Vous êtes sur la page 1sur 98

RÉPUBLIQUE DE CÔTE D'IVOIRE

UNION - DISCIPLINE - TRAVAIL


_______
UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR SCIENCES DES STRUCTURES DE LA MATIERE
ET DE TECHNOLOGIE
ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE _______
_______
UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET BOIGNY

Master2 Energétique et Environnement


Option Air
UE Chimie Atmosphérique
Composition chimique de l’Atmosphère

Pr YOBOUE Véronique
Laboratoire de Physique de l Atmosphère et de Mécanique des fluides (LAPA-MF)
Université Félix Houphouët d’Abidjan
PLAN

I Atmosphère
• Contexte général de l environnement terrestre
• Définition
• Composition
• Cycles biologiques

II Emissions
• Loi de conservation
• Modélisation des sources

III Dépôts
• Dépôt sec (gaz, particules)
• Dépôt humide (gaz, particules)
I. Atmosphère
• Contexte général de l environnement terrestre
• Définition
• Composition
• Cycles biologiques
Atmosphère: Contexte général de l environnement terrestre
Contexte général de l environnement terrestre

L’environnement terrestre peut être divisé en plusieurs enveloppes


(sphères),considérées comme des réservoirs de matières entre lesquels ont
lieu des échanges. Ces enveloppes sont:

 L’atmosphère, dominée par la phase gazeuse; on distingue la


Troposphère et la Stratosphère, qui contiennent 99% de la matière de
l’atmosphère;

 L’hydrosphère (phase liquide): océan, eaux continentales de surface et


souterraines;

 La cryosphère (phase solide, sous forme de glace): calottes glaciales,


glace de mer et glaciers de montagne;

 La biosphère: ensemble des organismes vivants, du microscopique au


macroscopique; elle est constituée essentiellement d’eau et de matière
organique (contenant ≈ 45% de carbone par rapport à la matière sèche);
 La lithosphère: partie minérale originelle;
 La pédosphère (les sols): interface entre la lithosphère, la biosphère
et l’atmosphère.

La lithosphère interagit avec l’atmosphère à travers deux processus qui


affectent la lithosphère interne et la croûte terrestre
• Le volcanisme, qui se traduit par l’éjection à la surface ( atmosphère)
de matière interne solide, liquide et gazeuse;
• La dégradation des minéraux de surface (l’altération des roche)

Pour schématiser, l’action conjuguée de l’atmosphère et de l’hydrosphère


=>formation de la pédosphère dans laquelle des éléments non gazeux (Ca,
Fe, K, Na, Mg, P) sont libérés. Le lessivage d’une partie de ces éléments
et leur entrainement dans les océans permettent ainsi le développement
de la biosphère océanique, alors que la pédosphère sert de support à la
biosphère continentale.

La composition chimique de l’atmosphère résulte de ces échanges


continus de matière entre les sphères de l’environnement.
Atmosphère: définitions
Atmosphère  Dynamique et transport

• Définition 1: enveloppe essentiellement gazeuse entourant le globe terrestre;


assure la distribution des échanges thermiques entre les zones froides et les
zones chaudes du globe

Frigidaire polaire

Radiateur équatorial

Frigidaire polaire
Atmosphère  Chimie atmosphérique et climat

• Définition 2: mélange de gaz contenant des particules solides et liquides en


suspension
Atmosphère: composition chimique

L’air qui nous entoure est composé de :


 78% de diazote (soit 4/5 de son volume)
 21% de dioxygène (soit 1/5 de son volume)
 1% d’autres gaz

Dioxygène Diazote

10
Atmosphère: composition chimique
 constituants majeurs
Azote => 78% (/air sec)
Dioxygène => 21%
 Eau => 0.33%
 Gaz rares (Ne, Arg, He) chimiquement inertes => résidus de l
atmosphère originelle
 CO2 => rôle particulier => phénomène de photosynthèse qui est le
moteur de la biosphère
 Constituants mineurs => augmentation importantes des
concentrations provoquée par diverses activités humaines
 influent sur le bilan radiatif de la terre (gaz à effet de serre
caractérisés par leur capacité d’absorption du rayonnement
infrarouge ):CO2, CH4, N2O, O3, CFC et HCFC
 influent sur la qualité chimique de l’air atmosphérique et des
précipitations (acidité et pouvoir oxydant) => les dérives de
carbone d’azote de soufre (CO, COV NO , NH3, SO2,H2S…)
Qu’est-ce que l’effet de serre?

L’effet de serre est un phénomène naturel


par lequel une partie de l’énergie solaire qui
est émise par la terre est absorbée et
retenue sous forme de chaleur dans la basse
atmosphère. Il est causé par des gaz
contenus dans l’atmosphère qui ont la
capacité d’absorption du rayonnement
infrarouge (CO2, CH4, N2O, O3, CFC et HCFC)
Effet de serre naturel

 La t° d’équilibre radiatif de la terre liée à la distance au


soleil et à l’albédo de la planète serait 255K (-18°C) en l
absence de l’atmosphère
 La présence de vapeur d’eau et de CO2 dans l’atmosphère
produit un effet de serre naturel qui élève cette
température de 33K donc amenant la température de
surface moyenne à 288K (+15°C) qui permet l’existence de
l eau dans ses 3 états.
 La couche d’ozone stratosphérique (due à la photolyse de
O2 dans la stratosphère) grâce à sa capacité d’absorption
du rayonnement ultraviolet (U.V) a considérablement
réduit le flux de ce rayonnement à la surface de la terre
permettant ainsi le développement d’organisme
multicellulaires.
Effet de serre naturel

 Le développement des systèmes biologiques est donc le résultat


d’un processus d’évolution dans lequel l’effet de serre naturel et
la présence de la couche d’ozone sont des éléments
déterminants des équilibres fondamentaux de la planète qui
permettent l’existence des formes de vie que nous connaissons.

