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Section 4

LE dessalement des eaux saumâtre et de l’eau de mer

Pr Kherrat Rochdi

1
Introduction
La surface terrestre est recouverte à 71% par des étendues
d’eau. Mais plus de 97% du volume d’eau présent sur notre planète
sont salés ou saumâtres. Sur les 3% d’eau douce restants, 2,1% sont
gelés dans les glaciers ou autour des pôles, réservoirs très
difficilement
utilisables et mobilisables. Il ne reste donc que 0,9% de la réserve en
eau pour couvrir les besoins humains (consommation, agriculture…).
Cette eau présente sous forme de fleuves, rivières ou de nappes
souterraines n’est pas également répartie sur le globe
Tous les pays du monde sont concernés soit parce qu’ils manquent
d’eau soit parce qu’ils la polluent. L'eau est nécessaire à la vie et à
l'activité humaine mais la demande en eau n'est pas uniforme d'une
région du globe à l'autre et la disponibilité des ressources encore
moins.
Le dessalement semble s’imposer comme une solution
pertinente à ce problème majeur.
Il existe actuellement plus de 17 000 usines de
dessalement dans le monde, produisant 51 millions de mètres cubes
d’eau potable par jour.
Mieux produire et moins polluer Ceci implique de ménager la
ressource, en limitant les rejets de pollution dans le milieu naturel
mais
aussi produisant une eau propre à la consommation.
C’est dans cette logique que les stations de dessalement des eaux
s’inscrivent puisqu’elles permettent
de produire de l’eau potable à partir de l’eau de mer ou d’eaux
saumâtres grâce à des techniques
particulières.
GENERALITES SUR LE DESSALEMENT

Compte tenu de la situation actuelle de pression démographique et de


réchauffement climatique, le
dessalement est une technique intéressante au vu de l’abondance de la matière
première : l’eau de
mer et les eaux saumâtres.
On assiste d’ailleurs à une très forte augmentation (+10% par an) du volume
d’eau produit par
dessalement, il est actuellement autour de 45 millions m3/jour. Les usines de
dessalement se
multiplient dans de nombreux pays (Libye, l’Australie, la Grande Bretagne);
surtout dans les pays en
prise à des pénuries d’eau (Algérie, Libye, pays du golfe) mais aussi dans les pays
d’Europe du sud
(Espagne, Italie, Grèce) et aux États-Unis.
Les eaux saumâtres

On appelle eau saumâtre une eau salée non potable de salinité


inférieure à celle de l'eau de mer. Les
eaux saumâtres contiennent entre 1 et 10 g de sels par litre. Ce sont
parfois des eaux de surface mais
le plus souvent des eaux souterraines qui se sont chargées en sels
en traversant les sols. Leur
composition dépend donc de la nature des sols traversés. Les
principaux sels dissous sont le CaCO3,
le CaSO4, le MgCO3 et le NaCl.
L’eau de mer
La caractéristique la plus importante  Mer Baltique : 7g/l,
des eaux de mer est leur salinité (voir
 Mer méditerranée : 36 à 39 g/l,
tableau 1), c'est-à-dire leur teneur Tableau 1 : Composition
globale en sels (chlorures de sodium et Golfe Persique
de l’eau de mer: (35
40g/l)
à 70 g/l,
de magnésium, sulfates, carbonates). Sel
Mer morte :270 g/l.
Concentration
La salinité moyenne de l’eau de mer est NaCl 27,2 g/l 78%
de l’ordre de 35 g/l, cependant MgCl2 3,8 g/l 11%
cette valeur varie fortement selon les MgSO4 1,7 g/l 5%
régions et la saison
CaSO4 1,26g/l 3,5%
K2SO4 0,86g/l 2,4%
SCHEMA GENERAL D’UNE INSTALLATION DE
DESSALEMENT

EAU SALEE Installation de Poste


Prétraitement traitement
dessalement
Eau douce
Pompage

Saumure
Une installation de dessalement peut être schématiquement subdivisée en 4 postes.
-une prise d’eau de mer
-un poste de prétraitement
-l’installation de dessalement proprement dite
-un post-traitement
Prise d’eau de mer
La prise d’eau de mer doit permettre d’obtenir à l’entrée
de l’usine de dessalement une eau de la meilleure qualité
possible, en particulier du point de vue matières en
suspension. Cette prise en compte de la qualité de l’eau est
d’autant plus importante que le procédé de dessalement
choisi sera l’osmose inverse.
Deux technologies peuvent être utilisées : les forages
côtiers et les prises d’eau de surface.
La prise d’eau peut être faite en pleine mer. Dans le cas
idéal, le captage doit être effectué en zone profonde,
éloigné de la côte, protégé des pollutions et des forts
courants et ne pas être sous l’influence de rejets.
Technique de dessalement

En fait, la totalité des installations actuellement en service fait appel à deux


grandes familles de procédés : les procédés par évaporation et les procédés de
séparation par membranes qui sont plus récents.
Les procédés de dessalement

procédé de dessalement

hybride avec changement membranaire chimique


de phase

distillation (11) congélation osmose électrodialyse échange d’ions


inverse (5)

distillation
distillation distillation solaire
par
à par membrane (9)
détentes
multiples compression
successives (7)
effets (6) de
vapeur (8) Légende

termes procédés utilisés pour l’eau de mer


à longs à tubes compression thermocompression procédés non conventionnels
tubes horizontaux mécanique termes
pour eau de mer
verticaux arrosés de vapeur liens hyponyme/hyperonymes
liens tout/parties

effet liste non exhaustive


Les procédés de distillation qui peuvent être utilisés sont les suivants :

* Distillation à simple effet ou multiples effets

* Distillation par détentes successives appelé aussi multiflash ou flash

* Distillation par compression de vapeur


Distillation à simple effet
L’eau de mer était chauffée dans un récipient étanche par la vapeur circulant dans
un faisceau tubulaire plongé dans l’eau de mer. La vapeur formée était condensée
sur un autre faisceau tubulaire placé dans la partie haute de l’enceinte et
parcouru par de l’eau de mer
La température d’ébullition de l’eau de mer peut être abaissée dans la mesure où
l’on réduit la pression dans l’enceinte d’évaporation.
Il est important de noter que, pour une pression donnée, il existe un écart entre la
température d’ébullition de l’eau pure et celle de l’eau saline.
Cet écart appelé « écart ébullioscopique ».
Température Eau de mer Eau de mer Eau de mer
En °C à 35g/L à 70g/L à 105g/L

100 0,544 1,181 1,911


120 0,607 1,315 2,125
Consommation d’énergie
Compte tenu du fait qu’une partie de la chaleur de condensation de la vapeur est
utilisée pour préchauffer l’eau de mer, la consommation spécifique d’énergie est
égale à :
Q = L + K Cp Δt
 
Q : consommation spécifique d’énergie Calorifique (Kj/Kg d’eau douce)
L : chaleur latente de vaporisation de l’eau (Kj/Kg d’eau douce)
K : rapport entre le débit d’appoint d’eau de mer et le débit d’eau douce produite
Δt : différence de température entre l’eau de mer en ébullition et l’eau de mer à la sortie du
condenseur (°C)
Cp : chaleur spécifique à pression constante de l’eau de mer (Kj/Kg K)
La chaleur latente de vaporisation de l’eau de mer varie avec la température, comme
l’indique le tableau ci-dessous :

Température en °C 60 75 100 125

Chaleur latente 2357 2319 2257 2185

de vaporisation en Kj/kg

La chaleur spécifique de l’eau de mer est inférieure de quelques pourcent de celle de


l’eau pure.

Eau pure Eau de mer Eau de mer

à 35g/L concentrée 2 fois

Chaleur spécifique 4,178 4,035 3,851

A 25°C En Kj/Kg°C
Application numérique :
Soit un bouilleur alimenté par un appoint d’eau de mer égal à deux fois le débit
d’eau douce et fonctionnant à la pression atmosphérique. Si cet appoint est
préchauffé aux environ de 70°C, la consommation spécifique d’énergie est égale à :
Q = 2257 + 2x 3,851x 30 = 2488 Kj/Kg
La consommation énergétique d’un tel appareil, de l’ordre de 2500Kj/Kg d’eau
douce, est élevée. Elle est acceptable uniquement si l’on dispose d’énergie peu
coûteuse.
Distillation à multiples effets

La température d’ébullition de l’eau varie avec la pression. On a donc utiliser la


chaleur de condensation de la vapeur produite dans une première chambre
d’évaporation pour faire fonctionner le faisceau de chauffe d’une seconde chambre
à pression et température plus faibles, et ainsi de suite

Le nom de multiples effets a été donné à ce type d’appareils parce que la vapeur
initiale (vapeur de chaudière) accomplit plusieurs fois son effet.
Consommation d’énergie d’une unité
de distillation à multiples effets
La chaleur à fournir à une unité de distillation à multiples effets est uniquement celle qui est nécessaire
pour réchauffer l’appoint d’eau de mer dans le premier effet et pour vaporiser la production de ce seul
effet.

