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PROVINCE DU NORD-KIVU

DIRECTION GENERALE DES RECETTES DU NORD-KIVU

Thème :
Les Organisations Non Gouvernementales
Internationales (ONGI) et la fiscalité
provinciale du Nord-Kivu: l’essentiel à retenir
Développé et présenté par:

1 Alexandre MUNYAKAZI BIREGEYA


Directeur de l’Ordonnancement et Contrôle à la DGR-NK
et

Me Rheims MASHAKO RULEMA


Directeur de l’Inspection, Législation, Etudes et Contentieux à la DGR-NK
SOMMAIRE
2

I. INTRODUCTION
II. FONDEMENT JURIDIQUE DE LA FISCALITE
PROVINCIALE DU NORD-KIVU
III. QUELQUES CONCEPTS CLEFS
IV. TABLEAU SYNTHETIQUE DES IMPOTS ET TAXES
DUS PAR LES ONGI
V. CONCLUSION
I. INTRODUCTION
3

La Direction Générale des Recettes du Nord-Kivu, DGR-NK en


sigle, est une Régie Financière Provinciale créée par Arrêté
Provincial N° 01/090/CAB/GP-NK/2009 du 29 octobre 2009 tel
que modifié par l’Arrêté Provincial n° 01/017/CAB/GP-NK/2020
du 18 janvier 2020 portant restructuration de cette dernière.

La DGR-NK ainsi créée est une Régie Financière hybride, c’est-


à-dire qu’elle est chargée de collecter à la fois les recettes
fiscales et celles non fiscales et ce, dans le respect des lois et
règlements de la République Démocratique du Congo.
4

En fait, nous nous retrouvons en ce lieu dans le cadre d’un


dialogue fiscal sollicité par le Forum des ONGI-RDC (que nous
remercions en passant) à travers sa correspondance du 12
février 2020 qui réagissait à la nôtre n° 063/DG/DGR-
NK/DOC/2020 du 29 janvier 2020 demandant aux ONGI de
transmettre dans un délai de dix (10) jours à l’Administration
Fiscale Provinciale la liste exhaustive des membres de leurs
personnels respectifs en préparation du lancement officiel, par
l’Autorité Provinciale, de la septième (7ème) édition de la Semaine
Fiscale, exercice fiscal 2020, en Province du Nord-Kivu.
II. FONDEMENT JURIDIQUE DE LA FISCALITE
5 PROVINCIALE DU NORD-KIVU
La fiscalité de la Province du Nord-Kivu tire sa source de :
La Constitution du 18 février 2006 de la République
Démocratique du Congo telle que modifiée et complétée
par la Loi N° 11/002 du 20 janvier 2011, spécialement ses
articles 3, 65, 171, 174 et 204 points 5 et 16;
Les différentes Conventions Internationales à impact
fiscal;
La Loi organique n° 15/006 du 25 mars 2015 portant
fixation des limites des Provinces et celles de la Ville de
Kinshasa;
La Loi organique n° 16/001 du 03 mai 2016 fixant
l’organisation et le fonctionnement des services publics du
Pouvoir Central, des Provinces et des Entités Territoriales
Décentralisées;
6

 La Loi N° 08/012 du 31 juillet 2008 portant principes


fondamentaux relatifs à la libre administration des
Provinces telle que modifiée et complétée par la Loi N°
13/008 du 22 janvier 2013, spécialement ses articles 2
(alinéa 2), 35 (point 4), 43, 47 et 48;
 La Loi N° 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux Finances
Publiques;
 Les différentes lois particulières dont:
 La Loi N° 004/2001 du 20 juillet 2001 portant
dispositions générales applicables aux associations
sans but lucratif et aux établissements d’utilité
publique;
 La Loi N° 004/2002 du 21 février 2002 portant Code
des Investissements …
7