 On comprend dès lors que les atteintes à ces équilibres par


l’action de l homme, comme l’altération de la couche d’ozone ou
l’effet de serre additionnel, constituent des préoccupations
sociétales majeures qui ont justifié depuis + de 30 ans le
développement de la science qui est la chimie atmosphérique
Gaz à Effet de Serre (GES)

Ils sont caractérisés par leur capacité d’absorption du rayonnement infra-rouge


et donc par leur influence sur le bilan radiatif terrestre (climat).

On distingue, par ordre


décroissant d’importance:
 Vapeur d’eau H2Ovap
 Dioxyde de carbone CO2
 Méthane CH4
 Protoxyde d’azote N2O
 Ozone O3 (en particulier
troposphérique)
 Chlorofluorocarbures CFC
et HCFC (exclusivement
d’origine anthropique, sauf
CH3Cl)
Ozone O3
• Composé clé de l'atmosphère, à la fois pour ces qualités réactives et radiatives
(GES).  Contient 90% de
l’ozone atmosphérique
 Rôle bénéfique : écran
contre les UV dangereux
 Problèmes actuel:
• diminution globale
• trou d’ozone antarctique
chaque année au printemps
(16-50km)
 Contient 10% de
l’ozone atmosphérique
 Rôle néfaste :
• Polluant toxique pour les
animaux et les plantes
• Gaz à effet de serre
(0-16km)  Problèmes actuels:
• augmentation globale
• fortes pollutions dans les
villes et même les
campagnes
Composés en trace autres que GES (gaz réactifs)
• CO
C • COV (composés organiques volatiles): composés contenant 1 à 15 atomes de
carbone,
oxygénés ou non:

• NOx (NO+NO2): parmi les molécules les plus importantes dans la chimie de
N l'atmosphère. Concentrations très hétérogènes, fonction de la proximité des sources.
• NH3: ammoniac

S • SO2, H2S, DMS

 Certains de ces gaz réactifs (NOx, CO, COV…) contribuent à la formation


photochimique d’ozone.
 Ces constituants s’oxydent dans l’atmosphère pour donner des acides (H2SO4,
HNO3) qui déterminent le caractère acide de l’air et des précipitations
Composés du carbone; les différents types de COV
 Alcanes: les carbones ont
toutes leurs orbitales de liaisons
occupées par un atome
d'hydrogène
 Alcènes: présence de
double(s) liaison(s)
 Aromatiques: double liaison
et structure circulaire
 Alcynes: présence de triple(s)
liaison(s)

 Radicaux: alcanes auquel on a enlevé un atome d'hydrogène (présence d'une paire


d'électron libre) radical méthyle: CH3., radical éthyle: CH3-CH2.
 Hydrocarbures oxygénés: aldéhydes (RCOH) cétones (RCOR), acides (RCOOH),
alcools (ROH)
 Remarque: le méthane est l'hydrocarbure le plus abondant dans l'atmosphère avec
1/3 des sources biogéniques (sols en anaérobie) et 2/3 anthropiques (gaz naturel,
combustions, agriculture, décharge). Il est en général étudié à part dans les processus
atmosphériques.
Composés du carbone; les COV biogéniques
Structures moléculaires des
composés organiques émis par la
végétation
• Isoprène ou 2-méthyl-1,3 butadiène
C5H8 et terpènes

• La végétation émet naturellement


une grande diversité de COV dans
l'atmosphère. Ces composés sont
caractérisés par une double liaison
qui rend les molécules très réactives.
• L'isoprène est émis par un grand
nombre d'espèces décidues, les
composés terpénoïdes étant
préférentiellement émis par les
conifères.
• Ces émissions sont dépendantes de
la lumière (rayonnement) et de la
température, et sont maximales sous
les tropiques
Autres composés en traces
• Composés halogénés
- Halocarbures: composés organiques contenant un halogène
- Chlorofluorocarbures CFCs: halocarbures contenant des atomes de carbone, fluor et de chlore
- Hydrochlorofluorocarbures HCFCs: halocarbures contenant des atomes de C, F Cl et d'hydrogène
- Hydrofluorocarbures HFCs: halocarbures contenant des atomes d'hydrogène, de C et de F
- Perfluorocarbures PFCs: halocarbures où chaque liaison carbone est occupé par un fluor.
- Halons: halocarbures contenant des atomes de brome.
• Polluants Organiques Persistants( POP) dont pesticides,
dioxines et furanes (incinération)
- Toxique, persistant dans l’environnement, transport longue
distance,
 bio-amplification et bio-accumulation
Dioxines: hydrocarbures aromatiques polycycliques chlorés ou HAPC produits
involontairement lors de processus thermiques mettant en présence du chlore et des
substances organiques.
• Métaux lourds (industrie manufacturière)
- Plomb (Pb), Arsenic (As), Chrome (Cr), Mercure (Hg), Zinc (Zn), Nickel (Ni), Sélénium (Se)…
• Radioéléments (nucléaire)
Amosphère: Hydrométéores et aérosols

Outre la phase gazeuse, l’atmosphère contient de la matière solide en


suspension en phase liquide et solide. Il s’agit des aérosols et des
hydrométéores

 Aérosols: particules solides (autres que les cristaux de glace) en


suspension dans l’air.
Distinction entre aérosols primaires et les aérosols secondaires.
 Aérosols primaires: particules de tailles variables (de 0,1 à
quelques dizaines de micromètres de diamètre) émises directement
sous forme solide au niveau de la surface de la Terre
 Leur composition chimique reflète celle de la source dont ils
sont originaires.
Atmosphère: Hydrométéores et aérosols

Principales sources:

*Source terrigène (poussières éoliennes)

*Source marine (embruns particules liquides soulevées par le vent et desséchées dan
l’air

*Source Volcanique

*Sources anthropiques: combustions diverses, production de ciment...


Amosphère: Hydrométéores et aérosols

 Aérosols secondaires: particules formées dans


l’atmosphère à partir de composés gazeux , à
partir d’embryons de très petite taille qui
grossissent par divers processus (condensation et
coalescence).

