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Analyse du mouvement

Catégorie pédagogique
Bacheliers, Coaching sportif
UE : Analyse du mouvement sportif
Année scolaire 2019-2020 – B2

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Organisation du cours

30 heures;
2 séances par semaine;
Cours magistraux

Travaux pratiques ou dirigés

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Organisation du cours
Évaluation:

- Examen ecrit :;
- Travaux pratiques;
- (Évaluation continue);

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Table des matières
Les contractions musculaires
Les courses du mouvement
Complémentarité, synergie et efficacité
Analyse d'attitudes:
- Notions de leviers
- Le centre de gravité
- Équilibre et base de sustentation
- Tendance au glissement
Analyse de mouvements segmentaires simples
Contraintes articulaires
Cinématique

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Table des matières

Notions d’inertie, moment d’inertie, applications


Notions de travail, puissance, énergie et
applications
Statique des forces
Les rotations

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Introduction

La biomécanique, c’est l’application des lois de la


mécanique aux organismes vivants.
Dans ce cours d’analyse du mouvement ou de
biomécanique, nous allons allier la biologie et la
mécanique, nous appliquerons les principes de
mathématique et de physique au corps humain. Nous
tenterons de comprendre, de décomposer les
mouvements afin d’évaluer les aspects positifs et
négatifs.
Nous aborderons régulièrement des notions relatives
aux forces.

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Les contractions musculaires
La mécanique de la contraction :

Nous n'aborderons pas ici la physiologie de la contraction.


(Voir cours de physiologie : "Le tissu musculaire et son
fonctionnement")

Le problème est de savoir ce que subissent les muscles et les


tendons lors d'une contraction.

Le tendon et le corps charnu du muscle sont élastiques, mais seul le


corps charnu est contractile.

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Les contractions musculaires
La mécanique de la contraction :

On note quatre phases mécaniques pour qu'il y ait contraction :


- Phase 1 : Relâchement, la longueur du muscle est celle de repos.
- Phase 2 : L'un des tendons est accroché à une charge, l'autre est
fixé à un plan horizontal, ainsi les tendons et le corps du muscle
vont être étirés.
- Phase 3 : Le corps se contracte et les tendons continuent à
s'allonger. Il n'y a toujours pas de mouvement.
- Phase 4 : Le corps continue de se contracter, mais les tendons
sont parvenus à leur limite d'élasticité. La contraction du corps
du muscle est supérieure à l'élasticité du tendon, d'où il y a
mouvement.
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Les contractions musculaires
La mécanique de la contraction :

Un muscle étiré est plus efficace qu'un muscle relâché, car la


phase 1 n'existe plus, on passe directement à la phase 2 et on a
ainsi un gain de temps.

Exemple : L'extenseur du genou a t-il une influence sur l'extension


de la cheville ?
Si on contracte le quadriceps et que cela entraîne une extension du
genou, le triceps est étiré, donc successivement, une contraction
du triceps sera plus efficace.
C'est une des base du stretching (alternance CRE : Contraction
Relâchement Étirement dite méthode du suédois Sven
SOLVBORN). 9
Les contractions musculaires
Les différentes contractions :

Les contractions isométriques


Les segments osseux ne se déplacent pas, il n'y a pas de mouvement
et le maintien de la résistance se fait par tension musculaire.
C'est par exemple le maintien d'une posture ou d'une charge.
Les contractions anisométriques/dynamiques
Autrefois, elles étaient appelées à tort "contractions isotoniques"
(à tort, car le tonus musculaire n'est pas constant durant tout le
mouvement à cause de la variation du rapport des distances du
point d'application de la force à l'appui et du point d'application
de la résistance à l'appui).
Il y a déplacement des pièces osseuses et donc mouvement.
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Les contractions musculaires
Les différentes contractions :

Il existe deux sortes de contractions anisométriques :


1. Les contractions anisométriques concentriques :
Le terme anisométrique signifie variation de longueur, ce qui
implique qu'il y ait mouvement.

Le terme concentrique signifie que les extrémités du muscle se


rapprochent, d'où raccourcissement, en l'occurrence du muscle.

Les contractions anisométriques concentriques sont donc celles


durant lesquelles le muscle produit du mouvement en se
raccourcissant.
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Les contractions musculaires
Les différentes contractions :

2. Les contractions anisométriques excentriques :

Le terme excentrique signifie que les extrémités du muscle


s'éloignent, d'où il y a mouvement.
C'est notamment les cas lorsque la charge est trop importante pour
que le muscle puisse la retenir.

