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Evaluations actuarielles des

« passifs sociaux »

AFTE
2 septembre 2008

Philippe Berquin (Actuaire Conseil)

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2 septembre 2008
I. Les entreprises et leurs engagements
vis-à-vis de leur personnel : passifs sociaux

Les entreprises prennent, vis-à-vis de leurs salariés, au titre de


leur emploi, des engagements de différents types.

Ils se traduisent par le paiement différé, direct ou indirect, de


sommes d’argent, à court terme, à long terme, ou après la fin du
contrat de travail.

– les indemnités de départ en retraite ou de fin de carrière


– les pensions de retraite supplémentaires ou de retraite
anticipée à prestations définies
– les primes de médaille du travail
– les comptes épargne-temps, compte de DIF
– les cotisations «Mutuelle maladie» ou autres avantages dont
bénéficient les retraités ou leurs ayant droits.

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2 septembre 2008
Les Principes Comptables

Le principe comptable de rattachement des charges aux


produits fait que normalement les coûts des passifs sociaux
doivent être enregistrés en charge des exercices durant
lesquels le salarié a travaillé et non pas lors du paiement des
prestations.

 Comptabilisation au bilan (provisions) et au compte de


résultats (charges).

 L’application de ces principes suppose l’utilisation de


techniques actuarielles.

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2 septembre 2008
II. CATÉGORIES D’AVANTAGES DU PERSONNEL (IAS 19)

1. AVANTAGES A COURT TERME

– Salaires, rémunérations, cotisations sociales,


– Absences rémunérées (congés annuels, congés maladie), lorsque les absences
doivent se produire dans les 12 mois après la fin de l’exercice où les services
correspondants on été rendus,
– Les participations, intéressements, abondements et primes, s’ils sont payables
dans les 12 mois après la fin de l’exercice où les services correspondants ont été
rendus,
– Les autres avantages non monétaires accordés au personnel en activité (frais
de soins de santé, logement, voiture, biens ou services gratuits ou subventionnés).

Règle
– Comptabilisation au Passif (charge à payer) du coût estimé non actualisé, des
avantages au titre des services rendus dans l’exercice, après déduction des
montants payés.
– Comptabilisation en Charges du coût estimé non actualisé, des avantages au
titre des services rendus dans l’exercice.

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2. AVANTAGES A LONG TERME PENDANT L’EMPLOI

– Absences rémunérées de longue durée (congés liés à l’ancienneté ou à un


compte épargne temps, congés sabbatiques),

– Indemnités d’incapacité de longue durée non assurées,

– Allocations liées à l’ancienneté (médailles du travail, comptes DIF…)

– Intéressements, primes et rémunérations différées, s’ils sont payables 12 mois


ou plus après la fin de l’exercice où les services correspondants ont été rendus.

Règle

– Comptabilisation au Passif (charge à payer) de la valeur actualisée des


montants des avantages, estimés à la date de clôture, diminuée de la valeur
de marché des actifs « externes » qui leur sont directement alloués, et,

– Comptabilisation en charges (ou produits) de l’exercice d’un montant


déterminé sur la base d’une évaluation actuarielle, sans étalement possible
des écarts actuariels (gains ou pertes actuariels).

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3. AVANTAGES POSTERIEURS A L’EMPLOI,
A « COTISATIONS DEFINIES »

Cotisations déterminées, que verse l’entreprise à une entité distincte


(organisme d’assurance en France) permettant la constitution d’avantages
postérieurs à l’emploi (pensions de retraite en général), sans que
l’entreprise ait une quelconque obligation juridique ou
implicite de verser des cotisations supplémentaires dans le
cas où les avantages obtenus seraient plus faibles que prévus,
(par exemple, en cas de mauvaises performances du fonds de placement ou de
défaillance de l’assureur).

Règle
– Comptabilisation au Passif (charge à payer) des cotisations non
actualisées, dues par l’entreprise au titre des services rendus dans
l’exercice, après déduction des montants déjà payés.
– Comptabilisation en charges (ou produits) des cotisations non
actualisées, dues (payées ou à payer) par l’entreprise au titre des services
rendus dans l’exercice.

