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L’immunité antibactérienne

Déclenchement de l’immunité innée par l’interaction


PRR/PAMP

Les  PAMPs (Pathogen-Associated Molecular Patterns) :

• Ce sont des structures relativement invariantes, elles sont présentes


généralement sur l’enveloppe des procaryotes et des champignons
• sont partagés avec de nombreux pathogènes apparentés
• Elles sont absentes des cellules hôtes,
• Ce sont des motifs structuraux répétés à la surface des pathogènes.
• sont le plus souvent indispensables à la survie ou à la pathogénicité du
micro-organisme
Les PRR

• Exprimés sur de nombreux effecteurs cellulaires de l’immunité innée, (les


macrophages, les cellules dendritiques et les cellules B, toutes des CPAg
professionnelles).
• L’expression des PRRs n’est pas clonale.
• De plus, une fois que les PRR ont identifié un PAMP, la cellule effectrice est activée
directement sans amplification.
• D’un point de vue structure, les PRRs appartiennent à plusieurs familles de protéines.
• Sur le plan fonctionnel, les PRRs peuvent être répartis en 3 groupes :
• 1- des molécules sécrétées qui circulent dans le sang et la lymphe
• 2- des récepteurs de surface sur les cellules phagocytaires qui lient le pathogène
avant son ingestion
• 3- des récepteurs de surface dont la signalisation après liaison du pathogène aboutit à
la libération de molécules effectrices
1/ Les molécules PRRs sécrétées

• Opsonines en se fixant à la surface


des bactéries les rendant ainsi
sensibles à la reconnaissance par
- le système du complément - - les
phagocytes.
la Mannan Binding Lectine (MBL)
qui se lie aux carbohydrates des
bactéries Gram positif et Gram
négatif pour initier l’activation du
complément par voie des lectines.
• La MBL est associée à deux sérines
estérases, les MBL-Associated
Proteases 1 et 2 (MASP-1, MASP-2)
2/ Les récepteurs de phagocytose (ou PRRs endosomiaux ou
endocytiques) 

• A la surface des phagocytes.


• Reconnaissance des PAMPs sur la paroi microbienne, captation, ingestion
et la libération des pathogènes dans les lysosomes où ils seront détruits.
• Les protéines des pathogènes peuvent être alors dégradées et le peptide
qui en résulte peut être présenté associé aux molécules du CMH à la
surface du macrophage.
• Le récepteur macrophagique au mannose (macrophage mannose
receptor) reconnaît spécifiquement les carbohydrates possédant un grand
nombre de mannoses et qui sont caractéristiques des micro-organismes.
• le « macrophage scavenger receptor » (ou récepteur éboueur des
macrophages) est capable de se fixer aux parois bactériennes et intervient
de ce fait pour une bonne partie dans la « clearance » des bactéries de la
circulation
3/Les récepteurs de signalisation

- Reconnaissent les PAMPs et activent via un signal de


transduction des voies qui induisent l’expression d’une
variété de gènes de réponse immune, incluant les
cytokines inflammatoires.
Les récepteurs de la famille Toll (TLR) semblent jouer un
rôle majeur dans l’induction des réponses immunes et
inflammatoires.
Les récepteurs Toll
Activation du complément

• - formation du complexe d’attaque


membranaire (bactéries gram négatif)
• - Les anaphylatoxines C3a et C5a
induisent une vasodilatation et une
augmentation de la perméabilité
vasculaire.
• - De plus, C5a est un puissant
chimioattractant pour les polynucléaires
neutrophiles.
• - Le C3b et C3bi jouent un rôle majeur
dans l’opsonisation des bactéries gram
positif et gram négatif en se déposant à
leur surface et en se liant aux récepteurs
correspondant présents sur les
polynucléaires neutrophiles (CR1, CR3)
facilitant la phagocytose des bactéries.
Les polynucléaires neutrophiles

• Premières cellules à migrer du sang circulant vers le site infecté.


• en réponse aux différents chimioattractants migrent de façon orientée vers leur
cible.
• Ils constituent un puissant système de défense contre les agents pathogènes,
principalement les bactéries et les champignons
• reconnaissent leur cible par l’intermédiaire des PRR
• Les activités microbicides et cytotoxiques des polynucléaires neutrophiles
comprennent
- la libération d’enzymes protéolytiques
- la production rapide de formes réactives de l’oxygène. Ce dernier phénomène
s’appelle l’explosion oxydative des polynucléaires neutrophiles.
Les polynucléaires neutrophiles

• Deux grands types de mécanismes coopératifs interviennent pour détruire l’agent pathogène phagocyté:

• Des mécanismes de dégranulation indépendants de l’oxygène,


déversement de substances bactéricides dans le phagosome.
On peut noter qu’une centaine d’enzymes différentes présentes dans les granules des polynucléaires

• La production de formes réactives de l'oxygène,


activation du système enzymatique de la NADPH oxydase dans l’explosion oxydative.
Production de formes toxiques de l’oxygène altérant la structure des protéines, des lipides et des acides nucléiques.
La myéloperoxydase libérée dans le phagolysosome catalyse la formation d’acide hypochloreux (eau de Javel), hautement
bactéricide.

