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METHODOLOGIE

METHODOLOGIEDE DERECHERCHE
RECHERCHEETETDE DE
MEMOIRE
MEMOIRED’ETUDES D’ETUDES
Sommaire   
CHAPITRE I : L’ELABORATION DU PROJET DE RECHERCHE OU DE MEMOIRE 4
CHAPITRE I : L’ELABORATION DU PROJET DE RECHERCHE OU DE MEMOIRE 4
I. La posture du chercheur 4
II. Le choix du sujet 4
III. L’investigation préliminaire5
IV. La rédaction du projet de mémoire 6
CHAPITRE II : L’ENQUETE 11
I. PREPARATION DE L’enquête 11
1.1. La détermination de l’objectif de l’enquête 11
1.2. La recherche documentaire 11
1.3. La détermination des sites et des cibles de l’enquête 12
1.4. L’échantillonnage 12
1.5. Le choix des outils 15
1.6. La conception des outils 17
1.7. Budgétisation de la logistique 20
1.8. Elaboration du protocole d’enquête 20
II. L’ENQUETE PROPREMENT DITE 20
III. le dépouillement ET L’ANALYSE des DONNEES RECUEILLIES 22
CHAPITRE III : LA REDACTION DU MEMOIRE24
I. LES DIFFERENTES PARTIES 24
II. LE STYLE DE REDACTION 26
III. LA PRESENTATION ORALE 26
Bibliographie 28
OBJECTIFS DU MODULE
 
L’objectif de ce module est de familiariser les étudiants et professionnels avec la
démarche scientifique d’investigation et de rédaction.
 
De manière plus spécifique, il s’agit de :
 
renforcer leurs capacités pour l’élaboration d’un projet de recherche ou de mémoire ;
les outiller pour collecter et analyser les données liées au sujet d’étude ;
les initier aux techniques d’expression écrite et orale, notamment dans le cadre de leur
mémoire de fin de cycle.
 
DEMARCHE PEDAGOGIQUE
 
Durée : 20 heures
Pédagogie : approche andragogique (participation, interaction, exercices d’application
pratique)
Progression : pré test, administration module, exercices, évaluation notée
Supports : Module, exemples de rapport de recherche, exemples de mémoires d’études.
Outils : vidéo projecteur, tableau et feuilles padex, feuilles blanches, écritoires.
CHAPITRE I : L’ELABORATION DU PROJET DE RECHERCHE OU DE MEMOIRE
 
Le scientifique ne se lance jamais dans une recherche ou un mémoire d’étude sans avoir,
auparavant, tracé la méthode à suivre pour arriver aux résultats escomptés. Il faut un
projet de recherche ou d’étude. Pour réussir le projet, plusieurs paramètres sont à
prendre en compte.
 
La posture du chercheur
 
Le chercheur doit faire corps avec son projet d’étude. Le sujet choisi doit correspondre à
sa vocation, à ses compétences ou encore à une passion personnelle. Lorsqu’on se lance
dans un mémoire juste pour obtenir une note de passage ou simplement parce que
l’établissement d’enseignement l’exige, il est clair qu’on se contentera d’un « service
minimum » en brûlant certaines étapes.
 
Lorsqu’un encadreur se propose d’apprécier un projet d’étude, son premier reflexe,
après avoir pris connaissance du sujet, est d’identifier le porteur de projet, d’analyser
ses références et d’apprécier l’adéquation entre son profil et l’opération projetée.
II. Le choix du sujet
 
En tant que tel, le sujet du mémoire renferme un problème. Et, le mémoire sera
l’occasion, le moyen de traiter ce problème qui apparaît comme une question à
résoudre, une distorsion, une difficulté à laquelle l’on devra trouver une solution ou
proposer des approches, des voies de résolution. Un sujet de mémoire exprime donc un
problème auquel le mémoire tentera d’apporter des solutions.
 
Un sujet de mémoire peut être de plusieurs natures :
analytique (analyser un problème donné) ;
théorique (apporter un éclairage ou une contribution sur une question controversée) ;
évaluative (évaluer une politique, un programme, un projet) ;
créative (créer un modèle, poser une théorie, etc.).
 
Le sujet résulte d’un compromis entre les centres d’intérêts, les capacités de l’éducation
et les contraintes matérielles (temps et moyens financiers pour exécuter le mémoire).
Le mémoire de fin d'études est un travail personnel visant à approfondir et/ou à
concrétiser les enseignements reçus. En aucun cas travail ne peut consister en une
simple répétition des cours reçus. Il peut s’agir de contribuer à résoudre un problème,
d’évaluer une action ou de faire le point d'une question ; mais dans tous les cas, le
travail reste personnel et, de préférence, critique. Un mémoire de fin d'études, outre la
preuve qu’il apporte que l’étudiant est apte à une réflexion profonde et constructive,
est l'occasion de d’apporter une contribution personnelle sur un sujet précis et actuel. Il
s’agit, lorsque le sujet a une dimension pratique, d’apporter une expertise dans un
domaine qui intéresse les praticiens, mais sur lesquels ceux-ci ne peuvent généralement
pas se pencher, faute de temps et de méthode.
L’étudiant est libre de choisir son sujet, mais le sujet doit être lié à la formation suivie
par l'étudiant. Il convient d’éviter les sujets trop larges pour être traités avec efficacité et
précision. Il faut donc, dans la mesure du possible, délimiter le sujet dans le temps, dans
l’espace et dans un secteur d’activité. C’est dans ce cas qu’on peut apporter des
réponses concrètes et utiles au problème posé.
 
En matière de recherche, on distingue (parfois arbitrairement) deux types de sujet : un
sujet de recherche fondamentale et un sujet de recherche – action. Dans le premier cas,
on se contente de produire du savoir ; dans le deuxième cas, on cherche à savoir pour
agir.
Chacun, selon son tempérament, son centre d’intérêt, ses prédispositions
intellectuelles, est libre de choisir son sujet. On peut choisir un sujet parce qu’il est
insuffisamment élucidé et qu’on veut être un pionnier dans ce domaine. On peut choisir
un sujet parce qu’il est bien documenté ce qui nous évite d’avancer en terrain inconnu.
On peut aussi choisir un sujet parce qu’il est difficile et qu’on veut réaliser une prouesse.
On peut choisir de réfléchir sur un sujet d’actualité. Mais, un certain nombre de critères
permettent de bien faire son choix.
 
