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La Lutte contre le

Blanchiment d’argent

Animateur:
Dr. MAHERZI Mohamed Abbas

1
La Lutte contre le
Blanchiment d’Argent
Objectifs du séminaire

• Importance et enjeux du blanchiment d’argent ;


• Connaissance du dispositif mis en place pour la
lutte contre le blanchiment d’argent ;
• Application des principes d’efficacité et prévention
contre les opérations douteuses;
But ultime: Se préparer pour lutter contre ce fléau.
2
La Lutte contre le
Blanchiment d’Argent
Plan du séminaire

1er journée: Cadre conceptuel (origine, définitions,


phases);
2ème journée: Paradis fiscaux, techniques, enjeux,
effets);
3ème journée: Cadre légal ( dispositif législatif,
commission bancaire, obligations bancaires,
études de cas).
3
1. Origine de l’expression

4
Lutte contre le blanchiment d’argent
• Vespasien (69 –79);
• Son fils Titus (79 –
81);
• Pecunia non olet ;

5
1. Origine de l’expression
• Capone, Al (1899-1947), gangster
américain d'origine italienne, qui s'enrichit
grâce à la prohibition ; il fut surnommé
Scarface. (le Balafré).
• Né à Naples, en Italie, il grandit à
Brooklyn, New York.
• il succéda, dans les années 1920, au chef de
bande Johnny Torrio;, et dirigeait un
réseau, en 1927, de jeu et de prostitution.
• On estime que les revenus qu'il tirait de ces
activités s'élevaient déjà à plus de cent
millions de dollars.

6
1. Origine de l’expression
• Il élimina ses concurrents lors de
multiples guerres des gangs.

• Ces luttes atteignirent leur paroxysme


en 1929 avec le massacre de la Saint-
Valentin, au cours duquel les membres
du gang d'Al Capone tuèrent sept
hommes de la bande de « Bugs »
Moran's, ce qui permit à Scarface de
prendre le contrôle total de la pègre de
Chicago.

• Condamné, en 1931, à onze ans de


prison pour fraude fiscale, Al Capone
fut libéré sur parole en 1939.
Gravement atteint par la syphilis, il
vécut, jusqu'à sa mort, dans un hôtel
7
particulier à Miami Beach, en Floride.
1. Origine de l’expression (suite)

« Blanchiment d'argent »
(money laundering en anglais)

• Argent acquis illégalement est appelé de l'argent sale


(finance noire).

• Issu de trafics d'armes, de drogue, d'être humains, ou


d'autres activités mafieuses.

• Le blanchiment permet à cet argent de passer pour propre.


8
1. Origine de l’expression (suite)

• L'expression "blanchiment d'argent" viendrait des États-


unis;

• Le blanchiment d'argent se faisait par l'achat de


blanchisseries, dans lesquelles étaient écoulés les
produits du crime.

• En 1928, à Chicago, Al Capone racheta une chaîne de


blanchisseries:
les Sanitary Cleaning Shops.
9
1. Origine de l’expression (suite)

• Cette façade légale permettait, ainsi, à Al Capone de


recycler les ressources tirées de ses nombreuses activités
illicites.

• L'arrestation d'Al Capone pour fraude fiscale et non pour


les crimes commis, montre l'importance et la difficulté du
blanchiment d'argent dans les organisations criminelles.

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1. Origine de l’expression
(suite et fin)
• Le mafioso
Lucky Luciano et son
bras droit Meyer Lansky,
comprirent dès 1932
l'importance d'inventer de
nouvelles techniques de
blanchiment de fonds,
notamment grâce au
réseau d'îles
politiquement
indépendantes, dit pays 11
off-shores.
2. Définition du
Blanchiment d’Argent.

12
2. Définition du B.L.A.

• Définition 1: Processus visant à réinjecter dans


l’économie légale les profits provenant des
trafics illicites.

13
2. Définition du B.L.A.
• Un délit consistant à rendre licites des fonds issus de la
délinquance pour :
– Dissimuler la provenance des profits
– Obtenir des revenus du placement de ces fonds
Produits des « activités
Trafic de stupéfiants criminelles organisées »

Financement du terrorisme  
Produits de diverses formes d’activités
illégales : corruption, vol, escroquerie,…

Les institutions financières mais aussi de multiples professions non financ


 peuvent servir, à leur insu, d’instrument du blanchiment
14
2. Définition du B.L.A.
• Définition 2: (point de vue juridique),
 Toute tentative visant à participer à une
transaction monétaire qui met en jeu des
biens d'origine illicite.

15
2. Définition du B.L.A.
 Définition 2 (suite et fin): Pour obtenir
une condamnation, le ministère public doit
démontrer que l'accusé s'est livré à des
transactions financières, ou qu'il a
transporté des fonds d'un pays à un autre,
en rapport avec «une activité illicite
précisée».

16
2. Définition du B.L.A.
• Définition 3:
 De nombreux actes criminels visant à générer
des bénéfices pour l’individu ou le groupe qui
les commet.

17
2. Définition du B.L.A.
Définition 3 (suite):
 Le blanchiment de capitaux consiste à
retraiter ces produits d’origine criminelle
pour en masquer l’origine illégale.

18
2. Définition du B.L.A.
Définition 3 (suite et fin):
• Ce processus revêt une importance
essentielle puisqu’il permet au criminel de
profiter de ces bénéfices tout en protégeant
leur source.

19
2. Définition du B.L.A.
• Définition 4: article 2 de la loi 05-01 du 6 février
2005
 La conversion ou le transfert de biens dont l’auteur
sait qu’ils sont le produit d’un crime;
 dans le but de dissimuler ou de déguiser l’origine
illicite desdits biens ou d’aider toute personne
impliquée dans l’infraction principale
 à la suite de laquelle ces biens sont récupérés à
échapper aux conséquences juridiques de ses actes;

20
2. Définition du B.L.A.
• Définition 4: article 2 de la loi 05-01 du 6 février 2005
 La dissimulation ou le déguisement de la nature
véritable, de l’origine, de l’emplacement, de la
disposition, du mouvement ou de la propriété des biens
ou des droits y afférentes dont l’auteur sait qu’ils sont le
produit d’un crime;

21
2. Définition du B.L.A.
• Définition 4: article 2 de la loi 05-01 du 6
février 2005
 L’acquisition, la détention ou l’utilisation
de biens par une personne qui sait, lors de
leur réception, que les dits biens constituent
le produit d’un crime;

22
2. Définition du B.L.A.
• Définition 4: article 2 de la loi 05-01 du 6
février 2005.
 La participation à l’une des infractions établies
conformément au présent article ou à toute autre
association, conspiration, tentative ou complicité
par fourniture d’une assistance, d’une aide ou de
conseils en vue de sa commission.

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2. Définition du B.L.A.
• Le champ d’application du délit du blanchiment
est très large:
 Il vise toute facilitation de la justification
mensongère de l’origine criminelle ou
délictueuse des fonds et ;
 Toute aide à une opération de placement, de
dissimulation ou de conversion du produit d’un
crime ou d’un délit.
24
2. Définition du B.L.A.
• La liste des activités illicites :
 Les pots-de-vin,corruption;
 La contrefaçon de monnaie;
 Le trafic des stupéfiants;
 L'espionnage;
 L'extorsion;
 La fraude fiscale ;
 Le meurtre;
 Les rapts;
 L'escroquerie et certaines pratiques bancaires;
25
2. Définition du B.L.A.
 Les ventes illégales d’armes;
 La contrebande;
 Le trafic d’êtres humains;
 Les délits d’initiés;
 La fraude informatique.

permettent de dégager des bénéfices importants, ce qui


incite les délinquants à «légitimer» ces gains mal
acquis grâce au blanchiment de capitaux.
26
Les principales activités
criminelles par pays

27
3. Phases de B.L.A.

28
3. Phases de blanchiment

1- le placement;

2- l’empilement;

3- l’intégration.

29
Les 3 étapes du blanchiment
1- Placement : Introduire dans le système financier d’un pays
des fonds provenant d’opérations délictueuses

2- Empilage : brouiller les pistes de l ’origine des fonds par la


multiplication des opérations bancaires ou financières successives
faisant intervenir divers comptes, établissement, personnes,
produits et pays

3- Intégration : investir les fonds d ’origine frauduleuse dans les


circuits légaux de l ’économie et en tirer des bénéfices
30
3. Les phases de blanchiment
(suite)
1- Le placement (prélavage):

 Le blanchisseur introduit ses bénéfices illégaux dans


le système financier;

31
3. Les phases de blanchiment
(suite)
1- Le placement (prélavage):
 En fractionnant de fortes quantités
d’espèces pour obtenir des sommes plus
petites et moins suspectes;

32
3. Les phases de blanchiment
(suite)
1- Le placement (prélavage):

Ils sont alors déposées directement sur un compte


bancaire ou en se procurant divers instruments
(chèques, ordre de virements) qui sont ensuite
collectés et déposés sur des comptes en d’autres
lieux.

