Vous êtes sur la page 1sur 63

SCP OU SEL : Quelle forme sociale pour 

les professionnels libéraux ?


SCP ou SEL : quelle forme sociale pour les
professionnels libéraux ?

INTRODUCTION :

Pourquoi exercer en société ?

Trois types de motivations :

1/ Un projet d'association avec un confrère,

2/ Un projet d'entreprise libérale,

3/ Le désir de protéger son patrimoine privé et sa famille des


risques financiers de l’entreprise
SCP ou SEL : quelle forme sociale pour les
professionnels libéraux ?

Quels sont les outils juridiques pour exercer en société ?

1. Les groupements de moyens :


- sociétés civiles de moyens (SCM)

- les groupements d’intérêt économique (GIE)

- les contrats d'exercice à frais communs baptisés de manière diverse


selon les Professions.

Objectif : organiser des services communs (accueil, téléphone,


documentation...) ou de partager des équipements.
SCP ou SEL : quelle forme sociale pour les
professionnels libéraux ?

2. Les sociétés dites "de fait" (SDF) ou sociétés en participation


(SEP) :
Objectif : mise en commun des honoraires et répartition des bénéfices selon des
modalités convenues entre les associés.

Différence avec les sociétés d’exercice « classique » : chaque associé reste


propriétaire de son propre fonds libéral.

Montage préconisé : doubler ce type de structure d'une SCM qui pourra


contracter avec le personnel, le propriétaire des locaux, les fournisseurs... ; car les
sociétés de fait ou sociétés en participation sont dépourvues de "personnalité
morale" et ne peuvent donc prendre ce type d'engagement au nom des associés
SCP ou SEL : quelle forme sociale pour les
professionnels libéraux ?

3. Les sociétés d'exercice :

• SCP (SNC pour les pharmacies)


• SEL
• Sociétés de capitaux classiques : SARL, SAS, SA

Ces sociétés sont propriétaires du "fonds libéral ».

Différence majeure entre SCP/SNC et SEL tient à la qualité des associés


•  une SCP/SNC ne peut associer que des praticiens qui exercent en son
sein,
•  une SEL peut réunir des associés externes.
SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE

I - Historique et textes applicables

Création des SCP : loi n° 66-879 du 29 novembre 1966

Loi n° 2011-331 du 28 mars 2011 a assouplit les règles des SCP

But : permettre à des personnes physiques d'exercer en commun une même profession
libérale réglementée.

"profession réglementée » : professions libérales soumises à un statut législatif ou


réglementaire, ou dont le titre est protégé.

 Pour adopter le statut de SCP: 2 conditions cumulatives

profession libérale règlementée + publication d’un décret d’application pour ladite


profession
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Règles applicables :
 articles 1832 à 1870-1 du Code Civil,
 loi-cadre du 29 novembre 1966,
 décret d'application adapté à chaque profession.

Hiérarchie des textes : les articles du code civil s’appliquent s’ils ne


sont pas contraires à ceux de la loi particulière sur les SCP.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Décrets d'application – Sont autorisées à adopter le statut de SCP, les


professions libérales suivantes :
Administrateurs judiciaires et mandataires judiciaires : C. com., art. R. 814-109 à R. 814-144 ;

Architectes : Décret n° 77-1480 du 28 décembre 1977(JO 1er janv. 1978, p. 15) ;

Avocats : Décret n° 92-680 du 20 juillet 1992(JO 22 juill. 1992, p. 9799), modifié en dernier lieu par
le décret n° 2007-932 du 15 mai 2007 ;

Avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation : Décret n° 78-380 du 15 mars 1978(JO 23 mars
1978, p. 1260) modifié en dernier lieu par décret n° 2002-76 du 11 janvier 2002 ;

Chirurgiens-dentistes : C. santé publ., art. R. 4113-26 à R. 4113-101 ;


SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Huissiers de justice : Décret n° 69-1274 du 31 décembre 1969(JO 11 janv.