Pertinence : Quel est le problème ? En quoi le projet d’investigation contribuera-t-il à sa
résolution?
Originalité : Quelle est la spécificité du projet d’études ? En quoi innove-t-il?
Valeur ajoutée : Qu’est-ce que le projet d’étude apportera de plus à la science et/ou au
développement ? Quels bénéfices les cibles ou les populations pourront-ils en tirer ?
Faisabilité : ai-je les moyens de réaliser une étude sur un tel sujet ? Les sources
d’information seront-elles disponibles ?
 
De manière générale, avant de se lancer dans un processus d’investigation, il faut
répondre clairement à deux questions préalables : Pourquoi on cherche ? Qu’est qu’on
cherche ?
III. L’investigation préliminaire
 
On ne se lance pas dans une étude sans avoir une idée du sujet d’étude. Avant même d’élaborer le
projet d’études, il faut rassembler un minimum d’informations sur le sujet. Il s’agit alors de
consulter certains documents pertinents sur le sujet, de rencontrer quelques personnes de
référence et de faire une première visite, le cas échéant, sur les sites probables d’investigation.
 
Cette précaution permet de préparer la revue de la littérature qui est l’un des points les plus
importants du document de projet d’étude.
 
Une étude doit évoluer méthodiquement vers une meilleure connaissance de l’objet de la
recherche pour dissiper progressivement les errements et incertitudes. Elle débute par un projet de
recherche énoncé « sous la forme d’une question de départ par laquelle le chercheur tente
d’exprimer le plus exactement possible ce qu’il cherche à savoir, à élucider, à mieux
comprendre. » (Quivy, 2006). Il s’agit ensuite de saisir le contexte général de la question avant
d’aborder les questions plus fines (Figuier, 2009).
 
L’investigation préliminaire peut s’effectuer selon trois modalités généralement cumulatives :
Une première revue documentaire (dans des centres de documentation et en ligne) ;
Quelques entretiens avec des personnes censées avoir des informations sur la question ;
Une première visite sur le terrain surtout lorsque l’étude s’applique dans un espace précis
(entreprise, administration, localité, etc.).
Pour gagner du temps sur le reste du processus, il est bon, dès cette étape préliminaire, de dresser
une première bibliographie à présenter par ordre alphabétique et en respectant strictement les
règles en la matière.
 
La rédaction du projet de mémoire
 
Après avoir choisi un sujet pertinent et rassemblé les données de base à partir de l’étude
préliminaire, il faut rédiger le document de projet d’étude. C’est un document qui invite à la
méthode et à la cohérence en planifiant toutes les étapes du processus d’investigation.
 
Il n’y a pas un plan standard de rédaction de projet d’étude, mais un certain nombre d’éléments
incompressibles doivent figurer dans le document de projet.
 
La problématique de recherche
 
C’est dans cette partie qu’on justifie le projet en montrant la pertinence et l’utilité de l’étude
projetée. Il s’agit ici de bien décrire le problème à étudier et les questions sous-jacentes. Afin de
démontrer l’importance du problème, il faut décrire dans cette partie les liens entre la recherche et
les priorités des pays ou des communautés en cause dans le domaine du développement,
l’importance scientifique du problème, l’ampleur du problème et la manière dont les résultats de
l’investigation contribueront à le résoudre.
Il appartient donc à l’étudiant de susciter les bonnes questions. L’esprit d’initiative au
service de la maîtrise de la réalité est une condition de réussite du mémoire car, « le réel
n’a jamais l’initiative puisqu’il ne peut répondre que si on l’interroge. » (Bourdieu, 2003).
Il appartient donc au chercheur de bâtir les stratégies idoines pour étancher sa soif
d’informations : « L’intérêt des réponses dépend largement de l’intérêt des questions »
(Aaron, 1987).
 
La problématique doit déboucher sur une question centrale qui est la question
principale de recherche et le fil conducteur du processus d’investigation.
 
 
La revue de la littérature
 
C’est une partie déterminante. C’est la présentation et l’analyse de l’existant en matière
de recherche sur le sujet. Le sujet choisi n’est certainement pas vierge de toute étude.
La logique voudrait qu’on capitalise ce qui a déjà été fait en termes de production
scientifique avant de se lancer. Il faut ainsi présenter un aperçu des recherches
existantes sur le problème et indiquer les lacunes que la recherche envisagée
contribuera à combler.
La revue de la littérature n’est pas une fin en soi. Elle sert à établir l’état des connaissances comme
point de départ de recherches nouvelles qui vont compléter, préciser, rectifier les thèses jusque-là
développées. La revue de la littérature doit donc inclure une conclusion critique qui apprécie les
connaissances disponibles et les lacunes à combler. C’est d’ailleurs sur ces lacunes qu’il faut bâtir
les objectifs de recherche.
 Les objectifs de la recherche
 
A partir du moment où les vides scientifiques ont bien été identifiés, on peut fixer des objectifs de
recherche dont l’essence est de combler les déficits d’information. Les objectifs de l’étude doivent
être le plus précis possible pour faciliter l’évaluation. Ils doivent être réalistes.
 
L’objectif général doit montrer le but recherché à travers le projet (lumière à apporter, contribution
au développement, aide à la prise de décision, etc.). Les objectifs spécifiques sont plus étroitement
liés au sujet de recherche et doivent viser, globalement, les connaissances à produire pour
atteindre l’objectif général. Il faut particulièrement insister sur la cohérence des objectifs
spécifiques et sur le lien logique entre eux et l’objectif général.
 
Les questions de recherche
 
Les questions de recherche sont des questions scientifiques qui guident le processus d’investigation
et dont les réponses permettent d’atteindre les objectifs de l’étude. Ils ne doivent pas être trop
nombreux (risque de dispersion de la réflexion) et doivent rester arrimés aux objectifs et au thème
de l’étude. Les questions de recherche orientent la méthodologie dans la mesure où le chercheur
doit définir des méthodes, des outils, des cibles propres à chaque question.
Le chercheur doit poser les bonnes questions pour produire le maximum de
connaissances sur la réalité étudiée. Dans certains cas, cet esprit d’initiative au service
de la maîtrise de la réalité est une condition de réussite de son projet car, « le réel n’a
jamais l’initiative puisqu’il ne peut répondre que si on l’interroge » (Bourdieu, 2003). Il
appartient donc au chercheur de bâtir les stratégies idoines pour étancher sa soif
d’informations : « L’intérêt des réponses dépend largement de l’intérêt des questions »
(Aaron, 1987).
 