*Le diamètre moyen est compris entre 0,1 et 1 µm


et masse suffisamment faible pour que ces
particules diffusent dans l’atmosphère (peu de
sédimentation).
Amosphère: Hydrométéores et aérosols

 Les aérosols sont des vecteurs d’éléments chimiques


entre les sphères de l’environnement  participent
de façon importante à la composition chimique des
précipitations, au bilan radiatif de la terre par leur
capacité d’absorption du rayonnement IR et de
réflexion et d’absorption du rayonnement visible
(albédo). Ils constituent des noyaux de condensation
nuageux et des noyaux glaçogènes qui initient la
formation des gouttelettes d’eau nuageuse et des
cristaux de glace.

*A forte concentration, les aérosols peuvent être des


polluants toxiques pour les êtres vivants.
Amosphère: Hydrométéores et aérosols
 Hydrométéores:
constituées d’eau liquide ou de glace (solide) présente
sous forme de gouttelettes ou de cristaux au sein des
nuages.

 l eau liquide est également un élément important de la


chimie atmosphérique à travers toutes les réactions entre
les espèces chimiques en phase aqueuse au sein des nuages.

 l eau en particulier les hydrométéores constituent le


principal puits des espèces gazeuses hydrosolubles et elle
est le vecteur privilégié du retour des constituants
mineurs atmosphériques aux autres sphères de
l’environnement.
Pourquoi étudie-t-on l'atmosphère?

à cause du changement planétaire des propriétés de


l'atmosphère:

 Changement des propriétés réactives par augmentation


des concentrations des différents polluants
 "pollution"

 Changement des propriétés radiatives par l'augmentation


des concentrations des gaz à effet de serre
 changement climatique
Impact de la pollution atmosphérique
Changement planétaire, les causes:

 Augmentations des émissions directes

 Combustibles fossiles =>production d’énergie (CO2, CO, NOx, NMHC, SO2…)

 Combustion de biomasse (CO2,CO, NOx…)

 Activités industrielles, exploitation de mines (Composés halogénés, CH4, …)

 Agriculture: élevage (ruminants, déchets), et culture (fertilisants) (CH 4, NH3,


N2O, …)

 Stockage et incinération des déchets (CO2, CO, POP, PCB, HAP…)


 Augmentations des émissions indirectes

Modification des échanges biosphère-atmosphère: modifications état des


surfaces émettrices (rugosité, albédo, évapotranspiration, composition du sol….)
liées à l'agriculture, la déforestation, le défrichage

 Anthropisation des systèmes naturels

Introduction
Accroissement CO2
L’accroissement du CO2 atmosphérique est
[CO2] = + 1,5 ppm.an-1
lié à l’augmentation de la consommation de
combustibles fossiles (activités Augmentation continue
anthropiques).
Production électricité

Transport

Variabilité annuelle taux


d'augmentation: liée variabilité
échanges biosphère-atmosphère
et océan-atmosphère.
Accroissement CH4 Années 1990: [CH4] = + 5
ppb.an-1
Ralentissement entre 1998 et
2006

Mines et raffineries

Variabilité taux d'augmentation:


variabilité sources (feux
biomasse) et puits (OH).
Élevage
Accroissement N2O Fertilisation

Agriculture

Augmentation : + 0.8 ppb.an-1 (0.3%)


Liée à l'utilisation des engrais
Accroissement CFC/HCFC/HFC

Réfrigerateurs

Climatisation

Solvants

Augmentations fortes
CCl3F = CFC- des concentrations
11 de CFC jusqu’à fin
années 1990 (suite
protocole de
Montréal, 1987).
Ralentissement
depuis (substitution
par HCFC et HFC).
Changement planétaire, les conséquences:

 Réduction du pouvoir autonettoyant de l'atmosphère "Pollution"


chimique
Augmentation de l'ozone troposphérique et d'autres oxydants

Réduction de l'ozone stratosphérique

Augmentation dépôt acide (acidification généralisée


de l'atmosphère et des écosystèmes terrestres et
aquatiques)
Effets sur la santé (immédiats ou chroniques)
Changement
climatique
 Effet de serre additionnel

Augmentation température moyenne du globe ou


réchauffement planétaire

 Et autres…: élévation niveau océans, fonte


glaces/glaciers, migrations/adaptations écosystèmes…
Mais qu'est ce qui détermine la composition
chimique de l'atmosphère?
 la composition chimique de l'atmosphère est déterminée naturellement par les
échanges de matière entre les différents milieux terrestres: Lithosphère (croûte
terrestre), Hydrosphère et Cryosphère (eau liquide et solide), Biosphère
(ensemble des organismes vivants), Atmosphère (enveloppe gazeuse)

 Échanges les plus rapides (jours): atmosphère – océan superficiel- biosphère


 Milieux couplés par: cycle eau, rayonnement, transferts de chaleur, gaz et
particules
 Échanges perturbés par l'homme
 la composition chimique de l'atmosphère est déterminée par des
transformations en phase homogène (gaz) ou hétérogène (gaz/solide, gaz/liquide)
de composés primaires en polluants secondaires (ozone, acides, particules)
• Distinction entre chimie troposphérique et stratosphérique
• Processus influencés par le rayonnement solaire producteur d’espèces radicalaires
(photolyse)

hv Oxydation en
Oxydation enphase
phasehomogène
homogène(gaz)
(gaz)ou
ou
hétérogène(gaz/solide,
hétérogène (gaz/solide,gaz/liquide)
gaz/liquide)

Polluants secondaires
Polluantssecondaires
OO3,3,HH2O
2O (ozone,acides,
(ozone, acides,aérosols)
aérosols)
OH
OH

Dépôtsec
Dépôt secou
ouhumide
humide
Sourcesde
Sources depolluants primaires
polluantsprimaires (composésacides)
(composés acides)
CO,HC,
CO, HC,CH CH,4,NO,
NO,NNO,2O,SO
SO2
4 2 2
aérosols
aérosols
Biosphère, cycles biogéochimiques

