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Les finances publiques

Pr ABOULHOUDA Wiam
Pr KETTANI Brahim
Semestre 4
E2,E3,E7,E8

Complément de cours 1
wiamaboulhouda@gmail.com
Pr aboulhouda0667075028
Chapitre III: Les principes
fondamentaux des finances publiques
I- La notion de budget
Définition classique: Un acte de prévision et
d’autorisation à partir de la prévision

Dans la conception classique: Budget Loi de


finances
Avec le passage à l’Etat interventionniste, cette
définition est devenue insuffisante, ainsi:

Le budget est également un moyen d’intervention


dans la vie économique et sociale.

Aujourd’hui, il y a une diversification des documents


de manière à faciliter, à clarifier la discussion et le
contrôle parlementaire.
Distinction entre budget et loi de finances
La LF est définie par la LOF en date du 26
septembre 1998 et dans la nouvelle LOLF 130-13,
entrée en vigueur en 2016, comme étant celle qui
prévoit, évalue, énonce et autorise, pour chaque
année budgétaire, l’ensemble des ressources et des
charges de l’Etat, dans la limite d’un équilibre
économique et financier qu’elle définit.
Il n’existe pas une définition formelle du budget:
Définition matérielle: l’art 8 de la LOF
Article 8 DE la LOF 130-13
Il est fait recette du montant intégral des produits, sans contraction
entre les recettes et les dépenses, l'ensemble des recettes assurant
l'exécution de l'ensemble des dépenses.
Toutes les recettes et toutes les dépenses sont imputées au budget
général.
Peuvent être intégrées parmi les composantes du budget de l'Etat, les
recettes et les dépenses relatives à la gestion des fonds publics résultant
de certains comptes de trésorerie et qui sont fixés par la loi de finances
selon les conditions prévues par voie réglementaire. Toutefois,
certaines recettes peuvent être affectées à certaines dépenses dans le
cadre des budgets des services de l'Etat gérés de manière autonome,
des comptes spéciaux du Trésor ou de procédures comptables
particulières telles que prévues aux articles 34 et 35 ci-dessous.
Les différentes LF
1- la loi de finances de l’année:
 Demande une année pour l’élaboration du projet par
le gouvernement et son adoption par le parlement

 Avec la nouvelle LOF130-13, on est passé à la PBT

 Elle est votée par le parlement en fin d’année.(58 jours


avant la fin de l’année budgétaire)
2- LF rectificative
Elle est élaborée lors de l’exécution de la LF de l’année
et non pas l’année N-1

Le gouvernement n’est pas tenu de présenter un LFR,


mais il peut présenter autant qu’il peut sans limite

Cette loi est votée par le parlement


3- Loi de règlement
Ces lois interviennent l’année N+1

Cette loi permet de mesurer l’écart entre ce qui avait


été prévu et autorisé par la LF et ce qui a été réellement
effectué

Permet un contrôle parlementaire sur les opérations


financières effectuées par l’administration
II- La portée de l’autorisation budgétaire
1- Les autorisations budgétaires de recettes
Chaque année, les impôts doivent être autorisés. Il s’agit de
l’autorisation de percevoir les impôts pour l’année
budgétaire à venir
L’autorisation est une obligation pour le gouvernement.
Celui-ci est tenu de percevoir tous les impôts prévus par le
projet de LF
Les sommes indiquées dans le projet de LF ne sont
qu’indicatives. Tous dépend des circonstances
économiques et sociales du pays.

L’équilibre du budget n’est qu’une prévision


Les recettes non fiscales doivent être également
autorisées et votées par le parlement ( l’emprunt)

Les autres recettes non fiscales notamment les


recettes domaniales sont prévues par les textes,
discutées et autorisées par les parlementaires
2- Les autorisations budgétaires de dépenses

Appelées «  Crédits »: autorisation juridique de


dépense donnée à une personne publique par son
législatif. Nous avons:
- l’objet du crédit
- le montant
On définit l’objet et on précise le montant c’est ce
qu’on appelle la règle de spécialité les autorisations
de dépenses sont toujours spécialisées.
Il convient de préciser que:
Le crédit n’est pas une somme d’argent, c’est une
autorisation de faire la dépense.

