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DIETETIQUE DE L’IRC

5EME ANNEE
MALADIES RENALES

I - Anatomie et physiologie rénales


• Le rein reçoit 20% du débit cardiaque. II filtre donc 1600 litres de sang par
jour. Le résultat est de 180 litres d'ultrafiltrat glomérulaire par jour .
L'ultrafiltrat qui résulte de la fonction glomérulaire est semblable dans sa
composition chimique au sang
• Les tubules réabsorbent la grande majorité des composants de 1'ultrafiltrat
par processus actif néssitant de 1’énergie ATP.
• La priorité de la fonction rénale est le contrôle du volume sanguin. Ce
contrôle prédomine sur la natrémie. Un gain ou une perte de 1 % du volume
sanguin est reflété par des changements significatifs dans la composition de
l'urine et dans la composition du sérum en potassium, bicarbonate et eau.
L'HAD contrôle 1'excrétion d'eau d’une manière très efficace
Le soluté éliminé par le rein est constitué surtout de déchets azotés qui sont
les produits finaux des métabolismes.
MALADIES RENALES
• Ces déchets azotés sont: L'Urée, déchet protéique principal, puis
l'acide Urique, la Créatinine et l‘Ammoniaque.
• Si ces déchets ne sont plus éliminés correctement la condition
s'appelle azotémie ou Urémie
• L'insuffisance rénale est la pathologie où 1'élimination de ces
déchets devient nulle ou diminuée.
• Le rein sécrete:
– les enzymes responsables du système Rénine-Angiotensine qui
contrôle 1a tension. La sécrétion de rénine est stimulée par la
diminution du volume sanguin.
– l'ERYTHROPOIETINE responsable du maintient de l'activité
érythropoiétique de la moelle osseuse.
– Il maintient 1'homéostase phospho-calcique par activation de
la vitamine D. Il transforme la 24,25 hydroxy-D3 en 1,25-
dihydroxy D3 sous le contrôle de la Parathormone.
II - SYNDROME NEPHROTIQUE
1. DEFINITION
 Le syndrôme néphrotique est défini par 1'incapacité du glomérule à
exercer sa fonction comme barrière au passage des protéines dans
1'ultrafiltrat glomérulaire.
 Les protéines sont perdues à travers l'urine (protéinurie > 3g /24
heures) et en quelques jours les symptômes de l’hypoalbuminémie
apparaissent.
 D'autres facteurs nutritionnels dont vitamines, protéines de transport
des nutriments, facteurs de croissance et minéraux sont perdus 
perturbations métaboliques diverses.
2. ETIOLOGIE
95% des cas de Syndrôme Néphrotique sont dus à 4 pathologies rénales
propres: Minimal Change Disease (MCD), Glomérulosclérose focale et
segmentée, Glomérulopathie membraneuse et Glomérulonéphrite
Membranoproliférative
Ou bien ce sont des complications de 3 pathologies principales: DIABETE,
LUPUS ERYTHEMATEUX DISSEMINE et AMYLOSES
II - SYNDROME NEPHROTIQUE
3. SYMPTOMES CLINIQUES ET PARACLINIQUES
• Hyperalbuminurie (proteinurie > 3g / 24 heures) .
• Hypoalbuminémie avec oedèmes subit qui sont à prédominence abdominale
Oedèmes résultant de la baisse de pression osmotique sanguine
• Au stade initiale de la maladie une hypotension est notée, mais rapidement le
rein compense cette hypotension par une stimulation du système Rénine-
Angiotensine-Aldostérone une réabsorption massive de sodium.
• Elévation du Cholestérol Total, des LDL et des VLDL (chez les malades
gravement atteints) avec une baisse du taux de HDL. Les anomalies lipidiques
peuvent accélérer l'athérosclérose et la progression de la maladie rénale.
• L'hypercoagulabilite sanguine
• Malnutrition proteique
• Anemie microcytique hypochromique résistante au fer, due au manque de
transferrine
• Hypocalemie due à la fuite urinaire de Cholécalciférol Binding Protein (CBP)
avec hyperparathyroidie
• Augmentation des risques d'infection par manque d'IgG.
4. RESUME DES CONSEQUENCES DES PERTES URINAIRES DE
PROTEINES DANS LE SYNDROME NEPHROTIQUE:
SYNDROME
NEPHROTIQUE

Perméabilité Glomérulaire augmentée--- ↑ protéinurie ----- ↓ Protéinémie

Catabolisme Hypoalbu Baisse des Baisse de la Pertes des vit. D et Baisse de


des tissus minémie Immunoglob Transferrine Ca liés aux Clairance
maigres de ulines protéines Lipidique
l'organisme plasmatiques

Oedèmes Anémie Ostéoporose HyperLipémies


Perte de Infections
Poids
SO1NS NUTRITIONNELS
• Eliminer et réduire les oedèmes
• Limiter 1'hypoalbuminémie
• Limiter 1'hyperlipémie
• Diminuer les risques de progression vers 1'insuffisance rénale
 