33
3. Les phases de blanchiment
(suite)
1- Le placement (prélavage):

• Exemple Pratique:

Les recettes tirées du trafic des


stupéfiants sous forme de petites
coupures;
34
35
3. Les phases de blanchiment
(suite)
1- Le placement (prélavage):

 Les convertir en billets de banque de plus


grande valeur, en chèques ou en d'autres
instruments monétaires négociables;

36
3. Les phases de blanchiment
(suite)
• En passant par des entreprises qui
manipulent beaucoup d'argent liquide (tels
les restaurants, les hôtels, les sociétés de
gestion de distributeurs automatiques, les
casinos, les laveries de voitures) et qui
peuvent servir de couverture.

37
3. Phases de blanchiment
(suite)
2. L'empilement (lavage):

 Le blanchisseur entreprend une série de


transactions financières complexes
destinées à éloigner les fonds de leur
source.

38
3. Phases de blanchiment
(suite)
 Par exemple, ceux qui ont de grosses sommes à
blanchir créent des entreprises fictives dans des
pays qui sont réputés soit pour avoir des lois
strictes en matière de secret bancaire, soit pour
appliquer avec laxisme celles qui régissent le
blanchiment.

39
3. Phases de blanchiment
(suite)
2. L'empilement (lavage):

 Les fonds d'origine douteuse sont ainsi


transférés d'une société à l'autre jusqu'à ce
qu'ils aient une apparence légitime.

40
3. Phases de blanchiment
(suite)
 D'autres techniques d'empilement consistent à faire des
achats coûteux (valeurs mobilières, voitures, avions, titres
de transport, etc.);

 En les enregistrant au nom d'un ami pour éloigner encore


davantage les fonds de leurs origines illicites.

Objectif
ultime:
41
perdre la trace
3. Phases de blanchiment
(suite)
 Les blanchisseurs font parfois appel aux
casinos parce que ces établissements
manipulent l'argent liquide en grande
quantité;

42
3. Phases de blanchiment
(suite)
 Une fois convertis en jetons, les fonds ne se
distinguent pas des gains amassés aux
tables de jeu ;

 Il suffit ensuite de les échanger contre un


chèque tiré sur la banque du casino.

43
3. Phases de blanchiment (suite)

 Ces manipulations doivent être déguisées pour se fondre


sans se faire remarquer dans les transactions légitimes
qui se déroulent tous les jours et qui portent sur des
billions de dollars.

44
Le Casino

45
3. Phases de blanchiment (suite)

 Les auto-prêts et la double facturation sont


des techniques courantes.

46
3. Phases de blanchiment (suite)
a) Auto –prêts:
 Le blanchisseur dépose les fonds dans un établissement
extraterritorial qu'il contrôle secrètement et il se consent
ensuite un prêt à lui-même.

 Cette technique est efficace, parce qu'il est difficile de


découvrir, dans certains pays, qui contrôle effectivement
les comptes extraterritoriaux.

47
3. Phases de blanchiment (suite)
b) La double facturation:

 Permet de faire passer des capitaux d'un pays à un


autre avec l'aide d'un établissement extraterritorial,
chargé de tenir deux livres de comptabilité;

48
3. Phases de blanchiment (suite)
 Pour faire entrer des fonds «propres» aux États-
Unis [ou dans tout autre pays] , l'entreprise
américaine [ou de tout autre pays] grossit le prix
des biens ou des services indiqués sur la facture;

 Pour faire sortir des capitaux (en vue de se


soustraire à la fiscalité, par exemple), les biens
sont surfacturée.
49
3. Phases de blanchiment
(suite et fin)
3. Intégration (essorage):

 Est la plus payante pour le blanchisseur;

 Il sera en mesure d'investir les fonds dans des activités


économiques légitimes;

 Effectuer des investissements commerciaux, l'acquisition


d'immeubles ou l'achat de produits de luxe.
50
Schéma typique d’un circuit de BLA

51
Le blanchiment de capitaux Le financement du terrorisme

Fonds d’origine criminelle $£€ $£€ Actifs légitimes ou fonds d’origine


criminelle

Placement Banque Banque Placement


L’argent et déposé sur des comptes L’actif est introduit dans le système
financier

Banque Banque

Empilement Empilement
Les fonds sont déplacés dans d’autres Les fonds sont déplacés dans d’autres
institutions institutions pour cacher leur origine
Cie assurance Institution
Pour cacher leur origine
fin.non bancaire

Intégration Intégration
Les fonds sont utilisés pour acheter des Les fonds sont distribués pour financer
actifs légitimes des activités terroristes
Actif légitime ou distribution

52
Comment blanchit-on ?

53
Comment blanchit-on?

• Le maquillage;

• Le déguisement;

• L’amalgame.

54
Comment blanchit-on?
Trois méthodes:
• Le maquillage: présenter directement
l’argent sale comme un gain licite;

55
Comment blanchit-on?

• Le déguisement: attribuer le gain illicite à


une opération licite;

56
Comment blanchit-on?

• L’amalgame: intégrer le gain illicite dans


une activité légale.

57
Qui blanchit?
• Petit délinquant du quartier.
• Revenus illicites limités n’entraînant qu’un
faible changement de train de vie.

Son but: dissimuler l’origine des fonds


(maquillage).

58
Qui blanchit?
• Malfaiteur sans activité légale.
• Son but: légaliser des fonds d’origine
illicite (déguisement).

59
Qui blanchit?

• Organisation en réseau (mafia).


• Activités illégales noyées avec activités licites.
• Son but: occulter totalement l’origine illicite
des fonds (amalgame).

60
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent

61
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent
 Le blanchiment de capitaux est la conséquence
logique de pratiquement toute activité criminelle
générant des bénéfices.

 Il peut intervenir pratiquement partout dans le


monde.

62
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent
• Généralement, les blanchisseurs ont tendance à
rechercher des zones dans lesquels ils courent peu
de risque de détection en raison du laxisme ou de
l’inefficacité du dispositif de lutte contre le
blanchiment de capitaux.

63
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent (suite)

 L’objectif du blanchiment de capitaux consiste à


faire revenir les fonds d’origine illégale vers
l’individu qui les a générés,

 Les blanchisseurs préfèrent généralement faire


transiter les fonds par des zones dotées de
systèmes financiers stables.

64
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent (suite)

 L’activité de blanchiment de capitaux peut


aussi présenter une concentration
géographique en fonction de la phase dans
laquelle se trouvent les fonds blanchis.

65
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent (suite)
 Dans la phase du placement, par exemple;

 Les fonds sont généralement traités dans des


zones relativement proches de celle où intervient
l’activité criminelle ;

 Souvent, même si ce n’est pas toujours le cas,


c’est dans le pays d’où proviennent les fonds (la
Russie).
66
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent (suite)
 Dans la phase d’empilement;

 Le blanchisseur peut choisir un centre financier


extraterritorial, un grand centre d’affaires régional
ou encore un centre financier de dimension mondiale;

 Tout lieu doté d’une infrastructure financière et


commerciale convenable.

67
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent (suite)
 Au cours de cette phase empilement;

 Les fonds en cours de blanchiment peuvent aussi


plus simplement passer par des comptes bancaires
ouverts en des lieux divers lorsque cela ne laisse pas
de trace quant à leur source ou à leur destination
finale.

68
4.Lieux de Blanchiment
d’Argent (suite)
 Enfin, dans la phase d’intégration;

 Les blanchisseurs peuvent décider d’investir les fonds


blanchis dans d’autres lieux;

(Générés dans des économies instables ou des endroits


offrant peu de perspectives de placement)
69
Étapes de BLA

70
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux.

71
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux.
Le lieu idéale pour les opérations de blanchiment
de capitaux

« Les Paradis Fiscaux »

72
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).

 Sont des micro-territoires ou des Etats aux


législations fiscales laxistes ou inexistantes.

 En assurant secret bancaire et immunité judiciaire


ils pratiquent l’accueil anonyme des capitaux.

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5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
 Proposant des frais bancaires souvent
modiques, les banques font travailler l’argent
en toute légalité sur les circuits financiers
internationaux;

 Le client n’est pas dans l’obligation de justifier


l’origine de ses fonds.

