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Diglossie et/ou

bilinguisme en Algérie
(?)
Diglossie selon FERGUSON
• L’usage de deux variétés d’une même langue dont l’une jouit par
rapport à l’autre d’une valorisation sociale
•  la diglossie caractérisait pour lui la situation linguistique relativement
stable d’une nation où étaient parlées deux variétés d’une même
langue, dont l’une, la variété high ("haute" : H), était standardisée,
enseignée à l’école et possédait un prestige social supérieur à l’autre,
la variété low ("basse" : B).
Diglossie /bilinguisme selon Joshua
FISHMAN
• Bilinguisme est un fait individuel.
• Diglossie est un fait social.
• La diglossie où deux langues (non seulement deux variétés de la
même langue) sont en distribution fonctionnelle
complémentaire( langue distinguée et langue commune).
La situation sociolinguistique en Algérie
• « Nous pensons, parlons, chantons, dorlotons nos enfants,
chuchotons à l’oreille, de ceux que nous aimons, nous entendons
ceux que nous voulons, en une langue parlée, facile, coulante, tandis
que lorsque nous nous trouvons dans des situations officielles,
comme lorsqu’un de nous est professeur ou prédicateur , avocat ou
speaker à la radio ou conférencier dans une salle d’études, nous
devons parler une langue différente de celle de la vie courante,
langue complexe, fort exigeante en matière de construction et
d’expressions.» Abou selim p, 251
• L’Algérie est un pays historiquement plurilingue( les romains, les
espagnoles, les arabes, …), les langues acquises représentent le des
échanges commerciaux, ou des expansions culturo-civilisationnelle ou
d’une conquête coloniale. Elles ont laissé des traces sur la langue
devenue plus tard la langue majoritaire et identitaire de l’Algérien.
• Avant la colonisation française, la seule langue écrite était l’arabe
classique.
• Lors de la colonisation française (1938-1962) le français a été imposé
en tant que langue officielle
• Au lendemain de l’indépendance, les autorités algériennes voulaient
redonner à l’arabe sa place perdu, et ils ont procédé à la politique de
l’arabisation( à partir de l’an 1963 le pouvoir en place afficha sa
tendance monolingue arabophone).
Paysage linguistique et état du français après
l’indépendance
• L’arabisation les algériens vivent une situation d’insécurité
linguistique, vue à la coexistence de plusieurs langues sur le territoire
algérien (il n’ y a pas une zone monolingue):
• L’arabe dialectal
• L’arabe classique
• Le tamazight
• Le français
• L’anglais
Diglossie arabe dialectale/le français
• Avant l’an 1962, l’arabe n’était pas la langue officielle en Algérie.
• La langue française, la langue du colonisateur était imposée et elle eu
le statut de statut de la langue officielle, première et la langue des
administration et des institutions.
Diglossie arabe classique /arabe dialectale
• En Algérie la diglossie est apparue 1962 La politique de
l’arabisation une situation de coexistence entre l’arabe
dialectale et l’arabe classique: deux variétés de la même langue.
• L’arabe classique lié au sacré, au prestige, la langue de la presse; une
langue nationale et officielle.
• Usage officiel de l’arabe classique et exclusion de l’arabe dialectale.
• un statut de officiel de la première et absence de statut pour la
deuxième (une variante).
• Les deux variantes correspondent à deux codes linguistiques qui
remplissent la même fonction.
• Si on parle de la diglossie (selon le regard Fergusonien), à la lumière
des observations de la réalité algérienne : D’un côté, la variante
dialectale ne correspond pas à un code unique et homogène; non
seulement elle représente un métissage de plusieurs codes, mais
aussi elle diffère d’une région à l’autre en Algérie. De l’autre côté,
aujourd’hui, la variante classique elle-même comprend deux variétés
un arabe classique pur, peu pratiqué en Algérie, et un arabe classique
modernisé.
• La question qui se pose quelle variante retenir?
Les répercussions de la diglossie
• Sur le plan pédagogique: selon M. Amghar:
«  les enfants n'utilisent en classe que l'arabe authentique mais une fois
rentrés à la maison, ou dans la rue, ils ne peuvent plus utiliser leurs
mots pour illustrer leurs cas... le petit élève est obligé de dire "mistara"
à l'école et "rigla" à la maison. Le petit élève n'est évidemment pas
conscient de sa situation linguistique mais il peut déjà, à son niveau,
constater que quelque chose ne va pas entre l'école, d'un côté, et la
maison, de l'autre.»