Un crédit ne fait pas naitre immédiatement une dette


pour la personne publique. Certains crédits ne seront
pas totalement utilisés.

Un crédit est une autorisation non pas une obligation.


Les parlementaires vont pouvoir dans la Loi de
règlement modifier le degré d’utilisation des crédits.
Il convient de distinguer entre:
Crédit de paiement
Crédit d’engagement

Article 18 de la LOF130-13
Les crédits relatifs aux dépenses d'investissement
comprennent les crédits de paiement et les crédits
d'engagement qui constituent la limite supérieure des
dépenses que les ordonnateurs sont autorisés à
engager pour l'exécution des investissements prévus.
Il existe des exceptions à la règle de crédit

Les virements et les dépassements de crédit


Les crédits globaux qui n’ont pas de destination
précise et qui servent à financer des dépenses
imprévues. Il s’agit d’une exception à la règle de
spécialité.
III- les principes classiques de l’orthodoxie budgétaire et
leur aménagement
A- Le principe de l’annualité:

 La LF est établi pour une année. Au Maroc l’année


budgétaire coïncide avec l’année civile( 1er janvier au
31 décembre).
 L’autorisation parlementaire n’est valable que
pour une année.
 Tous les Etats adoptent l’annualité comme cadre
temporel pour l’exécution des opérations financières.
Certains Etats font concilier l’année budgétaire à
l’année civile (1er Janvier au 31 Décembre): Maroc,
France, Tunisie.( entre 1996 et 2000: l’année
budgétaire commençait le 1er juillet au Maroc).
Dans d’autres, l’année budgétaire commence le 1er
Juillet: Italie, Sénégal, Soudan, Egypte)
Dans d’autres, elle commence le 1er Avril: Australie,
Grande-Bretagne.
Aux Etats –unis: 1er octobre.
Les objectifs du principe de l’annualité:

Maitrise de la gestion

Faciliter le contrôle par l’obtention de l’autorisation


parlementaire annuelle
Les dérogations au principe de l’annualité

- Les crédits d’engagement


- Lorsque la LF est votée avec retard, le gouvernement
ouvre par décret les crédits nécessaires au
fonctionnement des services public.
- LF rectificative
- Les reports de crédits( solde de chaque CST,
l’excédent de recettes au niveau des SEGMA, les fonds
de concours)
B- Le principe de l’unité
L’ensemble des recettes et des dépenses sont
regroupées dans un document unique:

1. Sur le plan technique: Avoir une vision claire des


finances de l’Etat

2. Sur le plan politique: Faciliter le contrôle


parlementaire
Les dérogations au principe de l’unité
La débudgétisation

Cette technique consiste à alléger le budget général de


l’Etat en reportant certaines des dépenses, qu’il
supportait jusque là, vers les SEGMA et les comptes
spéciaux du trésor.

