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STRATIGRAPHIE

SEQUENTIELLE

PRESENTE PAR :

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I- HISTORIQUE
• La stratigraphie séquentielle a été longtemps utilisée de façon
empirique par les géologues des années 60. En effet, Larry Sloss en
1963 définissait déjà des unités sédimentaires limitées par des
discontinuités et correspondant ainsi à de larges périodes de
Transgressions-Régressions; périodes corrélables sur de longues
distances.
• Les travaux de Sloss repris plus tard par Peter Vail et ses collègues
chez Exxon Research Group vont donner naissance à la stratigraphie
séquentielle stricto sensu (Vail et al., 1977). La stratigraphie
séquentielle est une branche de la stratigraphie qui subdivise les
formations géologiques en une succession des séquences de dépôt,
dont les limites correspondent à des discordances.
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I- HISTORIQUE (Suite)
• La stratigraphie séquentielle, est une méthode d’étude des bassins sédimentaires, qui
vise à reconstituer l’histoire de leur remplissage, essentiellement d’après l’architecture
des dépôts accumulés. Elle s’intéresse plus précisément à l’organisation des strates,
en relation avec les fluctuations cycliques du niveau de la mer.
• Le terme « séquentiel » vient du fait que les variations sont responsables de la
formations d’unités sédimentaires, à caractère récurrent, de très grande extension
géographique et au sein desquelles la géométrie des sédiments change: ce sont les
séquences de dépôts.
• Trois facteurs principaux contrôlent leur mise en place, ce sont :
 L’eustatisme (fluctuation du niveau marin);
 la tectonique (subsidence);
 les flux sédimentaires.
• L’effet combiné de ces différents facteurs détermine la notion d’espace disponible ou
accommodation.
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II- ESPACE DISPONIBLE ET
DIFFERENTS TYPES DE CORTEGES
SEDIMENTAIRES
• 1- Espace disponible
• espace où s’accumulent les sédiments; autrement dit l’espace potentielle entre le
fond et la surface de la mer.
• L’importance de cet espace est fonction :
-variation « relative » du niveau marin,
-la subsidence
-le flux sédimentaire.
De ces trois (3) facteurs, c’est celui dont la vitesse de variation est la plus importante
qui tiendra le rôle majeur de contrôle de l’organisation des sédiments (Figure 1).
• Le plus souvent, l’apport sédimentaire et la subsidence sont considérés comme
constants; leur valeur absolue influe sur la taille des corps sédimentaires mais pas
sur la structure interne ni sur la géométrie.
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Figure 1 : Les paramètres qui contrôlent la géométrie des dépôts sédimentaires
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II- ESPACE DISPONIBLE ET DIFFERENTS
TYPES DE CORTEGES SEDIMENTAIRES (Suite)
• Et si l’épaisseur totale des sédiments est une fonction de la subsidence et des
apports sédimentaires, les variations de l’espace disponible sont avant tout
sous le contrôle des fluctuations des niveaux marins.
• Cette variation du niveau marin est donc à la base de la distribution des
sédiments dans le bassin. C’est également elle qui va organiser les sédiments
en unités géométriques ou cortèges sédimentaires.
• 2- Les cortèges sédimentaires
• Il existe quatre types de cortèges sédimentaires (Fig. 2) :
 le cortège de bas niveau marin (CBN);
 Le cortège transgressif (CT);
 Le cortège de haut niveau marin (CHN);
 Le cortège de bordure de plateforme (CBP). 6
Figure 2 : Séquence théorique de dépôt, différents cortèges sédimentaires et surface de discontinuités
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2a- Le cortège de bas niveau marin (CBN) ou Lower
Stand System Tract (LST)
• Il se dépose en période de régression (l’espace disponible est réduit)
et engendre les dépôts progradants. Le CBN comporte trois
ensembles sédimentaires :
 le premier ensemble est le type Cône sous marin de bassin (Basin
Fan Floor). Il se dépose quand la chute du niveau marin est plus
rapide que la subsidence. Il se présente également sous forme
d’éventails de sédiments profonds (bassin) mis en place à la faveur
des canyons et des vallées incisées eux-mêmes créés par la chute
rapide du niveau marin (Fig. 3).

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Figure 3 : Cône sous marin du bassin
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 Le second ensemble ou Cône sous marin de talus (Slop Fan Floor) se
dépose sur la pente du talus dès que la vitesse de régression du niveau
marin diminue (Fig. 4).

Figure 4 : Cône sous marin de talus 11


 Le dernier ensemble ou prisme de bas niveau est la partie supérieure
du cortège de bas niveau, il se dépose quand le niveau eustatique est
bas mais montant. Il est accolé au talus continental et participe au
remplissage des canyons et vallées développées pendant les cortèges
précdents (Fig. 5).