NB:La production des formes réactives de l'oxygène joue un rôle majeur dans la microbicidie comme le montrent les déficits de leur
production conduisant à la survenue d’infections graves et répétées à bactéries et champignons. Par contre produite de façon
excessive ou inappropriée dans le milieu extracellulaire, elles peuvent participer à la survenue de lésions tissulaires au site
inflammatoire (« dégâts collatéraux »).
Explosion oxydative

La fixation du polynucléaire neutrophile à sa cible est facilitée par les opsonines,


particulièrement les immunoglobulines d’isotype IgG1 et IgG3 et les protéines du
complément dérivées de C3.
Les monocytes/macrophages

• interviennent dans un deuxième temps


• assurent l’élimination des polynucléaires
apoptotiques, et des débris cellulaires ou
bactériens.
• Le pathogène est détecté par le macrophage grâce
aux PRR qui reconnaissent les PAMP.
• Un signal à l’intérieur du macrophage est alors
déclenché, entraînant la production de monoxyde
d’azote (NO) et d’espèces réactives de l’oxygène,
composés toxiques pour la bactérie à éliminer. Le
monoxyde d’azote va alors inhiber l’activité de
certaines fonctions vitales de la bactérie mais
aussi l’empêcher de se multiplier en affectant la
division cellulaire
De la réponse immunitaire innée à la réponse adaptative
La réponse immunitaire humorale contre les
bactéries à multiplication extracellulaire

• Principale réponse immunitaire adaptative protectrice contre les bactéries à x


extracellulaire.
- Les anticorps:
- Empêchent la liaison des bactéries à l’épithélium des muqueuses
- Inhibent les sites de fixation des toxines bactériennes aux membranes cellulaires (toxines
tétanique ou diphtérique).
- Opsonisante. Cette opsonisation se fait en coopération avec celle des dérivés C3b du
complément et facilite la phagocytose.
- Les sous populations lymphocytaires B influencent la réponse immune contre les
agents pathogènes extracellulaires type Streptococcus pneumoniae
- Les Lymphocytes B-1 (B-1a, B-1b) se distinguent des lymphocytes conventionnels B-2
par leur capacité à s’autorenouveler, produire des anticorps naturels, être présent dans
la rate et le peritoine
- Les LB-1 sont producteurs d’Ac primaires contre les Ag Tindépendants ( épitopes
répétitifs, lente dégradation in vivo) 
Réponses immunitaires contre des bactéries à multiplication intracellulaire

• Les bactéries à multiplication intracellulaire sont phagocytées par les macrophages et y survivent.
• certaines mycobactéries inhibent la fusion phagosome/lysosome
• Les mécanismes de défense contre ces bactéries dépendent essentiellement des lymphocytes T CD4+ de type Th1.
• Les lymphocytes T CD4+ constituent le pool majoritaire des lymphocytes T exprimant un récepteur T.
• L’IL-12 produite par les cellules présentatrices d’antigènes permet la différenciation des Th naïfs en Th1 qui sécrètent de l’IL-2 de l’IFN et
du TNFγ . Ils sont impliqués de façon prédominante dans l’élimination des pathogènes à multiplication intracellulaire et notamment intra-
macrophagique.
• L’activation du système immunitaire par les antigènes de bactéries à multiplication intracellulaire induit à un moindre degré une réponse
Th2.
• Les lymphocytes T CD8+ jouent un rôle dans l’éradication de pathogènes à multiplication intracellulaire tels que Listeria monocytogenes.
• Enfin, les lymphocytes B peuvent internaliser via leurs immunoglobulines de membrane les pathogènes à multiplication intracellulaire et
participer ainsi à une présentation particulièrement efficace de ces antigènes aux lymphocytes T CD4+ . Les anticorps sériques spécifiques
de bactéries à multiplication intracellulaire constituent un marqueur facile à analyser d’un contact avec ces agents pathogènes.
• Les lymphocytes T n’exprimant ni CD4, ni CD8 (double-négatifs) et exprimant un récepteur T jouent un rôle probablement plus
important que les lymphocytes T CD8+de type ᾳβ dans l’éradication des bactéries à multiplication intracellulaire.
• Les lymphocytes NK exercent également une activité cytotoxique vis à vis de cellules infectées par des virus ou des bactéries à
multiplication intracellulaire.
• De plus, des cytokines telles que l’IL-12, induisent la production par les cellules NK d’IFNγ qui joue un rôle majeur dans la défense contre
les bactéries à multiplication intracellulaire.