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5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
• Caractéristiques principales :

 Non pénalisation du blanchiment d'argent;


 Absence d'impôt sur le bénéfice ou le revenu;
 Absence de taxe sur les donations et les successions;
 Secret bancaire, l'existence de comptes; anonymes et
numérotés, la non-obligation pour le banquier de
connaître le client;

 Interdiction pour le banquier de dévoiler aux autorités


judiciaires ou fiscales le nom du bénéficiaire d'une
transaction ou le titulaire d'un compte.
75
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
 Absence de contrôle des transactions financières;
 Absence d'obligation pour le banquier de tenir un livre
financier;
 Existence d'instruments monétaires "au porteur";
 Absence ou la faiblesse d'organismes de contrôle bancaire;
 Présence de zones franches;
 Absence d'obligation pour le banquier d'informer les
autorités sur des transactions douteuses;
 Dissimulation d'information et de statistiques par les
institutions financières nationales.

76
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
 Absence ou la faiblesse de moyens
d'investigation sur les activités criminelles ;
 Présence intensive d'opérations financières
étrangères;
 Absence de loi sur la saisie d'actifs;
 Absence de contrôle de filiales de groupes
multinationaux.

77
Carte des Paradis Fiscaux

78
Carte des Paradis Fiscaux
• Europe : Andorre, Dublin, Jersey, Guernesey, Alderney, Sark,
Gibraltar, Île de Man, Luxembourg, Suisse, Liechtenstein,
Monaco, Malte, Vatican, Chypre.
• Asie : Labuan, Philippine, Hainan et Hong-Kong, Singapour,
Afghanistan, Liban, Émirats Arabes Unis, Bahreïn et Oman.
• Océan Indien : Maldives, Seychelles et Maurice.
• Amérique Centrale : Belize, El Salvador, Costa Rica et Panama.
• Amérique du Sud : Uruguay et Paraguay.
• Océan Pacifique: Polynésie Française, Pitcairin, Cook, Tonga,
Fidji, Vanuatu, Samoa Occ., Nauru et Marshall.
• Océan Atlantique: Cap Vert, Saint Hélène et Madère.
• Afrique: Ceuta, Gambie et Libéria.
• Antilles: Bermudes, Bahamas, Turks & Caïcos, République
Dominicaine, Iles Vierges, St Kitts & Nevis, Anguilla, Antigua et
Barbuda, Montserrat, Barbade, St Vincent & Grenadines, Caïman,
Jamaïque, Aruba, Antilles Néerlandaises et Grenade.
79
80
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
Les paradis fiscaux selon leur
spécialité:
• Pour les personnes physiques,
mieux vaut transférer ses avoirs en
Suisse dans le canton de Vaud ou
bien en Andorre ou à Monaco,
voire en Polynésie Française ou
encore dans l'île anglo-normande
de Sercq, moins lointaine.
81
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
• Pour les sociétés, on préfèrera les
multiples îles des Caraïbes et du
Pacifique. À chaque type de
société correspond un paradis
fiscal.
• Les Bermudes ont mis en place
un système réglementaire
particulièrement attirant pour le
secteur des assurances : les
sociétés ont doublé leur
contribution au PNB local. Elles
génèrent plus de 40 % des 2,5
milliards de dollars du PNB des
Bermudes. 82
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
• Dans les îles Caïmans
(Antilles), ce sont les activités
de restructuration des dettes
d'entreprises ainsi que le
management des fonds
institutionnels qui connaissent
une croissance annuelle de 10
à 20 %.

83
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
• Aux Bahamas c'est la
gestion de patrimoine et
les placements de
fondations industrielles
qui occupe les trois quart
de l'activité offshore
locale.
• Cette gestion apporte
plus de 15 % d'un PNB
estimé à 4.5 milliards de
dollars.
84
5. Blanchiment d’argent et les
paradis fiscaux (suite).

• La Malaisie a installé sur l'île de Labuan toutes les infrastructures


nécessaires à la gestion des patrimoines des nouveaux riches.
• Résultat : 54 banques implantées en 10 ans et près de 10 milliards
de dollars de transactions.
• Pour sa part, l'île caraïbe d'Anguilla est en train de devenir un
centre de paiement pour les sociétés Internet.
85
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite).
• Pour les holdings, mieux vaut utiliser les services compétents des
banquiers luxembourgeois, chypriotes ou des Antilles néerlandaises.
Ce sont les plus chics des paradis fiscaux, les plus établis.

86
5. Blanchiment d’argent
et paradis fiscaux (suite et fin).

• Malte, Panama et le Libéria jouissent d'une bien douteuse


réputation en accordant leur pavillon à des rafiots rouillés.
• Plus des deux tiers de la flotte mondiale sont ainsi à l'abri des
réglementations tatillonnes en terme de sécurité d'assurance ou de
qualifications minimales pour l'équipage.
• Panamá ne se limite pas aux pavillons de complaisance : l'État
vient d'accueillir la major pétrolière Exxon-Mobil. Sur ce
territoire, l'administration fiscale elle-même recommande à ses 87
contribuables d'établir deux comptabilités parallèles...!!!
6- Les techniques de
blanchiment d’argent.

88
6- Les techniques de blanchiment
(suite).
• Les réseaux criminels :
 Les criminels sont organisés en réseaux;
 Le réseau est un bon instrument d’action pour
maîtriser la complexité;
 C’est sur cette complexité que repose la force du crime
organisé;
 En Russie, les spécialistes du blanchiment évaluent à
100.000 le nombre de personnes employés à temps
plein et prés de 3.000. 000 à temps partiel.

89
Acteurs Méfaits Organisation Profits

Délinquant Vol Besoin


cambriolage Primaire alimentaire
traditionnel
dealer

Criminalité Proxénétisme Groupement


organisée racket Bandes Investissement

Criminalité Drogues
organisée Armes Mafias capitalisation
réseau Êtres Réseaux
humains

90
6- Les techniques du blanchiment
d’argent
On distingue deux types de techniques

a) Les techniques artisanales (classiques)


du blanchiment d’argent;

b) Les techniques financières du


blanchiment d’argent.
91
a) Les techniques artisanales du
blanchiment des capitaux

• On peut les distingué en deux catégories :

1- Les actes strictement individuels

2- Les cavaleries mettant en action un


ensemble social

92
1- Les actes individualisés

• Les achats d’or et de pierre précieuses


• Les fourmis japonaises
• Le faux procès

93
2- Les processus en chaîne

• Les fausses factures


• Les opérations immobilières
• L’Hawala

94
Les techniques financières du
blanchiment des capitaux
• On peut cité a titre d’exemple :

• Les cartes préchargées


• Rachat de sociétés
• Le blanchiment par les marchés financiers

95
6- Techniques classiques de
blanchiment (suite).
1 - La technique des fourmis japonaises:
C’est l’illustration d’un circuit rudimentaire qui consiste à :
 Distribuer de l’argent sale à des faux touristes, c’est «le
placement»;
 Partent en voyage en Europe et achètent des produits de luxe ,
c’est «l’empilement»;
 De retour, ils les remettent aux commanditaires pour être
revendus dans des boutiques de luxe, c’est la phase,
«intégration».

96
6- Techniques classiques de
blanchiment (suite).
2 - La technique des faux procès:
 Deux sociétés écran « criminelles » s’attaquent
mutuellement en justice pour de faux prétextes et réclament
des sommes astronomiques.
 Deux solutions :
- s’arranger à l’amiable en contrepartie de l’abandon du
procès
- Laisser les poursuites prospérer et payer la somme
ordonnée par le tribunal
Dans les deux cas, l’argent est justifié.

97
6- Techniques classiques de
blanchiment (suite).
3- La technique des fausses spéculations immobilières:
 Le criminel demande un prêt pour construction ou
achat d’un bien immobilier;
 II entame la construction d’un immeuble luxueux;
 Il revend l’immeuble ou la villa au prix du marché à un
autre criminel qui a demandé un prêt et ainsi de suite;
 A chaque transaction, l’argent sale est mélangé à de
l’argent propre;

98
6- Techniques classiques de
blanchiment (suite et fin)
4 - La technique du commerce de façade:

 Le criminel ouvre un restaurant;

 Il justifie l’investissement par des prêts ou la


vente des ses biens ( voiture,bijoux..);

 Lorsque le restaurant devient opérationnel le


propriétaire intègre l’argent sale car aucune
technique ne permet de contrôler le nombre de
repas vendu. 99
Le prêt adossé

100
7- Nouvelles technologies
et blanchiment d’argent
(Internet)

101
7- Les nouvelles technologies et
blanchiment d’argent (Internet)
Internet offre un potentiel exceptionnel
 Par la dématérialisation
• Monde virtuel;
• Anonymat;
• Rapidité des transferts d’argent.
 Par la non territorialité
• Phénomène transnational;
• Conflits de compétences;
• Conflits de juridictions.
102
7- Nouvelles technologies et le
blanchiment…. (suite).
1- Le e-banking:
 Dans beaucoup de pays, les banques proposent des
services via Internet.