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4. AVANTAGES POSTERIEURS A L’EMPLOI,
A « PRESTATIONS DEFINIES »

– prestations de retraite telles que : pensions de retraite et de réversion,


indemnités de départ en retraite,
– contributions de l’employeur pour financer des garanties de prévoyance,
d’assurance vie ou de frais de soins de santé à des anciens salariés,
– et autres prestations postérieures à l’emploi (« gratuités »).

Règle
– Comptabilisation au Passif (charge à payer) de la valeur actualisée des
montants des avantages, estimés à la date de clôture, majorée des gains
actuariels (ou minorée des pertes actuarielles) non comptabilisés, et
diminuée de la juste valeur des actifs « externes » qui leur sont directement
alloués, et,
– Comptabilisation en charges (ou produits) de l’exercice d’un montant
déterminé sur la base d’une évaluation actuarielle, avec non
comptabilisation ou étalement possibles des écarts actuariels, suivant
certaines conditions (en particulier « règle du corridor de 10 % »).

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5. INDEMNITES DE FIN DE CONTRAT

– indemnités à verser du fait de la résiliation par l’entreprise du contrat de travail


avant l’âge normal de départ en retraite,

– indemnités à verser du fait de la décision du membre du personnel de partir


volontairement en échange de ces indemnités.

Règle

– Comptabilisation au Passif (charge à payer) du coût total estimé des


avantages, au titre desquels l’entreprise se trouve engagée, après déduction
des montants déjà payés ; le coût estimé est non actualisé si les indemnités
sont exigibles moins de douze mois après la date de clôture, mais actualisé
dans le cas contraire.

– Comptabilisation en charges (ou produits) du coût total estimé des


avantages dès que l’entreprise se trouve engagée (mêmes règles
d’actualisation que pour le passif), sans étalement possible des écarts
actuariels (gains ou pertes actuariels).

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 CONSTAT

L’examen de l’inventaire des avantages du personnel susceptibles


d’entraîner des passifs sociaux pour l’entreprise et leur traitement
comptable montrent que les techniques actuarielles sont nécessaires
pour la comptabilisation :

• des avantages à long terme pendant l’emploi,


• des avantages postérieurs à l’emploi à prestations définies et,
• des indemnités de fin de contrat.

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III. DEMARCHE GENERALE
pour mettre en œuvre les techniques actuarielles servant de base à la
comptabilisation de certaines catégories de passifs sociaux

 Réaliser l’inventaire exhaustif et détaillé de tous les avantages du personnel et


procéder à leur classement dans l’une des catégories, afin de déterminer les règles de
comptabilisation, conformes à la norme pour ceux qui nécessitent une évaluation
actuarielle.
 Analyser chaque avantage du personnel pour élaborer son modèle actuariel décrivant
les modalités d’acquisition et de paiement de cet avantage pour chaque catégorie de
salarié.
 Préparer un programme informatique de projection et d’évaluation actuarielle, à
partir du modèle actuariel, permettant de simuler l’acquisition et le paiement de cet
avantage pour tous les salariés et anciens salariés concernés, après avoir défini un
ensemble d’hypothèses actuarielles (ou scénario).
 Préparer le fichier des données individuelles des salariés, anciens salariés et
ayants-droit susceptibles de bénéficier de l’avantage du personnel évalué, au titre
du service effectué à la date de clôture ou à la date de l’engagement de l’entreprise
(indemnités de fin de contrat de travail).

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 Après avoir réalisé des travaux statistiques préparatoires, retenir un jeu
d’hypothèses actuarielles respectant la norme comptable (IAS 19)

 Réaliser la projection et l’évaluation actuarielle de l’avantage du personnel en


utilisant le programme informatique, le fichier des données individuelles et le jeu
d’hypothèses retenues, pour obtenir les résultats, correspondant à la méthode
actuarielle des unités de crédit projetées, sous la forme d’états de synthèse
contenant les éléments nécessaires à la comptabilisation et sous forme d’un fichier
détaillé pour permettre une validation externe (commissaire aux comptes), exhaustive
ou par sondage.