Diglossie /coexistence/conflit
• Selon la définition donnée par congrès de cultura catalana en
1978 :« il y a conflit linguistique quand deux langues clairement
différenciées s'affrontent, l'une comme politiquement dominante
(emploi officiel, public) et l'autre comme politiquement dominée. Les
formes de domination vont de celles qui sont clairement répressives à
celles qui sont tolérantes sur le plan politique et dont la force
répressive est essentiellement idéologique. Un conflit linguistique peut
être latent ou aigu selon les conditions sociales, culturelles et
politiques de la société dans laquelle il se présente».
la normalisation
• La situation conflictuelle
la substitution
En Algérie, la situation diglossique ou conflictuelle ou de coexistence n’a pas
aboutit ni à la normalisation , ni à la substitution mais, à l’émergence d’un
code intermédiaire: l’arabe médian (une nouvelle forme qui puise son contenu
dans les deux variantes : classique et dialectale) : une troisième variante.
Aujourd’hui, le concept de diglossie est remplacé par la monoglossie,
triglossie, ou par le continuum.
Les deux variantes sont pratiquée, parlée à travers cette situation de
continuum de variétés et chaque locuteur algérien en parle une partie.
Les langues en Algérie : entre diglossie,
bi-plurilinguisme et continuum
• Après la politique de l’arabisation et la réappropriation de langue
arabe, langue identitaire, et ce, d’un côté pour la rendre officielle et
nationale de l’Etat algérien souverain, et de l’autre, pour émousser
l’influence et le poids de la langue de l’ex-colonisateur Par
l’interdiction de l’usage de la langue française dans les organisme
nationaux.
• La réalité de sociolinguistique de l’Algérie post colonisée est
essentiellement caractérisée et concentrée sur la situation
conflictuelle et statutaire du français et de l’arabe (littéraire)
• Le français (langue de prestige, langue de communication
ordinaire)/l’arabe littéraire (variété réservée à l’écrit, utilisée dans les
contextes formels.
• Le français (langue de prestige)/dialectes arabes et berbères (langue
de communication dans des situations informelles, surtout orales).
• L’arabe littéraire/dialectes arabes et berbères.
• Des paires de langues minimales dont l’un des éléments jouit d’une
dominance ou d’un prestige (la langue française) et l’autre dominé qui
représente la (les) langue (s) des ex-colonisateur (un métissage de
plusieurs langues: turque, arabe, espagnole).
• Ostensiblement, les langues coéxistantes en Algérie ont entre elles
une complémentarité fonctionnelle, stable et homogène :
• Le français (une valeur de prestige)/l’arabe littéraire (un médium
officiel des discours, des prêches religieux).
• L’arabe littéraire (langue de scolarisation, langue des circonstances
officielles)/les variétés locales utilisés par la communauté des
Algériens dans leurs quotidiens qui diffèrent d’une région à l’autre.
• Le contact de ces langues (ou variétés de langues) a permis de laisser
apparaitre des formes linguistiques « pluricodiques » (alterner ou
mêler deux ou plusieurs variétés linguistique .
• Le conflit dû à ce contact peut être explicite ou sous-jacent. On est
loin d’une situation diglossique homogène, sans instabilité. La réalité
dit qu’il y a une vision conflictuelle, dynamique.
• La situation conflictuelles entre les langues ou variétés de langues, est
dynamique et évolutive les variétés de langues en contact
peuvent prendre d’autres configurations statutaires

des représentations et des dynamiques sociales


• Taleb-Ibrahimi, En appliquant cette vision dynamique des rapports entre
les langues et leurs locuteurs, a proclamé l’inefficacité du concept
diglossique pour parler de la situation sociolinguistique en Algérie.
• La conception Fergusonienne (1959) la situation sociopolitique de
l’Algérie post-coloniale(1962)
• La diglossie a surdéterminé l’idéologie du classement et de couches
appliquée et héritée du colonisateur (la langue de l’ex-colonisateur haute,
dominante et investie de prestige et les langues locales basses et
dominées).
Et le bilinguisme en Algérie?
• Le bilinguisme est l’usage de deux ou plusieurs langues.
• En Algérie: la présence institutionnalisée du français et de l’arabe au
sein des écoles un bilinguisme scolaire.
• Le bilinguisme social une minorité élitiste des Algériens
utilisent, au quotidien la langue française, la langue arabe et de ses
variantes, et du berbère et de ses variantes.
• Il est bien clair, qu’une situation bilingue en Algérie caractérisée par la
présence des paires suivantes, souvent prises de façon dichotomique,
mais dont le français semble être l’élément constant : français/arabe
littéraire; français/variétés arabes; français/ variétés berbères.