1970, p. 432) modifié en dernier lieu par décret n° 2009-452 du 22 avril 2009 ;

Infirmiers ou infirmières : C. santé publ., art. R. 4381-25 à R. 4381-88, modifié


en dernier lieu par décret n° 2006-393 du 30 mars 2006 ;

Masseurs-kinésithérapeutes : C. santé publ., art. R. 4381-25 à R. 4381-88,


modifié en dernier lieu par décret n° 2006-393 du 30 mars 2006 ;

Médecins : C. santé publ., art. R. 4113-26 à R. 4113-101 ;

Notaires : Décret n° 67-868 du 2 octobre 1967 (JO 6 oct. 1967, p. 9840),


modifié en dernier lieu par décret n° 2009-452 du 22 avril 2009 ;
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Commissaires aux comptes : C. com., art. R. 822-109 à R. 822-134 ;


Commissaires-priseurs judiciaires : Décret n° 69-763 du 24 juillet 1969 modifié en
dernier lieu par décret n° 2001-650 du 19 juillet 2001 ;
Conseils en propriété industrielle : CPI, art. R. 422-12 à R. 422-40 ;
Directeurs de laboratoire d'analyses de biologie médicale : C. santé publ.,
art. R. 6212-1 à R. 6212-69 ;
Experts agricoles et fonciers et experts forestiers : Décret n° 86-636 du 14 mars
1986(JO 20 mars 1986, p. 4746) modifié en dernier lieu par décret. n° 2010-959 du
25 août 2010 ;
Géomètres-experts : Décret n° 76-73 du 15 janvier 1976(JO 27 janv. 1976, p. 677) ;
Greffiers des tribunaux de commerce : C. com., art. R. 743-81 à R. 743-119 ;
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Vétérinaires : C. rur. pêche marit., art. R. 241-29 à R. 241-93.

ATTENTION

Les professions paramédicales autres qu'infirmiers et masseurs-


kinésithérapeutes (Sages-femmes, Pédicure-podologue,
Orthophoniste, Orthoptiste, Opticien-lunetier, Diététicien,
Audioprothésiste, Ergothérapeute, Psychomotricien) n'ont
toujours pas été expressément autorisées par décret à exercer la
profession en commun sous forme de SCP.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

II. - Constitution d'une société civile professionnelle

A - Conditions relatives aux associés

* QUALITÉ DES ASSOCIÉS

2 conditions cumulatives à respecter :

 personnes PHYSIQUES

 APTE à exercer la profession.

ATTENTION : certaines incompatibilités et interdictions frappent les associés.

Ex : un médecin biologiste ne peut pas s’associer avec des médecins d’autres disciplines
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

* NOMBRE D’ASSOCIÉS

 au moins deux associés.

 Pas de max. fixé par la loi-cadre mais les décrets d’application


applicables à chaque profession peuvent limiter le nombre d’associés.

Ex : 7 associés pour les sociétés entre géomètres-experts

10 associés pour les sociétés constituées entre infirmiers 


SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

B. - Conditions relatives aux apports

1° Formation du capital
 PAS de minimum
 Pas de maximum.
Montant et répartition des parts : La valeur nominale unitaire des
parts attribuées en contrepartie des apports ne comporte aucune
limite maximale.
Mais  tous les décrets d'application imposent une valeur minimale.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Ainsi, elle a été fixée à :


• 15,24 euros pour les architectes ;
• 15 euros pour les médecins et les avocats, les masseurs-kinésithérapeutes et
infirmiers ;
• 152,45 euros pour les notaires et pour les conseils en propriété industrielle ;
• 1 500 euros pour les experts agricoles, fonciers et forestiers.

La répartition des parts est faite en proportion des apports.

Les parts sociales doivent être souscrites en totalité.


SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

2° Les différents types d’apport


 Apport en NUMERAIRE
Versement minimal lors de la souscription prévu par les décrets
d’application de chaque profession.

 Apport en NATURE
• Peuvent faire l'objet d'apports en nature tous biens mobiliers ou
immobiliers nécessaires à l'exercice de la profession.
• Ce type d'apport doit faire l'objet d'une libération intégrale
immédiate
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

 Apport en INDUSTRIE

• Absence d'incidence sur le capital : Conformément au droit commun


des sociétés, les apports en industrie ne concourent pas à la formation
du capital.