Si les productions des n effets sont identiques, la consommation spécifique de chaleur est, en négligeant les
pertes

Q = L/n + K Cp ΔT

Avec :

Q : Consommation calorifique spécifique en Kj/Kg d’eau douce produite

L : chaleur latente de vaporisation de l’eau en Kj/Kg

n : nombre d’effets de l’installation

Δt : écart de température existant dans un effet entre l’eau de mer à la sortie du condenseur et l’eau en

ébullition dans cet effet en °C

K : rapport entre le débit d’appoint d’eau de mer et le débit d’eau douce produite

Cp : chaleur spécifique de l’eau de mer en Kj/Kg.K


Le rendement thermique d’une unité de dessalement R, appelé Ratio, ou taux de
performance et défini par la relation suivante :
R = tonnes d’eau douce produite/tonnes de vapeur utilisée

On peut également l’exprimer par la quantité d’énergie calorifique Q fournie au


niveau du réchauffeur pour produire 1Kg d’eau douce.
Entre Q et R, il y a la relation évidente :
 
R= L/Q
Avec :
Q : énergie calorifique nécessaire en Kj/Kg d’eau douce
L:chaleur latente de vaporisation en Kj/Kg d’eau douce
Application numérique :
Soit une unité de distillation de 7 effets alimentée par un appoint d’eau de mer
égal à deux fois le débit d’eau douce et fonctionnant avec Δt = 6°C.

Q = 2300/7 + 2 X 3,85 X 6 = 375 kj/kg

R= L/Q = 2300/375 = 6
Détermination du nombre d’effet
Le choix du nombre d’effet doit faire l’objet d’une optimisation économique entre
le coût des investissements et le coût de la consommation d’énergie
*le coût des investissements augmente avec le nombre d’effets, cette augmentation
n’est toutefois pas linéaire
*Le coût de l’énergie diminue avec le nombre d’effets
Cela étant, le nombre d’effets dépend de paramètres techniques et en particulier :
*la température de tête choisie pour le premier effet qui peut être comprise entre
55 et 110°C
*de la température de l’eau de mer qui peut varier suivant les sites et les saisons
de 15 à 35°C
*de l’écart de température adopté pour le chauffage de chaque évaporateur
En pratique, la plupart des unités de dessalement à multiples effets ont un nombre
d’effets compris entre 4 et 12.
Nombre d’effet K Δt en °C R Ene cons Kj/Kg

4 3,5 7 3,5 685


8 3,5 3,5 7 343
12 3,5 2,5 10 230
Différents types d’évaporateurs à multiples effets

Ils existent plusieurs variantes d’évaporateurs multiples effets. Les évaporateurs multiples effets à tubes
horizontaux arrosés, les évaporateurs multiples effets à longs tubes verticaux et les évaporateurs à plaques.

Les évaporateurs multiples effets à tubes horizontaux arrosés, appelés THA, ou HTME (horizontal tube
multiple effect) sont plus récents, de tels évaporateurs sont constitués essentiellement de faisceaux
tubulaires horizontaux chauffés intérieurement par de la vapeur et arrosés extérieurement par de l’eau de
mer,
Les coefficients d’échange de chaleur se sont révélés très largement supérieurs à
tous ceux obtenus par les technologies connues.
Ce procédé a été développé par la société française SIDEM. Le coefficient
d’échange de chaleur élevé obtenu dans ce type d’évaporateur permet l’utilisation
de très faibles différences de température par effet, c’est-à-dire l’obtention d’un
taux de performance élevé tout en maintenant une température maximum de
saumure relativement basse (environ 60-70°C).

Cette faible température maximum de saumure a permis de supprimer les


problèmes d’entartrage et d’utiliser pour les surfaces d’échange de matériaux peu
onéreux (aluminium par ex
Procédé par détente successives ou procédé Flash
Principe d’une installation de distillation Flash à cycle direct
Dans le procédé de distillation par détentes successives, l’eau de mer, après avoir été
prétraitée, est introduite à la température T0 dans des condenseurs en série placés dans
une succession de chambres. L’eau de mer s’échauffe dans ces condenseurs jusqu’à la
température T1. Elle est alors introduite dans un réchauffeur qui élève la température
jusqu’à la température Tmax. Le réchauffeur est alimenté par un

débit de vapeur mv provenant d’une chaudière

L’eau de mer chaude est alors introduite dans le bas de la première chambre où règne une
pression inférieure à sa pression de saturation. IL en résulte une vaporisation instantanée
par détente appelée « Flash » : la vapeur ainsi produite va se condenser sur la surface du
condenseur. Le condensat de cette vapeur, recueilli dans un réceptacle placé sous le
condenseur, forme la production d’eau douce de la première chambre. Ce phénomène se
reproduit à la chambre 2, puis 3 jusqu’à n. Les températures des chambres (T 1,T2,…Tn) vont
en décroissant et par conséquent, il en est de même pour les pressions. Ce sont les écarts
de pression entre les chambres qui autorisent, sans la nécessité de pompes, l’écoulement
de l’eau de mer et de l’eau douce produite jusqu’à la dernière chambre.

L’installation fonctionne sous vide, et il y a toujours des entrées d’air inévitables qui
s’ajoutent au CO2 formé par la décomposition des ions bicarbonates et qui se dégagent
dans les chambres. Pour maintenir le bon fonctionnement, il est nécessaire d’extraire en
permanence ces gaz incondensables.
Production d’eau douce

L’échauffement total du débit d’eau de mer circulant dans les condenseurs, qui est
égal à T1 – T0 = n .Δt, est provoqué par la condensation de la production d’eau
douce P. On a donc :
D.Cp.n.Δt = P.L

D  : débit d’eau de mer à l’entrée des condenseurs


Cp : chaleur spécifique à pression constante de l’eau de mer
n  : nombre de chambres
Δt  : élévation de température de l’eau de mer dans chaque chambre
P  : débit de production d’eau douce
L  : chaleur latente de vaporisation

D’où la valeur de la production d’eau douce P :


 
P = D Cp nΔt/ L (1)
 
La production est donc proportionnelle à D et à n.Δt
Rendement thermique
La consommation de vapeur dans le réchauffeur est égale à la quantité de chaleur
récupérée par l’eau de mer D Cp (Tmax – T1), ou D Cp ΔT divisée par la chaleur
latente de vaporisation L.
mv = D Cp Δ T/L (2)

 Le rendement thermique de l’unité de dessalement R, exprimé en tonnes d’eau


douce produite par tonne de vapeur utilisée, est obtenu en faisant le rapport des
relations (1) et (2)
 
R = P/mv = n Δt/ΔT = (T1 – T0)/Tmax –T1)
Application numérique
T0 = 25°C ; T1 = 82°C ; Tmax = 90°C ; n = 15
 
P/D = Cp nΔt/L = 0,10
 
R = T1 – T0/ΔT = 7
 
La production d’eau douce est égale à environ 10% du débit d’eau de mer entrant dans l’installation,
et le rendement thermique exprimé en tonnes d’eau produite par tonne de vapeur est égale à 7.
Température de tête
Le choix de la température de tête (Tmax) joue un rôle important. En effet, pour
une installation donnée, on peut accroître notablement la production en élevant
cette température de quelques dizaines de degrés, sans augmenter la
consommation d’énergie.
Malheureusement, la chimie de l’eau de mer oblige à limiter cette température.
En raison de la présence de carbonates, bicarbonates, sulfates de calcium et de
magnésium, on ne peut dépasser une certaine température sans provoquer la
formation de dépôts salins dans l’installation.
Il en résulte qu’aucune usine ne fonctionne avec une température de tête supérieure à
110°C. L’utilisation de la nanofiltration (NF) en prétraitement de l’eau de mer avant une
unité de distillation Flash a été testée à Al-Jubail(Arabie Saoudite) , il serait possible alors
de faire fonctionner une unité Flash avec des températures de tête allant de 120°C sans
produit antitartre ,à 160°C avec produit antitartre.
En tout état de cause, des prétraitements de l’eau de mer adaptés à la température de
tête s’imposent
Comparaison des procédés de distillation Flash, et multiples effets à tubes
horizontaux arrosés (HTME)

* Un perçage de tube dans le cas du procédé à multiples effets se traduit par un


passage de vapeur dans l’eau de mer, alors que, dans le cas du procédé Flash,
c’est l’inverse (passage d’eau de mer dans l’eau douce)

* La concentration de l’eau la plus faible correspondant à la température la plus


élevée, ce qui est favorable pour limiter l’entartrage.