 Le client peut agir et mouvementer son compte à tout


moment et sans que personne ne sache ou il se trouve
physiquement.

 Internet offre la possibilité d’ouvrir des sites illégaux


à des banques en infraction avec la réglementation.
103
7- Nouvelles technologies et le
blanchiment … (suite).
2- Les jeux et casinos virtuels:
 Les jeux en ligne offrent la possibilité de blanchir
l’argent sale;
 Les jeux sur les sites autorisés : le criminel
télécharge un logiciel ad hoc, ouvre un compte,
approvisionne la mise et joue. Les sommes seront
créditées sur son compte.

104
7- Nouvelles technologies et le
blanchiment … (suite).
3- Les places boursières:
 L’achat d’actions est devenu chose aisée sur le
net;
 Internet offre les services de réception ou
d’exécution d’ordre de bourse;
 Ces services profitent bien évidemment aux
spécialistes du blanchiment.

105
8. Enjeux du
Blanchiment de capitaux

106
8. Enjeux du Blanchiment de
capitaux
• Comme les malfaiteurs ont tout intérêt à
dissimuler leurs activités;

• On ne connaît pas précisément le volume


total du blanchiment des capitaux.

107
8. Enjeux du Blanchiment de
capitaux
• le F.M.I situe le B.L.A dans une fourchette allant
1500 milliards USD < PCB < 5000 milliards USD

PCB: Produit Criminel Brut mondial

dont la moitié doit être blanchie pour être réintégrée à


l’économie légale, soit entre 3  et 9% du PIB
mondial.

108
8. Enjeux du Blanchiment de
capitaux
• Le trafic de stupéfiants fournit la moitié du chiffre
d’affaires de l’ensemble des trafics illicites;

• Les contrefaçons de médicaments représentaient 7%


du commerce mondial licite de médicaments, soit un
chiffre d’affaires de 12 milliards de dollars (OMS).

109
8. Enjeux du Blanchiment de
capitaux
• Les trafics d’êtres humains généreraient plus
de 14 milliards de dollars par an (Interpol);

• Les trafics des animaux 15 milliards de dollars


(WWF);

• Piratage informatique 200 millions de dollars


de revenus.
110
8. Enjeux du Blanchiment de
capitaux
• D'après le magazine Business Week (2004),
c'est 2 milliards de dollars qui sont injectés
chaque jour dans l'économie des États-
Unis ; dès lors, il est aussi difficile de
débusquer un blanchisseur que de trouver
une aiguille dans une botte de foin.

111
9. Les effets du
Blanchiment d’Argent.

112
9. Les effets du Blanchiment
d’Argent.
1. Le blanchiment déstabilise le secteur privé.
les blanchisseurs utilisent des sociétés de
façade qui mêlent le produit d’activités
illicites à des fonds d’origine licite pour
en dissimuler l’origine. (exemple
restaurants)

113
9. Les effets du Blanchiment
d’Argent.
2. Le blanchiment porte atteinte à l’intégrité
des marchés financiers. (faillite des
banques: la banque de l’union européenne
en 1990, de la banque Barings en 1995).

114
9. Les effets du Blanchiment
d’Argent.
3. Le blanchiment entraîne à terme la perte de
contrôle de la politique économique.
Dans des économies émergentes,Les gains
illicites risquent d’éclipser le budget de l’Etat
privant ainsi le gouvernement du contrôle de la
politique économique.

115
9. Les effets du Blanchiment
d’Argent.
4. Le blanchiment peut avoir des effets sur les
monnaies et les taux d’intérêt.
Accroître les risques d’instabilité monétaire en
raison de la mauvaise affectation des ressources
résultant de distorsions artificielles des prix des
biens et des produits de base ce qui peut être à
l’origine d’une instabilité économique.
(Bâtiments, Hôtelleries)

116
9. Les effets du Blanchiment
5- Le blanchiment diminue les recettes fiscales de l’État
et cause un préjudice indirect aux contribuables qui se
traduit par des taux d’imposition plus élevés.

• Le blanchiment génère pour la société des risques et


des coûts importants.

• Il permet aux organisations criminelles de prospérer et


grève les budgets des États qui sont contraints de
consacrer des ressources importantes au recrutement
des agents en charge des poursuites.
117
9. Les effets du Blanchiment
6- A terme, le blanchiment transfère le pouvoir
économique du marché, de l’État et de la
population aux organisations criminelles.
Le blanchiment n’est pas un simple manquement
à des lois, il menace en réalité la sécurité
nationale et internationale.

118
10. Dispositif légal de lutte
contre le blanchiment
d’argent

119
Chronologie
12/12/1988 20/12/1988 juillet 1989 avril 1990 1997 1999 22/06/2001

Comité de Convention Création du 1er rapport GAFI :


Bâle de Vienne GAFI du Comité identification
40 de Bâle 2ème PTNC
recommandations rapport du
du GAFI Comité de
Bâle

120
10. Dispositif légal de lutte
contre le blanchiment d’argent
A- Au plan international:
Les conventions :
• Convention des nations unies du 20 décembre 1988 contre le trafic
illicite de stupéfiants et substances psychotropes;
• Convention des nations unies du 9 décembre 1999 pour la
répression du financement du terrorisme
• Convention des nations unies du 15 novembre 2000 contre la
criminalité transnationale organisée
• Convention arabe de lutte contre le terrorisme du 22 avril 1998
• Convention de l’organisation de l’Unité africaine (OUA) sur la
prévention et la lutte contre le terrorisme adoptée durant la session
d’Alger du 12 au 14 juillet 1999

121
10. Dispositif légal de lutte contre
le blanchiment d’argent …(suite)
a) Dispositif de lutte contre le blanchiment et
le financement du terrorisme :

• La résolution du conseil de sécurité


n°1373.
• La résolution du conseil de sécurité
n°1390.

122
10. Dispositif légal de lutte contre
le blanchiment d’argent …(suite)
b)Les organismes internationaux :
• L’ONU
• Les institutions de Bretton Woods
• Le GAFI ( il a étendu après le 11septembre 2001, sa
mission à la lutte contre le financement du terrorisme)
• Le comité de Bâle.

123
Le comité de Bâle (1/3)
• Comité des Règles et Pratiques de Contrôle des
Opérations Bancaires de la Banque des
Règlements Internationaux (dit « Comité de
Bâle »)
• Déclaration de principes adoptée le 12 décembre
1988 ;

124
Le comité de Bâle (1/3)
• Élaboration d’un rapport sur la « Prévention de
l’utilisation du système bancaire pour le
blanchiment de fonds d’origine criminelle »
– Exposition des principes éthiques de base ;
– Encouragement des banques à mettre en place
des procédures efficaces pour identifier la
clientèle, refuser les transaction douteuses et
coopérer avec les instances chargées de
l’application des lois.
125
Le comité de Bâle (2/3)
• Élaboration d’un rapport en 1997 sur les « Principes
fondamentaux pour un contrôle bancaire efficace »
– Analyse plus large des contrôles internes
– Précise que les banques devraient disposer de politiques, de
pratiques et de procédures appropriées
– Précise que les autorités de contrôle devraient encourager
l’adoption des recommandations émises par le GAFI
• Méthodologie des principes fondamentaux en 1999 qui
complète le rapport de 1997