• Attribution éventuelle de parts : Les apports en industrie peuvent


donner lieu à l'attribution de parts.

Les parts correspondant à des apports en industrie sont incessibles et


doivent être annulées lorsque le titulaire quitte la société pour quelque
cause que ce soit, y compris la dissolution de la société
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

C. - Conditions relatives aux statuts

1° Forme : ECRIT (SSP ou AUTH.)


2° Contenu :
Mentions obligatoires déterminées par chaque décret d’application.
• les nom, prénoms et domicile des associés
• dénomination sociale suivie ou précédée de la mention
« SCP », elle-même suivie de l’indication de la profession
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

• Siège social
• Durée
• Capital social avec indication de certaines mention
• Dirigeants avec indication des conditions de nomination et
révocation des gérants, leurs pouvoirs et la durée de leur
mandat.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Mode de valorisation des parts sociales :

Principe : valorisation est déterminée par expert désigné par les


parties ou à défaut d’accord entre elles par ordonnance du
président du tribunal.

Mais possibilité de prévoir dores et déjà, « à l'unanimité des


associés (…) les principes et les modalités applicables à la dé-
termination de la valeur des parts sociales »
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

D- « Naissance » de la SCP

 Acquisition de la personnalité morale : à compter de leur


immatriculation au RCS
 Mais cette immatriculation ne peut toutefois intervenir
qu'après l'agrément de la SCP par l'autorité compétente, ou
après son inscription sur la liste ou au tableau de l'ordre
professionnel
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

 III. – FONCTIONNEMENT DE LA SCP

 A – Gérance

Principe : tous les associés sont gérants

Exception : stipulation contraire des statuts

La gérance ne peut donc être exercée que par un associé.


SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

B- Décisions collectives

Principe : chaque décret détermine le mode de consultation des associés, les règles
de quorum et de majorité exigées pour la validité des décisions.

Modalités : AG, consultation écrite ou consentement unanime dans un acte. (Prévoir


ces modes de consultation dans les statuts).

Quorum :
• Sur première convocation, un quorum des trois quarts des associés, présents ou
représentés, doit être atteint.
• Sur deuxième convocation, l'assemblée peut délibérer si deux associés sont
présents ou représentés.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Majorité :

Principe : Les décrets propres à chaque profession prévoient, dans leur


ensemble, que les décisions collectives sont prises en principe à la majorité
des voix.

Exception : majorité renforcée des ¾ des associés exigée :

• en cas de modification des statuts ou du règlement intérieur ;


• en matière de transmission de parts sociales ;
• en cas de prorogation de la société ;
• en cas de dissolution anticipée de la société.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

C – Droit des associés

1° Droit aux bénéfices

Modalité de répartition :

Principe : En l'absence de disposition réglementaire ou de clause statutaire,


chaque associé a droit à la même part dans les bénéfices
 décret et/ou statuts peuvent prévoir des modalités de répartition
différente : répartition proportionelle à leurs parts sociales , ou sur la
base de critères professionnels, ou sur une base qui tient compte du
capital et du travail.
 Pour les professions médicales, la liberté n’est pas totale.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Conseil : procédé le plus équitable est de prévoir une répartition


des bénéfices qui prend en considération, à la fois la participation
au capital et le volume (et la qualité) de l'activité effective de
chaque associé.

Un arrêt remarqué a jugé toutefois que lorsqu'une pratique de


répartition inégalitaire des bénéfices, contraire aux dispositions
statutaires, a été suivie tout au long de la vie sociale, et ratifiée par
actes de dissolution et liquidation entre deux associés, un associé
ne peut pas demander la répartition égalitaire, conformément à
une clause statutaire. (Cass. 1re civ., 2 mars 2004)
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

D. - Obligations des associés

1° Participation à l'exercice en commun de la profession


 Participation effective : associés doivent une participation effective à cet
exercice en commun.
 Participation exclusive : tout associé ne peut être membre que d’une seule
SCP et ne peut exercer la même profession à titre individuel.

