l'économie, et par ailleurs le capital en place se déprécie, au rythme du taux de
dépréciation du capital δ (à chaque période, une part δ du capital est ainsi
perdue).

100
Évolution de la force de travail

 =  (1+n)

n: est le taux de croissance de la force de travail

101
L'équilibre stationnaire
 Le modèle de Solow est en équilibre stable, c'est-à-dire que toutes les économies
convergeront vers un état d'équilibre de long terme. On parle d'« équilibre stationnaire ».
 Le seul déterminant de la vitesse de convergence est le taux d'épargne des agents
économiques.
 S Mathématiquement, les variables par tête n'évolueront plus (notamment s et k ), alors
que les variables en niveau continueront d'évoluer à un taux n le taux de croissance
démographique.
ΔK = Δ Y =n
 Le premier enseignement que l'on peut tirer de cette formule est qu'une économie en état
de croissance équilibrée voit son activité Y croître au même rythme que sa population n.
 Cela rejoint le modèle pessimiste de Harrod. En l'absence d'intervention publique, toutes
les économies devraient converger à l'équilibre.
 La vérification empirique est contrastée : la Chine ou l'Irlande ont montré leur capacité à
rattraper les économies occidentales, alors que d'autres économies comme les pays
africains ne décollent pas.
102
L'appauvrissement de l'économie

 Le modèle de Solow met en évidence l'existence d'un lien entre un fort taux
démographique et la pauvreté.

 En effet, une hausse de la démographie, toutes choses égales par ailleurs,


entraîne une diminution du capital par tête k ce qui conduit à
l'appauvrissement du pays.

 Cela rejoint l'idée de Malthus.

103
L'enrichissement de l'économie

  
D'autre part, une hausse du taux d'épargne s, toutes choses égales par
ailleurs, entrainera une hausse du capital par tête k, une hausse du niveau de
richesse par tête et donc une hausse de

 L'économie va donc connaître une période transitoire à plus forte croissance,


avant de retrouver un nouvel équilibre.

 Rappelons que le taux d'épargne s n'influence pas le taux de croissance de


long terme, seulement la vitesse de convergence à l'état stationnaire.

104
Le modèle de Solow
Présentation : Accumulation de capital
Y y  f (k )
y
L

K
k
L
Le modèle de Solow
Présentation : Accumulation de capital
y
Y y  f (k )
L
y0

i  sy

K
k0 k
L
Le modèle de Solow
Présentation : Accumulation de capital
y
Y y  f (k )
L
y0

consommation

i  sy
épargne = investissement

K
k0 k
L
Le modèle de Solow
Présentation : Dépréciation

 Deux aspects :
 Détérioration du stock de capitaux
 Croissance démographique (qui tend à réduire le stock par tête)
 En somme, donc, la dépréciation dépend du stock de capital par
tête, de son taux de détérioration et du taux de croissance
démographique. D  h( k ,  , n)

 Postulons qu’une proportion constante du stock est perdue chaque


année à cause de la détérioration (δ) et de la croissance
démographique (n).
 Comment représenter tout cela sur le graphique ?
Le modèle de Solow
Présentation : Dépréciation
y
Y y  f (k )
L
y0

i  sy

K
k0 k
L
Le modèle de Solow
Présentation : Dépréciation
y
Y y  f (k )
L

D  (  n)k

i  sy

K
k
L
2. Le modèle de Solow
Présentation : Aspects dynamiques
y
Y y  f (k )
L

y0 D  (  n)k

i  sy

K
k
k0 L
Le modèle de Solow
Présentation : Aspects dynamiques
y
Y y  f (k )
L

i>D
=> Accumulation nette de capitaux
=> Croissance
y0 D  (  n)k

i  sy

K
k
k0 L
Le modèle de Solow
Présentation : Aspects dynamiques
y
Y y  f (k )
L

y1

D  (  n)k

i  sy

K
k1 k
L
2. Le modèle de Solow
Présentation : Aspects dynamiques
y
Y y  f (k )
L

y1 D>i
perte nette de capitaux
contraction D (  n)k

i  sy

K
k1 k
L
Le modèle de Solow
Équilibre et
Y état stable
y
L
y  f (k )
y*
D=i
Þ k constant
Þ y constant
D  (  n)k

i  sy

K
k* k
L
Le modèle de Solow
Équilibre et état stable

 L’équilibre dans le modèle de Solow peut se résumer comme suit :


