Vous êtes sur la page 1sur 39

Après les rappels du chapitre 1, la suite de ce cours

portera principalement sur:


L’amélioration de la fertilité des sols :Comment
valoriser les compétences des plantes et les mécanismes
biologiques du sol ?
Chapitre 2 : Exploration du sol par les racines
Chapitre 2: Exploration du sol par les
racines
Chapitre 2-: Exploration du sol par les racines
2-1- croissance et développement du système racinaire de plantes cultivées
caractéristiques ;
2-2-impact des conditions de sol transitoires et/ou permanentes sur la
distribution des racines ·
2-3-Processus rhizosphériques :
2-3-1- interactions sol-plante à l'échelle rhizosphèrique
-1-prélèvements, stratégies d'acquisition, exsudations
-2- Concept de gestion de la rhizosphère
Chapitre 2: exploration du sol par les
racines

La nature du système racinaire est capitale car elle


permet de comprendre en partie les stratégies
d’exploration du sol par les plantes.
Chapitre 2: exploration racinaire
 2-1- croissance et développement du système racinaire de plantes cultivées
caractéristiques

 Les deux rôles principaux des racines sont des rôles de nutrition et
d’ancrage des plantes dans le sol. Grâce à leur système racinaire, les plantes
ont la capacité de s’adapter à leur environnement afin de mieux exploiter
leur environnement pour l’acquisition de nutriments et d’eau.
 En réponse à la perception des ressources du sol, le système racinaire peut
alors évoluer pour favoriser un plus grand embranchement, une
modification de l’angle d’embranchement, une augmentation de la
croissance racinaire, du diamètre des racines, et de la densité de poils
racinaires et de leur longueur. Ce type d’adaptation du système racinaire
définit une stratégie qualifiée de balayage (« scavenging ») pour acquérir
les ressources du sol permettant d’explorer plus efficacement le sol.
 Ce type d’adaptation est possible si les conditions physico chimiques ne
contraignent pas l’exploration racinaire.
Chapitre 2: exploration du sol par les
racines
Densité des racines
Chapitre 2: exploration racinaire
 2-2-impact des conditions de sol transitoires et/ou
permanentes sur la distribution des racines
 Parmi les contraintes abiotiques, le pH limite fortement
l’exploration racinaire à des valeurs inférieures à 5 par
apparition d’une toxicité liée à la présence d’ions Al, Mn, et
protons et aux déficiences des ions Ca, Mg, Mo et P.
 L’aération du sol, en lien avec la structure des sols et la teneur
en eau peut également affecter l’exploration racinaire tout
comme la température. Ce dernier paramètre influence à la fois
la croissance et le développement des racines au travers des
processus d’élongation des cellules et donc la longueur des
racines et leur diamètre, tandis que le développement
influencera la durée de la croissance et l’embranchement et
l’orientation des racines.
Chapitre 2: exploration du sol par les
racines
L’effet de la température est très variable selon les plantes, ainsi, les
optimums, maximums et minimums sont à déterminer par espèces.
Cependant la gamme des températures peut être située entre 17 et 35°C
pour la majorité des espèces végétales.
En dehors de ces contraintes, la résistance du sol à la pénétration est le
facteur commun à toutes les espèces végétales;
Ces zones de compaction peuvent être liées à la présence d’horizons
compactés liés au travail du sol ou naturels. En présence de zones de sol
compactées, les racines tendront à utiliser les biopores créés par les vers
de terre ou les racines d’une précédente culture mais également
exploiteront les anfractuosités naturelles des sols.
Une autre stratégie d’acquisition des nutriments, dite d’extraction («
mining ») consiste à modifier leur environnement racinaire afin
d’accéder aux ressources
1 Zone creuse
Causes possibles : − reprise en conditions 2 Zone normale
humides (trace d'outil, lissage), − horizon Bonne structure et bonne préparation du
travaillé non rappuyé (cas d'un labour de sol. Colonisation dense grâce à une
printemps), − creux sur fond de labour ramification abondante des racines. −
(présence de matière organique). effet très favorable sur l'alimentation
3 Zone tassée hydrique et la nutrition minérale, −
Causes possibles : − horizon dur et compact, utilisation maximale des engrais, − peu
− façons superficielles et conditions humides, de risques de sécheresse.
− passages fréquents d'outils lourds, − bande
de labour non reprise, − récolte du précédent
en conditions humides, − fonde raie de labour
tassé par la roue.
Chapitre 2: exploration du sol par les racines