 Réunir les éléments permettant d’évaluer la juste valeur des éventuels actifs à
prendre en compte dans le calcul des montants à inscrire au passif et leur rendement
obtenu dans l’exercice ;

 Préparer le rapport d’évaluation actuarielle justifiant les résultats pris en compte


dans la comptabilisation de l’engagement et décrivant le modèle actuariel, le
programme informatique, les données individuelles, les hypothèses actuarielles
retenues, les méthodes d’évaluation des actifs, les résultats avec les commentaires
utiles, le calcul de la valeur à inscrire au passif et de la charge à comptabiliser.

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Remarques sur les hypothèses actuarielles

Meilleures estimations faites, à la date de l’évaluation, des variables


servant à la dynamique du modèle actuariel, pour évaluer la valeur
totale actualisée de l’obligation : VTA (0).
 
Elles doivent être « objectives » : « ni risquées, ni d’une prudence
excessive ».
  
Elles doivent être « mutuellement compatibles », c’est-à-dire
cohérentes entre elles et avec celles utilisées pour les autres avantages
du personnel.
Par exemple, la revalorisation des pensions est souvent liée à
l’évolution de l’inflation de façon directe ou indirecte.

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IV. ILLUSTRATION DE LA DÉMARCHE GÉNÉRALE

1. AVANTAGE DU PERSONNEL A COMPTABILISER 

Indemnité de Départ en Retraite (IDR)


Exemple : Montant de l’IDR 

0 mois de salaire si l’ancienneté est < à 10 ans


2 mois de salaire si l’ancienneté est > ou = à 10 ans et < à 20 ans
3 mois de salaire si l’ancienneté est > ou = à 20 ans et < à 30 ans
4 mois de salaire si l’ancienneté est > ou = à 30 ans

Il s’agit d’un avantage postérieur à l’emploi « à prestations définies », dont le


versement est conditionné à la présence du salarié dans l’entreprise à la date de
départ en retraite.

Remarque : problématique commune à celle de la pension de retraite : le


capital constitutif de la rente lors de la liquidation similaire à un « capital »
indemnité de départ en retraite (mais bien sûr il y a la problématique
supplémentaire du versement viager des rentes pendant toute la retraite).

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2. MODELE ACTUARIEL

• Tous les salariés présents à la clôture de l’exercice bénéficient de


l’avantage

• Les données individuelles prises en comptes sont, à la date


d’évaluation t(0) :

notation exemple

date d’évaluation t (0) 31 / 12 / 2008


l’âge à la date d’évaluation x (0) 40 ans
l’ancienneté a (0) 17 ans
le salaire annuel S (0) 30 000 €
date de projection après n années t (n) 31 / 12 / 2011
avec n = 3 (3 ans de projection)

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« dynamique » du modèle entre t (n) et t (n+1) :

 Évolution de l’âge du salarié


x (n + 1) = x (n) + 1 (Un an de plus chaque année !)

Application :
Epoque (n) 0 1 2 3
Date de la projection (t(n)) 31/12/2008 31/12/2009 31/12/2010 31/12/2011
Age à la date d’évaluation (x(n)) 40 41 42 43

 Évolution de l’ancienneté
a (n +1) = a (n) +1 (Une année de service de plus chaque année !)

Application :
Epoque (n) 0 1 2 3
Date de la projection (t(n)) 31/12/2008 31/12/2009 31/12/2010 31/12/2011
Ancienneté (a(n)) 17 18 19 20

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 Évolution du salaire

S (n + 1) = S (n) . (1 + tas_x n) (Quelle hypothèse retenir ?)

avec : tas_x n : taux annuel d’augmentation du salaire entre n et n+1


(pour un salarié d’âge x + n)

Application :

Époque (n) 0 1 2 3
Date de la projection (t(n)) 31/12/2008 31/12/2009 31/12/2010 31/12/2011
Salaire annuel (S(n)) 30 000 € 30 900 € 31 827 € 32 782 €

On suppose tas_x n = 3 % par an


 

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 Évaluation de la probabilité d’être présent dans l’entreprise