 L’investissement est juste suffisant pour compenser la
dépréciation, ce qui fait que…
 Le stock de capital par tête est stable, ce qui fait que…
 Le revenu par tête est, lui aussi, stable, ce qui veut dire que…
 La croissance du PIB par tête s’arrête !
 Autrement dit, un pays qui commence à k0 aura une croissance
économique à moyen terme (jusqu’à k*),
 Comment réconcilier le modèle avec la réalité ?
Le modèle de Solow
Comment assurer une croissance de long terme?

 Est-ce possible d’assurer une croissance au long terme par le biais d’une des
mesures suivantes :
 Hausse du taux d’épargne (ou d’investissement) ?
 Baisse de la croissance démographique ?
 Progrès technologique ?
Le modèle de Solow
Accroissement du taux d’épargne

 Le modèle de Solow montre l’importance du taux d’épargne dans


la détermination de l’état stationnaire.
 Si s augmente, alors l’investissement va devenir supérieur à la
consommation de capital et l’équilibre stationnaire va s’élever.
 Si des économies diffèrent par leur taux d’épargne, les états
stationnaires de ces économies devraient différer et « expliquer »
les différences de niveaux de vie.
 Les facteurs réduisant l’épargne sont donc défavorables à la
croissance (déficit public notamment)
Le modèle de Solow
Le taux d’épargne
Y
y
L
y  f (k )
y*

D  (  n)k

i  sy

K
k* k
L
Le modèle de Solow
Le tauxY d’épargne
y
L y*1 y  f (k )
y*0

D  (  n)k
i  s y
i  sy

K
k*0 k*1 k
L
Le modèle de Solow
La croissance démographique

 La croissance démographique induit une intensité


capitalistique décroissante : k/l diminue si l
augmente au rythme n.
 Pour simplement maintenir le capital par travailleur,
il faudra accumuler au rythme n.
 Ceci revient à considérer une source supplémentaire
de consommation du capital : la croissance de la
population.
Le modèle de Solow
La croissance
Y
démographique
y
L
y  f (k )
y*

D  (  n)k

i  sy

K
k* k
L
Le modèle de Solow
La croissance démographique (Attention, ici n’<n  baisse de
la croissance démographique)

y
Y y*1 y  f (k )
L
y*0

D  (  n)k
D  (  n) k

i  sy

K
k*0 k*1 k
L
Le modèle de Solow
La croissance démographique
ye 
Y y e  f ( ke )
L*E
y*

De  (  n  g )ke

ie  sye

K
k* ke 
L*E
Le modèle de Solow
Aspects empiriques : Convergence
Y
y
L
y  f (k )
y*
« pays riche »

D  (  n)k

i  sy

K
« pays pauvre » k* k
L
Le modèle de Solow
Aspects empiriques : Convergence
Y
y
L
y  f (k )
y*
« pays riche »

D  (  n)k

i  sy

K
« pays pauvre » k* k
L
La « règle d’or » de l’accumulation du capital

 L’état stationnaire est défini par la stabilité du stock


de capital par tête, mais ne dit rien sur le bien être des
individus de cette économie.
 Rechercher un bien être maximum peut alors conduire
à rechercher un état stationnaire particulier et à
mettre en place les politiques économiques adaptées.
 Le bien-être des agents sera résumé par leur
consommation.
 La règle d’or détermine la condition d’obtention de cet
état stationnaire optimal.
La « règle d’or » de l’accumulation du capital

 Etat stationnaire optimal : c*


 Il peut s’obtenir en rappelant :
c=y–i
soit c* = f(k*) – s f(k*) = f(k*) – d k*
 Ce qui montre que le bien-être optimal dépend
du niveau de l’état stationnaire.
 La maximisation de c* conduit alors à la règle
d’or
f’(k*) – d = 0 soit PMK = d
Règle d’or et état stationnaire

y Pente = f’(k) = PMK

f(k)
Pentes égales

dk
Max c = c*or Pente = d

i*or = sorf(k)
k*
k*or
Croissance démographique et règle d’or
 La prise en compte de la croissance
démographique modifie l’énoncé de la règle
d’or .
 La consommation maximum s’énonce :
c* =f(k*) – s f(k*) = f(k*) – (d+ n ) k*

 Et conduit alors à la règle d’or:


f’(k*) – (d+ n ) = 0 soit PMK – d = n

 Le bien être est lié à la croissance


démographique.
130
Synthèse
 A long terme, la croissance ne peut venir que du progrès technique : ce
dernier permet de relever la productivité du capital, si bien que l’économie
retarde l’instant où elle arrivera à l’état stationnaire.