 L’Ordonnance-loi N° 18/004 du 13 mars 2018 fixant la


nomenclature des impôts, droits, taxes et redevances
de la Province et de l’Entité Territoriale Décentralisée
ainsi que les modalités de leur répartition;
 L’Edit N° 001/2018 du 27 janvier 2018 fixant les règles
de perception des impôts, droits, taxes et redevances
de la Province du Nord-Kivu et de ses Entités
Territoriales Décentralisées;
 Les différents Arrêtés Ministériel et Interministériels des
Ministres Provinciaux du Nord-Kivu fixant les taux des
différents impôts et taxes de la Province du Nord-Kivu
 Toute autre législation sectorielle (lois et actes
règlementaires) pertinente.
III. QUELQUES CONCEPTS CLEFS POUR COMPRENDRE LA
FISCALITE DES ONGI EN PROVINCE DU NORD-KIVU
8

Dans le cadre de l’échange de ce jour, nous avons jugé utile


de préciser certains concepts qu’on peut couramment
rencontrer dans la fiscalité provinciale du Nord-Kivu et qui
peuvent intéresser les ONGI.
Il s’agit notamment de:
1. Organisation Non Gouvernementale

 9 Une Organisation Non Gouvernementale, ONG en sigle


est, au sens courant, une organisation privée (par
opposition à publique) où n’intervient, sur le plan
organisationnel, ni l’Etat ni un quelconque de ses
démembrements (Province, Ville, Commune, Chefferie
ou autre).
 A ce titre, le régime juridique d’une ONG est un régime
de droit commun, c’est-à-dire de droit privé.
 Ainsi, en RDC, est juridiquement réputée ONG,
l’association sans but lucratif dotée de la personnalité
juridique dont l’objet concourt au développement social,
culturel et économique des communautés locales (article
35 de la Loi n° 004/2001 du 20 juillet 2001 portant
dispositions générales applicables aux Associations
Sans But Lucratif et aux Etablissements d’Utilité
Publique).
10

 Et au sens de l’article 1er de la Loi citée une Association


Sans But Lucratif, ou ASBL en sigle, est une
« association apolitique qui ne se livre pas à des
opérations industrielles ou commerciales, si ce n’est à
titre accessoire, et qui ne cherche pas à procurer à ses
membres un gain matériel »; une association étant
entendue comme un regroupement de personnes
physiques ou morales.
2. Organisation Internationale
11

 Au sens courant, une organisation internationale est une


organisation qui a trait à plusieurs nations ou dont le
champ d’action dépasse les frontières d’une nation, d’un
territoire, d’un Etat.
 Juridiquement, une Organisation Internationale est toute
organisation instituée par un traité ou un autre instrument
régi par le droit international et doté d'une personnalité
juridique internationale propre.
12

 Elle est ainsi une émanation soit des deux ou plusieurs


Etats soit de deux ou plusieurs Organisations
Internationales.
 A ce tire son régime juridique est exorbitant du droit
commun, c’est-à-dire du droit international public.
3. Organisme International
13
 Organisme international est un terme courant utilisé pour
désigner soit une Organisation Internationale comme ci-haut
définie soit une Organisation Non Gouvernementale à rayon
d’action nationale ou internationale soit encore une structure
gouvernementale ou une société commerciale déployant
une activité en dehors des frontières nationales de son pays
d’origine.
 A ce titre, organisme international est un mot fourre-tout qui
recouvre plusieurs réalités juridiques et dont le régime
juridique n’est autre que celui de l’institution visée dans le
contexte utilisé.
4. Fiscalité
14

 Dans le sens courant fiscalité veut dire tout simplement


système fiscal c’est-à-dire l’ensemble des lois, des
mesures relatives au fisc (fisc pris dans son sens
moderne d’impôt par opposition à son sens étymologique
de panier où l’on met l’argent).
 Dans le sens juridique, fiscalité veut dire système
d’imposition (fiscalité censitaire (frappe les personnes),
patrimoniale ou réelle (frappe les biens), des revenus
(frappe les revenus) ou relative à une activité économique
(consommation ou production). Ce mot veut aussi dire
règlementation fiscale.
 Ainsi, dans le cadre de cet exposé, fiscalité sera
entendue comme ensemble des dispositions légales à
caractères fiscaux ainsi que leurs mesures
d’exécution.
5. Recettes Fiscales et Non Fiscales
15