Figure 5 : Prisme de bas niveau 12


2b- Le cortège transgressif (Transgressive Sytem Tract-TST)
• Il correspond au cortège sédimentaire déposé lors de la remontée du
niveau eustatique; il est composé d’une suite de paraséquence
rétrogradante vers le continent. Des minéraux authigènes (Glauconie,
phosphate, dolomie, sidérite…) se rencontrent fréquemment dans sa
partie distale marine où le taux de sédimentation est faible du fait du
piégeage des sédiments de plus en plus haut sur la plaine côtière (Fig. 6)

Figure 6 : Cortège transgressif


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2c- Le cortège de haut niveau marin (High Stand
System Tract)
• Il se dépose lorsque le niveau eustatique est haut. Il se développe
largement sur le plateau continental. Sa base est aggradante mais la
majeure partie est progradante. Il présente ainsi des biseaux de
progradation (Downlaps) sur la surface d’inondation maximale (SIM ou
MFS: Maximum Flooding Surface) et le cortège transgressif sous-jacent
(Fig. 7)

Figure 7 : Cortège de haut niveau


(CHN)
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3 discontinuités particulières en stratigraphie séquentielle

• Un certain nombre de surfaces conformes à l’intérieur des cortèges et


ayant une signification particulière dans la compréhension de la
stratigraphie séquentielle méritent d’être décrites. Ces discontinuités sont
généralement soit des limites de séquences, soit des discordances.
3.1 La limite de séquence (Sequence Boundary : SB )
La limite de séquence de dépôt ou SB est une surface de discordance
provoquée par la chute rapide du niveau marin.

Elle peut être de type 1 ou de type 2 selon que la plateforme est exondée
ou non au cours de la chute eustatique.

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• Si elle est de type 1, l’exondation atteint la plateforme externe. Le
creusement de vallée et de canyon est profond et est comblé de
sédiments fluviaux et estuariens (Fig. 8)

Figure 8: Limite de séquence de type 1 16


• Si elle est de type 2, seule la plateforme interne est exondée. Dans ce cas le
cortège qui se dépose est appelé prisme de bordure de plateforme ( Shelf
margins wedge ) (Fig. 9).

Figure 9: Limite de séquence de type 2


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3.2 La Surface d’inondation Maximale ou Maximum Flooding Surface ( MFS)
C’est la surface séparant le cortège sédimentaire transgressif du cortège de
haut niveau .

3.3 Le toit du cortège de bas niveau ou Top Lower System Tract ( TLST)
C’est la limite supérieur du cortège de bas-niveau marin. Elle caractérise
l’amorce de la transgression.

3.4 La surface Condensée ou Condensed surface (CS)


La surface condensée est généralement peu épaisse et reflète une sous
alimentation du bassin avec un taux de sédimentation très faible. A
l’affleurement, il est souvent possible de le déceler grâce à des concentrations
de minéraux antigéniques comme la glauconie, le phosphate, la dolomite et la
sidérite.
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4.Signature sismique et diagraphique des
cortèges sédimentaires
• 4.1 Expression sismique des cortèges sédimentaires
L’approche sismique des cortèges sédimentaires montre que ceux-ci ont une
section sigmoïde et une structure interne typique mise en évidence par les
réflecteurs sismiques. La connaissance de ces structures est essentielle pour
la caractérisation des différents cortèges sédimentaires et elle passe par la
définition des termes suivants:

- Onlap (biseau d’agradation): rapport géométrique entre strates initialement


horizontales se terminant contre une surface inclinée ou entre des strates
initialement inclinée contre une surface initialement plus inclinée(Fig. 10).

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- Downlap (biseau de progradation): rapport géométrique dans lequel des strates
inclinées se terminent vers le bassin contre des strates horizontales ou moins
inclinées (Fig. 10).
- Toplap : rapport géométrique soulignant la terminaison des strates contre des
surfaces sous-jacentes. Cette géométrie est due à un non dépôt (Fig. 10).
- Offlap (unité de progradation): terme utilisé pour exprimer la géométrie d’une
unité sédimentaire progradante vers le bassin(Fig. 10).

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Figure 10: Différents types de terminaisons des interfaces sédimentaires
4.2Signature diagraphique de cortèges sédimentaires
Chaque cortège sédimentaire présente une signature diagraphique assez
typique. Le schéma ci-dessous résume les cas de figures souvent rencontrés.

Figure 11 : Signature diagraphique des cortèges sédimentaires 22