• Or, l’existence de parlers locaux intermédiaires, difficilement
catégorisables dans l’une ou l’autre langue, sur un continuum
interlinguistique Une nouvelle vision fonctionnelle qui fait
primer les pratiques effectives des locuteurs et leurs représentations
sociolinguistiques sur toute conception figée et préconstruite des
langues.
• Les sujets n’utilisent pas des langues, cloisonnées, compartimentées,
isolées les unes des autres, mais, en revanche, mobilisent des
ressources communicatives diverses, sous formes de « répertoires
verbaux » qu’ils réemploient dans les différents contextes où ils se
trouvent impliqués.
L’idée du continuum
• Les travaux sociolinguistiques algériens montrent que l’algérien
n’utilisent pas les langues dont il dispose d’une manière exclusive
mais, il passe d’une langue à l’autre selon la situation de
communication.
• Si les locuteurs ont parfois conscience d’utiliser telle ou telle langue,
ils passent souvent d’une langue à l’autre, sans s’en rendre compte
tout en considérant ces passages interlinguistiques comme étant leur
langue.
• Ces marques transcodiques ou pluricodiques qui émergent au sein
d’échanges ordinaires sont désormais considérées d’un œil plutôt
compréhensif, comme marque de positionnement social , identitaire,
stylistique.
• Ces phénomènes (code switching ou code mixing), relevant
particulièrement des contextes plurilingues, sont bien attestés dans la
situation algérienne car « les locuteurs utilisent toutes les ressources
du répertoire verbal et même s’ils ne font pas référence explicitement
ni à l’alternance ni au mélange de codes dans leur discours,
l’observation de leurs conduites langagières en a confirmé
l’occurrence effective. »
Analysez:
• «Si nous sommes arabes pourquoi nous arabiser et si nous sommes
pas arabe aussi pourquoi nous arabiser » Kateb Yacine
• Quelle langue parleront les Algériens demain? 
La réforme du système éducatif et l’adoption du
APC, une volonté réelle du changement ou un
désir de positionnement stylistique implicite (?)
• l’Algérie, après une décennie tragique, revenait sur la scène diplomatique et s’engageait
dans un processus d’intégration économique internationale. L’une des préoccupations
premières de l’état à cette période était la focalisation sur les langues étrangères et ce, se
traduit par « la volonté d’ouverture sur le monde.
• L’installation, en mai 2000, de la Commission nationale de réforme du système éducatif
(CNRSE) a constitué le premier acte de la Réforme initiée par le président Bouteflika,
suivie d’une deuxième réforme en 2003 (l’adoption de l’APC) et par la suite en 2016.
• L’approche par compétence : elle conduit à un enseignement cohérent, rigoureux et
structuré, basé sur des objectifs et des compétences bien définis et elle est développée
par De Ketele Rogiers. L’APC ou the competence-based-approach est l’héritière de la
pédagogie par objectif (désormais siglée « la PPO ») elle s’est développée en s’appuyant
sur les principes de deux courants : le constructivisme et le socioconstructivisme.
• Malgré que cette approche s’intègre dans la pédagogie par objectifs,
elle représente une réaction pour dépasser les critiques faites à cette
dernière. La pédagogie par objectifs est centrée sur l’apprenant, elle
est basée sur le principe de la formulation des objectifs définis en
termes de comportements attendus en suivant le schéma fameux du
béhaviorisme, et par conséquent, elle s’intéresse uniquement à
l’ensemble des comportements ou réactions attendues et définis au
départ, en négligeant toute sorte de créativité chez les apprenants.
Elle subdivise le programme en fonction des objectifs à atteindre
mais, le morcellement des contenus des apprentissages empêche les
apprenants de donner du sens à leurs apprentissages et de lier ce
qu’ils ont appris en classe, avec leur quotidien en dehors de la classe.
• Toutes ces points négatifs et d’autres de la PPO donnent naissance à
l’APC au milieu scolaire. L’APC avant son apparition en classe, elle était
dans les années 1980 déjà adoptée dans les domaines des formations
professionnelles afin d’améliorer la productivité du personnel et
développer leurs compétences. Elle propose et définie un nombre
d’objectifs et de compétences à atteindre à la fin de la formation faite
dans un domaine donné.
• A son entrée au domaine scolaire, elle a gardé ce principe de «
référentiel de compétences » et permet aux apprenants d’acquérir les
compétences nécessaires qui assurent leur réussite dans leur
parcours scolaire et extrascolaire.