P (n + 1) = P (n) . (1 – qx n) . (1 – qdx n)

avec : P (n ) : probabilité d’être présent dans l’entreprise à la date n


qx n : probabilité de décéder entre n et n +1 (salarié d’âge x + n
à la date n)
qdx n : probabilité de quitter l’entreprise entre n et n+1 (salarié d’âge
x + n à la date n), pour une autre cause que le décès et la retraite

Application :

Époque (n) 0 1 2 3
Date de la projection (t(n)) 31/12/2008 31/12/2009 31/12/2005 31/12/2006
Probabilité d’être présent (P(n)) 100,00 % 98,91 % 97,82 % 96,74 %
qxn 0,09 % 0,10 % 0,11 %
qdx n 1% 1% 1%

On suppose : taux de mobilité = 1%


table de mortalité (TPG 93 année de naissance 1968)
(Quelles hypothèses retenir pour la mortalité et la mobilité ou turn-over ?)
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 Calcul du montant à payer

r = date de départ en retraite (Quelle hypothèse retenir ?)


Application : date où le salarié atteint 60 ans

Si (n +1) est supérieure ou égale à r : (l’âge de départ en retraite est atteint)

• arrêt de la projection pour le salarié concerné


• départ en retraite entre n et n + 1,
• calcul du coefficient coef_IDR , fonction de a (r) (ancienneté projetée à
l’âge de départ en retraite)

(Quelles règles de calcul des avantages du personnel ?)


(Quelles grandeurs projetées sont nécessaires ?)

• calcul de l’avantage du personnel projeté à la date r, s’il devait être


versé au salarié d’âge x :
 
IDR (r) = coef_IDR . S (r) / 12
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Sur la base de l’exemple précédent les résultats obtenus à la date r seraient les
suivants :

Époque (20) 20
Date de la projection (t(20)) 31/12/2028
Age à la date d’évaluation (x(20)) 60 (r)
Ancienneté (a(20)) 37
Salaire annuel (S(20)) 54 183 €

Probabilité d’être présent (P(20)) 78,89 %


Coeff_IDR 4
37 ans d’ancienneté
donc 4 mois de salaire
IDR (20) 18 061 €

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3° DETERMINATION DES ENGAGEMENTS (IAS 19)

Détermination de la valeur totale de l’obligation à la date r : VTO (r)

VTO (r) = IDR (r) . P (r)

= Montant de la prestation projetée multipliée par la probabilité d’avoir à la


verser, c’est à dire d’être présent à la date r.

Application : Ainsi VTO (20) = IDR (20) . P (20) = 18 061 . 0,7889


= 14 249 €

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Détermination de la valeur totale actualisée de l’obligation : VTA (0)

VTA (0) = VTO (r) / (1 + ti ) (r)

avec ti : taux d’intérêt permettant d’actualiser les sommes futures à la date de


l’évaluation (0).

Application : En supposant ti = 3%
VTA (0) = VTO (20) / ( 1,03)20 = 14 249 / (1,03)20
= 7 889 €

Remarque :
Si la somme VTA (0) était placée à intérêts composés annuels en utilisant le
taux d’intérêt ti, la valeur obtenue à la date r serait égale à VTO (r).

(Quelle hypothèse de taux d’intérêt retenir ?)

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Affectation de la VTA (0) entre les années de service
(méthode des unités de crédit)

A chaque année de service est affectée la portion de la VTA (0), correspondant aux
règles de calcul de l’avantage du personnel en fonction des années de service
effectuées.

Dans l’exemple :
Le montant de l’IDR étant maximum (4 mois) après 30 années de service, la VTA (0) est
totalement affectée aux trente premières années de service, même si la carrière projetée
du salarié est plus longue (par exemple 37 ans).

Le montant de l’IDR étant égal à 50 % du maximum (2 mois) entre 10 et 20 années de


service, la VTA (0) devrait être affectée à hauteur de 50 %.

Mais Attention …
Cette affectation doit au minimum être effectuée suivant une base linéaire : donc,
pour 17 années de service, la VTA (0) n’est pas affectée à hauteur de 50 %, mais à
hauteur de 56,7% (taux correspondant à 17 / 30 ème de la VTA (0), soit à une base
d’affectation linéaire sur 30 années).
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Détermination du coût des services rendus

La quote-part de la VTA (0) correspondant à l’application de la méthode


des unités de crédit pour l’ancienneté atteinte (a) est égale à la « valeur
actualisée des obligations de l’entreprise » au sens de l’IAS 19 ou « coût
des services rendus » à la date d’évaluation.

