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UNIVERSITÉ CHEIKH ANTA DIOP (UCAD) DE DAKAR

Faculté des Sciences Économiques et de Gestion

ANALYSE DES SYSTÈMES FINANCIERS

(Cours Masters-2) 

Prof. Mohamed Ben Omar NDIAYE


Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG)
Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar
e-mail: bendiaye@yahoo.com

Novembre 2017

1
Introduction générale

• Le secret de l’animation des marchés financiers tient à


l’existence d’agents aux attentes spontanément
opposées.

• En effet, certains d’entre eux disposent, compte tenu des


l’équilibre de leurs revenus et de leurs dépense, d’un
excédent de ressources (ce sont principalement les
ménages) c’est-à-dire d’une capacité de financement.

• De façon symétrique, d’autres éprouvent un déficit (ce


sont souvent les sociétés et parfois les administrations)
c’est-à-dire d’un besoin de financement.
2
Introduction générale (suite)

• Le financement de ce besoin peut être assuré :

– soit de façon direct par apport de capitaux des agents à


capacité de financement aux agents qui en éprouve le besoin.
Cette opération a généralement pour support des titres
négociables sur es marchés financiers ;

– soit de façon indirecte, des intermédiaires financiers


s’interposant entre les agents à capacité de financement dont
ils reçoivent les dépôts et les agents à besoin de financement à
qui ils octroient des prêts. Ce second processus est alimenté
par le crédit distribué par les intermédiaires financiers.
3
Introduction générale (suite)

• Le système financier a ainsi deux composantes :



– le marché, confrontation directe entre offre et demande
de capitaux et;
– l’intermédiation.

• Cependant, depuis deux décennies, on observe un


mouvement (la désintermédiation) vers la finance
directe qui entraîne le développement des marchés
financiers.
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Objectif du cours d’analyse des systèmes
financiers

• Le cours a comme objectif d’expliquer le fonctionnement des systèmes


financiers à travers l’analyse des points suivants :

– D’une part, il sera question, d’abord, donner une définition des systèmes
financiers et ensuite analyser les marchés financiers (typologie générale,
instruments, acteurs et efficience des marchés financiers), les intermédiaires
financiers (fonctions, catégories), le fonctionnement des marchés de capitaux,
la réglementation du système financier et le rôle joué par les systèmes
financiers dans le financement et le développement de l’économie.

– D’autre part, la globalisation des systèmes financiers sera analysée à travers


les mutations et le développement des marchés financiers, le Système
Financier International, les crises et la régulation financière internationale.

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PLAN

1ère Partie : Systèmes financiers, marché financiers et intermédiaires financiers

1.1- Définition et fonctions des systèmes financiers


1.2 - Les marchés financiers (typologie générale, instruments, acteurs et efficience)
1.3 - Les intermédiaires financiers (fonctions, catégories)
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux
1.5- La réglementation du système financier
Études de cas

2ème Partie : Globalisation des systèmes financiers


 
2.1 - La globalisation financière
2.2 - Le Système financier International
2.3 - Crises et régulation financière internationale
Études de cas
 

6
Références
Akerlof G.A (1970), « The market for lemons : quality Uncertainty and the market mechanism »,
Quarterly Journal of Economics, 84 pp. 488 – 500

Cabrillac et Rocher (2009), « Les marchés des titres de la dette publique dans les pays africains
en développement », Banque de France.

Denise Flouzat, Christian de Boissieu (2004), « Economie contemporaine : Les phénomènes


monétaires », 15ème Edition, Tome 2, PUF.

Frederic Mishkin (2008), « Monnaie, Banque et Marchés financiers », 8ème Édition, Nouveaux
Horizons.

Lima, Pascal (2012), « Economie bancaire et croissance économique », Edition Dunod

J. –L. Baillly et al. (2006), « Economie monétaire et financière », 2ème Edition, Bréal.

Stiglitz, J et Weiss A. (1981), credit rationing with imperfect Information », American Economic
Reviews.

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Objectif du cours d’analyse des systèmes financiers

• Les objectifs du cours d’analyse des systèmes financiers sont


multiples. Le cours a comme objectif d’expliquer le fonctionnement
des systèmes financiers. Les points suivants seront analysés :

– d’une part, il sera question, d’abord, donner une définition du système


financier et ensuite analyser les marchés financiers (typologie générale,
instruments, acteurs et efficience des marchés financiers), les intermédiaires
financiers (fonctions, catégories), le fonctionnement des marchés de
capitaux, la réglementation du système financier, le rôle joué par les
systèmes financiers dans le financement et le développement de
l’économie.

– d’autre part, la globalisation des systèmes financiers sera analysée à travers


les mutations et le développement des marchés financiers, le Système
Financier International, les crises et la régulation financière internationale.

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1.1. Définition et fonctions des systèmes
financiers

•  1.1.1. Définition

• Le système financier constitue le point de


rencontre (intermédiaire) entre agents à
capacité de financement (les prêteurs de
capitaux qui souhaitent obtenir une
rémunération à leur épargne) et agents à besoin
de financement (les emprunteurs qui cherchent
des fonds pour financer leurs investissements.

9
1.1.1. Définition

• Un système financier se définit ainsi par l'ensemble des


règles, des pratiques et des institutions (Bourses de valeurs,
banques, etc.) qui permettent de mobiliser des capitaux pour
les mettre à disposition d'agents à besoins de financement.

• Ces besoins correspondent pour l'essentiel à des projets


d’investissement d’entreprises, d'administrations ou de
particuliers.

• Par conséquent, leur satisfaction concourt à l'accroissement


de la capacité productive de l'économie.

10
1.1.1. Définition (suite)

• En d’autres termes, il est destiné:

– à mettre en relation l'offre et la demande de capitaux;

– et permet ainsi de transférer des fonds depuis les


agents économiques (ménages, entreprises,
collectivités publiques) qui épargnent, car leurs
dépenses sont inférieures à leurs revenus, vers les
agents économiques qui souhaitent emprunter, c’est-
à-dire dépenser plus que leur revenu.
11
1.1.2. Les fonctions des systèmes financiers
•  L’analyse du système financier repose sur la relation entre épargne
et investissement. La première qualité d’un système financier c’est
son aptitude à les mettre en relation.