Toutefois, l'exercice individuel concurrent de la même activité demeure possible en


dehors de la société, pourvu qu'il ait lieu à titre gratuit.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

2° Participation aux pertes

Depuis la loi du 28 mars 2011 , les associés répondent seulement


indéfiniment et non plus indéfiniment et solidairement, des
dettes sociales (nées postérieurement au 29 mars 2011).

Comme auparavant, les créanciers de la société ne peuvent


poursuivre le paiement des dettes sociales contre un associé
qu'après avoir vainement mis en demeure la société et à la
condition de la mettre en cause.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

3° Responsabilité professionnelle
 Vis à vis de la clientèle, chaque associé demeure personnellement
responsable sur l’ensemble de son patrimoine des actes qu’il accomplit
 À cette responsabilité personnelle vient s’ajouter la responsabilité
SOLIDAIRE de la société

NB : quels que soient les changements intervenus par la suite dans la


composition de la SCP , cette responsabilité se transmet passivement à la
nouvelle société lui ayant succédé.

Obligation de souscrire une ASSURANCE DE RESPONSABILITÉ CIVILE


PROFESSIONNELLE
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

IV.- TRANSMISSION DES PARTS SOCIALES


A – Transmission entre vifs
1° Cession de parts par l’associé

Principes :

 Un associé peut toujours se retirer de la société en cédant ses parts sociales (L. 29 nov.
1966, art. 18, al. 1er).

 Cession au profit d’un associé entièrement libre, sauf clause contraire prévue par les
statuts

• Cession au profit d’un tiers : consentement des associés représentant au moins les trois
quarts des voix. Mais les statuts peuvent prévoir une majorité plus forte et même
l’unanimité.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

2° Retrait d'un associé. Remboursement de ses parts par la société


 Retrait volontaire de la société : la loi-cadre de 1966 prévoit qu'un associé
peut se retirer de la société en obtenant notamment de celle-ci le
remboursement de la valeur de ses parts.
 la société est donc tenue, soit de faire acquérir ses parts par d'autres
associés ou des tiers, soit de les acquérir elle-même, dans les conditions
déterminées par le décret propre à chaque profession.

(fixation du prix ou de la valeur de rachat : expert, ou méthode de valorisation déterminée par les
statuts)

 Modalité « administrative » du retrait : arrêté nécessaire parfois dans


certaines professions)
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

 Retrait forcé de la société :

Lorsqu'un associé est tenu de se retirer de la société (pour peine disciplinaire,


interdiction légale ou judiciaire),
 il se trouve contraint de procéder à la cession de l'ensemble de ses parts
sociales.

Cette hypothèse est traitée dans le cadre des décrets propres à chaque profession ;

Cette procédure d'ensemble n'est guère différente de celle qui régit le retrait
volontaire.

Ce qui la caractérise, c'est que l'associé se voit impartir un délai pour céder ses
parts (alors qu'en dehors de ce cas de retrait forcé, il prend sa décision de façon
discrétionnaire).
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

B. - Transmission par décès des parts sociales (ou remboursement


de celles-ci aux héritiers)
1° Impossibilité de transmissibilité de plein droit de la qualité d'associé

Les ayants-droits de l’associé décédé n’acquièrent pas, de plein droit, la qualité


d’associé mais ils peuvent céder les parts du défunt, ou, s'ils remplissent
conditions professionnelles, demander à entrer dans la SCP.

Si absence de demande d’entrée dans la SCP, alors ils ont la faculté de céder les
parts du défunt dans le délai fixé par décret qui court à compter du décès.

S’ils n’ont pas exercer leur faculté dans le délai imparti, la société ou les associés
leur remboursent la valeur des parts sociales.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Situation des ayants droit au regard des bénéfices :

Pendant le délai qui leur est imparti pour céder les parts de leur auteur, ils conservent
vocation à la répartition de bénéfices, dans les conditions prévues par les statuts.

