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La gestion de la trésorerie des

PME
Définitions et importance des PME

Contraintes de financement des PME

Appuis financiers aux PME

Perspectives de promotion des financements des PME


1- Définitions et importance
Pas de définition légale

 Critères quantitatifs : nombre d’employés, CA, total bilan.


 Critères qualitatifs : mode d’organisation, système de gestion…

 Pour la BM la PMI est toute entreprise dont l’actif net est inférieur
ou égal à 8millions de dh ;
 Pour le MCI, la PME est toute entreprise qui :
 emploi moins de 200 personnes ;
 réalise un CA de moins de 50 millions de dh.
 dispose d’un total bilan de moins de 40 millions de DH.
 réalise un coût de l’investissement de l’ordre de 75000 DH par
emploi
 n’a aucune participation d’un groupe dans son capital
Les PME jouent un rôle essentiel en matière de création de richesse, de lutte
contre le chômage et la pauvreté, de développement régional…

Cette population d’entreprises représente plus de 95% du tissu


entrepreneurial national, contribuent à 46% de l’emploi, à 28% du PIB…

Numériquement importante, la contribution socio-économique des PME


reste cependant largement en deçà des potentialités que peuvent faire
valoir ce genre d’entreprises.

Beaucoup de contraintes se dressent toujours devant la promotion de ces


entreprises en raison de la fragilité de leurs structures et de la faiblesse
de leurs moyens humains, techniques et financiers.

Ce qui se traduit par une insuffisance de leurs performances, une érosion


de leur compétitivité et par leur taux de mortalité élevé
2- La problématique de financement de la PME
Le problème de financement constitue la principale contrainte de
développement des PME et un important élément de blocage de leur
croissance.

Les PME rencontrent de grandes difficultés pour disposer de services


financiers appropriés et adéquats. En effet les enquêtes menées (MOURJI
1998, MADI 1999, BOUSSETTA 2002, …) ont démontré que le rôle du
système bancaire dans le financement de ce type d’entreprise est très faible.

Elles recourent généralement à leurs fonds propres et au secteur financier


informel.

Deux contraintes essentielles expliquent la répugnance des établissements


de crédit à financer ce genre de PME :
1ere contrainte d’ordre externe liée à la nature et aux caractéristiques des
banques. Les établissements de crédit évitent de prendre des risques excessifs
en matière de distribution de fonds.

Cette préoccupation s’accentue bien entendu quand il s’agit de la PME.


Pour ce prémunir contre ce risque supposé élevé, les banques exigent des
garanties réelles que la quasi-totalité de ces MPE est dans l’incapacité
d’offrir. Ce qui les exclut tout naturellement des financements bancaires.

Les établissements du crédit ont très peu d’expérience dans le domaine des
prêts à la PME en générale. Ils apparaissent souvent incapables et non
outillés pour faire la distinction entre les bonnes et les mauvaises
emprunteuses.
Pour contourner les difficultés qu’elles rencontrent pour évaluer les
risques courus au niveau de ces PME, Les banques leur alourdissement les
procédures et exigent d’elles d’importantes garanties : le nantissement du
fonds de commerce, du matériel de production, diverses assurances
(incendie, vol…) et même souvent une garantie hypothécaire.

La méconnaissance du milieu de la PME par les banques ainsi que les


frais élevés inhérents aux crédits à ce type d’entreprise (faibles montants,
coût de l’information…) font que le coût de traitement, de gestion et de
suivi des dossiers de crédit pour ces entreprises est extrêmement onéreux.
2eme contrainte d’ordre interne relative à la structure financière de ces
entreprises et à leur organisation interne.

Une structure financière déséquilibrée, une organisation centralisée et


personnalisée, le manque de transparence, un très faible encadrement…
ne font que renforcer les réticences des banques à financer cette
population de PME.

Celles ci se caractérisent tout d’abord par la grande faiblesse de leurs


fonds propres, ce qui constitue une contrainte majeure pour l’obtention
de financements bancaires.
Les dirigeants propriétaires sont très réticents quant à l’ouverture de leur capital à
d’autres personnes étrangères en raison du caractère familial de ces entreprises et
du souci de préserver l’autonomie financière en matière de gestion et de décision.

De plus l’absence de transparence dans la gestion à travers notamment


la manipulation des documents comptables et financiers, voire leur
inexistence, ne fait qu’effriter leur crédibilité et altérer leur image de
marque auprès des établissements du crédit.

Un déficit de confiance qui affecte sérieusement les relations banque –


PME et une grande incompréhension mutuelle.
3- Appuis financiers aux PME
Appuis financiers

Le financement par le marché boursier 

 Le financement des PME par le marché financier marocain est


pratiquement inexistant en raison de l’étroitesse de ce marché et
des conditions exigées pour y accéder.
 La création d’un nouveau marché réservé aux PME en 2001 et les
incitations fiscales et financières adoptées, n’ont pas encore permis
une certaine mobilisation des fonds sur ce marché par ne genre
d’entreprises.
 Le facteur institutionnel constitue aussi une importante barrière de
ces entreprises dans le marché boursier  en raison notamment de la
complexité des règles boursières et de l’insuffisance du dispositif
mis en place.
Le financement bancaire des PME

Les PME font appel au système bancaire qui représente leur premier
partenaire financier en dépit de ces réticences à assurer leur
financement.