 Par exemple, si un travailleur était capable de produire une quantité Q de


biens à partir de K machines ; grâce au progrès technique, il est désormais
capable de produire la quantité Q’.

 Le progrès technique permet aux travailleurs de produire plus avec la même


quantité de facteurs.

 A la limite, tant qu’il y a du progrès technique, l’économie génère toujours


de la croissance et ne connaît jamais l’état stationnaire.
131
Limites
 Il suppose que l’épargne est favorable à la croissance. Or, à court terme,
comme le soulignent les keynésiens, une hausse de l’épargne (donc une baisse
des dépenses) est susceptible de faire basculer l’économie dans la récession
et d’entraîner une hausse du chômage.
 Selon la logique keynésienne, c’est au contraire la perspective d’une forte
demande qui incite les entreprises à investir.
 Le modèle de Solow met en évidence l’importance du progrès technique pour
la croissance à long terme, mais il ne parvient pas à expliquer celui-ci.
 Le progrès technique est « exogène » dans son modèle, c’est-à-dire
indépendant du comportement des agents. Paradoxalement, selon Solow, la
croissance dépend de quelque chose dont il ne connaît pas l’origine.
 Le progrès technique apparaît comme une « manne » dans son modèle : il
« tombe du ciel ». Il faut donc que de nouvelles théories parviennent à
expliquer d’où provient le progrès technique (chose que feront les théories de
la croissance endogène dans les années quatre-vingt). 132
Les théories de la croissance endogène
 Apparues dans les années quatre-vingt, les théories de la croissance endogène visent à expliquer le
caractère cumulatif de la croissance ou, autrement dit, à expliquer pourquoi certains pays ne
parviennent pas à amorcer un processus de croissance et demeurent alors dans une trappe à sous-
développement.
 A la différence du modèle de Solow, les modèles de croissance endogène font l’hypothèse que les
rendements sont croissants (grâce aux externalités) et considèrent que le progrès technique est
endogène, c’est-à-dire qu’il dépend du comportement des agents.
 Autrement dit, tout comme chez Solow, le progrès technique génère de la croissance économique,
mais en retour cette dernière est également susceptible de générer du progrès technique.
 Plusieurs économistes américains vont expliquer l’apparition du progrès technique et montrer qu’il
n’est pas exogène mais endogène ( produit par le système, par les agents économiques)

 Robert Barro : insiste sur le rôle que doit jouer l’Etat.


 Paul Romer : il faut favoriser la recherche-développement et l’accumulation du capital qui permet
les externalités positives.
 Robert Lucas : il faut investir dans le capital humain
133
Le paradoxe de Solow
« L 'informatique se voit partout, sauf dans les statistiques » 

 Problème de mesure à saisir l’évolution qualitative


 L’entrée dans l’économie des services
 Explication pertinente mais limitée

 L’épuisement des idées


 Le ralentissement de la productivité de la recherche
 Accumulation de connaissances exceptionnelle dans l’après SGM
 L’entrée dans l’âge de la complexité

 Les prix du pétrole


 Pertes de productivité, à capital et travail donné
 Pourtant à partir de 1986 et jusqu’à récemment: prix du pétrole faible
La croissance endogène

 Pour les théoriciens de la croissance endogène, la première étape


a consisté à dépasser la vision trop « stylisée » du progrès
technologique exogène proposée par Solow.

 Cette étape a été franchie avec succès par un économiste


américain, Paul Romer, qui dans sa thèse de doctorat soutenue au
milieu des années 80, a su définir les concepts pertinents pour
appréhender la réalité complexe et hétérogène du progrès
technologique sans pour autant rompre avec le concept de
fonction de production centrale dans la théorie néoclassique.
Croissance et développement humain

 L’endogénéisation du progrès technique conduit à tenir compte de la variation


qualitative des facteurs au cours du temps:
 Les caractéristiques du capital et du travail en 1970 ne pas les mêmes qu’en 2008.