* Coefficients d’échange globaux plus élevée, d’où des surfaces d’échanges


réduites
* investissements inférieurs à ceux du procédé Flash d’environ 10 à 20%

C’est pourquoi le procédé multiples effets à tubes horizontaux arrosés connaît


actuellement un développement important.
Distillation par compression de vapeur ou (compression mécanique)
Principe
L’eau à dessaler est portée à ébullition dans une enceinte thermiquement isolée.
La vapeur produite est aspirée par un compresseur qui élève sa température de
saturation.
Cette vapeur traverse ensuite un faisceau tubulaire placé à la base de l’enceinte
et se condense en provoquant l’ébullition de l’eau salée.
.
Un tel procédé est appelé compression mécanique. Il est limité par les difficultés
technologiques rencontrées dans la construction de gros compresseurs. En effet,
compte tenu des variations du volume spécifique de la vapeur d’eau saturante en
fonction de la température, la quantité de vapeur véhiculée par le compresseur à
70°C représente environ 5000 fois le volume d’eau douce produite par l’unité de
dessalement
Thermocompression
La compression de la vapeur est obtenue par des éjecteurs à vapeur, ce procédé est
appelé thermocompression. Cette variante du procédé trouve des applications
particulièrement favorable dans la réalisation d’unités de petites dimensions de 20 à
1500m3/jour ; Il permet en effet de réaliser des unités entièrement statiques,
simples, fonctionnement à très basse température (inférieure à 50°C). Le
rendement de compression des éjecteurs est assez faible.

Thermo compression et multiples effets


Dans le cas où l’on dispose de vapeur comprise entre 1,5 et 3 bars absolu, un éjecto
compresseur peut être utilisé pour aspirer la vapeur produite par le dernier effet et
l’envoyer se condenser dans le premier effet. On peut ainsi obtenir avec une unité
de distillation à 4 effets un taux de performances ou ratio de 7 à 8 tonnes d’eau
douce par tonne de vapeur.
Compression mécanique et multiples effets
Dans le cas où l’on dispose que de l’énergie électrique, l’éjecto compresseur peut
être remplacé par un compresseur mécanique. Cette solution présente l’avantage
d’un meilleur rendement énergetique mais le coût d’investissement d’un
compresseur mécanique est beaucoup plus élevé que celui d’un éjecto
compresseur,
Problèmes techniques rencontrés en dessalement : entartrage, colmatage,
corrosion

Problèmes d’entartrage :

L’entartrage est un dépôt de sels minéraux qui a tendance à se former sur les
surfaces d’échanges. Compte tenu des ions présents dans les eaux salines (calcium,
magnésium, bicarbonate, sulfate) ces dépôts sont constitués principalement :
Le carbonate de calcium, le sulfate de calcium, l’hydroxyde de magnésium, des
silicates de calcium CaSiO3, la silice SiO2, le ferro silicate de sodium.
Pour la plupart des sels, la solubilité augmente avec la température. Pour d’autres,
comme le carbonate de calcium et le sulfate (à partir de 40°C), la solubilité diminue
avec la température et la sursaturation peut être atteinte de deux manières :
-Soit par concentration de la solution à température constante
-Soit par une augmentation de la température à concentration constante.
Différents moyens de lutte contre l’entartrage
Différents traitements chimiques permettent de lutter avec efficacité contre
l’entartrage ; ce sont la décarbonatation à la chaux, la décarbonatation à l’acide,
l’adoucissement sur résines et les inhibiteurs d’entartrage. Dans la plupart des
installations de dessalement, ce dernier procédé (tartrifuges) est le plus souvent
utilisé.
Inhibiteurs d’entartrage
Ce sont des produits tartrifuges que l’on injecte à très faible dose (quelques ppm)
dans l’eau d’appoint ; ils ont la propriété d’éviter ou de minimiser les dépôts qui se
font sur les parois d’échange. Trois principales familles sont utilisées dans le
dessalement de l’eau de mer.
Les polyphosphates

Les plus utilisés sont le tripolyphosphate et l’hexamétaphosphate. Ils sont antitartres à froid
mais à partir de 70°C, les molécules de polyphosphates s’hydrolysent en chaînes plus
courtes pour aboutir à la forme orthophosphate. Celle-ci Les polymères carboxyliques

peut donner lieu à un dépôt insoluble de (PO 4)2Ca3 en présence de calcium. Leur tendance à
faciliter le phénomène d’eutrophisation tend à réglementer de plus en plus leur rejet.

Les organophosphonates

Ils sont plus résistants à l’hydrolyse, ils ont une meilleure stabilité en présence de chlore.

Ce sont les polyacrylates, les polyméthacrylates et les polymaléates. Deux effets


complémentaires sont à la base de leur efficacité : l’effet de seuil et l’effet dispersant.

L’effet de seuil se caractérise par le fait qu’une très faible dose de tartrifuge retarde la
précipitation d’une solution sursaturée.

Le pouvoir dispersant : est l’aptitude à éviter la floculation et à maintenir en suspension


colloïdale stable les cristaux de tartre déjà formés.
Problèmes de colmatage ou fouling
Les dépôts qui sont à l’origine de l’encrassement ou fouling des surfaces d’échange
peuvent être classés en deux catégories :
-Les dépôts organiques constitués principalement par :
-Les matières en suspension, les acides humiques ou fluviques

Les micro-organismes ainsi que les produits excrétés par les micro-organismes
(polysacharides), on parle alors de biofouling
-Les dépôts colloîdaux : silice, soufre, hydroxydes de fer, de manganèse,
d’aluminium…
Matière organique dans les eaux
La matière organique naturelle est principalement issue de la décomposition des
végétaux, des animaux et des micro-organiques.
L’encrassement microbiologique et ses traitements
Ce sont des êtres vivants microscopiques; De nombreuses
bactéries secrètent des polysaccharides qui jouent le rôle de liant
dans les dépôts qui se forment sur les surfaces d'échanges. C'est
le biofilm. Ce biofilm sert de support d'accrochage aux matières
en suspension, aux colloïdes présents dans l'eau. Il est un lieu de
vie pour toutes les espèces de bactéries. 
Température d'activité: 
Bactéries psychrophiles  de 0 à 25°C
Bactéries mésophiles      de  25 à  45°C
Bactéries thermophiles    de 45  à  70°C

40
Présence d'oxygène
Les bactéries aérobies ne peuvent vivre qu'en milieu aéré ayant
besoin de l'air pour assurer leur métabolisme. Les bactéries
anaérobies ne peuvent pas vivre à l'air et utilisent d'autres
processus chimiques pour leur métabolisme.
Source de nourriture carbonée
Les bactéries peuvent être autotrophes: elles n'ont pas besoin
de matière organique, leur source de carbone étant le gaz
carbonique. Elle peuvent être hétéroptrophes: elles utilisent à la
fois du carbone minéral et du carbone organique. Elles peuvent
être parasites, utilisant la matière organique vivante, ou bien
saprophytes, utilisant la matière organique morte. Pour mieux
comprendre leurs effets négatifs, un certain nombre de points
intéressants doivent être notés.
Les bactéries du soufre sont plus liées à des problèmes de
corrosion. Les Thiobacillus thio-oxydans (aérobies) oxydent
le soufre, les sulfures ou les sulfates et peuvent faire
descendre le pH à 1, Les Desulfovibriodesulfuricans,
bactéries réductrices des sulfates transforment les sulfates en
sulfures
Etant donné que les sulfates existent dans presque toutes les
eaux, il y a toujours un risque de prolifération de cette
espèce. Les bactéries du fer: Gallionella, Crenothrix, utilisent
le fer comme source d'énergie pour leur
Il se forme d'énormes quantités d'hydroxydes de fer
occasionnant un encrassement important. Ces bactéries
favorisent la formation de piqûres sur des équipements en
acier au carbone..    
Bactéries nitrifiantes
Ce sont des bactéries capables de transformer l'ammoniaque en
acide nitrique. Par leur faible pH, elles attaquent la plupart des
métaux, surtout l'acier doux. Elles sont difficiles à analyser, car
elles cohabitent avec toutes sortes d'autres micro-organismes.
Les plus répandus sont Nitrobacter et Nitrosomas.
Algues
Elles produisent de l'oxygène comme toutes les plantes à
chlorophylle et de ce fait contribuent à une accélération de la
corrosion en plus de la gêne qu'elles produisent par
encrassement. Elles sont caractérisées par leur besoin en eau, en
air et en lumière pour leur développement..  
Biofouling
Le biofouling peut être défini comme un colmatage dû à des micro-organismes
(bactéries principalement), mais aussi micro-algues, champignon.
Les conséquences du biofouling sur le fonctionnement d’une unité de dessalement
sont importantes :
-Augmentation de la perte de charge par suite de la diminution des sections de
passage de l’eau à traiter
-Attaque chimique éventuelle des métaux (corrosion) par des composés acides
produits par les bactéries (acides organiques en général).
La croissance bactérienne dépend des paramètres suivants :
Température, nutriments, pH, vitesse du fluide, teneur en oxygène, présence ou non
de biocides
Chloration, fouling et biofouling
Pour éviter les dépôts de matières organiques sur les surfaces d’échange, une
solution consiste à éliminer ces matières organiques par un traitement
d’oxydation, par chloration dans la plupart des cas qui a pour but :
-De dégrader la matière organique en molécules plus petites et
éventuellement en CO2