Si cette quote-part de la VTA (0) est dénommée coefficient d’affectation et


est notée Coef_Aff (a) ; si le « coût des services rendus » à la date
d’évaluation est noté CSR (0) :
CSR (0) = VTA (0) . Coef_Aff (a)

Le coefficient d’affectation est égal au résultat le plus élevé des deux calculs
suivants :

Prorata 1 = Montant de l’indemnité correspondant à l’ancienneté atteinte

Montant de l’indemnité correspondant à l’ancienneté projetée

Prorata 2 = Ancienneté atteinte


Ancienneté projetée permettant l’acquisition maximale (30 ans).

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Application :

A l’époque 0 :

Prorata 1 = IDR (17) / IDR (30) = 2 mois / 4 mois = 50,0 %

Prorata 2 = a (0) / 30* = 17 / 30 = 56,7 %

* 30 = ancienneté où le coefficient de calcul de l’IDR est maximum.

Calcul du coût des services rendus :

CSR (0) = 7 889 . 56,7 % = 4 473 €

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 Le « coût des services rendus au cours de l’exercice »

noté CSR_Ex (0)

CSR_Ex (0) est la portion du coût des services rendus affectés à l’exercice.

CSR_Ex (0) = VTA (0) . [ Coeff_Aff (a) - Coeff_Aff(a-1) ]

Application :

Coeff_Aff (a) = 56,7 %


Coeff_Aff (a - 1) = 53,3 %

CSR_Ex (0) = 7 889 . (56,7 % - 53,3 %)


= 7 889 . 3,4 %
= 268 €
= ( 7 889 . 1 / 30 )

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 Coût financier ou intérêts de l’exercice 

noté Int_Ex (0)

Portion du coût des services rendus, relative à la capitalisation annuelle de


l’obligation au taux d’actualisation utilisé au début de l’exercice.

D = CSR (0) - CSR_Ex (0)

Int_Ex (0) = D - D / (1 + it)

Application :

D = 4 473 - 268 = 4 205

Int_Ex (0) = 4 205 . ( 1 – 0,9709) = 122 €

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 Détermination des écarts actuariels (non financiers) 

Comparaison des résultats mesurés à la date d’évaluation et ceux qui ont été
projetés en début d’exercice :

A = CSR (-1) + CSR_Ex (0)proj + Int_Ex (0) proj - IDR_Ex (0) proj

avec IDR_Ex (0) proj : Montant projeté des prestations IDR payées au titre
de départs en retraite dans l’exercice.

et B = CSR (0)

Si A < B : Pertes Actuarielles : PA (0) = B - A


Si A > B : Gains Actuariels : GA (0) = A - B

Source des écarts actuariels

- Expérience différente des hypothèses


- Changement d’hypothèses pour le calcul de CSR (-1) et CSR (0).

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4. PRISE EN COMPTE DES EVENTUELS ACTIFS DE
COUVERTURE DES OBLIGATIONS DE L’EMPLOYEUR
Les actifs de couverture sont les actifs détenus par une entité
juridiquement distincte de l’entreprise, dédiés exclusivement au paiement
des avantages du personnel concernés, et ne pouvant pas être mis à la
disposition des créanciers de l’entreprise.
En pratique, en France, les entités susceptibles de détenir de tels actifs sont
des organismes assureurs (sociétés d’assurances, mutuelles ou Institutions de
Prévoyance), dans le cadre de conventions d’assurances de personnes
collectives.
Le contrat d’assurances collectives dit « fonds collectif » est le plus utilisé :

– fonds collectif non individualisé, géré dans un actif cantonné ou un actif


général + compte de participation aux résultats

– individualisation au moment de la liquidation des droits, gestion des


rentes liquidées dans le même actif que le fonds collectif, ou un autre,
cantonné ou général, + compte de participation aux résultats et + ou -
grande mutualisation du risque viager.

