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ABSORPTION

ABSORPTION
L'absorption de gaz dissous dans un solvant
liquide contenant un ou plusieurs réactifs se
rencontre dans quatre champs d'application
industrielles :
Lavage des gaz acides : CO2, H2S, CO, SO2, NO,…
pour la fabrication des gaz de synthèse et pour
lutter contre la pollution de l'air etc…
Fabrication des produits purs : H2SO4, HNO3, BaCl2,…
Procédés biologiques : fermentation, oxydation des
boues, fabrication de protéines à partir
d'hydrocarbures, oxydations biologiques etc…
Procédés en phase liquide : Oxydations,
hydrogénations, sulfonations, nitrations, etc…
Rappels
Solubilité des gaz
Considérons le cas d'un système binaire gaz – liquide :
Si un gaz et un liquide non volatil sont en équilibre, alors la
concentration du gaz dissous dans le liquide est appelée
solubilité du gaz dans ce liquide aux températures et
pression existants alors :
La principale caractéristique de la solubilité des gaz est qu'il
est nécessaire, pour le maintien d'une concentration
donnée de gaz dans la phase liquide, que ce gaz exerce
dans la phase gazeuse située en contact, une pression
partielle dont la valeur absolue est bien définie.
Inversement, on peut dire que le gaz dissous exerce une
pression partielle au dessus de sa solution.
La solubilité des gaz diminue rapidement avec la
température.
Solutions liquides idéales

Les caractéristiques d'une solution idéale sont :

Les forces d'attraction et répulsion intramoléculaires dans


la solution sont inter changées lorsqu'on mélange les
constituants.

Le volume de la solution varie linéairement avec la


composition.

Il n'y a ni adsorption ni évolution de la chaleur de mélange


des constituants.

La pression de vapeur de la solution varie linéairement


avec la composition exprimée en fraction molaire.
Dans ce cas, on peut utiliser la loi de Raoult :

p  pvx
*

avec p* pression partielle du gaz en équilibre


avec le liquide
pv pression de vapeur du gaz soluté
x fraction molaire du gaz dans la solution
Loi d'Henry – Solubilité non idéale

Pour des solutions diluées non idéales, on peut considérer


que la fraction molaire du soluté y* dans le gaz en
équilibre avec une solution dont la fraction molaire en
soluté est x, s'écrit :

*
p
y 
*
 mx
pt
Coefficient de conductances volumiques de transfert

Considérons l'absorption dans laquelle un gaz est dissous


dans le liquide sans qu'il y ait réaction. La représentation
de base du transport du gaz soluté est fondée sur le
concept de l'additivité des résistances en phase gazeuse et
en phase liquide, on suppose de plus que la résistance
interfaciale est négligeable.
Le flux global d'absorption par unité de volume d'absorbeur
est alors :


  N A .a  k G .a  p G  p L   k L .a C  C L
*

Avec
a aire interfaciale entre le gaz et le liquide rapporté
à l'unité de volume
Na flux spécifique moyen d'absorption par unité
d'aire interfaciale
Pg, pi pressions partielles du gaz soluble respectivement
au sein du gaz et à l'interface
C* ,CL concentrations du gaz dissous à l'équilibre
respectivement à l'interface et au sein du liquide.
kg coefficient de transfert de matière en phase
gazeuse.
Pour le transfert de matière en phase liquide, plusieurs
modèles fondés sur des hypothèses distinctes quand au
comportement du liquide, conduisent à des expressions
différentes du coefficient de transfert de matière kL.
      
N A .a  K G .a p G  p *  K L .a C*L  C L  K G .a.P y  y *  K L .a.C x *  x 
KG et KL coefficients globaux de transfert de matière
La connaissance des coefficients volumiques est nécessaire
pour le calcul du dimensionnement des appareils.
Malheureusement, à cause de la complexité des variations
de " a " et par la suite de celle du coefficient volumique, il
a été impossible jusqu'à maintenant d'obtenir une
expression théorique pour les coefficients. Il est donc
nécessaire d'avoir recours aux expressions empiriques.
Contact continu des phases immiscibles

Les absorbeurs utilisés ont des formes très diverses :

* réacteurs tubulaires à bulles, à gouttes, à film tombant, à

garnissage, à plateaux, etc…

* réacteurs à cuve agitée mécaniquement,


* réacteurs de types jets ou venturis.
Ces différentes formes géométriques sont dues, à la
compétition entre phénomènes :

* de thermodynamique chimique (solubilité des gaz,


diffusivité des réactifs);

* de transfert de matière et de chaleur de chaque côté de


l'interface gaz – liquide (coefficients de transfert et aires
interfaciales);

* de cinétique chimique (constantes cinétiques, ordre de


réaction sélectivité, etc…).
Appareillages utilisés lors des opérations gaz –
liquide

Appareils progressifs : Colonnes à garnissage


Gaz

Liquide

Gaz

Liquide

Le contact est continu entre le liquide et le gaz. Les pertes


de charges sont moins considérables et la rétention du
liquide est moindre.
Appareils étagés : colonnes à plateaux

Liquide

Gaz

Gaz

Liquide

Le contact est discontinu, étagé.