Des contractions excentriques peuvent également avoir lieu lorsque


la charge n'est pas supérieure à la force maximale du muscle,
pour revenir à une position initiale...

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Les contractions musculaires
Les différentes contractions :

2. Les contractions anisométriques excentriques :

Certaines méthodes d'entraînement sont basées sur un travail en


excentrique avec des charges supra-maximales (par rapport à la
force maximale concentrique : 110 à 120%).
Suite à de tels entraînement, l'athlète sera contre performant
pendant 6 à 8 semaines (à cause d'une déstructuration des
sarcomères et en particulier d'un arrachement des têtes de
myosine), puis les performances dépasseront les valeurs
initiales...
En musculation , il faudra prévoir un partenaire d'entraînement
pour remonter la charge. 13
Les contractions musculaires
Les différentes contractions :

Force maxi excentrique 120% > Force maxi isométrique 110%

Force maxi isométrique 110% > Force maxi concentrique 100%

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Les contractions musculaires
Les différentes contractions :

Le travail pliométrique :
Il s'agit, pour un même muscle, de contractions excentriques ou
d'étirements immédiatement suivies de contractions
concentriques.
Exemple : on pose deux tabourets séparés de sorte que l'athlète
saute du premier au sol et du sol au second.

Remarques :
La force maximale est proportionnelle à la surface de section du
muscle.
On compte en moyenne 5Kg de force par Cm2.
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Les contractions musculaires
Les différentes contractions :

Le travail statodynamique :
L'athlète tient sept secondes une position suite à quoi il produit
une contraction concentrique.
C'est le type de travail le plus efficace pour développer la force,
mais l'inconvénient est que l'optimisation ne se fait qu'autour de
l'angle travaillé, d'où la nécessité de faire varier l'angle
articulaire statique.
Ce type de travail est utilisé pour développer la détente verticale
chez les basketteurs par exemple, ou encore la vitesse chez les
patineurs de vitesse. La phase concentrique doit être maximale.
Au plus haut niveau certains athlètes font jusqu'à 1000 répétitions
par jour ! 16
Les courses de contractions

Il faut différencier les termes de courses articulaires (sous-


entendues osseuses) de ceux de courses musculaires.

La résistance et par conséquent la force musculaire varient


en fonction des modifications des bras de leviers, et en
particulier à cause de la variation du ou des angles qu'ils
forment.

Une course articulaire est une amplitude ou secteur d'angle.

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Les courses de contractions

La course articulaire externe


C'est le secteur décrit lorsque deux leviers reliés entre eux
forment un angle proche de l'ouverture maximale.
Par exemple pour le coude, la course externe correspond à un
secteur avoisinant les 180 degrés d'angle. La course articulaire
externe

La course articulaire moyenne


C'est le secteur décrit lorsque deux leviers reliés entre eux
forment un angle proche de l'ouverture moyenne.
Par exemple pour le coude, la course moyenne correspond à un
secteur avoisinant les 90 degrés d'angle.
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Les courses de contractions

La course articulaire interne


C'est le secteur décrit lorsque deux leviers reliés entre eux
forment un angle proche de l'ouverture minimale.
Par exemple pour le coude, la course interne correspond à un
secteur avoisinant les 30 degrés d'angle.

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Les courses de contractions

La course musculaire externe


Elle correspond à une amplitude où le muscle est à, ou est proche
de, son étirement maximal.

La course musculaire interne


Elle correspond à une amplitude où le muscle est à, ou est proche
de, son étirement minimal.

La course musculaire moyenne


Elle se situe entre la course musculaire interne et la course
musculaire externe.

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Les courses de contractions

Remarques
(Correspondance entre courses articulaires et courses musculaires)
Les courses musculaires et articulaires ne correspondent que dans
le cas des muscles monoarticulaires, c'est à dire qui ne peuvent
mobiliser qu'une seule articulation.
En effet, certains muscles comme le biceps brachial peuvent
mobiliser plusieurs articulations. Dans ce cas la course du muscle
correspond à la moyenne des courses des articulations qu'il
"traverse"...
La force potentielle du muscle est en générale plus élevée en
course musculaire moyenne, qu'en course musculaire interne ou
externe. On peut affiner cette donnée en "disséquant", et en ne
considérant que la course des faisceaux sollicités...
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Complémentarité, synergie et
efficacité
Muscles agonistes et muscles antagonistes

Un muscle agoniste est responsable du mouvement sur un régime de


contraction donné.
Un muscle antagoniste est étiré lors de la contraction de
l'agoniste.

