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CONDUITE À TENIR

DEVANT UNE FIÈVRE AIGUE

Dr Keita Younoussa
HALD 2014
PLAN
1 – Démarche diagnostique

• L’interrogatoire
• L’examen clinique
• Les examens complémentaires

2 – Attitude thérapeutique

• Traitement symptomatique
• Traitement étiologique
Définition

La fièvre se définit comme une élévation de la


température centrale, dépassant 37,5 °C le
matin et 37,8 °C le soir.
Fièvre modérée : 37,8°C – 38,5°C
Fièvre élevée : > 38,5° C
Hyperthermie majeure : > 40,5° C
• On parle habituellement de fièvre aiguë
récente si elle existe depuis moins de 5 jours.
Mener l’interrogatoire et
l’examen clinique d’un enfant
fébrile
• le symptôme fièvre :

- circonstances d’apparition : pourquoi a-t-on


pris la température ?
- intensité ( degré)….courbe
- durée : il s’agit ici d’une fièvre aiguë récente,
survenue dans les 48 heures le plus souvent,
en tout cas depuis moins de 5 jours.
les signes d’accompagnement
 ORL, respiratoires, digestifs, neurologiques,
cutanés, autres…
 modifications du comportement :
cri,
réactivité
irritabilité….
Il faut toujours tenir compte des déclarations d’une
mère (ou d’un proche) qui dit que son enfant «
n’est pas comme d’habitude ».
 le ou les traitements, vaccins… déjà administrés :
nature, posologie et voie, effet, évolution.
L’examen clinique
• Doit être complet, chez un enfant
entièrement dévêtu.
• L’examen général est fondamental à la
recherche des signes en faveur d’une infection
potentiellement grave : teint grisâtre, enfant
paraissant fatigué, altéré, algique,
économisant ses mouvements.
Sont appréciés de façon systématique :
• l’hémodynamique : pouls, tension artérielle, temps de recoloration
cutanée
• coloration : pâleur, cyanose, marbrures.
• Neurologique : des troubles de la vigilance et/ou du tonus, signes
d’irritation méningée
• cavité buccale, du pharynx, et des tympans
• l’état respiratoire : FR, modification du rythme respiratoire, existence de
signes de lutte, ……
• l’abdomen : recherche d’une zone douloureuse (appendice, fosses
lombaires), d’une défense, d’une contracture, une HSMG, d’une masse
abdominale.
• Rate et Adénopathies.
• parties molles ou du squelette : palpation des surfaces osseuses
(métaphyse, rachis), mobilisation des articulations
• la peau à la recherche d’une éruption qu’il faut caractériser : maculeuse,
papuleuse, vésiculeuse, bulleuse, purpurique.
Signes de Gravité: Signes de haut risque d’IPS
(infection potentiellement sévère)
Un seul signe suffit :
• Troubles de la vigilance et/ou du tonus
• Anomalies de l’hémodynamique
• Anomalies de la coloration
• Signes de détresse respiratoire
• Signes de déshydratation
• Signes en faveur d’une infection des parties molles ou du squelette
• Purpura
• Troubles du comportement
• Irritabilité
• Difficultés d’alimentation
Des examens complémentaires
- Pas toujours nécessaire
- Choix raisonné et motivé

• Examens d’orientation: NFS - CRP, fibrinogène, BU,

• Examens de confirmation: ECBU, TDR/GE/Frottis, PL,


coproculture, Hémocultures, sérologies, imagerie
médicale (Radio Thorax, Echo abdo…) –
Au terme de cette étape, une
synthèse doit être effectuée et
permet de distinguer plusieurs
situations
1 - Il s’agit d’une fièvre témoignant d’une infection grave ou
potentiellement grave nécessitant une hospitalisation