• Il y a des aspects quantitatifs et qualitatifs.

• Un système financier comporte deux grandes catégories d’agents :

– Agents non financiers :


• A besoin de financement (emprunteurs ultimes, EU)
• A capacité de financement (prêteurs ultimes, PU)

– Institutions financières.

12
1.1.2. Les fonctions des systèmes financiers
(suite)
• Il emprunte deux types de circuits :

– Les circuits courts qui correspondent aux marchés de capitaux.

• Ils assurent le financement direct de l’économie en mettant en relation, directement, les


emprunteurs qui émettent des titres (actions, obligations, etc.) et les épargnants-
souscripteurs.
• On parle à ce propos de finance de marchés (ou finance directe).

– Les circuits indirects qui correspondent à l’intermédiation financière.

• Ils servent de lien entre les intentions d’épargne des uns et les besoins en capitaux des
autres.
• Ils assurent au sens de Gurley et Shaw, le financement indirect de l’économie, collectant
des ressources et accordant des financements traditionnellement sous forme de crédits.
• On parle à ce propos de finance indirecte ou intermédiée.
13
1.1.2. Les fonctions des systèmes financiers
(suite)
• Jusqu’au début des années 1980, la frontière entre finance directe et
finance indirecte était claire, les intermédiaires financiers ayant un rôle
prépondérant dans le financement de l’économie.

– Les mutations bancaires et financières des vingt dernières années ont conduit, dans
un premier temps, à une véritable explosion des marchés des capitaux, au
détriment de la finance intermédiée.

– En réaction, les agents financiers ont développé leurs interventions sur les
marchés, tant pour collecter des ressources que pour accorder des financements.

– Il en est résulté une imbrication croissante entre les deux composantes du


système financier, à tel point que le terme de « marchés de capitaux intermédiés »
a fait son apparition, traduisant le rôle essentiel des intermédiaires financiers dans
le fonctionnement, l’essor et les transformations des marchés de capitaux.
14
1.1.2. Les fonctions des systèmes financiers (suite)

• En pratique, les plus importants agents à capacité de financement sont les ménages
tandis que les plus gros emprunteurs sont les entreprises, les États et certaines
administrations publiques.

• Mais il existe nombre de ménages emprunteurs et des entreprises ou des collectivités


publiques (et même des États) prêteuses.

• D’ailleurs, les mêmes agents peuvent être à la fois emprunteurs et prêteurs:

– une entreprise peut à la fois emprunter sur le marché obligataire et faire crédit à ses clients;

– de sorte que la distinction théorique entre agents à capacité de financement et agents à besoin
de financement est plus utile en macroéconomie que dans l’analyse microécomique des
opérations financières, où l’on parle plutôt de préteurs (ou d’investisseurs) et d’emprunteurs.
•  

15
1.1.2.1. Les voies de drainage (aspect qualitatif) – (suite)

• Pour se financer, un emprunteur ultime émet


des promesses qu’on appelle des titres
primaires.

• Un titre primaire est une promesse émise par


un agent à besoin de financement.

• L’ensemble de ces titres constitue la dette


primaire, qui traduit le nouvel endettement
dans l’économie.
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1.1.2.1. Les voies de drainage (aspect qualitatif)

• Ces titres primaires sont placés:

– soit auprès des prêteurs ultimes (Agents à capacité de financement)


par le biais des marchés de capitaux;

– soit ils sont acquis par des institutions financières, qui se financent
elles-mêmes en émettant d’autres promesses en direction des PU
qu’on appelle titres indirects.

• L’ensemble de ces titres constitue la dette indirecte. Elle ne
s’ajoute pas à la dette primaire, elle ne fait que traduire une
modalité de placement des titres primaires.
17
1.1.2.1. Les voies de drainage (aspect qualitatif)
(Suite)

• Figure 1. Les flux de fonds au sein du système financier


18
1.1.2.2. Le recours aux marchés de capitaux

• Il n’y a pas de contact entre les emprunteurs ultimes


et les préteurs ultimes (Échange de promesses).

• La liquidité se réalise sur le marché. Le marché est


tout d’abord un principe d’organisation :
– il permet de standardiser c’est-à-dire de préciser des
caractéristiques (ici des promesses).

– Il permet également d’économiser des coûts de


transaction, et surtout des coûts d’information. Pour
certains, c’est le plus parfait des systèmes de collecte des
informations.
19
1.1.2.2. Le recours aux marchés de capitaux (suite)
• Le marché sur lequel on émet de nouvelles promesses s’appelle le marché primaire
ou encore le marché de l’émission, ou le marché du neuf.

• Le marché secondaire, appelé également le marché des transactions ou de l’occasion.


C’est le marché sur lequel on échange des promesses déjà émises : elles ne font que
changer de mains. Ce marché secondaire ne se traduit pas par un financement
supplémentaire de l’économie. Il sert à deux choses :
– C’est sur ce marché que s’effectue la cotation. La cotation constitue une appréciation
permanente de la qualité d’un emprunteur, c’est-à-dire que celui-ci a émis des promesses à un
moment donné. Aujourd’hui ces promesses valent la cotation.

– C’est ce marché qui permet à tout moment le retour à la liquidité : on renonce à sa liquidité en
échange de promesses et on peut les revendre. La rigueur d’un marché secondaire est un gage
de succès pour le marché primaire. Le marché secondaire est donc nettement plus vigoureux.

• On prête à cette voie de drainage de nombreuses qualités : celles que l’on prête aux
mécanismes du marché à savoir une forte rationalité des agents et un régime de
concurrence pure et parfaite.
20
1.1.2.2. Le recours aux marchés de capitaux (suite)

• L’emprunteur ultime émet des titres primaires donc ils figurent au passif. Ces
promesses sont acquises par le préteur ultime, donc ils figurent à l’actif.
 
• La dette de l’un est égale à la créance de l’autre.

• En cas de défaillance de l’emprunteur, le prêteur est directement et


intégralement exposé.

– Il est directement exposé puisque l’échange est personnalisé et il est intégralement


exposé car le titre primaire figure en entier à son actif.
 
– Le risque peut être géré : transféré sur un autre, dissocié (on va séparer les risques
de défaillance et les risques de taux), éclaté en plusieurs.