La Cour de cassation vient d'apporter une solution inédite (Cass. 1er civ., 12 juill. 2012,
n° 11-18.453).

 La disposition légale concernant le droit aux bénéfices s'applique sans autre condition
que celles prévues par les statuts. Ce droit aux bénéfices est lié à la propriété des parts
et ne se perd qu'au jour du transfert de leur propriété

La C. de Cass. a même précisé, dans le cadre d’une demande de QPC, que la vocation aux
bénéfices des héritiers d'un associé d'une SCP, jusqu'à la cession ou au rachat des parts
de leur auteur, ne porte pas atteinte au droit de propriété des autres associés. (Cass.
1re civ., 9 déc. 2015, n° 15-18.771).
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

V. – ASPECT FISCAL ET SOCIAL


1° - Aspect FISCAL :
Principe : SCP relève de l’ IMPOT SUR LE REVENU

 Régime de la semi-transparence : Imposition se fait au nom des associés,


à raison de leur participation dans les bénéfices au titre des BNC

La quote part de résultat de chaque associé, qu'elle soit distribuée ou non,


sert de base pour le calcul de l’Impôt sur le Revenu, mais aussi pour le calcul
des charges salariales du RSI.
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

Exception : OPTION à l’IS (art. 206-3 CGI)

 Notification au service des impôts du lieu du siège social avant


la fin du troisième mois de l'exercice au titre duquel la société
souhaitait être assujettie pour la première fois à l'impôt sur les
sociétés.
 Option irrévocable
SOCIÉTÉ CIVILE PROFESSIONNELLE

2°. Aspect SOCIAL au niveau du gérant

Il est en principe soumis au régime social des travailleurs non-salariés.

Il cotise sur la part des bénéfices de la société qui lui revient.


SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 I.- TEXTES APPLICABLES


 Création : La loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 a créé un nouveau mode
d’exercice en commun des prof. Libérales : les SEL sous 3 formes : SELARL, les
SELAFA et les SELCA

 La loi NRE n° 2001-420 du 15 mai 2001 est ensuite venue étendre cette faculté
à la société par actions simplifiée (SELAS).

 La loi n° 2011-231 du 28 mars 2011 a libéralisé les règles de détention du


capital des SEL

 La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (dite « loi Macron ») a assoupli les


conditions d’ouverture du capital des SEL et a créé les société d’exercice pluri-
professionnelles
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

Règles applicables :

• pour les SELARL (SEL sous forme de SARL) : C. com., art. L. 223-1 à


L. 223-43 ;
• pour les SELAFA (SEL sous forme de SA) : C. com., art. L. 224-2, L. 225-
12 à L. 225-125 ;
• pour les SELAS (SEL sous forme de SAS) : C. com., art. L. 227-1 à
L. 227-20 ;
• et enfin, pour les SELCA (SEL sous forme de SCA) : C. com., art. L. 226-
1 à L. 226-14.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

Seules les professions règlementées pour lesquelles un décret d’application de la loi de


1990 a été publié peuvent constituer une SEL.

directeurs de laboratoire d'analyses de biologie médicale : CSP, art. R. 6212-72 à R. 6212-92


et R. 6421-2 ;

géomètres-experts : D. n° 92-618, 6 juill. 1992 ;

architectes : D. n° 92-619, 6 juill. 1992 ;

professions médicales (médecin, chirurgien-dentiste et sage-femme) : CSP, art. R. 4113-1 à


R. 4113-25 ;

professions paramédicales, auxiliaires médicaux : infirmier, masseur-kinésithérapeute,


pédicure-podologue, orthophoniste, orthoptiste, diététicien, psychomotricien : CSP,
art. R. 4381-8 à R. 4381-22 ;

commissaires aux comptes : C. com., art. R. 822-136 à R. 822-144 ;


SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

vétérinaires : C. rur., art. R. 241-94 à R. 241-103 ;

experts agricoles et fonciers et experts forestiers : C. rur., art. R. 173-54 à


R. 173-62 ;

pharmaciens d'officine : CSP, art. R. 5125-14 à R. 5125-24 ;

experts-comptables : D. n° 2012-432, 30 mars 2012, art. 196 et 197 ;

huissiers de justice : D. n° 92-1448, 30 déc. 1992 ;

commissaires-priseurs judiciaires : D. n° 92-1449, 30 déc. 1992 ;

notaires : D. n° 93-78, 13 janv. 1993 ;


SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

greffiers des Tribunaux de Commerce : C. com., art. R. 743-120 à R. 743-134 ;

avocats : D. n° 93-492, 25 mars 1993 ;

avoués aux cours d'appel : D. n° 93-362, 16 mars 1993.Remarque : Cette profession


n'existe plus officiellement depuis le 1er janvier 2012, mais la loi confère le titre
d'avocat aux anciens avoués.On notera de même que les avocats au Conseil d'État
et à la Cour de cassation relèvent d'un double statut (ils sont à la fois avocats et
officiers ministériels) et sont désormais autorisés à se regrouper en SEL ;

administrateurs judiciaires, mandataires judiciaires à la liquidation des


entreprises : C. com., art. R. 814-145 à R. 814-154 ;

conseils en propriété industrielle : CPI, art. R. 422-41 à R. 422-49.


SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 ATTENTION : NE sont PAS expressément autorisées par décret à


exercer la profession en commun sous forme de SEL, les
professions paramédicales :
• d'opticien-lunetier ;
• d'audioprothésiste ;
• d'ergothérapeute ;
• ou encore, d'orthésiste pour l'appareillage des personnes
handicapées.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 II. DISPOSITIONS COMMUNES GENERALES APPLICABLES A


TOUTES LES SEL
 Les SEL sont des sociétés par actions ou des SARL auxquelles
s'applique un certain nombre de règles dérogatoires
spécifiques, justifiées par le souci du législateur de préserver les
règles déontologiques propres à ces professions, et notamment
l'indépendance des professionnels et l'intuitus personae.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 Forme commerciale et objet civil

 Juridictions compétentes : juridictions civiles

 Bail professionnel
 Principe : SEL exclue de la réglementation des baux commerciaux

 Exception : SEL de pharmaciens


Obtenir l’accord exprès du bailleur pour la soumission
volontaire du bail à ce statut
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 II. – CONSTITUTION
A – DOMAINE
Les SEL sont réservées aux professions libérales soumises à un statut
législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé.
B- OBJET
 Exercice d'une profession libérale – Les SEL ont pour objet l'exercice en commun
d'une profession libérale réglementée et non la simple mise en commun de moyens.
 Elles ne peuvent accomplir les actes de la profession libérale que par l'intermédiaire
d'un de leurs membres ayant qualité pour exercer cette profession (V. n° 10 et n° 52 à
54 ).
 L'associé exerçant au sein d'une SEL exerce ses fonctions "au nom de la société »
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

B- OBJET

 Exercice d'une profession libérale – Les SEL ont pour objet l'exercice en
commun d'une profession libérale réglementée et non la simple mise en
commun de moyens.

 Elles ne peuvent accomplir les actes de la profession libérale que par


l'intermédiaire d'un de leurs membres ayant qualité pour exercer cette
profession

 L'associé exerçant au sein d'une SEL exerce ses fonctions "au nom de la
société »
 SEL pluri-professionnelle

 Par principe, les SEL sont mono-professionnelles.

 L’ordonnance n° 2016-394 du 31 mars 2016 : création des SEL ayant pour objet
l'exercice de deux ou plusieurs professions parmi les neuf suivantes  :
• avocat,
• avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation,
• commissaire-priseur judiciaire,
• huissier de justice,
• notaire,
• administrateur judiciaire,
• mandataire judiciaire,
• conseil en propriété industrielle
• expert-comptable
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 C – COMPOSITION CAPITAL SOCIAL

 1° Qualité des associés

 La loi de 1990 avait posé des règles impératives quant à la répartition du


capital social entre les 5 groupes de personnes suivantes :

• les personnes exerçant leur profession au sein de la société, et qui doivent


détenir la majorité du capital et des droits de vote ;
• les personnes exerçant la même profession hors de la société ;
• les anciens professionnels en retraite et leurs ayants droit ;
• les personnes exerçant une profession appartenant à la même famille de
professions libérales ;
• les autres personnes.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL
 Mais assouplissement des conditions d’ouvertures du capital des SEL aux professionnels extérieurs.