Colonnes vides

Liquide

Gaz

Gaz

Liquide
Appareillages utilisés lors des opérations liquides –
liquide
Mélangeurs avec séparateurs

Liquide A

Liquide B

Liquide A

Mélange Liquide B

Séparateur
Colonne à garnissage avec un pulseur

Liquide B lourd
Piston
Cet appareillage
Permet
d'accélérer
Pulseur le transfert de
matière
Liquide A léger

Liquide B

En général A et B ne sont pas totalement immiscibles.


Colonnes à garnissage

Les colonnes garnies sont employées dans l'industrie lors


des opérations d'absorption, distillation et extraction.
Ces colonnes réalisent un contact continu à co ou contre
courant des deux phases gaz et liquide. L'échange entre
les deux phases se fait d'autant mieux qu'on a une grande
surface de contact et une bonne turbulence.
L'efficacité des colonnes garnies est fonction des
paramètres suivants :

* Les caractéristiques du garnissage.


* Les différents types d'écoulement.
* Les conditions hydrodynamiques.
* La rétention
Choix du garnissage

Un garnissage doit être tel que :


* La surface spécifique (surface volume). Doit être la plus
grande possible.
* Il doit avoir un grand volume de vide avec une grande
porosité afin d'avoir une perte de charge la plus faible
possible (la résistance à l'écoulement la plus faible
possible).
* Il permet une distribution uniforme du liquide.
* Il doit être de faible densité, pour les grandes colonnes
garnies, le poids du garnissage peut provoquer de sérieux
problèmes de support.
* Il doit être résistant à la corrosion et relativement peu
coûteux.
Le garnissage joue un rôle important car :

* Il augmente l'aire de contact liquide – gaz.

* Il provoque des micro-tourbillons dans le film liquide, ce


qui permet de renouveler la surface et favorise le
brassage et l'homogénéisation locale de la concentration
du liquide.

* Il empêche la formation de grands mouvements de


convection longitudinale dans la phase gazeuse, ce qui
maintient une différence de concentration entre l'entrée et
la sortie de la colonne.
1.Différents types de garnissage

On peut citer parmi les anneaux :

Raschig (1830)
Céramique, porcelaine
Acier, plastique
Hauteur = Diamètre H
 Lessing : céramique, porcelaine

H=D
D < 50 mm : vrac

D > 50 mm : empilement
Pall : Céramique, acier,

orosité importante, bon contact, augmentation de la


turbulence. Il comporte des languettes repliées vers
l'intérieur ( 4 Languettes )
Les Selles

* de Berl * Intalox
Billes sphériques :

Bon contact, la porosité faible et


grande perte de charge.
Il faut un support pour maintenir le
garnissage

Ag 6
ag  
Vg d g
Le choix du garnissage dépend :

* Du système à étudier.

* Du coût.

* De l'efficacité.

Remarque

Si  on peut admettre un plus grand débit de


gaz
1.Types d'écoulement

1.Écoulement arrosé

La phase gazeuse est continue alors que la phase liquide


est discontinue, ceci à co ou contre courant. La grille de
support du garnissage est placée après le distributeur du
liquide.

Liquide
Le liquide ruisselle sur le garnissage
il existe un film liquide, le diamètre
des pores diminue d'où la surface
affectée à l'écoulement du gaz Gouttelettes
diminue ce qui entraînera une
vitesse de gaz plus grande.

Gaz
Si on maintient le débit de liquide L constant et on fait varier le débit

de gaz G, en augmentant le gaz G va refouler le liquide, le liquide va

occuper tout le volume du vide et le gaz ne peut plus passer, et on

observe le phénomène de l'engorgement.


Écoulement noyé

Dans ce cas : la phase liquide est continue, la phase


gazeuse étant discontinue à co ou contre–courant. Le liquide
occupe toute la section offerte par le garnissage et le gaz se
disperse sous forme de bulles.

