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Cous finances publiques 4

Pr ABOULHOUDA Wiam
Pr KETTANI Brahim
semestre 4
E2,E3,E7,E8
Le contrôle des opérations budgétaires

On distingue plusieurs classifications des contrôles.


Le contrôle a priori: s'efforce de prévenir les
irrégularités. Son but est d'empêcher qu'une
irrégularité soit commise. Il constitue cependant
un facteur de paralysie de l'action administrative.
Le contrôle a posteriori : intervient pour
sanctionner les irrégularités commises. Il évite la
paralysie générée par le contrôle a priori mais il est
beaucoup moins protecteur des deniers publics, car
les conséquences d'une irrégularité budgétaire sont
souvent difficilement réparables.
les contrôles en matière d’exécution budgétaire
portaient sur la régularité des opérations de dépenses
et de recettes
Avec l'exigence de performance, de nouveaux
contrôles sont apparus qui rapprochent le contrôle
budgétaire du contrôle qui s'applique aux entreprises

Les contrôles opérés sont donc indissociables d'une


logique de performance et de résultats.
(constitution 2011, LOF130-13)
Trois types de contrôle

Contrôle interne ou administratif

Contrôle juridictionnel

Contrôle parlementaire
Le contrôle administratif

L’administration vise à rectifier ses propres erreurs.

1. Contrôleurs des engagements des dépenses


2. Contrôleurs financiers des établissements et
entreprises publics
3. Comptable de la TGR
4. IGF
5. Supérieurs hiérarchiques des comptables
1- Le contrôle des engagements des dépenses( CED)

C'est un mode particulier de contrôle, exercé sur les ordonnateurs en


cours d'exécution de la loi de finances, et qui relève exclusivement du
ministère des finances.
Porte sur la régularité des actes d’engagement des dépenses et vise à
assurer l’intégrité des deniers publics
Intervient avant tout engagement
Effectué par les contrôleurs centraux, régionaux, préfectoraux et
provinciaux (CC,CR,CP,CP)
Un contrôleur général, nommé par dahir sur proposition du ministre
des finances, assure la coordination des activités des contrôleurs et
veille à l’unité d’interprétation des textes par les CC, CR, CP et CP.
Ce contrôle ne s’exerce pas sur les dépenses sans ordonnancement
préalable
Le CED consiste à vérifier:

1. La disponibilité des crédits


2. L’imputation de la dépense à une rubrique budgétaire
3. L’exactitude des calculs des propositions
d’engagements
4. Le respect des dispositions financières d’ordre
législatif et réglementaire
Le contrôleur général et les contrôleurs disposent d’un
délai de 5jours pour accorder leurs visas, les refuser ou
faire connaitre des observations

Irrégularité refus de visa avec justifications

 Ordonnateur ou sous-ordonnateurs maintient sa proposition


d’engagement de la dépense

 Le ministre concerné saisit le contrôleur général pour infirmer ou


confirmer le refus de visa
 Si le refus est confirmé: le ministre concerné sollicite

l’intervention du chef du gouvernement qui peut passer outre la


décision de refus sauf si celui-ci est motivé par l’indisponibilité
des crédits ou de postes budgétaires ou le non respect de la loi
Le refus de visa, soulève un certain nombre de
problèmes et ne saurait intervenir que dans les cas
suivants:
-imputation irrégulière de la dépense;
-absence ou insuffisance du crédit disponible;
-inexactitude flagrante de l'évaluation de la dépense;
-violation des dispositions d'ordre financier résultant
des lois et textes réglementaires; d'exemple le cas où le
taux d'une subvention dépasse le maximum fixé en
valeur absolue ou en pourcentage; -non application ou
violation des textes concernant le statut de la fonction
publique.
2- le contrôle financiers des EEP
Ce contrôle vise :