 Eléments affectant la qualité des facteurs :

1. Education

2. Santé

3. Infrastructure

4. Institution politique

5. Recherche et développement
La théorie de la croissance endogène

 L’accumulation de différentes formes de capital est au cœur de la théorie de


la croissance endogène :
 Capital technique
 Capital humain
 Capital technologique
 Capital public
La théorie de la croissance endogène

 L’accumulation de capital sous toutes ses formes favorise :

 Les rendements croissants : la croissance peut donc se poursuivre


indéfiniment (exit l’état stationnaire)

 Les externalités positives


La théorie de la croissance endogène

 Les théoriciens de la croissance endogène proposent donc un modèle de


croissance auto-entretenue :

Accumulation Progrès
Croissance Croissance
de capital technique
Quels liens entre progrès technique
et productivité ?
 Innovation de procédé et productivité ?

 Innovation organisationnelle et productivité ?

 Innovation de produit et productivité ?

 Innovation de marché et productivité ?

 Innovation de MP et productivité ?
Quels liens entre productivité et
croissance ?
Gains de
productivité

Hausse des Hausse des Baisse des prix Hausse des


profits prélèvements salaires
étatiques

Hausse des Investissements Hausse de la Hausse de la


investissements publics compétitivité (export) consommation

Croissance de la production
Robert Lucas (prix Nobel en 1995)
 Robert Lucas souligne l’importance du capital humain pour la croissance.
 Capital humain: ensemble des dispositions durables dont l’acquisition et la possession
rendent les personnes plus productives dans leurs diverses activités
 Capital humain général: utilisable par tout
 Capital humain spécifique: compétences applicables dans une seule firme
 Un travailleur devient plus productif lorsqu’il accumule des connaissances et des
compétences, or celles-ci ne s’usent pas :
 le capital humain est un facteur cumulatif, qui présente des rendements croissants. Donc
un cercle vertueux est à l’œuvre : plus les individus obtiennent de nouvelles
connaissances et compétences, plus ils sont capables d’acquérir de nouvelles
connaissances de compétences.
 Robert Lucas se contente de développer l’idée qu’accumuler du capital humain permet au
travailleur d’être plus productif, mais nous pouvons aller plus loin :
 en accumulant du capital humain, un individu est capable d’innover, de créer des idées,
un savoir et des savoir-faire qui n’existaient pas auparavant.
142
Robert Lucas
 Son analyse est basée sur l'idée d'une croissance auto-entretenue, contrairement aux théories
antérieures, notamment celle de Solow (1956), qui expliquait la croissance par le taux d'épargne,
le taux de dépréciation du capital physique et le taux d'accroissement de la population active.
 Ces trois facteurs avaient en effet pour point commun d'être déterminés en dehors du modèle
(exogènes) et fixés une fois pour toute.
 Le caractère « auto-entretenu » de la croissance, dans la théorie de la croissance endogène est
possible notamment grâce à l'outil du capital humain qui permet de considérer le progrès
technique comme endogène.
 En effet, le progrès technique et l'innovation (mesurés par la productivité globale des facteurs)
sont le fait des chercheurs ou ingénieurs, qui sont eux-mêmes le fruit d'un investissement en
capital humain.
 De manière générale, l'épargne investie dans la formation des citoyens est un puissant
accélérateur de croissance.
 Le capital humain apporte de fait une grande partie de la solution du fameux « paradoxe de
Solow».
 Si les progrès évidents dans le domaine de l'informatique étaient difficile à voir dans les
statistiques, c'est en partie dû au temps dont ont besoin les travailleurs pour s'approprier les
nouvelles techniques de production, notamment par la formation.
143
Paul Romer
 Paul Romer met l’accent sur la recherche-développement, c'est-à-dire
l'accumulation de capital technologique.

 Pour innover, un chercheur utilise le savoir qui est disponible à son époque ; en
innovant, il accroît le savoir disponible pour les autres chercheurs, notamment
ceux des générations futures.

 Par conséquent, les dépenses de recherche-développement réalisées par une


entreprise lui permettent d’accroître sa productivité et d’innover ; grâce aux
externalités, elles profitent également aux autres entreprises.