21
1.1.2.3. L’intermédiation financière.

• Une institution financière vient s’intercaler dans la relation entre le prêteur


ultime (PU) et l’emprunteur ultime (EU), c’est-à-dire qu’elle acquiert une
partie de la dette primaire et elle se finance elle-même par une dette
indirecte.

• Sauf exception, cette institution n’intervient pas gratuitement.

• Il y a donc un coût qu’on appelle le coût d’intermédiation.

• Le coût étant identifié, il y a plusieurs avantages classés en trois catégories :


– elle rend de nombreux services;
– elle permet de mieux gérer le risque et;
– elle fait quelque chose d’indispensable que ne fait pas l’autre voie, c’est la
transformation.
•  
22
1.1.2.3. L’intermédiation financière (suite)

• L'intermédiation financière rend de nombreux services.

– Permet des économies d’échelle. Les institutions financières effectuent de très


nombreuses opérations :

• Tous les jours, elles traitent de nombreuses promesses et donc leur coût de fonctionnement est
réparti sur un grand nombre d’opérations.

• Le coût intermédiaire d’une opération se révèle faible.

– Elle permet également des économies d’envergure (ou de gamme).

• On parle d’économie de gamme quand on peut traiter plusieurs activités avec une même logistique.

• Par conséquent, le coût de cette logistique est d’autant mieux réparti.

• Une institution financière entretient des relations suivies avec sa clientèle :

– Elle gère plusieurs comptes donc elle peut procéder à des recoupements, utiliser une mémoire et donc utiliser un
conseil ciblé.

– Alors que sur le marché, le conseil est isolé. 23


1.1.2.3. L’intermédiation financière (suite)

• L'intermédiation financière permet de mieux gérer le risque:

– Pour certains, cette incertitude est radicale, c’est-à-dire qu’elle correspond à


l’impossibilité de prévoir exactement l’avenir.

• La seule chose rationnelle à faire c’est de faire des paris à la hausse ou à la baisse en ce qui
concerne l’évolution d’une variable tout en considérant qu’on ne peut pas avoir raison tout
seul et donc il est judicieux de chercher à prévoir la tendance moyenne.

– Cette incertitude est probabilisable : on peut la traiter avec les lois de probabilité.
Les individus sont caractérisés par une certaine appréhension du risque :
• certains n’aiment pas le risque et cherchent à le neutraliser (=herger). D’autres au contraire
aiment le risque car ils savent que c’est en prenant des risques qu’on fait la différence
(=trader).

– Personne en principe n’accepte de prendre un risque plus important s’il n’est dans
le même temps assorti d’une rémunération plus élevée. C’est la notion de prix de
risque.
24
Conclusion
• D’un point de vue institutionnel, on envisage un système financier comme
une modalité d’adaptation.

• Il repose sur une organisation structurée autour de grands acteurs que sont
les institutions financières (activité de crédit, de placement, intervention sur
les marchés financiers,…).

• Il implique également l'existence de multiples plateformes et de systèmes


informatisés efficients.

• Des règlementations spécifiques lui sont applicables avec la présence


d'autorités de régulation (Banque Centrale, Autorité des Marchés Financiers,
…) qui veillent au respect des règlementations par les différents intervenants.

• Le bon fonctionnement du système financier repose en grande partie sur la


confiance et la réputation que peuvent se porter ses différents intervenants.
25
Conclusion
• En définitive, le système financier remplit ainsi une
fonction importante dans l’économie :

– En permettant aux agents à capacité de financement de prêter


leur épargne aux agents à besoin de financement, il permet de
mieux satisfaire les uns et les autres.

– On considère ainsi qu’il permet une amélioration de l’efficacité


de l’allocation des ressources au sein de l’économie, qui améliore
le bien-être et, en général, l’investissement et donc la croissance.
•  
•  
26
Conclusion

• On a d'ailleurs fait valoir depuis longtemps (notamment


depuis les contributions de Raymond Goldsmith [1969]
et de John Gurley et Edward Shaw [1955]) qu'il existait
une relation entre le niveau de développement d'une
économie et celui de son secteur financier.

• Le sens de la causalité reste toutefois difficile à


déterminer, car il se peut que ce soit l'évolution du
revenu ou de la richesse qui provoque l'extension des
activités financières..

27
Conclusion
• Il existe sans doute une interdépendance entre les deux
phénomènes ; la question a donné lieu à une abondante
littérature (notamment Ross Levine, 1997).

• Mais, au bout du compte, on peut raisonnablement admettre


que:

– le développement du système financier est un facteur de croissance


important, du moins jusqu’à un certain stade car,

– l’histoire récente des économies avancées montre qu’une expansion


excessive de la finance peut être contre-productive.

28
Conclusion

• Il faut ajouter que le système financier affecte aussi la


distribution des revenus et des richesses au sein de
l'économie.

• On voit bien, en effet, que les conditions d'accès au crédit


peuvent influer sur les inégalités.

• Selon que l'offre de financement s'adresse à des agents


présentant des garanties (donc déjà riches) ou qu'elle touche
une gamme plus large d'emprunteurs, elle est de nature à
faire diverger ou converger les situations individuelles

29
1.2.- Les marchés financiers (typologie générale,
instruments, acteurs et efficience)
 
1.2.1. Typologie générale et organisation des marchés financiers

1.2.1.1. Marché monétaire et marché des capitaux (ou des valeurs mobilières)

• Le marché monétaire est le marché des capitaux à court terme. C’est un marché
financier sur lequel, seuls les instruments à court terme (dont l’échéance originelle
est inférieure à un an) sont échangés, cela en contrepartie de liquidités.

• Le marché des capitaux se voit au contraire s’échanger les titres à plus long terme et
les actions.

• Les instruments à court terme sont, en général, beaucoup plus échangés que les
titres à long terme, de sorte que le marché monétaire est souvent plus liquide.

• Par ailleurs, les prix des titres à court terme fluctuent généralement moins que ceux
des titres à long terme, ce qui en fait des placements plus sûrs.   30
1.2.1. Typologie générale et organisation des marchés financiers (suite)

• 1.2.1.2. Marché primaire et marché secondaire

• La durée de vie de titre représentatif d’un emprunt ou d’une fonction de capital (action)
commence sur le marché primaire. Son cycle de vie peut se suivre par son rachat sur le
marché secondaire.