À assurer le suivi régulier des actions


 le respect de la régularité des opérations économiques
et financières
 l’appréciation de la qualité et des performances de la
gestion
À améliorer le système d’information et de gestion
Les organes de contrôle
1. Le contrôleur d’Etat: habilité à effectuer tous les contrôles et
peut se faire communiquer tous les documents utiles. Il rend
compte de sa mission dans un rapport annuel qu’il adresse au
ministre des finances
2. Le commissaire du gouvernement: habilité à effectuer des
contrôle conventionnels
3. Le trésorier payeur: comptable public détaché qui signe avec le
directeur de l’organisme les moyens de paiements. Il peut
effectuer un contrôle des recettes
4. Le comité d’audit: adresse directement au directeur de
l’organisme un rapport retraçant le résultat de chaque
intervention effectuée ainsi que les recommandations qu’il
estime utiles pour l ’amélioration de la gestion et la maitrise des
risques économiques et financiers de l’organisme
3- le contrôle exercé par les comptables

Les comptables exercent un contrôle en matière de


recettes et de dépenses à l’occasion de l’exécution
des opérations budgétaires
l'article 10 du décret de 1967: «en matière de recettes
les comptables assignataires sont tenus d'exercer le
contrôle de la régularité de la perception et de
l'imputation, ainsi que la vérification des pièces
justificatives »
L'article 2 du Décret Royal de 1967 stipule qu'en
matière de dépenses les comptables assignataires sont
tenus d'exercer le contrôle de la validité de la créance
Le contrôle des recettes s’étale essentiellement sur la
légitimité de la recette.

Ce contrôle exercé essentiellement par les comptables


publics qui en principe recouvrent les créances publiques.

Ces comptables doivent s’assurer que la recette en


question est prévue par des textes législatifs ou
réglementaires en vigueur sous peine de poursuites
judiciaires pénales.
chaque loi de finances (art1) stipule que: «…. Toutes
contributions, directes ou indirectes, autres que celles
prévues par les dispositions législatives et réglementaires
en vigueur et par la présente loi de finances à quelque titre
et sous quelque dénomination, qu’elles se perçoivent, sont
formellement interdites, à peine, contre les autorités qui
les ordonneraient, contre les employés qui confectionnent
les rôles et fixeraient les tarifs, contre ceux qui en feraient
le recouvrement, d’être poursuivis comme
concussionnaires, sans préjudices de l’action en répétition,
pendant trois années, contre les receveurs, percepteurs ou
autres personnes qui auraient fait la perception…»
C'est ainsi que le contrôle des recettes est un contrôle
général qui porte sur la régularité de la perception de
toutes les recettes c'est ce que confirme l'article 10 du
décret de 1967: «en matière de recettes les comptables
assignataires sont tenus d'exercer le contrôle de la
régularité de la perception et de l'imputation, ainsi que
la vérification des pièces justificatives »
4- L’IGF
Ce corps qui relève directement du ministre des
finances exerce un contrôle sur:
1. Les administrations de l’Etat
2. Les CL
3. Les établissements publics
4. Tout organisme bénéficiant du concours financier de
l’Etat ou des CL

Ce contrôle s’exerce sur les ordonnateurs et comptables


5- le contrôle hiérarchique
Ce contrôle est exercé sur les comptables soumis à
l’autorité du TGR
Ce contrôle se présente sous trois formes:

1. Les arrêtés de caisse


2. Contrôle sur pièces
3. Contrôle sur place effectué par les inspecteurs du
ministère des finances
Le contrôle juridictionnel ou le contrôle supérieur: la cour des comptes
Il s’agit d’un contrôle externe
La Constitution de 2011 a renforcé le rang de la CC en tant
qu’institution supérieure de contrôle des finances
publiques du Royaume, qui garantit son indépendance
(article 147 de la Constitution)
la Constitution prévoit la possibilité pour le parlement de
recourir à l’assistance de la cour des comptes pour
l’évaluation des politiques publiques.