 Les financements bancaires dédiés à la PME ont enregistré au cours des


dernières années un recul assez net. Ainsi entre 1996 et 2004, les crédits
à moyen terme octroyés par les établissements de crédits aux PME ont
chuté de 14.890 millions de dirhams à seulement 13.219 millions de
dirhams,

 Ceci qui représente une baisse de plus de 23% alors que la distribution
des crédits à moyen terme par le système bancaire durant la même
période a progressé de 6,8% par an en moyenne.
Ce dangereux recul apparaît plus significatif en termes relatifs puisque la part des
crédits à moyen terme accordés aux PME ne constituait en 2004 que quelque
7,5% de l’encours total des crédits à moyen terme distribués par les banques
contre 49,4% en 1996.

Cette érosion sans précédant du financement bancaire des PME s’explique


notamment par :

 - La prépondérance très nette des liquidités dans la structure financière des


banques. Les avoirs liquides et les placements à court terme constituaient
environ 71,1% de tous les actifs en 2004 contre 40,1% en 1996 ;

 - L’accroissement des créances en souffrance qui s’élevaient à 17,9% en


2004 contre 11,5% en 1996 ainsi que les grandes difficultés rencontrées de
plus en plus au niveau des tribunaux quant au règlement des contentieux ;

 - Le durcissement des conditions financières appliquées surtout en matière


de taux d’intérêt appliqués aux PME qui dépasse 12% TTC…
-Le financement par les lignes internationales bilatérales

Les lignes de crédit européennes réservées au PME/PMI se caractérisent par


leur sous utilisation manifeste. Ainsi par exemple, en 2004 la ligne
PME/PMI française n’a été engagée qu’à hauteur de 53%, la ligne espagnole
n’à été décaissée qu’à 37% et la ligne italienne qu’à 26%

Cette sous –utilisation s’explique essentiellement par la méconnaissance de


ces mécanismes de financement par la plupart des PME marocaines. Un
grand effort d’information et de communication s’avère nécessaire dans ce
domaine.

Dans ce cadre que la Banque Islamique de Développement a contribué au


financement des PME marocaines pour un montant de 1.897,45 millions
d’Euros pour la période 1976 – 2004.
Le financement alternatif des PME 

Les capitaux à risque ont été introduits au Maroc en 1989 à l’initiative de la


Banque Européenne d’Investissement (BEI).Celle ci a accordé au système
bancaire national 81 millions d’Euros sous forme de concours sur capitaux à
risque financés grâce aux ressources budgétaires de l’UE.

Depuis, plusieurs sociétés se partagent le marché du capital- risque


marocain qui connaît toujours un faible développement.

Jusqu’à fin 2004, le capital risque n’a contribué au financement que de


quelque 85 participations dont 20% sont réalisés par le trésor public et les
décaissements au titre de ce type de financement n’ont atteint qu’environ
31 millions d’Euros.
L’activité du capital risque au Maroc est encore liée à la finance
traditionnelle. De ce fait, il reste un sous – produit de l’activité commerciale
des banques.

Du coté des PME, ce dispositif financier apparaît peu adapté pour au


moins deux raisons principales :

- Les critères d’éligibilité des sociétés de capital –risque sont rigides. Leur
prise de risque est limitée souvent à l’accompagnement du développement
des PME ;

- La part des PME éligibles pour l’obtention d’un financement capital –


risque est très faible .Ceci s’explique par l’insuffisance de leur encadrement
financier et technique qui limite leur accès à ce type de financement.
Quant aux micros crédits, depuis leur introduction par le professeur
Muhammad Yunus et la création de la Gramen Bank en 1980, ce
financement solidaire a connu un grand essor à travers le monde.

Au Maroc, les 12 associations de micro crédit agrées ont réalisé, depuis


leur création plus de 2 millions de prêt totalisant 5,5 milliards de DH.
Elles servent plus de 450.000clients actifs dont 75 % de femmes avec un
taux de remboursement de 99

Ce type de financement reste encore en dessous des attentes et des besoins


des PME en raison notamment :
- D’une certaine rigidité des conditions d’éligibilité puisque la présence
d’une activité génératrice de revenu stable est de plus en plus exigée ;

- De la cherté de ce mode de financement dans la mesure où les taux d’intérêt


varient entre 15% et 30% et même plus ;

- Des contraintes imposées par la loi sur le micro – crédit qui limitent les
possibilités de diversification de l’offre des institutions de la micro finance
telles que la micro – assurance, le financement de projets nécessitant un
financement dont le montant dépasse 5000 dollars.
L’appui financier indirect aux PME : Les fonds et mécanismes de garanties

Dans l’objectif de desserrer la contrainte de financement des PME, l’Etat a


mis en place un ensemble de fonds et mécanismes visant la garantie des
crédits octroyés à cette population d’entreprises.

Cet appui s’est concrétisé par la création et le déblocage de fonds de


garantie à caractère général : FOGAM, FOMAN… et sectoriel : FODEP,
FORTEX…

- La Caisse Centrale de Garantie (CCG) a été crée à cet effet.


- Les garanties de financement des investissements accordées par la
Caisse Centrale de Garantie (CCG).
- Fonds de Garantie pour la Mise a Niveau «  FOGAM »
- Fonds de dépollution industrielle (FODEP)