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Cours de

l’économie
du Maroc
Part 1
Cours de l’économie Marocaine
Le Maroc…
Une monarchie constitutionnelle , le roi est le chef de l’Etat c’est celui qui règne et
gouverne.

Au Maroc, on assiste aux trois types de pouvoirs:


oLe pouvoir exécutif: Partagé entre le gouvernement composé des ministres et
secrétaires d'États et le palais
oLe pouvoir législatif: Partagé entre le gouvernement, et les deux chambres du
parlement ,
• La Chambre des représentants:
• La Chambre des conseillers:
oLe pouvoir judiciaire: La Cour suprême, son rôle est de contrôler la légalité des
décisions.
Objectif du cours
• L’économie, n’est pas un objectif intrinsèque, mais un moyen pour :
1- Améliorer le bien être social
2- Apporter des solutions aux problèmes majeurs comme : l’emploi, la
pauvreté et la cohésion sociale.

Son fonctionnement doit, à cet effet, être basé sur des structures qui lui
permettent de profiter au mieux des ressources du pays et des
changements de son environnement national et international.

• L’objectif de ce cours est donc, d’évaluer si les


structures fondamentales de l’économie
marocaine lui permettent de faire face à ces défis.
• Le point de départ de l’analyse de toute économie est ce qu’on
appelle « le tableau de bord ».

• Celui-ci reprend quelques indicateurs macroéconomiques


clés qui permettent d’appréhender de manière synthétique la
situation de l’économie.

• Il comprend :
- le taux de croissance de revenu par tête,
- le taux de chômage,
- le taux d’inflation et
- les soldes des balances internes et externes.
Plan du cours
Chapitre I- Sources de la croissance économique d’un pays
Chapitre II- Composition sectorielle de l’économie Marocaine
1- L’agriculture
2- L’industrie
3- Services
Chapitre III- Facteurs de production
1- Capital humain
2- Capital physique et investissement
Chapitre IV- Environnement institutionnel
1- Politique commerciale
2- Politique de change
3-Gouvernance et régionalisation
Introduction
• Depuis les années soixante, la croissance du revenu réel par
tête au Maroc ne cesse de se ralentir.

• Le taux d’accroissement annuel moyen du revenu par tête était


d’environ 4% pour la période 1960-1980, contre moins de 1%
dans les années 1990.

• Le taux de chômage, lui, suit une tendance inverse à celle du


revenu par tête et augmente constamment. Les statistiques les
plus fiables dont on dispose à cet égard concernent le milieu
urbain et remontent au début des années 1980.
Introduction
• Elles montrent une détérioration constante de la
situation, avec un taux de chômage qui passe
d’environ 12% en 1980 à 18% en 2004.

• Les taux de chômage des jeunes et des diplômés du


supérieur sont encore plus élevés et augmentent eux
aussi.
Chapitre I- Sources de la croissance de
l’économie
• Les Sources de Croissance de l'Economie vise
l'identification des facteurs qui déterminent
la performance d’une économie.

• L'objectif étant de quantifier l'impact de


chaque facteur pour établir des priorités en
termes de politiques publiques. 
L’activité économique
présentation de l’activité économique
Dans le cas d’une économie ouverte :
Un langage spécifique
L'approche de la comptabilité est une approche macroéconomique, c'est à dire
qu'elle ne saisit que des grandeurs agrégées. Les outils qu'elle emploie lui sont
propres, bien que certains rappellent ceux de la comptabilité d'entreprise.

Les termes à retenir sont les suivants :


• Le terme emploi recouvre l'utilisation qui est faite d'une ressource disponible
• L'investissement se nomme formation brute de capital fixe (FBCF). Il s'agit d'un
flux brute (on ne compte pas les machines mises au rebut), qui grossit un stock de
capital fixe.
• Pour les ménages, seul l'achat d'un logement est compté comme FBCF, l'épargne
financière étant un placement et non un investissement.
• L' amortissement macroéconomique correspond à l'usure du capital fixe estimé à
travers les " déclassements " des entreprises.

Un même bien peut avoir un emploi différent selon son utilisateur : ainsi l'achat d'une
automobile est une consommation finale pour un ménage et une consommation
intermédiaire pour une entreprise
Les trois types d'opérations
économiques
Les opérations sur biens et services :

• La production est l'activité économique socialement organisée consistant à créer des


biens et des services s'échangeant habituellement sur le marché et obtenus à partir
de facteurs de production s'échangeant sur le marché. On distingue généralement la
production marchande, de la production de services non marchands
• La consommation intermédiaire 
• La consommation finale 
• La FBCF
• Les importations de biens et services qui comprennent tous les biens neufs ou
existants, qui, à titre onéreux ou gratuit, entrent définitivement sur le territoire
national, en provenance du reste du monde, et tous les services fournis par des
unités non-résidentes à des unités résidentes.