• Le marché est primaire et celui des émissions de titres.


– Il est le marché financier sur lequel les nouvelles émissions de titres, actions ou obligations sont
proposées par les sociétés ou les États émetteurs à des acheteurs appelés souscripteurs.
– Il se caractérise par des procédures, des exigences comptables et d’information ainsi que par une
organisation qui permettent à une valeur de bénéficier d’une admission à la cote, c’est à dire d’être
introduite sur le marché.

• Le marché secondaire est quant à lui, un marché financier sur lequel s’échangent des
titres précédemment émis (et donc de seconde main).
– Le processus de négociation sur le marché secondaire : acheminer un ordre, le confronter le
confronter avec des ordres inverses, produire un prix d’échange (cotation), assurer le règlement
des espèces sur le compte du vendeur et la livraison des titres sur celui de l’acheteur.
– Ce processus peut être réalisé pour tout ou partie par l’informatique.
31
1.2.1. Typologie générale et organisation des
marchés financiers (suite)
1.2.1.2. Marché primaire et marché secondaire (suite)

• La bourse est le lieu de rencontre de l’offre et de la demande de


capitaux, à l’occasion de nouvelles émissions ou d’introductions en
bourse ainsi qu’en ce qui concerne les opérations sur le marché
secondaire.

• Le New York Stock Exchange (Wall Street), la bourse de Tokyo, (Kabuto


Cho), le London Stock Exchange et les Euronext (qui réunit les Bourses
de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne), sont les plus importants
marchés boursiers monde en ce qui concerne les actions.

• Il existe d’autres marchés secondaires ou sont cotées les devises, les


opérations à terme et les options.
32
1.2.1. Typologie générale et organisation des
marchés financiers (suite)
• 1.2.1.3. Marchés organisés (réglementés) et marchés de gré à gré

• En l’absence de marché boursier organisé, se constituent des marchés


de gré à gré ou over-the-counter (OTC) conclus entre offreurs de
capitaux émetteurs.

• Le marché réglementé comporte un règlement général de marché


édicté par une entreprise de marchés (Euronext par exemple) et agréé
par les régulateurs (Autorité des marchés financiers, AMF par exemple).

– Les transactions sont organisées par une chambre de compensation.


– L’objectif est la protection des émetteurs et des souscripteurs ainsi que celle
des investisseurs, grâce à la bonne organisation des émissions la sécurité des
transactions.
33
1.2.1. Typologie générale et organisation des marchés
financiers (suite)
1.2.1.3. Marchés organisés (réglementés) et marchés de gré à
gré (suite)

• Aujourd’hui, les actions de grandes sociétés sont en général


cotées sur des marchés organisés comme le NYSE ou Euronext.

• Aux Etats unis, les actions de beaucoup de petites et moyennes


sociétés sont cotées sur des marchés de gré à gré comme le
NASDAQ (National Association of Securities Dealers Automated
Quotation System).

34
1.2.1. Typologie générale et organisation des marchés
financiers (suite)
1.2.1.4. Marchés de dettes et marchés de fonds propres

• Une entreprise peut obtenir des fonds sur un marché


financier de deux manières:

– La première, et la plus simple, est d’émettre un titre à revenu fixe,


représentatif d’une dette, par exemple une obligation ou une
hypothèque.

– La seconde manière de lever des fonds sur le marché financier est


d’émettre des actions ou des parts sociales ; le produit de
l’émission entre alors dans le fonds propres de la société car es
actions sont des fraction de son capital.

35
1.2.1. Typologie générale et organisation des marchés
financiers (suite)
1.2.1.4. Marchés de dettes et marchés de fonds propres (suite)

• Le principal inconvénient de détenir des actions plutôt que des obligations est que
l’actionnaire est un bénéficiaire résiduel (residual claimant).
– En effet, la société doit payer tous ses créanciers avant d’effectuer un versement à ses
actionnaires.

• L’avantage des actions, en revanche, est que l’actionnaire bénéficie directement de


tout accroissement des bénéfices de l’entreprise ou de la valeur de ses actifs, en
proportion de la part qu’il détient dans le capital de celle-ci.

• Les actions et les obligations:

– Représentent pour l’investisseur des placements alternatifs en valeurs mobilières qui


entrent, selon ses choix financiers, en proportion variable dans son portefeuille d’actifs.

– Elles représentent également deux instruments possibles de financement pour les


entreprises.
36
1.2.2. Les instruments des marchés financiers

1.2.2.1. Les instruments du marché monétaire

• Généralement, le marché monétaire comprend un marché


interbancaire, un marché des titres de créances négociables un
marché de swaps de taux.

– Le marché interbancaire est dominé par:


• Les opérations « au jour le jour » réalisées de gré à gré sans garantie par les
banques, à partir desquelles est établit quotidiennement le taux de référence
du marché monétaire (l’EONIA, ou Euro Overnight Index Average).

• Outre ces opérations « en blanc » (sans garanties), les opérations interbancaires
s’effectuent aussi de manière croissante sous forme de pension livrée
s’appuyant sur lui les valeurs du Trésor.
•   37
1.2.2. Les instruments des marchés financiers (suite)
1.2.2.1. Les instruments du marché monétaire (suite)

• Le marché monétaire a connu de profondes transformations dans


pour les pays au cours des dernières décennies, de nouveaux
instruments sont apparus tandis que d’autres voyaient leur
importance décroître fortement.

• Les principaux instruments sont :

– le marchés des bons du Trésor (Treasury bills);


– la mise en pension;
– les certificats de dépôt;
– les billets de trésorerie (BT) ou commercial paper;
– les swaps de taux;
– les acceptations bancaires. 38
1.2.2. Les instruments des marchés financiers (suite)
1.2.2.2. Les instruments du marché des capitaux

• Les instruments du marché des capitaux sont les actions et tous les titres de
dette de maturité supérieure à un an.

• Leurs prix fluctuent davantage que ceux des instruments du marché


monétaire, et ils constituent des placements plus risqués.