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. Les actifs ainsi gérés peuvent faire partie d’un actif général inter-entreprises
de l’assureur ou bien faire l’objet d’un cantonnement propre à l’entreprise
dans les comptes de l’assureur.

Les actifs de couverture sont valorisés à la date d’évaluation sur la base de leur
« juste valeur » : c’est-à-dire leur valeur de marché pour les actifs cantonnés
ou actifs en unités de compte.

Pour les actifs faisant partie d’un actif général, la juste valeur est la valeur
comptable déterminée par l’assureur en fonction de sa réglementation, qui
correspond aux provisions techniques associées au contrat.

Toutefois, la juste valeur peut prendre en compte en plus le pourcentage des


plus-values latentes, si celles-ci peuvent être intégrées dans une valeur de
transfert.

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Le rendement réel des actifs est égal à la différence entre la juste valeur des actifs à la
fin de l’exercice et celle au début d’exercice, majorée des cotisations versées et minorée
des prestations payées dans l’exercice :

RR = JV (O) – ( JV (-1) + Cotisations - Prestations)

Le taux de rendement attendu, noté « tra » des actifs est une hypothèse établie sur la
base des rendements de marché pour les différentes classes d’actifs en prenant en
compte l’allocation d’actifs, et les frais de gestion.

Le rendement attendu RA est égal à (en supposant que les cotisations et les
prestations sont versées en fin d’exercice) :

RA = JV (-1) . tra

Si RR > RA  : gain actuariel financier : GAF (0) = (RR - RA)


Si RR < RA  : pertes actuarielles financières : PAF (0) = (RA - RR)

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5. RECAPITULATIF DES RESULTATS ACTUARIELS
PERMETTANT LA COMPTABILISATION

Hors prises en compte des coûts des services passés et de l’amortissement de


gains et pertes actuariels.

Variation du coût des services rendus


CSR (0) = CSR (-1) + CSR_EX (0)pro + INT_EX (0)pro – Prestationspro
+ écarts actuariels de l’exercice (non financiers) comptabilisés ou non

Variation de la juste valeur des actifs


JV (0) = JV (-1) + RA + Cotisations – Prestations *
+  écarts actuariels de l’exercice (financiers) comptabilisés ou non
• payées par le fonds des actifs

Passif comptabilisé au bilan


CSR (0) - JV (0)
+ cumul des écarts actuariels non comptabilisés**
  ** règle du corridor, coûts de services passés
Charge comptabilisée dans le résultat
  CSR_Ex (0) pro + INT_EX (0) pro - RApro
+ écarts actuariels comptabilisés dans l’exercice

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SYNTHESE DE LA DEMARCHE

• Utiliser des techniques actuarielles

– pour déterminer le coût des services rendus pendant l’exercice


et les exercices antérieurs, c’est à dire la valeur actualisée de
l’obligation (IAS 19).

• Évaluer la juste valeur des actifs du régime

– si le fonds est distinct de l’entreprise (externalisé)

• Déterminer le montant total des écarts actuariels

– Impact des changements d’hypothèses actuarielles


– Écarts entre ce qui s’est réellement produit et les résultats
attendus selon les hypothèses actuarielles antérieures.

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• Inscription au passif du bilan

– de la valeur actualisée de l’obligation, diminuée de la juste


valeur des actifs, en prenant en compte des dispositions de
lissage dans le temps des écarts actuariels et des coûts de
services passés.

• Inscription dans le compte de résultat

– du coût des services rendus dans l’exercice, augmenté du coût


financier, diminué du rendement attendu des actifs du régime et
des écarts actuariels comptabilisés dans l’exercice.

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Annexe sur le choix des hypothèses

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a ) Cas des Indemnités de Départ à la Retraite

Inflation :
Inflation
Taux d’inflation moyen attendu sur le long terme, permettant l’expression d’autres
hypothèses en taux réel (diminué du taux d’inflation).

Mortalité :
Mortalité
Quelle table de mortalité utiliser ?

Les statistiques nationales, de type INSEE, peuvent donner une base objective ou
encore les tables utilisées par les assureurs sur la vie ou les caisses de retraite.