Les postulats
 
Un postulat est une hypothèse de travail, une proposition que l’on admet sans l’avoir
démontré, qui sert à orienter les travaux et qui peut être confirmé ou informé par les
résultats de la recherche. On peut donc utiliser un postulat avec l'assentiment de
l'auditeur, qui le prend comme un principe non démontré mais sans doute légitime, car
semblant intuitivement non contestable. La plupart des postulats sont établis à partir du
bon sens, de l'expérience et, plus particulièrement des données fournies par l’étude
préalable. Ainsi, le chercheur doit, à partir des premières données tirées de l’étude
préalable, bâtir des hypothèses vraisemblables et s’en servir pour avancer sur le terrain
de la recherche.
La démarche d’investigation
 
Il s’agit ici d’indiquer comment on atteindra chaque objectif spécifique avec le maximum
de précision et de détails. Il faut montrer avec le maximum de rigueur comment on va
répondre aux questions de recherche. Le chercheur doit donc pour chaque question de
recherche, bâtir une stratégie d’investigation déclinée notamment en activités, outils,
acteurs, cibles et moyens.
 
Dans cette partie consacrée à la méthodologie, plusieurs points doivent être clarifiés :
 
Le cadre conceptuel et théorique : c’est le cadre de référence qui guidera la recherche ;
il faut définir les mots clés du sujet et dire comment on perçoit l’étude envisagée
compte tenu des premiers éléments glanés dans la littérature.
 
La méthode choisie : on distingue généralement deux méthodes : la méthode
quantitative et la méthode qualitative. La première consiste à rechercher des
informations chiffrées et quantifiables sur la base d’outils tirés de la statistique; la
seconde consiste à recueillir des opinions et perceptions sur la base d’outils favorisant la
discussion et la prise de position.
 
On estime que les méthodes qualitatives sont plus proches de la recherche –
action ou de la recherche participative qui fait participer les populations au
diagnostic de leur propre situation. Au cours des trois dernières décennies
notamment, de nouvelles évolutions remettent en cause l'hypothèse selon
laquelle la science et son pilotage doivent se décider dans un cercle réservé
aux chercheurs et décideurs politiques. De là est parti un renforcement
considérable de la capacité des acteurs de la société civile, non seulement à
contester mais aussi à produire les savoirs et les innovations contribuant au
bien-être de nos sociétés (Storup, 2013). L’option de recherche – action fait de
l’acteur un chercheur et fait du chercheur un acteur qui oriente la recherche
vers l’action et qui ramène l’action vers des considérations de recherche
(Hernandez, 2003). Il s’agit, à la fois de produire des connaissances nouvelles et
de résoudre un problème (Faure, 2010), de susciter le changement. Le débat
récurrent sur le choix à opérer entre méthodes qualitatives et les méthodes
quantitatives (Blanchet, 1992 ; Lehoux, 2009) ne sera sans doute jamais évacué
compte tenu de leurs forces et faiblesses respectives. C’est pourquoi, de plus
en plus auteurs, loin d’opposer ces deux méthodes, insistent sur leur
complémentarité (Marpsat, 1999). La démonstration même subjective a aussi
besoin de preuves de nature quantitative (Yin 1989).
Types d’informations recherchées : il s’agit de préciser la nature et la consistance des
données à rechercher pour répondre aux questions de recherche. S’agit-il de données
cartographiques ? De données statistiques ? De données liées à l’opinion publique ?
D’informations confidentielles ?
 
Sources d’informations : le projet d’étude doit identifier et situer les personnes et
institutions qui détiennent les informations recherchées et la manière dont il faut entrer
en contact avec elles.
 
La collecte de données : il s’agit de décliner les outils qui vont permettre de capturer
l’information utile à l’atteinte des objectifs. Il faut montrer comment on va élaborer ces
outils (questionnaire, guide d’entretien, récit de vi etc.) et comment on va les utiliser.
 
Analyse des données. Il faut ici décrire les méthodes qu’on va utiliser pour analyser les
informations recueillies et formuler, le cas échéant, des recommandations. L’analyse
utilise des outils comme l’arbre à problème, le tableau SWOT, les grilles de comparaison
(comparaison diachronique, comparaison synchronique), les critères d’analyse
(pertinence, cohérence, efficacité, efficience, additionnalité, pérennité, etc.), etc.
 
On devrait donc avoir un tableau de synthèse montrant les objectifs poursuivis et les
stratégies pour les atteindre :
Calendrier : les principales activités doivent être planifiées dans le temps et dans
l’espace.
 
Organisation, budget et logistique : le chercheur doit décliner les moyens financiers et
matériels nécessaires à son projet de recherche.
 
 
L’utilisation des résultats de la recherche
 
Il s’agit de préciser la destination des résultats de la recherche : envoi aux autorités pour
aider à la prise de décision, publication, dépôt dans un centre de documentation,
utilisation pour élaborer un autre projet de recherche, etc. De la destination des
résultats dépendra, en partie, la manière dont le rapport de recherche sera rédigé.
 
CHAPITRE II : L’ENQUETE
L’enquête est un processus d’investigation rassemblant des expériences, des témoignages et des
données pour éclairer une question. C’est une démarche ordonnée visant à collecter des
informations auprès d’une population donnée pour décrire, expliquer ou comparer des
phénomènes ou des situations. Elle est destinée à rétablir la vérité des faits, la réalité d’une
situation et à éclairer la prise de décision. Elle s’oppose aux discours faits et aux décisions prises
sans une maîtrise du réel.
 
Mais comment mener une enquête pour aboutir à des résultats probants ? Cette question est
essentielle car la qualité de ce qu’on a trouvé dépend de la manière dont on a cherché. La
profondeur et la fiabilité de l’information sont étroitement liées à la méthode d’investigation. On
déterminera deux grands types d’enquête : l’enquête classique et le diagnostic participatif.
 
PREPARATION DE L’enquête
 
Elle comporte plusieurs étapes
 
La détermination de l’objectif de l’enquête
 
L’enquête doit répondre à un besoin. Son objectif doit être clair précis. En effet, avant de chercher,
il faut répondre de manière limpide aux questions suivantes :
 
Qu’est qu’on cherche ?
Pourquoi on cherche ?
Lorsqu’on se propose de rechercher des informations sur un sujet donné, on peut
choisir entre plusieurs directions de recherches, plusieurs sous-thèmes. La clarification
de l’objectif de l’enquête permet de rationaliser les activités d’investigation en les
canalisant vers une direction conforme à l’objectif de la recherche.