• Les exportations qui comprennent tous les biens neufs ou existants, qui, à titre
onéreux ou gratuit, sortent définitivement du territoire national, à destination du
reste du monde, et tous les services fournis par des unités résidentes à des unités
non-résidentes. Les exportations de biens sont évaluées FAB (franco à bord)
• La variation de stocks.
Les trois types d'opérations
:
économiques
Les opérations de répartition

• Revenus et production : l'opération de production, qui crée une richesse


supplémentaire, est également à l'origine des revenus, qui sont répartis
entre les agents impliqués dans la production.

• Redistribution : ces opérations décrivent comment s'opère une nouvelle


répartition indépendamment de la production.

Les opérations financières : Les opérations financières sont les opérations liées
à la création et à la circulation des moyens de paiement. Elles portent sur les
créances et les dettes, qui sont matérialisées par les billets, la monnaie
métallique, les titres, les effets…

Toutes les opérations sur les biens et les services ou toute opération de
répartition comporte en général une contrepartie financière qui se traduit
par un transfert, de moyen de paiement ou la naissance d'un crédit. 
Objet de la comptabilité nationale
• La comptabilité nationale est une technique de synthèse des
données statistiques dont le but est de fournir une représentation
quantifiée de l'économie d'un pays.

• Description globale, elle vise à présenter l'ensemble des


phénomènes économiques dans un cadre comptable.

• Support de la mémoire collective en élaborant des séries longues,


elle est indispensable pour comprendre le passé de la nation.

• Nécessaire à une réflexion sur le futur, elle va permettre des


prévisions à court terme et à moyen terme :
Objet de la comptabilité
nationale
• A court terme, elle permet la prévision des budgets
économiques : chaque année, le ministère des finances présente des "
budgets économiques ", comptes prévisionnels pour l'année en cours et
l'année suivante.

• Ces budgets économiques sont indispensables à l'élaboration des


politiques économiques et plus particulièrement à la politique budgétaire.
Objet de la comptabilité
nationale
• A moyen terme, elle est un éclairage à la planification : la planification
est une prévision normative, fondée sur la détermination d'objectifs
économiques et de moyens nécessaires pour les atteindre.
outil : le budget général de l’Etat

• Le budget (ou loi de finances) qui détermine les dépenses et recettes de


l’État, est proposé chaque année en octobre par le Gouvernement au
Parlement.

• L'État dispose d'un budget qui lui permet d'assurer le fonctionnement des
services publics. Formé des dépenses publiques et des recettes publiques, le
budget constitue un instrument essentiel de la politique économique et
sociale de l'État.
outil : le budget général de

l’Etat
Le budget de l'État est constitué par l'ensemble des comptes qui
décrivent, pour une année civile (1er janvier au 31 décembre), toutes
les ressources et toutes les dépenses publiques.

D'un point de vue technique, c'est un document comptable.


Il est préparé en plusieurs phases :
 1ère phase : préparation gouvernementale (février à mai, année n)
 2ème phase : vote du budget par le parlement (octobre à décembre,
année n)
 3ème phase : exécution et contrôle (1er janvier au 31 décembre,
année n+1).

D'un point de vue économique, il constitue les dépenses et les recettes


de l'État
D'un point de vue politique, il révèle les options politiques du
gouvernement par l'évolution et la répartition des recettes et des
dépenses dans l'ensemble des domaines (économiques, sociaux,
éducatifs, culturels, etc.).
les recettes publiques
Les recettes de l'État proviennent pour l'essentiel des impôts ou recettes
fiscales, payés par les contribuables (90 % du total des recettes publiques).

Le reste (10 %) est assuré par les recettes non fiscales (recettes du domaine
de l'État, remboursements de prêts et avances, recettes exceptionnelles
des entreprises privatisées).

Il existe deux grandes catégories :


- les impôts directs : prélevés directement sur les revenus ou sur le
patrimoine ;
- les impôts indirects : payés par le consommateur et reversés à l'État.
les impôts directs

• l'impôt sur le revenu : environ 20 % des


recettes fiscales de l'État.
• Cet impôt est payé par les ménages sur leurs
revenus de l'année écoulée. C'est un impôt
progressif : les revenus sont découpés en
tranches ;

• l'impôt sur les sociétés : environ 15 % des


recettes
impôts indirects
• La TVA (taxe à la valeur ajoutée) : c'est l'impôt qui rapporte le plus à
l'État (plus de 40 % des recettes). Il est à la charge du consommateur qui
le paie au moment de ses achats.