• Fournir suffisament de protéines et d'energie pour maintenir un bilan azoté positif, pour
synthétiser l'albumine  augmenter sa concentration plasmatique  éliminer les
oedèmes.
• L'augrnentation de la concentration en Albumine et le bilan azoté positif sont
difficilement réalisables par une diète riche en protéines, car cette dernière augmente les
pertes urinaires.
•Auparavent on recommandait une diète riche en protéines (1,5 g / Kg / 24 heures) pour
prévenir la malnutrition proteique, mais les études ont montré que 1'administration de
0,8 ,g /Kg /24 heures de protéines diminue la protéinurie sans diminuer l'albuminémie.
• avec 50 % des protéines soient qualifiées de HBV (High Biological Value animales avec
un apport énergétique de 35 Cal/Kg/24 Heures pour les adultes et 100 - 150 Cal/Kg/24
Heures pour les enfants
• 1'apport sodé doit se situer autour de 3g de sodium par jour
• La diète doit être normocholesterolémiante avec traitement médicamenteux si nécessaire
pour le contrôle de1'hypercholestérolémie
III- Insuffisance rénale aigue (IRA)
1- DEFINITION
• C'est un déclin rapide du taux de filtration Glomérulaire  la pathologie est une
IRA vraie alors que si ce déclin s'étend sur plusieurs semaines, la pathologie est
alors nommée: Insuffisance Rénale Rapide Progressive (IRRP)
III- Insuffisance rénale aigue (IRA)
1- DEFINITION
• C'est un déclin rapide du taux de filtration Glomérulaire  la pathologie est une IRA vraie
alors que si ce déclin s'étend sur plusieurs semaines, la pathologie est alors nommée:
Insuffisance Rénale Rapide Progressive (IRRP)
2- SOINS NUTRITIONNELS
• les patients souffrent d'urémie et d'azotémie . Aussi d'acidose métabolique vu que le rein n'élimine plus les ions H+,
d'accumulation d'électrolytes (Sodium, Potassium, Calcium etc.. et de stress catabolique avec perte de protéines.

NUTRIMENT QUANTITE RECOMMANDEE


PROTEINES 0,8 - 1,0 g / Kg de Poids Ideal / j On peut augmenter cette quantité si le débit de filtration glomérulaire
redevient normal.
60 % des protéines doivent être s/f HBV
ENERGIE
30 à 40 Cal / Kg / 24 h

POTASSIUM 30- 50 meq / 24 h pendant la phase oligurique (ceci depend de


l'élimination urinaire, de la dialyse et de la kaliémie)

SODIUM 20 - 40 meq (I g) / 24 h en phase oligurique (ceci dépend de


l'elimination urinaire, de la dialyse, de la Natrémie et des oedèmes )

FLUIDES REMPLACER LES PERTES DU JOUR D'AVANT (Urines + Vomissements+ Diarrhée ...) EN AJOUTANT
500 ml

PHOSPHORE Limiter au besoin


C- Insuffisance Rénale Chronique (IRC)
End Stage Renal Disease (ESRD)
1- TRANSPLANTATION RENALE
• La Transplantation est un processus chirurgical qui consiste à implanter un
rein d'un donneur parent vivant (Immunologiquement Compatible), ou d'un
donneur non parent vivant (Immunologiquement Compatible) ou encore d'un
cadavre (Immunologiquement Compatible).
• La complication majeure de la transplantation est le rejet du tissu étranger à
1'organisme.
• Actuellement le nombre de patients qui attendent la transplantation dépasse
de loin le nombre de Reins donnés.