La recherche documentaire
 
Elle consiste à ressembler les informations déjà disponibles sur le sujet à traiter. Il peut
s’agir de thèses scientifiques, d’articles de journaux, d’ouvrages généraux ou spécialisés,
etc. La recherche documentaire peut même permettre de mieux fixer les objectifs de
l’étude. Les sources documentaires peuvent être des ouvrages, relevés statistiques,
thèses, articles scientifiques, articles de journaux, documents officiels (Journal officiel),
discours, etc.
 
Dans la revue de la littérature faite dans le cadre du projet de mémoire ou de recherche,
il s’agissait surtout d’établir l’état des connaissances afin de s’engouffrer dans les
brèches et les lacunes identifiées et tenter d’y apporter des éclairages. Dans la revue
documentaire faite en cours d’investigation, il s’agit plutôt de capitaliser les données
pour mieux comprendre et analyser le problème.
Les livres sont très utiles, mais pour les exploiter, il faut les trouver, mieux, trouver les
meilleurs d’entre eux. D’importantes quantités de livres sont produites chaque jour et
dans toutes les langues. Ces textes sont rarement produits dans un même lieu. La
recherche bibliographique consiste donc à identifier les documents pertinents sur le
sujet et à rassembler les informations permettant de bien le traiter.
 
Pour citer un ouvrage consulté dans la revue documentaire, utilisez la formule suivante :
Nom de l’auteur, prénom de l’auteur, année de publication, titre de l’ouvrage, maison
d’édition, ville d’édition, nombre de pages ou pages auxquelles on renvoie.
 
La détermination des sites et des cibles de l’enquête
 
Les sites à choisir sont ceux qui sont concernés par l’objet de l’enquête et ceux et/où
l’on pense pouvoir trouver les informations recherchées.
S’agissant des cibles, il s’agit de répondre aux questions suivantes :
 
Quelles sont les personnes physiques et morales concernées par l’objet de mon
investigation ?
Quelles sont les personnes les plus susceptibles de me livrer les informations dont j’ai
besoin ?
Généralement, on distingue les cibles principales des cibles secondaires. Les premières sont les
personnes et les institutions qui sont au cœur de mon sujet d’enquêtes ; les secondes sont les
personnes qui, sans être principalement concernées, peuvent apporter des informations additives.
Par exemple, dans une enquête sur la citoyenneté et la démocratie locales, les élus et les
populations peuvent constituer la cible principale. Les ONG et les agents de l’Etat peuvent être
considérés comme des cibles secondaires.
 
Mais lorsqu’on a identifié les principales sources d’information, il reste à savoir qui interroger parmi
eux et combien d’unités faut-il interroger dans le groupe des détenteurs d’information : c’est le
problème de l’échantillonnage.
 
L’échantillonnage
 
Il faut distinguer entre l’enquête qualitative et l’enquête quantitative.
 
 Enquête qualitative :
 
Puisqu’il ne s’agit pas, dans l’approche qualitative, de quantifier une tendance ou une opinion par
agrégation ou ségrégation de données plus ou massives, l’enquête qualitative n’a pas besoin d’un
nombre élevé d’unités d’enquête. Il n’est pas nécessaire que l’échantillon soit représentatif de
l’ensemble de la population. Il faut simplement que les unités à enquêter soient issues de la base
de sondage et présentent des profils plus ou moins différents pour susciter une diversité d’opinion
utile à l’analyse. Mais il est vrai que plus les personnes interrogées sont nombreuses, plus les idées
sont abondantes et diversifiées, plus l’enquête est crédible.
 
Enquête quantitative :
 
 
A défaut d’enquêter l’ensemble des personnes concernées, il faut déterminer un échantillon
représentatif. Pour l’enquête quantitative, le nombre de personnes à enquêter dépend surtout des
moyens de l’équipe. Le plus important est de travailler sur un échantillon représentatif et de tenir
compte des clivages pertinents par rapport au thème de l’enquête : sexe, âge, statut social et
économique, professionnel, etc.
 
L’échantillonnage est un moment critique de l’enquête. Il repose sur la thèse selon laquelle, pour
connaître la probabilité d’un événement ou la consistance d’une opinion, on peut choisir de
n’étudier qu’une partie de la cible, à condition de choisir selon des règles rigoureuses garantissant
sa fiabilité.
 
Deux séries de méthodes sont généralement usitées en matière d’échantillonnage quantitatif :
 
Les méthodes probabilistes :
 
Elle consiste à effectuer un tirage au hasard de l’échantillon parmi la population ciblée. On l’appelle
aussi méthode aléatoire. Le questionnaire est administré à un groupe sans vraiment tenir compte
de sa composition. L’appellation vient du fait que la constitution de l’échantillon se fait en donnant
une probabilité non nulle à chaque unité statistique d’appartenir à l’échantillon puisque chaque
unité est tirée au hasard. Pour mettre en œuvre cette approche, il faut disposer de la base de
sondage et tirer au hasard les unités qui feront partie de l’échantillon.

 
On distingue plusieurs méthodes probabilistes, parmi lesquels :
 