Exemple : Lors de l'extension du genou, le muscle agoniste est le


quadriceps, son antagoniste est l'ischio-jambier.
En cas de flexion, c'est l'inverse.

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Complémentarité, synergie et
efficacité
Notion de travail en synergie
Lorsque l'ensemble des muscles ou des groupes musculaires
nécessaires réalisent un même mouvement dans un régime de
contraction identique, on dit qu'ils travaillent en synergie.
Notion d'efficacité
Cette notion est directement liée à celle d'économie d'énergie.
Lorsqu'un muscle se contracte, il faut pour minimiser le gaspillage
d'énergie, que son antagoniste se décontracte. Ceci permet de
ne pas rajouter une résistance inutile.
L'éducateur sportif doit apprendre au pratiquant à ne pas se
"crisper" (on tiendra compte de la composante psychologique qui
rentre en compte dans cette raideur parasite), ainsi l'énergie
économisée pourra être mise au service du geste performant.

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Les leviers du corps humain

Définitions :

En biomécanique, un levier est un système rigide (l'os) sur lequel


agit une force (musculaire) pour vaincre une résistance (la
gravité qui s’applique à la charge, à l’organisme, voire aux deux)
en prenant appui sur un point fixe (l'articulation).

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Les leviers du corps humain

Étudier un mouvement en vue de l'optimiser, nécessite de :

1 - déterminer la direction du déplacement, ce qui va déterminer le


type de mouvement;
2 - situer le point d'appui fixe (A), c'est à dire l'articulation;
3 - situer le point d'application de la résistance (R), c'est à dire le
centre de gravité de l'ensemble;
4 - situer le point d'application et la direction de la force
musculaire (F), c'est à dire le point d'insertion du muscle.

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Les leviers du corps humain
Les différents leviers :
Les leviers inter-appuis ou leviers d'équilibre
Ils sont dits également leviers du 1er genre ou encore du 1er
groupe.
Leur caractéristique est que : le point d'appui se situe entre le
point d'application de la force et le point d'application de la
résistance, mais pas forcément au centre.
C’est le type de levier le plus répandu dans le corps humain.
Principe:

Appui
Force Résistance

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Les leviers du corps humain
Les différents leviers :

Les leviers inter-appuis ou


leviers d'équilibre

Exemple : articulation de la
tête avec la première
vertèbre cervicale.

Si les trapèzes se relâchent, la


tête bascule vers l'avant.

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Les leviers du corps humain
Les différents leviers :
Les leviers inter-puissants
Ils sont dits également leviers du 2ème genre ou encore du 2ème
groupe.
Leur caractéristique est que le point d'application de la force
musculaire s'exerce entre le point d'appui et le point
d'application de la résistance, mais pas forcément au centre.
Ce type de levier est assez rare au niveau du corps humain.

Principe: Force

Appui Résistance
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Les leviers du corps humain
Les différents leviers :

Les leviers inter-puissants

Exemple : adduction de la jambe

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Les leviers du corps humain
Les différents leviers :
Les leviers inter-résistants
Ils sont dits également leviers du 3ème genre ou encore du 3ème
groupe.
Leur caractéristique est que le point d'application de la résistance
se situe entre le point d'application de la force et le point
d'appui, mais pas forcément au centre.
Ce type de levier est assez rare dans l’organisme humain.
Il est utilisé dans la manutention des charges (principe de la
brouette).
Principe: Force

Appui
Résistance
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Les leviers du corps humain
Les différents leviers :

Les leviers inter-résistants

Exemple : élévation sur pointe


de pieds.

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Les leviers du corps humain

Les différents plans du corps


humain
Le plan sagittal sépare le
corps en deux au niveau de
l'arête du nez;

Le plan frontal sépare le corps


en deux d'une oreille à l'autre;

Le plan horizontal/transversal
sépare le corps en tranches

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Les leviers du corps humain
Rappel:
Notion de travail

En mécanique, une force appliquée sur une distance est


appelée

TRAVAIL

W=FxD

JOULE = Newton x Mètres

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Les leviers du corps humain
Rappel:
Notion de moment de force

Le moment d'une force (M) = capacité d'une force à imprimer


une rotation autour d'un axe.
Donc, M permet de quantifier les contraintes subies au
regard de deux paramètres qui sont l'intensité de la force et
la distance qui la sépare du point d'appui.