 Donc un cercle vertueux est à l’œuvre : en innovant, une entreprise permet aux
autres entreprises d’innover.
144
La microéconomie de la R&D

 Les théories de la croissance endogène font beaucoup


appel à l’idée d’externalité de la connaissance.
 La connaissance est un bien public
 Son rendement social est supérieur au rendement privé
 Donc, problème d’incitation avec intervention du
public

 La micro-économétrie de de la R&D confirme bien


l’idée que le rendement social est deux à trois fois
supérieur au rendement privé (Griliches, Mansfield).
Mankiw, Romer et Weil

 Depuis le modèle de Mankiw, Romer et Weil, les nouvelles théories de la croissance ont contribué à
affiner la mesure du stock de capital humain et son rôle dans la croissance, en particulier celle des
pays en développement.
 Ce modèle distingue notamment l'accumulation du capital humain et l'accumulation du capital
physique.
 Il considère aussi le capital humain comme un ensemble de capacités, de compétences et de
connaissances des travailleurs individuels.
 Amartya Sen propose de voir dans la théorie des capacités un élargissement de la théorie du capital
humain. Il s'agit dans sa perspective de prendre en compte le rôle de l'éducation, sans se limiter à une
approche sur le marché du travail.
 La capacité commande l'accès à d'autres marchés, notamment ceux du logement et de la santé.
 La théorie de la capacité pense l'éducation à partir du pouvoir qu'à l'individu sur sa propre vie.
 Cette théorie semble plus adaptée à l'économie du développement que les théories de l'éducation
existantes centrées sur l'investissement en capital humain, le fonctionnement du marché du travail,
ou la gestion des systèmes éducatifs

146
Robert Barro
 Robert Barro souligne le rôle jouée par l’investissement public, c'est-à-dire
l'accumulation de capital public, dans la croissance :
les infrastructures publiques (routes, aéroports, éclairage public, réseau de
distribution d’eau, etc.) stimulent la productivité des agents privés et par
conséquent l’activité.
 Or, avec la croissance, l’Etat prélève davantage de taxes et d’impôts, donc il
peut financer de nouvelles infrastructures.
 Donc, un cercle vertueux est à l’œuvre : l’investissement public favorise la
croissance et la croissance favorise en retour l’investissement public.

147
Robert Barro
 Le progrès technique dépend donc des décisions volontaires et rationnellement fondées
des agents économiques d'investir dans différentes activités qui permettent l'émergence
de l'innovation. •
 Cette thèse de la croissance endogène remet en cause la théorie libérale néoclassique sur
plusieurs points :
 1er point : le processus de croissance est donc cumulatif et autoentretenu. Les
économies ne vont donc pas tendre vers un état stationnaire => la croissance endogène
contredit l’idée de la convergence des économies.
 2ème point : les pouvoirs publics doivent stimuler et encourager l'innovation et
l'accumulation de capital => politique structurelle à long terme:
 protéger l’innovation,
 Financer l'effort de R&D,
 réaliser des investissements publics,
 Inciter économiquement les agents (entreprises, ménages) à investir ou à chercher ou à
s’éduquer
148
Synthèse des principaux sources du
progrès technique
 Le capital humain, la recherche-développement et l’investissement public sont
donc sources de progrès technique.

 Bien que ces trois auteurs soient néoclassiques et se montrent réticents à


l’idée d’utiliser les politiques conjoncturelles pour stabiliser l'activité à court
terme, leurs théories suggèrent que l’intervention de l’Etat peut améliorer la
croissance à long terme.

 Ils préconisent donc des politiques structurelles (par exemple : développer les
infrastructures, favoriser l’éducation, stimuler la recherche-développement en
accordant des crédits d'impôt aux entreprises innovantes, etc.).