le sondage aléatoire simple : comme son nom l’indique, il s’agit de procéder à un tirage
au sort des unités de la base de sondage de manière à donner à chaque individu de la
population une probabilité égale non nulle, d’être interrogé. Le tirage systématique est
l’un des principaux modes de tirage au sort. Il consiste à choisir au hasard une unité et à
sélectionner tous les individus comprenant cette caractéristique. Par exemple, si on
choisit le chiffre 4, on retiendra sur la liste (base de sondage), les numéros 14, 24, 34,
jusqu’à concurrence du taux de sondage souhaité.
le sondage en grappe : il consiste à diviser la population à enquêter en groupes appelés
grappes. Par exemple, les individus à interroger sont regroupés en grappes appelés
ménages ; les salariés à enquêter sont regroupés en grappe appelés entreprises. On
choisit au hasard des groupes et on effectue un recensement (sondage exhaustif) dans
chaque groupe. Cette méthode est généralement choisie lorsqu’il n’existe pas une base
de sondage des individus (liste des salariés), mais plutôt une base de sondage des
groupes des individus ciblés (liste des entreprises). Elle permet aussi de limiter les
coûts : par exemple, si on veut interroger 100 salariés, on visera 25 entreprises (comme
points d’enquête) en interrogeant 4 personnes par entreprise, au lieu de cibler, par
exemple, cent entreprises dans le sondage aléatoire simple.
Le sondage stratifié : dans cette option, on répartit d'abord les individus en sous-
groupes homogènes (strates) selon des critères liés à l’étude (âge, sexe, situation
géographique) puis on tire au sort à l'intérieur de chacune de ces strates. Il s’agit donc
de tirer au sort les individus non plus directement dans l'ensemble de la population
(comme dans le sondage aléatoire simple), mais dans leur strate d'appartenance. Ceci
permet d'avoir dans l’échantillon des individus dans chacune des strates constituant la
population. L’addition des sous échantillons pris dans chaque strate va constituer
l’échantillon total. Lorsque le taux de sondage par strate est identique, on parle de
sondage stratifié proportionnel. C’est donc une atténuation du caractère aléatoire de la
méthode probabiliste.
le sondage aréolaire : consiste à découper l’aire géographique d’établissement de la
population mère en plusieurs unités (rues, quartiers), à tirer au sort des unités et à
réaliser une enquête exhaustive dans chacune des unités tirées. Cette méthode
ressemble au sondage en grappe, à la différence qu’ici la grappe est constituée
d’individus appartenant à une mère aire géographique délimitée.
 
L’échantillon ne doit ni être trop étroit (auquel cas, il serait peu représentatif et peu
susceptible de produire des résultats susceptibles d’être généralisés), ni trop vaste (ce
qui pourrait rendre l’enquête matériellement difficile, voire impossible. On estime qu’un
bon taux de sondage doit tourner autour de 10% de la base de sondage. Pour choisir un
taux de sondage, il faut connaître la base de sondage et décider de la marge d’erreur.
Les méthodes non probabilistes :
 Les méthodes non probabilistes ou empiriques sont celles qui ne permettent pas de calculer la
probabilité d'inclusion des individus de la base de sondage dans l’échantillon. Les individus ne sont
plus choisis au hasard mais sur la base de choix raisonnés.
 
On en distingue plusieurs, parmi lesquelles :
 
la méthode des quotas : il s’agit de reconstituer la base de sondage en miniature, c'est-à-dire de
composer un échantillon dans lequel les individus sont répartis selon les mêmes proportions que
dans le groupe à étudier. L’échantillon doit donc avoir les mêmes caractéristiques que la population
mère. Il faut donc identifier, au sein de la population mère des caractéristiques pertinentes
(variables de contrôle) en rapport avec l’objet de l’enquête, constituer un échantillon présentant
ces mêmes caractéristiques et prélever des unités de l’échantillon en connaissance de cause. Cette
méthode se base sur l'hypothèse que l'échantillon reproduit fidèlement les caractéristiques sur
lesquelles va porter l'enquête. Elle est la plus usitée des méthodes non probabilistes ;
la méthode des itinéraires : c'est un aménagement de la méthode des quotas : on ne laisse pas
l'enquêteur choisir librement les individus à interroger, on lui demande d’effectuer ses interviews
auprès d'individus localisés dans certain endroits définis par avance sur une carte. En imposant un
itinéraire à l’enquêteur, on d’interroger trop de répondants au même endroit, ce qui peut être
source de biais ;
l’échantillonnage de volontaires : c’est une méthode que consiste à interroger des unités qui se
portent volontaires et qui présentant certaines caractéristiques données par l’enquêteur par
rapport à la population mère. On peut l’utiliser en ligne.
Il existe d’autres types d’enquêtes quantitatives comme le panel, parfois utilisé en étude de
marché, et qui consiste à interroger un groupe donné, à plusieurs reprises pour surveiller les
variations par rapport à des paramètres prédéfinis.
 
Le choix des outils
 Il existe plusieurs outils d’enquête. Il est possible de les combiner.
 
le questionnaire :
 
Le questionnaire est une fiche comportant plusieurs questions à poser aux cibles choisies. Elle
comporte généralement des questions simples débouchant sur des données quantitatives. Il
s’adresse le plus souvent à des cibles individuelles. On l’utilise souvent pour le sondage.
 
le guide d’entretien :
 
Comme son nom l’indique, il s’agit d’un document contenant des questions-cadre et destiné à
canaliser une discussion. Il comporte généralement des questions un peu plus profondes
débouchant généralement sur des données qualitatives.
 
Le guide focus
 
C’est un guide pour entretien collectif. Il comporte des questions très ouvertes adressées à une
audience de 6 à 10 personnes. Son intérêt est de collecter des informations à partir de discussions
libres et, éventuellement, contradictoires.
 
L’observation directe
 
Elle consiste à se rendre sur les lieux de l’enquête pour observer et analyser le phénomène objet de l’enquête.
Elle peut permettre de collecter des informations primaires avant l’enquête proprement dite.
 
 
Le récit de vie
 
C’est un outil qui permet de recueillir des témoignages auprès de cibles susceptibles d’avoir une expérience
intéressante sur le thème de l’enquête.
 
A cela, il faut ajouter les outils propres au diagnostic participatif :
 
le profil historique :
 
C’est un outil de collecte d’information relatives aux temps qui permet de lier es dates à des événements
historique. Il permet à l’animateur d’avoir des informations sur les valeurs culturelles du milieu et de comprendre
le présent à partir du passé. L’un de ses intérêts consiste à impliquer les personnes âgées.

la carte du terroir ou des ressources :


 
Elle permet de collecter des données relatives à l’espace. C’est un puissant outil de participation car il suscite
l’intérêt et la passion des participants. A ce titre, il peut être utilisé au tout début de diagnostic. Cet outil permet
aussi à l’animateur de prendre connaissance de son cadre d’intervention et, surtout, de tester la connaissance et
la perception par les populations de leur propre milieu.

 
l’arbre à problèmes :
 Il est utilisé pour identifier les causes et les conséquences d’un problème. Le tronc représente le
problème, les racines montrent les causes, les branches désignent les conséquences. On peut y
ajouter les fruits à titre de solution.
 
le diagramme de Venn :
 
Il permet de collecter des données sociales. En particulier, il permet d’identifier les différentes
composantes de la communauté ainsi que les relations entre ces composantes et les relations
entre la communauté et l’extérieur.
 
la routine quotidienne :
 