Formes des racines


Chapitre 2: exploration du sol par les racines
 Cas du phosphore
 La croissance des racines et les modifications de l’architecture racinaire
sont les premières stratégies mises en œuvre par les espèces végétales pour
acquérir P quand il est limitant.
 L’augmentation de la longueur totale des racines est une stratégie très
efficace pour acquérir des éléments peu mobiles comme le P assimilable.
Ceci peut expliquer pourquoi les Poaceae, (comprenant les céréales
cultivées) et leurs systèmes racinaires fasciculés explorant un large volume
de sol, sont plus efficaces pour acquérir le Passimilable que des espèces
dont les racines pivotantes moins ramifiées explorent un volume de sol plus
faible.
 Beaucoup d’études réalisées sur le haricot et le soja ont aussi montré que
les génotypes avec un système racinaire ramifié en surface étaient plus
performants que les génotypes avec un système racinaire peu ramifié et
profond.
 Le caractère « angle racinaire » apparaît donc comme un trait important
pour sélectionner des génotypes adaptés à une carence en P au moins dans
les agroécosystèmes qui ne sont pas trop contraints par la sécheresse.
Chapitre 2 : processus rhizosphériques

2-3-Processus rhizosphériques :
2-3-1- interactions sol-plante à l'échelle rhizosphèrique
-1-prélèvements, exsudations, stratégies
d'acquisition
-2- Concept de gestion de la rhizosphère
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques:
2-3-1- interactions sol-plante à l’échelle de la
rhizosphère
 Concept de la rhizosphère
Le terme rhizosphère a été introduit en 1904 par
Lorenz Hiltner . « Rhizo » vient du grec « Rhiza »
signifiant racine, « Sphère » vient du latin « Sfaira »
(signifiant balle, ballon ou globe).
 La sphère définit le champ d’influence du système
racinaire . Les racines, le chevelu racinaire et les poils
absorbants sont en contact intime avec les particules du
sol .
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Le terme rhizosphère désigne la mince couche de sol
qui entoure les racines absorbantes et dont la
composition est profondément modifiée par l’activité
et le métabolisme de la racine. Elle diffère de la masse
du sol par son pH, son potentiel d’oxydoréduction, par
l’abondance et la composition de la matière organique
et enfin par sa forte activité biologique qui se traduit
par une teneur élevé en CO2. Ainsi, malgré le petit
volume qu’occupe la rhizosphère dans le sol, elle joue
un rôle central dans le maintien du système sol-plante.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Prélèvement de la rhizosphère
La rhizosphère peut s'observer à l'œil nu. Si vous
arrachez une plante, ses racines viendront avec de la
terre qui reste adhérente formant des manchons autour
d'elles. Attendez que la plante meure et vous n'aurez
plus de terre mais seulement les racines nues en
décomposition.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Prélèvement de la rhizosphère
Echantillonnage du sol global, du sol rhizosphérique et du rhizoplan:
cas de l’olivier

A la périphérie de la couronne de l’olivier, nous prélevons un échantillon


volumineux de sol. Le sol global correspond au sol non accolé aux racines
qui tombe et qui est indemne de toute activité racinaire. Le sol
rhizosphérique est obtenu par un léger secouage d’environ 30 secondes des
racines fines actives (diamètre < 5mm) sur lesquelles sont accolés des
agrégats(diamètre < à 1cm de diamètre). Le rhizoplan correspond à la
fraction qui est fortement accolée aux racines, le rhizoplan est prélevé par
un léger brossage des racines, son volume est restreint. Les sols sont séchés
au laboratoire, tamisés à 2 mm. Nous avons réalisé ainsi un gradient
d’éloignement de la racine : sol global, sol rhizosphérique, rhizoplan.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques.