126
Comité de Bâle (3/3)
• Devoir de diligence des banques au sujet de leur clientèle (octobre
2001) qui définit les normes de « connaissance de clientèle »
– Politique d’acceptation de nouveaux clients
– Identification de la clientèle (exigences générales et aspects
particuliers de l’identification) :
• Comptes de fiducie et de mandataires ;
• Personnes morales ;
• Clientèle recommandée ;
• Comptes clients ouverts par des intermédiaires professionnels ;
•…
– Surveillance continue des comptes et transactions
– Gestion des risques
– Rôle des autorités de contrôle
– Mise en œuvre des normes « connaissance de clientèle » dans un
contexte trans-frontalier 127
Convention de Vienne
• Adoptée par les Nations Unies le 20 décembre
1988
• Ciblée contre le trafic illicite de stupéfiants et de
substances psychotropes
• Objectif : promouvoir la coopération entre les
signataires afin de s’attaquer avec plus
d’efficacité aux divers aspects du trafic illicite
de stupéfiants
128
Le GAFI
• Groupe d’Action Financière
• Crée à l’initiative de la France à l’issue du « Sommet de
l’Arche » de juillet 1989
• Organisme intergouvernemental qui a pour objectif de concevoir
et de promouvoir des stratégies de lutte contre le blanchiment de
capitaux
• Regroupe 29 pays ou territoires
• Émission en avril 1990 d’un rapport contenant 40
recommandations
• Rapport du 22 juin 2001 : identification des pays et territoires
non coopératifs (PTNC).
• Les PTNC sont au nombre de 19 : les Îles Cook, Dominique,
Égypte, Grenada, Guatemala, Hongrie, Indonésie, Israël, Liban,
Îles Marshall, Myanmar, Nauru, Nigeria, Niue, Philippines,
Russie, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent et les
Grenadines, Ukraine.
• Rapport Octobre 2005 Mynmar (ex-Birmanie) et Nauru. 129
10. Dispositif légal de lutte contre
le blanchiment d’argent …(suite)
Recommandations internationales:
• Les 40 recommandations du GAFI ( En 1990, le GAFI a
rédigé un plan d’action conte le blanchiment des capitaux
sous forme de 40 recommandations, révisés en 1996.
• Elles traitent du rôle du système de justice pénale dans
cette lutte, du rôle du système financier et de la
réglementation ainsi que de la coopération
internationale.
• Chaque État membre s’est engagé à mettre en œuvre ces
40 principes en fonction de ses propre contraintes).
130
10. Dispositif légal de lutte contre
le blanchiment d’argent …(suite)
• Les 9 recommandations spéciales du GAFI
• Directives 91/308/CEE du Conseil des Communautés
européennes du 10 juin 1991
• Directive 2001/97/CE du Parlement européen et du
Conseil du O4 décembre 2001, modifiant la directive
91/308/CEE

131
10. Dispositif légal de lutte contre
le blanchiment d’argent …(suite)
 Liste des pays non coopératifs :
Le GAFI inscrit sur cette liste les pays contre
lesquels la vigilance doit être accrue, car ils
présentent des défaillances dans leurs
dispositifs anti – blanchiment ou un manque
de volonté manifeste de coopération.

132
10. Dispositif légal de lutte contre
le blanchiment d’argent …(suite)
B- Au plan national:
• Les articles 104 à 110 de la loi de finances pour 2003(abrogé);
• Loi n° 05 – 01du 06/02/2005 relative à la prévention et à la lutte
contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme;
• Loi n° 04-15 du 10/11/2004 modifiant et complétant le code pénal;
• Loi n° 04-02 du 23/06/2004 fixant les règles applicables aux
pratiques commerciales;
• Ordonnance 03-11 du 23/8/2003 relative à la monnaie et au crédit;
• Ordonnance 96-22 du 09/07/96 modifiée et complétée relative à la
répression de l’infraction à la législation et à la réglementation des
changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger.

133
10. Dispositif légal de lutte contre
le blanchiment d’argent …(suite)
• La loi 06-01 du 20/02/2006 relative à lutte contre la corruption;

• Décret exécutif n° 02/127 du 07/04/2002 portant création de la


cellule de traitement du renseignement financier (CTRF).
• Décret exécutif n 06 – 05 du 9 janvier 2006 relatif à la déclaration
de soupçon.
• Décret exécutif n° 05-442 du 14/11/2005 fixant le seuil
applicable aux paiements devant être effectués par les moyens de
paiement à travers les circuits bancaires et financiers (abrogé) par
le D.Ex. 06-289 du 30 août 2006;
• Arrêté interministériel du 01/02/2005 portant organisation des
services administratifs et techniques de la CTRF;
• Règlement de la Banque d’Algérie n°05-05 du 15/12/2005.
134
11. Conséquences de
blanchiment d’argent pour
les banques

135
11. Conséquences de blanchiment
d’argent pour les banques.

1- Risque de réputation

2- Risque disciplinaire

3- Risque pénal

136
11. Conséquences de blanchiment
d’argent pour les banques.
• Le risque de blanchiment provoque trois risques :
1- Risque de réputation compris comme le risque de
dégradation de l’image.
 Il induit une incidence négative sur la réputation de la
banque lorsque une suspicion pèse sur elle, ce qui
engendre une perte de confiance des opérateurs
économiques et de la place.
 Cette suspicion est facilitée par la médiatisation des
affaires liées au blanchiment.
137
11. Conséquences de
blanchiment d’argent (suite).
2- Risque disciplinaire:
• En cas de suspicion ou de participation avérée à
une opération de blanchiment, la commission
bancaire ouvre une procédure disciplinaire.

138
11. Conséquences de
blanchiment d’argent (suite).
3- Risque pénal :
• Le délit de blanchiment est sanctionné par des
peines de prison, des amendes , des confiscation
des biens et revenus et peut aller jusqu’à la
dissolution de la personne morale (voir chapitre V
arts.:31,32,33 et 34 de la loi sur LAB).

139
12. la typologie des risques de
blanchiment
 Dans la banque, le risque est plus dans la collecte de
fonds que dans l’octroi de crédit.
 C’est pourquoi, dans la cartographie des risques, il faut
étalonner les risques par rapport à leur degré
d’occurrence.
• Opérations de caisse ( espèces, chèques, virements,
prélèvement..)
• Types de clients ( résidents, non résidents, passagers )
• Activités ( placements, marchés, crédit)
• Technologies utilisées( papier, Internet..)
• Secteurs d’activités économiques;
• Le pays. 140
13. Les obligations légales des
Banques
4 éléments importants:
a) Connaissance du client (Know Your
Customer);
b) Obligation de vigilance sur les opérations;
c) Rapport confidentiel;
d) Déclaration de soupçon;

141
13. Les obligations légales des
Banques
a) Connaissance du client:
Personnes physiques :
 Pièce d’identité officielle, en cours de validité;

 Justificatif de domicile ( adresse);


Mêmes exigences pour le mandataire et le client occasionnel
comptes joints, identification de chacun d’eux;

 Tout cela est résumé par la formule :


«connais ton client» (KYC)

142
13. Les obligations légales des
Banques
personne morale :
 Statuts originaux ou copie certifiée conforme;

 Immatriculation du registre de commerce;

 Publicité de la création ( BOAL, journaux..);

 Déclaration d’existence fiscale, NIF;

 Contrat de location .
143
13. Les obligations légales des
Banques
b) Vigilance sur les opérations:
 Opérations en espèces:
 Tout paiement d’un montant supérieur à
50.000 DA doit être effectué par les moyens de paiement à
travers les circuits bancaires et financiers; (abrogé)
 Devoir de vigilance particulier sur les versements importants
sur comptes courants commerciaux , comptes devises de non –
résidents, comptes ouverts aux personnes morales hors profil;
 La raison pour laquelle ces opérations doivent être surveillées,
c’est que vous pouvez avoir de l’argent sale mélangé à de
l’argent propre.
144
13. Les obligations légales des
Banques
 Opérations anonymes:
- Obligation d’identification pour toutes opérations,
nominatives et anonymes;
- Le refus de fournir les documents d’identification exigés par
la loi entraîne le refus de la banque d’effectuer l’opération;
- Les documents d’identification sont conservés à l’appui des
documents comptables (délai 5ans);
- Pour les bons de caisse anonymes, il convient de transcrire
sur un registre spécial l’identité du souscripteur;
145
13. Les obligations légales des
Banques
 Opérations ponctuelles:

- Les exigences d’identification sont les mêmes


pour les clients occasionnels dits «de passage»
que pour les clients habituels.
( article 8 de la loi 05-01)

146
13. Les obligations légales des
Banques
 Virements domestiques, transferts , rapatriements
- Vigilance particulière pour les opérations de gros montant
hors profil client;
- Indiquer impérativement le nom du donneur d’ordre sur
les virements et transferts émis;
- Pour les virements reçus et rapatriement exiger les noms
du donneur d’ordre s’il n’est pas indiqué par la banque du
donneur d’ordre;
- Pour les opérations avec l’étranger, tenir compte des pays
concernés.
147
13. Les obligations légales des
Banques
 Chèque clientèle, chèque de banque:
- Critère majeure de prévention : examen des
endos, notamment les endos multiples pouvant
être révélateur d’un circuit d’encaissement
illicite;

- L’usage du chèque de banque peut être un moyen


de masquer l’origine des fonds tout en donnant
à la transaction un caractère faussement légal.
148
13. Les obligations légales des
Banques

 Opérations carte bancaire :


- Vigilance sur les encaissements par carte bancaire
effectués par les commerçants.
- Vigilance sur les usages anormaux des cartes
bancaires domestiques et à l’étranger: paiements
nombreux et importants excédant les revenus du
porteur, retraits en espèces fréquents et atypiques. 149
13. Les obligations légales des
Banques
 Opérations documentaires:
• Vérifier la réalité et la vraisemblance des
opérations économiques;
• Origine géographique des marchandises et leur
destination;
• Identifier importateur et exportateurs;
• Pays concernés;
• Banques intervenantes.
150
13. Les obligations légales des
Banques
c) Rapport confidentiel:
1- A qui incombe la responsabilité d’établir un rapport de
confidentialité?
 Les services des impôts et douanes;
 Les inspecteurs de la Banque d’Algérie;
 Les banques et établissement financiers.