Elle consiste sur un axe divisé par heure et allant de 06 heures du matin à 00 heure, à matérialiser
le temps que les femmes, par exemple, consacrent à chaque activité : (allaitement, puisage,
cuisson, bain, déjeuner, etc.).
 la matrice et le pointage :
 
Ils permettent de classifier des problèmes compte tenu de leur intensité ou de leur gravité. Par
exemple, entre le gaspillage, le défaut de déclaration des naissances et les conflits, le problème qui
cause le plus d’inconvénients recevra le plus de point et sera classé en tête de la pyramide des
problèmes.
L’enquête participative vise aussi à mobiliser l’expertise locale et à valoriser le savoir local. Dans ce
cas, le chercheur devient un simple facilitateur.
La conception des outils
 La conception du questionnaire
 
Pour concevoir un questionnaire, il faut déjà avoir une idée des informations qu’on recherche. C’est
pourquoi, l’étape de la conception du questionnaire doit à chaque fois que cela est possible être
précédé d’une pré-enquête. Cette pré-enquête consiste à faire une première visite sur le terrain
pour observer les hommes et la nature, s’entretenir avec certains personnes-ressources locales,
afin de déterminer les questions les plus utiles à intégrer dans le questionnaire par rapport aux
objectifs de l’enquête.
 
Le questionnaire comporte traditionnellement trois parties :
 
une partie identification comprenant notamment :
le nom de l’enquêteur (facultatif) ;
la date et le lieu de l’interview ;
le nom du village, du quartier, ou de la collectivité locale ;
les informations sur la personne enquêtée : âge, sexe, niveau d’étude, statut matrimonial, etc.
 
une deuxième partie comportement les questions :
les questions doivent être le plus précis possible ;
les questions peuvent être ouvertes, fermées où à choix multiple.
 
une troisième partie intitulée «observations»
Elle invite la personne enquêtée à faire des commentaires libres sur le thème. Dans cette partie,
l’enquêteur peut noter des constats utiles pour la suite.
 
Il existe plusieurs types de questions :
Les questions doivent s’enchaîner de manière logique et être regroupées par rubrique ou
objectif. Il faut, de préférence, aller du général au particulier, du facile eu difficile, de
l’impersonnel au personnel, bref, du moins exigeant au plus exigeant en terme de réflexion
pour l’enquêté. Surtout, les questions doivent être concises et adaptées aux cibles.
Kornhausser a dégagé six étapes principales dans l’élaboration d’un questionnaire :
 
décider de l’information à rechercher ;
décider du type de questionnaire à employer (par interview ou à réponse directe) ;
en rédiger une première ébauche ;
réexaminer et réviser les questions ;
faire une pré-expérimentation ;
finalement faire la mise au point du questionnaire et définir son mode d’emploi.
 
Un questionnaire doit toujours faire l’objet d’un test avant d’être administré.
 
De manière plus systématique, on peut dire que l’élaboration du questionnaire répond à deux
questions :
 
quelles questions poser ? Cela revient à adapter les questions aux objectifs de l’enquête ;
sous quelle forme faut-il poser les questions ? Cela revient à adapter les questions à la nature et au
niveau des cibles concernées.
 
 
l’échantillonnage
 
A défaut d’enquêter l’ensemble des personnes concernées, il faut déterminer un échantillon
représentatif. Pour l’enquête échantillon, le nombre de personnes à enquêter dépend des moyens
de l’équipe. Le plus important est de travailler sur un échantillon représentatif et de tenir compte
des clivages pertinents par rapport au thème de l’enquête : sexe, âge, statut social et économique,
professionnel, etc.
L’échantillonnage est un moment critique de l’enquête. Il repose sur la thèse selon
laquelle, pour connaître la probabilité d’un événement ou la consistance d’une opinion,
on peut choisir de n’étudier qu’une partie de la cible, à condition de choisir selon des
règles rigoureuses garantissant sa fiabilité. Deux méthodes sont généralement usitées
en matière d’échantillonnage :
la méthode aléatoire : elle consiste à effectuer un tirage au hasard de l’échantillon
parmi la population ciblée. Le questionnaire est administré à un groupe sans vraiment
tenir compte de sa composition.
La méthode des quotas : il s’agit de reconstituer une population en miniature, c'est-à-
dire de composer un échantillon dans lequel les individus sont répartis selon les
mêmes proportions que dans le groupe à étudier. Cette méthode paraît plus fiable.
 
Ainsi, lorsque la constitution de l’échantillon se fait en donnant une probabilité non
nulle à chaque unité statistique d’appartenir à l’échantillon, on parle de sondage ou
échantillonnage probabiliste. Dans le cas contraire, le sondage est non probabiliste et
peut être un sondage à choix raisonné, c’est à dire un sondage guidé par des critères
subjectifs.
 
L’échantillon ne doit ni être trop étroit (auquel cas, il serait peu représentatif et peu
susceptible de produire des résultats susceptibles d’être généralisés), ni trop vaste (ce
qui pourrait rendre l’enquête matériellement difficile, voire impossible.
 
Budgétisation de la logistique
 
Les éléments à budgétiser peuvent être les suivants : photocopie des questionnaires, transport,
hébergement et restauration des enquêteurs, dictaphone et accessoires, appareils photo et
caméras, etc.
 
 Elaboration du protocole d’enquête
 
Le protocole reprend tous les éléments ci-dessus et décrit la méthode d’administration des outils
de l’enquête.
 
 L’ENQUETE PROPREMENT DITE
 
L’enquêteur doit prendre soin, avant de poser ses questions, de se présenter et d’expliquer
clairement ses motivations ainsi que les objectifs de l’enquête.
 
Il est capital de motiver le répondant. On doit d’abord le persuader de participer à l’entretien. Les
raisons qui peuvent le pousser à accepter peuvent être : l’occasion de pouvoir aborder un thème
intéressant avec quelqu’un, l’opportunité de contribuer à la connaissance scientifique, le sentiment
positif d’aider l’enquêteur ou encore la simple politesse qui l’empêche de refuser. L’intérêt de
l’enquêté (ou au moins sa patience) doit ensuite être maintenu constamment. Si les questions sont
incompréhensibles, embarrassantes, désadaptées ou si le ton est désagréable et l’ambiance
lourde, le répondant peut falsifier ses réponses ou décider de mettre fin à l’entrevue. Pour
maintenir la motivation, l’enquêteur doit posséder des compétences dans la conduite des
entretiens et dans la formulation des questions.
 