Liquide
Si le débit G augmente, la taille des
bulles gazeuses va augmenter et créée
Bulles Un chemin en refoulant le liquide qui
n'arrivera plus à passer et on observe
le phénomène d'engorgement.
Gaz
Écoulement co-courant vers le bas

Si l'un des débits est augmenté, on atteint l'état de


l'écoulement arrosé, noyé ou pulsé caractérisé par un
passage alterné de gaz et liquide, ou l'écoulement en
brouillard car le liquide va former une couche très fine sur le
garnissage puis des gouttelettes très fines.

Liquide Bulles
De gaz L
G
L
Arrosé Noyé Pulsé Brouillard
Transfert optimum
Hydrodynamique des systèmes solide-liquide-gaz

Pertes de charge du courant gazeux

La perte de charge dans une colonne garnie est influencée par


les deux débits de gaz et liquide.

G (2)
LnP (1) (3)
L (III)

(B)

Garnissage sec
(II)

(A)
L élevé

(I)
L faible

LnG
L'écoulement du gaz à travers une colonne garnie est en général
turbulent d'où la pente de la courbe (3).

Pour un débit constant de gaz G, la perte de charge augmente avec


l'augmentation du débit liquide.
Considérons la courbe (I), à débit de liquide L constant :
Jusqu'au point A, la perte de charge est similaire à celle du
garnissage sec (3).
La pente est la même seulement la perte de charge est élevée.

Au point A, un changement de pente a lieu indiquant une


augmentation plus rapide du gradient de pression avec la vitesse du
gaz.

Le point A est appelé point de charge.


Description des différentes zones

Zone I : Le courant liquide – gaz est faible d'où nous avons


une faible efficacité : l'interaction liquide – gaz est
négligeable.

Pour un système eau – gaz, et pour des régimes


inférieurs au point de charge A. Leva a établi la
corrélation suivante :
P L G
2
 .10 .
Z g
L et G : flux massiques du liquide et du gaz (kg/m2. s).
 : Constantes tabulées.
P : perte de charge par unité de hauteur de la colonne garnie
Z (mm Hg/m de colonne)
Cette équation est valable lorsque :

* le diamètre des particules est au maximum égal à 1/8 de celui


de la colonne;

* les empilages sont sans ordre; le degré de tassement peut avoir


une grande influence;

* les débits de liquide inférieurs à ceux correspondants au point


de l'engorgement.
Zone II : Zone de chargement

Au point A, on a un changement d'allure, le frottement


ou freinage est alors suffisant pour gêner la descente du
liquide provoquant une rétention du liquide, ce qui diminue
l'espace libre offert au gaz, c'est le point de charge, (difficile à
observer expérimentalement).

Dans cette zone, on utilise l'équation d'Ergun appliquée


à l'écoulement monophasique.

P
 h  .G  h  .G 2
Z
P
Connaissant
Z

dans le cas d'une colonne garnie (cas du garnissage sec), on


peut déduire la perte de charge pour un liquide L circulant :

 P  L,G  f L  P  0,G

fL étant un facteur correctif fonction du débit L, il existe des


abaques donnant :

f L  f  L  , garnissage
Zone III : Engorgement
Si on continu d'augmenter G, la rétention du liquide
augmente rapidement et l'on atteint le second point caractéristique B,
où la perte de charge augmente soudainement dans des proportions
vertigineuses. La vitesse du gaz est suffisamment grande à ce
moment pour empêcher le liquide de s'écouler sous l'effet de la
pesanteur, et le forcer à s'accumuler en couches plus ou moins
épaisses à divers endroits de la colonne. C'est le point d'engorgement
et la colonne ne peut plus fonctionner. Il est important de noter que
le point d'engorgement est , non pas pour un débit ou une vitesse de
liquide (ou gaz) mais plutôt pour une association ou combinaison de
deux débits G et L produisant une augmentation verticale de la
pression. Il existe une bonne corrélation graphique des points
d'engorgement :
En abscisse : L G
A .
G L

2  ap  0, 2 1 L
En ordonnée : B  G . 3 L . .
Où ap : surface   G .L g c
spécifique
 : porosité
L : viscosité du
liquide
Log B

engorgement

Log A
Rétention

La rétention est le volume de liquide retenu par m3 de colonne


garnie. Cette valeur est importante dans le cas de l'absorption avec
rétention chimique, et en distillation.

On observe deux types de rétention statique et dynamique.

rétention statique

C'est le volume de liquide qui est emprisonné dans le garnissage à


débit de gaz nul, après établissement du régime.
Rétention dynamique ou opératoire

C'est le volume de liquide retenu par un certain débit de gaz.


Grâce à des mesures de volumes, on peut tracer deux
diagrammes.
m3eau
 L  
m3colonne garnie
L L3 L 2 L1 L G 3 G2 G1

G(kg/m3.h) G(kg/m 3.h)


L3 > L2 > L1 G , L
Corrélations 0,6
 L  avec :
eau  0,0011 
 dp 
61   
dp  3
.N
L : débit de l'eau (kg/m2.h)
N : nombre d'unités ou éléments de garnissage par m3 de colonne garnie.
dp : diamètre (en mm) de la sphère équivalente à un élément de garnissage.