La CC est appelée à évaluer les politiques publiques et non


pas uniquement les finances publiques
La CC est chargée d’assurer le contrôle supérieur de
l’exécution des LF
Elle assure la régularité des opérations de recettes et
de dépenses des organismes soumis à son contrôle en
vertu de la loi et apprécie la gestion
Elle sanctionne les manquements aux règles qui
régissent les dites opérations
Elle assiste le parlement et le gouvernement dans les
domaines relevant de sa compétence
Elle rend compte au Roi de l’ensemble de ses activités
Elle vérifie et juge les comptes des comptables qui sont
tenus de produire annuellement à la CC les situations
comptables des services qu’ils gèrent
En vue de promouvoir la politique de décentralisation,
la Constitution a institué des Cours régionales des
comptes qu'elle a investies des missions de contrôle
des comptes et de la gestion des collectivités
territoriales.
la Cour a développé ses attributions dans le domaine
de contrôle de la gestion, visant à participer
activement à la rationalisation et l'optimisation de la
gestion des deniers publics, dans un contexte
économique et
financier en quête de la performance. De même, le
souci de la transparence et la moralisation de la vie
publique a poussé le législateur à élargir le mandant de
la Cour à de nouvelles missions portant notamment
sur le contrôle des dépenses des partis politiques, le
financement des campagnes électorales et la
déclaration obligatoire de patrimoine.
Le contrôle parlementaire

ique.
Le contrôle budgétaire parlementaire est une fonction
essentielle pour renforcer la bonne gouvernance des
finances publiques qui constitue un élément essentiel
pour les Etats qui voudraient renforcer leurs capacités
nécessaires pour le développement économ
La bonne gouvernance en matière des finances
publiques consiste en la réalisation des services publics
par des dépenses publiques qui sont accessibles,
transparentes et responsables et financent les priorités
gouvernementales, sans gaspillage ou corruption.

 Le parlement doit veiller à ce que la mise en œuvre du


budget se fasse en toute transparence, conformément
aux autorisations accordées dans les lois de finances
initiales et rectificatives, et dans le respect des textes et
lois en vigueur.
Le Parlement est un acteur essentiel dans le contrôle
budgétaire et dans la définition des politiques
publiques. Avec la promulgation de la nouvelle
Constitution marocaine du 29 juillet 2011, on assiste à
un véritable pouvoir financier du parlement.
 Ses compétences en matière financière se sont
renforcées, notamment dans sa mission de contrôle de
l’élaboration et du vote du budget.
Le parlement est ainsi habilité à demander des
comptes au gouvernement, et à exercer pleinement son
rôle dans la rationalisation et l’optimisation des
finances publiques.
L’article 75 de la Constitution de 2011 stipule que : « Le
Parlement vote la loi de finances, déposée par priorité
devant la Chambre des Représentants, dans les
conditions prévues par une loi organique. Celle-ci
détermine la nature des informations, documents et
données nécessaires pour enrichir les débats
parlementaires sur le projet de loi de finances ».
Ce principe fondamental a été concrétisé par l’article 14 de la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1946, qui
stipule que « tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-
mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la
contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre
l’emploi […] ».

Le Parlement, à travers le vote de la loi de finances, autorise les


recettes et les dépenses. Il doit en contrôler la bonne exécution.
Quant au gouvernement, il a pour mission d’exécuter les lois de
finances, et
La Cour des comptes vérifie la conformité de cette exécution à
la réglementation en vigueur (reddition des comptes).
Le contrôle exercé par le parlement , en cours d’exécution du budget et a
posteriori (lors du vote de la loi de règlement), a été renforcé en 2015 par
les dispositions de la nouvelle loi organique n° 130-13 relative à la loi de
finances  ( La LOF 130-13):

La participation du parlement dès les premières étapes de préparation de


la loi de finances
l’enrichissement qualitatif de l’information sur la Loi de Finances
communiquée au parlement et par l’orientation du débat parlementaire
davantage vers la performance du budget et ses retombées sur la qualité
de vie des citoyens. (cours 5)
La responsabilisation des gestionnaires et les différents rapports de
performance rédigés ( voir sur ce point la responsabilisation des
gestionnaires cours5)
Le vote de la loi règlement six mois après son dépôt au niveau des deux
chambres du parlement 
La constitution marocaine dote le parlement des outils
de contrôle que l’on retrouve dans les lois
fondamentales des pays les plus démocratiques, et qui
vont des questions orales jusqu’aux commissions
d’enquête. Mais l’action gouvernementale, n’est jamais
évaluée à postériori par rapport à son efficacité, à sa
pertinence et son utilité.
Notons que la nouvelle attribution introduite par
l’article 70 de la constitution de 2011 en faveur du
parlement qui désormais «évalue les politiques
publiques », représente le franchissement d’une étape
importante sur le chemin de la constitution
démocratique.

L’objectif est de garantir le passage d’un parlement


dominé à un parlement innovateur et évaluateur

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