Il faut :
 
maintenir une attitude neutre et objective en posant les questions. Les enquêtés ont
parfois tendance à faire plaisir aux enquêteurs en donnant des réponses qui peuvent
leur plaire. L’enquêteur ne doit jamais se montrer surpris ou déçu.
Bien choisir le moment de l’enquête ; une enquête effectuée auprès des ménages dans
la matinée d’un jour ouvrable a de fortes chances de ne retrouver que des chômeurs,
des femmes de ménage, des concierges, etc.
faire preuve de tact face aux cibles difficiles. Si les réponses sont hors de propos ou trop
longues, ne pas l’arrêter brusquement ; il faut plutôt ramener adroitement la
conversation à l’interview.
 
Il ne faut pas :
 
suggérer de réponse à l’enquêté lorsque vous l’interrogez. Tous les renseignements
doivent venir spontanément de l’enquêté. Aussi, il ne faut pas le harceler au point qu’il
refuse de participer au reste de l’interview.
Supposer la réponse sans poser la question. Rien n’est certain tant qu’on ne pose pas la
question. Une erreur que commettent communément les enquêteurs qui ne sont pas
bien formés est d’omettre une question parce que la réponse leur semble évidente.
 
La supervision
 
Le superviseur est chargé de surveiller les opérations d’enquête et d’apporter un appui-
conseil aux enquêteurs. Il coordonne l’enquête et intervient le cas échéant pour
apporter des solutions aux problèmes rencontrés par les enquêteurs.
 
La correction des erreurs
 
Après les opérations d’enquêtes, les enquêteurs et le superviseur doivent « nettoyer »
les questionnaires en les complétant le cas échéant et en les corrigeant.
 
Au-delà des méthodes et des outils de diagnostic, le résultat d’une enquête est
étroitement lié au comportement de l’enquêteur. Comme enquêteurs victimes de biais,
on distingue : 
 
 
« LE BÂCLEUR… qui a tendance à avancer trop rapidement, sans vérifier l’information
auprès des différentes sources. Il ne prend pas le temps d’analyser les interviews, ni d’en
faire la restitution au village, ni de rédiger ensuite. Il veut surtout rentrer chez lui.
 
LE MANGE-TOUT… qui a tendance à collecter trop d’informations sans prendre le temps
de les analyser pour dégager des opportunités de recherche-action.
L’AVEUGLE… qui a tendance à laisser tomber la recherche documentaire pour
réinventer la roue.
 
LE BAVARD… qui est tout le temps en train d’expliquer démesurément quelque
chose aux paysans.
 
LE SUPERFICIEL… qui ne discute que des doléances superficielles des paysans.
 
LE SAIT-TOUT… qui pense que toutes les questions de son équipe sont bêtes
parce qu’il connaît la réponse du paysan à ces questions ».
 
De manière générale, l’agent de développement ou l’animateur doit, pour
mener à bien sa mission sur le terrain, faire preuve de compétence et, surtout,
de motivation.
 
Bérengère de Negri et al., Techniques participatives pour le développement des
programmes communautaires, CEFA, 2000, p. 22.
 
LE DÉPOUILLEMENT ET L’ANALYSE DES DONNEES RECUEILLIES
III. Le dépouillement consiste à comptabiliser et classer l’ensemble des informations
recueillies. Lorsque les questionnaires sont très nombreux, le dépouillement des
résultats du questionnaire nécessite une codification préalable, c’est-à-dire l’élaboration
d’un cadre de classement des réponses ou l’affectation à chaque catégorie de réponse
d’un numéro qui permet de les individualiser. Dans ce cas, on fait recours.
 
L’analyse des résultats doit être faite suivant les termes d’un protocole d’analyse
préétablie, c'est-à-dire un cadre déclinant les outils et les méthodes d’analyse.
 
Des grilles peuvent être utilisées pour analyser l’information. Il peut s’agir de grilles déjà
stabilisée comme la grille SWOT (Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces) ou de
grilles conçues pour une étude données (grille de comparaison des résultats selon les
sites ou les sources d’information).
 
L’analyse peut s’appuyer sur l’approche multi-niveaux (Etat, services, communautés,
clients, etc.) tenant compte de la multiplicité des acteurs impliqués dans la thématique.
 
L’analyse peut aussi être effectuée selon le genre en montrant les clivages, disparités et
discriminations hommes/femmes.
 
L’analyse des données gagne souvent à être effectuée dans une approche
pluridisciplinaire voire transdisciplinaire.
L’analyse peut aussi être comparative. Il faut, dans la mesure du possible, d’ouvrir
l’espace de l’investigation. Or, l’ouverture conduit à la découverte de la diversité,
donc à la comparaison. La comparaison résiste aux généralisations hâtives et invite
à tirer des conclusions sur la base de ressemblances ou de dissemblances
constantes, durables et avérées car dûment établies. La comparaison a ceci de
passionnant pour le chercheur qu’elle convoque, non sans rappeler une certaine
logique dialectique, à la fois, la diversité et l’identité (Vigour, 2005). « Comparer,
c’est à la fois assimiler et différencier par rapport à un critère » (Sartori 1994).
 
 
Voici quelques outils d’analyse
 
Le tableau SWOT:
L’arbre à problème
CHAPITRE III : LA REDACTION DU MEMOIRE
 Le but principal d'un rapport de recherche est la communication. Le rapport de recherche doit
donc être suffisamment informatif pour servir au lecteur ordinaire et suffisamment détaillé et
claire pour permettre aux autres chercheurs de procéder à une analyse critique des méthodes
utilisées et des résultats obtenus. Le rapport doit permettre à d’autres chercheurs d’avoir des bases
solides pour entamer une recherche similaire ou plus approfondie. L’auteur du rapport doit donc
chercher à convaincre. Pour cela, il doit être démonstratif et veiller à la qualité de la rédaction.
 
LES DIFFERENTES PARTIES
 
Il n’y a pas de modèle standard de plan de mémoire, mais certains éléments doivent y figurer
nécessairement.
 
La page de garde : elle doit être attractive sans être trop coloriée. Elle doit indiquer au moins : le
nom de l’établissement, l’année d’étude, le titre du mémoire, le nom de l’étudiant, le nom de
l’encadreur, l’année de dépôt ou de soutenance.
 
Les dédicaces et remerciements
 
La liste complète des sigles et abréviations.
 