Et Spécialement pour les professions juridiques et judiciaires avec la LOI MACRON !

la Loi Macron s’affranchit de la prédominance de l’associé « exerçant » au profit de la collectivité des


professions concernées, sous deux angles :

1) Celui du contrôle de la la société qui peut appartenir :


 à des personnes exerçant une profession du droit relevant de l’objet social à l’extérieur de la société

 ou à tout professionnel exerçant une autre profession du droit,

 à toute personne physique ou morale légalement établie dans l'Union européenne, l'Espace
économique européen ou en Suisse qui exerce la profession constituant l'objet social de la société,
 une SPFPL détenue en capital et droits de vote par des personnes exerçant une profession juridique
ou judiciaire est désormais autorisée à contrôler une SEL relevant de l'une quelconque de ces
professions ;
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

2) Celui des attributaires possibles du complément (minorité de la SEL)

En définitive, la libéralisation accélérée du mode d'exercice des professions


juridiques et judiciaires repose sur un clivage entre deux catégories
d'associés :

 ceux qui exercent personnellement leur profession libérale au sein


de la SEL

 et ceux qui ne font que participer au capital de la SEL, sans y exercer


leur activité professionnelle.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

2° État de la composition du capital : Une fois par an, la SEL doit


adresser à l'Ordre professionnel dont elle relève un état de la
composition de son capital social.

a) Détention de la MAJORITE du capital et des droits de vote


PAR les professionnels exerçant dans la SEL
 Principe : majorité à la fois en capital et en droits de vote qui
peut être détenue soit directement par des professionnels
exerçant au sein de la SEL, soit indirectement par une SPFPL.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 Dérogations :

Pour les sociétés du secteur médical : plus de la moitié du SEUL capital social de la
SEL peut aussi être détenue par une SPFPL (donc le professionnel en exercice devra
continuer à y être majoritaire en droit de VOTE par rapport aux autres associés).

Pour les sociétés du secteur des professions du droit et du chiffre : plus de la


moitié du capital et des droits de vote de la SEL peut y être détenue par des
personnes, établies en France ou dans un autre État membre de l'UE ou partie à
l'accord sur l'EEE ou dans la Confédération suisse, exerçant hors de la SEL non pas
la profession constituant l'objet social de celle-ci, mais simplement l'une
quelconque des professions juridiques ou judiciaires.

En ce cas, la SEL devra au moins comprendre, parmi ses associés, une personne
exerçant la profession constituant son objet social.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

b) Détention du complément du capital


• Personnes physiques ou morales exerçant hors de la société la même profession

• Professionnels à la retraite : possibilité d’être associé minoritaire de la SEL dans


laquelle ils ont exercé pendant dix ans.

• Ayants droit des professionnels : possibilité de demeurer associé de la SEL


pendant un délai de cinq ans suivant le décès .

• Société constituée en vue du rachat de l'entreprise par les salariés et SPFPL

• Professionnels de la même « famille »

• Ressortissants professionnels de l'UE, EEE ou de la Suisse


SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBERAL

D – DENOMINATION SOCIALE

Librement choisie mais à la condition qu’elle soit précédée ou suivie des


mentions (SELARL, SELAFA, SELAS, SELCA) et de l’indicatIon de la PROFESSION et
du montant du CAPITAL SOCIAL.

E – « NAISSANCE » DE LA SEL
 Acquisition de la personnalité morale : à compter de leur immatriculation au
RCS
 Mais cette immatriculation ne peut toutefois intervenir qu'après l'agrément
de la SCP par l'autorité compétente, ou après son inscription sur la liste ou
au tableau de l'ordre professionnel
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

III. - Organisation et fonctionnement

A - Direction et administration
Principe : Tous les dirigeants d'une SEL doivent être pris parmi les associés exerçant
leur profession au sein de la société.