-de réduire la teneur en micro-organismes (désinfection)


Pendant très longtemps, la chloration de l’eau de mer ou de l’eau saumâtre
était effectuée en continu avec des doses relativement faibles (1 g/m3).
L(expérience a montré, d’une part, que les micro-organismes devenaient de
plus en plus résistants, d’autre part, que ceux qui avaient échappé à l’action
du chlore possédaient une activité biologique intense favorisée par
l’abondance de la nourriture constituée par les composés organiques
assimilables résultant de l’oxydation de la matière organique par le chlore,
Ce phénomène a été constaté sur de nombreuses installations de dessalement,
compte tenue de cette expérience, il n’y plus de chloration permanente. On
prévoit seulement un traitement choc comme, par exemple 5 à 20g/m 3 de
chlore pendant 1 heure toutes les semaines.
En 1894 le chlore fut utilisé. Le chlore gazeux est complètement soluble dans l'eau.

    H2O        +          Cl2                         HClO      +      HCl

et  HClO                                                  H+         +     ClO-

Si le pH < à 5, le chlore est présent sous forme de molécules de chlore


Si le pH est compris entre 5 et 6, le chlore est presque entièrement sous forme d'acide
hypochloreux  HClO.
Lorsque le pH > 6, des ions hypochlorites ClO- commencent à apparaître et leur nombre
croît jusqu'à devenir prédominant lorsque le pH dépasse 7,5.
C'est l'ion hypochlorite qui est la cause des propriétés désinfectantes des solutions de
chlore.. Le pouvoir de l'acide hypochloreux est très élevé. Ce pouvoir diminue lorsque le
pH augmente.
L’expérience acquise sur plusieurs unités a montré qu’une chloration permanente à faible dose favorisait plutôt
le BIOFOULING.
Ceci s’explique par le fait que certains bactéries devenaient de plus en plus résistants à l’action du chlore,
(accoutumance), et d’autre part que ceux qui avaient échappé à l’action du chlore possédaient une activité
biologique intense favorisée par l’abondance de nourriture constituée par les composés organiques assimilables
résultant de l’oxydation de la matière organique (acides humiques, fluviques) par le chlore. Compte tenu de
cette expérience :
- Il n’y a plus lieu de chloration permanente ;
- On prévoit seulement un traitement choc comme par exemple 5 à 20ppm de chlore pendant 1heure toutes les
semaines.
Certaines stations utilisent la pré chloration pour renforcer l’oxydation du fer et du Manganèse

Eau de Javel : Solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (NaClO) utilisée, en particulier, pour la désinfection des
eaux. C’est un oxydant puissant.
 
La concentration d’une eau de Javel s’exprime en degrés chlorométriques (°Cl) ou degrés Gay-Lussac : un degré
chlorométrique correspond à 3,17 grammes de chlore libre, les concentrations les plus courantes sont 48°Cl (extrait de
Javel) et 12°Cl.
PROTOCOLE
Basin eau brute
Pour un débit de 50 m3/h d’eau brute on doit ajouter une quantité V à déterminer d’eau de
V a 12opour obtenir une concentration de 0.5 ppm (0.5 mg/l)
Sachant que 1 litre d’eau de javel a 12o contient : 3.17g x 12 = 38.04 g de chlore
V = 0.5 x50 /38.01 = 0.657 litre /h
Pour le traitement choc ( 5 ppm) il faudra injecter 6 litre d’eau de javel pendant une heure et
cela une fois chaque semaine
NB: La solution d’eau de javel n’est pas stable
Basin eau filtrée
 
La concentration en chlore libre ne doit pas dépassée 0.1 ppm, cela implique que l’ORP 1
(AIT105 REDOX) affiche une valeur supérieure à 300mV
Pour cela nous préconisons le protocole suivant :
Diluer 10 fois la solution d’eau de javel pur ( par exemple 10 litre d’eau de javel pur et
compléter jusqu’à 100 litre ) le volume sera:
V = 0.1 x 67 x10 /38.01 = 1.76 litre/h
Le transport de chlore des usines de production vers les sites
d'utilisation pose des problèmes de sécurité et de coût. L'eau de mer
contient des teneurs élevés en chlorures:
- eau de mer standard : 19,35 g/L
- Méditerranée : 21,5 g/L
- golfe (Koweït) : 24,9 g/L
On peut produire du chlore sur place par électrolyse de l'eau de mer
avec des électrodes soit en graphite, soit en titane platiné ou
ruthénié .
 
On obtient à l'anode : Cl-    +     2 OH-                OCl-       +  
 H2O
          
                                       Cl-                                
   1/2 Cl2    
 
et à la cathode :
                                       2H2O                              
  H2      +     2OH-
Problèmes spécifiques aux procédés de dessalement par distillation
Le problème de gaz incondensables
Une installation de dessalement d’eau de mer est traversée par un débit d’eau de
mer important qui, sous l’action de la chaleur, se dégaze en libérant de l’air, du
gaz carbonique et éventuellement des gaz tels que H2S.

Sous l’action de la température, les ions bicarbonates se décomposent en CO 2

 
.
Les gaz incondensables provoquent :

*une diminution des coefficients d’échange de chaleur


*des problèmes de corrosion
Aussi est-il indispensable d’assurer leur extraction au moyen soit d’une pompe à
air, soit d’un éjecteur à eau ou à vapeur si les débits à extraire sont importants.
Problèmes de mousses
La production de mousses lors de l’évaporation de l’eau de mer est provoquée
par la présence de tensioactifs, souvent en très faibles quantité, qui modifient la
tension superficielle du liquide.
Les mousses peuvent être combattues par divers moyens. La solution la plus
utilisée est l’addition d’agents antimousses
Matériaux envisageable pour le dessalement de l’eau de mer par distillation
Alliages cuivreux
Les alliages cuivreux sont couramment utilisés pour réaliser les tubes des surfaces
d’échange.
Le laiton à l’aluminium (76%Cu -22%Zn – 2%Al), le laiton amirauté (70%cu – 29%Zn –
0,04As) et le Monel (66,5%Ni – 31,5%cu) ont été longtemps considérés comme des
matériaux de base.
On choisit habituellement le cupronickel 90/10(90%cu – 10%NI), ou dans des
conditions plus sévères, le cupronickel 70/30(70%Cu – 30%Ni). Les cupronickels
résistent bien aux différents de corrosion en eau de mer et sont utilisables jusqu’à
des températures de l’ordre de 120°c. Ils ne doivent cependant pas être exposés à
des vitesses importantes d’eau de mer (de 1à 3,6 m/s).
Titane
Le titane et certains de ses alliages sont parmi les matériaux les plus performants du
point de vue de la tenue à la corrosion, mais ce sont des matériaux onéreux. Leur
utilisation est réservée aux endroits les plus exposés à la corrosion dans une unité de
dessalement.
Aciers faiblement alliés
Les aciers au carbone et les aciers faiblement alliés ont des taux de corrosion très
importants en eau de mer aérée (de l’ordre de 1mm/an). S’ils sont utilisés, c’est
principalement en raison de leur faible prix de revient. Ces aciers sont protégés par
une couche protectrice de peinture renouvelée périodiquement, il faut cependant
que la taille des appareils soit suffisante pour permettre une inspection. Lorsque la
température est plus élevée, on utilise alors l’acier ordinaire plaqué, soit par un
alliage de cuivre (cupronickel), soit par un acier inoxydable.
CONCLUSION

Depuis les années 1990, le procédé multiples effets à tubes horizontaux arrosés s’impose donc de plus
en plus sur le marché compte tenu des nombreux avantages qu’il présente :

*Fiabilité égale ou supérieure à celle du procédé Flash, due à la température maximale de l’eau de mer
qui ne dépasse pas 60 – 70°C

*coût d’investissement inférieur de 10 à 20% à celui du procédé flash dû aux coefficients d’échange de
chaleur très élevés que l’on obtient grâce à la technologie des tubes horizontaux arrosés

*consommation d’énergie réduite par suite des faibles quantités d’eau de mer véhiculées et des
économies apportées par la compression de vapeur.