• Elle a pour objectif de :
• 1. Développer la confiance en soi de chacun des apprenants de la
classe.
• 2. Soutenir l’apprenant pour qu’il puisse acquérir des savoirs et des
compétences qui le rendent apte à réaliser des tâches
individuellement ou en groupes.
• 3. Préparer l’apprenant à être un citoyen actif, compétent et
responsable qui contribue au développement de sa société et de son
pays.
• 4. Suivre une pédagogie différenciée qui vise à donner des chances
égales à tous les apprenants même s’ils ont des besoins différents et
des caractéristiques différentes.
• Qu’est-ce que la compétence ?
• Suite à la réforme pédagogique qui s’est opérée dans plusieurs pays
avancés, la compétence est le concept le plus indispensable. Une chose est
claire, pour recruter ou sélectionner des personnels dans une association,
une qualification garantie par un diplôme est exigée, mais la priorité est
toujours laissée à celui (ceux) qui est (sont) capable (s) de trouver des
solutions aux différents problèmes rencontrés. Mais la question qui se pose,
qu’est-ce qu’une compétence ? Le terme de compétence est polysémique
de par ses usages. Afin de clarifier cette notion, nous essayons de faire
référence à des définitions de quelques auteurs :
• Selon Philipe MEIRIEU (1989), la compétence est un :
« Savoir identifier, mettant en jeu une ou des capacités dans un champ
notionnel ou disciplinaire déterminé. Plus précisément, on peut nommer
compétence la capacité d’associer une classe de problèmes précisément
identifiée avec un programme de traitement déterminé. »
• Selon Guy Le BOTERF(1994) :« La compétence ne réside pas dans les
ressources (connaissances, capacités...) à mobiliser, mais dans la
mobilisation même de ces ressources. La compétence est de l’ordre
du savoir-mobiliser. »
• Selon Philipe PERRENOUD (1999) :
• « Une compétence est une capacité d’action efficace face à une
famille de situations, qu’on arrive à maîtriser parce qu’on dispose à la
fois des connaissances nécessaires et de la capacité à les mobiliser à
bon escient, en temps opportun, pour identifier et résoudre de vrais
problèmes« Une compétence permet de faire face à une situation
complexe, de construire une réponse adaptée sans la puiser dans un
répertoire de réponses préprogrammées. »
• Selon Jacques TARDIF : « Une compétence est un savoir-agir complexe
prenant appui sur la mobilisation et la combinaison efficaces d’une
variété de ressources internes et externes à l’intérieur d’une famille
de situations. »
• Selon Marc ROMAINVILLE :
• « Une compétence est un ensemble intégré et fonctionnel de savoirs,
savoir-faire, savoir être et savoir devenir qui permettront, face à une
catégorie de situations, de s’adapter, de résoudre des problèmes et de
réaliser des projets. »
L’adoption de l’APC, la naissance de mots et de maux

• L’APC, comme nous l’avons cité précédemment, représente une réaction contre l’idée
mécaniste et les approches comportementalistes qui négligent la pensée et la créativité de
l’apprenant proposées par la PPO.
• L’approche communicative qui a régné durant les années 1980, a cédé le pas à l’APC qui semble
porteuse de remèdes à l’échec scolaire, la démotivation des apprenants et l’hétérogénéité des
classes dans plusieurs pays tels : le Canada, la Belgique, la France et l’Algérie.
• En Algérie, les responsables de l’éducation ont opté pour cette approche qui répond aux
exigences du développement économique, social et culturel ainsi qu’à la modernisation et
l’ouverture au monde extérieure. Soucieux d’efficacité, le système éducatif algérien a subi des
changements profonds qui ont touché principalement les programmes et les manuels scolaires.
Ceux-ci ont été réalisés selon les principes et les objectifs de l’APC. En effet, cette réforme a été
mise en place en 2003, et elle a recouvert tous les niveaux scolaires, de l’école primaire à la
classe terminale au lycée.
Elle a pour objectif de proposer un enseignement/apprentissage fondé sur des compétences, des
contextes et des curriculums (les concepts-clés de cette approche) dont l’apprenant a
besoinpour qu’il puisse passer à l’étape suivante de son parcours éducatif.
• L’APC prend appuie sur le constructivisme ou plus encore le
socioconstructivisme qui préconisent un changement de priorité en
classe : de l’enseignement à l’apprentissage. Selon ces deux courants,
l’apprenant construit son apprentissage lui-même et en interaction
avec son environnement.