Au sens de la fiscalité provinciale du Nord-Kivu:


Une recette fiscale est une ressource financière provenant
des impôts relevant de la Province du Nord-Kivu ou de ses
entités territoriales décentralisées perçues à l’initiative de
l’Administration des recettes provinciales ou locales.

Tandis qu’une recette non fiscale est une ressource


financière provenant des droits, taxes, redevances et
dividendes relevant de la Province du Nord-Kivu ou de ses
entités territoriales décentralisées autres que les impôts
perçus d’office par l’Administration des recettes provinciales
ou locales ou à l’initiative des services d’assiette.
6. Impôt et Taxe
16

 L’impôt est un prélèvement obligatoire, sans contrepartie


directe visible, opéré par et/ou au bénéfice d’une
puissance publique [Etat ou un quelconque de ses
démembrements(Province ou ETD)] dans le but de
financer les charges publiques ou d’orienter l’économie
d’un Etat ou un quelconque de ses démembrements.
 Tandis que la taxe est un prélèvement de même nature
que l’impôt mais qui, à l’opposé de ce dernier, comporte
une contrepartie directe visible.
7. Matière imposable (taxable)
17

 Les impôts et/ou taxes portent soit sur une personne (impôt
ou taxe censitaire), soit sur un bien (impôt ou taxe
patrimonial[e]) soit sur un revenu (impôt ou taxe sur les
revenus) soit sur une activité (impôt ou taxe à la production,
à la consommation, à la l’exercice d’une activité ...).
 Ainsi, les matières imposables (ou fait générateurs) sont
ces personnes (IPM), ces biens (IF), ces revenus (IRL), ces
activités sur lesquelles portent ces impôts et taxes.
 C’est l’élément économique dans lequel l’impôt ou la taxe
prend sa source directement ou indirectement.
8. Base imposable (taxable) et Période déclarative
18
 La base imposable/taxable (ou assiette) est la partie de la
matière imposable (taxable) sur laquelle est calculée
l’impôt/taxe en y appliquant un taux aux fins de déterminer la
somme due par le redevable.
 Les impôts et taxes sont à périodicité soit annuelle, soit
semestrielle soit mensuelle soit encore spontanée.
 Ainsi, au regard de leur périodicité, leur déclaration obéit à
un échéancier fixé soit par voie législative soit par celle
administrative.
 La période déclarative d’un impôt et/ou d’une taxe est défini
par l’échéancier qui s’y rapporte.
9. Taux d’imposition (de taxation)
19

 Le calcul d’un impôt (taxe) ou sa liquidation se fait par


l’application d’un taux à la base imposable.
 Le taux de chaque impôt et taxe est défini par voie soit
législative soit par celle règlementaire.
 Celui-ci est souvent soit forfaitaire, soit proportionnel soit
ad valorem.
10. Redevable
20

 Un redevable ou contribuable est une personne physique


ou morale assujettie aux impôts, droits, taxes et
redevances.
 Le droit congolais classe les redevables en redevables
réels et redevables légaux.
 Les redevables réels sont des personnes physiques ou
morales qui supportent effectivement dans leur patrimoine
un impôt, une taxe, un droit ou une redevance.
 Les redevables légaux par contre sont des personnes
physiques ou morales tenues par la loi à retenir et payer
au Trésor Public un impôt, un droit, une taxe, une
redevance pour le compte des tiers contribuables (réels).
11. Déclaration fiscale
21