Les performances et les coûts de la distillation sont pratiquement indépendants de la salinité de l’eau de
mer à traiter

Les procédés de distillation ne nécessitent pas de prétraitement sophistiqué de l’eau de mer : une
filtration classique et une chloration pour éviter la prolifération d’organismes marins.

La salinité de l’eau produite par distillation est très faible (de 5 à 30mg/L). On peut même atteindre
1mg/L au moins si on le souhaite, grâce à l’utilisation de séparateur performants dans les évaporateurs.

La distillation peut être préférée à l’osmose inverse compte tenu des conditions particulières locales :

*eau de mer très polluée

*énergie bon marché

*eau déminéralisée de faible salinité souhaitée.


L’ osmose inverse et les prétraitements
nécessaires

55
INTRODUCTION A L’OSMOSE INVERSE

Principe

Rappelons qu’on appelle osmose le transfert de solvant (eau dans la plupart des cas) à travers une membrane sous
l’action d’un gradient de concentration
x : fraction molaire Système isotherme,
totale des ions température T

Eau + sels dissous Eau pure

x0
pg,0 = pd,0 pd,0

Membrane d’osmose inverse

31
x : fraction molaire Système isotherme,
totale des ions d1 température T

Eau + sels dissous Eau pure

x1 < x0
pg,1 = pd,1 + rl g d1 pd,1

Membrane d’osmose inverse

32
x : fraction molaire Système isotherme,
totale des ions d température T

Eau + sels dissous Eau pure

x < x1
pg = pd + rl g d pd

Membrane d’osmose inverse

33
A l’équilibre, la pression dans le compartiment
de gauche est supérieure à la pression dans le
compartiment de droite

pg - pd = rl g d = P (notation)

P est appelée la pression osmotique

34
Pression osmotique
Loi de Van't Hoff
 Pour des solutions suffisamment diluées, la
pression osmotique π​peut être  assimilée à pression d'un
gaz parfait dont les "molécules" seraient précisément les
espèces en solution (ions Na+ et Cl-) ​ :

i : nombre d'ions
C : concentration (mol/L)
R : constante des gaz parfaits (0,081
L.atm/K/mol)
T : température en K
1atm = 1,013 bars

35 60
Pression osmotique de l’eau de mer (à 20 °C) :
35 g/l de NaCl
MM NaCl = 23 + 35.5 = 58.5 g/moles

P = 2*(35/58,5)*1000* 8,32*
(20+273)

P = 29 bars
36
x : fraction molaire Système isotherme,
totale des ions d température T

Eau + sels dissous Eau pure

x
pg = pd + P pd

Membrane d’osmose inverse

37
p+ p
P

x : fraction molaire Système isotherme,


totale en sels dissous température T

Eau + sels dissous Eau pure

x
pg = p + P pd = p

Membrane d’osmose inverse

38
p + P + p* p

x : fraction molaire Système isotherme,


totale en sels dissous température T

Eau + sels dissous Eau pure


Osmose
inverse
x
pg = p + P + p* pd = p

Membrane d’osmose inverse

39
Introduction
2.75 10-10 m Ca passe !

d+

Ca ne passe pas !
d+
d-
?
2.32 10-10 m

5 10-10 m
d+
Na+ d-
d-
d+
d+
d+

40
Schéma général d'une installation d'osmose
inverse
 Les principaux constituants d'une installation d'osmose inverse sont les suivants :
- membrane proprement dite
- le module
- la pompe haute pression
- le poste de pré traitement
 L'écoulement du fluide sur la membrane est continu et tangentiel.
(Q0): débit d’entrée
( Qp): débit passe à travers la membrane perméat
( QR): concentrât ou retentât

 C0 : concentration initiale de l’eau d’alimentation, mg/L ou en ppm


 CR : concentration du concentrât, mg/L, ou en ppm
 CP : concentration du perméat, en mg/L, ou en ppm

41 66
67
ATTENTION: Si les membranes sont installées dans le mauvais sens ci peuvent être endommagés de manière irréversible

68
69
70
Faire la différence entre la filtration directe et la
filtration tangentielle :
 
 La figure ci-dessous symbolise une filtration directe ou frontale dans laquelle 100% du flux passe au travers
l’élément filtrant et ainsi tous les éléments arrêtés par le média filtrant sont accumulés sur ce dernier jusqu’à le
colmater (il peut être alors changé, lavé ou contre lavé).

42 71
 La figure ci-dessous symbolise une filtration tangentielle ou axiale dans laquelle seulement une
partie du flux passe au travers l’élément filtrant évitant ainsi l’accumulation de dépôts sur ce dernier.
  
 La vitesse de balayage ou effet de cisaillement est l’un des facteurs majeur à étudier dans le cadre de la
conception d’un équipement d’osmose inverse.

43 72
Caractéristiques générales d’un osmoseur

Il y a 3 caractéristiques principales que l’on retrouve sur tous les osmoseurs :

 Le taux de production (vision quantitative)

 Le taux de conversion (rendement)


 
 Le taux de rejet (vision qualitative)

Ces trois caractéristiques sont généralement demandée en garantie par les clients, il faut
bien en comprendre le sens.

44 73
Le taux de production  :
Le taux de production est la capacité d’un osmoseur (ou
d’une membrane) à produire une quantité d’eau donnée en
un temps donné.
En règle générale nous l’exprimons en litres par heure mais
on rencontre aussi cette quantification sous d’autres forme :

Litre par heure l/h
Mètre cube par heure m3/h
Litre par jour l/j
Mètre cube jour m3/j

45 74
Le taux de conversion :
le taux de conversion d’une membrane adopté sur un système est généralement basé sur les
valeurs « guide line » données par les fabricants de membranes en fonction de critères
physico-chimique de l‘eau d’appoint très précis.
 Dans les systèmes complexes à plusieurs membrane et/ou avec recirculation il y a deux taux de
conversion : le taux de conversion réel et le taux de conversion apparent.
  
 Taux de conversion réel : nous considèrerons le taux de conversion membrane par membrane selon la
formule :

D’une façon générale le taux de conversion apparent des système d’osmose inverse est compris entre
des valeurs de 60% pour les eaux les plus difficiles à 80% pour les eaux les plus faciles.

46 75
Les paramètres principaux qui vont jouer sur le réglage maximum du taux de
conversion apparent sont :
 
La salinité de l’eau d’appoint
 
L’indice de colmatage de l’eau d’appoint (SDI ou fouling index)
 
La température

La qualité d’eau produite à garantir (plus le taux de conversion est élevé plus le
perméat est mauvais)
 
Le choix du prétraitement (permet de s’affranchir de nombreux facteurs limitant)
 

47 76
Le taux de rejet
Le taux de rejet est l’expression de la performance des
membranes d’osmose inverse à rejeter la salinité c’est à dire
à produire de l’eau pure.
 
Les membranes les moins performantes ont des taux de
rejet de 95 à 96%, les plus performante de 99 à 99,5%.
 
Il va donc rester dans le perméat de 5 à 0,5 % de salinité
dissoute qui va représenter la conductivité de l’eau
produite.

48 77
CHOIX DES MEMBRANES ET DES APPLICATIONS
Il existe quelques grands fabricants de membranes d’osmose inverse :
 
FILMTEC
HYDRANAUTIC
TORAY
DUPONT
DESAL
FLUIDE SYSTEM
 
Mais aussi de nombreux producteurs inconnus notamment en Russie,
Japon, Inde et autres.

49 78
En fonction des applications, les différents types de membranes disponibles seront sélectionnés.
 