• La construction du savoir et le développement des compétences
s’effectuent dans des contextes ou des situations éducatives. Le
passage d’un référentiel général des programmes à un curriculum est
l’un des principes de l’APC. Le curriculum ne désigne pas seulement le
document qui comporte les contenus mais aussi, les supports
pédagogiques, les modalités d’évaluation, les textes officiels, etc.
• Les compétences à installer ou à développer dans le parcours scolaires
peuvent être disciplinaires, transversales ou générales :
•  Les compétences disciplinaires : c’est l’ensemble des compétences
spécifiques relatives à une activité spécifique (à un métier, à un sport,
etc.).Elles représentent la possibilité de mobiliser des ressources afin de
résoudre un problème.
• Les compétences transversales : ce sont les compétences partagées ou
communes dans différents domaines et activités. Elles peuvent être d’ordre :
•  intellectuel : mobiliser les informations afin de résoudre des problèmes,
critiquer, avoir une pensée créative.
•  méthodologique : choisir et suivre une méthode qui parait la plus efficace,
utiliser les TIC.
•  personnel et social : travailler en groupe, développer sa personnalité et son
mode de penser, tisser des relations avec les autres, etc.
•  communicatif : communiquer correctement dans de différentes situations
et contextes.
• L’acquisition des compétences n’est pas morcelée, elle se fait de
manière globale, et commence par les compétences les moins
complexes vers les plus complexes. Quant à l’évaluation selon l’APC
(sommative ou formative), elle est centrée sur l’atteinte des
compétences par l’apprenant. Afin de vérifier l’appropriation de ces
compétences le recours à une évaluation formative est crucial.
• Cette approche met l’accent sur l’apprenant qui est au centre de
l’apprentissage. On lui affecte de nouveaux statuts : autonome et
responsable de la construction du savoir par lui-même. Quant à
l’enseignant, il devient un facilitateur, fournit le climat qui favorise le
processus de l’apprentissage, planifie les cours pour orientant
l’apprenant et assurant l’acquisition de ses compétences, conseille
sans imposer, accompagne et évalue.
• La réforme en Algérie de l’année 2003, a préconisé la mise en œuvre de la
première génération de l’APC qui a pour objectif d’augmenter le taux de
réussite et résoudre le problème de l’échec scolaire. Cette première
démarche recommande :
•  le cognitivisme comme une base théorique et méthode pédagogique ;
•  remplacer « l’unité didactique » par « la séquence » ;
•  l’usage du concept de « la compétence » et son rapport avec les savoirs ;
•  La contextualisation des tâches scolaires.
• À partir de l’année 2016, l’Algérie a entrepris l’application de la deuxième
génération de l’APC. Sa mise en application commence au primaire : avec les
classes de la première et la deuxième année, ainsi qu’au moyen avec les
apprenants de la première année, pour la généraliser en 2017, dans tous les
niveaux. La deuxième génération de l’APC prend appuie sur le
socioconstructivisme, selon lequel la construction du savoir se réalise par
l’apprenant et à travers ses interactions avec les autres. Elle vise à diriger les
curriculums vers le même objectif : l’apprenant.
Les limites de L’APC
• À son tour, l’APC n’a pas échappé aux critiques des spécialistes d’enseignement et didacticiens.
Pour eux, elle représente une version améliorée de la PPO pédagogie par objectif.
• Cette approche est très riche mais, sa mise en œuvre est conditionnée par plusieurs facteurs
qui garantissent son efficacité comme : effectif d’apprenants réduit par classe, des matériaux
modernes, des enseignants bien formés, etc.
• Selon Jean-Claude Beacco, les jeunes enseignants ont du mal à se faire à cette approche,
parce qu’ils pratiquent « une approche globalisante », une méthode unique et englobante à
l’opposé de l’APC.
• De plus, de la théorie à la pratique les enseignants ont du mal à l’appliquer sur terrain. Cette
Approche a été qualifiée de « mauvaise réponse à un vrai problème » par Oukaci Lounis,
Maître de Conférences à l’Université de Constantine, dans une étude très approfondie, parue
dans trois numéros du journal El-Watan datant du début du mois de février 2010. Le
chercheur s’est appuyé sur ses propres expériences en la matière et sur des études menées
par d’autres chercheurs européens et nord-américains qui s’interrogent sur l’efficacité de cette
approche en milieu scolaire.
Analysez en répondant aux questions:
• Quelles sont les apports de l’APC en matière d’En/App du FLE?
• A votre avis cette approches pourrait-elle être le remède des
difficultés des apprenants du FLE, en Algérie?
• A votre avis pourquoi l’APC n’a pas donné les résultats attendus?

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