151
13. Les obligations légales des
Banques
2- Contenu du rapport confidentiel :
- Conditions de complexité inhabituelle,
- Absence apparente de justification économique ou
d’objet licite,
- Se renseigner sur :
• l’origine des fonds;
• la destination des fonds;
• l’objet de l’opération;
• l’identité des intervenants économiques.
152
13. Les obligations légales des
Banques
d) La déclaration de soupçon:
1. Dans quelles circonstances doit-on faire la
déclaration?
2. Qui doit faire la déclaration?
3. A qui déclare-t-on?
4. Quand faut-il déclarer un soupçon?
5. Comment déclarer un soupçon?
6. Quelles sont les mentions à faire figurer sur la
déclaration?
7. Confidentialité de la déclaration.
153
13. Les obligations légales des
Banques
1. Dans quelles circonstances doit-on faire la
déclaration?
• Pas de règles strictes et précises sur la
manière dont la banque doit apprécier le
caractère suspect d’une opération motivant
une déclaration auprès de la CTRF.

154
13. Les obligations légales des
Banques
1. Dans quelles circonstances doit-on faire la
déclaration?
• Le soupçon est une impression subjective et
dépendra d’ailleurs, des circonstances
précises de chaque situation particulière
rencontrée.

155
13. Les obligations légales des
Banques
1. Dans quelles circonstances doit-on faire la déclaration?
La banque doit:
a) Avoir un doute sérieux soit sur l’origine des sommes
inscrites dans ses livres, soit sur la motivation réelle
d’opérations portant sur des sommes d’argent.
La banque pourra donc agir sans avoir une vraie
certitude mais en disposant de certains éléments
révélateurs qui lui donnent à penser que les sommes
ou les opérations en cause pourraient ne pas avoir
une origine régulière. 156
13. Les obligations légales des
Banques
1. Dans quelles circonstances doit-on faire la
déclaration?
b) Suspecter en outre, que l’origine irrégulière
des sommes ou des opérations pourrait être
liée au trafic de drogues ou à une autre
activité criminelle y compris le terrorisme.
Lorsque ces circonstances sont réunis, la banque
est alors tenue d’effecteur la déclaration de
soupçon.
157
13. Les obligations légales des
Banques
2. Qui doit faire la déclaration?
• La déclaration est faite à l’initiative de la banque et d’elle
seule, en tant que personne morale.
• Chaque établissement est tenu de désigner en son sein la
ou les personnes spécialement habilitées à effecteur la
déclaration au nom de la banque.

158
13. Les obligations légales des
Banques
3. A qui déclare-t-on?

Toute déclaration de soupçon devrait être


faite à la CTRF.

159
13. Les obligations légales des
Banques
4. Quand faut-il déclarer un soupçon?
• Elle doit être établie le plutôt possible, dés la
naissance d’un soupçon.
• Notons que la déclaration peut intervenir à priori
(avant l’opération) ou au contraire à posteriori
s’il n’a pas été possible de retarder l’opération ou
si les éléments fondant le soupçon apparaissent
après l’exécution de cette opération.

160
13. Les obligations légales des
Banques
5. Comment déclarer un soupçon?
• La déclaration est généralement faite par écrit et
peut faire usage de moyens tels que la télécopie, le
télex ou le courrier.

• En cas d’urgence, elle peut aussi être faite par


téléphone; dans ce cas la déclaration devra toujours
être confirmé par un écrit qui précisera entre autres
le jour et l’heure précises de la déclaration
téléphonique.
161
13. Les obligations légales des
Banques
6. Quelles sont les mentions à faire figurer sur
la déclaration?

Il y’ a une forme légale à la déclaration de


soupçon.

162
13. Les obligations légales des
Banques
7. Confidentialité de la déclaration.

• A partir du moment où un soupçon de blanchiment existe et qu’une


déclaration est évoquée, il est évident qu’aucune information ne peut
filtrer à ce sujet en direction des personnes physiques ou morales
potentiellement mises en cause.

• La déclaration, ses éléments et les suites de cette déclaration sont


couverts par un secret absolu.

• La violation de ce secret par un employé ou dirigeant de la banque est


sanctionnée pénalement (amende de 200.000DA à 2.000.000 DA sans
préjudice de peines plus graves et de toute autre sanction
disciplinaire).. 163
13. Les obligations légales des
Banques
d) Déclaration de soupçon à la CTRF:
1- Professions assujetties;
2- Champ d’application;
3- Modalité de déclaration;
4- Traitement de la déclaration de soupçon;
5- Protection du déclarant et secret bancaire.

164
13. Les obligations légales des
Banques
1- Professions assujetties:
• Les banques et établissements financiers;
• Les services financiers d’Algérie Poste;
• Les institutions financières apparentées;
• Les compagnies d’assurances;
• Les bureaux de change;
• Les mutuelles;
• Les paris, les jeux et les casinos.

165
13. Les obligations légales des
Banques
1- Professions assujetties à l’obligation de
déclaration
Toute personne qui conseille et/ou réalise des
opérations entraînant des dépôts, des échanges, des
placements, conversions ou tout autre mouvement de
capitaux,notamment:

166
13. Les obligations légales des
Banques
• Les professions libérales réglementées:
 les avocats;
 les notaires,
 les commissaires priseurs,
 les experts comptables,
 les commissaires aux comptes,
 les courtiers,
 les commissionnaires en douane,
 les agents de change,
 les intermédiaires en opération de bourse,
 les agents immobiliers,
 les entreprises d’affacturage,
 les marchands de pierres et métaux précieux, d’objets d’antiquité
et d’œuvre d’art. 167
13. Les obligations légales des
Banques
2 - Champ d’application de la déclaration de
soupçon:
 Toute opération qui porte sur des fonds paraissant provenir
d’un crime ou d’un délit notamment le crime organisé et le
trafic de stupéfiants et substances psychotropes;

 Ou semblent être destinés au financement du terrorisme.

168
13. Les obligations légales des
Banques
3- Modalités de la déclaration de soupçon:
a) Délai d’établissement de la déclaration de
soupçon
- Dés qu’il y a soupçon, même s’il a été
impossible de surseoir à l’exécution des
opérations
- ou postérieurement à leur réalisation
- Toute déclaration de soupçon tendant à
renforcer le soupçon ou à l’infirmer doit être
faite sans délai à la CTRF. 169
13. Les obligations légales des
Banques (suite)
b) Forme et contenu de la déclaration de soupçon:
- Le décret relatif à la déclaration de soupçon a
défini le modèle de la déclaration de soupçon qui
doit contenir les indications suivantes :
- Coordonnés de l’établissement déclarant;
- Informations sur le compte objet du soupçon;
- Identification du titulaire;

170
13. Les obligations légales des
Banques (suite)
Suite:
- Identification des mandataires;
- Informations sur les opérations objet du
soupçon: description, rapport entre les parties,
nature des fonds soupçonnés, moyens de
paiement, origine des fonds, destination des
fonds, banques concernées, objet du soupçon.

171
13. Les obligations légales des
Banques (suite)
4- Traitement de la déclaration de soupçon:
a) Accusé – réception et transmission éventuelle au
procureur de la république
- Accusé réception par CTRF
- Collecte des renseignements et indices permettant
d’établir l’origine des fonds ou la nature réelle des
opérations déclarées
- Transmission par la CTRF au procureur de la République
si les faits déclarés sont susceptibles de constituer
l’infraction de blanchiment et/ou de financement du
172
terrorisme
13. Les obligations légales des
Banques (suite)
4- Traitement de la déclaration de soupçon (suite):

b) Mesures conservatoires éventuelles de la CTRF


• Opposition possible de la CTRF,
• Durée maximale 72 heures,
• En cas de fortes présomptions d’infraction
• Mention de l’opposition dans l’accusé de réception de la
déclaration de soupçon
• Possibilité d’extension au delà de 72 heures sur décision
judiciaire

173
13. Les obligations légales des
Banques (suite)
4- Traitement de la déclaration de soupçon (suite et fin):
b’) Mesures conservatoires éventuelles de la justice
• Sur requête de la CTRF
• Après avis du procureur de la République
• Prorogation possible du délai sur décision du président
du Tribunal d’Alger
• Ou séquestre provisoire des fonds sur décision du
président du tribunal

174
13. Les obligations légales des
Banques (suite)
5- Protection du déclarant et secret professionnel:
• Le secret bancaire qui fait partie du secret professionnel
n’est pas opposable à la CTRF
• Aucune poursuite pour violation de secret bancaire ou
professionnel ne peut être engagée contre les personnes
ou les dirigeants et préposés assujetties qui ont effectué,
de bonne foi, une déclaration.