• Les instruments du marché des capitaux les plus couramment utilisés


aujourd’hui dans le monde sont :

– les actions;
– les obligations d’État;
– les obligations privées;
– les obligations hypothécaires;
– les crédits aux entreprises et aux particuliers. 39
1.2.3. Les acteurs des marchés financiers

• Les marchés financiers sont animés, organisés et


surveillés par de nombreux acteurs.

• Parmi eux, on distingue non seulement les


participants directs aux marchés, les émetteurs et
investisseurs, ainsi que les intermédiaires financiers,
mais aussi les intermédiaires d’informations.

• Enfin des autorités publiques assurent la


surveillance et la régulation de l’ensemble des
marchés.
40
1.2.3. Les acteurs des marchés financiers (suite)
•  1.2.3.1. Les participants aux marchés : les investisseurs,
émetteurs et intermédiaires financiers

• Tous les agents financiers ou non peuvent participer aux


marchés financiers à divers titres : émetteurs acheteurs de
titres, professionnels des métiers de la finance.

• On peut les classer selon leur degré d’activité :


– participants actifs (particuliers lorsqu’ils investissent);
– participants dits de référence (grandes entreprises qui émettent
des titres et en achètent pour effectuer des placements);
– participants institutionnels (établissements de crédit, sociétés
d’assurance, OPCVM, fonds de pension).
41
1.2.3. Les acteurs des marchés financiers (suite)
1.2.3.1. Les participants aux marchés : les investisseurs, émetteurs et
intermédiaires financiers (suite)
• Parmi les participants les plus actifs, on note :

– Les entreprises de marché (la Bourse) :

• Les entreprises animant les marchés réglementés qui sont des entreprises concurrentielles qui
cherchent à partir de leur cote le plus grand nombre d’intermédiaire et d’investisseurs ;
• Les réseaux alternatifs qui assurent la négociation de valeurs mobilières de manière totalement
automatisée par Internet (ECN, Electronic Commerce Network, ATS, Alternative Trading System).

– Les établissements de crédit et les entreprises d’investissement, reconnus (par


l’Autorité des marchés financiers).
– Les investisseurs opérant une gestion collective :
• Les collectivités disposant de fonds importants (Compagnies d’assurances, Caisses de retraite,
Caisses des dépôts, etc.) ;
• Les fonds de pension ; les Hedge funds ;
• Les organismes qui ont pour rôle le placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM, à savoir
SICAV et FCP).
42
1.2.3. Les acteurs des marchés financiers (suite)
1.2.3.2. Les intermédiaires d’information
• Ces intermédiaires ont été mis en évidence, à nouveau dans
l’analyse des marchés, à l’occasion de la crise de confiance envers
les marchés qui est née des scandales post-bulle Internet.
– Les agences de notation : Moody’s, Standard and Poor’s et
Fitch-IBCA sont les trois agences qui se partagent la plus large
partie du marché mondial.
• Elles sont devenues, au cours des deux dernières décennies, des
acteurs essentiels des marchés dans la mesure où, par la cotation des
entreprises et des Etats;
• Elles entraînent un allégement ou au contraire un renchérissement du
coût de leurs dettes.
• Leurs notes vont de AAA (émetteur sûr) à C (émetteur défaillant). 43
1.2.3. Les acteurs des marchés financiers (suite)

1.2.3.2. Les intermédiaires d’information (suite)

– Les analystes: Ils ont pour rôle d’établir des


recommandations d’intervention sur les valeurs qu’ils
suivent en fonction:

• de leurs analyses des comptes des entreprises;


• de l’étude ou des secteurs ou des économies auxquelles elles
appartiennent et enfin;
• de leurs propres anticipations.

– Les auditeurs: Ils s’opèrent de façon contractuelle (expert-


comptable) ou imposé par la loi (commissaire aux comptes).

• L’audit des comptes qui est assuré par des observateurs extérieurs
se superpose au contrôle interne.
44
1.2.3. Les acteurs des marchés financiers (suite)
1.2.3.3. Les autorités de régulation
• La demande de régulation s’est renforcée depuis
2001 avec la révélation des scandales affectant
de grandes entreprises comme Enron, Woldcom,
Tyco, Parmalat et plus récemment avec la crise
Grecque et la crise financière internationale de
2008.
• IL existe cependant de nombreuses autorités de
régulation.
45
1.2.3. Les acteurs des marchés financiers (suite)

1.2.3.3. Les autorités de régulation (suite)


• Parmi les divers organismes du système de régulation et de contrôle des systèmes
financiers ont peut citer de manière générale :
– Le Comité consultatif de la législation et de la réglementation financière, CCLRF, en charge, à titre
consultatif, de la législation et de la réglementation financière.

– L’Autorité des marchés financiers, chargée de la protection de l’épargne investie en valeurs


mobilières.

– La Banque Centrale, responsable de la surveillance des opérations qui se déroulent sur le marché
monétaire et sur le marché des titres de créances négociable, TCN.

– Le Comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement, CECEI, qui a pour
rôle d’accorder l’agrément des établissements de crédit.

– Le Comité consultatif du secteur financier, CCSF, en charge des questions relatives aux relations
entre, d’une part, les établissements de crédit, les entreprises d’investissement et les entreprises
d’assurance et, d’autre part, leurs clientèles respectives. 46
1.2.4. L’efficience des marchés financiers

• Les marchés sont réputés efficients.

• En ce qui concerne les marchés financiers, les


fondements de cette efficience sont soumis à des
conditions qui ne se réalisent pas nécessairement;

• Ce qui conduit à des perturbations dans la


fonction principale des marchés qui est d’établir
des prix.

47
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
• Le concept d’efficience présente différentes facettes :

– d’une part l’efficience informationnelle qui implique que


les prix des actifs reflètent parfaitement et immédiatement
toute l’information disponible, ce qui conduit à la bonne
évaluation de la qualité de la valeur des actifs ;

– d’autre part, l’efficience fonctionnelle ou allocative selon


laquelle les marchés financiers répondent de façon
satisfaisant aux besoins de l’économie puisqu’ils
permettent de mutualiser les risques et de mobiliser
l’épargne vers les emplois les plus productifs.
48
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.1. Efficience informationnelle 

a. Les marchés sont-ils efficients au sens informationnel ?

• Cette question préoccupe tous les gérants de portefeuille.

• Du point de vue des investisseurs, les cours sont des promesses de revenus futurs.