Les membranes disponibles actuellement sont les suivantes :
 
Membranes type TW30 « Tape Water » : ce sont des membranes traditionnelles, existant depuis de
nombreuses années, idéalement conçues pour travailler à des pressions de moins de 25 bar et des salinités
inférieures à 2 000 ppm.
 
Membranes type BW30 « Brackish Water » : il s’agit en fait des mêmes membranes que les TW30, seule la
structure extérieure des membranes diffère, ce qui leur permet de travailler jusqu’à des pressions de 40 bar.
 
 
Membranes SW « Sea Water ». Elles sont utilisées sur des eaux de mer pouvant aller jusqu’à 32 000 mg/l.
Elles peuvent travailler jusqu’à des pressions de 70 bar. Elles produisent une eau de meilleure qualité, mais
ont des débits de production inférieurs à surface de membrane identique.
 

79
Avantages et inconvénients des membranes organiques
  Avantages Inconvénient
Perméabilité élevée Sensible à la température
Sélectivité élevée Sensible au pH
Acétate de celullose Mise en oeuvre assez aisée Sensible au chlore
Adsorption des protéines faible Sensible au compactage
=> colmatage moindre Sensible aux microorganismes
Grande sensibilité aux oxydants
Bonne stabilité chimique, thermique
Type Polyamide et mécanique. Faible perméabilité
Phénomènes d’adsorption
Bonne stabilité thermique
Type Polysulfone Bonne tenue au pH Sensible au compactage
Résistance au chlore Adsorptions
 
Bonne stabilité thermique et Faible résistance mécanique
Matériaux acryliques chimique Pores de diamètres assez
Stockage à sec possible élevés
Matériaux fluorés Bonne stabilité thermique et Faible perméabilité
chimique Microfiltration uniquement
Bonnes caractéristiques :
perméabilité et sélectivité
Membranes composites Mauvaise tenue au chlore
Stabilité de pH 2 à 11
Bonne tenue en température

80
81
Systèmes de filtration membranaires sous pression
– Schéma a : configuration multi-étagée

82
Station d’osmose inverse conserverie Lala Salha débit 50m3/h

83
Systèmes de filtration membranaires sous pression
– Schéma b : configuration avec recirculation

84
PRETRAITEMENT DE L’EAU AVANT OSMOSE INVERSE
Les objectifs du prétraitement sont les suivants :
 
- Eviter le colmatage des modules soit par les matières en suspension, soit par les micro-
organismes (bactéries) Biofouling, soit par les dépôts de sels, entartrage.
 
- Donner à l’eau à traiter des caractéristiques qui soient compatibles avec la nature des
membranes : teneur en chlore, pH, température.
 
Il n’existe pas de prétraitement standard. Les principaux facteurs qui interviennent dans la
définition d’un prétraitement sont :
 
- Les caractéristiques physico-chimiques de l’eau à traiter : MES (matières en
suspension), turbidité, COT(carbone organique total), hydrocarbures, Algues,
composition chimique, pH ;
 

85
86
Les principaux postes d’un prétraitement sont les suivants :
 
Chloration, clarification, prévention de l’entartrage, déchloration, filtration sur cartouches

87
CHLORATION de l’eau brute: traitement d’oxydation par chloration
 
La chloration a pour objectif l’inactivation (ou la réduction) des micro-organismes (bactéries principalement,
désinfection) mais aussi micro-algues, champignon, que l’on appelle matière organique naturelle évaluée
par carbone total(COT) et dissous (DCO), (dégradation en petites molécules) qui, outre le fait que certains
sont pathogènes, sont à l’origine d’un colmatage important des membranes appelé BIOFOULING.

88
89
L’expérience acquise sur plusieurs unités a montré qu’une chloration permanente à faible dose favorisait plutôt
le BIOFOULING.
Ceci s’explique par le fait que certains bactéries devenaient de plus en plus résistants à l’action du chlore,
(accoutumance), et d’autre part que ceux qui avaient échappé à l’action du chlore possédaient une activité
biologique intense favorisée par l’abondance de nourriture constituée par les composés organiques assimilables
résultant de l’oxydation de la matière organique (acides humiques, fluviques) par le chlore. Compte tenu de
cette expérience :
- Il n’y a plus lieu de chloration permanente ;
- On prévoit seulement un traitement choc comme par exemple 5 à 20ppm de chlore pendant 1heure toutes les
semaines.
Certaines stations utilisent la pré chloration pour renforcer l’oxydation du fer et du Manganèse

Eau de Javel : Solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (NaClO) utilisée, en particulier, pour la désinfection des
eaux. C’est un oxydant puissant.
 
La concentration d’une eau de Javel s’exprime en degrés chlorométriques (°Cl) ou degrés Gay-Lussac : un degré
chlorométrique correspond à 3,17 grammes de chlore libre, les concentrations les plus courantes sont 48°Cl (extrait de
Javel) et 12°Cl.

90
PROTOCOLE
Basin eau brute
Pour un débit de 50 m3/h d’eau brute on doit ajouter une quantité V à déterminer d’eau de javel a 12opour obtenir une
concentration de 0.5 ppm (0.5 mg/l)
Sachant que 1 litre d’eau de javel a 12o contient : 3.17g x 12 = 38.04 g de chlore
V = 0.5 x50 /38.04 = 0.657 litre /h
Pour le traitement choc ( 5 ppm) il faudra injecter 6 litres d’eau de javel pendant une heure et cela une fois chaque
semaine
NB: La solution d’eau de javel n’est pas stable
Basin eau filtrée
 
La concentration en chlore libre ne doit pas dépassée 0.1 ppm, cela implique que l’ORP 1 (AIT105 REDOX) affiche une
valeur supérieure à 300mV
Pour cela nous préconisons le protocole suivant :
Diluer 10 fois la solution d’eau de javel pur ( par exemple 10 litres d’eau de javel pur et compléter jusqu’à 100 litres ) le
volume sera:
V = 0.1 x 67 x10 /38.04 = 1.76 litre/h

91
Basin eau filtrée
 
La concentration en chlore libre minimale 0.1 ppm, cela implique que l’ORP 1 (AIT105 REDOX) affiche une
valeur supérieure à 300mV

Pour cela nous préconisons le protocole suivant :


Diluer 10 fois la solution d’eau de javel pur ( par exemple 10 litre d’eau de javel pur et compléter jusqu’à 100 litre )
le volume sera:
V = 0.1 x 67 x10 /38.01 = 1.76 litre/h

92
CLARIFICATION DE L’EAU BRUTE 

Toutes les matières en suspension(MES) et en particulier les matières organiques ont tendance sous l’action de
la pression à se déposer sur les membranes, ce qui a pour conséquence une diminution des débits.
 
Matières en suspension (MES) : Les particules en suspension et colloïdales ex :
Argile, Matières organiques, Algues, Bactéries, Fer(II) adsorbé et oxydé Fe(OH) 3 , Manganèse adsorbé et
oxydé en MnO2 et Mn3O4.
 
Les objectifs visés pour la clarification de l’eau brute dans le cas des modules spirales sont :
 
 
Turbidité < 0,1 NTU
 
Turbidité : Caractère d’une eau trouble, non transparente. L’intensité d’une turbidité s’exprime NTU.

FILTRE A SABLE
Ils permettent de retenir les matières en suspension de taille > à 30micron. Ils sont composés de plusieurs
couches(2 minimum) afin d’élargir le spectre de filtration.
Le gravier constitue la première couche dont la granulométrie est comprise entre entre 0,8 et 1,6mm. Une
deuxième couche de sable de granulométrie entre 0,4 et 0,8mm. Lorsque le filtre est encrassé on procède à
son dé tassage suivi d’un lavage à contre- courant, puis rinçage. Le lavage est automatique en fonction de la
perte de charge

93
LAVAGE DES FILTRES
Lorsque la perte de charge, la turbidité ou les deux atteignent leurs valeurs maximales, on lave le filtre en
injectant de l’eau par le fond.
Mécanisme de brassage auxiliaire
La plupart des impuretés qui encrassent un filtre adhérent aux grains de sable. Elles ne sont donc pas éliminées
par un simple lavage à l’eau. Pour décoller ces impuretés, il faut augmenter la turbulence dans le milieu filtrant
en expansion. On favorise ainsi le frottement des grains de sable les uns contre les autres et par conséquent, le
décollement des impuretés. Donc pour augmenter la turbulence dans le milieu filtrant on peut soit injecter de
l’air soit utiliser des agitateurs de surface.
 