Vidéo rhizosphère https://www.youtube.com/watch?v=


tvA7CWSIbTc
Diaporama https://slideplayer.fr/slide/450862
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Exudation, rhizodéposition
La rhizodéposition et l’effet rhizosphérique
L’effet rhizosphèrique est définit comme étant toute
modification des caractéristiques physiques, chimiques,
biochimiques du sol provoquée par la racine.
Ce phénomène s’explique par le fait de prélèvements
racinaires d’eau et d’éléments minéraux, mais surtout
par la libération des composés organiques et minéraux.
Ce processus est défini comme la rhizodéposition. La
rhizodéposition consiste en l’accumulation des
substances organiques et minérales émises par la partie
active des radicelles.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Exudation, rhizodéposition

Les rhizodépots représentent une source d’énergie et


d’éléments nutritifs qui stimulent la croissance des
communautés microbiennes hétérotrophes. Celles-ci vont
être sensiblement plus denses que celles du sol indemne
d’activité racinaire. Leur nombre diminue au fur et à
mesure que l’on s’éloigne de la racine. Les exsudats
racinaires vont intervenir sur différents processus dans la
rhizosphère .
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Exudation, rhizodéposition

Certains auteurs estiment que de 30 à 50% du carbone


assimilé serait alloué aux racines, et que la moitié de
ce carbone alloué aux racines serait libéré dans le sol.
La libération de carbone par les racines est un
processus écologique majeur aux multiples
conséquences. Par exemple, les plantes via leurs
racines sont impliquées dans l’agrégation des
particules de sol, et donc dans la structuration du sol.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Exudation, rhizodéposition

L’activité microbienne dans la rhizosphère est de 2 à


20 fois supérieure à celle d’un sol non influencé par
l’activité racinaire.
 L’apport continu de carbone favorise le
développement d’une activité microbienne intense au
voisinage des racines, mais permet également aux
plantes d’interagir avec les bactéries et les autres
organismes du sol.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Exudation, rhizodéposition

Le mucilage renforce la cohésion entre particules et


entre agrégats, ce qui diminue l’éclatement et la
désagrégation des agrégats.
Les mycorhizes portées par les racines jouent le même
rôle que les exsudats en produisant également des exo-
polysaccharides. Les champignons sécrètent de plus
une protéine hydrophobe, la glomaline, qui, accumulée
à la surface de l’agrégat le protège du risque de
désagrégation par éclatement.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs
Biodisponibilité des nutriments et fonctionnement de la
rhizosphère
La faible teneur en éléments nutritifs des sols, leur mobilité
réduite, leur forte rétention par la phase solide du sol
déterminant ainsi leur solubilité limitée expliquent la
biodisponibilité réduite des nutriments dans les sols. Par
conséquent, la nutrition minérale des plantes résulte, pour
une large part du fonctionnement de leur rhizosphére. De
plus, la distribution spatiale de ces éléments dans les sols est
très hétérogène, l’accessibilité aux nutriments devient alors
cruciale .
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs
Les plantes ont développé toute une gamme de stratégies
pour accéder aux nutriments. Des stratégies sont basées sur
des mécanismes liés à la plante.La plupart des plantes
peuvent modifier leur système racinaire (prolifération des
racines et du chevelu racinaire, infection mycorhizienne),
mais aussi à travers l’exsudation racinaire. Par exemple, les
plantes qui se développent dans des sols déficients en
phosphore allouent une proportion importante des photos
assimilats au développement racinaire et tentent de produire
des racines de diamètre très fin pour augmenter la surface
d’absorption des éléments nutritifs.
Chapitre 2 : processus rhizosphèriques
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs

Les microorganismes de la rhizosphère décomposent


les exsudats racinaires, les résidus des racines et
indirectement modifie le développement des plantes et
la composition des communautés végétales en
influençant la quantité d’éléments biodisponibles.
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs : exemple du phosphore
Acquisition de P
La biodisponibilité du P dans le sol peut ainsi varier considérablement d’une espèce
végétale à l’autre selon ses capacités à modifier elle-même la disponibilité de Pi
(H2PO4 - et HPO4 2- ) ou via les organismes naturellement présents dans sa
rhizosphère.
Parmi les différents processus physicochimiques, la modification du pH par les
plantes au voisinage de la rhizosphère est souvent soulignée comme un processus
majeur modifiant la disponibilité des éléments. L’origine des variations de pH
induites par les plantes réside dans divers processus;
Afin de préserver l’électroneutralité de ses tissus et du pH cytosolique, les plantes
excrètent des charges opposées sous la forme d’ions hydroxyles ou de protons pour
contrebalancer les charges positives ou négatives absorbées. Par conséquent, la
différence entre la quantité de cations et d’anions absorbés par la plante influence la
libération d’ions hydroxyles ou protons, et modifie le pH du sol autour des racines;
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs : exemple du phosphore
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs : exemple du phosphore

La libération d’acides organiques par les plantes est


une autre possibilité d’acidification de la rhizosphère
ainsi que la respiration des racines et des organismes
du sol de la rhizosphère. En effet, le CO2 respiré
génère de l’acide carbonique au voisinage des racines,
qui en se dissociant peut modifier le pH. Enfin, des
processus d’oxydo-réduction peuvent également
contribuer à la modification du pH de la rhizosphère;
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs : exemple du phosphore

La désorption des ions orthophosphates à partir des


minéraux du sol est fortement influencée par le pH.
La modification du pH peut également contribuer à la
dissolution de divers précipités formant des familles de
minéraux retenant les ions orthophosphates avec du
calcium (sols calcaires) ou avec le fer ou l’aluminium
(sols acides)
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs : exemple du phosphore

Exsudation d’enzymes
Dans le cas du P les racines sont reconnues pour
exsuder des enzymes hydrolysant le P organique. Ces
enzymes constituent le groupe très diversifié des
phosphatases. Plusieurs études ont abouti à considérer
que les légumineuses ont la capacité de maintenir une
activité phosphatasique élevée dans leur rhizosphère,
supérieure à celles de céréales.
Cela concerne surtout la forme organique de P.
Stratégie d’acquisition des éléments
nutritifs : exemple du phosphore

Les microorganismes sont aussi reconnus pour pouvoir


modifier la disponibilité du P dans la rhizosphère;
Une grande variété de microorganismes dit «
solubilisateurs de P » sont capables de solubiliser du P
associé aux phases minérales du sol.
Concept de gestion de la rhizosphère
La gestion de la rhizosphère dans l’objectif d’un développement durable du
système plante-sol pourrait être l’une des approches pour optimiser l’utilisation
efficace des ressources du sol dans différents systèmes de cultures.
Le concept de gestion de la rhizosphère consisterait en une manipulation des
processus biologiques, chimiques et physiques à l’interface sol-racine.
En effet, l’effet rhizosphèrique favorise la croissance et la qualité végétale.
Les micro-organismes rendent disponibles dans la solution du sol des éléments tels
que le fer, le calcium, le potassium et le phosphore initialement présents sous forme
minérale et organique stable et complexe, forme inaccessible pour la plante. Ce
concept engloberait des actions sur le système racinaire, l’amélioration de la
biodisponibilité des nutriments par la manipulation de l’exsudation racinaire,
l’utilisation de mycorhizes et autres micro organismes bénéfiques, l’intensification
des processus de la rhizosphère, la localisation des nutriments pour en augmenter la
biodisponibilité, avec pour corollaire une diminution des apports d’engrais.
Concept de gestion de la rhizosphère

L’intégration de la gestion de la rhizosphère dans un


système de culture intensif dans le Nord de la Chine a
augmenté de 5 à 15% le rendement du mais pour des
variétés à haut rendement et limité les intrants
d’engrais par la réduction de 40 à 50% des engrais
azotés, et de 33% des superphosphates en raison de la
localisation des engrais qui a amélioré
significativement la concentration des nutriments dans
les zones enrichies du sol.
Concept de gestion de la rhizosphère
Concept de gestion de la rhizosphère

Vous aimerez peut-être aussi