Définition: la biosphère est l'ensemble des êtres vivants, végétaux, animaux et


micro-organismes portés par le globe

 La masse de la biosphère est insignifiante par rapport à l'atmosphère (1/500) et


à l'hydrosphère (1/100000), en revanche la biosphère renferme une grande
diversité d'éléments chimiques dits biogènes: carbone, azote, soufre, phosphore,
oxygène, hydrogène...(constituants majeurs des tissus vivants, compose 95% ( en
masse ) de la biosphère)

Biochimie du vivantchimie de ces six éléments légers principaux (C, N, S,O, H, P)

Cycles biogéochimiques Le processus de transport et de transformation


cyclique d un composé chimique entre les grands réservoirs ou sphères (notamment
à travers l’atmosphère).
Biosphère, cycles biogéochimiques

 L'énergie, l'eau, l'oxygène et les substances organiques et inorganiques sont


produits et échangés entre les écosystèmes, et entre les différents milieux
terrestres (biosphère, atmosphère, hydrosphère…) par les processus de
photosynthèse, respiration, décomposition...

Les cycles biologiques déterminent les concentrations des éléments en traces


dans l atmosphère terrestre naturelle
Leur présence dans l’atmosphère est conditionnée par les processus d’émission
(sources) et d’élimination (puits) du réservoir atmosphérique

 Cycles biogéochimiques: deux notions importantes:

- Stock (quantités présentes dans les milieux)


- Flux (quantités échangées entre les milieux)
Cycle du l’eau
vapeur d’eau associée à la photolyse de O3
principale source de radicaux OH dans l atmosphère
Important en chimie atmosphérique
précipitations vecteur d’élimination des substances
chimiques de l’atmosphère

97%
Principal réservoir
Cycle du carbone (échelle temps 1 – 1000 ans)

 Cycle du carbone  échanges de CO2 (et d'autres composés comme CH4, CO,
COV) entre biosphère océanique et continentale et atmosphère.
 Cycle très perturbé par l'homme  distinction entre cycle préindustriel et
cycle actuel
Avant ère industrielle, flux à
l’équilibre
 réservoirs constants dans le
temps
Exemples:

• Biosphère terrestre en
équilibre avec flux vers le sol (50
Gt.an-1) et l'atmosphère (50 Gt.an-1), et
flux retour atmosphère (100 Gt.an-1)
• Biosphère marine en équilibre
avec océan superficiel et profond (10
Gt.an-1)
Cycle carbone actuel (flux et stock modifiés)

Conséquences:
• Augmentation CO2 atmosphérique  Réchauffement planétaire
• Augmentation CO2 océanique  Acidification
Cycle carbone actuel
Les perturbations du cycle naturel du carbone sont liées aux émissions de CO 2:
- Par les combustibles fossiles (+6,4 Gt.an-1)
- Par la déforestation (~ +2 Gt.an-1).
Si tout le carbone émis par sources additionnelles s’accumulait dans l’atmosphère,
l'augmentation du CO2 atmosphérique atteindrait +0,7 % par an, or elle n'est
égale "qu'à" +0,4 % par an (+1,4 ppm), soit 3.4Gt(c).an-1 (chiffre 1997)

 seule une fraction du carbone émis s’accumule dans


l’atmosphère
Émissions de Carbone
A partir des modèles de circulation océanique et de dissolution du CO 2 dans l’eau de l’océan,
les océanographes pensent que 40 % de l’excès de CO2 est dissous chaque année dans
l’océan, induisant un puits de CO2 de l’atmosphère vers l’océan de l’ordre de 2 Gt(C).an-1

 bilan de la perturbation anthropique du cycle du carbone:

Combus. fossiles + déforestation = Augmen. Atmos. + puits océan + puits


inconnu
6,4 + 2 = 3.4 + 2 + 3 (Gt)
Puits inconnu

• 1° hypothèse: augmentation production primaire et stockage dans biosphère continentale


sous l’effet de concentrations accrues de CO2 dans l’air: fertilisation par le CO2 (non
démontrée).
• 2° hypothèse: couplage avec la perturbation du cycle de l’azote, lié à la fixation d’azote
atmosphérique sous forme d’engrais chimiques apportés au sol. Compte tenu du
rapport moyen C/N dans la matière organique, la quantité d’azote fixé dans les engrais (80 Mt)
pourrait induire une fixation supplémentaire de carbone de l’ordre de 1 Gt.
Cycle global de l’Azote
Contrôle de nombreux aspects de la biogéochimie globale (continent, océan)
Atmosphère: principal réservoir 3,8.1021 g de N sous forme de N2
Océan: 2,2.1019 g de N

Flux enTg.an-1(1012g.an-1) ou 10-6 tonnes.an-1 ; Réservoir en 1015g, soit en milliards de


tonnes (GT)
Cycle global du soufre
•Stock atmosphérique très faible: formes gazeuse et particulaires à coutes durée de vie
•Le soufre est stocké essentiellement dans l’océan, la pédosphère (sol) et le lithosphère

Flux enTg.an-1(1012g.an-1) ou 10-6 tonnes.an-1 ; Réservoir en 1012g, soit en million de


tonnes
La chimie de l'atmosphère: Émissions

Émissions de polluants primaires: CO, HC,


CH4, NO, N2O, SO2, particules:
Les sources d’émissions atmosphériques
Sources d’émissions atmosphériques

Sources naturelles Sources anthropiques

Érosion du sol Embrun marin Fumée Gaz d’échappement,


industrielle Usure mécanique

Combustion de Éruption Agriculture,


Combustion
la biomasse volcanique Épandage 47
1- Sources naturelles

Vents Feux des forêts

Volcans
Etres vivants

48
Aérosol désertique

Transport grande échelle de l’aérosol


désertique – zones de dépôts éloignées
des zones sources

Impact sur l’environnement des


zones de dépôts, impact
climatique lors du transport
Impact sanitaire
Etude impact
sanitaire sur les
populations locales,
les économies et
agricultures locales
Éruptions volcaniques =
sources importantes
d’aérosols
2- Sources Anthropiques
fumées industrielles + gaz d’échappement +...