• La taxe perçue par les commerçants est ensuite reversée à l'État.


les dépenses publiques
Les dépenses publiques classées suivant leur nature:

• les dépenses de fonctionnement ou dépenses courantes : la rémunération


des fonctionnaires occupe une place importante (près d'un tiers des
dépenses publiques),
• les dépenses d'investissement,
• les intérêts de la dette publique
• les dépenses d'interventions économiques et sociales.
Les budgets  un des
instruments de la politique
économique??
Politique économique

• La politique économique désigne l’ensemble


des décisions prises par le gouvernement afin
d’atteindre certains objectifs (relance de
l’économie, diminution du chômage...).
Pour rappel :
Politique économique

• Pour atteindre ces objectifs, les pouvoirs


publics disposent d’un certain nombre
d’instruments.
Les politiques économiques
Instruments

Politique budgétaire Politique monétaire

Objectifs

Cas d’expansion

Cas de récession
Politique de relance Politique de rigueur
La politique budgétaire

• Cas de récession :
L’Etat doit mener une politique de relance pour
redresser l’activité économique .

Keyns propose de relancer la demande globale


par :

• Réduire les recettes ( impôts)


• Augmenter les dépenses
Actions par les recettes

• D’impôts sur la consommation (TVA) prix demande globale

• D’impôts sur la production (IS) investissement emploi

chômage demande globale

• D’impôts sur le revenu (IR) Pouvoir d’achat demande globale


Actions par les dépenses

• Des dépenses d’équipement création d’emplois chômage

demande globale

• Des dépenses de fonctionnement traitements revenus

demande globale
La politique budgétaire
• Cas d’expansion:

L’Etat doit mener une politique de stabilisation qui consiste à décourager la


demande globale:

• Action par les recettes :


Augmenter les impôts afin de réduire les revenus disponibles des agents
économiques et par conséquent diminuer la demande globale.

• Action par les dépenses :


Freiner les dépenses publiques afin de bloquer la création d’emplois dans la
fonction publique et geler les traitements ce qui permettra de stabiliser
l’évolution à la hausse de la demande globale
Comment est mesurée la richesse
d’une économie?

La croissance économique

Le Produit intérieur brut


Le PIB : agrégat économique
• Le produit intérieur brut (PIB) est l'agrégat qui
représente la richesse créée au cours de l'année,
autrement dit, il mesure l'apport de l'activité de
production à l'économie nationale.

• Le PIB est la somme des valeurs ajoutées


générées par les différents agents économiques
et des droits et taxes à l'importation.

• Ainsi, l'évolution en volume du PIB mesure le


niveau de la croissance de l'économie
nationale. 
Le taux de croissance??
Quelles sont les sources de la
croissance économique?
• La croissance économique est, pour un pays, un enjeu de première
importance car c'est elle qui conditionne l'amélioration du niveau de
vie de ses habitants.

• Elle représente, pour les pouvoirs publics, l'objectif principal de la


politique économique.

• Ses origines restent difficiles à préciser.

• Certains économistes ont cherché à mettre en équation le lien


existant entre les facteurs de production:

 les input (le travail et le capital),


 la production réalisée, l'output.
La fonction Cobb-Douglas : facteurs
de production

Du nom de deux chercheurs américains, se


présente, sous la forme générale suivante :

Y = f (K,L)

La production (Y) est fonction des quantités


respectives de capital (K) et de travail (L)
utilisées par l'appareil de production.
Comment augmenter la quantité de travail?

•Augmentation de la population si les naissances sont supérieures


aux décès

• Un solde migratoire positif si l’immigration est supérieure à


l’émigration

•Augmentation du taux d’emploi des jeunes et des seniors

•Augmentation du taux d’emploi féminin

• Diminution du chômage

• Hausse de la durée du travail


Comment augmenter la quantité de capital fixe ?

• En investissant dans des biens d’équipements durables


Comment augmenter la productivité de travail?

•Leaming by doing (effet d’apprentissage plus on produit plus on apprend à


produire de manière efficace)

• Niveau d’instruction élevé (augmentation du capital humain)

• Accentuation de la division du travail

•Augmentation et rajeunissement du capital fixe (plus de machines)


Comment augmenter la productivité de capital ?

