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Le diagramme

thermodynamique du R134a
Objectifs:
Sur le diagramme thermodynamique du fluide frigorigène de la climatisation automobile, être
capable:
De représenter le cycle théorique de fonctionnement de la climatisation en se servant des
données de pressions, température et titre massique du fluide.
D’expliquer par écrit et à l’oral les termes « surchauffe », « désurchauffe » et « sous
refroidissement » ainsi que le rôle de ces actions pour le fonctionnement du système.
De reconnaître et d’expliquer les évolutions « isobare », « adiabatique » et « isenthalpique »
du fluide sur le cycle théorique de la climatisation.
D’effectuer le bilan thermique du système de climatisation en effectuant des mesures
d’enthalpie du fluide pour chaque phase de fonctionnement.

AVERTISSEMENT:
Cette leçon concerne le « diagramme de Mollier » et le tracé du cycle théorique du fonctionnement de la climatisation
automobile. Elle est le deuxième niveau du thème « climatisation automobile » et ne peut être abordée que si le premier
niveau (en BEP) a été vu et parfaitement assimilé.
Le diagramme
thermodynamique du R134a
Les diagrammes thermodynamiques que l’on nomme
plus couramment « diagrammes de Mollier »
permettent de représenter (approximativement)
l’évolution d’un fluide qui travaille dans une machine.

Le diagramme de Mollier du fluide frigorigène utilisé en automobile, permet


de tracer l’évolution du fluide (théorique) en fonction du cycle de fonctionnement
de la climatisation à un instant « t ».
Le diagramme de Mollier du R134a

Zone d’état
liquide du fluide
Zone d’état
Zone de changement d’état gazeux du fluide
(liquide –gazeux)

Pourcentage de fluide
vaporisé
(titre massique)
Le diagramme de Mollier du R134a

Pression du fluide
(en P absolue)

Courbe de
température

Echelle d’enthalpie
Le diagramme de Mollier du R134a

L’enthalpie caractérise la quantité de chaleur


contenue par le fluide; cette échelle trouve un
point zéro quand la température atteint le zéro
absolu.

Le zéro absolu est la température la plus basse qui puisse exister dans l’univers.
Elle est par convention de -273,15 °C et correspond à l’échelle 0 du degré Kelvin.

Cette température est théorique et impossible à atteindre. La température la plus basse


atteinte est de 450 pico K et constitue un record mondial.
(Massachusetts Institute of Technology en 2003)
Le cycle théorique de la
climatisation
Pour tracer le cycle théorique de la
climatisation nous allons prendre les données
ci-dessous:
(chaque point correspond à un état du fluide)

•Au point (1), dans l'évaporateur, le fluide


frigorigène est entièrement à l'état de vapeur
saturante : p1 = 3,5 bar, θ 1= 5,0°C, h1 = 400 kJ
kg-1.
•Il subit alors un échauffement isobare (point
2) en sortie de l'évaporateur jusqu'à l'entrée
du compresseur caractérisé par l'état : p2 = 3,5
bar, θ2 = 20°C, h2 = 415 kJ kg-1.

Le terme isobare caractérise une transformation chimique ou physique


lorsque la pression au sein du fluide est constante et uniforme
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

1
P = 3,5 b
Θ = 5°C
h = 400 kj/kg

2
P = 3,5 b
Θ = 20°C
h = 415 kj/kg

1 2
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

• Au point (3), la vapeur surchauffée est


comprimée par le compresseur; de 3,5
bars elle passe à 10 bars, θ 3 = 55°C.
Cette compression est supposée
adiabatique réversible.
• Elle est ensuite acheminée vers le
condenseur où elle cède à l’air extérieur
une quantité de chaleur sous pression
constante (isobare), c’est le point (4) .
p4 = 10 bars, θ4 = 40°C. Le fluide se
condense alors entièrement.

Le terme adiabatique caractérise une transformation du fluide sans échange


de chaleur avec le milieu extérieur.
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

3
P = 10b
Θ = 55°C

4
3
4
P = 10 b
Θ = 40°C
Titre = 0

1 2
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

• En sortie du condenseur, le fluide liquéfié


se sous-refroidi et traverse un réservoir
déshydrateur, toujours à pression
constante. Le point (5) caractérise ce sous
refroidissement.
p5 = 10 bars, θ5 = 32°C.
• Au point (6) le fluide traverse le
détendeur où il subit une détente
Isenthalpique ; sa pression passe alors de
10 bar à 3,5 bar. Le fluide se vaporise
alors partiellement (source de froid). Ce
point est caractérisé par : p6 = 3,5 bars, θ6
= 5°C, titre massique du fluide = 20%.