2- Soins Nutritionnels dans la Transplantation Rénale


• Les soins nutritionnels sont basés sur les effets métaboliques des médicaments
immunosupresseurs utilisés.
• Les principaux médicaments utilisés sont les Stéroidiens, la Ciclosporine et le
Mycophénylate.
Diète du transplanté
• Pendant le premier mois qui suit la transplantation rénale la dose des
stéroidiens administrés est élevée pour prévenir le rejet de greffe, ce qui
induit un catabolisme élevé des protéines.
• Il faut donc que l'apport proteique soit entre l,3 et I,5 g/Kg/24 h; avec un
apport énergétique de 30 à 35 cal /Kg/24h pour prévenir un bilan azoté
négatif.
• Un apport plus élevé est nécessaire de 1,6 à 2 g/Kg/24 h si le malade
présente une fièvre, une infection ou un stress traumatique post-chirurgical.
• Une restriction sodée durant cette période est nécessaire pour prévenir une
HTA (80 à 100 meq / jour)
• Après la période de corticothérapie, 1'apport protéique est ramené à 1 g /
Kg / 24 h et 1'apport calorique individualisé pour maintenir un poids
acceptable. L'apport sodé sera également individualisé relativement à la
rétention hydrique et à la TA
• L'Hyperkaliémie liée à la Cyclosporine nécessite une restriction potassique
temporaire.
• Les malades transplantés présentent souvent une hypohosphatémie
et une légère hyperrcalcémie due à la résorbtion osseuse, associées
toutes les deux à une hyperparathyroidie persistante et à 1'effet des
stéroidiens sur le métabolisme phospho-calcique.
• La diète devra être adéquate donc en calcium et en Phosphore avec
un apport de 1200 mg par jour de chacun des 2 nutriments
• Les taux sériques de Ca et de P devraient être surveillés
périodiquement.
• Un supplément de Phosphore pourrait être nécessaire pour corriger
l'hypophosphatémie.
• La majorité des transplantés ont un problème
d'hypercholestérolémie et d'hypertriglycéridémie d'étiologie
multifactorielle.
• Une diète adéquate devrait être appliquée et on recommande
fortement des suppléments d'huiles de poissons é raison de 6g/jour
qui non seulement améliorent le profil lipidique mais aussi le profil
hémodynamique rénal et la tension artérielle. De plus, la survie de la
greffe est à moindre risques car les eicosanoides pourraient
améliorer 1'effet de la cyclosposrine.
NUTR. RESULTAT DE MECHAN.
L'INTERACT.
Potassium Hypokaliémie excrétion rénale
Calcium Densité Osseuse excrétion rénale
(Ostéoporose)
Stéroidiens Vitamine C taux sériques excrétion rénale & besoins

Protéines Bilan Azoté Négatif Catabolisme protidique musculaire


Glucose Hyperglycémie, Induction de Neoglucogénèse
Intolérance au Glucose
Sodium Rétention de Sodium Réabsorption Rénale
Cholestérolémie

NUTR. RESULTAT DE MECHAN.


L'INTERACT.
Potassium Hyperkaliémie
HTA
Hypertriglyceridemie Inhibition de
CYCLOSPORIN 1'oxydation de la cyclosporine
hypercholesterolemie
GRAPEFRUIT BIODISPONIBILITE de
lacyclosporine Toxicite Dans 1'intestin grele par les composants du
'JUS GRAPEFRUIT pamplemousse
Inhibition de l’oxydation de la Cyclosporine
NUTR. RESULTAT DE MECHAN.
L'INTERACT.
Potassium Hyperkaliémie
HTA
CYCLOSPORIN Hypertriglyceridemie

hypercholesterolemie
Inhibition de
oxydation de la'1
GRAPEFRUIT BIODISPONIBILITE de Cyclosporine
lacyclosporine Toxicite Dans 1'intestin grele par les
'JUS GRAPEFRUIT composants du pamplemousse
Inhibition de
oxydation de la'1
Cyclosporine
Soins Nutritionnels des malades sous
dialyse dans l'IRC (ESRD)
• Malgré les progrès des méthodes de dialyse et de transplantation, les Soins
nutritionnels restent essentiels pour améliorer la dialyse elle-même, pour le
maintient d'un statut nutritionnel optimal et enfin pour prévenir les
complications de la dialyse. La présence du diététicien dans 1'unité de
dialyse est essentielle pour éduquer les malades sur la diète. Enfin le
contrôle de la diète du malade est un élément essentiel pour le pronostic de
la maladie.

OBJECTIFS DES SOINS NUTRITIONNELS

 Prévenir les carences


 Contrôle des oedèmes
 Prévenir 1'ostéodystrophie rénale
 Fournir une diète attirante
Ostéodystrophie Rénale
INSUFFISANCE RENALE

Restriction diététique Baisse du débit de Diminution de


Filtration 1'activation de la
Glomérulaire vitamine D

Baisse de l'apport de Hausse de la Diminution de


Calcium Phosphatémie l'absorption de Calcium

Ca sérique PTH Déséquilibre Minéral et Hormonal

Ostéodystrophie rénale (Ostéomalacie et fibrose osseuse)


• Prévention des Carences
• La prévention des carences consiste à maintenir un bon statut
nutritionnel et une croissance normale chez les enfants à travers
1'apport adéquat de protéines, d'énergie, de vitamines et de minéraux.
 
• Contrôle des Oedèmes
• Le contrôle des oedèmes et du déséquilibre hydro-électrolytique se fait
par le contrôle de 1'apport Sodique, Potassique et Hydrique
 
• Prévention et limitation de 1'apparition de 1'ostéodystrophie rénale
• Ceci se fait par le contrôle de l'apport Calcique, Phosphorique et de
1'apport de vitamine D

Fournir une Diète Attirante


Le malade est déjà anorexique, il faut donc stimuler son appétit pour pouvoir
subvenir à ses besoins nutritionnels et la diète doit correspondre autant que
possible au mode de vie du malade.

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