• Ces prix dépendent des informations disponibles pour apprécier les perspectives de réalisation de
ces promesses.

• Si le marché est efficient, le prix reflète la totalité de l’information disponible (passée ou future)


sur le titre ou les titres observés, sous les conditions suivantes :

– La rationalité des investisseurs,


– La libre circulation de l’information et réaction instantanée des investisseurs ;
– Gratuité de l’information ;
– Absence de coût de transactions et d’impôt de bourse ;
– Atomicité des investisseurs
49
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.1. Efficience informationnelle (suite)

a. Les marchés sont-ils efficients au sens informationnel ? (suite)

• Si les conditions sont réalisés il s’ensuit que :

– Il y est totalement impossible de prévoir les variations futures du marché puisque


tous les événements connus ou anticipés sont déjà intégrés dans le cours actuel.
Les cours ne seront modifiés qu’en raison d’événements aléatoires, imprévisibles.

– La rémunération des investisseurs est fonction de l’espérance de rentabilité et du


risque de leurs portefeuilles.

– Les prix des actifs bridés ne peuvent s’éloigner durablement de leur « valeur
fondamentale ».
50
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.1. Efficience informationnelle (suite)

a. Les marchés sont-ils efficients au sens informationnel ? (suite)

• Les informations intégrées par les marchés et susceptibles


d’influencer les cours sot multiples.

• Au plan global, elles concernent plus particulièrement les


variables relatives au marché monétaire, au marché
obligataire, aux anticipations sur la croissance et sur l’inflation.

• Les anticipations relatives aux cours d’un titre s’appuient sur sa


rentabilité actuelle ou escomptée. 51
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.1. Efficience informationnelle (suite)

a. Les marchés sont-ils efficients au sens informationnel ? (suite)

• Un ratio intéresse particulièrement les spécialistes boursiers :

• Le rapport Cours/Bénéfice par action ou Prix/Dividende (Price Earning Ratio ou PER).

• Un PER élevé, ou à la hausse, indique que le marché, ou le titre, est cher par rapport
soit à sa tendance soit aux autres marchés (ou titres).

• Le PER permet ainsi:

– La comparaison de la valeur des titres entre eux sur un marché;


– La comparaison de la valeur présente d’un titre par rapport à son historique ainsi que;
– La comparaison des valeurs des titres sur divers marchés.
52
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.1. Efficience informationnelle (suite)

a. Les marchés sont-ils efficients au sens informationnel ? (suite)

• Face au problème de l’efficience informationnelle, deux positions sont


possibles :

– Les marchés sont considérés comme capables d’absorber la totalité des


informations :

• Aucun opérateur ne peut gagner contre eux et réaliser un « profit »;

– Selon le nombre de praticiens, les marchés connaissent des périodes d’inefficience


où les prix n’intègrent pas toutes les informations:

• Les cours s’écartent de leur valeur d’équilibre. C’est de cet écart que résulteront leurs gains.
53
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.1. Efficience informationnelle (suite)

b. Les bulles 

• Des déviations persistantes des prix par rapport à la valeur fondamentale d’un actif mobilier
ou immobilier, ou de tout autre bien considéré comme tel, peuvent prendre la forme de
bulles.

• Le phénomène de bulle peut s’étendre à une catégorie d’actifs tout entière.

• Exemple de bulles :

– hausses boursières survenues avant les effondrements de 1929 ;


– Bulle sur le prix de l’or à la fin des années 1970 ;
– Bulles boursière et immobilière japonaises de 1987 et 1970 ;
– La bulle suscitée par la « nouvelle économie » aux Etats-Unis entre 1996 et 2000 :

• Elle entraîna une montée considérable des valeurs technologiques, à la fin des années 1990, qui contamina
l’ensemble des bourses américaines et étrangères.
• La bulle commença à exploser à partir de mars 2000 avec la chute des valeurs du Nasdaq ; etc. 54
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.1. Efficience informationnelle (suite)
b. Les bulles (suite)

55
1.2.4. L’efficience des marchés financiers (suite)
1.2.4.2. Efficience allocative
 

• L’efficacité informationnelle est le préalable à toute efficience allocative, c’est-


à-dire à l’orientation de l’épargne vers les opportunités d’investissement les
plus productives.

• Il est néanmoins difficile des démontrer l’efficience allocative du marché


boursier au plan des secteurs ou au plan des titres individuels.

• Parfois les marchés donnent naissance à des bulles.

• Or les bulles, dans la mesure où elles sont suivies de krachs, ont des
conséquences microéconomiques et macroéconomiques qui:

– remettent en cause l’efficience de l’allocation des capitaux et;


– portent atteinte à la confiance qui est essentielle au bon fonctionnement de la monnaie
et de la finance. 56
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories

1.3.1. 1.3.1. Les fonctions des intermédiaires financiers

• L’intermédiation financière est donc un phénomène au moins


aussi important que les marchés financiers.

• Pourquoi les intermédiaires financiers et la finance indirecte


sont-ils si importants ?

• Pour répondre à cette question, il faut comprendre le rôle des


coûts de transaction, du partage des risques et des coûts
d’information sur les marchés.

57
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories (suite)
1.3.1. Les fonctions des intermédiaires financiers (suite)

1.3.1.1. Les coûts de transaction

• Les coûts de transaction, c’est-à-dire le temps et l’argent dépensés pour réaliser les transactions
financières, sont un problème majeur pour le gens qui ont de l’argent à prêter.

• En effet, les intermédiaires financiers peuvent réduire substantiellement les coûts de transaction,
parce qu’ils détiennent le savoir faire nécessaire, et peuvent réaliser des économies d’échelle en
utilisant un grand nombre d’opérations. Ainsi, ils réduisent fortement le coût de transaction par
unité (euro) de transaction réalisée.

• En réduisant les coûts de transaction, les intermédiaires financiers permettent à de petits prêteurs
de fournir indirectement des capitaux à de petits emprunteurs.

• En outre, ils fournissent des services supplémentaires à leurs clients, en particulier des services de
liquidité qui facilitent les transactions.