149
Croissance endogène vs. croissance
exogène

l’augmentation de la quantité utilisé de facteurs de


production

Vs
l’utilisation plus efficace des facteurs de production
existants
150
Dynamique, Crises et cycles économiques
 La dynamique macroéconomiques, marquée par l’accumulation du capital et la croissance
économique, n’est pas linéaire. Elle est sujette à des rythmes qui lui sont propres et qui
s’expriment en particulier par des crises économiques dont il convient d’analyser le caractère,
la spécificité, la nature…
 Au sens étymologique, le mot crise renvoie à un moment paroxystique dans l’évolution
d’une maladie. Il est cependant possible de dissocier les « petites » crises (dites
conjoncturelles) des « grandes » crises (dites structurelles), lesquelles remettent en cause le
modèle économique, à l’image de la crise de 1929 ou de la crise de 2007.
 Dans le langage économique, la crise désigne le moment de retournement de la conjoncture
économique, le temps de passage d’une période d’expansion ou d’essor assez soutenue à
celui d’un phase de dépression ou de contraction plus ou moins longue.
 L’observation des crises a permis de cerner leur origine, leur nature et leurs caractéristiques.
 Les monographies ont donné lieu à une interprétation en termes de cycles conjoncturels ou
cycles longs; puis une analyse des crises financières.

151
La crise dans le cycle Juglar
 Au XIXème siècle, l’économiste français Clément Juglar montra que l’activité
économique est constituée d’une succession de phases :

1) L’expansion,
2) La crise,
3) La dépression,
4) La reprise.

 Clément Juglar est frappé par la régularité de ces phénomènes et il considère que la
reproduction de ces phases se produit au cours des cycles d’une durée de huit ans
en moyenne.
 De fait, 13 cycles Juglar se sont produits de 1825 à 1938

152
Phase de dépression: 3
Phase d’expansion : 1 La baisse des prix, de la
production et des
Hausse de la production,
revenus se poursuit
des prix et des revenus
Dvpt excessif des crédits

PIB
Phase de crise : 2 Phase de reprise : 4
Retournement de Arrêt de la baisse
conjoncture des prix et des
revenus
Baisse des prix
Reprise de la
Réduction des
production
crédits
Recul de la
production
153

Durée du cycle : 8 ans


Cycles de court terme
 Parallèlement, d’autres cycles plus courts furent observés, les cycles mineurs
ou cycles Kitchin d’une durée moyenne de 40 mois, ainsi que des cycles
spécifiques à certaines activités: cycle de bâtiment, cycle agricole (cycle du
porc)....
 Cependant à partir de 1945, le phénomène ne s’observe plus de la même
manière dans les économies occidentales.
 Ainsi, aux périodes d’expansion, succèdent des périodes de récession
caractérisées, non par la réduction de la production, mais par la réduction des
taux de croissance.
 En outre, bien que des baisses de prix, notamment sur les produits de base,
puissent se produire, il n’y a plus, au cours des phases de stagnation
économique, de baisse du niveau général des prix.
 Au contraire, la persistance de l’inflation accompagne souvent la récession, on
appelle ce phénomène la stagflation. Enfin, on n’observe plus de périodicité
régulière des fluctuations.

154
Les cycles longs « Kondratiev »
 C’et en 1922 que l’économiste russe N.D Kondratiev met en évidence l’existence
de mouvements longs et concordants des prix et de la production (cycle d’une
durée moyenne de 50 ans environ).
 A ces variations de prix correspondaient des variations de même sens des profits
et de l’activité économique. Schumpeter a désigné ces ondes longues du nom de
« cycle kondratiev » ou plus simplement de Kondratiev.
 Les prix et la production connaîtraient une succession de périodes d’expansion
longue et de périodes de dépression longue, périodes encore désignées par
François Simiand de phase A et de phase B du Kondratiev.
 Les phases longues ascendantes (25 ans environ) sont liées à la mise en oeuvre
d’une ou de plusieurs grandes innovations : exemple de la machine à vapeur
(1780 - 1810/1817), du chemin de fer et de l’acier (1844/1851), (1870/1875), de
l’électricité, du moteur thermique et de la chimie (1890/1896), (1914/1920).
 Les innovations majeures donnent naissance à des branches motrices, elles sont à
l’origine de vagues d’innovations ou de grappes d’innovations qui sont copiées
par les entrepreneurs en dehors même des branches d’origine.
 Elles sont en effet l’occasion de profits supplémentaires et elles déclenchent de
nombreux investissements.
155
 Les phases longues de déclin (25 ans environ) succèdent aux phases ascendantes
lorsque les branches motrices liées aux innovations principales arrivent à maturité ou
entrent en déclin et lorsqu’il n’y a plus de possibilités nouvelles d’exploitation de ces
innovations.
 Il n’y a donc au cours de ces phases une raréfaction des occasions d’investissement et de
profit tandis que la concurrence entre les entreprises se fait de plus en plus destructrice.
 Trois Kondratiev ont été ainsi repérés dans l’histoire du capitalisme jusqu’à la seconde
guerre mondiale :

