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Les forces: analyse

trigonométrique
Introduction
La décomposition d’une force, musculaire ou gravitationnelle, est
pratiquée en fonction des réalités anatomiques.

 Composante perpendiculaire au chaînon osseux = produit de


l’intensité de la force par le sinus de l’angle que fait sa
direction avec le chaînon osseux.

Si l’articulation est normalement mobile, la composante


perpendiculaire a un effet rotatoire. Si l’articulation est
enraidie, risque d’un effet de cisaillement.

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Les forces: analyse
trigonométrique
Introduction
La décomposition d’une force, musculaire ou gravitationnelle, est
pratiquée en fonction des réalités anatomiques.

 Composante parallèle au chaînon osseux (longitudinale) =


produit de l’intensité de la force par le cosinus de l’angle que
fait sa direction avec le chaînon osseux.

La composante parallèle a un effet de compression ou de traction,


selon que son sens est dirigé vers l’articulation ou lui est opposé

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Les forces: analyse
trigonométrique
Exemple I:

Une charge de 20 kg est fixée au pied d’un sujet assis. On envisage


l’effet rotatoire ou l’effet de traction de la charge pour
différents angles de flexion du genou (tendu, fléchi) …

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Les forces: analyse
trigonométrique
Exemple I:

Position du Angle de la Effet Effet de


genou charge (a) rotatoire traction
F sin a F cos a
Tendu 180° 90° F x 1 = 200 N FX0=0

Fléchi 90° 0° Fx0=0 F x 1 = 200 N

Fléchi 30° 60° F sin 60°= F cos 60°=


200 N x0,86 = 200 N x 0,5=
172 N 100 N
Fléchi 60° 30° F sin 30°= F cos 30°=
200 N x 0,5= 200 N x0,86 =
100 N 172 N 4
Les forces: analyse
trigonométrique
Exemple II:

Le muscle fléchisseur de l’avant-bras s’insère avec un angle de 45°.


Il développe une force de 500 N.
 Sin 45° = cos 45° = 0,707
 Effet rotatoire F x sin 45 = 500 N X 0,707 = 353,5 N
 Effet longitudinal de coaptation F X cos 45 = 500 N x 0,707 =
353,5 N
 En fléchissant le coude, le muscle fléchisseur inséré avec un
angle de 45° développe une force de 500 N qui se répartit
également en un effet rotatoire et un effet longitudinal de
coaptation.

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Les forces produisant le
mouvement humain
La force pesanteur: elle est l’expression de la force gravitationnelle
exercée par la terre sur le corps
 Unité: Newton
 Effets: elle représente une résistance au déplacement du corps vers
le haut (F = m.a) qui correspond au poids du corps. Elle détermine la
chute des corps en provoquant un mouvement rectiligne
uniformément accéléré (F = m.g)
 Dans le lancer d’un projectile, la combinaison d’un MRUA dans le
plan vertical et d’un MRU dans le plan horizontal donne un mvt.
parabolique. Elle intervient dans la poussée exercée par le sujet
sur le sol lors des sauts, de la marche ou autres gestes sportifs.
 Une grande partie de l’action musculaire du corps humain sert à
négocier la position du corps par rapport à l’effet de la
pesanteur

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Les forces produisant le
mouvement humain
La force pesanteur: elle est l’expression de la force
gravitationnelle exercée par la terre sur le corps
 Expression mathématique: F = m.a
F = poids du corps
a = accélération de la pesanteur 9,81 m/s2
m = masse
 Représentation graphique:
- Direction verticale
- Sens vers le bas > signe négatif
- Intensité: proportionnelle au poids du corps ou du chaînon
osseux

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Les forces produisant le
mouvement humain
La force pesanteur: elle est l’expression de la force
gravitationnelle exercée par la terre sur le corps

 Représentation graphique:

- Point d’application: point abstrait appelé centre de gravité

Il s’agit du centre de gravité du corps entier dans les


diagrammes considérant le corps entier. Il peut s’agir du
centre de gravité d’un chaînon osseux ou de deux ou trois
chaînons osseux si le système considéré est restreint à un,
voire deux ou trois chaînons osseux.

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Les forces Fw est la force de pesanteur, Fg est la
produisant le composante verticale de la réaction du
sol. Z est la direction verticale.
mouvement humain
La force pesanteur:
exemple L’équation correspondant aux forces en
cause est:
Σ Fz = m.a
-Fw + Fg = m.a

Comme la personne est stationnaire, on


Fw applique la première loi de Newton:
-Fw + Fg = 0
Fg = Fw

X
Fg,Z 9
Les forces produisant le
mouvement humain
Problèmes: décomposition de la force pesanteur entre deux points
d’appui avec les composantes horizontales (déstabilisatrices et
verticales (stabilisatrices). Vu au 3e chapitre.

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La force musculaire
La FM résulte de la contraction des fibres musculaires qui tirent
sur le tendon et son insertion. Il en résulte un effet
« longitudinal » selon la direction des chaînons osseux de
traction de coaptation et un effet perpendiculaire rotatoire et
plus rarement de cisaillement.
Unité: Newton
Les estimations de la FM sont le plus souvent indirectes:
- Le produit de la surface de section perpendiculaire à la
direction des fibres par la tension spécifique. En moyenne, 30
N/cm2 (ET= 16;60)
- EMG: activité électrique du muscle
- Pression intramusculaire

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La force musculaire
La plupart du temps, on mesure un MOMENT DE FORCE produit au
niveau d’une articulation, mais le moment varie en fonction
d’autres facteurs tels que l’angle d’insertion du muscle et la
longueur des bras de levier.