94
95
LAVAGE A L’EAU ET A L’AIR
On injecte simultanément, par le fond du filtre de l’air et de l’eau. L’eau entraine les impuretés vers les
goulottes de lavages alors l’air assure un brassage suffisant pour décoller ces impuretés. Signalons qu’il n’est
pas nécessaire que le milieu filtrant soit en expansion pour le lavage soit efficace. Après l’arrêt des
soufflantes il faut toutefois continuer le lavage à l’eau afin d’entrainer toutes les impuretés vers les goulottes
de lavage.

96
 FILTRATION SUR FILTRE A CARTOUCHE

Polissage après le traitement avec filtre à sable


Protection des pompes HP contre les grains de sable

La taille des pores des cartouches filtrantes varie entre 1 à 100


microns, dans la pratique on utilise les cartouches de 1 à 20 microns.
Matière : Cotton, fibre de verre, polypropylène….

La frequence de remplacement varie de une fois par semaine a


une fois par mois selon la qualite de l’eau

97
Prévention de l’entartrage
Il y a deux technologies principales pour éviter l’entartrage des osmoseurs :
 
 L’adoucissement
 Le conditionnement chimique

La méthode la plus utilisée pour éviter les dépôts de tartre (CaCO3, CaSO4,2H2O …) dans les modules
d’osmose inverse consiste à injecter à très faible dose(quelques ppm) dans l’eau filtrée des inhibiteurs
d’entartrage ou antitartre (antiscaling). Ils ont la propriété d’éviter ou de minimiser les dépôts qui se font sur
la surface des membranes par deux effets complémentaires effet de seuil (retarde la précipitation en
maintenant le tartre en solution dans l’eau) et l’effet dispersant (aptitude à éviter la floculation et à maintenir
en suspension colloïdale stable les cristaux de tartre déjà formés).
Les inhibiteurs d’entartrage sont les polyphosphates, les organophosphates, les polymères carboxyliques

De façon générale il est utilisé un produit de type polyacrylate ou phosphonate permettant de traiter
les eaux jusqu’à 35 à 40° de dureté F.
 
Au delà, il y aura lieu de coupler le produit anti-tartre avec une acidification permettant de réaliser
une décarbonatation.
 

98
Décarbonatation à l’acide
 
La décarbonatation à l’acide est en général associée à l’action d’un inhibiteur de corrosion. L’addition d’un acide fort, H2SO4
ou HCl, déplace les carbonates sous forme de gaz carbonique :
 
Ca(HCO3)2 + H2SO4 CaSO4 + 2H2O + 2CO2
 
Ca(HCO3)2 + HCl CaCL2 + 2H2O + 2CO2
 
L’addition d’acide est régulée par un pH mètre, dont il faut fréquemment vérifier le fonctionnement pour limiter les risques
d’incidents dues à un surdosage (corrosion) ou sous dosage (entartrage). Figure de spéciation

pH 6,5 – 6,8

99
TRAITEMENT DU CHLORE

Les membranes composites spiralées en polyamide ne tolèrent pas le chlore.

Les membranes exposées au chlore vont démontrer :


Une réduction du rejet de sel(passage de sel)
Augmentation de la perméabilité

Il y a actuellement deux technologies disponibles pour la réduction du chlore avant les osmoseurs :
 
 Mise en œuvre de filtres charbon actif, le filtre charbon actif étant un élément catalyseur
permettant de transformer le chlore en acide chlorhydrique selon l’équation ci-dessous :
 
Cl2 + H2O  HCl + ½ O2
 
Les filtres charbon actif peuvent se présenter principalement sous deux formes : d’une part des filtres
de type automatique, qui peuvent être mis en œuvre dans des bouteilles classiques d’adoucissement
.
 

100
Injection de métabisulfite de sodium: SMBS:

La deuxième solution consiste à utiliser un réducteur pour neutraliser le chlore présent


dans l’eau. La réaction du métabisulfite de sodium avec le chlore et l’eau est la
suivante :
NA2S205 + H2O  2NaHSO3

NaHSO3 + HOCl  HCl + NaHSO4

L’avantage du bisulfite est qu’il est aussi un réducteur d’oxygène qui ralentit
considérablement le développement de germes sur l’osmoseur.
 
En théorie le dosage de bisulfite doit être fait stochiométriquement par rapport à la
présence de chlore libre dans l’eau, dans la réalité pour avoir une action immédiate il
y a lieu de doser 10 ppm de bisulfite par ppm de chlore

101
PROTOCOLE D’INJECTION DE LA SOLUTION DE BISULFITE SMBS
 
Exemple: dissoudre 10KG de SMBS dans 100 litres d’eau. Ce qui nous donne une solution mère de 10 % (100g/L).

Du fait que le débit d’eau filtrée a l’entrée de la station d’osmose est de l’ordre 67m3 /h avec une concentration en chlore
libre de 0,1 mg/L. Donc la quantité de chlore qui passe par heure est égale a 67000x 0,1 = 6700mg.

Pour neutraliser cette quantité, il est nécessaire d’injecter une quantité de SMBS égale à 6700x 10 = 67g/h, Ce qui
correspond donc à 0,67 litres de la solution mère

Comme le bac a un volume de 100 litres, et pour un rythme de fonctionnement de 24 sur 24, les 100 litres seront
consommés au bout de : (100/0,60)/ 24 = 7 jours,
Or la solution de SMBS est instable et ne pas durer plus de 07 jours, et en plus l’unité ne fonctionne pas toujours 24 sur 24,
donc il est préférable de travailler avec :
3Kg de SMBS dans 100 litres et de régler la pompe doseuse sur la position 2 litres par heure. Au bout d’une
semaine, vidanger le bac et préparer une nouvelle solution fraiche.

102
CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
POUR LA MESURE DE L’ORP
Champ de mesure ± 1500mV
Résolution ± 1mV

Exigence : E
Infeieure a 300 mV

103
Exigence : E Infeieure a 300 mV
AIT 102 REDOX apres injection SMBS

104
EMPOISONNEMENT DES MEMBRANES
 
Certains corps (fer, manganèse, silice) sont considérés comme de véritables poisons pour les membranes. En
effet ils peuvent rester bloqués à l’intérieur de la membrane soit par suite de leur taille ou de leur valence élevée,
soit par suite de précipitation sous forme d’hydroxydes par exemple. Cet empoisonnement se traduit par une
diminution de la sélectivité

Fer et manganèse
Le fer et le manganèse doivent toujours être avec une teneur inférieure à 0,1 ppm. En cas de valeur supérieure il y a lieu
de réaliser un prétraitement spécifique par déferrisation et/ou démanganisation. Les technologies à disposition sont
les suivantes :
 
Zéomust qui réalise en même temps un adoucissement et une déferrisation, et qui peut être utilisé sur des installations
de petit débit, pour autant que l’eau soit exempte d’oxygène. Le Zéomust fonctionne sur le principe de la permutation
ionique et c’est pour cela qu’il est important que le fer soit présent sous forme dissous. S’il y a apport d’oxygène, le fer
s’oxyde et ne peut plus être retenu sur le Zéomust.
 
Le Birm qui est un média catalysant, qui doit être couplé à une injection d’oxygène. L’intérêt du Birm par rapport au
Zéomust et/ou au green sand est l’absence d’utilisation de réactif chimique.
 
Le manganèse green sand : est un média qui marche dans la plupart des cas, aussi bien sur le fer et sur le manganèse,
mais il nécessite sa régénération au permanganate de potassium. Le principe de fonctionnement est le même que celui
d’un adoucisseur, la saumure étant remplacée par une solution de permanganate de potassium.

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106
Pyrolusite contient 80% de dioxyde de manganèse avec une architecture unique qui lui permet de renforcer ses
performances et maximiser sa capacité.
Pyrolusite est bien plus performant que tous les autres media en raison de sa pureté, de sa capacité d’oxydation et
de filtration et de sa durée de vie.
Information comparative :
Pyrolusite contient 75 à 85% de dioxyde de manganèse en comparaison le Greensand n’a que 0.5% et le Birm
0.01%.

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Quand nettoyer

II y a lieu de nettoyer l'osmoseur si le débit ou la qualité chutent de + ou - 15 % à paramètres constants


(salinité de l'eau brute, température, pression du réseau, taux de conversion...)

De même, il est vivement conseillé de réaliser ces nettoyages de façon préventive tous les 4 à 6 mois
pour limiter les phénomènes d'incrustation.
 
Rôle du nettoyage

Cette opération a pour but de débarrasser l'osmoseur des incrustations et dépôts en tous genres.
Le temps de contact ainsi que la concentration de produits sont fonction de la quantité et du type de
dépôts à éliminer.