• Par exemple, les banques fournissent à leurs déposants des chéquiers ou des cartes bancaires, qui
leurs permettent de payer leurs factures de manières commode.
58
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories (suite)

1.3.1. Les fonctions des intermédiaires financiers (suite)

1.3.1.2. Le partage du risque

• Les intermédiaires financiers permettent aussi le partage du risque en


permettant aux épargnants de diversifier leur portefeuille, et ainsi de
diminuer le risque auquel ils sont exposés.

• La diversification, que l’on peur résumer par l’adage « ne pas mettre
tous ses œufs dans un même panier » consiste à investir dans un
assortiment (un portefeuille) d’actifs qui ne sont pas exposés aux
mêmes risques (c’est-à-dire dont on peut attendre que les rendements
ne varient pas de la même manière face à chacune des situations futures
envisageables), de manière à ce que le risque du portefeuille soit
moindre que le risque des actifs particuliers.
59
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories (suite)

1.3.1. Les fonctions des intermédiaires financiers (suite)

1.3.1.3. Information asymétrique : anti-sélection et risque moral

• Il est fréquent que les prêteurs connaissent trop peu les emprunteurs et leurs projets
pour pouvoir prendre de bonnes décisions : cette situation porte le nom d’asymétrie
d’information.

• L’anti-sélection (en anglais adverse selection) est le problème que crée l’asymétrie
d’information avant qu’une transaction n’ait lieu.

• Il y a anti-sélection sur un marché financier lorsque les emprunteurs les plus susceptibles
de conduire à de mauvais résultats (les plus risqués) sont ceux qui recherchent le plus
activement du crédit et qui ont le plus de chance d’en obtenir (d’être sélectionnés).

• L’information asymétrique peut ainsi interdire la réalisation d’échanges mutuellement


avantageux.
60
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories (suite)

1.3.1. Les fonctions des intermédiaires financiers (suite)

1.3.1.3. Information asymétrique : anti-sélection et risque moral (suite)

• Le risque moral (en anglais moral hazard) est le problème réalisé par l’asymétrie d’information
après la réalisation d’une transaction.

• Le risque moral sur un marché financier est le risque que l’emprunteur s’engage dans des
activités considérées comme indésirables (« immorales ») par le prêteur parce qu’elles
augmentent le risque du projet auquel est consacré le prêt et diminuent donc la probabilité
qu’il soit remboursé.

• Par ailleurs, les intermédiaires financiers sont aussi des experts de la surveillance des
emprunteurs, ce qui réduit le risque moral.

• Parce qu’ils sont spécialisées dans ces tâches de réduction de l’asymétrie d’information, les
intermédiaires financiers peuvent payer un intérêt aux déposants ou leur des services tout en
gagnant de l’argent.
61
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories (suite)

• En résumé, les intermédiaires financiers jouent un rôle important


dans l’économie:

– en fournissant des services de liquidité;

– facilitant le partage de risques;

– réduisant les coûts de transaction et les problèmes d’asymétrie


d’information:

• C’est la raison pour laquelle, dans toutes les économies développées, les
particuliers et les entreprises confient des sommes importantes aux
intermédiaires financiers.

– Ces intermédiaires jouent un rôle essentiel pour la bonne circulation des


capitaux des prêteurs vers les emprunteurs et le bon fonctionnement de
l’économie en général.
62
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories (suite)

1.3.2. Les catégories d’intermédiaires financiers

• Maintenant que les rôles des intermédiaires financiers sont bien établis, il convient
d’examiner quels sont ces intermédiaires et comment ils remplissent ces rôles.

• On peut distinguer trois catégories d’intermédiaires financiers :



– Les institutions de dépôt (également appelées institutions financières monétaires, ou
établissement de crédit ou plus couramment, banques);

– les établissements d’épargne contractuelle (comme les compagnies d’assurance vie, les
compagnies d’assurance dommages et les fonds de pension) et;

– les entreprises d’investissement (également appelées intermédiaires de placement) qui facilitent


les placement en actifs financiers, notamment les banques d’affaires, les fonds collectifs
d’investissement, les sociétés financières, les sociétés financières, les fonds de placement
monétaire.
•  
63
1.3 - Les intermédiaires financiers : fonctions et catégories (suite)
1.3.2. Les catégories d’intermédiaires financiers (suite)
Figure 3 : Les principaux intermédiaires financiers: actifs et passifs, les prestataires de services d’investissement

64
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux

•  La catégorie des valeurs mobilières accueille des produits divers et de plus en plus
sophistiqués qui se caractérisent par :

– leur nature juridique et les droits qui y sont attachés : les titres de dette obligations donnant
droit à un intérêt) se distinguent des titres de propriété (actions donnant droit à un
dividende) ;

– leur degré de liquidité et de risqué;

– leur degré de sophistication :

• à côté des actions et des obligations, sont apparus des titres hybrides empruntant aux unes et aux autres ;

• le développement des innovations a entraîné la création de produits dérivés et des segments de marché
portant sur des contrats financiers (swaps, titrisation).

• On distinguera les marchés des actions, les marchés des taux et les marchés dérivés.

65
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)
1.4.1. Les marchés d’actions

1.4.1.1. Les actions


 
• Les actions sont des titres matérialisant le droit de propriété des actionnaires sur les actifs
sociaux de l’entreprise qu’elles concernent. Les actions composent le capital social des sociétés.

• Leur valeur est directement liée aux résultats de l’entreprise et à l’évolution des actifs de la
société.

• Les actions ordinaires sont émise soit contres versement monétaire (actions de numéraires),
soit contre apports tels qu’immeubles, brevets, etc. (actions d’apport).

• Les actions confèrent à leurs titulaires deux types de droits :


– Droits pécuniaires :
• droit au bénéfice réalisé au cours de l’année, droit aux actions gratuites, droit préférentiel de souscription négociable,
droit aux augmentation de capital, droit au remboursement de l’apport, droit de disposer des actions ;

– Droit à la gestion de la société qui comporte le :


• droit à l’information, droit de vote aux Assemblées générales, droit d’exercer des actions en justice, droit à une
protection en cas de prise de contrôle de la société.
66
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)
1.4.1.2. Le fonctionnement des marchés d’actions
 
• L’introduction à la cote sur un marché réglementé, le listing, fait l’objet d’une attention de plus en
plus grande de la part des autorités de régulation afin de préserver la confiance des investisseurs.