175
14- les opérations suspectes

176
14- Les opérations suspectes
1. Indicateurs généraux
• L’activité du compte d'un client est
incompatible avec:
(a) ses revenus et actifs déclarés;
(b) la source de fonds déclarés;
(c) la documentation remise;
(d) l'activité habituelle du compte;
177
14- Les opérations suspectes
• Un client fournit des informations peu précises ou
évasives;
• Un client est peu disposé à déclarer la source de son
patrimoine et à fournir la documentation nécessaire à
valider son identité;
• Paiements inexpliqués au profit de tiers ;
• Opérations en provenance de ou à destination de pays
ou territoires non coopératifs (selon la définition du
GAFI) ou de tout autre pays à risque;
• Opérations n'ayant aucun objectif économique ou
financier apparent. 178
14- Les opérations suspectes
2. Indicateurs lors de l'ouverture du compte
• Un client exprime des craintes inhabituelles
concernant le respect des obligations légales de
déclaration, notamment concernant son identité,
son activité et ses actifs, ou est peu disposé à ou
refuse de fournir toute information concernant ses
activités professionnelles, ou fournit des
documents d'identification inhabituels ou suspects
sur ses activités;
179
14- Les opérations suspectes
• Un client souhaite s'engager dans des opérations
sans fondement économique ou stratégie
d'investissement apparente, ou qui sont
incohérents par rapport à la stratégie
professionnelle déclarée du client;
• Un client (ou un individu publiquement associé au
client) a un passé douteux ou fait l'objet d'une
couverture médiatique concernant des crimes
présumés ou prouvés, ou des infractions civiles ou
réglementaires;
180
14- Les opérations suspectes
• Un client semble être l'intermédiaire d'une autre
entité ou d'un autre individu mais décline, esquive
ou est peu disposé, sans raison commerciale
légitime, à fournir toute information sur des
questions relatives à cette entité ou cet individu;
• Un client éprouve des difficultés à décrire la
nature de son activité ou manque de connaissances
générales sur son secteur d'activité;
• Un client insiste pour donner comme adresse une
boîte postale.
181
14- Les opérations suspectes
3. Indicateurs liés aux activités du compte
• Un client tente d'effectuer des versements
fréquents et importants de devises, insiste
pour ne traiter qu'en espèces ou demande à
bénéficier de dérogations aux procédures de
la banque concernant le versement
d'espèces et d'instruments équivalents;

182
14- Les opérations suspectes
• Un client s'engage dans des opérations
incluant des espèces qui semblent être
structurées de façon à détourner les
exigences de reporting aux autorités,
notamment si les espèces atteignent un
montant légèrement inférieur aux seuils de
reporting et/ou sont réparties en plusieurs
opérations consécutives;
183
14- Les opérations suspectes
• Un client s'engage dans de nombreux virements de
fonds ou virements électroniques à destination et
en provenance de pays bénéficiant du secret
bancaire et considérés comme des paradis fiscaux,
sans aucun objectif professionnel apparent, à
destination et en provenance de pays répertoriés
dans la liste des pays et territoires non coopératifs
par le GAFI, ou qui sont considérés comme étant à
haut risque par la banque;
184
14- Les opérations suspectes
• Un compte client affiche soudainement une forte
activité de virements électroniques, alors qu'il
n'yen avait auparavant peu, voire aucun, et sans
objectif professionnel apparent;
• Un client procède à un dépôt de fonds et demande
qu'ils soient immédiatement transférés à un tiers,
ou à une autre société sans objectif professionnel
apparent;

185
14- Les opérations suspectes
• Un client procède à un dépôt de fonds en vue de réaliser un
investissement à long terme, puis demande peu après de
clore la position et de transférer les fonds hors de son
compte;
• Un client procède à un dépôt de fonds, mais l'activité de
son compte est faible, voire nulle;
• Demande de prêts en faveur de sociétés écrans offshore;
• Un nombre anormalement élevé de comptes eu égard à
l'activité déclarée, et un grand nombre de comptes eu
égard à l'activité déclarée conjugué à un grand nombre de
virements de fonds entre les comptes;

186
14- Les opérations suspectes
• Sans aucune raison apparente, un client dispose de
plusieurs comptes sous un nom unique ou sous
plusieurs noms, avec un grand nombre de
virements effectués entre ces comptes ou en faveur
de tiers;
• Un client effectue un nombre excessif d'écritures
comptables entre des comptes non liés sans
objectif professionnel apparent;
• Un client demande qu'une opération soit traitée de
façon à éviter les obligations de vérification
habituelles de la banque;
187
14- Les opérations suspectes
• Un client procède à un dépôt d'obligations
au porteur et demande que les fonds soient
immédiatement décaissés;
• Un client ne porte aucun intérêt aux risques,
frais/commissions ou tous autres frais liés
aux opérations.

188
14- Les opérations suspectes
4. Types d'opérations exigeant une
surveillance particulière
a) Espèces
• Échange de billets de banque en quantité
inhabituelle;
• Dépôts d'espèces dans des montants et à
une fréquence disproportionnés par rapport
aux activités d'un particulier ou d'une
société ;
189
14- Les opérations suspectes
• "Paiements déplacés", c'est-à-dire des
paiements effectués par un tiers dans
une succursale autre que celle du
titulaire du compte;
• Opérations impliquant des chèques de
voyage pour des montants importants,
notamment si ces opérations sont
effectuées par des clients occasionnels;

190
14- Les opérations suspectes
• Demande d'émission d'un chèque de banque
ou de virement vers un pays étranger à la
suite d'un dépôt en euros ou autre monnaie
étrangère;
• Retraits fréquents et importants d'espèces
sans relation évidente avec les activités d'un
individu ou d'une société;
• Négociation de titres pour des montants
importants en espèces. 191
14- Les opérations suspectes
b) Autres opérations - emploi abusif de montants
reçus et paiements émis
• Encaissement de chèques prétendument issus de
gains liés à des jeux de hasard; ex. : chèques émis
par des casinos, des clubs de jeux, etc.
• Dépôts de chèques (vérifier le nom des émetteurs)
et émission de chèques (vérifier les noms des
bénéficiaires) pour des montants souvent arrondis et
n'ayant aucune relation avec les revenus et activités
du titulaire du compte;
192
14- Les opérations suspectes
• Paiements reçus et émis au sein d'un même pays
qui n'ont aucune relation avec les revenus et
activités du titulaire du compte;
• Une relation entre la banque et son client
indiquant une structure économique complexe
(nombre important de comptes au sein de la même
banque, virements fréquents entre ces mêmes
comptes, liquidités en quantité excessive, etc.) ;

193
14- Les opérations suspectes
• Virement(s) entre des banques sans mention du
bénéficiaire;
• Les représentants de société évitant un contact
personnel avec la succursale ou la filiale;
• Un nombre important d'individus procédant à des
paiements en faveur d'un même compte sans
raison valable;
• Utilisation par des sociétés d'artisanat,
commerciales ou industrielles de comptes avec des
pseudonymes ou des comptes numérotés pour
réaliser des opérations;
194
14- Les opérations suspectes
5- Actions avec des pays étrangers:
• Virements émis et reçus en faveurs
d'individus en euros et dans des monnaies
n'ayant aucune relation avec les revenus et
la profession du titulaire du compte (voir
également donneurs d'ordre et bénéficiaires,
pays d'origine et pays du destinataire) ;

195
14- Les opérations suspectes
• Virements émis et reçus par des sociétés et
qui semblent ne pas correspondre aux
activités de ladite société (voir également
donneurs d'ordre et bénéficiaires, pays
d'origine et pays du destinataire) ;
• Chèques tirés sur des comptes étrangers,
chèques en faveur de bénéficiaires
étrangers;
196
14- Les opérations suspectes
• Virements émis ou montants importants
reçus à intervalles fréquents et concernant
des pays connus pour être des centres du
trafic de drogue ou des paradis fiscaux;
• Virements impliquant des territoires non
coopératifs du GAFI.

