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Conduite à tenir devant une

leucorrhée
Dr Bouchama
Maitre assistante-EHS sidi mabrouk
Introduction

 Définition: leucorrhée ou « pertes


blanches »est un écoulement non sanglant
provenant de l’appareil génital féminin.
 Elle peut etre
 Physiologique: par secrétion
endocervicale(glaire cervicale) et
desquamation vaginale
 Pathologique témoin d’une infection cervico-
vaginale
Rappel physiopathologique

 Le milieu vaginal est colonisé normalement par


une flore bactérienne appelée flore de
Doderlein(bacilles et coccobacilles gram-
positifs).elle constitue une barrière anti-
bactérienne.toute perturbation de cette flore
favorise une inféction
 Le pH vaginal est acide (3,8-4,5) ce qui protège le
vagin contre les infections.cette acidité est due à
la transformation du glycogène en acide lactique
du fait de l’action de la flore de Doderlein
 La rupture des moyens de défense aboutit à:
 Un désiquilibre de la flore normale au profit
des germes pathogènes
 Une augmentation secondaire du pH
 Installation de l’infection génitale basse:
vaginite, vulvo-vaginite, cervicite voire
atteinte du haut appareil génital
Etude clinique

Interrogatoire précise:
 Les caractéristiques de leucorrhée:
 Abondance, aspect, odeur,variations
aucours du cycle
 Circonstances de survenue:
 Changement récent de partenaire
 Traitement médical(antibiotique,
contraceptifs oraux)
Geste invasif endo-utérin(aspiration endo-
utérine,hystéro-salpingographie)
 Signes cliniques associés:
o Fièvre
o Prurit vulvaire
o Dyspareunie
o Douleur pelvienne
o Signes fonctionels urinaires
 Signes cliniques éventuels chez le partenaire
Examen clinique:

 Mesure de la température
 Inspection de la vulve:recherche d’une inflammation
locale (vulvite), une lésion
 Examen vaginal au spéculum:
o Visualisation de la leucorrhée
o Aspect de la muqueuse vaginale, recherche de signes
inflammatoires locaux (vaginite), de lésions vaginales
o Examen du col utérin (cervicite)
o Réalisation de prélèvement vaginaux
 Toucher vaginal
Examen complèmentaires:

 Prélèvements vaginaux avec


o Examen extemporané des secrétions vaginales sur
lame,permet la mise en évidence de polynucléaires et
recherche de trichomonas ou de filaments mycéliens
o Test au potasse à 10% ou « sniff test »: odeur de
poisson pourri caractéristique de l’inféction à
Gardnerella vaginalis
o Examen bactériologique avec mise en culture et
antibiogramme
 Bilan d’infection sexuellement transmissible: sérologie
HIV, hépatite B, syphilis
PRÉLÈVEMENT VAGINAL SPECULUM
Tableau comparatif
Leucorrhée physiologique Leucorrhée pathologique

Caractéristiques de Leucorrhée : Leucorrhée :


l’écoulement Blanche ou transparente D’aspect anormal
inodore En préciser les caractéristiques

Signes fonctionnels aucun Prurit vulvaire, brulure,


associés dyspareunie,douleur pelvienne,
signes urinaires

Variation au cours du cycle Surtout en phase pré- non


ovulatoire, de la glaire cervicale

Signes cliniques chez aucun Parfois (urétrite, balanite)


partenaire
Résultat PV Polynucléaires rares Nombreux PNN altérés
Flore de Doderlein abondante Flore de Doderlein rare ou absente
Pas de germe spécifique Agent pathogène
Diagnostic étiologique
A.Vulvovaginite à candida albicans:
o Facteurs de risques
o Modifications hormonales:
 Grossesse:l’hyperacidité due à
l’imprégnation oestrogénique favorise les
infections mycosiques
 Menopause: désiquilibre de la flore par
atrophie vulvo-vaginale (carence
oestrogénique)
o Diabète, immunodéression
o Antibiothérapie, pilule oestroprogéstative,
corticothérapie, progestatif (par atrophie
muqueuse)
o Hygiène locale inadaptée: les toilettes
excessives (avec douches vaginales), utilisation
d’antiseptiques locaux qui altèrent la flore
normale
o Causes locales favorisants la macérations,
pantalons serrés, sous vêtements synthétiques
clinique