Cependant, le temps conseillé est de 30 minutes minimum et de 60 minutes maximum à pH stabilisé

108
Conservation des membranes

Pour tout arrêt plus d’une semaine, les membranes sont mises sous
conservateur par le biais d’un système CIP. Ceci permet d’éviter la croissance
biologique pendant le stockage
La solution de conservation contient du SMBS à 5% ( 5 Kg de SMBS à
compléter jusqu’à 100 litres avec de l’eau osmosèe ) à renouveler au bout de
six mois

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  date 1 date 2 date 3 date 4 date 5 date 6 date 7
xx/yy/2018
             
Pression entrée PIT 104 (bar)
             
Pression filtre 5 Mic PIT 105
(bar)              
Dif pres (PIT 104-105)Max 12 Tableau de bord
(bar)              
pH mètre AIT 101
             
Redox AIT 102
             
Pression HP PIT 106 (bar)
             
Pression de sortie PIT 107
(bar)              
Dif pres (PIT 107-106)Max 4,5
(bar)              
Conductivité Permeat (µS/cm
             
Debit permeat (m3/h) Fit 103
             
Débit concentrat (m3/h) Fit 104              
               
Niveau réservoir Antiscalant
(L)              
Volume consomme (Litre)
             
Analyse Fer
             
Analyse chlore libre
             
Temperature
             
110
LES PROCEDES
ELECTROMEMBRANAIRES
Les procédés électro membranaires concernent tous les transferts
de matières contenues dans un fluide, effectués avec des
membranes à perméabilité sélective aux entités chargées par apport
d'énergie électrique. Nous nous intéressons à l'électrodialyse,
technique la plus répandue industriellement. Cette technique
utilise l'énergie électrique seulement pour le transfert des espèces,
en aucun cas pour leur transformation chimique.
Définition de la dialyse
Le terme de dialyse désigne la diffusion d'un soluté à travers
une membrane qui lui est sélectivement perméable tout en
étant imperméable au solvant. La dialyse est donc une
méthode de séparation membranaire dont le moteur est la
différence de concentration des constituants dissous de part
et d'autre de la membrane. Les solutés migrent pour égaliser
les potentiels chimiques de part et d'autre de la membrane.
La dialyse sert à extraire les matières indésirables d'un fluide,
la séparation s'effectuant en fonction de la masse moléculaire
(MM) dans le sens concentration élevée vers concentration
faible.
L’électrodialyse (ED)
L’utilisation de l’électrodialyse a été lancée dans les années
60. Son principe de fonctionnement est basé sur
les propriétés
Chimiques des sels en solution dans l’eau de mer

Les deux compartiments sont


alimentés avec une solution saline MX (M+, X–) de
concentration C0. Sous l’effet du courant, les cations M+,
qui
migrent vers la cathode, traversent les MEC et sont stoppés
par les MEA. De la même manière, les anions X–, qui
migrent
vers l’anode, traversent les MEA et sont stoppés par les
MEC.
On obtient ainsi, en sortie d’empilement, deux solutions :
une
solution MX « déminéralisée », appelée diluât, dont la
concentration est inférieure à la concentration d’entrée, et
une
solution MX « concentrée », appelée concentrât, dont la
concentration est supérieure à la concentration d’entrée
Electrodialyse à membranes bipolaires
Les membranes bipolaires sont constituées d'une face perméable
aux anions et d'une face perméable aux cations. Sous l'effet d'un
champ électrique, l'eau présente au cœur de la membrane est
dissociée en ions H+ et OH- générés respectivement par les faces
cationiques et anioniques. On peut ainsi dissocier un sel en l'acide
et la base correspondante.
APPLICATION
LE DESSALEMENT DES EAUX
Depuis plus de trente ans, il existe des installations de dessalement
d'eau de mer à grande échelle installées en Arabie Saoudite ou dans
les zones où les eaux souterraines sont saumâtres aux USA et en
Russie. Dans ce domaine, l'ED classique est concurrencée par l'OI.
Pour le dessalement des eaux saumâtres dont le taux de salinité est
inférieur à 500 mg/L (au dessus de ce taux, l'osmose inverse est plus
intéressante).
DANS L’INDUSTRIE AGRO ALIMENTAIRE
pour traiter les co produits. Elle est utilisée pour désacidifier les jus de
fruits, pour purifier les mélasses de sucrerie, et pour le dessalement
de lactosérum en vue de son recyclage pour l'alimentation animale, la
confection de glaces ou encore comme base pour les préparations de
laits infantiles.
COMPARAISON DES TECHNIQUES
En eau saumâtre
Comparaison des OI ED
procédés
Température de < 45 < 45
fonctionnement (ºC)

Energie utilisée Mécanique (via Electrique


électricité
Consommation électrique 4-7 1
(kWh/m³)
Salinité de l’eau brute (g/l) 1-45 0,1-3

Salinité de l’eau traitée < 500 < 500


(mg/l)
Capacité d’un train (m³/j) 1 – 10.000 1 – 12.000
Avantages Modularité
Comparaison
 ED
Capacité typique/ coût 3 000 m³/jour / 0.56€/ m³
correspondant
Capacité maximale en service 80 000 m³/j (Azzawiya, Libye)

 OI

Capacité typique/ coût 6 000 m³/jour / 0.56€/m³


correspondant
Capacité maximale en service 375 000 m³/j (Sulaibiya, Koweït)
PROBLEMES SOULEVES PAR LES USINES DE
DESSALEMENT
ola prise d'eau:
Le prises d’eau peuvent perturber le fond marin et interférer avec des routes
maritimes
oAu rejet de la saumure:
Les saumures sont rejetées dans à la mer le plus loin possible des côtes.
Salinité et température: L'exposition continue à une plus forte salinité (1,5 à 2
fois celle du milieu) et à
une température plus élevée (jusqu'à + 5°C) nuit à certaines espèces en
favorise d'autres.
Biocides : Dans la plupart des usines de dessalement, du chlore
est ajouté à l'eau pour réduire le
biofouling, ce qui mène à la formation d'hypochlorite et
d’hypobromite dans l'eau de mer.
Métaux lourds : Des alliages Cuivre-Nickel sont généralement
utilisés comme matériaux pour les
échangeurs thermiques. La contamination de la saumure avec du
cuivre due à la corrosion peut être
une source de pollution, le cuivre étant toxique à fortes doses
Coagulants (OI) : Le chlorure ferrique utilisé dans les stations
d’osmose inverse augmente la turbidité
de la saumure en sortie pouvant causer une gêne pour la faune et la
flore.
Le principal inconvénient est donc l’impact des saumures
sur l’environnement, surtout dans le cas de
l’osmose inverse où les rejets sont plus concentrés. Si la
station est située en bord de mer, on utilisera
des diffuseurs pour diluer le concentrât le plus loin
possibles des côtes. Si l’usine est à l’intérieur des
terres (parfois le cas pour les eaux saumâtres), on utilise
des marais salants pour évaporer le reste
d’eau de la saumure.
Principe de l’électrodéionisation
La plupart des dispositifs commerciaux d’électrodéionisation comportent une alternance
de membranes échangeuses de cations et d’anions disposées parallèlement les unes aux autres,
et séparées par des supports qui font respectivement office de compartiments de dilution et de
concentration.

Un module typique d’électrodéionisation peut être considéré comme étant une


succession de cellules unitaires, chaque cellule est constituée d’une membrane sélective
perméable aux anions d’un côté et d’une membrane sélective perméable aux cations de
l’autre
côté. L’espace situé au centre de la cellule, entre les deux membranes "compartiment de
dilution" est rempli de résine échangeuse d’ions. Les cellules sont séparées les unes des
autres
par des compartiments intercellulaires nommés compartiments de concentration.

Le flux d’eau introduit dans le module est réparti en plusieurs canaux, la majeure partie
(appelée diluat) traverse les cellules de déionisation pour y être purifiée, tandis qu’un
flux moins important, le concentrat, traverse les compartiments de concentration et
d’électrodes pour collecter la charge ionique provenant du diluat.
CONCLUSION
Le dessalement de l’eau de mer est la technique qui
couramment utilisé pour obtenir une eau douce ou dessaler.
Il existe plusieurs méthodes et techniques de dessalement,
mais le dessalement par détente successive et l’osmose
inverse les deus techniques, les plus utilisées.
Le coût des différents procédés industriels de dessalement
limite en effet la diffusion de cette technologie à quelques
pays dont les ressources en eau sont très faibles mais qui
disposent de revenus suffisants.