La mesure des MF est utilisée en sport pour évaluer la capacité de


performance; dans des bilans de kinésithérapie, pour évaluer
l’intensité de la faiblesse musculaire; en rééducation, pour
muscler sous le seuil de la douleur avec le maximum de force
possible. Le moment s’exprime en Nm.

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La force musculaire: effet
Moteur du mouvement: la flexion du coude, le décollement du talon et
des orteils à la phase « pushoff » de la marche, la contraction des
muscles de la ceinture scapulaire en natation sont des exemples où la
contraction musculaire cause le mouvement. Dans ces situations, le
muscle est dit agoniste. Il réalise une contraction concentrique et
rencontre des résistances: la force pesanteur, la contraction
antagoniste.

Parfois, la FM résiste au mvt. Elle est antagoniste. Elle module et freine


l’action de l’agoniste par une contraction excentrique. Exemple: le
triceps dans la flexion du coude.

La FM peut aussi lutter contre l’effet de la pesanteur. On parle d’action


antigravifique. Exemple: extenseurs du rachis en station debout

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La force musculaire:
représentation graphique
L’action d’un muscle est représenté par un vecteur.
Exemple: action des muscles dans une chaîne articulaire à deux
segments.

Envisageons l’action des muscles dans une chaîne articulaire ouverte


composée de deux segments , un mobile, l’autre fixe. Deux cas
peuvent se présenter:
 I. Le segment mobilisé, soit la distance entre le point d’insertion du
muscle et l’axe articulaire est plus court que le segment fixe
comme le cas de la flexion de l’avant-bras sur le bras par le biceps.
 II. Le segment mobilisé est plus long que le segment fixe comme le
cas de la flexion de l’avant bras sur le bras par le long supinateur.

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La force musculaire:
représentation graphique
I. Cas du biceps où B = angle articulaire et a = insertion du muscle.
L’angle articulaire (B) au départ à 180° passe par 90° pour
s’annuler. L’angle d’insertion du biceps au départ de 0° passe par
90° et atteint 180°, son cosinus varie donc de 1 à 0 à -1.
 La composante longitudinale (cos a) est d’abord maximale et
positive en pression, décroît et s’annule, puis devient négative et
maximale pour l’angle d’insertion de 180° exerçant un effet de
traction.
 Le sinus varie de 0 à +1 pour un angle de 90° puis s’annule à 180°.
La composante de rotation (sin a) est d’abord nulle, devient
maximale en milieu de mouvement, puis diminue et s’annule.

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La force musculaire:
représentation graphique
II. Cas du long supinateur

L’angle articulaire au départ à 180° passe par 90° pour s’annuler.


L’angle d’insertion est de 0° puis il augmente sans jamais
atteindre 90°, puis diminue à nouveau.
 Le cosinus de l’angle d’insertion part de 1, diminue sans s’annuler,
puis augmente à nouveau. La composante longitudinale (cos a)
reste toujours positive en pression.
 Le sinus de l’angle d’insertion part de 0°, augmente sans
atteindre 1 puis diminue.. La composante de rotation (sin a) sera
toujours une fraction de la force musculaire. Elle est nulle au
départ, passe par un maximum puis s’annule à nouveau.

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La force musculaire:
représentation graphique
Conclusions: la décomposition d’une force musculaire en sa
composante de rotation et longitudinale doit être précédée
d’une analyse précise permettant de définir le rapport de
longueur des segments fixes et mobilisés. Si la force à
décomposer est la résultante de plusieurs muscles, on considère
comme longueur des segments la distance entre le centre
articulaire et l’intersection de la résultante avec l’axe mécanique
du membre.
 Si l’insertion distale est proche, les muscles en se contractant
ont un effet rotatoire et sont classés dans la catégorie des
muscles de démarrage « spurt muscles »
 Si l’insertion distale est éloignée, les muscles en se contractant
ont surtout un effet de coaptation, « shunt muscle ».

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La force musculaire:
représentation graphique
 Un muscle bi-articulaire comme le biceps peut jouer un rôle de
shunt au niveau d’une articulation et un rôle de démarrage au
niveau d’une autre. Le biceps stabilise l’épaule mais fléchit le
coude.

Le même raisonnement peut être obtenu en étudiant non pas les


forces, mais leurs moments en tenant compte de la longueur du
bras de levier de la force musculaire pour différents angles
articulaires.

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La force musculaire:
représentation graphique
Extrapolation:
1. Les insertions musculaires sont souvent proches du centre de
rotation représenté par l’articulation (>< poignée d’une porte).
 Plus le bras de levier diminue, plus la force devra être grande.
 Le gain se fait au niveau de la cinétique: la vitesse de déplacement
augmente. Exemple du coude, un faible raccourcissement du
biceps entrainera une grande vitesse de déplacement du poignet.

2. Importance de déterminer l’élément fixe pour connaître le muscle


principalement impliqué.
 Flexion du coude avant-bras fixe >< flexion du coude bras fixe.
 Long supinateur >< biceps. Pourquoi, comment?

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