1 motocycle est plus polluant que


100 nouvelles voitures !!!
52
Cotonou (Bénin), May 2005 H. Cachier
Différentes sources
d’émission d’aérosols et de
gaz associées à une
consommation de fuels
fossiles
Carte d’occurrence des feux de
biomasse sur le continent Africain
La chimie de l'atmosphère: Transformations

 Transformations en phase homogène (gaz) ou hétérogène (processus


multiphasiques gaz/solide, gaz/liquide) avec production de polluants secondaires
(ozone, acides, particules).
Les transformations atmosphérique sont essentiellement des réactions
d'oxydation
 l'atmosphère est un milieu oxydant

 Oxydation progressive des espèces chimiques et éléments :


H  H2O C  CO2 N  HNO3 S  H2SO4
2 CO + O2  2 CO2
 Du point de vue du bilan, l’oxydant est O2 : CH4 + 2 O2  CO2 + 2 H2O
SO2 + ½ O2 + H2O  H2SO4
 Du point de vue des mécanismes, de nombreuses étapes élémentaires et
d’espèces intermédiaires.
En phase gazeuse, les principaux acteurs sont :
- les espèces radicalaires : radical hydroxyle OH et radicaux péroxyles HO 2,
RO2
- l’ozone: O
La chimie de l'atmosphère: Transformations

Pollution photochimique

Un ensemble de phénomènes complexes qui conduisent à la formation d'ozone et


d'autres composés oxydants (peroxyde d'hydrogène, aldéhydes, …) à partir de
polluants primaires: oxydes d'azote et composés organiques volatils (COV) et
d'énergie apportée par le UV solaire.

Ces phénomènes ont lieu dans les couches d'air proche du sol et dans la troposphère
libre.

57
La chimie de l'atmosphère: Dépôts

 Dépôts sec (O3, NO2, gaz) ou humide


(composés hydrosolubles, acides) des
composés en trace.
30 km

Stratosphère
Impact global
12 km
Troposphère
NO O3, CO, CH4, N2O
VOC

photochimie et mélange
Dépôt, pluie acides 1 km
SO2 N2O
CFC
CO NH3
Couche limite
NOx NO
SO2 VOC VOC CH4
N2O Particules
DMS
CH4
Particules
Impacts locaux et régionaux
Sols, Océans, Végétation Zones urbaines
Industries Combustions Agriculture
Volcans naturelle Transports de biomasse
II. Aerosols
II. Emissions
Emissions-Dépôts
-Les mécanismes d’émission et de dépôt sont déterminés
par la physique des échanges de matière entre la surface
et l’atmosphère
-Ces processus sont de natures très diverses:
• Physique (H2O)
• Biologique et chimique (C, N, S)
Les cycles biologiques des éléments sont perturbés par les
activités humaines
-Plus importants: eau, carbone, azote (Soufre)
-Le phosphore pas de phase gazeuse dans l atmosphère 
intérêt moindre
Emissions-Dépôts

• Les polluants primaires constituent la matière


première de la pollution dans la couche limite
• Leurs concentrations dépendent en grande
partie de la distribution spatio-temporelle et de
leurs émissions
• Il est donc nécessaire de caractériser et de
modéliser les sources, les puits et les processus
qui peuvent modifier la composition chimique
de atmosphère.
Méthodes de quantification
des émissions dans l’air

Pour la détermination des émissions dans l’air,


quatre méthodes sont utilisables, chacune
possède des avantages, des inconvénients et
des limites d’utilisation.
1.la mesure,
2.le bilan,
3.la corrélation,
4.le facteur d’émission.

64
Méthodes de quantification
des émissions dans l’air
Loi de conservation
Pour modéliser la résidence en atmosphère des aérosols et des gaz il est nécessaire de
représenter :
●sources,
●processus d'évolution,
●puits
des aérosols, des gaz et leur précurseurs

Loi générale de conservation (ou équation de continuité) pour les espèces chimiques
(aérosols et gaz) dans l'atmosphère :
c=concentration [nombre (ou kg) cm-3]
F=flux transporté [nombre (ou kg) cm]
S=source [nombre (ou kg) cm-3 s-1]
P=puits [nombre (ou kg) cm-3 s-1]
Dans un petit volume, la variation de la concentration des espèces ∂c dans un
temps infinitésimal ∂t, est due à trois phénomènes :
● transport −∇⋅F⃗
● sources +S
● puits -P
Méthodes de quantification
des émissions dans l’air

Loi de conservation
Le terme de transport peut être divisé dans les composantes de advection et de
diffusion

La composante d’advection dépend du vent v


Parfois la diffusion peut être ignorée.
Si pour un gaz une seule équation de continuité est suffisante
(conservation de la concentration du gaz), pour une couche
d'aérosol plusieurs équations sont nécessaires (une pour chaque
variable)
Il est nécessaire modéliser les termes source, puits et transport
pour résoudre l'équation de continuité dans les différentes
configurations d'aérosols et de gaz.
Modélisation des sources

Le terme source est un terme souvent très mal


connu.
Les outils de la modélisation des sources (pour chaque
type d’aérosol et de gaz) :
● Inventaires des émissions
● Paramétrisation physique
Les inventaires des émissions permettent une évaluation a
priori des flux d’émission des différents aérosols, gaz et
précurseurs .
Modélisation des sources
Combustibles fossiles et autres sources anthropiques

On estime les quantités émises E à partir des inventaires par secteur d'activité
i (ou type de combustible) et facteur d'émission FE.