Possibilité de contrôle car les dépenses restent dans les


comptes publics
Article 21 de la LOF130-13
Constituent des services de l'Etat gérés de manière
autonome, les services de l'Etat, non dotés de la
personnalité morale, dont certaines dépenses, non
imputées sur les crédits du budget général, sont
couvertes par des ressources propres.
L'activité de ces services doit tendre essentiellement à
produire des biens ou à rendre des services donnant lieu
à rémunération.
Les services de l'Etat gérés de manière autonome sont
créés par la loi de finances. Cette loi prévoit les recettes
de ces services et fixe le montant maximum des dépenses
qui peuvent être imputées sur les budgets desdits
services.
Les SEGMA sont un instrument de mise en œuvre des
politiques publiques notamment dans les domaines
tels la santé avec 89 services, L’enseignement,
formation professionnelle et formation des cadres avec
58 services, le transport, l’eau et autres infrastructures
économiques avec 15 services…
En 2016, on compte 204 services pour prendre en
compte le nouveau découpage régional ( 12régions au
lieu de 16).
Les SEGMA
 les recettes et dépenses des SEGMA sont prévues par la LF et
sont exécutées et contrôlées dans les mêmes conditions que
celles appliquées aux autres opérations budgétaires de l’Etat.
Il y a plus d’autonomie et de souplesse dans leur gestion:
report automatique de l’excédent de recettes dégagé au titre de
l’exercice antérieur et de la possibilité de relèvement du
plafond des charges chaque fois que les recettes propres
dépassent les prévisions initiales contenues dans la LF.
Les ministres restent ordonnateurs des recettes et des
dépenses des SEGMA qui leur sont rattachés.
Le budget de chaque SEGMA comprend des recettes et
dépenses d’exploitation et des recettes et dépenses
d’investissement
La création d'un service de l'Etat géré de manière
autonome est conditionnée par la justification de
l'existence de ressources propres provenant de la
rémunération de biens ou de services rendus.
Les ressources propres doivent représenter, à
compter de la 3cmc année budgétaire suivant la création
desdits services, au moins trente pour cent (30%) de
l'ensemble de leurs ressources autorisées au titre de la
loi de finances de ladite année, et ce pour les services
de l'Etat gérés de manière autonome créés à partir du
1er janvier 2016. Les services de l'Etat gérés de manière
autonome qui ne répondent pas à cette condition sont
supprimés par la loi de finances suivante.
Des versements peuvent être effectués, en cours
d'année, au profit du budget général, à partir du
budget d'un service de l'Etat géré de manière
autonome. Dans ce cas, des crédits d'égal montant
peuvent être ouverts en addition aux crédits accordés
par la loi de finances selon les modalités fixées par voie
réglementaire.
Le budget de chaque SEGMA comprend des recettes et dépenses
d’exploitation et des recettes et dépenses d’investissement
L'insuffisance des recettes d'exploitation est compensée par
le versement d'une subvention d'équilibre prévue au titre 1du
budget général.
L'excédent éventuel des recettes d'exploitation sur les
dépenses est affecté au financement des dépenses
d'investissement, le cas échéant.
I 'insuffisance des recettes propres affectées aux dépenses
d'investissement est compensée par une subvention
d'équilibre prévue au titre II du budget général.
Les services de l'Etat gérés de manière autonome peuvent
être dotés de crédits d'engagement correspondant à leurs
programmes d'investissement pluriannuels.
Exemples de SEGMA
Complexes sportifs Prince Moulay Abdellah et
Mohammed V de Casablanca

Le Centre National de Documentation

Parc Zoologique National

La Direction de la Météorologie Nationale relevant du


Secrétariat chargé de l’Eau
Selon l’art 25: Les comptes spéciaux du Trésor ont pour
objet :
-soit de décrire des opérations qui, en raison de leur
spécialisation ou d'un lien de cause à effet réciproque
entre la recette et la dépense, ne peuvent être
commodément incluses dans le cadre du budget
général ;
-soit de décrire des opérations en conservant leur
spécificité et en assurant leur continuité d'une année
budgétaire sur l'autre;
-soit de garder trace, sans distinction d'année
budgétaire, d'opérations qui se poursuivent pendant
plus d'une année.
Comptes hors budget général
Retracent des opérations de dépenses n’ayant pas un
caractère définitif: sortie de fonds qui seront restitués

Les prêts et les avances remboursables

Il ne s’agit pas d’une véritable dérogation à la règle de


l’unité dans la mesure où leur solde figure dans le
budget de l’Etat
En cas d'urgence et de nécessité impérieuse et
imprévue, des comptes spéciaux du Trésor peuvent
être créés, en cours d'année budgétaire, par décrets,
conformément à l'article 70 de la Constitution. Ces
nouveaux CST ainsi crées doivent être soumis au
parlement pour ratification dans la plus prochaine loi
de finances.
Les CST sont au nombre de six:
1. Les comptes d’affectation spéciale. Ex : fonds d’appui à la
cohésion sociale en 2012
2. Comptes d’adhésion aux organismes internationaux.:
versements et remboursements au titre de la participation du
Maroc au organismes internationaux
3. Les comptes d’opérations monétaires: différences de change
relatives à l’achat et la vente de devises par l’Etat.
4. Les comptes d’avances sur les ressources du trésor et dont la
durée est inférieure ou égale à 2ans
5. Les comptes de prêts: prêts accordés par l’Etat sur les
ressources du trésor et dont la durée est supérieure à 2ans.
6. Les comptes de dépenses sur dotation: financement assuré
par des dotations budgétaires.
C- le principe de l’universalité (art 8 de la LOF130-13)
Les recettes et les dépenses doivent figurer dans le BG
pour leur totalité. L’ensemble des recettes doivent
couvrir l’ensemble des dépenses:

Non affectation, Non compensation.

Toutes les recettes de l’Etat les recettes et les dépenses


Doivent être fondues dans sont inscrites au budget
la même caisse sans distinction de l’Etat de façon séparée
entre une recette et une autre
d’où la règle de l’unité de caisse
Les objectifs du principe

1. Assurer la clarté et la sincérité des opérations


budgétaires
2. Faciliter le contrôle parlementaire et empêcher
l’administration de dissimuler certaines dépenses
derrière des recettes par la compensation
Les dérogations au principe de l’universalité
CST
Fonds de concours: fonds versés par des personnes
physiques ou morales, publiques ou privées pour la
réalisation d’une œuvre d’intérêt général.
Le rétablissement de crédits: si l’Etat verse une somme
ou dépense indûment ou à titre provisoire. Le
reversement peut donner lieu à l’affectation de ces
sommes aux chapitres qui avait supporté la dépense
correspondante, d’où l’exception à la règle de non
affectation.
D- le principe de spécialité budgétaire
Indiquer précisément le montant et la nature des
opérations prévues par la loi de finances. Les
crédits sont ainsi ouverts de manière détaillée,
spécialisées par programmes et sont rattachés à
une destination spécifique qui ne doit pas être
dénaturée en exécution par le gouvernement.
Ce principe permet un meilleure contrôle de
l’activité du gouvernement par le parlement
Le législateur marocain pose le principe de spécialité
comme suit: les dépenses du budget général sont
groupées sur trois titres:
1. Dépenses de fonctionnement
2. Dépenses d’investissement
3. Dépenses relatives à la dette publique
Dans chaque titre, il y a des chapitres:
DF deux chapitres
DI un chapitre par ministère ou institution
DD deux chapitres

Les chapitres sont subdivisés en programmes, régions,


projets ou actions.
Dérogations au principe de spécialité
Le chapitre des dépenses imprévues et dotations
provisionnelles
Le chapitre des charges communes

Le virement de crédits: changement de la nature de la


dépense

Le transfert de la dépense: changement du service


responsable de la dépense
Le principe d’équilibre

Dans la conception classique des finances publiques:


Dépenses publiques= ressources publiques

Refus de l’excédant et du déficit


l’équilibre financier

Après la crise des années 30, le déséquilibre s’imposait


 Au Maroc, dans les premières LOF( 1963, 1970, 1972)
on évoquait juste la notion d’équilibre financier
 A partir de la LOF 1978 on a commencé à parler
d’équilibre économique et financer( 1978, révision
1998,2015)
Équilibre économique

PNB+M= Consommations publiques et privées+


épargne+X
Le nouveau principe introduit par la LOF 130-13
Pour renforcer la transparence budgétaire, La LOF 130-13
propose d'introduire de manière explicite le principe de
sincérité budgétaire en vue de:
1. Conforter la pertinence des hypothèses qui président à la
préparation de la loi de finances,
2. Confirmer la qualité des prévisions de ressources et de
charges compte tenu des informations disponibles au
moment de leur établissement, et
3. Confirmer l'engagement de procéder à la présentation de
lois de finances rectificatives en cas de modifications
significatives des priorités et hypothèses de la loi de
finances.
Article 10 de la nouvelle LOF130-13

Les lois de finances présentent de façon sincère


l'ensemble des ressources et des charges de l'État. La
sincérité des ressources et des charges s'apprécie
compte tenu des informations disponibles au moment
de leur établissement et des prévisions qui peuvent en
découler.

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