Une réaction (détente dans notre cas) Isenthalpique est une réaction
où l'enthalpie ne varie pas.
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

5
P = 10 b
Θ = 32°C

5 4
3
4
P = 3,5 b
Θ = 5°C
Titre = 20%

6 1 2
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

• Enfin, le fluide pénètre dans l'évaporateur


et absorbe en s'évaporant une certaine
quantité de chaleur provenant de l'air
pulsé en direction du bloc de répartition
d’air du véhicule (transformation
isobare).
L'air arrive rafraîchi dans l'habitacle.
Le titre massique est alors = 100% et le
cycle peut alors recommencer.
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

5 4
3

6 1 2
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

Le cycle de fonctionnement que l’on vient de tracer est purement théorique car il ne
tient pas compte des pertes de charge dans le système.

Le condenseur, les tuyauteries, le filtre, le réservoir et l’évaporateur sont des éléments


qui créent des pertes de charge que l’on peut quantifier par des baisses de pression.

On peut voir sur le cycle que les limites de changement d’état sont largement dépassés
en trois points du diagramme afin de garantir le fonctionnement du système:

•Le segment 1 - 2 que l’on nomme « surchauffe » permet une augmentation de


température du fluide avant d’entrer dans le compresseur et garantie que 100% du
fluide soit à l’état de vapeur (protection du compresseur). Cette phase est réalisé par le
détendeur thermostatique.
•Le segment 3 jusqu’au début de condensation (A) que l’on nomme « désurchauffe »
consiste à refroidir le fluide avant le changement d’état.
•Le segment 4 – 5 que l’on nomme « sous refroidissement » garantit que le fluide soit
entièrement condensé avant de pénétrer dans le détendeur.
Evolution des caractéristiques du
fluide lors du cycle de fonctionnement

Sous refroidissement
Désurchauffe
5 4 A
3

6 1 2

Surchauffe
Etude enthalpique

Il est possible, à partir du diagramme de Mollier et du cycle que l’on


vient de tracer, d’effectuer le bilan thermique du système de
climatisation.

Il suffit, pour cela, de relever sur chaque segment du cycle, l’enthalpie


du fluide.
Bilan thermique du système

Entre 2 et 3
h2 = 415
h3 = 437
h3 – h2 =
22 kj/kg
Entre 3 et 5
5 4 h3 = 437
3 h5 = 245
h5 – h3 =
– 192 kj/kg
Entre 5 et 6
Il s’agit d’une
6 1 2 détente
Isenthalpique
h6 – h5 = 0

Entre 6 et 2
h6 = 245
h2 = 415
245 415 437 h2 – h6 =
170 kj/kg
Bilan thermique du système

Chaleur
Travail échangé
Phases de échangée
En kJ kg-1 de Etat du fluide
fonctionnement en kJ kg-1 de
fluide
fluide
Détente 5-6 0 0 Semi gazeux
Vaporisation 6-1 170 0 gazeux
Compression 2-3 0 22 gazeux
Condensation 3-5 -192 0 liquide
Bilan -22 22 Total = 0

Lors de la vaporisation, il y a
un échange
Lors de chaleur avec
de la condensation, il y a
l’extérieur. Il s’agit d’énergie Le travail reçu par le fluide
un échange de chaleur vers correspond au travail fourni
récupéréeIl par
l’extérieur. le fluide;
s’agit d’énergiele
signeperdue;
de l’enthalpie par le compresseur et donc
le signeest
depositif par le moteur thermique
l’enthalpie est négatif qu’il l’entraîne.
Bilan thermique du système
1. La puissance absorbée par le compresseur.
Elle est donnée par la relation suivante :
Puissance (kW) = débit massique ( kg s-1) × travail massique (kJ kg-1). En prenant un
débit massique de 0,13 kg s-1 nous obtenons : 0,13 × 22 = 2,9 kW. Cette puissance est
donnée par le moteur thermique qui entraîne le compresseur.

2. La puissance frigorifique de l’installation.


Elle est donnée par la relation suivante :
Puissance (kW) = débit massique ( kg s-1) × énergie massique (kJ kg-1). L’énergie
massique est celle de la phase de vaporisation puisque c’est à cet endroit qu’est
produit le froid (donc 170 kJ kg-1). En prenant un débit massique de 0,13 kg s-1 nous
obtenons : 0,13 × 170 = 22 kW.

3. Le coefficient de performance.
Elle est donnée par la relation suivante :
Puissance gagnée P2 / par la puissance investie P1 = 22/2,9 = 7,6
FIN

Bac Pro MVA Christophe PEYRAT