1  .V  N.V1 V : Garnissage total =1m3


V1 : Garnissage

dp3 61   
1    N.  dp 
3
6 .N
Si le liquide n'est pas de l'eau on utilise la corrélation
suivante :

0 ,1 0 , 73 n
liquide  liquide   eau   eau 
   .  . 
eau    
 eau   liquide   liquide 

avec :  : tension superficielle


eau : 73 dynes/cm
n : constante fonction du débit de liquide
Bilans de matière

Soit une colonne à absorption représentée par le schéma suivant :


L2, x2

G2, y2
L et G sont des débits de liquide et gaz.
G, y
Indice 1 : bas de colonne
L, x Indice 2 : haut de la colonne
G1, y1 y : fraction dans la phase gazeuse
x : fraction dans la phase liquide
L1, x1

Dans la cas de l'absorption G2 < G1


L2 < L1
Le bilan total donne : G1 + L2 = G2 +L1
L1 – L2 = G1 – G2

Bilan sur le constituant actif : G1. y1 + L2.x2 = G2.y2 +L1.x1

A un niveau quelconque : G + L2 = G2 +L
G.y + L2.x2 = G2.y2 + L.x
L G 2 .y 2 - L2 .x 2 G  L2  G 2 G y  L2 x 2
y x y x 2 2
G G G G

Remarque : Ce n'est pas une droite L car est variable et fonction de


la hauteur. G
Cette équation est le lieu des points dont les coordonnées sont les
concentrations des phases qui se croisent à un niveau quelconque
dans la colonne.

La présentation graphique porte le nom de ligne d'opération ou ligne


opératoire.

Dans la cas où L et G sont des inertes, donc des débits constants le


long de la colonne (y et x, étant des rapports molaires) alors la ligne
opératoire est une droite.
G, Y1, X2, et X1 connues

La construction d'un produit X1 à deux inconnues, Y2 et L.

L
a- Si Y1 = Y2 0  L=0
G La droite opératoire AB est horizontale.

b- Si Y2 = Y2*

On a un équilibre gaz – liquide en haut de la  L  Y1  Y2*


  
colonne. La pente de la droite opératoire  G  max X1  X 2
ceci implique que la colonne doit être infiniment haute en général
L = a.Lmax, avec 0 < a < 1
Y L
 0
G
Y1 A B

L
 
 G  max

Y2
X
X2 X1
G, Y1, X2, et Y2 inconnues

Purification d'un gaz, L et X1 sont les inconnues.

Y1
Y2 B E
Y*=mX
L
 
L  G  min
 
G
Y1 = mX1* équilibre entre
Y1 A les deux phases

X
X2 X1*
Si X1 = X2  droite BA

L
   L =  la ligne opératoire est verticale
G

Si X1 = X1* Le liquide est en équilibre avec la vapeur

L Y1  Y2
   *  L min
 G  min X1  X 2
En générale L = a.Lmin avec a >1.

Le cas où L  Lmin, on a le liquide saturé. Si a est trop grand, le


transfert est mauvais, la solution est trop diluée.
Remarque : le cas où la courbe d'équilibre est convexe.

 Le débit du liquide  L est déterminé graphiquement


     de telle sorte que la droite
 le débit du gaz G
 min   min opératoire soit tangente à la
courbe d'équilibre.
y
 L
Droit opératoire de pente  
y  G  min
1

Courbe d'équilibre

y2

x2 x
x1
Problème de recyclage
Quelle est la quantité de liquide recyclé ?

L', x2'

L' = L" +L
L, x2
G, y2 A l'intérieur de l'enveloppe
en pointillés
L" L.x2 + G.y1 = G.y2 + L.x1

G, y1
A l'intérieur de la colonne
L'.x2' + G.y1 = L'.x1 + G.y2

L, x1
mélangeur à l'entrée du liquide

L + L " = L'
 L'  L' '
L.x2 + L".x1 = L'.x2' x 2    1.x1  .x 2
L.x2 +(L' –L).x1 = L'.x2' L  L

L'
= taux de recyclage
L

L x 2  x1 x1  x 2
'
 ' 
L x 2  x1 x1  x '2
y
Le taux de recyclage maximal

y1  L'  x1  x 2
  
 L  max x1  x 2
*

y2
 L'   L' 
   b 
L  L  max
x2 x2* x1 x
avec b > 1

Domaine de variation de x2'