PHASE A PHASE B
1er Cycle 1789/1793 1816
1816 1847
2e Cycle 1847 1873/1874
1873/1874 1896
3e Cycle 1896 1920
1920 1945/1945

156
 La dépression longue des années 1970 – 1980, survenant après une période
de croissance accélérée d’environ un quart de siècle (les trente glorieuses)
tend à accréditer l’idée selon laquelle cette succession assez remarquable
constituerait les deux phases classiques d’un cycle long (4e cycle).

Phase A Phase B

4e Cycle 1945 1970


1970 1990-1991

 Entre 1991 et 2000, l’économie américaine a connu l’expansion


la plus longue depuis 1945, dépassant même celle de 1961 –
1969. Elle a été suivie d’une nouvelle récession et d’une phase
dépressive au début du XXI siècle.
 Certains n’hésitent pas à parler du 5e cycle Kondratiev.

157
 En dissociant les quatre grandes périodes suivantes (étalon or, l’entre
deux guerres, Bretton Woods, l’après Bretton Woods) et les quatre types de
crises (boursières, bancaires, cambiaires, jumelles), Bordo et al (2003),
Dehove (2003), Boucher (2003), Boyer, Dehove et Plihon (2004)… ont mis en
avant les résultats suivants :
 La fréquence des crises financières (bancaires ou cambiaires) s’est accrue
depuis l’abandon du système de Bretton Woods (1971).
 Ainsi la probabilité de subir une crise de change ou une crise bancaire
pendant la période 1973 – 1997 s’élevait à 10 ou 13%. On voit ainsi
réapparaître les crises bancaires et les crises doubles (bancaire et cambiaire)
 Les pays émergents (crise asiatique 1997-1998) sont touchés par les crises de
change et les crises jumelles (notamment ceux ouverts à la globalisation
financière).
 Il s’agit d’une combinaison de spéculation intense contre la monnaie
nationale (méfiance dans la stabilité du taux de change) et d’une vague de
défaillances bancaires (méfiance à l’égard de la liquidité ou de la solvabilité
des intermédiaires bancaires). On assiste ainsi à une contagion régionale et
une extension de l’espace géographique des crises
 Les crises boursières présentes dans les années 30, réapparaissent de
manière importante dans les années 2000 (valeurs technologiques en158 2001,
Subprime en 2007).
Fréquence des crises bancaires, crises de change, crises doubles : 1890-1997

14

12

10

8
Crises bancaires
Crises de change
6
Crises jumelles
Toutes crises
4

1880-1913 1919-1930 1945-1971 1973-1997 1973-1997


21 pays 56 pays

La fréquence des crises est égale au nombre de crises divisé par le nombre d’années multiplié par le nombre de pays pour
chaque période.
Source : Bordo et al (2001)
159
Fréquence des crises boursières aux Etats-Unis : 1900 - 2003

160
 Les crises financières ont un impact fortement récessionniste.
 Le FMI (1998) a estimé à 11.5% l’impact des crises bancaires récentes sur le PIB
des économies frappées et à 14% celui des crises jumelles.
1880- 1919 – 1945 –1973 – 1973 –
1913 1939 1971 1997 1997
21 pays 56 pays
Durée moyenne des crises (en années)
Crises de change 2.6 1.9 1.8 1.9 2.1
Crises bancaires 2.3 2.4 - 3.1 2.6
Crises Jumelles 2.2 2.7 1.0 3.7 3.8
Toutes Crises 2.4 2.4 1.8 2.6 2.5
Pertes cumulées de PIB
Crises de change 8.3 14.2 5.2 3.8 5.9
Crises bancaires 8.4 10.5 - 7.0 6.2
Crises jumelles 14.5 15.8 1.7 15.7 18.6
Toutes crises 9.8 13.4 5.2 7.8 8.3

161
Source : Bordo et al (2001)

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