La table des matières ou le sommaire (dans ce cas, la table des matières se met à la fin du
document)
Le résumé du mémoire qui permet au lecteur d’avoir une idée du travail effectué et surtout des
principales conclusions avant de parcourir le document. Le résumé étant est une description
concise de l'expérience, il doit contenir au moins l'énoncé du problème étudié, la méthode, les
résultats et les conclusions.
 
L’introduction : elle doit :
 
Amener et poser le sujet à partir d’une expression accrocheuse ;
Bien définir les termes du sujet ;
Montrer les objectifs visés ;
Bien montrer l’intérêt de l’étude ainsi que la destination et l’utilité probable du rapport ;
Décliner brièvement la méthodologie (à développer plus loin) ;
Annoncer le plan du mémoire.
 
 
La méthodologie : c’est une partie très importante sachant que la valeur de ce qu’on a trouvé
dépend de la manière dont on a cherché. Il faut, dans cette section, décliner les questions de
recherche, le cadre conceptuel, les sources d’information, les outils de collecte et d’analyse, les
difficultés rencontrées.
 
La présentation et l’analyse des données recueillies : c’est le corps du mémoire. Il s’agit d’une
analyse détaillée, démonstrative et illustrée des constats faits.
Les conclusions et recommandations : il s’agit de décliner les principales conclusions (différentes
de la conclusion générale) auxquelles on a abouti (réponse claire aux questions de recherche) ainsi
que les suggestions formulées pour résoudre les problèmes identifiés au départ. C’est surtout dans
cette partie que l’étudiant apporte sa touche personnelle en formulant des recommandations
tirées de son analyse.
 
La conclusion : elle met fin au travail en résumant les principaux résultats de l’étude et en ouvrant
des perspectives d’approfondissement ou d’utilisation de ces résultats.
 
La bibliographie : elle indique les travaux de référence sur le sujet traité. Il faut éviter de mettre
dans la bibliographie des ouvrages qu’on n’a jamais consultés. Toutes les références citées dans le
texte doivent se retrouver dans la bibliographie. Lorsque la bibliographie est abondante, il faut,
pour plus de lisibilité, distinguer : les ouvrages généraux ; les ouvrages spécialisés ; les rapports
officiels ; les thèses, mémoires et articles ; les textes juridiques (lois et règlements) ; les décisions
de justice ; les extraits publiés dans l’internet, etc.
 
Les auteurs doivent être cités selon les règles admises en la matière : Nom de l’auteur (en
majuscule) ; virgule ; prénom de l’auteur ou initiales de son prénom ; virgule ; année de publication
de l’ouvrage ; titre de l’ouvrage (s’il s’agit d’un ouvrage, mettre le titre en italique ; s’il s’agit d’une
thèse, article ou rapport, mettre le titre entre guillemets) ; la ville d’édition ; la maison d’édition ; le
nombre de page ou les pages de référence. Exemple : ALISSOUTIN, R, 2008, Les défis du
développement local au Sénégal, CODESRIA, Dakar, 172 pages.
S’il s’agit d’un ouvrage collectif, suivant la manière dont les auteurs sont présentés par l’ouvrage,
mettre le nom de l’auteur principal suivi de « dir. » (sous la direction de) ou mettre les noms et
prénoms de tous les auteurs séparés par des points-virgules.
Exemple : BOURDIEU, P. ; PASSERON, J-C., 1983, Le métier de sociologue, Mouton Editeur, Paris, p.
54. Si l’article est tiré d’un ouvrage, on le présente en guillemet et on met le titre italique en
indiquant l’appartenance de l’article par « in » : exemple : Oyen E., 1990, « The imperfection of
comparisons », pp. 1-18, in : E. Øyen, ed., Comparative methodology : Theory and Practice in
international social Research, London, Sage, 234 p.
 
 
 
Les annexes : ce sont des documents ou extraits de documents, des schémas et illustrations
directement liés au sujet, qui ne sont pas dans le corps de texte (pour éviter de l’encombrer) et
qu’on juge utile de placer en fin de document. Il faut éviter de faire du remplissage en intégrant
des documents volumineux et peu liés au sujet dans les annexes.
 
La mise en page classique du mémoire est la suivante : feuilles 21 x 29,7 blanches. Interligne
double ou 1,5. Police de caractère ordinaire (Times New Roman, Normal). Taille des caractères
moyenne (11-12-13). Marges calculées pour laisser une place à la reliure. Les titres de partie, de
chapitre et de sous-chapitre doivent être mis en forme de manière nettement distincte. Les pages
doivent être aérées.
Les tableaux et les illustrations (schémas, photos, graphiques) doivent être numérotés
et titrés. (Exemple : tableau n° 3 : Chiffres d’affaire de l’entreprise X, de 2000 à 20012 ou
Graphique n°7 : répartition par sexe des usagers de l’entreprise X). En début ou fin de
document ont doit retrouver la liste des tableaux et figures avec la page
correspondante.
LE STYLE DE REDACTION
 
Le mémoire doit être rédigé dans un style certes de qualité scientifique, mais simple et
digeste.
 
Le texte doit être aéré (sauter une ligne après chaque idée ou sous-idée) et de bonne
qualité informatique.
 
Selon Eric Raufaste (Cours de méthodologie, Université de Toulouse), l'information
scientifique ne privilégie pas l'esthétique mais la fonctionnalité. Les différentes parties,
sections, etc. du texte doivent s'enchaîner naturellement et logiquement pour le
lecteur. Par conséquent, il faut mettre des transitions appropriées, c'est-à-dire des
phrases d'introduction et de conclusion des différentes parties qui permettent au
lecteur de savoir à tout instant pourquoi il doit lire ce qu'il est en train de lire, puis
pourquoi il devra lire ce qui vient
 
LA PRESENTATION ORALE
 
Si le mémoire doit être présenté et défendu devant un jury, cette présentation
orale fait partie de la notation. Il faut donc la soigner.
 
La présentation orale ne consiste pas à lire tout le mémoire. La présentation
doit être succincte et centrée sur 3 ponts essentiellement : (i) qu’est-ce qu’on
cherchait et pourquoi (objectifs et intérêt) ? (ii) comment on a
cherché (méthodologie) ? (ii) qu’est-ce qu’on a trouvé (résultats et principales
conclusions. Il ne faut pas lire la tête baissée, mais faire un discours dynamique
à partir de notes sur lesquelles on jette des coups d’œil tout en regardant les
personnes à qui on s’adresse.
 
Il faut aussi soigner l’apparence et la tenue.
 
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