Rotation du personnel (turn-over) :


Quels taux retenir, en fonction de la catégorie de personnel, de l’ancienneté, de
l’âge atteint, … ?

Les statistiques peuvent donner une base objective : par exemple, à partir des
graphiques (taux de turn-over / ancienneté et âge) des cadres et de non cadres.

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Les taux de progression des salaires :
salaires
Quels taux retenir, en fonction de la catégorie de personnel, de l’ancienneté, de
l’âge atteint ?

Les statistiques peuvent donner une base objective (par exemple, à partir des
graphiques (salaires / âge) des cadres et de non cadres.

Taux d’actualisation :
d’actualisation
Taux d’intérêt annuel permettant de calculer la valeur totale actualisée de
l’obligation : VTA (0).

Taux de marché, à la date d’évaluation, fondé sur les obligations d’entreprises de


première catégorie, (à défaut sur les obligations d’état), pour des maturités
cohérentes avec celles des engagements de l’employeur.
Par exemple, en France cela peut être le TMO, à la date d’évaluation.

Charges patronales :
Les charges sociales ou taxes, supportées par l’employeur, majorent son obligation
et doivent être prises en compte.

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b ) Cas des Pensions de Retraite

L’objectif est de formuler les hypothèses supplémentaires nécessaires permettant


de calculer tous les arrérages susceptibles d’être payés et d’évaluer le capital
constitutif (ou valeur actuarielle totale) de cette pension de retraite.

Pour les salariés actifs, le capital constitutif de la rente, évalué à la date de


liquidation, peut être traité de façon analogue à une indemnité de départ en retraite :
capital constitutif = IDR

Pour les pensionnés, le capital constitutif de la rente, évalué à la date d’évaluation,


constitue la Valeur Actualisée de l’Obligation, VAT (0), égale au Coût des services
rendus, CSR (0).
 

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Mortalité  :
Quelle table de mortalité utilisée pendant la retraite ?

Les statistiques nationales, de type INSEE, peuvent donner une base objective ou
encore les tables utilisées par les assureurs sur la vie ou les caisses de retraite
(tables de mortalité par génération).

Taux d’actualisation :
Taux permettant d’actualiser les arrérages susceptibles d’être payés dans le futur.

Ce taux d’actualisation peut être différent de celui utilisé pour l’actualisation avant
la retraite : en particulier lorsque le capital constitutif doit être versé à un assureur
(le taux d’actualisation peut alors être celui retenu par l’assureur, si l’employeur ne
s’engage pas sur la revalorisation des rentes, par exemple : 2,50 %).

Revalorisation :
Revalorisation 
Taux permettant de prendre en compte la revalorisation probable des pensions de
retraite (par exemple, comme l’inflation ou comme un autre indice).

Pensions déductibles 
déductibles :
En cas de pensions à prestations définies différentielles, des hypothèses
supplémentaires sont à formuler pour l’évaluation des pensions déductibles.
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c ) Cas des Contributions de l’employeur pour financer des
frais de soins de santé à des anciens salariés :

Attention :
Il faut distinguer le cas où l’employeur s’engage à verser un montant défini de
cotisations à une mutuelle (similaire à une pension de retraite).

Cotisations de l’employeur 
l’employeur : par catégorie de pensionné (seul, famille, …)
Taux d’évolution des cotisations :
cotisations
Les dérives possibles des dépenses médicales seront elles prises en compte par
l’employeur ? supportées par les pensionnés ?

du cas où l’employeur s’engage à prendre en charge une portion définie des


dépenses médicales à la charge du salarié :

Prestations de l’employeur 
l’employeur : par catégorie de pensionné (seul, famille, …)
Taux d’évolution des prestations :
prestations
Il prend en compte les dérives attendues des dépenses médicales, ainsi que les
frais de gestion relatifs à ces prestations.

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Remarque :
La prise en compte d’une dérive forte des dépenses médicales sans
limitation peut entraîner des CSR (0) très élevées pour le personnel en
activité : l’entreprise doit délimiter clairement et explicitement son
engagement, pour éviter de prendre en compte, a priori, le coût de la
dérive des dépenses médicales dans l’évaluation de ses engagements.

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