Une simple modélisation des flux par combustibles (prod. anthropique) :

On désire avoir des statistiques de Ai, FEi et αi en fonction du temps, espace


et type d'activité, avec un bon détail : ce qui n'est pas toujours disponible.
Modélisation des sources
Feux de végétation ou combustion de biomasse

• Les émissions liées à la combustion de la biomasse


affectent surtout les pays en voie de développement
de la ceinture tropicale.
• La combustion de la matière organique [CH2O] est un
processus d’oxydation qui produit essentiellement de
la vapeur d’eau et du dioxyde de carbone dans les
conditions idéales de combustion complète
• [CH2O]+ O2  CO2 + H2O
• Combustion incomplète  formation de composés
réduits CH4, CO
Modélisation des sources
Feux de végétation ou combustion de biomasse

On estime les quantités émises E à partir surfaces brûlées A et facteur d'émission


FE pour chaque espèce i. Une simple modélisation des flux par combustibles
(prod. anthropique) :
E=flux d'émission [kg m-2 s-1]
E=∑i AiBiCiFEi Ai=fraction de surface brûlée par unité de
temps [m2 m-2 s-1]
Bi=quantité de biomasse susceptible de brûler [kg m-2]
Ci=fraction de matière qui brûle [kg kg-1]
FEi=facteur d'émission pour l'activité i [kg kg-1]

Normalement AI est obtenue par surveillance satellitaires, Bi et Ci sont obtenus par


mesures in situ (campagne de terrain) ou par mesure de laboratoire.
Modélisation des sources
Feux de végétation ou combustion de biomasse
Pour la plus part des constituants mineurs atmosphériques , les
émissions de feux de biomasse dépendent de deux paramètres:
•La quantité de matière végétale brûlée
•Le facteur démission EF

Ce facteur d’émission est généralement calculé en référence au CO2


(ou à la somme de CO + CO2), à partir du taux d’émission expérimental
ER(X) pour un composé donné X relativement au CO2
ER(X) = ΔX/ ΔCO2 =( [X]p-[X]a)/([CO2]p-[CO2]a)
a (panache de feu)
p (air ambiant)
Modélisation des sources
Feux de végétation ou combustion de biomasse

• Les concentrations des espèces sont obtenues par des


mesures directes (terrains, aéroportées, chambre de
combustion)
• Méthode plus utilisée pour EF:
méthode du bilan de carbone, qui suppose la mesure
simultanée de l ensemble des composés carbonés(CO 2, CO,
CH4, COV, carbone particulaire-CP)
On calcule EF(CO2) qui caractérise l’efficacité de la combustion
(combustion parfaite transforme tout le carbone CO 2).
EF(CO2) = (Cémis/Cbrulé)/(1+ [ΔCO/ΔCO2 + ΔCH4/ΔCO2 + ΔCOV/ΔCO2 + ΔCP/ΔCO2])
Modélisation des sources
Feux de végétation ou combustion de biomasse

Cémis quantité de C émise dans l’atmosphère (gaz et particule)


Cbrulé quantité de C effectivement brulée incluant les résidus solides de
combustion (charbon de bois, goudrons, cendres…)
EF(X) = (ΔX/ΔCO2)*EF(CO2) EF d’un composé X (en g.kg-1 de carbone ou
de matière sèche brûlée
EF dépend largement:
• Type de matériau brulé
• Conditions de brulage
-combustion avec flammesfavorise émissions de composés complètement
oxydés (CO2)
-combustion sans flammesfavorise émissions de composés incomplètement
oxydés (CO), voir réduits (CH4, NH3)

Remarque: combustibles fossiles EF des composés azotés sont


directement liés à la teneur en azote du combustible
Modélisation des sources
Les mesures de facteurs d’émissions à Abidjan (EF)
• EF trafic ( Véhicules légers, Gbakas,2 Roues à quatre temps)
pour les particules carbonées (BC et OC)
• Diesel
• Essence
• Essence + Huile

74
Modélisation des sources
Les mesures de facteurs d’émissions à Abidjan (EF)
• EF FEUX DOMESTIQUES POUR LES PARTICULES
CARBONÉES BC ET OC
• CHARBON DE BOIS
• BOIS DE CHAUFFE SÉLECTIONNÉ (HÉVÉA)
• BOIS DE CHAUFFE MÉLANGÉ
• EF FEUX DE DÉCHARGE POUR BC ET OC

75
Modélisation des sources

 Mesure de EF en chambre de combustion pour BC, OC et COV

• Bois
Hévéa
• Charbo
n de
bois (CI)