 La déclaration fiscale est la procédure par laquelle un


assujetti soit se fait connaître à l’Administration comme
redevable d’impôts et/ou taxes, soit fait connaître
librement à l’Administration les éléments nécessaires au
calcul des impôts, droits, taxes et redevances qu’il doit
en vue d’en effectuer le paiement dans le délai légal.
 Dans la première hypothèse, on parle de déclaration
d’existence.
 Dans la seconde, on parle de déclaration périodique.
12. Contrôle fiscal
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 Un contrôle fiscal est à la fois:


 Un corollaire, une contrepartie du droit reconnu à des
assujettis/redevables/contribuable de déclarer librement
et sous leurs responsabilités personnelles les impôts et
taxes qu’ils doivent à l’Etat d’une part et,
 Un moyen, une prérogative, un droit reconnu à une
Administration Fiscale de vérifier et contrevérifier la
sincérité et l’exhaustivité des déclarations souscrites
librement par les assujettis/redevables/contribuables
sous leurs propres responsabilités d’autre part.
 Il s’effectue soit sur pièce soit sur place:
23
 Lorsque sur pièces, il s’effectue dans les bureaux de
l’Administration et l’assujetti en est saisi soit par voie
d’une Relance valant mise demeure de déclarer soit
par voie d’une Réquisition des renseignements.
 Lorsque sur place, il s’effectue en principe dans les
installations de l’assujetti et non de l’Administration
sauf avis contraire de l’assujetti.
 Il aboutit à quatre (4) résultats possibles: Taxation
(Imposition d’office), Redressement, Non-Redressement
ou Non-lieu.
13. Pénalités fiscales
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 Les pénalités fiscales sont des sanctions pécuniaires de
nature diverses qui répriment une omission, un
manquement ou un mauvais comportement de l’assujetti.
 Celles-ci comprennent: les pénalités d’assiette ou
majorations (cas de défaut ou retard de déclaration
fiscale), les pénalité de recouvrement ou intérêts
moratoires (en cas de non paiement dans les délais d’un
titre de perception), les amendes (cas d’infraction fiscale)
et les astreintes fiscales (cas de défaut ou retard de
communiquer dans les délais les renseignements
demandés).
14. Infractions fiscales
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 Une infraction fiscale est une violation délibérée des


dispositions impératives de la loi fiscale.
 Cette violation a pour sanction soit une peine privative de
liberté, soit une amende fiscale soit les deux à la fois.
 En Province du Nord-Kivu, sont réputées infractions
fiscales, les neuf (9) manquements suivants
limitativement énumérés par l’Edit cité, à savoir: 1.
l'omission volontaire de déclaration ; 2. la dissimulation
volontaire des sommes sujettes aux impôts, droits, taxes
et redevances ; 3. la passation délibérée des écritures
26

fictives ou inexactes dans les livres comptables ; 4.


l'incitation du public à refuser ou retarder le paiement des
impôts, droits taxes et redevances ; 5. l'émission de fausses
factures ; 6. la perception des sommes destinées au trésor
public en violation des dispositions de l’Edit; 7. l'opposition à
l'action de l'Administration des recettes provinciales ou
locales ; 8. l'agression ou l'outrage envers un agent de
l'Administration des recettes provinciales ou locales; 9.
l’obstruction ou l’immixtion dans l’exercice des fonctions
d’Ordonnateur ou de Receveur des recettes.
15. Régime fiscaux d’exception
27

