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COURS DE

PRAGMATIQUE
Dr. Subur Ismail,M.Pd
QU’EST-CE QUE LA
PRAGMATIQUE?
• La pragmatique linguistique étudie les rapports qui existent entre les énoncés et le contexte extralinguistique
dans lequel l’énoncé est employé par les locuteurs.

• Concrètement, elle vise l’étude de la déixis, de l’implicature conversationnelle, des présupposés et des sous-
entendus et des actes de langage. Dans toutes ces manifestations de l’emploi de la langue, les relations entre la
langue et le contexte se trouvent grammaticalisées ou codifiées dans la structure de la langue.


• La linguistique s’intéresse à la dimension pragmatique du langage parce qu’un certain nombre de faits de syntaxe et de sémantique
demandent la prise en compte de faits extérieurs au langage, à savoir l’acte d’énonciation. Parmi les exemples les plus significatifs,
mentionnons les verbes performatifs*, certains connecteurs, les éléments indexicaux*, les adverbes d’énonciation et de négation, les
présuppositions, etc. Soit les exemples :

(1) Je te promets de venir demain

(2) Jean vient d’être reçu à l’examen, mais ne le dis à personne

(3) Franchement, je ne crois pas que Marie soit malade.

(4) Paul n’a pas deux autos, il en a trois.


La compréhension de chacun de ces exemples impose la prise en compte de l’énonciation. Pour comprendre
(1)il faut savoir: qui est le locuteur (qu’on doit identifier : qui est le locuteur dans le contexte
d’énonciation ?), l’interlocuteur (qui est l’interlocuteur dans le contexte d’énonciation ?), le temps (quel est
le moment de l’énonciation*, pour pouvoir identifier l’intervalle désigné par le présent) ; il faut aussi savoir
que le locuteur fait l’acte de promettre, il s’engage à une action future (par son énonciation, il réalise un
acte illocutionnaire).
(2)En (2), la conjonction mais n’enchaîne pas le contenu de la première phrase (Jean vient d’être reçu à
l’examen), mais sur son énonciation (l’opposition porte sur la supposition que l’interlocuteur pourrait
communiquer aux autres l’information fournie par la première phrase de l’exemple).
(3)En (3), l’adverbe ‘de phrase’ franchement ne réfère pas au contenu sémantique de la phrase (je ne crois
pas …), mais à l’acte d’énonciation de la phrase. Enfin, dans l’exemple
(4)on ne nie pas que Paul ait deux autos, (parce que le fait d’avoir trois voitures implique qu’on a deux
autos).
LA VALEUR EXPLICATIVE DE LA
PRAGMATIQUE
Parmi les représentants de la direction philosophique et logique ayant étudié les éléments indexicaux, Rudolf Carnap et Bertrand Russell
ont été intéressés à établir les conditions dans lesquelles des énoncés contenant des mots déictiques (pronoms personnels, démonstratifs,
les temps verbaux) sont vrais ou faux, vue que la logique est vériconditionnelle. Par exemple, dans quelle conditions une phrase comme
(1) Pierre Roux est malade.

peut recevoir une interprétation sémantique* correcte? On doit savoir qui est la personne nommée Pierre Lafont et si, au moment où
l’émetteur prononce cette phrase, cette personne est malade. Pour interpréter la phrase (1) nous pouvons nous résumer à nos
connaissances sémantiques, car il suffit d’identifier correctement la personne nommée ‘Pierre Roux’, de connaître le sens du prédicat ‘être
malade’ et de savoir si la phrase décrit correctement la réalité. Russell a observé que ces connaissances ne sont plus suffisantes pour
interpréter correctement les phrases (2) ou (3) :

(2) Je suis malade.

(3) Tu es malade.
Pour savoir si les affirmations contenues dans ces phrases sont vraies ou fausses, on doit savoir qui sont les
personnes désignées par les pronoms je et tu. Du point de vue logique, un nom propre désigne la même
personne dans toutes les circonstances (S. Kripke a introduit le terme de désignateur rigide pour nommer
cette caractéristique des noms propres). Un nom propre comme Pierre Roux est identifiable (c’est une
personne qui a certaines caractéristiques, qui est né à…, fils de…, habitant à …, etc.)
Par contre, les pronoms personnels de la première et de la seconde personne désignent des personnes
différentes d’un contexte à l’autre. On sait que le pronom je désigne la personne qui, dans un certain
contexte, est l’émetteur et tu - la personne qui est le récepteur; cependant sans connaître ce contexte*, on
ne sait pas quels sont les référents de ces pronoms. Donc, le récepteur ne peut pas donner une
interprétation sémantique adéquate à une phrase comme (2) ou (3) s’il ne peut pas identifier la personne
qui est émetteur, respectivement récepteur dans le contexte de la communication. Une partie de la
pragmatique étudie ce type d’expressions linguistiques, dont le référent* varie d’un contexte à l’autre.
Quand, dans une première étape, la pragmatique s’occupait seulement de cette classe relativement
restreinte d’items, son territoire était trop réduit pour pourvoir constituer une discipline à part entière.
La pragmatique analyse aussi les principes d'emploi et de compréhension de la langue, principes qui ont peu à faire avec la structure de la langue.
Par exemple, on a constaté que le locuteur L prononce parfois un énoncé E ayant le contenu sémantique S 1 avec l’intention de communiquer à son
récepteur un contenu sémantique différent, S2 et le récepteur comprend cette intention du locuteur. Supposons le dialogue suivant:

(4) A: Je pourrais manger tout le gâteau, moi tout seul.


B. Oh! Merci.

Apparemment le personnage A fait une affirmation, mais la réponse du personnage B nous dévoile le fait qu’il a compris la phrase prononcée par A
d’une manière différente. Pour comprendre le dialogue de (4) on doit connaître le contexte dans lequel la conversation se déroule. Le dialogue
devient parfaitement normal si on imagine que le personnage B est la personne qui a préparé ou a acheté le gâteau offert au personnage A. Le
personnage A a l’intention de faire un compliment à son interlocuteur en lui communiquant que le gâteau est très bon. Il aurait pu dire une phrase
du type ce gâteau est très bon mais il choisit de prononcer seulement la phrase (4), où l’information que A apprécie le gâteau est seulement
impliquée: je pourrais manger le gâteau moi tout seul... implique, dans ce contexte, … car il est tellement bon. L’auditeur B, comprend
parfaitement les intentions de A et il le remercie pour le compliment. Ces situations communicatives pour le fonctionnement desquelles il est
nécessaire de comprendre les intentions communicatives du locuteur s’appellent ‘implicatures conversationnelles.
https://m.21-bal.com/law/3220/index.html

• Le courant anglo-saxon en pragmatique
• Le triangle de Peirce (1839-1914) :
Signe

Designatum (Objet / Référent/ Monde) Interprétant (Locuteur/Usage/Contexte)

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