76
Modélisation des sources: Feux de végétation ou combustion de biomasse

Facteurs d’émission des principaux constituants mineurs atmosphériques gazeux et


particulaires en g.kg-1 (M.O Andreae, Global Biogeochemical Cycles; 2001)
Espèces Facteurs d’émissions en fonction du type de combustion (eng.kg-1 de matière sèche)
Savanes Forêt Forêt extra- Bois- Charbon de Résidus
tropicale tropicale énergie bois agricoles
CO2 1613±95 1580±90 1569±131 1550±95 2611±241 1515±177
CO 65±20 104±20 107±37 78±31 200±38 92±84
CH4 2,3±1,0 8,1±3,0 5,7±4,6 7,3±4,7 6,2±3,3 2,7
HCNM 3,4±1,0 8,1±3,0 5,7±4,6 7,3±4,7 2,7±1,9 7,0
totaux
NOX(NO) 3,9±2,4 1,6±0,7 3,0±1,4 1,1±0,6 3,9 2,5±1,0
N2O 0,21±0,1 0,2 0,26±0,07 0,06 0,20 0,07
NH3 0,6-1,5 1,30 1,4±0,8 1,30 1,30 1,30
SO 2 0,35±0,16 0,57±0,23 1,0 0,27±0,30 0,40 0,40
CH3CL 0,075 0,02±0,18 0,050 0,04-0,07 0,012 0,24
PM2,5 5,4±1,5 9,1±1,5 13,0±7,0 7,2±2,3 9 3,9
Aérosol 8,3±3,2 6,5-10,5 1,6±6,4 9,4±6,0 12 13
total
Distribution des sources de combustion de biomasse dans les zones
tropicales
Diversité des types de combustion de biomasse dominés par les feux non confinés que
sont les feux de savane, de forêt et les brulis de résidus agricoles. Les feux confinés,
dans des systèmes de combustion, avec ou sans transformation préalable de la
biomasse-énergie, présentent une très grande diversité.
Distribution des sources de combustion de biomasse dans les zones
tropicales
 Les différentes activités de combustion de biomasse sont presque
toutes d’origines anthropiques
 80% des combustions de biomasse ont lieu dans les régions
tropicales:
 Besoin pour les pays en voie de développement:
-sources d’énergie (accessibles à des populations croissantes)
-agriculture (itinérante) et élevage
 Pratique s plus traditionnelles qu’économiques
 Régions de savanes brulées ~ 7,5 millions de km2/an
 En Afrique + de 70% des zones de savane sont soumises au feu
chaque année
 Afrique: continent qui contribue le plus à la pollution de l’atmosphère
par les combustions de biomasse
 En Afrique de l’Ouest 70% des régions forestières existantes au début
du XIXe siècle ont déjà été détruite
Modélisation des sources
Sels marins
Océan → particules liquide (eau de mer) → enrichissement en
sels à travers évaporation partielle Deux processus physiques
dominent :
• friction du vent (formation de vagues+incorporation de bulles d'air
dans l'océan);
• éclatement des bulles Une fois les bulles sont formés, la suspension
des aérosols dans l'atmosphère se produit via deux mécanismes :
● film drops – rupture de la membrane superficielle des gouttelettes
d'air à la surface des océans – gouttelettes plus nombreuses
(centaines) et plus petites (<micromètres)
● jet drops – conversion de l'énergie libre superficielle des
gouttelettes d'air en énergie cinétique en forme de jet d'eau –
gouttelettes moins nombreuses (dizaines) et plus grandes
(>micromètres)
Modélisation des sources
Sels marins

Un troisième mécanisme est l'écrêtage direct des vagues par le vent (c)
Modélisation des sources
Poussière désertique

Paramètres principaux pour la modélisation des aérosols désertiques : vitesse du vent


de surface, humidité du sol, quantité de végétation
Trois phénomènes à modéliser (en
fonction de la taille) :
● grosses particules : ''creeping'' ;
● particules moyennes : ''saltation'' ;
● petites particules : suspension.
Les phénomènes de suspension et de
saltation génèrent des particules plus petites qui peuvent être
mises en suspension
Le mouvement d'une particule est contrôlé par les forces de :
● friction du vent ;
● gravité ;
● friction mutuelle et cohésion avec particules voisines.
Il existe une vitesse seuil Ut (fonction de la taille) au-delà de laquelle les particules se
mettent en mouvement (flux horizontal)
Production mécanique d’aérosols

Principaux processus mis en jeu dans la production éolienne d’aérosols

Déferlement des vagues

Flux
vent vertical
Eclatement des bulles Suspension
aérosols
Gouttes de
film et gouttes Saltation Sandblasting
de jet
Seuil de mouvement

Aérosols Marins Aérosols terrigènes


2-4 µm 4-8 µm
Modélisation des sources
Poussière désertique

On défini un flux horizontal et un flux vertical.


Une modélisation du flux horizontal : G=flux horizontal
ρa=densité de la matière minérale
g=constante gravitationnelle
U=vitesse de la friction
Ut=vitesse de la friction seuil
c=constant
G est fonction de la taille des particules (à travers Ut).
Le flux vertical E (flux d'émission) est proportionnel au flux horizontal
intégré sur tout le spectre de taille présent au sol :

La constante de proportionnalité entre E et ∫G est fonction de la


composition minéralogique du sol
Modélisation des sources
Un exemple de précurseur naturel des aérosols soufrés : DMS

DMS = sulfure de diméthyl : CH3SCH3


DMSP = diméthylsulfoniopropionate : (CH3)2S+CH2CH2COO−

Produit d'oxydation d'un métabolite (DMSP) du phytoplancton marin


Le DMS dans l'atmosphère conduit à la formation d'aérosols liquide de H 2SO4 :
aérosol très diffusant, couche stratosphérique, CCN
Le DMS produit dans l'océan peut être émis dans l'atmosphère et son flux est estimé :
E=flux d'émission [mol m-2s-1
E=K(T)(coc−kPatm)≈K(T)coc K(T)=vitesse de transfert du DMS à travers l'interface air-
mer [ms-1) coc=concentration du DMS à la surface de l'océan [mol m-3]
Faible solubilité du DMS k=constant de Henri [mol m-3 Pa-1]
Patm=pression de vapeur du DMS dans l'atmosphère [Pa]

Coc est estimée à partir d'un modèle de biologie marine, K(T) (fonction de la
température) est estimée à partir d'une paramétrisation des échanges air-mer
Modélisation des sources
Un exemple de précurseur naturel des aérosols organiques : COV

COV = composés organiques volatils, e.g., isoprène : CH2C(CH3)CHCH2

Émis par la végétation, probablement comme protection

Les COV dans l'atmosphère conduisent à la formation d'aérosols organiques


(oxydation avec OH- ou autres radicaux)

Le flux des COV émis par la végétation peut être estimé (relation générale):
E=flux d'émission [mol m -2 s -1 ]
k=coefficient de diffusion
pfeuille=pression de vapeur du COV dans les
E=k(pfeuille−pair)/R feuilles
pair=pression de vapeur du COV dans l'air
R=résistance au transfert
Ces paramètres sont difficiles à estimer : on y préfère des paramétrisations
semi-empiriques en fonction de paramètres macroscopiques
Modélisation des sources
Un exemple de précurseur naturel des aérosols organiques : COV

E=flux d'émission total


Ei=flux d'émission pour la plante i
T=température
RPA=rayonnement photosynthétique actif
CO2=concentration en dioxyde de carbone
fi=fraction de surface couverte par le type
de plante i