Sauf exception prévu par les textes (ex : si la SEL comprend un Conseil d’administration
ou un conseil de surveillance, l'organe de contrôle doit alors comprendre au moins un
membre, en exercice au sein de la société, de la profession constituant son objet social)
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

B – EXERCICE DE LA PROFESSION

La SEL ne pourra accomplir les actes d’une profession déterminée


que par l’intermédiaire d’un de leurs membres ayant qualité
pour exercer cette profession.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

C- Responsabilités
1° Responsabilité des associés : chaque associé répond sur l'ensemble
de son patrimoine des actes professionnels qu'il accomplit.

L'associé d'une SEL exerçant sa profession au sein de celle-ci demeure


personnellement responsable de ses actes professionnels.

2° Responsabilité de la société – La SEL, quant à elle, est doublement


responsable :
• à titre personnel, de ses dettes d'exploitation ;
• à titre solidaire, des actes professionnels accomplis par ses
associés.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 IV – ASPECT FISCAL ET SOCIAL


 A – Dispositions fiscales
 Principe : soumission à l’IS (article 206- 1 du Code général des
impôts)
 Sauf pour les SELARL unipersonnelles qui sont fiscalement
transparentes et qui relèvent de l'article 8 du Code général des
impôts, sauf option pour l'IS.
 Exception : OPTION pour le régime des société de personnes et
donc soumission à l’IR pour une durée limitée à 5 exercices à
compter de sa création (article 239 bis AB du CGI)
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

Conséquences de la fiscalité IS :
Les bénéfices sont imposés au niveau de la société elle-même à l’IS au taux de :
- pour les exercices ouverts à compter de 2017 : 15,5 % jusqu’à 38 120 euros, 28
% pour la fraction de bénéfice imposable comprise entre 38 120 et 75 000 eur., et
33,3 % au-delà
- pour les exercices ouverts à compter de 2018 : 15,5 % jusqu’à 38 120 euros,
28 % pour la fraction de bénéfice imposable comprise entre 38 120 et 500 000 eur.,
et 33,3 % au-delà
- Pour pour les exercices ouverts à compter de 2018 : 15,5 % jusqu’à 38 120
euros, 28 % au-delà.

Le Résultat net après impôt pouvant ensuite donner lieu à la distribution de


dividendes.
SOCIÉTÉ D’EXERCICE LIBÉRAL

 B – Rémunération des dirigeants

1° Principe :
 imposition dans la catégorie des traitements et salaires pour les dirigeants
relevant du régime général de la Sécurité sociale, sur le fondement de l'article 80
ter du CGI,
 et dans la catégorie de l'article 62 du CGI, qui renvoie au régime des traitements
et salaires, pour les dirigeants affiliés en cette qualité au régime social des
travailleurs non-salariés (RSI)

2° Exception : la rémunération du gérant de la SELARL unipersonnelle ainsi que les


sommes qu'il prélève en tant qu'associé unique relèvent des BNC, sauf option pour
l'IS.
SCP OU SEL : Quelle forme sociale pour les
professionnels libéraux ?:

CONCLUSION :
Choisir la forme d’une société d’exercice, c’est
finalement apprécier l’adéquation des
possibilités offertes par chaque type de société
aux besoins et objectifs des futurs associés,
aux besoins nouveaux de la société existante
et à la nature de l’activité de la société.
SCP OU SEL : Quelle forme sociale pour les
professionnels libéraux ?:

La SEL pour le développement d'une entreprise libérale

Dans certaines spécialités (Biologie, Radiologie,..) il est devenu nécessaire de


grossir pour être compétitif.

La SEL devient alors un outil à privilégier :


• -pour sa souplesse juridique, permettant d'associer au capital des
professionnels qui n'exerceront pas en son sein voire des non
professionnels (
• pour son régime fiscal, favorisant le financement du développement de
l’entreprise (constitution de réserves,...),
•  pour sa rigueur comptable, qui impose une parfaite transparence dans
les relations financières entre de nombreux associés.