 Il s’agit de régimes qui déroge au régime commun qui


veut toute personne vivant en RDC puissent contribuer
aux charges publiques (article 174 de la Constitution).
 Par les régimes fiscaux d’exception, certains assujettis
sont dispensés de leurs obligations de contribuer aux
charges publiques.
 En droit congolais, il existe deux régimes fiscaux
d’exception, à savoir: l’exemption et l’exonération.
 Bien que dans le langage courant, exemption est
synonyme d’exonération, en droit fiscal, les deux termes
28
termes sont distincts et ne peuvent être pris l’un pour
l’autre.
Pour faire court, en Province du Nord-Kivu, les deux
sont de dépenses fiscales consenties par le Législateur
Provincial pour l’exemption et par le Ministre Provincial
des Finances pour l’exonération .
Pour l’exemption, bien que c’est le Législateur, à
travers une loi qui accorde la dépense fiscale
(exemption), dans la pratique c’est l’Administration
Fiscale qui vérifie si le prétendant à l’exemption remplit
toutes les conditions requises pour en bénéficier.
16. Garanties du Trésor
29

 Pour s’assurer que les créances fiscales seront en toutes


circonstances recouvrées, la loi les a entouré de certaines
garanties.
 Celles-ci sont au nombre de quatre (4), à savoir: le privilège
du Trésor, l’hypothèque du Trésor, la solidarité de paiement
et l’autorisation de sortie du Territoire National.
 Dans le cadre de cet exposé, nous allons, faute de temps,
expliciter les deux dernières garanties d’autant que les
ONGI risquent de se le voir opposer plus fréquemment que
les deux premières.
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 La solidarité de paiement est une sureté personnelle qui


permet au créancier (ici la Province) à poursuivre le
paiement de la dette (impôt et/ou taxe) non seulement
auprès de son débiteur direct (l’assujetti) mais aussi auprès
de la caution (personne qui se porte garant de la dette
poursuivie soit par le fait d’une convention soit par le fait
d’une loi) sans que l’un ou l’autre puisse lui opposer la
division. Le paiement de la dette par l’un libère également
l’autre vis-à-vis de l’autre.
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 L’interdiction de sortie du Territoire National est une sureté


d’ordre public qui veut que toute personne qui veut quitter
le Territoire National doit démontrer qu’il a séjourné
régulièrement dans le pays qu’il veut quitter. A défaut, cette
personne peut se voir refuser la sortie sollicitée.
IV. TABLEAU SYNOPTIQUE (SYNTHETIQUE) DE FISCALITE
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PROVINCIALE DU NORD-KIVU A L’EGARD DES ONGI

a) Quant à la Fiscalité de forme


Fait Obligation Délai Sanction
fiscale
Existence (acquisition d’un bien, Déclaration 14 jours depuis la survenance du fait Fermeture provisoire
début d’une activité) d’existence d’ets
Amendes Fiscales
Impôts et taxes dus (annuel, Déclarations -Février (annuel) Taxation d’office
semestriel, mensuel et spontané) périodiques -2ème mois (semestriel)
-du 10 au 20 du mois (mensuel)
-Immédiatement (spontané)
Titre de perception (Note de Paiement 14 jours depuis la réception du titre Contrainte et
perception, Avis de Mise en Commandement à
Recouvrement) payer
Commandement à payer Paiement 8 jours depuis la réception du Mesures de poursuite
Commandement (Avis à tiers
détenteurs, Saisie-
Vente, Fermeture
provisoire d’Ets par
apposition des
scellés)
b) Quant à la Fiscalité de fond
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Acte Périodicité Taux Redevable Observation

Impôts réels (IF, IV, ICMH) Annuel Variable Propriétaire et/ou Obligation déclarative même si
selon l’acte concessionnaire du exempté ou exonéré
et le type de bien)
bien

Impôt sur les Revenus (IRL) 10 jours 15 % du Locataire et/ou -Idem que ci-haut (obligation
après loyer bénéficiaire des déclarative)
paiement du revenus -Impôt dû même en cas de mise
loyer à disposition gratuite des locaux
pour raisons professionnelles
-Cet impôt frappe les revenus
du bailleur et non du locataire

Taxes et autres droits (CCT, Variable Variable Bénéficiaire de l’acte -Idem que ci-haut pour
TSCR, Droits proportionnels, selon l’acte selon l’acte l’obligation déclarative
Permis de conduire,
Immatriculation motocycles,
10m de rive, …)
V. CONCLUSION
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La Constitution de la République du Congo en son article 65 fait obligation à tout