M = F x d (BDL)

Newtons-mètres = Newtons x mètres

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Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Énoncé :
Une personne tient un poids de 10 kg dans la main, coude fléchi à
angle droit et avant bras horizontal.
Pour simplifier, on considère que le poids du bras est nul, et que la
résistance s'applique au niveau de la main.
La distance du coude à la main (D1 = 28 cm) est quatre fois
supérieure à celle du coude à l'insertion du biceps (D2 = 7 cm).
De quel genre de levier s'agit-il ?
Quelle est la force que doit développer le biceps pour simplement
maintenir la charge ?

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Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Corrigé :

Il s'agit d'un levier du 2ème genre, c'est-à-dire inter-puissant.


Nous cherchons à calculer un moment de force. Et nous avons :
F X D2 = R X D1
Nous savons que : R = 10 kg, D1 = 28 cm, D2 = 7 cm. Nous
remplaçons dans l'équation, les lettres par des chiffres.
F X D2 = R X D1 équivaut à 7 X F = 100 X 28
F = (10O X 28) / 7 soit 400 Newton (40kg).

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Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Ceci signifie que le biceps doit développer une force égale à 40 kg


pour simplement maintenir la charge de 10 kg, coude fléchis à
angle droit et avant bras horizontal.
Nous pouvions répondre à la question plus simplement. Pour cela,
nous devons tenir compte du rapport des distances, du coude à
la main (D1) et, du coude à l'insertion du biceps (D2), ainsi :

D1 / D2 = 28 / 7 soit 4

Ce qui nous permet de dire que la force développée par le biceps


devra être égale à quatre fois le poids qui se trouve dans la
main, c'est-à-dire en l'occurrence 4 fois 10 kg soit 40 kg. 37
Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Remarque :

La puissance et la résistance augmentent au fur et à mesure


qu'elles s'éloignent du point d'appui, et ce, quel que soit le genre
de levier.
En effet, il s'agit toujours d'un moment de force, c'est-à-dire du
produit d'une force par une distance.
Ainsi, si nous tenons d'une main, à l'horizontale et à son extrémité,
un bâton sur lequel nous enfilons un disque de fonte de 10 kg ;
pour maintenir le bâton horizontal, nous devrons développer une
force croissante au fur et à mesure que le disque s'éloigne de la
main en glissant sur le bâton. 38
Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Remarque :

Le calcul des moments de forces permet, notamment, d'expliquer


les effets des différents braquets en cyclisme…

Pour solliciter une plus grande force de la part du biceps, il est


possible d'augmenter la résistance et/ou d'augmenter la
distance qui sépare le point d'application de la résistance par
rapport au point d'appui, le choix se fera en fonction de
l'objectif.

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Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Énoncé :
Il s'agit d'un travail d'équilibre dans le plan sagittal, en position
debout. Le sujet pèse 80 kg, dont 40 kg se situent au dessus de
L3 (3ème vertèbre lombaire).
La distance D1 de la verticale passant par le centre de gravité du
corps à la verticale passant par l'articulation, est de 5 cm. Et la
distance D2 de la verticale passant par l'axe du corps au trajet
du muscle, est de 2,5 cm, (cette dernière varie avec la courbure
de la colonne, mais nous ne tiendrons pas compte de cette
variation).
A quel groupe de leviers ce système appartient-il ?
Quelle est la force nécessaire pour maintenir la position du dos
40
droite ?
Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Corrigé :
Le point fixe est L3. Le corps a tendance à tomber en avant, c'est
pourquoi la résistance s'applique en avant de l'axe du corps.
Ce sont les muscles du dos qui retiennent le corps, ils se situent en
arrière de L3. Il s'agit donc d'un levier inter-appui.
La force F, nécessaire pour maintenir le dos droit est deux fois
supérieure à la résistance que représente la moitié du poids du
corps, car nous avons :
5 cm X 400 = 2,5 cm X F
d'où : F = 400 X 2, donc F = 800 newtons (80kg)

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Les leviers du corps humain
Applications - Calculs - Forces applicables / Travail Dirigé

Remarque :
Plus le sujet se penche en avant, plus D2 augmente. Ainsi il est
moins fatiguant d'être assis sur une chaise avec un dossier, que
sur un banc.
En général, les exercices de musculation qui nécessitent d'être
assis, se font sur des bancs avec dossier incliné vers l'arrière,
ce qui permet de réduire D2 et de diminuer les pressions sur le
disque.
On remarque également qu'il est dangereux de soulever un objet
lourd en se penchant en avant.

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