 Leucorrhée blanchatre et grumeleuse d’aspect de


lait caillé, inodore
 Signes fonctionnels:prurit et brulures vulvaires,
dyspareunie
 Vulvo-vaginite, avec oedème vulvaire et lésions
de grattage
→Le diagnostic est avant tout clinique: on ne
réalisera de prélèvement vaginal avec culture au
milieu de Sabouraud qu’en cas de doute
diagnostique et de mycose récidivante
L’examen extemporané retouve de
polynucléaires et filaments mycéliens
Traitement

 Traitement anti fongique local


o Ovules antifongiques
o Pommade vulvaire antifongique
 Mesures associées:
o Savon alcalin ou savon neutre
o Lutter contre facteurs de risques: les sous-
vêtements en coton, équilibre d’un diabète
 Traitement du partenaire: pas systématique s’il
est symptomatique par pommade antifongique
du sillon balano-prépurtial
B.Infections sexuellement
transmissibles
1.Vulvo-vaginites

 A.Infection parasitaire :Trichomonas vaginalis


o Facteurs favorisants:
Alcalinisation du milieu vaginal (ex: savon de
marseille)
Hypo-oestrogénie
o Tableau clinique:
• Leucorrhée verdâtre, nauséabonde et bulleuse
• Vulvo-vaginite et cervicite avec piqueté
hémorragique, col rouge framboisé
o Examen extemporané: présence de
polynucléaires et du protozoaire flagellé et
mobile
Traitement

 Traitement local: ovules flagyl * 1ov /j pdt 10j,


si résistance trt per os fasigyne * (4cp à la
fois)
 Savon acide
 Traitement systématique du partenaire par
fasigyne
 B.Infection bactérienne:
Infection à germes banals, par exemple:
Streptocoque, Escherichia Coli, Staphylocoque
La symtomatologie est variable:
Le diagnostic repose sur le prélèvement vaginal
et mise en culture
2.Cervicite

c’est une infection bactérienne


 Chlamydiae Trachomatis: le portage
asymptomtique est assez fréquent.
o Signes fonctionnels: prurit,
brûlures,leucorrhées,urétrite et dysurie
o À l’examen: glaire sale et louche
o Diagnostic:Mise en évidence du germe par PCR
sur prélèvement de l’endocol
o Traitement: du couple, par tétracyclines ou
macrolides pendant 15jours
 Gonocoque :
o Le tableau clinique est souvent asymptomatique:
simple portage au niveau cervical
o Leucorrhées jaunâtres abondantes,
nauséabondes, brûlures mictionelles
o Vulve oedématiée
o Muqueuse vaginale irritée et rouge framboise
o Col rouge avec pus venant de l’endocol
o Diagnostic repose sur la visualisation de
diplocoques Gram négatif à l’examen
o Le traitement repose
sur les tétracyclines ou
macrolides
o Traitement du
partenaire
3.Infection du haut appareil génital:

o A.Endométrite:inflammation de la muqueuse
utérine, surtout suite à un geste insasif endo-
utérin
Le tableau clinique associe
fièvre+leucorrhée+douleurs pelviennes
o B.Salpingite:infection d’une ou des deux
trompes de fallopes
o Tableau clinique associe syndrome
infectieux, douleurs pelviennes, leucorrhée et
métrorragie
o L’évolution expose au stérilité tubaire, et
grossesse extra utérine
o Traitement: bi-antibiothérapie prolongée
C. Gardnerella vaginalis

 C’est un bacille Gram négatif qui peut être considéré


comme un hôte normal de la flore vaginale.il peut
devenir pathogène, on parle alors de vaginose
bactérienne.
 Le diagnostic est facilement évoqué à l’examen
clinique: leucorrhée abondante, grisâtre et
nauséabonde
 Le diagnostic de certitude sur:
o Test au potasse positif (odeur de poisson pourri)
o pH vaginal alcalin
o Présence de clue cells à l’examen direct
 Le traitement repose
sur le metronidazole
per os