Congolais de remplir loyalement ses devoirs envers l’Etat et de s’acquitter, en
outre de ses impôts et taxes.
A l’article 174, elle fait obligation à toute personne vivant en République
Démocratique du Congo (personnes physiques ou morales en ce compris les
ONGI) de contribuer aux charges publiques.
Cette contribution aux charges publiques ne se fait principalement qu’à travers le
paiement des impôts et taxes.
Cependant, pour des raisons d’intérêt général, l’Etat peut consentir des dépenses
fiscales à certaines personnes physiques ou morales, nationales ou étrangères.
Ces dépenses fiscales ne sont autre chose que ce que l’on appelle couramment
les exemptions et les exonérations. Si pour les exemptions la seule loi qui les
prévoit est suffisante, pour les exonérations, en revanche, il faut en outre un arrêté
ministériel ou interministériel (pour le cas des ONGI) qui précise les actes
concernés et la période couverte.
C’est ici qu’il faut attirer l’attention des ONGI sur la confusion qui s’observe entre la
personne de l’ONGI et la personne des différents membres qui composent cette
ONGI voire même du personnel utilisé par cette dernière. Les prérogatives fiscales
reconnues aux uns ne sont pas extensibles aux autres même si pour agir, les
personnes morales passent par leurs organes animés par des personnes
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physiques. Et cela pour la simple raison que l’article 174 ci-haut cité prévoit non
seulement qu’il n’y a pas d’impôt sans loi mais aussi qu’il ne peut y avoir
d’exemption ou d’allègement fiscal sans loi non plus.
La République Démocratique du Congo est une terre hospitalière. Elle accueille
tout le monde et veut que même l’étranger qui y séjourne s’y sente à l’aise. Mais
tout cela dans le respect de la législation nationale, fiscale notamment.
A ce propos, il sied de rappeler qu’en 2006, notre Constitution a introduit un
nouveau mode de gouvernance: la Décentralisation. Celle-ci a apporté plusieurs
innovations dans l’organisation et le fonctionnement du pays. De celles-ci, on peut
souligner notamment la création de deux pôles d’impulsion du pouvoir étatique (le
pouvoir central et les provinces) avec comme corollaire, la distinction de leurs
finances respectives et la répartition entre eux des compétences étatiques en
termes de compétences exclusives et de compétences concurrentes.
Par rapport aux finances, il est judicieux de rappeler qu’elles n’ont d’autres sources
internes que les impôts et taxes. Ainsi, non seulement l’article 171 de la
Constitution a prévu que les finances publiques du pouvoir central sont distinctes
de celles des provinces, mais aussi l’article 205 de la Constitution a interdit aux
Provinces de légiférer sur les matières de compétence exclusive du Pouvoir
Central et inversement à ce dernier de faire de même sur les matières relevant de
compétence exclusive des Provinces et ce, sous peine de nullité de plein droit des
36

dispositions ainsi prises.


Cet atelier est donc pour nous une occasion de sensibilisation au civisme fiscal,
gage de développement de tout pays.
Raison pour laquelle, nous exprimons notre gratitude à votre Forum qui a pris
l’initiative de nous inviter aux présentes assises et de nous avoir ainsi donné
l’opportunité de vous entretenir du présent thème.
Nous tenons à vous rassurer de notre disponibilité pour d’autres échanges en cas
de préoccupation sur la fiscalité de la Province du Nord-Kivu.
Nous profitons de l’occasion pour vous annoncer la tenue de la semaine fiscale du
24 au 29 février en cours. Nous vous y souhaitons la bienvenue pour qu’ensemble
nous puissions bâtir une Province du Nord-Kivu toujours plus beau qu’avant.
37

NOUS VOUS REMERCIONS


POUR VOTRE AIMABLE
ATTENTION

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