L'émission des COV est fonction (compliqué) de :


● température ;
● activité photosynthétique ;
● concentration de CO2 dans l'atmosphère. L'augmentation de la
concentration de CO2 dans l'atmosphère (activité humaine) interagit
avec l'émission des COV : plus CO2 → moins COV émis
Modélisation des sources
Résumé

Variables utilisées pour modéliser les sources (paramètres)


Aérosols primaires et gaz
 Combustibles fossiles :
● facteurs d'émission Pour chaque secteur
● consommation de combustible d'activité
● technologie de réduction d'émissions
 Feux de végétations :
● facteur d'émission Pour chaque espèce
● quantité de biomasse brûlée susceptible de brûler
 Sels marins
● vitesse du vent à la surface de la mer
● état de la mer
 Poussières désertiques
● vitesse du vent à la surface et quantité de végétation
● humidité du sol
● composition minéralogique du sol
Modélisation des sources
Résumé

Variables utilisées pour modéliser les sources (paramètres)

Gaz précurseurs des aérosols secondaires

 DMS
● concentration du DMS à la surface de la mer → biologie
marine
● échanges mer-atmosphère → température
 COVs
● température
● activité photo-synthétique, concentration en CO2 de l'atmosphère
Modélisation des sources

Sources épisodiques
Certain sources difficiles à modéliser à cause des émissions épisodiques :
● Cendrevolcanique
● Aérosols soufrés volcaniques
Processus atmosphériques

Une fois émis, les aérosols les gaz et les précurseurs subissent des
processus qui peuvent constituer à la fois source ou puits.

Le transport est aussi considéré un processus atmosphérique


Processus atmosphériques
Nucléation
Nucléation : transformation de matière d'une phase à une autre à travers de noyaux
Processus à la base des transformations du type gaz précurseur → aérosol secondaire
Les molécules des gaz précurseurs peuvent former des agrégats de molécules →
embryon ou noyau d'aérosol

La nucléation est une source d'aérosols secondaires

La nucléation requiert conditions de sursaturation


Sursaturation :
pression de vapeur du gaz > pression de vapeur saturante

Le processus antagoniste de la nucléation gaz → particule est l'évaporation :


des molécules nucléent sur le noyau et d’ autres s'évaporent
Processus atmosphériques
Nucléation
Il existe un rayon critique au-delà duquel la particule d'aérosol secondaire est
stable ; pour r < rayon critique, l'évaporation est prépondérante et la particule
ne se forme pas

La modélisation du processus de nucléation est en plein développement :


études théoriques + validation avec mesures de laboratoire
Exemple : nucléation des aérosols soufrés à partir de l'acide sulfurique gazeux
[Vehkamäki et al., JGR, 2002]

Le taux de nucléation J est fonction de :


● concentration du H2SO4 gazeux ;
● température T
● humidité relative HR
J=f (H2SO4, HR, T)

HR augment la dimension des noyaux et a un effet sur le rayon critique


Processus atmosphériques
Condensation

Condensation : changement de phase sur des aérosols pré-existantes (nucléation


hétérogène)

Processus à la base des transformations du type : augmentation de taille des particules

Les molécules des gaz précurseurs (semi-volatils) peuvent condenser sur des particules
pré-existantes → noyau de condensation

La condensation n'est pas une source proprement dite pour les aérosols secondaires,
mais un processus qui change la distribution en taille

Le taux de condensation J est fonction de :


•concentration de l'espèce gazeuse c ; J=f (c , psat ,r , T)
•pression saturante de l'espèce gazeuse psat ;
Condensation favorisée par des r grands :
•rayon de courbure de la particule r ; plus simple sur des aérosols grossiers que fins
•température T.
Processus atmosphériques
Coagulation

Coagulation : processus d’agglomération de particules entre elles

Processus à la base des transformations du type : augmentation de taille des


particules

Les particules se mélangent par agitation thermique (mouvement brownien) et


peuvent s'unir entre eux après collision (forces de Van der Waals)

La coagulation est un processus qui change la distribution en taille

La coagulation est particulièrement important quand les concentrations sont


élevés (régions pollués)

Le taux de coagulation (évolution de la concentration numérique en fonction


de la taille de la particule) est défini par l'équation de coagulation de
Smoluchowski (physique statistique)
Processus atmosphériques
Production d'aérosols dans les nuages

Espèces gazeuses solubles se dissolvent dans les nuages, se transforment, et


sont émises en forme d'aérosols après ré-évaporation de l'eau

Processus à la base des transformations du type : gaz précurseur → aérosol


secondaire
La production dans les nuages est une source d'aérosols secondaires

Il est nécessaire de modéliser 3 sous-phénomènes :


● transfert de gaz en solution aqueuse ;
● réactions chimiques en phase aqueuse ;
● re-évaporation et émission des aérosols secondaires.

Exemple : production des aérosols soufrés dans les nuages à partir du dioxyde de
soufre gazeux
SO2 gazeux (soluble) → nuages → oxydation → H2SO4 liquide (peu concentré) →
évaporation → H2SO4 liquide (concentré)
Sources par émission et processus atmosphériques
Résumé

Sources des particules

● Émission naturel et anthropique → aérosols primaires, et précurseurs des secondaires


● Nucléation → aérosols secondaires
● Condensation → si représentation sectionnelle ou modale, source pour classes ou modes de
particules plus grandes
● Coagulation → si représentation sectionnelle ou modale, source pour classes ou modes de
particules plus grandes
● Production d'aérosols dans les nuages → aérosols secondaires

Puits

● Condensation → si représentation sectionnelle ou modale, puits pour classes ou modes


de particules plus petites
● Coagulation → si représentation sectionnelle ou modale, puits pour classes ou modes
de particules plus petites
● Dépôt humide
● Dépôt sec
● Sédimentation

Transport
III. Dépôt

Vous aimerez peut-être aussi