• L’importance d’un marché d’actions s’évalue à partir des critères tels que
– le nombre et la taille des sociétés dont les valeurs sont cotées
– ainsi que la capitalisation.

• Les titres phares (blue ships) se retrouvent dans les indices d’action faisant l’objet d’une
information particulièrement observée par les médias spécialisés.
– C’est le cas de: (Cotation Assistée en Continu (CAC) - 40 ; Dow Jones Industrial Average (DJIA) – 30 ; Dax – 30 ;
FTSE (Footsie) – 100 ; Nikkei – 100 ; l’Euro Stoxx -50 ; BRVM-10 ; etc.

• Les macroéconomistes s’intéressent plus particulièrement à la capitalisation totale du marché


(Valeur des titres x nombre x titres émis).

• De ce point de vue, les cinq principaux marchés dans le monde sont :


– NYSE (New York Stock Exchange) ; Nasdaq (National Association of Securities Dealer Automated Quotations) ;
Kabuto Cho ; LSE (London Stock Exchange) et Euronext.
67
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)

1.4.1.2. Le fonctionnement des marchés d’actions (suite)


 
• L’animation d’un marché dépend des volumes d’échanges quotidiens, ce qui permet
d’apprécier sa liquidité (la durée nécessaire à la vente d’un titre).

• Les intermédiaires se préoccupent aussi du flottant des sociétés cotées, c’est-à-dire la


part de capital susceptible d’être négociée sur le marché.

• Le fonctionnement des marchés se différencie de place à place selon:



– les règles de confrontation entre les offres et les demandes (marchés d’agence ou dirigés par
ordres et marchés de contrepartie ou dirigés par les prix, market makers);

– les modalités de cotation (en continu, cours en fixing);

– le degré d’automatisation des opérations (le recours à l’informatique permet d’alléger les coûts,
de délocaliser le marché et d’améliorer l’information des opérateurs).
•  
68
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)

1.4.1.2. Le fonctionnement des marchés d’actions (suite)

Remarque : Les quasi-fonds propres

• Afin de favoriser l’émission de titres par des sociétés familiales ou des


entreprises nationalisées, des formules de titres d’associés sans droits de vote
ont été créées, instituant ainsi en quelque sorte un démembrement de l’action
et les rapprochant des obligations.

• Les principales formules utilisées pour ces instruments « hybrides » sont les
suivants :

– les actions à dividende prioritaire sans droits de vote ;


– les certificats d’investissement ;
– les obligations remboursables en actions ;
– les bons d’option ou warrants.
69
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)

• 1.4.2. Les marchés de taux : les marchés obligataires

• 1.4.2.1. Une gamme diversifiée de produits

• Les obligations sont des titres susceptibles d’être cotés ;

• Ils sont représentatifs d’une créance émise par une société ou une
institution ou encore par l’Etat.

• Cette créance entraîne le paiement régulier d’un intérêt et, au bout d’un
délai déterminé, la restitution du capital, laquelle détermine l’obligation
l’amortissement de l’obligation.

• Le pair représente la valeur nominale de l’émission, valeur faciale que


l’émetteur de l’obligation s’oblige à rembourser à l’échéance.

• Une obligation est émise au pair quand son prix d’émission est égale sa
valeur nominale. 70
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)

1.4.2. Les marchés de taux : les marchés obligataires (suite)

1.4.2.1. Une gamme diversifiée de produits (suite)

• Il existe une prime d’émission quand le prix proposé est supérieur au


nominal.

• Le taux d’intérêt annuel nominal est établi en calculant l’intérêt annuel versé
pour 100 unités monétaires :

– par exemple, une OAT de 1000 F à 4,65 % servira un intérêt de 46,5 F par an.

• La détention d’une obligation donne :



– droit au coupon d’intérêt ;
– droit au remboursement de l’obligation.
71
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)
1.4.2. Les marchés de taux : les marchés obligataires (suite)

1.4.2.1. Une gamme diversifiée de produits (suite)

• Jusqu’à l’intervention des innovations financières à partir des années 80,


– les obligations, titres de créance dites « à revenus fixes », se distinguent nettement
– des actions, titres de propriété, rémunérées par un revenu variable (dividende).

• Mais les innovations financières ont rendu la frontière plus floue.

• L’essor du marché obligataire a été stimulé par de multiples innovations qui visent à :

– pallier les risques de fluctuation des taux d’intérêt grâce à des taux variables ou révisables ;

– indexer des obligations, intérêt et prix de remboursement, sur un indice permettant d’éviter les conséquences de
l’inflation ;

– éviter les décaissements immédiats ;

– offrir le choix à l’émetteur, au souscripteur ou aux deux parties d’acheter ou de vendre des obligations, de les
échanger ou de ne pas le faire. Il existe ainsi : des obligations à fenêtres, des obligations prorogeables et des
obligations à bons de souscription d’obligation ;

– inclure une clause de subordination. 72


1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)

 1.4.2. Les marchés de taux : les marchés obligataires (suite)

1.4.2.1. Une gamme diversifiée de produits (suite)

Remarque : Les quasi-obligations, hybrides d’action et d’obligations

• On se limite à citer deux produits typiques de l’hybridation :

– Les obligations convertibles en actions (OC) ;

– Les obligations à bons de souscription d’action (OBSA).

73
74
1.4 - Le fonctionnement des marchés de capitaux (suite)

1.4.2.2. Le fonctionnement des marchés obligataires


 
• Sur les marchés des produits de taux d’intérêt, sont émis (marché primaire) puis
s’échangent (marché secondaire) des titres de dette des sociétés du secteur industriel
et commercial, des intermédiaires financiers, de l’Etat et des collectivités locales.

• Les obligations émises par le Trésor public constituent, dans de nombreux pays, la part
la plus importante des émissions de ces valeurs.

• En effet, l’Etat ne pouvant émettre des actions, les obligations constituent son seul
moyen de financement récurrent, avec les impôts et les recettes des services publics,
depuis qu’il a été renoncé au financement monétaire de la dette publique.

• Pour les souscripteurs, les titres obligataires sont moins risqués que les actions, dans
une économie où l’inflation est faible.

• En période de crise financière, on observe alors un flight to liquidity, les titres publics
étant préférés aux titres privés , considérés comme trop risqués. 75