- un purpura fébrile - une ostéo-arthrite


- une méningite - une cellulodermite
- une DR et/ou des troubles - une pyélonéphrite
hémodynamiques - une GEA compliquée
- un syndrome abdominal - une pneumopathie ou une
évocateur d’une pathologie pleuropneumopathie
chirurgicale
2 - Il s’agit d’une fièvre survenant sur un terrain
particulier qui la rend grave ou potentiellement
grave :
• syndrome drépanocytaire majeur,
• Aplasie médullaire
• Pathologie viscérale chronique,
• Déficit immunitaire

3 - Il s'agit d'une fièvre sans signes de mauvaise


tolérance dont le diagnostic est certain ou
probable.
4 - La fièvre est isolée. L’attitude dans ce cas est
essentiellement fonction de l’âge de l’enfant.

Le nouveau-né.
• La fréquence des infections bactériennes et leur
risque dans cette tranche d’âge imposent de les
garder en observation à l’hôpital jusqu’au résultat
des cultures du sang, des urines et éventuellement
du LCR.
• Une antibiothérapie est débutée après les
prélèvements chaque fois qu’il existe un signe de
haut risque d’IPS, et/ou en présence d’une anomalie
biologique.
Les enfants de 3 mois à 3 ans
• En pratique, en présence d’un signe de gravité l’hospitalisation
s’impose.
• Une BU est justifiée devant toute fièvre isolée, suivie d’un ECBU
si elle est positive. La NFS (> 15 000 GB/mm3) et la CRP (> 20).
• Ces examens ne sont pas justifiés après une vaccination récente
( pneumo, Hib..).
• CAT : revoir l’enfant si persistance ou aggravation du tableau
clinique, et pratiquer alors les examens complémentaires
orientés.
• L’antibiothérapie à l’aveugle n’est pas justifiée dans ces fièvres
isolées bien tolérées.
Après 3 ans
• L’hospitalisation et la réalisation d’examens
complémentaires ne s’imposent qu’en présence de
signes d’infection bactérienne potentiellement
sévères.
• CAT : surveillance clinique et ne pratiquer des
examens qu'en cas d'aggravation, d'éléments
nouveaux imposant ces examens, ou de persistance
de la fièvre au-delà de quatre ou cinq jours.
complications de la fièvre
• Les convulsions hyperthermiques: surviennent entre 9 mois
et 5 ans (pic à 2 ans), sont généralisées, de durée brève (< 15
minutes), et l'examen neurologique au décours de la crise
est normal.

• La déshydratation: survient si les les pertes d'eau par


sudation excessive ne sont pas compensées. Ce risque est
accru si troubles digestifs associés .

• Le syndrome d’hyperthermie majeure: se voit avant 1 an, et


associe une fièvre très élevée+ un collapsus+ une atteinte
multiviscérale notamment cérébrale avec coma et
convulsions, + CIVD.
Attitude thérapeutique
Traitement symptomatique
1-Moyens physiques :
Refroidissement :
- dévêtir l’enfant
- Bain :la température du bain doit être de 2 degrès
en dessous de la température de votre enfant.
Durée du bain : 10 minutes.
Hydratation surtout la nuit
2- Anti-pyrétiques:
• Le paracétamol : en première intention: 60
mg/kg/jour en quatre prises

• L'acide acétylsalicylique ou aspirine : 10 à 15 mg/kg


toutes les 4 à 6 h.

• L'ibuprofène (chez les enfants de plus de 6 mois) :


20 à 30 mg/kg en trois à quatre prises
Traitement étiologique
Avant l’âge de 3 mois :
• C3G inj (cefotaxime 100 mg/kg/jour en 3 fois/jour ou
ceftriaxone 50 mg/kg/jour en une fois/jour) associée à
un aminoside sont prescrits en première intention.
Après l’âge de 3 mois :
• la Ceftriaxone (50 mg/kg/jour) peut être donnée
jusqu’au résultat des cultures.
Dans tous les cas, une réévaluation de la
situation doit être effectuée 48 heures après
le début de l’antibiothérapie
CONCLUSION

• Motifs fréquent de consultation

• Examen clinique +++

• Para clinique: orientée