•Mieux utiliser les machines

•Progrès technique qui rend les machines plus efficaces


Le progrès technique

Les travaux d'autres économistes (notamment l'Américain


R. Solow ou les Français J.J. Carré, P. Dubois et
E. Malinvaud) ont montré que l'explication de la
croissance par l'accroissement des quantités de facteurs
ne permet de rendre compte que d'une faible part de la
croissance observée.

Il faut faire appel à des facteurs qualitatifs pour expliquer


ce que R. Solow appelle le « résidu » (part inexpliquée de
la croissance).
Le progrès technique
Ce résidu correspond, à ce qu'on peut désigner par l'expression
« progrès technique ».

Cette notion un peu vague recouvre tous les éléments qui, à quantités
de facteurs inchangées, permettent d'obtenir:

1- Un résultat productif plus efficace,


2- Une production supérieure,
3- Améliorer la productivité globale des facteurs de production
(connaissances scientifiques accrues, savoir-faire amélioré,
expérience, accroissement de la qualification de la main-d'œuvre,
technologies plus efficaces, meilleure organisation productive, etc.).
QUELLES SONT LES ORIGINES DU PROGRES TECHNIQUE?
La thèse du progrès technique exogène à la croissance :

Les néoclassiques et Schumpeter considèrent que la croissance économique de la


deuxième moitié du XXe siècle s’explique essentiellement par le progrès technique qui
augmente la productivité globale des facteurs (travail et capital).

Ce progrès technique est considéré comme exogène car il est extérieur au modèle et à la
croissance obtenue. Il s’agit d’un résidu non expliqué par le modèle de croissance.

Ce progrès technique dépend donc des découvertes (invention) et de leur application dans
le système productif (innovation) qui sont faites par des « entrepreneurs-innovateurs ».
QUELLES SONT LES ORIGINES DU PROGRES TECHNIQUE?
La thèse du progrès technique exogène à la croissance :

Cependant, pour les néoclassiques, la croissance et le progrès technique


butent sur les rendements décroissants. Il faut de plus en plus dépenser dans
la recherche-développement pour aboutir à de moins en moins
d’innovations.

En conséquence, tous les pays vont converger vers un état stationnaire. Les
pays en retard dans le développement vont adopter les techniques des pays
avancés et, peu à peu rattraper ces derniers. Ceci semble bien s’appliquer aux
pays émergents.
QUELLES SONT LES ORIGINES DU PROGRES TECHNIQUE?

La thèse progrès technique endogène à la croissance

Les nouvelles théories de la croissance (Romer, Becker, Barro, Lucas…)


inverse la relation entre progrès technique et croissance. La croissance
est la principale cause du progrès technique. Le progrès technique est
donc endogène à la croissance.
QUELLES SONT LES ORIGINES DU PROGRES TECHNIQUE?
La thèse progrès technique endogène à la croissance

En premier lieu, toute augmentation de la production se traduit par une meilleure


division du travail et par l’acquisition par les salariés de savoirs et de savoir-faire qui
augmentent leur productivité (Effet d’apprentissage ou « learning by doing »).

En second lieu, la croissance dégage des ressources supplémentaires qui vont pouvoir
financer la recherche. Il va en résulter une augmentation du stock de connaissances ou
du capital technologique qui débouche sur des externalités positives (tout le monde
profite gratuitement de cette accumulation de connaissances) et des rendements
d’échelle croissant (une innovation va donner naissance à une grappe d’innovations).
En troisième lieu, la croissance va permettre de financer des dépenses éducatives et de
santé de plus en plus importantes. Or, celles-ci permettent d’augmenter le « capital
humain » des travailleurs et donc leur capacité à mieux maîtriser le système productif.
Tout investissement dans l’éducation va se traduire par un taux de croissance plus élevé
que celui des dépenses éducatives. Les rendements d’échelle sont croissants.
Lu cadre institutionnel
• L'historien Douglass North, quant à lui, a montré l'importance du
cadre institutionnel dans le processus de croissance – par exemple, la
qualité de la gestion des administrations publiques et la capacité des
structures politiques à résister à la corruption.

• Il inclut également dans ce cadre la capacité du système juridique


(lois, règlements, tribunaux) à protéger les droits de propriété, ce qui
garantit aux agents économiques de pouvoir disposer librement des
biens qu'ils possèdent et d'arbitrer entre leurs usages, en ayant la
certitude de recevoir les bénéfices éventuels issus de leurs décisions.

• Une situation politique stable par exemple, ou une protection


rigoureuse des brevets protégeant l'innovation sont, selon D. North,
des incitations fortes à l'initiative et au dynamisme économique,
donc à la croissance de l'économie.
Relation entre les facteurs de production et la croissance
Relation entre les facteurs de production et la croissance

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