197
14- Les opérations suspectes
c) Opérations plus « sophistiquées»
• Assurance: exécution d'un contrat.
Résiliation pendant le délai de réflexion
d'un mois. Résiliation avec une perte après
le délai de réflexion;
• Investissements immobiliers: financés par
des fonds provenant de sources étrangères
ou payés en espèces;

198
14- Les opérations suspectes
• Proposition de rachat de sociétés en difficulté par
des sociétés écrans; ex : situées dans des paradis
fiscaux;
• Investissements exceptionnels et provisoires dans
des SICAV monétaires ou des obligations: vérifier
l'origine et l'utilisation des fonds;
• Demande par un client de services de gestion
d'actifs lorsque l'origine des fonds n'est pas claire
ou ne correspond pas à la situation financière du
client;
199
14- Les opérations suspectes
• Achat ou vente de titres sans objectif clair ou dans
des circonstances apparemment inhabituelles;
• Un client est introduit par une filiale étrangère,
une société affiliée ou une autre banque établie
dans un pays où la production ou le trafic de
drogues est très développé;
• Clients qui remboursent leurs emprunts à un
rythme anormalement rapide;

200
14- Les opérations suspectes
• Crédit documentaire émis pour un montant
largement supérieur à la valeur des biens
importés;
• Demande de prêt garanti par des actifs
détenus par une banque ou un tiers, lorsque
l'origine de ces actifs est inconnue et
lorsqu'ils sont incompatibles avec le mode
de vie apparent du client;
201
14- Les opérations suspectes
• Demande de prêt avec l'offre d'une garantie
consistant en un certificat de dépôt émis par
une banque étrangère;
• Dépôt de garantie par des tiers inconnus de
la banque et qui n'ont pas de relations
étroites avec les clients, ou toute raison
plausible de fournir une telle garantie.

202
14- Les opérations suspectes
d) Escroquerie organisée à l'échelle internationale
De nombreux types d'escroqueries existent et ont
souvent des caractéristiques communes:
• Programme « trop beau pour être vrai» - rapide,
commissions élevées garanties;
• Rôle joué par des résidents ou non-résidents qui sont
employés ou gérants de facto de sociétés
immatriculées dans des paradis fiscaux (ex. : en
Amérique: Panama, Bahamas, Bermudes, îles
Cayman, Curaçao... ; en Europe: Jersey, Guernesey,
Isle of Man, Liechtenstein,...) ;
203
14- Les opérations suspectes
• Le montage financier est souvent obscur. Attention en
particulier aux garanties offertes par des tiers;
• Les montants sont élevés: les programmes concernent
souvent des millions de dollars américains, assortis
apparemment de financements;
• Le vocabulaire est souvent spécifique: garantie,
garantie d'une banque de premier plan, compte de
garantie bloqué, certificat or ou diamant, message
Swift « conditionnel» (qui n'existe pas), certificat de
dépôt, etc

204
14- Les opérations suspectes
• La documentation soumise peut parfois être:
- simple (souvent un fax d'une page)
- complexe (très forte épaisseur, comprenant les
références d'individus ou organismes connus,
souvent obtenus de photocopies d'originaux
falsifiés, ou par l'abus de la confiance des
individus impliqués). Deux cibles privilégiées:

205
14- Les opérations suspectes
• Sociétés en difficulté financière: proposition de
rachat
- Banques: en deux étapes:
- La première étape consiste à multiplier les références
bancaires. En cas de doute concernant les parties
impliquées, éviter de donner des cartes de visite,
notamment si le signataire est accrédité auprès de
correspondants étrangers, éviter d'envoyer des fax,
ne pas retransmettre les télex ou les messages Swift
codés, même si le contenu du message semble
inoffensif, ne pas émettre de reçu de documents.

206
14- Les opérations suspectes
La deuxième étape consiste à tenter d'obtenir
un paiement basé sur les documents
susmentionnés, qui sont falsifiés sans que
mention en soit faite à l'émetteur original.

207
15. Le contrôle de la
commission bancaire

208
15. Le contrôle de la commission
bancaire

• La commission bancaire contrôle uniquement le


respect des dispositifs de lutte mis en place.

209
15. Le contrôle de la commission
bancaire
• L’objectif de la Commission bancaire est de
s’assurer que les établissements ont mis en
œuvre toutes les procédures pour détecter
les opérations de blanchiment.

210
15. Le contrôle de la commission
bancaire
• Le manquement aux obligations légales
peut donner lieu à l’ouverture d’une
procédure disciplinaire à l’encontre de la
banque défaillante.

211
16. Rôle et responsabilités
des différents intervenants

212
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
1- Money Laundering Officer:
C’est un cadre de la banque jouissant d’une
indépendance et de compétence.
Les principales responsabilités:
• De mettre en œuvre dans la Banque les procédures
de LAB et de faire rapport à ce sujet à la DG;

• De faire rapport aux autorités légales dans les cas


de blanchiment d’argent déterminé;

213
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
• De faire effectuer par le contrôleur interne, des
contrôles ponctuels lorsque par exemple un
responsable de compte l’a informé d’une situation
anormale;

• De diffuser au personnel concerné les informations,


avis ou recommandations provenant de la CTRF,
ainsi que toute autre information utile à la LAB.

214
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
2- Les Chargés Clientèles:
Vu sa position par rapport à la clientèle, il doit à ce titre:
• Veiller à avoir une bonne connaissance de ses clients, en
appliquant de manière souple et proactive les règles
KYC;

• Veiller à identifier les opérations qui pourraient


nécessiter un « examen particulier », parce qu’elles sont
à la fois anormalement importantes pour le client en
question, inhabituellement complexes et apparemment
dépourvues de justification économique ou d’objet licite.
215
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
• Dés qu’une situation est jugée anormale, le
Chargé Clientèle en avertit le chargé du Contrôle
et sous la responsabilité du Directeur d’agence
qui fera suivre au MLO.

• Il doit, aussi, identifié les clients qui doivent être


considères comme « clients à hauts risques », il en
informe formellement le Directeur d’agence qui
fera suivre au MLO

216
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
3- Les employés des départements
opérationnels:
• Les employés qui traitent régulièrement les
opérations des clients, entre autres aux
départements des opérations documentaires et
des opérations financières ont un devoir de
vigilance qui doit s’exercer à tout moment.
Leur sens critique doit être en permanence en
éveil.
217
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
• S’ils ont un doute ou un soupçon sur une
opération ou une chaîne d’opérations, ils
doivent en référer dés que possible au MLO
pour envisager l’éventualité d’une déclaration
de soupçon;

218
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
• Prendre l’initiative de faire au nom de la
Banque , une déclaration de soupçon.

• Interdiction de communiquer les informations


confidentiels au client.

219
16. Rôle et responsabilités des
différents intervenants
4- le contrôleur interne:
• Faire respecter les procédures de LAB, il agit
comme MLO;

• Doit veiller par des contrôles réguliers par


sondage au respect des règles établies.

220
Conclusion

221
Conclusion
• On ne peut contrôler que ce qu’on comprend
bien;

• Il n’y a pas de bon dispositif sans contrôle;

222
Conclusion
• Si on a bien compris la réglementation, on
ne va pas tout reprocher à un banquier;

223
Conclusion
• En tant que banquier on n’a pas toujours les
moyens de s’assurer que ce qu’on voit dans
une banque est une opération de
blanchiment, mais on doit être capable de
dire que ce type d’opération est peut être
une opération de blanchiment.

224
Conclusion
• Il y a un délit de blanchiment, lorsqu’il y a
un fait matériel mais peut être en tant que
banquier , on ne peut jamais avoir la preuve
qu’il y a l’élément intentionnel, çà c’est du
domaine de la police ou du juge.

225
Conclusion
• Le but de la réglementation est de faire en
sorte que les banques ne soient pas
confrontées à des opérations de
blanchiment, ça signifie aussi que les
banques et les clients ne seront pas tentés de
frauder.

226
Conclusion
• Si un système bancaire est bien contrôlé,
bien réglementé, les opérations de
blanchiment deviendront l’exception.
• Un bon contrôle ne veut pas dire que les
contrôleurs ont découvert beaucoup de cas
de blanchiment.

227
Conclusion
• On juge la qualité du contrôle s’il n y a pas
de blanchiment parce que les malfaiteurs
vont là ou il y a un maillon faible.
• Votre problème est que les opérations de
fraudes ne se fassent chez vous.

228
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